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Revue mensuelle de Saint-Antoine de Padoue

La Charité Décembre 2011 N°9. 117ème année

La Nativité


Sommaire page 4 Après la tempête Jocelyne Marque page 9

La Charité

Décembre 2011 N°9

© Ab Editions 2011. Edit. resp.: Marc Valentin

http://www.SaintAntoine.be Couverture : Abonnements : Belgique: 1 an: 21,50 €. Autres pays : 28,00 €. A verser au compte de Ab Editions sprl,, rue A. Delzenne n°9, 7800 Ath : BIC : CPHBBE75 IBAN : BE 06 1262 0212 3822 (126-2021238-22) Contact :  068.28.60.60 (De l'étranger : 00.32.68.28.60.60)

Le 10ème Commandement du Décalogue Françoise Vandenneucker page 18 Les vitraux de l’Église du Voeu à Bouvy « Le sermon aux poissons » Andrée Dasseleer page 18 Giovanni di Paolo di Grazia « La Nativité » Michèle Coppin page 24 Perles de sagesse — La 106e division... Jean-Luc Dubart page 28 Les chemins des vocations Abbé Paul de Cock page 30 Œuvre des Pains de Saint Antoine

« La Charité » is ook in Nederlands beschikbaar onder de titel « De Liefdadigheid ».

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Après la tempête Jocelyne Marque

Un vent glacé avait soufflé toute la nuit. Petit Florent, du ffond de son lit l’avait entendu tempêter à en n’en plus pl finir, comme gamin capricieux. Il un gam s’insinuait et se glissait s’insi sous chaque porte et fenêtre, entre chaque interstice libre lib de la maison. Les arbres du jardin frémissaient et craquaient sous son souffle polaire. Les lapins pétrifiés, tapis au plus profond de leur terrier, attendaient que la tourmente se fasse moins rude. Tous attendaient que le vent du Nord se lasse et cesse de les supplicier pour bondir vers d’autres espaces à la recherche d’autres proies, à la conquête d’autres victimes plus faciles. Mais pour l’heure, ce diable de vent semblait se plaire dans ce petit coin de terre. Il y avait élu domicile et ne voulait pas être chassé. Il sévit ainsi pendant des heures, interminablement. Puis au matin, après de multiples soubresauts, il se sauva prestement.

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Florent sut que c’était définitivement terminé, quand il n’entendit plus les tuiles du toit grelotter. Le silence était revenu. Peut-être allait-il enfin pouvoir jouer dehors, aujourd’hui ? Pendant plusieurs jours, il avait été malade. Il avait eu beaucoup de fièvre. Et, tandis que le vent hurlait, il s’était tourné encore et encore, frissonnant, sous les couvertures. Puis la maladie s’en était allée comme la tempête, brusquement. Maintenant, il en était certain, il était guéri ! Il se leva, le cœur léger, et courut à la fenêtre. Il lui fallut pousser avec difficulté les volets : la neige les avait scellés et la force de ses petits bras eut du mal à vaincre une telle résistance. Mais quand il réussit enfin, il s’aperçut que ses efforts étaient largement récompensés. Le spectacle était magnifique ! Le jardin entier était recouvert d’une neige cristalline. Le soleil s’était levé, après plusieurs jours d’absence, et Florent


Après la tempête avait bien du mal à garder les yeux ouverts, tant il était ébloui. Les arbres frileux s’étaient emmitouflés sous d’étincelantes capes de laine blanche et le ciel était d’un bleu somptueux. Partout, ce n’était que blancheur radieuse, sous l’effet d’un mystérieux et magique coup de pinceau. On aurait pu croire qu’une main invisible avait voulu illuminer le tableau qu’était son jardin. C’était certainement le signe d’une excellente journée. Quand il descendit à la cuisine, il ne vit personne. La famille avait déserté la maison. Ils étaient déjà tous dehors ! Son père et sa mère déblayaient la neige qui encombrait le chemin menant à la rue. Quant à ses frères, ils avaient entamé avec fureur une bagarre à coups de boules de neige. Petit Florent préférait ne pas participer à ce genre de jeux, aussi pritil le temps de déjeuner tranquillement. Lorsque ses frères seraient plus calmes, il pourrait enfin profiter de toute cette beauté sans être dérangé. Pour le moment, il buvait avec délice son grand bol de chocolat chaud. Comme tout paraît merveilleux quand on devine qu’une excellente journée se prépare. Même le goût de sa boisson chocolatée était dif-

férent des autres jours, plus parfumé, plus onctueux. Quand il eut fini de savourer l’instant présent et une fois le déjeuner terminé, il se lécha les babines en guise de toilette. Il mit son bol dans l’évier, puis il enfila sa doudoune par-dessus son pyjama, un bonnet douillet, ses bottes fourrées, ses gants, et sortit sans précipitation. Maintenant, il pouvait affronter la tempête échevelée qu’étaient ses trois frères. Mais, quand il eut mis un pied à l’extérieur, il s’aperçut qu’ils étaient bien trop occupés pour lui prêter attention. Il en ressentit quand même une petite pointe de déception vite effacée, cependant. Il participait rarement à leurs jeux car ils étaient trop dissemblables. Ses frères vivaient dans l’action, tout en rire et en force ; lui était calme, fragile en apparence et préférait la compagnie de son chat noir Bosco, son confident en titre. Mais l’entente entre les frères était généralement harmonieuse, les plus grands respectaient le petit et son besoin d’isolement. Par mesure de sécurité et afin d’éviter une boule égarée, Florent prit une direction opposée, vers

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