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La lettre d’information de l’agriculture biologique en Picardie • www.bio-picardie.com •

N° 56 - Février 2016

rÉseaux et filières notre Projet associatif commun Fonds «avenir bio» PAGES 2 À 3

Eau et bio

Lons-le-saunier ville exemplaire... source d’inspiration PAGES 4 À 5

Optimisation des systÈmes les Engrais verts l’Irrigation panorama des aides PAGE 6 À 8 Visite de la cuisine centrale d’Amiens.

Agenda PAGE 8

Édito

Nadou Masson Présidente

La bio ne connait pas la crise ! Encore un record de consommateurs de produits bio en 2015 confirmé par l’Agence Bio lors de la conférence de presse du 25 février dernier. • 9 Français sur 10 consomment des produits bio • 65 % de consommateurs « Bio-réguliers » (au moins une fois par mois) • 82 % des Français font confiance aux produits bio • 78 % des Français estiment que la bio est une solution face aux problèmes environnementaux • 93% des consommateurs bio ont l’intention de maintenir ou d’augmenter leurs achats bio dans les 6 mois à venir. Ces chiffres, plus qu’encourageants, sont en corrélation avec la progression des surfaces cultivées en bio : + 17% sur le territoire national et + 14% pour la Picardie. Sur ce point, nous pouvons nous féliciter pour le travail que nous réalisons depuis des années auprès des producteurs qui ont choisi de sauter le pas en 2015. Nous savons que la dynamique est en marche et que d’autres suivront. Nous espérons que nos partenaires financiers, État, Conseil Régional, Conseils Généraux et Agences de l’eau entendront le message des citoyens qui plébiscitent nos produits au travers de leur choix de consommation et continueront à nous apporter leur soutien pour nous permettre de poursuivre notre mission.


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Réseaux et filières bio DÉfinir les nouveaux contours d’un projet associatif commun

Le 7 janvier dernier a eu lieu la première rencontre entre les Conseils d’Administration du Gabnor et de l’ABP. Cette réunion de travail des élus des deux structures membres du réseau FNAB était la suite logique d’un parcours jalonné de nombreuses rencontres courant 2015 : les Assemblées Générales, les bureaux des deux structures, la démarche commune envers les candidats de la nouvelle Grande Région, la Journée d’Automne le 24 novembre dernier à Le Catelet, près de Saint-Quentin. Les administrateurs ont pris la décision de solliciter ensemble les nouveaux élus de la Région pour nous présenter et mettre en lumière l’enjeu de notre action pour le développement d’une agriculture en plein essor et d’une filière en croissance forte et pourvoyeuse d’emplois. Et la suite ? un groupe de travail composé de membres des deux associations aura pour mission jusque septembre de définir les différentes hypothèses d’un projet associatif aux nouveaux contours territoriaux. L’opportunité qui nous est donnée de rebattre les cartes sera de développer plus de proximité et une présence territoriale repensée. Nous aurons besoin de la participation de chaque adhérent pour mener à bien ce chantier, pour définir la structure de demain. Vous pouvez d’ores et déjà noter la date du 21 avril pour participer à l’Assemblée Général de l’ABP qui aura lieu au CPIE de la Somme à Dury cette année !

APPEL À PROJET Le Fonds «Avenir Bio» pour la structuration des filières biologiques 13ème appel à projets, avant le 30 mars 2016 au plus tard à 16h00. Avec le Programme Ambition Bio 2017, le Fonds « Avenir Bio » a été doté d’1 million d’euros supplémentaires par an, soit une enveloppe de 4 millions d’euros par an. Depuis sa création, ce Fonds, géré par l’Agence Bio, vise à contribuer au développement le plus harmonieux possible de l’offre et de la demande de produits biologiques grâce à des programmes d’investissements portés et mis en oeuvre par des acteurs à différents stades des filières. Ces programmes d’actions doivent répondre à plusieurs critères, dont : • engager plusieurs partenaires ayant des objectifs communs et partagés sur plusieurs années (au minimum 3 ans), • être d’envergure nationale ou suprarégionale en priorité, ou régionale pour les projets à caractère pilote et innovant. Le Fonds Avenir Bio est complémentaire des autres dispositifs d’aides existants. La structuration des filières bio permet de contribuer : • au développement des conversions et la pérennisation des exploitations

Bienvenue à Fanny Vandewalle

Ingénieure agronome AgroParisTech, Fanny a contribué à la gestion écologique des espaces verts parisiens, notamment via le label Écojardin. Désireuse de s’investir dans les agrienvironnementales, elle a ensuite intégré l’équipe d’Agro-Transfert en juillet 2013. En Picardie, elle a développé un réseau en lien avec ses aspirations autour de l’économie sociale et solidaire et de l’alimentation dans les territoires. «Mon arrivée à l’ABP est le fruit (bio!) de cette réflexion. C’est avec enthousiasme que je prends la suite des travaux de Jérôme Allais sur les filières biologiques en région.»

biologiques grâce à des perspectives de commercialisation sur des bases contractuelles sur plusieurs années pour des filières justes, • au renforcement de la maîtrise technique et de la qualité des productions, • à l’optimisation de la planification, du conditionnement et de la logistique avec des outils performants et innovants, • à la relocalisation des productions dans les secteurs concernés et des économies d’échelle, • à l’élargissement de la gamme de produits variés, en quantité suffisante pour les différents circuits de distribution. L’appel à projets n°13 offre deux possibilités : - un dépôt direct du dossier complet, - un dépôt d’une demande d’aide au montage de dossier avec la présentation d’un dossier d’orientation générale (DOG) et une formulation d’un besoin pour un accompagnement. Le texte de l’appel à projets est téléchargeable sur www.agencebio.org/avenir-bio. Les candidats sont invités à transmettre une copie de leur dossier aux DRAAF et Conseils Régionaux concernés par leur programme d’actions. Pour plus d’information, Fanny Vandewalle, Chargée de mission Filières.

ressources

Les lettres filières de la FNAB ! Information régulière, claire et directement mobilisable pour le pilotage de l’exploitation... Les lettres professionnelles filières. Déjà disponibles : viticulture, viande, lait, grandes cultures, apiculture, légumes, arboriculture et maintenant Semences. Abonnement gratuit sur un simple clic.


Labienvenue N° 56 • Février 2016 • 3

FNAB en 2016

Extrait de la lettre syndicale Producteurs adhérents à la FNAB (organisation syndicale à vocation professionnelle qui défend le métier d’agrobiologiste et promeut le projet d’un développement cohérent et solidaire de ce mode de production), votre adhésion a été déterminante pour la réussite de nos objectifs communs et reste plus que jamais décisive en 2016.

Qu’avons-nous gagné en 2015 ? Des moyens maintenus pour la production bio malgré le contexte budgétaire. Grâce à nos représentations, nous avons obtenu : • Le déblocage d’une aide complémentaire suite à la mobilisation nationale contre la décision gouvernementale de supprimer 25% des aides bio 2014 (30 M° d’euros). • Le lancement d’une étude officielle sur les services environnementaux de la bio et leur rémunération dans le cadre des aides agricoles post PAC 2020. • La reconduction du crédit d’impôt bio dans la Loi de finances, la transparence Gaec dans la limite de 4 associés. • La reconduction des crédits «animation bio» dans la Loi de finances. • Le déploiement des crédits d’intervention des Agences de l’eau pour les projets bio dans le cadre de leur Xème programme. • La reconnaissance des pratiques paysannes bio dans le débat réglementaire national et européen et dans le cadre réglementaire (attache, règle des 3/4 de la vie etc.). • La prise en compte, au niveau européen dans le cadre du projet de révision, des positions françaises sur la culture liée au sol, sur le lien au sol alimentaire, la qualité des contrôles etc. • Un débat sur la compatibilité des semences CMS avec la bio, qui doit se prolonger en 2016 aux niveaux national et européen. La FNAB a contribué à l’obtention d’un nouvel arrêté d’interdiction du maïs OGM suite à l’annulation de l’arrêté d’interdiction du Mon 810 par le Conseil d’État. • Le report à 2018 de la limitation de l’usage du cuivre à 4kg/an/hectare dans le cadre de nouvelles études. De nouveaux moyens de développement agricole pour la bio. Par la reconnaissance de la FNAB comme Organisme National à Vocation Agricole et Rural (ONVAR) et la dotation d’une subvention Cas Dar nationale dédiée au développement de la bio, ou encore des conventions avec le ministère de l’environnement et l’Onema, valorisant les expertises du réseau FNAB : • Le renforcement des liens avec l’ITAB (commissions, programmes, partenariats) pour

répondre aux besoins de recherche et d’expérimentation. • La publication de 24 lettres filières, de 6 notes de conjonctures, l’organisation des premières «Journées métiers des conseillers et animateurs du réseau FNAB», des formations décentralisées, la diffusion de recueil professionnel PV/PA, l’animation d’un site Intranet (plus de 700 membres). • Le déploiement du dispositif Sites pilotes Eau & Bio (25 en France), expérimentations, formations, séminaires, partenariat avec la Caisse des dépôts sur le rôle et la place des collectivités dans le développement économique agricole. Une plus grande visibilité de notre projet d’une bio cohérente et solidaire, ancrée dans les territoires. Par notre mobilisation de réseau, nos partenariats, et l’implication forte des élu-e-s paysan-n-es de la FNAB : • Une campagne nationale « Manger et bio et local, c’est l’idéal », (+ de 300 événements en France, de nouveaux partenariats et de nombreuses retombées presses). La réussite de la 11ème «Fête du lait bio» avec 10 000 petits déjeuners servis. • La diffusion nationale sur France 3 du film « Le veau, la vache et le territoire » réalisé sur la ferme de la Présidente de la FNAB. • Une campagne nationale décentralisée, des élections régionales 2015 avec la production d’un plaidoyer, des rencontres et débats avec les candidat-e-s. • L’organisation de Journées d’échanges en France sur le thème de la protection de l’eau par l’AB en partenariat avec les collectivités locales. • La co-organisation d’un séminaire national sur la construction du prix avec la plate forme française du commerce équitable.

Que reste t-il à gagner en 2016 ? La reconnaissance de la bio comme techniques de production semble acquise auprès de nos concitoyens, lesquels paraissent en avance par rapport aux pouvoirs publics et bien sûr aux intérêts économiques dominants. Cependant, la place de la bio comme levier de la transition est toujours remise en cause dans les textes officiels, les « arbitrages » politiques et budgétaires malgré des discours de soutien. En 2016, année pré-électorale de la présidentielle, nous devons donc nous mobiliser sans faillir, « faire réseau » plus que jamais pour promouvoir notre projet d’intérêt général. Des aides bio 2016 en tension après une première année de mise en œuvre. • Pour le respect des engagements du plan Ambition bio, 160 millions par an sur la période.

• Pour qu’il n’y ait plus de retards de paiements et/ou de coefficient de stabilisation comme en 2015. Des politiques locales décisives mais incertaines avec la réforme territoriale. • Pour que la bio et la structuration des filières soient bien inscrites dans les Schémas directeurs économiques des nouvelles régions, en concertation avec les représentations des paysan-nes. • Pour que les collectivités locales (métropoles, communautés, départements, régions) continuent de soutenir le développement de la bio à partir des propositions d’action publique du réseau bio (agriculture, alimentation, environnement, éducation, aménagement etc.). • Pour que les crédits « animation bio » soient au moins identiques à ceux mobilisés en 2015, dans les nouvelles régions. Des politiques nationales sur lesquelles s’appuyer malgré tout. • Pour que les dispositifs de la Loi d’avenir (foncier, installation) soient réellement au service des porteurs de projet de conversion et/ou d’installation en bio, et des bio actuels désireux de faire évoluer leurs pratiques (GIEE, groupes opérationnels du PEI) avec des soutiens adaptés du FEADER. • Pour que le plan Ambition bio 2017 et ses déclinaisons régionales soient suivis d’effets concrets pour les producteurs et productrices bio (recherche mobilisée spécialement, renforcement des expérimentations, soutien de la consommation etc.). Une réglementation qui continue de garantir la bio dans un moment de croissance. • Pour que les positions françaises soient défendues jusqu’au bout du processus des « trilogues » entre la Commission européenne, le Parlement et le conseil des ministres européens. • Pour garantir – en prévention comme dans le soutien aux producteurs victimes – des approvisionnements sécurisés en bio malgré l’augmentation forte de la demande en intrants. Des réponses concrètes et adaptées aux producteurs bio pour leur développement. Pour accompagner les producteurs et productrices dans leurs démarches de progrès en bio, nous devons poursuivre notre travail de réseau en mutualisant les expériences et les diffuser au plus grand nombre, professionnaliser notre accompagnement technique. L’Assemblée générale de la FNAB aura lieu les 4 et 5 avril à Paris. Tous les producteurs y sont invités. Ce sera l’occasion de débattre et voter la Charte des productrices et producteurs du réseau FNAB qui a été travaillée lors des Journées d’automne de la FNAB. Pour tout renseignement, Nadou Masson.


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Eau et bio À la rencontre de lons-le-saunier, ville exemplaire... Du 18 au 20 novembre dernier, trois administrateurs et trois salariés de l’ABP ont accompagné 35 élus, agriculteurs et chargés de mission picards à Lons-leSaunier, dans le Jura. Pour répondre à sa problématique de qualité de l’eau, la Ville de Lons-le-Saunier a misé sur l’agriculture biologique. Une réelle volonté politique a permis de développer un projet transversal en travaillant à la fois sur les filières et les débouchés. Pendant trois jours, les participants au voyage d’études sont allés à la rencontre des différents acteurs : élus, agriculteurs, éleveurs, salariés de la Ville de Lons, chargée de mission du GAB Jura qui ont présenté leur action dans ce projet global.

35 participants au voyage d’études

L’Agriculture Biologique une réelle solution pour la qualité de l’eau. En 1989, le taux de nitrate des eaux de Lons flirte avec les 25 mg/l (seuil de potabilité est à 50 mg/l). Jusqu’en 2010, les mesures agricoles type MAE permettent de stabiliser ce taux. À partir de 2010, la Ville de Lons, par sa Déclaration d’Utilité Publique (DPU), pousse les agriculteurs à passer en bio. Aujourd’hui avec 178 ha en bio et 940 ha en prairie sur une SAU totale de 3 150 ha, le taux de nitrate est redescendu aux alentours de 15 à 16 mg/l. Si la bio est une solution pour l’élimination des produits phytosanitaires dans l’eau, elle l’est aussi pour le nitrate ! La protection du captage par la bio coûte aux usagers de la Ville de Lons 0,020 €/m3 d’eau. La Ville de Lons investit dans le Bio. Si la Ville « contraint » les agriculteurs du Bassin d’Alimentation de Captage à passer en bio, elle les accompagne aussi par la création d’outil comme une légumerie bio et les achats publics. Aujourd’hui la cuisine centrale de Lons fabrique 5 000 repas par jour : 100% de la viande bovine est bio, 100% du pain, 100 % des yaourts, 30% des légumes et beaucoup de projets sont en réflexion.

Captage d’eau potable de Lons

Temps d’échanges en groupe

Les participants enchantés et impressionnés.

Un carnet de voyage... une vraie mine d’information !

Les 35 participants étaient des élus Biosceptiques, des agriculteurs conventionnels en questionnement, des animateurs Eau des territoires de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie.

28 pages retracent les visites, les rencontres, les différentes interventions... reprennent les présentations des filières pain, viandes, légumes, fournissent des données chiffrées et livrent témoignages et photos des participants...

Le voyage leur a permis de découvrir les différentes positions des acteurs impliqués dans un projet de territoire : élus et salariés de la Ville de Lons, agriculteurs engagés dans la démarche, chargée de mission du GAB Jura… L’hétérogénéité du groupe, qui a beaucoup été appréciée par chaque participant, a vivement contribué à la dynamique des échanges.

Consultez-le ! Le carnet du voyage d’études à Lons-leSaunier, remis à chaque participant, est disponible... ... sur www.bio-picardie.com.


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et sources d’inspiration... Le voyage d’études à Lons-le-Saunier a semé des graines qui n’ont pas tardé à germer... ... à la cuisine centrale d’Amiens Christophe Demeyer, qualiticien restauration collective de la cuisine centrale d’Amiens, a proposé aux participants au voyage d’études de visiter sa structure. Une dizaine de personnes intéressées ont pu se rendre disponibles mardi 2 février pour visiter la cuisine centrale le matin et le Gaec «Les Franches Terres» l’aprèsmidi. En effet, cette exploitation se situe sur un captage d’eau potable d’Amiens Métropole et elle fournit des légumes bio à la cuisine centrale d’Amiens. Terre de liens Picardie a pu présenter l’accompagnement réalisé pour l’installation de cette exploitation sur les terres du captage, et l’ABP, l’accompagnement effectué entre la cuisine centrale et la structure Bio d’ici d’abord pour l’approvisionnement en produits bio. Depuis le voyage d’études, l’ABP accompagne la cuisine centrale d’Amiens dans son projet de mobiliser de nouveaux acteurs de la filière bio locale pour élaborer son pain bio. Il s’agit d’un travail de mise en lien d’acteurs (producteurs, meuniers et boulanger), d’animation de cette filière et d’aide à la rédaction du marché public pour favoriser l’approvisionnement le plus local possible tout en respectant la réglementation des marchés publics. ... auprès des agriculteurs Deux agriculteurs ont demandé un diagnostic de conversion en agriculture biologique. L’ABP a rencontré mi-février Marie Delefortrie, Présidente de Terr’Avenir, qui était présente au voyage d’études, pour échanger sur l’accompagnement que l’ABP peut proposer aux membres de cette association d’agriculteurs. La participation de l’animatrice du territoire du Pays-de-Thelle a permis à Delphine Beun d’intégrer les comités de pilotage des Bassins d’Alimentation de

Visite de la cuisine centrale d’Amiens, avec Christophe Demeyer

Visite au Gaec Les Franches Terres, avec Gaëtan Vallée

Captage de ce territoire. Il est aussi prévu de rencontrer son Président pour concrétiser le partenariat. ... auprès des Élus Plusieurs rencontres avec des élus sont prévues. L’ABP a ainsi, à travers ce voyage, pu : • rencontrer de nouveaux acteurs des territoires, • poursuivre l’information sur l’intérêt de l’agriculture biologique, la possibilité de monter des projets d’envergure avec ses contacts connus.

Les 35 participants représentaient une dizaine de territoires : Vallée de la Nonette, Vallée de l’Automne, Vallée de la Bresle, Pays de Thelle pour l’Oise, Pays des trois rivières et Portes de Thiérache, Aisne Vesle Axonaise, Ourcq amont et la région de Château-Thierry pour l’Aisne. Les premières retombées sont assez encourageantes. L’équipe de l’ABP reste mobilisée pour faire vivre ce dynamisme et donner de l’ampleur aux idées nées au cours de ce voyage. Contact Delphine Beun au 03 22 22 58 36.


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Optimisation des systèmes ENGRAIS VERTs EN MARAICHAGE : DES ESSENCES MISENT À L’EPREUVE SUR LE TERRITOIRE Essai engrais verts réalisé en 2015 à Nampteuil-sous-Muret (02) chez Pierre CHABROL, maraîcher boulanger. Semis réalisé début août. Photo prise mi-octobre.

L’optimisation des surfaces en maraîchage induit une succession importante de cultures. Cela entraîne un retour très rapproché d’une même famille de légumes dans la rotation. Le risque est alors la recrudescence de maladies et ravageurs. Par ailleurs, le travail du sol répété engendre une dessiccation importante de la matière organique fraîche, ainsi qu’une hyper oxygénation. L’humification des sols en maraîchage est par conséquent difficile et limitée, ce qui astreint à maintenir la fertilité des sols. Parmi les leviers qui existent pour maintenir la fertilité des sols, les engrais verts ont le mérite de réduire les coûts en fertilisation. Ils contribuent à améliorer les rotations légumières et accroissent l’activité microbiologique et macrobiologique de l’horizon cultivable. L’intérêt agronomique quant à l’utilisation d’engrais verts n’est plus à démontrer. Dans ce contexte, l’ABP réalise des essais d’implantation d’engrais verts avec le concours financier de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie et le Conseil régional du Nord Pas de Calais-Picardie, avec comme objectifs d’optimiser la fertilité des sols, de réduire les intrants et d’apporter aux producteurs des références adaptées et mises à l’épreuve sur le territoire. L’implantation d’un couvert végétal à un moment de la rotation n’est pourtant pas si aisée. Réaliser des engrais verts, c’est prendre en compte diverses contraintes : La date de semis : l’engrais vert d’automne et d’hiver doit pouvoir, en maraîchage, être semé tard et produire une biomasse suffisamment importante pour être efficace. Le modèle : en mélange ou pur (une espèce), le pouvoir concurrentiel de l’engrais vert doit être obtenu à plusieurs niveaux. C’est dans la recherche d’un développement racinaire agressif qu’il est permis d’accroître la concurrence visà-vis des éléments minéraux, de la res-

source en eau et sur le développement des parties aériennes. Le bénéfice d’un engrais vert en mélanges doit idéalement être supérieur au bénéfice d’un engrais vert pur. Gestion du sol : l’engrais vert doit avoir un développement physiologique efficace et produire de la biomasse en quantité avec le moins de ressources minérales possible. Son installation doit être en adéquation avec le travail de labour ou pseudo labour et de fumure de fond. Il faut enfin prendre en compte la faible teneur en azote minéral présent dans le sol après le couvert et la forte minéralisation qu’il induit en saison.

L’EFFICACITÉ D’UN ENGRAIS VERT L’engrais vert doit immobiliser le maximum d’éléments nutritifs issus de la minéralisation pour réduire le lessivage et permettre leur restitution aux cultures suivantes. Un engrais vert d’automne, par exemple, devra capter l’azote issu de la minéralisation d’automne : le delta entre le reliquat azoté d’entrée hiver et le reliquat de sortie hiver doit être le plus faible possible. Ce qui ne signifie pas pour autant que le reliquat azoté en sortie d’hiver doit être faible ! La quantité de matière sèche apportée par l’engrais vert doit être suffisante pour que ce dernier soit viable sur le plan économique et agronomique. Cette

dernière varie selon le type de couvert, la période d’implantation et la durée de développement. La quantité de matière sèche et d’éléments nutritifs restituables peut être évaluée en réalisant la méthode «MERCI» : Méthode d’Estimation des Eléments Restitués par les Cultures Intermédiaires (élaborée par la CRA Poitou-Charentes). On peut également choisir d’obtenir une fertilité organique - à libération lente avec un C/N élevé (%carbone/%azote), ou au contraire réduire le C/N pour obtenir une fertilité minérale – à libération rapide (avec une légumineuse associée par exemple). Cependant lorsque l’apport en carbone est trop élevé (C/N fort), on peut redouter un phénomène de fin d’azote en début de saison.

LE MOHA(1), LE FÉNUGREC (2) ET LE NYGER (3) À L’ESSAI En 2015, l’essai engrais verts mené à l’ABP s’est attaché à répondre à des objectifs précis en sol drainant (sable limoneux) : • Augmentation de la fertilité : marge de progression potentielle de la teneur en matière organique, fixation de l’azote et restitution. • Choix d’espèces dites ‘agressives’, concurrentielles visà-vis des adventices et adaptées aux sols légers. • Mise en œuvre facilitée et coût peu élevé.

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Résultats et caractères significatifs

• Composition satisfaisante du mélange : 30% Moha, 30% Nyger, 40% Fenugrec. Un semis jusque mi-septembre est possible. • Avantage du PMG faible pour les essences choisies, faible coût des semences (moins de 40€/Ha) • Avantage net sur l’immobilisation

d’azote et le développement des adventices (en 2015). • Sur le plan sanitaire, pas de signes distinctifs de maladies (Rouille, Sclérotinia, …) et de ravageurs. • Pas de repousse et d’envahissement à craindre (graines non viable). • Le rapport C/N de la destruction du

Irrigation, un mal nécessaire en cultures légumières de plein champ À ce jour, peu de personnes contestent que l’eau est un bien collectif et qu’il est important de gérer au mieux sa consommation quelles qu’en soient les utilisations. L’agriculture est souvent montrée du doigt pour des actions peu respectueuses de cette ressource. Certaines pratiques sont à bannir : apport non maîtrisé qui provoque des inondations ou des coulées de boue, mise en route des systèmes par aspersion alors que les conditions climatiques sont défavorables, vitesse du vent et température élevées. Cependant, force est de constater que les irrigants ont à leur disposition, s’ils le souhaitent, des techniques et des outils qui permettent de réduire fortement leur empreinte sur la ressource tout en garantissant une qualité de leurs productions, souhaitée par les consommateurs. L’ensemble des productions destinées à une mise en marché longue nécessitent une contractualisation entre les différents acteurs des filières. Il est souhaitable aux vues des investissements humains et fi-

nanciers de sécuriser les débouchés. De ce fait, les agriculteurs se doivent d’être au rendez-vous de leurs engagements tant sur les volumes que sur la qualité. L’irrigation permet pour le moins de sécuriser les itinéraires techniques et pour certaines cultures d’améliorer la productivité. Pour le développement de cultures d’avenir : petit pois, haricot vert, choux, épinard… il sera difficile de répondre aux demandes des opérateurs sans parcelles irriguées. Les investissements sont lourds avec des retours longs. Il ne faut pas se tromper dans la prise de décisions, elles engagent le producteur pour de nombreuses années. C’est pour répondre à toutes ces interrogations que l’ABP, à la demande de plusieurs de ses adhérents, vous a proposé une journée de formation le 8 mars. Le programme a été bâti avec l’aide du Centre technique interprofessionnel de LANXADE. Alain BARDET a animé cette formation. Contact Jean-Pierre Peral au 06 73 83 04 75.

Nyger obtenu est élevé, autour de 30, celui du Moha est de 19 et celui de Fenugrec est de 11. Ainsi, l’association d’une légumineuse est indispensable pour limiter le phénomène de faim d’azote. L’étape supérieure consisterait à réaliser un bilan humique, c’est-à-dire de dégager la tendance pour l’engrais vert à maintenir ou augmenter la fertilité et apprécier l’évolution agronomique du sol qu’elle soit positive ou négative. En 2016, les essais sur les engrais verts seront conduits avec l’implantation d’une moutarde brune associée à une céréale en engrais vert d’automne sur limon argileux. L’évaluation portera sur la mise en œuvre, la densité et la fertilité (biomasse produite, restitutions potentielles). Pour plus de renseignement, Valentin Lienard au 06 31 29 25 07.

Réglementation et aides

panorama des appels à projets en région En ce début d’année 2016, plusieurs appels à projets en faveur de l’agriculture biologique sont proposés : 1 Améliorer la performance technico-économique, sociale et environnementale de votre exploitation PCAE : Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Exploitations Agricoles Il s’agit de mesures d’aide à l’investissement dans les exploitations agricoles pour améliorer la performance globale et la durabilité de l’exploitation, soutenir l’investissement non productif lié à la réalisation d’objectifs environnementaux du Programme de Développement Rural de Picardie. Taux d’intervention : de 25 à 60% selon l’éligibilité des demandeurs. Les projets portés par les jeunes agriculteurs et les projets collectifs bénéficient de bonis. Les projets en agriculture biologique, en zones soumises à des contraintes naturelles et en élevage herbivore sont privilégiés. Remise de dossier jusqu’en septembre. D’autres appels à projet suivront au cours de l’année 2016. Suite page 8


8 • Labienvenue N° 56 • Février 2016 loi ‘‘ancrage territorial de l’alimentation’’ Suite de l’article «Panorama des appels à projet en région» 2 Planter des arbres forestiers et/ ou fruitiers dans vos parcelles Mesures « Agroforesterie » La mise en place de systèmes agro-forestiers peut être prise en charge à hauteur de 80% des dépenses éligibles (études de faisabilité, matériel végétal, coûts de préparation et plantation, paillage et entretien). Si vous avez un projet de plantation en agriculture biologique et souhaitez répondre à l’appel à projet, l’ABP vous propose ses services * pour : • étudier la faisabilité en fonction des conditions pédo-climatiques et techniques de votre exploitation (conseils sur le choix des espèces, densités). • monter votre dossier d’aide. * devis réalisé sur demande : ces dépenses sont éligibles dans la limite de 12% du montant des dépenses matérielles.

Remise de dossier avant le 26 février. Nous espérons qu’un autre appel à projet sera effectif d’ici la fin de l’année. Pour construire votre projet, contactez Simon Lenoir au 03 22 22 58 30.

3 Développer la valeur ajoutée sur votre exploitation Dans l’attente de l’harmonisation des aides à l’agriculture à l’échelle de la région Nord Pas de Calais - Picardie, le Conseil régional accuse réception des demandes d’aides concernant : • l’aide aux investissements pour l’amélioration de la valeur ajoutée et de la qualité des productions en agriculture biologique. • l’aide à la certification. 4 Soutenir la conversion bio et rémunérer les aménités positives de votre engagement Dans le cadre du 2ème pilier de la PAC, les aides à la « conversion » et au « maintien » sont effectives en 2016 jusque 2020 sur toute la région picarde. L’ABP organisera en cours du mois d’avril des réunions d’informations à ce sujet afin de remplir au mieux votre demande d’aides pour le 15 mai 2016. Pour obtenir les formulaires des appels à projets, notices et informations contactez Jean-Baptiste Pertriaux au 03 22 22 58 30.

Agenda Salon Vivre autrement

11 au 14 mars 2016 «éthique, chic et bio» au Parc Floral de Paris

AssemblÉe générale de la FNAB

Formation fertilisation

les 4 et 5 avril 2016

mardi 22 mars 2016

à paris

à Roye contact G Roussel au 03 22 22 58 30

Assemblée Générale de l’ABP

21 avril 2016 AU CPIE DE la somme à DURY

bATAILLE POUR les 20% de bio locale en restauration collective Portée par la députée écologiste de Dordogne, Brigitte ALLAIN, la loi relative à l’ancrage territorial de l’alimentation a été adoptée à l’unanimité le 14 janvier, à l’Assemblée Nationale. Cette loi, si elle est confirmée, permettra d’ici 2020 à tous les restaurants collectifs (scolaire, hospitalier, maison de retraite, …) de proposer dans leurs repas 40% de produits locaux, de saison et de qualité, dont 20% de produits bio. Brigitte Allain a, à cette occasion, rappelé sa satisfaction « 76% des français soutiennent cette loi. Le vote d’aujourd’hui témoigne du consensus de la société dans son ensemble, élus, citoyens, agriculteurs pour soutenir l’alimentation durable. Le changement est en marche. » Ce projet soutenu par « Agir pour l’environnement » avait réuni en moins de 3 jours plus de 100.000 signataires. Cette loi permet de porter une dynamique de territoire : « Consommer localement, c’est entretenir le lien entre ruraux et citadins, rapprocher les producteurs et consommateurs » comme l’a rappelé Danielle Auroi. Mais celles et ceux qui fréquentent les cantines collectives ne seront pas les seuls bénéficiaires. Lors du débat parlementaire, Cécile Duflot a fait valoir que « Le travail de qualité du producteur sera valorisé. Le consommateur satisfait. L’économie revivifiée. » Hors, le 2 mars dernier, un amendement a supprimé l’obligation de respecter le seuil de 20 % de produits biologiques, à l’horizon 2020, dans la restauration collective publique. «Agir pour l’environnement» a lancé une nouvelle pétition pour rétablir les 20% de bio dans la proposition de loi et la FNAB a diffusé une note aux sénateurs montrant que les filières bio sont bien capables d’approvisionner 20% de bio en restauration collective. Mercredi 9 mars, sénatrices et sénateurs ont la responsabilité de débattre et d’adopter la proposition de loi numéro 303 visant à favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation. Comptant qu’ils votent l’amendement qui rétablisse les 20% de bio en restauration collective !

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LABienvenue N°56  

Lettre d'actualité de l'agriculture biologique en Picardie N° 56.

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