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QUI SOMMES-NOUS ?

QUE FAISONS-NOUS ?

Créée en 1983, l’Association de Soutien à l’Armée Française (ASAFRANCE) regroupe tous les citoyens qui estiment que l’Armée doit rester au cœur des Français et une priorité pour l’Etat. Elle se fixe comme objectifs de : - défendre l’honneur de l’Armée, - soutenir ceux qui ont combattu et combattent pour la France, sensibiliser les citoyens aux questions militaires, - participer au devoir de mémoire et de solidarité.

L’ASAFRANCE propose gratuitement, par voie électronique des lettres d’informations sur des sujets d’actualité ou historiques : - aux responsables politiques et économiques, - aux institutionnels, aux médias et aux relais d’opinion, - aux citoyens français et européens.

Indépendante de tout pouvoir, sans caractère politique ou syndical, l’ASAFRANCE regroupe 2 000 adhérents dont 300 associations. Elle représente plusieurs centaines de milliers de Français.

Ces documents sont rédigés en toute liberté et sans polémique par des experts conscients de servir l’intérêt national. L’ASAFRANCE conduit diverses actions de sensibilisation des citoyens. Elle diffuse à ses adhérents un bulletin qui les tient informés de ses activités.

“Soutenir l’Armée, c’est renforcer la France et son image dans le monde.”

A SSOCIATION S OUTIEN A RMÉE F RANÇAISE DE

À L’

ASAFRANCE

Contact : Adresse : 18 rue de Vézelay, 75008 PARIS Tél/Fax : 01 42 25 48 43 Email : secretariat@asafrance.fr Site : www.asafrance.fr

ASAFRANCE-Bulletin 87-couves4-1-juin 2010 (3).indd 1-2

Mémoire et Vérité

Prix : 5 euros

Bulletin n° 87

Eté 2010

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HOMMAGE : LE GÉNÉRAL MARCEL BIGEARD Un officier qui reste un « modèle » pour l'armée d'aujourd'hui Dans l'armée de terre de 2010, Marcel BIGEARD reste un exemple, un modèle pour les jeunes officiers. - S'ils savent que les temps ont changé, ils respectent aussi le parcours exceptionnel de ce fils de cheminot, employé de banque à 15 ans, qui s'est hissé à la force du poignet, par son courage et à sa ténacité, au plus haut niveau de l'armée française. Si le général BIGEARD a pu franchir ces marches, c'est grâce aux circonstances - vingt ans de guerre - mais aussi par son « incroyable rayonnement ». « Il incarnait toutes les grandes valeurs du soldat : l'engagement, la volonté et enfin le charisme qui lui permettait de galvaniser ses troupes derrière lui. C'est aussi un homme qui a d'abord et toujours été au service de son pays », commente le colonel Benoît ROYAL, qui dirige le Sirpa Terre. Héros de presque tous les conflits dans lesquels la France a combattu depuis la Seconde Guerre mondiale, militaire le plus décoré de France, il n'était pas seulement apprécié pour ses exploits mais également pour sa « chaleur humaine ». « BIGEARD a toujours eu le souci de ses soldats, dont il était très proche. Il se situe un peu dans la tradition d'un LYAUTEY. Ceux qui l'ont servi tentaient de s'identifier à lui. Son franc-parler et l'intérêt qu'il portait à l'autre l'ont toujours distingué », se souvient un officier général qui l'a bien connu. Un praticien de la guerre révolutionnaire Mais, pour les terriens, le général BIGEARD « assure surtout la jointure entre l'armée d'hier et celle d'aujourd'hui. Il incarne un type d'engagement résolument moderne ». C'est

parmi les parachutistes, son corps d'origine, qu'il force le plus le respect. « BIGEARD, c'est l'officier para par excellence. Il a su utiliser au mieux cet outil particulier dans toute sa complexité (hélicoptères, mise à terre par assaut, opérations nocturnes...) », commente l'un de ses pairs. Le général qui a sauté sur Dîen Bîen Phu et a été au cœur de la bataille d'Alger inspire toujours, selon lui, l'action des parachutistes. « BIGEARD a su imposer des solutions hors du commun pour résoudre des difficultés dont l’ampleur le dépassait. Dans les unités de paras, où il faut être vif et efficace, savoir agir dans l'immédiat, il est toujours considéré comme un élément référent », poursuit-il. Aujourd'hui, les circonstances ne sont plus les mêmes puisque les rares guerres que livre la France sont éloignées et limitées dans le temps. Mais alors que le général PÉTRAEUS, patron du Commandement central américain et artisan du récent « redressement » irakien, tente d'appliquer les méthodes de la contre-insurrection à l'Afghanistan, beaucoup se souviennent qu'à défaut d'en avoir été un théoricien, comme TRINQUIER ou GALULA, BIGEARD fut un praticien de la « guerre révolutionnaire », qu'il a côtoyée en Indochine et en Algérie. En faisant de la population l'enjeu principal de la guérilla et en occupant au maximum le terrain, la France avait réussi, en Algérie, à venir à bout, au moins militairement, de la rébellion. Des leçons qui peuvent encore servir aujourd'hui, alors que l'armée française se demande, à l'instar des forces britanniques et américaines, comment vaincre dans les guerres contemporaines. Isabelle LASSERRE, Le Figaro

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« NE PAS SUBIR »

N

e pas subir, c’est aujourd’hui refuser que le film « Hors la loi», présenté au festival de Cannes par l’Algérie et financé largement par des fonds français, ne devienne l’histoire officielle de la guerre d’Algérie. Cette œuvre est insidieuse et destructrice. Les faits sont mensongers et tronqués ; le réalisateur donne une version erronée de l’histoire qui discrédite notre pays, jette l’opprobre sur son armée et suscite l’autodénigrement des Français. Il faut la dénoncer et exiger des comptes à ceux qui l’ont financée au moment même où des efforts vont être demandés aux Français pour réduire les déficits publics… Ne pas subir, c’est aussi condamner officiellement l’infamie faite au drapeau français à travers une photo abjecte, d’un homme se « torchant les fesses » avec notre emblème national, primée par un jury du magasin de la FNAC de Nice et diffusée par le journal gratuit « Métro ». Une photo dont ni l’auteur, ni le jury ne peuvent être condamnés aujourd’hui par la justice car elle peut être considérée au regard de la loi comme une œuvre de l’esprit ! Mais une telle insulte à notre emblème ne doit-il pas faire l’objet d’un geste fort venant du plus haut niveau de l’Etat, au moment où la France cherche à renforcer son identité pour assimiler les étrangers qui souhaitent devenir Français ? Comment ces derniers pourraient-ils et voudraient-ils le devenir si le symbole de la patrie est ainsi insulté sans réaction ?

Ne pas subir, c’est enfin refuser que soit démantelée la défense française par de nouvelles coupes budgétaires au nom de la réduction de la dette et du partage des efforts entre tous les ministères. La part du budget de l’Etat consacrée à la Défense a déjà été divisée par deux en 40 ans alors que pendant la même période la dette est passée de 0 à 1500 milliards d’euros La réduction des déficits et de la dette exige en réalité d’autres solutions dont le choix nécessite beaucoup plus de courage. D’ailleurs, faudra-t-il qu’après avoir laissé à nos enfants une montagne de dettes (25 000 € par personne) et les risques présentés par une immigration étrangère mal intégrée, notre génération poursuive ses erreurs en disloquant notre outil de défense alors même que tous les pays hors d’Europe renforcent le leur et que les menaces ne cessent de se multiplier tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nos frontières ? Défendre la vérité de notre histoire, la fierté de notre Nation et la force de notre armée est indispensable pour que la France puisse porter enfin un grand projet collectif, une ambition nationale qui dépasse chaque Français, lui permette de donner le meilleur de lui-même et éloigne définitivement le spectre des divisions et de la médiocrité. Henri PINARD LEGRY


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Mot du Président . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 Editorial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 LETTRES ET ARTICLES DE l’ASAFRANCE 1 - Lettres ASAFRANCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 2 - Articles ASAFRANCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 DOCUMENTATION 1 - Libres opinions . . . . . . . . . 2 - Informations sur les armées 3 - Revue de presse . . . . . . . . . 4 - Livres et films . . . . . . . . . . . 5- Courrier des lecteurs . . . . . .

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ACTIVITES DE l’ASAFRANCE 1- Niveau national

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INFORMATIONS GENERALES 1- Annuaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 Page de liaison ASAFRANCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47

Bulletin trimestriel de l’ASAFRANCE, association loi 1901 déclarée le 27 mai 1983 - JO n° 57322 Association de Soutien à l’Armée Française (ASAFRANCE) : 18, rue de Vezelay, 75008 PARIS Tél/Fax : 01 42 25 48 43, CCP : Paris 146271 W- www.asafrance.fr Directeur de la publication : Henri PINARD LEGRY Rédacteur en chef : Bruno BRITSCH Comité de rédaction : Yves de BLIGNIERES, Marcel BOURGNINAUD, Serge GROSCLAUDE, Pierre d’ORNANO, et Marcel VALENTIN,. Edition et impression : UNICOMM, 94 rue Saint Dominique 75 007 Paris Direction UNICOMM : Rudolf HAMMERL Maquette UNICOMM : Gabrielle ROSSO


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Chers amis lecteurs, Le bulletin 87, celui de l’été 2010, apporte des éclairages nouveaux sur l’actualité du 2e trimestre. Compte tenu des nombreux textes intéressants nous avons du faire des choix. Outre les trois lettres mensuelles parues ce trimestre, vous trouverez des articles très différents. A l’occasion du 70e anniversaire de 1940, nous avons d’abord voulu honorer les soldats de la bataille de mai et juin, à travers 3 articles historiques de l’ASAFFRANCE et un libre propos. Il y a naturellement les réactions à l’infamie faite au drapeau à la FNAC de Nice. De nombreuses lettres de membres de l’ASAFRANCE ont été adressées aux autorités politiques et au directeur de la FNAC. Certaines sont visibles sur notre site. Vous pourrez lire les réponses de responsables politiques, notamment celle du garde des sceaux. Nous publions également la supplique d’un capitaine du 2e REP à un ami journaliste puis la réponse de l’un d’entre eux ; enfin la réaction d’un de nos lecteurs. Nous avons aussi voulu vous faire connaître la réaction de soutien aux armées de deux élus face aux accusations portées contre nos armées tant au Rwanda que dans l’océan Indien. Nous estimons en effet qu’il appartient aux citoyens d’alerter les élus et d’exiger d’eux, si nécessaire, de s’exprimer et d’agir quand les symboles de la Patrie sont insultés ou quand les armées sont accusées sans raison. Devoir de réserve et devoir d’expression, nous pensons qu’il appartient aux militaires de faire connaître leurs réflexions.

C’est indispensable pour intéresser la nation aux questions de défense, d’autant que la discipline demeure totale dans l’exécution du service. Par ailleurs, il ne nous a pas été possible de ne pas rendre hommage au Général Marcel Bigeard. Nous le faisons à travers le témoignage inédit d’un de ses lieutenants. D’autres documents de grande qualité paraîtront dans le prochain bulletin. Enfin un extrait d’une intervention récente du chef d’état-major vous est proposé sur les conséquences d’une réduction du budget de la Défense. La revue presse est centrée sur l’engagement de nos forces en Afghanistan. Les livres présentés dans la rubrique bibliographie sont, quant à eux, peu connus mais d’une grande qualité. Enfin, vous trouverez le compte rendu de l’assemblée générale ainsi que la liste actualisée de nos délégués avec leurs coordonnées. Pour terminer, je me permets d’insister sur la feuille de liaison. Il faut la retourner rue de Vezelay, non seulement pour adhérer, faire adhérer ou renouveler votre adhésion, mais également pour faire part de vos suggestions. Joignez des articles que vous souhaiteriez voir paraître dans le bulletin ou sur le site http://www.asafrance.fr qui le complète. Continuez à faire connaître ASAFRANCE et relayez autour de vous nos articles, points de vue et arguments. Il faut « parler vrai » et « ne pas subir ». La Rédaction


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ENGAGEMENT EXTÉRIEUR ET COHÉSION NATIONALE Lettre n°5 du 17.05.2010

L

a France a perdu en Afghanistan plus de puisque le gouvernement, avec le soutien quarante de ses fils ; le dernier en date de la majorité de la représentation naest le légionnaire HUTNIK devenu français tionale, y a envoyé nos soldats se battre ; par le sang versé, comme nombre de ses elle est donc la nôtre et doit être présentée anciens. N’est-ce pas l’occasion de s’inter- comme telle aux Français et vécue ainsi par roger sur la nature du lien qui doit exister eux tant que nous aurons un soldat sur entre l’armée engagée dans ce conflit place. Mais comment nos compatriotes depuis près de 9 ans et les Français qui ne peuvent-ils se sentir proches de leurs solcomprennent pas toujours ce qu’elle y fait ? dats si certains parmi ceux qu’on entend le Précisons d’emblée que ce n’est pas l’ar- plus en France contestent quotidiennement mée qui choisit de s’engager ; c’est tou- le bien fondé de l’engagement et doutent jours, le pouvoir politique qui décide du succès ? d’engager ses soldats au combat, si nécessaire jusqu’au sacrifice suprême, afin de Une photo primée par un jury remplir une mission jugée essentielle pour Comment rassembler le peuple français aula France. C’est donc bien la nation toute tour d’un objectif commun s’il ne lui est pas entière qui est impliquée, tous les Français clairement expliqué par les plus hautes auqui sont concernés et retorités de l’Etat ? Il est vrai sponsables. D’ailleurs un C’est toujours le pouvoir que lorsque le chef d’étatattentat en France, toujours politique qui décide d’en- major des armées expossible, revendiqué par al- gager ses soldats au com- plique pendant une heure Qaïda ou les talibans le bat, si nécessaire jusqu’au ce que font nos forces sur rappellerait immédiatement. sacrifice suprême, afin de place, il ne se trouve auremplir une mission jugée cune personne dans la Afghanistan presse pour relayer ses essentielle pour la France. On entend souvent des propos le lendemain. géopoliticiens et stratèges supputer les Comment unir le peuple français autour de chances de victoire des forces de la coali- son drapeau quand l’Etat tolère qu’il soit artion, comme s’il était possible de prévoir ce raché de la mairie de Toulouse et remplacé qui va se passer dans 3 ans ou plus ? Il ne par celui d’une autre nation ? Pire encore s’agit pourtant pas d’un pari. En revanche quand il ne commence à réagir qu’un mois on entend peu ceux qui reviennent après qu’un journal quotidien ait présenté à d’Afghanistan, on voit peu les images de Nice une photo primée par un jury du grand ce qu’ils font, on entend peu leurs té- magasin « la FNAC » représentant une permoignages expliquant la façon dont les sonne se « torchant le derrière avec l’emblème troupes françaises combattent, contrôlent, national » ? Comment peut-on concilier alors instruisent, construisent, pacifient, bref au sein même de notre pays le sacrifice pour agissent dans ce pays complexe. Dire que le drapeau et l’infamie au drapeau ? Quelle cette guerre n’est pas la nôtre est faux cohésion nationale peut-on attendre d’un


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peuple dont certains de ses membres rejettent nos lois au nom de leur culture, possèdent à la fois la nationalité française et une nationalité étrangère ? Cependant, cela n’empêche pas les étrangers qui le veulent vraiment de se montrer d’une fidélité et d’une loyauté à la France allant jusqu’au sacrifice suprême comme HUTNIK l’a fait ? L’armée professionnelle demeure, comme l’armée de conscription hier, l’expression de la nation ; ses soldats servent les intérêts supérieurs du pays sous les plis du drapeau tricolore. En 1914-1918, les soldats se demandaient si l’arrière tiendrait. Aujourd’hui, dans les conflits longs et lointains où

l’intégrité du territoire national n’est pas en jeu, il importe tout autant que l’opinion toute entière soutienne son armée dès lors qu’elle est engagée au combat par les responsables politiques. La victoire tient autant à la valeur de l’armée qu’à la ténacité et à la détermination des Français. Il appartient donc aux élus, à l’Etat et à tous les Français non seulement de donner aux armées les matériels et les équipements nécessaires mais également de témoigner de leur soutien sans faille aux côtés de ceux qui risquent leur vie chaque jour en leur nom.

DÉFENSE ET SÉCURITÉ : LA PLACE DES ARMÉES Lettre N°6 du 12.06.2010

L

e livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationale, paru il y a près de 2 ans, fait référence au « continuum défense et sécurité » montrant ainsi qu’il n’y a pas de cloisonnement entre ces deux domaines. Cela signifie qu’aujourd’hui, la défense de la France et la sécurité des Français sont davantage liées qu’autrefois, même si ce n’est pas nouveau. Pour autant ces deux notions demeurent distinctes .

On ne peut confondre l’environnement, les missions, les moyens et les hommes qui agissent dans ces deux espaces. L’armée, qui assure la défense du pays, intervient essentiellement à l’étranger depuis qu’il n’y a plus de menace à nos frontières, ou dans l’espace aérien compte tenu des moyens nécessaires, tandis que la police et la gendarmerie agissent, sauf cas très particuliers, sur le seul territoire national.

Un adversaire organisé et souvent bien armé Le soldat se bat contre un adversaire organisé et souvent bien armé sur des théâtres où l’état de droit est très dégradé, voire inexistant, tandis que le policier et le gendarme interviennent sur le territoire de la République, dans un cadre juridique clair, face à des hommes qui ne respectent pas la loi. Un délinquant n’est pas un ennemi ; son traitement ne nécessite pas les mêmes moyens. Ceux dont disposent les armées sont naturellement sans commune mesure avec ceux des forces de sécurité intérieure. En effet, les besoins ne sont pas du même ordre. Pour autant, les armées - 220 000 soldats, marins et aviateurs - qui assurent la défense de la France et de ses intérêts dans le


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monde, ainsi que la protection des Français dans les grandes villes et les aéroports dans hors de nos frontières, agissent déjà le cadre du plan Vigipirate. Auparavant, lors régulièrement en coordination étroite avec des vagues d’attentats terroristes des années les forces de sécurité intérieure - 250 000 85 et 95 puis des attaques de New-York et policiers et gendarmes - et avec les unités de de Madrid, ces interventions militaires pousécurité civile - 260 000 hommes – tels que vaient avoir un sens car elles correspondaient les pompiers et les unités spécialisées dont à une réaction à l’apparition brutale d’une certaines, d’ailleurs, sont constituées…de menace avérée. Mais aujourd’hui, applicamilitaires. tion exagérée du principe de Certains moyens, destinés à précaution ou simple solution Assurer la Défense être utilisés dans des opérations de « renfort » pour les forces de de la France et de de guerre dans des zones dissécurité, quelle qu’en soit la raises intérêts dans le posant d’infrastructures somson, on peut se demander si la monde maires, sont particulièrement présence de soldats en armes bien adaptés lors des catastrophes naturelles n’est pas devenue banale et si elle n’a pas ou industrielles. Nous l’avons vu récemment perdu sa signification, alors que les armées à Haïti et en Vendée. Les véhicules tout-teréprouvent des difficultés à satisfaire leurs prorain, les hélicoptères légers et de transport, pres besoins pour les opérations extérieures. les engins de travaux publics et les équipements de dégagement d’itinéraires On comprend qu’en situation insurrectiondont dispose l’arme du génie, sans oublier nelle (ce n’est pas le cas aujourd’hui), l’arles bâtiments de la marine nationale spécial- mée puisse fournir des moyens, non plus isés pour lutter contre la pollution ou pour seulement de soutien (santé, génie, transport débarquer des matériels et du fret en l’abaérien) mais également de renseignement, sence d’infrastructures portuaires, se révèlent voire de combat. Il s’agirait alors d’une sitêtre d’un grand intérêt et sans guère uation dans laquelle les forces de sécurité ind’équivalents civils. térieure seraient dépassées et n’auraient pas Les armées disposent enfin de capacités reles moyens de coercition suffisants pour marquables de soutien sanitaire d’urgence restaurer la sécurité et assurer le bon fonc(avions médicalisés, navires-hôpitaux et tionnement des institutions. hôpitaux de campagne modulaires) bien adaptés pour compléter les moyens civils Rappelons que l’armée, grâce à ses comd’urgence existants. posantes sous-marine et aérienne, est en mesure de mettre en œuvre 24 heures sur 24 Vigipirate. l’arme nucléaire qui constitue aujourd’hui Mais, les armées n’ont pas vocation à interencore la garantie de notre indépendance. venir sur le sol national de façon permanente. Elle dispose d’armes conventionnelles puisElles ne doivent agir que lors de crises, de santes lui permettant de remplir toute une manière ponctuelle en renfort et non en subgamme de missions seule ou avec nos alliés. stitution des moyens civils. Elle dispose enfin de moyens importants pour Depuis les attentats de Londres, en juillet agir sur le territoire national en appui des 2005, plus d’un millier de soldats patrouillent forces de sécurité et, en cas de troubles


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graves, directement pour restaurer l’intégrité du territoire, assurer la protection et garantir la liberté de circulation des Français. Défense et sécurité demeurent deux responsabilités centrales de l’Etat. Cependant, les moyens pour les assurer ne relèvent pas de la même logique et ne sont pas les mêmes.

Pourtant il n’est plus possible de les dissocier ; il est même indispensable de bien identifier les domaines et responsabilités de chacun pour préparer l’emploi coordonné de la police et de la gendarmerie avec l’armée dans l’hypothèse d’une crise intérieure grave qu’il serait irresponsable de refuser d’envisager aujourd’hui.

LES ARMÉES : UN LIEN INDÉFECTIBLE ENTRE LA FRANCE ET L’AFRIQUE Lettre N° 7 du 1. 07.2010

L

a France fêtera cet été le cinquantième anniversaire de l’indépendance de ses colonies d’Afrique subsaharienne et de Madagascar. La quasi-totalité de ces pays avait signé avec la France des accords de défense et l’armée française a depuis un demi-siècle participé activement à y maintenir la stabilité et la paix. Nombreuses furent en effet les interventions des troupes françaises généralement présentées par leurs détracteurs comme des agressions colonialistes. Pourtant qui peut nier qu’aucune des anciennes colonies françaises n’a connu les guerres civiles à caractère génocidaires comme la Sierra Léone autrefois britannique ou le Libéria sous responsabilité américaine ? Dans ces deux pays de quelques millions d’habitants chacun, ce furent des centaines de milliers d’hommes mais aussi de femmes et d’enfants qui furent massacrés ou sauvagement mutilés avant que leur ancienne tutelle anglo-saxonne n’intervienne plusieurs années après le début des affrontements. Pourtant là, comme ce fut le cas dans les anciennes colonies françaises, une intervention rapide et ciblée des Américains ou des Britanniques aurait permis d’éviter ces bains de sang.

Qui peut nier que c’est la présence de l’armée française à Djibouti qui a permis à cette république d’exister face l’Ethiopie du dictateur communiste Mengistu hier ou à l’anarchie somalienne aujourd’hui? Des millions de vies ont été épargnées Les jeunes états africains d’expression française, comme on disait à cette époque, ne furent pas exempts de troubles internes, mais la présence de forces françaises réparties dans différents pays selon un dispositif cohérent et leur rapidité d’intervention ont généralement suffi à empêcher que les affrontements ne dégénèrent. Ce sont ainsi des millions de vies qui ont été épargnées et des haines interethniques durables qui ont été évitées durant ce demi siècle. Simultanément, l’élite militaire de ces pays a été accueillie dans nos écoles militaires de formation, tissant d’innombrables liens de fraternité avec ses camarades français. Les unités françaises et africaines coopèrent depuis un demi-siècle très étroitement sur le terrain soit dans le cadre de la formation et


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de l’entraînement, soit lors des opérations de maintien de la paix en Afrique et au Liban. Ces échanges ont donné l’occasion à de nombreux officiers et sous-officiers français d’acquérir en retour une connaissance de l’Afrique approfondie et une passion pour ses peuples.

au cœur de la zone sensible du Golfe de Guinée, à N’Djamena au centre de l’Afrique sahélienne et enfin à Djibouti dont la position à la corne orientale de l’Afrique, à l’ouverture de la mer Rouge, est stratégique et particulièrement utile dans la lutte contre la piraterie maritime.

Cette connaissance des populations, des La France, dont on cherche parfois à comchefs militaires africains et du terrain par nos prendre la stratégie en Afrique, ne doit pas forces prépositionnées leur ont permis de prooublier que ce continent est le seul qui va téger et d’évacuer, chaque fois que cela était voir sa population doubler dans les 30 nécessaire, les Français et plus généralement prochaines années. Il dispose de matières les Européens menacés lors de troubles inpremières considérables dont l’Europe est ternes. Nos compatriotes privée. Il appartient à la savent ce qu’ils doivent La présence de forces françaises France , de par son aux unités françaises passé, sa vocation et réparties dans différents pays arrivant à temps en ses intérêts bien comselon un dispositif cohérent et pleine brousse pour les pris, d’être le leader euleur rapidité d’intervention ont évacuer, alors que leur ropéen d’un véritable généralement suffi à empêcher vie était menacée. partenariat stratégique que les affrontements ne La Marseillaise chantée avec cette partie du dégénèrent par les Européens monde à laquelle notre retenus prisonniers à destin est lié. Kolwezi, qu’entendirent les légionnaires parachutés peu de temps avant, venait du Le développement du continent africain, qui fond du cœur et aucun d’entre eux n’aurait pourrait constituer un vrai projet pour l’Euimaginé que cet hymne de liberté serait sifrope, est une nécessité, faute de quoi les flée dans un stade quelques décennies plus populations pauvres quitteront massivement tard... leurs pays pour gagner les riches pays européens, et leurs formidables richesses La France demeurera présente minières seront pillées par des nouvelles Demain, la France quittera la base de puissances sans scrupules d’Asie. Dakar à la demande des autorités sénégalaises. Elle conservera des facilités porC’est dans cette perspective que la France tuaires et aéroportuaires, mais elle se doit de regarder l’Afrique qui constitue abandonnera les terrains du camp mili- peut-être un enjeu au moins équivalent à taire aux autorités sénégalaises. Une l’Afghanistan. De même, il n’est pas certain page se tournera, mais il n’est pas cerque le développement de l’arme nucléaire tain que dans quelques années les Séné- par l’Iran constitue pour l’Europe un risque galais ne le regrettent pas. plus grand que le sous-développement de La France demeurera présente à Libreville l’Afrique.


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LA STRATÉGIE FRANÇAISE EN 1939

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ébut 1939, la France a comme alliés la Pologne, la Roumanie et la Yougoslavie. Mais son organisation militaire repose sur la défensive, attitude qui rend impossible toute action extérieure. De plus, déjà en retard dans la modernisation de sa propre armée, elle n’a pas les moyens d’aider ses alliés à moderniser leurs forces pour pouvoir raisonnablement compter sur eux. En outre, leurs intérêts ne sont pas forcément convergents.

valeur, l’armée française se limite à une intervention en Sarre, du 4 au 12 septembre, car elle ne peut agir davantage tant que sa mobilisation n’est pas achevée.

Le haut-commandement ne conçoit donc pas autre chose qu’une guerre longue qui permettrait, après une première phase défensive, pour monter en puissance, de passer à la controffensive pour obtenir la victoire ; les alliances contractées à l’est, réduites en fait à la seule Pologne, devraient assurer le fractionnement des forces allemandes.

L’Union soviétique attaque la Pologne le 17 septembre. Puis, contre toute attente, le sort de la Pologne est scellé à la fin du mois. Conformément au pacte signé avec l’Allemagne d’Hitler, le 23 août 1939, l’Union soviétique attaque à son tour le 17 septembre. Le jour-même, ses forces font leur jonction avec celles du Reich. Cette campagne conduit à l’établissement en territoire polonais d’une frontière commune entre les deux agresseurs. Dès lors, de septembre 1939 à mai 1940, période appelée « Drôle de Guerre », les armées françaises et britanniques restent l’arme au pied retranchées derrière la ligne Maginot et acceptent de laisser l’initiative des opérations à l’Allemagne.

Aussi, lorsque, le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne, l’idée est que celle-ci retiendra suffisamment longtemps d’importantes forces ennemies, le temps d’achever la mobilisation française, pour obliger ensuite l’Allemagne à mener une guerre d’usure sur deux fronts. La Grande-Bretagne lui déclare la guerre, suivie par la France dont l’armée n’est pas prête. Sa mobilisation se fait cependant dans l’ordre et, pendant que les unités montent aux frontières, un corps expéditionnaire britannique débarque en France. En attendant, alors que les unités de couverture allemandes stationnées face à l’Ouest sont inférieures en nombre et en

La Finlande est à son tour attaquée par l’Union soviétique le 30 novembre. Simultanément, la France rattrape partiellement son retard. Elle améliore ses défenses le long de la frontière belge dans le prolongement de la ligne Maginot. Elle met sur pied trois divisions cuirassées et active la production des armements. Ceci pour dire que l’armée française de mai 1940 n’est plus tout à fait la même que celle de septembre 1939. Pendant ce temps, refusant les exigences territoriales de l’Union soviétique, la Finlande est à son tour attaquée, le 30 novembre. Une guerre très dure, menée en plein hiver, voit


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l’armée finnoise résister, souvent avec succès, aux armées soviétiques. La France et la Grande-Bretagne envisagent d’aider la Finlande, mais celle-ci est battue et doit céder la Carélie et la région de Salla à l’URSS par le traité de Moscou du 12 mars 1940.

France, contraint les Alliés à rembarquer de Narvik entre le 3 et le 6 juin suivant.

Le 10 mai, l’armée française n’est toujours pas prête Au moment où l’Allemagne va déclencher son offensive, l’armée française n’est touLe 9 avril suivant, pour s’assurer de l’approjours pas prête malgré des progrès inconvisionnement en minerai de fer suédois et testables. Bien qu’elle aligne autant de élargir ses bases de départ en vue d’une chars que son adversaire et presqu’autant guerre navale contre la Grande-Bretagne, d’hommes, elle présente d’importants rel’Allemagne occupe le Danemark, sans comtards qualitatifs et surtout quantitatifs dans bat, et envahit la Norvège. les domaines antichars et anIncohérence entre Rapidement, les Allemands tiaériens et dans ceux des prennent Narvik, Trondheim, politique extérieure, transmissions, de la motorisaBergen et Oslo. Cette fois, la politique de défense tion des unités, de l’aviation.... France et Grande-Bretagne et organisation réagissent en faisant débarquer En outre, le haut-commandede l’armée un corps expéditionnaire en ment présente une organisaNorvège, du 14 au 20 avril, pour couper cet tion compliquée. Comme chef d’état-major approvisionnement. Les Britanniques obtiende la défense nationale, le général nent un brillant succès devant Narvik, dont Gamelin est théoriquement responsable les Français s’emparent le 28 mai, mettant des trois armées, avec autorité directe sur les Allemands en situation difficile. Toutefois, l’armée de terre ; dans la pratique, ses la tournure inquiétante que prend l’offensive prérogatives se limitent à un rôle de coorallemande du 10 mai en Belgique, puis en dination mal défini.

LA STRATÉGIE ALLEMANDE: LES RAISONS DU CHOIX, LA DIFFICULTÉ DE RÉALISATION ET LA CHANCE DES ALLEMANDS

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émarche d’ordre idéologique, Hitler a pour projet, depuis toujours, d’envahir la Russie. Il s’agit de conquérir de vastes étendues à l’Est pour constituer un espace vital jugé nécessaire au peuple allemand. Celui-ci asservirait alors les populations

soumises aux seuls intérêts du Reich. L’invasion de la Pologne, en septembre 1939, n’a pas d’autre objectif que celui de disposer d’une base de départ au contact avec l’URSS. Comptant une fois de plus sur la passivité des démocraties à l’Ouest, Hitler se trouve


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pris de cours lorsque la Grande-Bretagne 1939-1940 conduit à reporter la date de et la France lui déclarent la guerre. Hanté l’offensive. En février 1940, le général par le souvenir de la Grande Guerre du- von Manstein - ancien chef d’état-major rant laquelle l’Allemagne avait dû com- du général von Runsdedt désigné pour battre sur deux fronts, il diriger les opérations à considère, après la défaite de Surprise, audace l’Ouest - le conforte dans ce la Pologne, que non seulement projet ; il lui propose d’attirer et rapidité il doit prendre l’initiative avant les meilleurs unités françaises que ses adversaires ne se renforcent, mais en Belgique, pour couper en deux les que tout doit être fait pour éviter de s’en- forces alliées par un gigantesque coup de liser dans un conflit long qui permettrait faux lancé à partir des Ardennes, au aux puissances occidentales de mobiliser niveau de Sedan, et dirigé vers la Somme un potentiel industriel bien supérieur à puis la mer du Nord. Sûr de lui, Hitler arcelui de l’Allemagne. D’où, pour prévenir rête alors définitivement, le 18 février, le toute hypothèque à l’Ouest, la nécessité plan d’entrée en campagne contre la de battre l’armée française rapidement, France. Au terme de cette réflexion, et de et totalement, avant de se retourner libre- pas moins de trente reports successifs, la ment contre l’URSS. date de l’offensive est fixée au 10 mai 1940. Le haut-commandement allemand a de l’armée française l’image de Seize divisions, sur un total de cent meilleure armée du monde cinquante-trois Le défi paraît de taille pour le haut-com- Entretemps, les armées allemandes, de retour mandement allemand qui a de l’armée de Pologne, se sont massées le long du Rhin française l’image de meilleure armée du dans l’attente de l’ordre qui les lancera à monde. Hitler ne partage pas cet avis. À l’Ouest. Tirant les leçons de la campagne peine la campagne de Pologne achevée, précédente, le haut-commandement transil fait concevoir un plan destiné à attaquer forme en divisions blindées les divisions à l’Ouest au plus tôt. légères engagées en Pologne et renforce les Dans un premier temps, courant octobre, moyens de la Wehrmacht. Dès lors, dix divice plan consiste en une attaque frontale des sions blindées attendent l’arme au pied aux Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg côtés de six divisions motorisées. C’est essenet du nord de la France à déclencher le 12 tiellement sur ces seize divisions, sur un total novembre ; c’est le plan Jaune. Puis, la de cent cinquante-trois, que reposera le sort réflexion évoluant dans l’esprit d’Hitler, de la prochaine campagne. Elles seront celui-ci fixe comme objectif prioritaire de soutenues, il est vrai, par une redoutable détruire le maximum des forces franco-bri- aviation tactique dont les avions de bomtanniques avant de conquérir les côtes de bardement en piqué Stuka sont le fer de lance. la Manche et de la mer du Nord. Fin octobre, il imagine alors de déplacer vers le sud Foncer à toute allure du dispositif général le centre de gravité de Indépendamment de l’invasion du Danel’effort principal. Or, l’hiver rigoureux mark et de la Norvège, le 9 avril 1940,


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l’assaut allemand à l’Ouest relève, au niveau stratégique, d’un coup de poker. Faire traverser aux unités blindées et motorisées la région difficile des Ardennes belges et luxembourgeoises supposait une grande passivité de la part des Alliés, ce que les faits justifieront malheureusement. Ensuite, surpris par le succès de la percée de Sedan, obtenu notamment grâce à l’audace du général Guderian, lui-même à la tête d’un puissant corps motorisé (trois divisions blindées, 1 000 chars), le haut-com-

mandement allemand hésitera entre laisser les divisons blindées foncer à toute allure vers la Somme, mais totalement découvertes sur leurs flancs, ou les arrêter pour procéder à un réalignement des unités. Pour sortir de cette crise, le général Guderian pèsera de tout son poids, menaçant même de démissionner, pour conserver leur rythme aux opérations. Parvenant, à l’arraché à avoir gain de cause, il assurera ainsi le succès allemand de la campagne de France.

LES COMBATS DE MAI - JUIN 1940 À LA FRONTIÈRE, EN BELGIQUE, SUR LA LIGNE MAGINOT, DANS LES ALPES

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a Wehrmacht déclenche son offensive le 10 mai au matin en envahissant les Pays-Bas et la Belgique. Des unités aéroportées allemandes, parachutistes et planeurs, s’emparent de ponts sur le canal Albert et du fort belge d’Eben-Emael pour préparer l'arrivée des blindés.

Conformément au plan Dyle-Breda du général Gamelin, l'aile gauche des troupes franco-britanniques, composée des éléments les plus modernes de l'armée française, se porte en Belgique pour tendre la main aux armées belges et néerlandaises. Il s’en suit des combats acharnés où, les 13 et 14 mai, les Français infligent un coup d’arrêt aux Allemands dans la trouée de Gembloux. Cependant, au même moment, trois corps blindées chargés de l'effort principal traversent les Ardennes luxem-

bourgeoise et belge et se présentent, le 13 mai, pour franchir la Meuse, dans une zone faiblement fortifiée. A Dinant, le franchissement se fait sans difficultés. À Monthermé, malgré leur incontestable supériorité tactique et bien qu’appuyés par les bombardiers en piqué Stukas, les Panzers piétinent pendant deux jours. Au sud, le général Guderian perce à Sedan devant deux divisions françaises qui craquent, mais il se fait sévèrement bousculer à Stonne. Toutefois, le passage est devenu libre aux Panzers. La 4e Division cuirassée de réserve (DCR) du colonel de Gaulle, encore incomplète, ne peut arrêter ce flot. Dès lors, malgré les hésitations du hautcommandement allemand, les Panzerdivisions foncent vers la Somme, puis remontent vers la Manche qu’elles atteignent le 20 mai. Par ce coup de faux, elles isolent l'aile franco-britannique du reste de l'armée française massée derrière la ligne Maginot.


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Le sacrifice des troupes françaises Saumur, les cadets de l’École de cavalerie, Après avoir pris Boulogne, puis Calais, les avec diverses unités, défendent la Loire Allemands acculent Français et Britan- avec panache. niques sur la côte, de part et d’autre de Dunkerque. Grâce au sacrifice de troupes En six semaines la défaite françaises, la Royal Navy parvient à éva française est consommée cuer 330 000 hommes encerclés (190 000 Simultanément, une autre bataille se déroule Britanniques, 130 000 Français et 10 000 le long des Alpes à partir du 21 juin, après Belges) mais tout le matériel reste sur les que l’Italie a déclaré la guerre à la France plages. Redirigés sur la France, ces le 10. Partout les troupes italiennes sont Français reprendront le combat. Le 4 juin, tenues en échec par l’armée des Alpes du la poche de Dunkerque est liquidée. général Olry. Lorsque les Allemands se La deuxième phase de la bataille de France présentent devant Grenoble, le 23, pour la commence. Le général Weygand, qui a prendre à revers, elle leur inflige des pertes succédé, le 19 mai, au général Gamelin, élevées à Voreppe. reconstitue un front qui s’apIl n’en demeure pas puie sur les cours de la moins qu’en six semaines 100 000 morts, près de Somme et de l’Aisne et sur la la défaite française est deux millions de prisonligne Maginot. Le 5 juin au consommée ; près de niers, bilan d’un désastre matin, les armées alleman100 000 morts, près de des entreprennent de percer dont l’histoire de France ne deux millions de prisonce front sur la Somme. Bien niers, bilan d’un désastre connaît pas de précédent. que considérablement dont l’histoire de France amoindrie, l’armée française, qui s’est res- ne connaît pas de précédent. Un armistice saisie, se défend avec opiniâtreté. On voit est signé avec le vainqueur le 22 juin. Il entre la 4e DCR du colonel de Gaulle, engagée en vigueur le 24 après sa signature la veille contre la tête de pont allemande par l’Italie. d’Abbeville, faire reculer l’ennemi, sans Partout où il a été commandé, le soldat pouvoir cependant lui faire retraverser le français s’est remarquablement bien battu. fleuve. Loin d’être une promenade militaire, la camDevant la supériorité allemande, le front pagne de France a en effet coûté aux arcède progressivement ; l’aile droite mées allemandes plus de 40 000 morts et la française se replie derrière la Seine. Paris moitié de leurs chars a été détruite ou mise est déclarée ville ouverte le 10 juin, alors hors de combat. Par ailleurs, de septembre que le gouvernement s’est replié à Bor- 1939 à juin 1940, la Luftwaffe a perdu près deaux. Quatre jours plus tard, les Alle- d’un millier d’avions. Ces pertes démontrent mands font leur entrée dans la capitale. que l’armée de 40, bien que défaite, s’est Dès lors, la défense française s'effondre, les plus qu’honorablement comportée. divisions allemandes s'enfoncent profondément en territoire français. En fonçant vers Colonel (ER) Henri ORTHOLAN les Vosges, elles prennent à revers la ligne Docteur en Histoire Maginot, qu’elles n’ont pu percer. À Ancien conservateur au Musée de l'Armée


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UNE « OEUVRE DE L'ESPRIT »

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e dossier présente le communiqué du ministre de la Défense et des réponses de différentes autorités. Le ministre de la Justice a déposé une proposition de loi.

COMMUNIQUE DE PRESSE (DICOD)

Outrage au drapeau national lors d'un concours de photographie : réaction d'Hervé Morin, Ministre de la Défense « Moi qui m'incline malheureusement devant le drapeau national qui recouvre le cercueil de nos soldats, moi qui aime profondément notre pays, je suis indigné et je sais que cette indignation est partagée par la communauté que j'ai l'honneur de servir, mais aussi par l'ensemble de nos compatriotes Je condamne fermement cet acte inadmissible qui porte atteinte aussi bien à la liberté de création qu'à l'honneur de notre drapeau ». Hervé MORIN, Ministre de la Défense.

RÉPONSE DE CHRISTIAN ESTROSI, MAIRE DE NICE AU GÉNÉRAL (2S) PHILIPPE CHATENOUD Général Philippe CHATENOUD 26, rue Paul Déroulède 06000 - NICE

Nice, le 30 avril 2010

Mon Général, Vous avez bien voulu me faire part de votre sentiment sur la photo outrageante envers notre drapeau, prise dans le cadre du marathon photo FNAC. Sur le fond, je partage voire émotion face à un acte scandaleux qui injurie chaque citoyen et porte atteinte à la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés pour notre nation. Monsieur le Préfet, représentant de l'Etat dans le département, avait, à juste titre, saisi la justice de cette affaire, parallèlement à l'action intentée par le Président de l’UNAC. Le Parquet a estime qu'au vu des textes, il ne pouvait intervenir. J'ai donc souhaité que ceux-ci soient modifiés pour permettre de condamner de si lamentables agissements.


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Comme vous le soulignez, une loi ne devrait pas en principe être utile pour rappeler à nos compatriotes la considération due aux symboles de la République. Mais, malheureusement, ces principes élémentaires n'étant pas respectés par tous, il convient de disposer des moyens de les faire appliquer. Soyez assuré que je ne manquerai pas de rappeler, à l'occasion du 150e anniversaire du rattachement du Comte de Nice à la France, ce qu'elle représente pour nous et de célébrer tous ceux qui sont tombés pour elle. Restant à votre écoute, je vous prie de croire, Mon Général à l'assurance de mes sentiments les plus distingués. Christian ESTROSI, Ministre chargé de l'Industrie Président de Nice Côte d'Azur

RÉPONSE DU CABINET DE MADAME MICHELE ALLIOT-MARIE AU PRÉSIDENT DE L’ASAFRANCE ( LETTRE DU 15.01.2010 ) REPUBLIQUE FRANÇAISE MINISTÈRE DE LA JUSTICE ET DES LIBERTÉS

28 avril 2010

CABINET DU MINISTRE D'ETAT GARDE DES SCEAUX. MINISTRE DE LA JUSTICE ET DES LIBERTES LE CHEF DE CABINET Dossier suivi par le service As requêtes CRIM REQ-CAB N°20100041003S - El OR RB CR

Monsieur, Madame Michèle ALLIOT-MARIE, ministre d'Etat, garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés, a bien reçu votre courrier relatif à des atteintes portées au drapeau français à Toulouse et au consulat de France à Gaza au cours de l'année 2009. Madame le ministre a pris connaissance avec attention de votre correspondance et m'a chargée de vous répondre. S'agissant des qualifications pénales susceptibles d'être retenues, je peux vous indiquer que l'article 433-5-1 du code pénal punit de 7.500 euros d'amende le fait, au cours d'une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau tricolore. La peine est portée à 6 mois


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d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende lorsque cet outrage est commis en réunion. Cette qualification ne pourrait cependant trouver à s'appliquer s'agissant des faits que vous décrivez faute pour eux d'avoir été commis au cours d'une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques. Les qualifications de droit commun de vol et de dégradations volontaires pourraient en revanche trouver à s'appliquer. En effet, à Toulouse, le 18 novembre 2009 à l'issue d'une victoire de l'équipe algérienne de football, une manifestation spontanée s'est déroulée sur la Place du Capitule, à l'occasion de laquelle le drapeau français accroché au balcon de l'hôtel de ville a été volé et remplacé par le drapeau algérien. Contrairement à la rumeur qui s'est répandue par le biais d'internet, ce drapeau n'a pas été incendié. Le procureur de la République de Toulouse, qui n'a eu connaissance de ces faits que très tardivement n'envisage donc légitimement pas d'ordonner aujourd'hui une enquête, en l'absence d'éléments permettant de l'orienter utilement. Le préfet de Haute-Garonne a néanmoins attiré l'attention du maire de Toulouse afin que celui-ci prenne les mesures qui s'imposent pour prévenir la réitération de ces faits. L'atteinte au drapeau français commise à Gaza en 2009 n'avait pas davantage été portée à la connaissance du parquet général de Paris. A supposer que les juridictions françaises puissent être saisies de ces faits commis à l'étranger, indépendamment de toute plainte ou de toute dénonciation officielle, sur le fondement des dispositions de l'article 113-10 du code pénal en retenant que les faits ont été commis contre les locaux diplomatiques ou consulaires français, il n'apparaît pas davantage opportun d'ordonner une enquête sur ces faits commis il y a plus d'un an en territoire étranger et que vous imputez à des militaires israéliens. Ainsi, en dépit du caractère particulièrement choquant des faits que vous dénoncez, faute pour l'autorité judiciaire d'en avoir été informée à la date de leur commission, aucune enquête ne semble devoir être ordonnée aujourd'hui les concernant. Je tiens à porter à votre connaissance le fait que le 23 avril, le Procureur de la République près le tribunal de Toulouse à engagé des poursuites à l'égard de trois individus pour vol et dégradation volontaires d'un drapeau brûlé dans les rues de la ville. Enfin, je vous informe que dans le prolongement d'un acte inqualifiable commis à Nice au préjudice du drapeau, Madame ALLIOT-MARIE a annoncé qu'elle engageait un travail d'élaboration d'un décret réprimant les outrages au drapeau français en dehors du cadre des manifestations organisées ou réglementées par les autorités publiques au sens de l'article 433-5-1 du code pénal. Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de ma considération distinguée. Ludivine OLIVE


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"SUPPLIQUE" D'UN CAPITAINE DU REP À "UN AMI JOURNALISTE"

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ettre ouverte du capitaine de COINTET, commandant 5e compagnie du 2e REP en Afghanistan, écrite à Jean-Dominique MERCHET, journaliste à Libération, à l'occasion du décès du légionnaire Robert HUTNIK, tué le 8 avril 2010. Supplique à un ami journaliste Cher ami, La nouvelle tombe dans les media aussi vite qu’HUTNIK est lui-même tombé. C’est le droit à l’information. La France doit savoir que meurent ses enfants, même s’ils le sont d’adoption, comme lui, Slovaque. Tu le sais, je ne suis pas journaliste mais soldat. Je ne suis pas un professionnel de la communication comme toi. J’ai peu appris à relayer des informations d’une telle portée. C’est pourquoi il faut que tu m’aides. Il faut que tu m’aides, car j’ai le sentiment que dans la précipitation du spectaculaire, on le tue une deuxième fois. J’ai l’impression qu’on bafoue son patient travail avec son bataillon depuis trois mois - et pour lequel il est mort. J’ai besoin que tu m’aides à faire sentir ce qui se passe réellement ici, à faire comprendre ce qui justifie que je laisse ma femme et mes enfants le long temps de cette mission. Que tu m’aides à proclamer que malgré sa mort ce n’est pas un échec. Que tu m’aides… plutôt que tu l’aides… Hier après-midi, HUTNIK a bravement accompli son devoir, sa mission jusqu’au bout, en bon légionnaire. Ce matin, le poste annonce : « un soldat français du 2e Régiment étranger de parachutistes est tombé dans la vallée de Tagab en Kapisa, région où les Taliban sont toujours plus virulents ». Voilà. Ces derniers ont gagné. A la face du monde ils sont les puissants, incontrôlables et vainqueurs.

Mais en fait, s’est-on interrogé sur ce qu’il se passe réellement dans la basse vallée de Tagab ? Ce sud Tagab où aucun occidental ne pouvait passer sans de sérieux accrochages. Ce sud Tagab où deux de tes confrères ont été, il y a cent jours, enlevés. Ce sud Tagab que notre armement permettrait de mettre à feu et à sang. Au contraire, HUTNIK et ses camarades ont réussi l’incroyable pari de s’implanter dans la zone, d’y rester, sans heurts, d’y acquérir, progressivement, la confiance de la population, de confier, petit à petit, sa sécurité à l’armée Afghane plutôt que française. A quel prix ? Celui d’une stricte discipline au feu, d’une retenue des coups portés. Celui d’un certain dédain du danger, de ne pas répondre systématiquement et de manière aveugle. Accuser le choc, ne frapper que lorsqu’on est certain, cogner peu, mais taper à coup sûr, fort et ciblé, seulement alors qu’on l’a décidé. Etre sûr pour garder la main, préférer le feu rare mais précis, neutraliser seul celui qui nous tire dessus, en être persuadé et l’accepter.


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Ce travail de mesure, de patience d’un Hutnik rongeant son frein à force d’encaisser paie. Les femmes et les enfants, les hommes eux-mêmes, constatent que les seuls coups assenés ne tombent que contre les vrais adversaires. Ils voient nos troupes sans volonté de détruire, maîtresses de leur force. Alors qu’elle trouvait hier des combattants, Tagab l’insoumise cherche à présent son développement. Le travail du soldat est loin d’être terminé : il faut remonter plus au Nord vers ses camarades de l’autre groupement français, poursuivre son patient travail de pacification. Derniers tirs sporadiques, Hutnik tombe. Hutnik tombe sous les tirs des derniers groupes insurgés présents. Hutnik tombe car les Taliban sont justement de moins en moins virulents. Aussi, aide-moi à honorer la mémoire de cet ardent légionnaire. Qu’on ne gâche pas sa dernière tâche, qu’on ne gâche pas sa mort. Qu’on n’offre pas une victoire de communication à l’adversaire fébrile. Au contraire, avec tes confrères, appuyez le dernier combat d’Hutnik. Aidez cette population qui désormais, d’elle-même, dénonce l’insurgé. Je vous en conjure, parlez des projets d’essor qui peuvent et doivent être proposés au sud Tagab, évoquez la culture du safran qui pourrait remplacer celle du pavot, venez compléter l’œuvre de pacification par celle du développement, et laissez à Hutnik les fruits de son travail. Capitaine de COINTET

LETTRE A UN JEUNE CAPITAINE Mon capitaine, j'ai bien reçu votre lettre du 9 avril, que vous avez intitulé "Supplique à un ami journaliste". Veuillez d'abord me pardonnez de vous répondre aussi tard. Puisque vous me faites l'honneur d'employer le mot "ami", permettez d'en faire de même. Cher ami, sachez que votre courrier m'a ému. Nous ne nous connaissons pas personnellement. Vous êtes capitaine, à la tête d'une compagnie du REP en Afghanistan. Je suis journaliste et la chose militaire ne m'est pas indifférente. C'est à ce titre que je vous réponds. Vous avez perdu l'un de vos hommes, le légionnaire Hutnik. J'ai eu, un jeudi soir, la tâche d'en rendre compte ici même. C'est un devoir avec lequel je ne transige pas et qui est, à chaque fois, douloureux. Vous cherchez à donner un sens à la mort de ce jeune Slovaque de 23 ans venu s'engager dans la Légion étrangère et servir la France. Comment ne pas vous comprendre ? Comment ne pas vous approuver ? Mais, parce que j'ai sur vous le privilège des ans, permettez-moi, mon capitaine, de vous dire ce que j'ai ressenti en vous lisant.


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Votre lettre ressemble à celle que vos anciens du BEP ou d'autres régiments auraient pu écrire durant la guerre d'Indochine. Une guerre dans laquelle de jeunes officiers servaient comme vous le faites aujourd'hui, avec enthousiasme. Une guerre dans laquelle des légionnaires mourraient en grand nombre. Tous croyaient en leur mission et ne comprenaient pas l'indifférence, voire l'hostilité, du pays à leur égard. Plus tard, les mêmes se retrouvèrent plonger dans un autre conflit, celui de l'Algérie. Là encore, ils croyaient bien faire. Vous m'écrivez : "Aidez cette population qui désormais, d’elle-même, dénonce l’insurgé. Je vous en conjure, parlez des projets d’essor qui peuvent et doivent être proposés, venez compléter l’œuvre de pacification par celle du développement…". Croyez vous que ces mots auraient sonné faux dans la bouche de vos anciens ? Capitaine au REP, vous êtes bien placé pour savoir comment tout cela s'est terminé. Cher ami, je n'ai envie de vous mentir. Les Français n'approuvent pas cette guerre, ils l'acceptent du bout des lèvres, parce qu'elle ne les touche pas. Et croyez vous que "si la liberté du monde se joue en Afghanistan", il est logique de n'y pas envoyer les renforts que nos alliés nous réclame ? La guerre que vous menez en Afghanistan n'est pas notre guerre - elle n'est pas la guerre de la France. Vous vous en rendrez compte bien assez tôt. Alors, je vous en prie, ne l'oubliez pas. Pas plus que je n'oublie que le légionnaire Hutnik est mort au nom de tous les Français. Et donc en mon nom également. Cela nous oblige à une chose : honorer sa mémoire mais aussi vous donner les moyens nécessaires pour que vous-même et vos hommes rentrent vivants à Calvi. N'en demandez pas plus, mon capitaine. Ou alors, vous risquez d'être déçu par votre pays. Ce n'est pas un bon sentiment, surtout lorsqu'on le sert les armes à la main. Jean-Dominique MERCHET

LE JOURNALISTE ET LE SOLDAT

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l y a quelques semaines, sur son blog « Secret Défense », le journaliste de libération Jean-Dominique Merchet opposait une fin de non recevoir à une lettre ouverte écrite par le Capitaine Augustin de Cointet. Ce dernier ne demandait pourtant rien d’exceptionnel. Après la mort au combat d’un de ses légionnaires en Afghanistan, il suppliait seulement les journalistes de mieux rendre compte des situations sur le terrain. Le cœur serré par les compte rendus la-

coniques et pessimistes de la presse, il implorait de décrire avec plus de détails la somme d’expertise, de sang froid et de maîtrise qui accompagne les progrès des forces de la coalition dans des zones naguère livrées aux insurgés. « Il faut que tu m’aides, car j’ai l’impression que dans la précipitation du spectaculaire on le tue une deuxième fois. », écrivait-il, déterminé à honorer la mémoire de son légionnaire pour donner un sens à son sacrifice.


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Cette poignante et légitime requête ne reçut d’autre réponse qu’un pauvre témoignage de compassion, teinté de paternalisme. Il était aussi accompagné d’un sophisme dévastateur expliquant que la guerre menée en Afghanistan, pour n’être pas populaire, n’était pas la guerre de la France. Sous cette apparente logique accrochée à la vox populi, perce en réalité la maladie des amalgames, cette plaie de la pensée rapide qui, à partir de prémisses justes, égare le raisonnement vers des conclusions contestables. Rendre compte de tout ce qui se passe En substance, Jean-Dominique Merchet refusait à Augustin de Cointet l’aumône d’une information complète et détaillée en se réfugiant derrière le double paravent de l’opinion publique et de sa conviction personnelle que la guerre, réplique d’un conflit colonial, était perdue d’avance : « C’est ma conviction. De cela vous rendez compte assez tôt ». Dans sa réponse, il respectait la douleur et le désarroi de notre Capitaine - c’est le moins qu’il pouvait faire -, mais au fond, en refusant de répondre à sa requête, il trahissait sa mission de journaliste, qui est d’abord d’exposer la réalité des situations telles qu’elles sont. S’il est vrai qu’il faut rendre compte des embuscades meurtrières, des hésitations de la coalition, des bavures, de la corruption des chefs afghans et de la culture du pavot, l’objectivité minimum qu’on est en droit d’attendre d’un journaliste - et c’est précisément ce que demandait Augustin d’une manière si pathétique, voudrait aussi qu’il décrive, sans arrière-pensée, les efforts et les succès des forces engagées avec les militaires afghans pour vaincre le cancer des Talibans. Pour renforcer sa thèse du conflit perdu d’a-

vance, JD Merchet a même poussé le sophisme jusqu’au rappel de nos échec coloniaux en Algérie et en Indochine. Quelle réponse indigente faite à un homme submergé par le drame intime du Soldat qui, s’interrogeant sur le sens de la mort au combat, demandait seulement que la presse rendre compte de tous les faits, en évitant de choisir seulement ceux à charge, comme le ferait une « cinquième colonne ». « Aidez cette population qui désormais, d’elle-même, dénonce l’insurgé. Je vous en conjure, parlez des projets d’essor qui peuvent et doivent être proposés, venez compléter l’œuvre de pacification par celle du développement », lui écrit en pure perte Augustin. Et encore : « Aussi, aide-moi à honorer la mémoire de cet ardent légionnaire. Qu’on ne gâche pas sa dernière tâche, qu’on ne gâche pas sa mort. Qu’on n’offre pas une victoire de communication à l’adversaire fébrile. » A quoi, JD Merchet, journaliste, sûr d’avoir raison, ose répondre, sombrant dans un défaitisme cynique, qui se pare du masque de la lucidité: « N'en demandez pas plus mon capitaine, ou alors, vous risquez d'être déçu par votre pays ». Comprenons nous bien, Jean-Dominique Merchet, estime la guerre moralement illégitime parce qu’elle n’a pas le soutien de l’opinion publique et qu’il n’en perçoit pas clairement le sens. Il a aussi fait son analyse géopolitique et estimé qu’elle ne pouvait pas être gagnée. C’est son droit. Il a même écrit un livre sur le sujet : « Mourir pour l’Afghanistan » qui décrit le conflit comme un piège, en y ajoutant quelques remarques bien senties sur les dysfonctionnements de la coalition, ses erreurs et ses lourdeurs pataudes, sans oublier la somme des contradictions françaises.


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Comme lui, j’ai des doutes sur l’efficacité des stratégies de l’OTAN, même après les ajustements tactiques du Général Mac Chrystal. Au total, le fait qu’aucun des pays voisins, directement concernés par le conflit – la Chine, le Pakistan, l’Inde, et, bien sûr, l’Iran - ne s’implique dans ce combat, tandis que l’obsession du retrait taraude les hommes politiques occidentaux, jette encore une ombre sur son issue. Mais son analyse, qui se réclame aussi des déboires des envahisseurs historiques de l’Afghanistan et s’appuie sur le déterminisme géographique et cultuel de ce pays de l’extrême, est de l’ordre du pari. Même si ce dernier est étayé par une logique, il n’a rien à voir avec les faits. Car au fond, personne ne sait – JD Merchet pas plus que d’autres - comment ce conflit se terminera. L’ambiance générale dans laquelle baignent les opérations pourrait en effet changer, pour peu que les stratégies s’adaptent encore. Que l’opinion publique bascule en Afghanistan, que les familles souhaitent une meilleure école et un meilleur avenir pour leurs enfants, que la coalition accumule quelques succès, que la corruption et le népotisme diminuent. Et qu’enfin, un arrangement soit trouvé, même à la marge, avec la Chine, l’Inde et le Pakistan pour mitiger l’empreinte occidentale de l’opération et priver les insurgés de leurs refuges. Vaste programme dira t-on. En effet. Mais il est à la mesure de l’enjeu : Lutter contre un péril unanimement reconnu qui défie les prescriptions essentielles du droit international et du droit des individus. Une menace

que même les pays limitrophes ont identifiée comme telle. Même si, enfermés dans leurs rivalités, et rendus perplexes par les hésitations de la coalition, décidément trop proche d’une machine de guerre occidentale, ils hésitent à s’impliquer. Et si demain deux ou trois attentats suicide, que personne ne souhaite, secouaient Paris, la presse, à la remorque de l’opinion, continuerait t-elle à rabâcher que cette guerre contre le régime qui a abrité Al Qaida, prosélyte du terrorisme planétaire antioccidental et qui inquiète même la Chine, le Pakistan et l’Inde, ne serait pas celle de la France, pays déjà mis en effervescence par l’apparition de quelques dizaines de burkas ? Mais là n’était pas, répétons le, l’objet de la supplique d’Augustin. Il ne voulait pas convaincre la presse que la coalition allait réussir, ni que le conflit pouvait tout aussi bien devenir populaire chez nous, si les circonstances changeaient. Non, il s’agissait seulement d’une requête toute simple : qu’un journaliste français fasse son travail. Qu’il présente les faits, rien que les faits, mais tous les faits, quels qu’ils soient. Ceux qui portent l’angoisse de l’échec, comme ceux qui rehaussent l’espérance et le moral des combattants et, pourquoi pas, de l’opinion. Sans les occulter ou les polluer par des hypothèses mortifères, qu’il appuie sur des amalgames faciles, pour conforter une thèse d'autant plus populaire qu'elle suit la ligne de plus grande pente du renoncement. François TORRES


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IL EST TEMPS DE REHABILITER LE SOLDAT DE 1940

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e 8 mai 2010, nous célébrons le soixante-cinquième anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne, victoire à laquelle participa la France. C’est donc l’occasion rituelle de mettre en avant la France qui s’est battue, la France du Vercors et de Bir-Hakeim, la France de de Gaulle, de Jean Moulin et de Leclerc, et plus récemment, l’armée d’Afrique.

Les héros oubliés Pourtant, sur plus de 200 000 pertes militaires(1) pendant le conflit, près de 100 000 soldats morts au champ d’honneur sont systématiquement absents des hommages nationaux. Qui sont-ils ? Ce sont les hommes tombés en mai-juin 1940. Pourquoi n’en parle-t-on jamais dans les tribunes officielles ? Comment ont-ils pu démériter alors qu’ils ont donné leur vie ? En fait, ces héros oubliés sont les victimes d’un tabou : celui de cette campagne de France. Plus qu’une défaite militaire, cette période funeste de notre histoire est toujours vécue aujourd’hui par beaucoup comme un effondrement général du pays, un affaissement moral impardonnable. Tout un peuple aurait failli. Cette vision simpliste de cette tragédie, pourtant contredite par les historiens français et étrangers qui se penchent depuis peu sur cette campagne, pèse encore aujourd’hui sur notre cohésion nationale, sur notre confiance en nous. Juin 1940 serait le point de départ d’un déclin inexorable. Rétablir la vérité 70 ans plus tard, il est temps de rétablir la vérité. Cette interprétation n’est ni plus ni moins qu’une victoire posthume de la pro-

pagande de Vichy. Pour le Maréchal, la défaite ne peut être celle des généraux et des stratèges qu’il a cautionnés. La défaite, plus que militaire, serait une défaite morale de tout un peuple, « l’esprit de jouissance l’ayant emporté sur l’esprit de sacrifice ». Ce serait donc le soldat-citoyen et ses représentants civils qui auraient failli et non les grands chefs étoilés. Voilà un bon point de départ pour justifier une « Révolution nationale ». Pourtant, l’esprit de sacrifice était toujours là. 100 000 morts en cinq semaines de campagne, c’est deux à trois fois plus que les pertes moyennes pendant une période équivalente de la Première Guerre mondiale. C’est également un taux de perte journalier largement supérieur à celui des Allemands sur le front de l’Est de juin à décembre 1941. Des combats héroïques Mai-juin 1940, ce sont des régiments entiers sacrifiés dans les Ardennes puis sur la Somme. Mai-juin 1940, ce sont les villages de Stonne et de Rethel pris et repris près de vingt fois. Mai-juin 1940, c’est également l’armée des Alpes invaincue face aux Italiens épaulés par des unités allemandes. Mai-juin 1940, c’est la plupart des ouvrages de la ligne Maginot qui résistent toujours à la date de l’armistice et ne se rendront que plusieurs jours après. La liste est encore longue. On est bien loin des épisodes de la 7e compagnie, comédie burlesque hélas symbolique pour beaucoup de Français de l’attitude des armées et du peuple pendant cette campagne."


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Les remparts de la Manche, de l’Atlantique et de la plaine russe Alors, à quand un président de la République à Stonne, à Rethel ou sur l’Aisne où la division de Lattre fut invaincue, faisant 2 000 prisonniers ? A quand un discours nous rappelant, comme le Général de Gaulle l’avait fait en son temps, que la France est tombée à l’avantgarde de la défense de la liberté. Après tout, nous fûmes le premier pays, avec la Grande-Bretagne tardivement ralliée à notre politique de fermeté, à dire « non » à Hitler tout en étant en première ligne avec seulement 300 km de « profondeur stratégique » avant Paris. L’emploi des forces fut certes inadapté à une nouvelle guerre initiée par les forces nazies. Cependant, en dépit des déficiences, il serait plus juste d’affirmer que l’Allemagne avait une guerre d’avance plutôt que la France une guerre de retard. La nuance n’est pas mince car toutes les autres grandes puissances militaires de l’époque avaient la même conception d’emploi des blindés et de l’aviation. Elles ont donc appris « en marchant », grâce aux remparts constitués par la Manche, l’atlantique ou l’immensité du territoire russe. L’armée française de la victoire Fin 1944, les armées françaises représentent ainsi 500 000 hommes au combat. Ils seront un million, essentiellement volon-

taires(2), sous les armes au cœur de l’Allemagne en mai 1945. Loin d’être une défaite d’un peuple et d’une civilisation, le printemps 1940 fut essentiellement une défaite de la pensée militaire et une défaite de la volonté de la majorité des dirigeants, en uniforme ou non. Au-delà de la vérité historique, l’enjeu est donc de taille car un pays qui doute ne peut affronter l’avenir et ses défis avec toutes les chances de succès. Comme l’illustre l’évolution de la France en cinq ans de guerre, une détermination politique forte et cohérente peut renverser les situations les plus compromises. Chef de Bataillon Patrice HUIBAN, Officier stagiaire au Collège Interarmées de Défense (CID)


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TANIT : LA DÉPUTÉE FRANÇOISE OLIVIER-COUPEAU RÉAGIT 11 mai 2010 Françoise OLIVIER-COUPEAU, députée PS de Lorient et membre de la commission de la Défense, réagit, dans un communiqué, à la polémique autour des dernières déclarations de la veuve du skipper tué, le 10 avril 2009, dans l'assaut de la Tanit, le voilier sur lequel elle et sa famille naviguaient au large de la Somalie. Le skipper a été tué par une balle qui provenait d'une arme des militaires français. « J'ai beaucoup de compassion pour la veuve du skipper de la Tanit, qui a vécu une tragédie familiale, réagit Françoise Olivier-Coupeau. Néanmoins, il me paraît intolérable que certains propos aient été tenus concernant l'intervention des commandos de marine et je souhaite rétablir certains faits ». « (...) En naviguant dans des zones infestées de pirates, et ce malgré plusieurs mises en garde des autorités, les propriétaires de la Tanit ont potentiellement mis en danger la vie des commandos et des hommes du GIGN susceptibles de venir à leur secours en cas d'arraisonnement ». Mme Lemaçon a refusé l'indemnité de près de 500.000 € proposée par l'État (et donc payée par le contribuable) parce qu'elle la trouve trop faible. Je veux rappeler que si l'un des commandos avait été tué dans l'assaut, sa veuve aurait touché entre 100.000 € et 180.000 € et n'aurait pu compter que sur la solidarité de la Marine pour trouver un emploi, car on ne lui aurait pas proposé, à elle, de poste de fonctionnaire». « Dans les suites de cette affaire, le ministre de la Défense et la Marine nationale ont fait preuve d'une grande humanité et il est choquant qu'à la faveur d'une opération de promotion d'un livre, les commandos soient ainsi traînés dans la boue, notamment sur des médias internet ». « Le commando de marine dont la balle a (et c'est dramatique) atteint le skipper de la Tanit, faisait son métier et son devoir. Il n'a commis aucune faute et ce serait odieux d'essayer de le culpabiliser aujourd'hui. Qu'aurait-on dit si l'armée française n'était pas intervenue et avait laissé une famille française aux mains des pirates ? » « Il est temps qu'aujourd'hui, le terme de responsabilité soit accolé à celui de liberté. Les pêcheurs de thon qui n'ont d'autre choix que de fréquenter ces eaux ne s'y trompent pas et se font accompagner par des fusiliers marins dont ils savent qu'ils sont les meilleurs remparts contre les risques de la piraterie en mer ».


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ALAIN JUPPE AU GÉNÉRAL LAFOURCADE Alain JUPPE à Général LAFOURCADE

Bordeaux le 1er juin 2010

Mon Général, J'ai lu avec beaucoup d'attention l'article que vous avez publié dans le Monde le 20 mai dernier sous le titre: "Ma vérité sur l'opération Turquoise au Rwanda". Je tiens à vous redire que votre vérité est aussi la mienne. Comme j'ai eu l'occasion de le déclarer devant la mission d'information parlementaire de notre Assemblée Nationale en 1998, je suis scandalisé par la tentative de réécriture de l'histoire qui vise à faire porter sur la France tout ou partie de la responsabilité de l'abominable génocide rwandais. Sous l'autorité d'Edouard Balladur, le gouvernement français a tout fait en 1993 et en 1994 pour encourager la réconciliation entre les forces politiques rwandaises qui se déchiraient. Nos efforts ont permis la conclusion des accords d'ARUSHA dont la mise en œuvre a commencé au début de 1994. Après l'attentat qui a coûté la vie aux Présidents Rwandais et Burundais et qui a été suivi par le déclenchement de la tragédie, la France a été l'une des premières puissances à dénoncer le génocide. Devant la carence de la communauté internationale qui s'était traduite à la fois par le retrait des casques bleus du Rwanda et l'inaptitude du conseil de sécurité des Nations Unies à prendre les initiatives souhaitées par leur Secrétaire Général, la France a été la seule à s'engager dans l'action humanitaire de protection des populations. Ce fût l'opération « Turquoise » qui a été menée dans le strict respect du mandat que nous avions reçu du conseil de sécurité des Nations Unies. Nos soldats, comme vous l'écrivez, ont agi avec courage, loyauté et abnégation et ont sauvé des dizaines de milliers de vies. Comme je l'ai déclaré devant la mission d'information parlementaire, l'opération « Turquoise» fait honneur à la France et à son armée. Je tenais à vous redire ce que j'ai déjà eu l'occasion de déclarer publiquement et à vous apporter mon total soutien. Vous pourrez faire de cette lettre l'usage public que vous jugerez utile. Je vous prie de croire, mon Général, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs et dévoués. Alain JUPPÉ


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RETOUR A LA LETTRE DE CACHET ? « Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer. » Cette formule, faussement attribuée à Voltaire et paradigme de la liberté d’expression, doit prendre pour tout officier une résonance particulière avec la mesure de radiation des cadres de la Gendarmerie Nationale, prise à l’encontre du chef d’escadron Jean Hughes MATELLY par décret du Président de la République, sur proposition du Conseil d’enquête devant lequel le ministre de la défense avait envoyé cet officier. Il n’ y a pas à se battre pour les propos tenus par cet officier il y a plus d’un an : il suffit de constater à la lecture du texte publié dans la presse et reproduit sur certains blogs qu’ils n’étaient pas insultants, n’appelaient pas à la désobéissance et n’impliquaient pas une puissance étrangère. Il n’y a pas à se battre davantage pour la personnalité, d’ailleurs controversée parmi ses pairs, du chef d’escadron MATELLY : il suffit de savoir qu’il est citoyen français, officier de gendarmerie et chercheur associé au CNRS avec l’agrément de sa hiérarchie. Mais il faut se battre pour son droit à s’exprimer sur les sujets professionnels qui le concernent, en particulier l’avenir de l’institution qu’il sert, parce que son droit est aussi le nôtre, quelle que soit notre armée d’appartenance, que nous soyons ou non en activité. Car cette mesure, sans précédent dans notre armée depuis plus d’un siècle pour sanctionner l’expression, pose la question de l’usage que le commandement et le pouvoir politique font en l’occurrence de deux obligations encadrant la liberté d’expression des militaires, le devoir de réserve et celui de loyalisme, mais interroge aussi sur leurs intentions concernant ce droit reconnu de plus en plus à la société civile et de moins en moins à l’institution militaire. Le site du ministère de la défense précise à propos de la « liberté d’expression accrue » qu’accorderait au militaire le statut de 2005 : « Comme pour les fonctionnaires, les militaires pourront désormais librement s'exprimer sans autorisation préalable pour évoquer, dans le cadre de conférences, exposés ou articles dans la presse, des sujets politiques ou des questions internationales militaires non couverts par le secret. » Le rapprochement Gendarmerie-Police étant du domaine public, le devoir de réserve qui n’est défini par aucun texte a donc été invoqué à l’égard de l’officier de manière discrétionnaire par les autorités. Quant au loyalisme, que le site du ministère de la défense définit comme le respect de la nation et des institutions (donc quel que soit le gouvernement en place), il a manifestement été confondu par les autorités avec l’allégeance qui, exigée des fonctionnaires, supposerait leur changement avec chaque gouvernement, la cohabitation pouvant alors poser quelques cas de conscience ! Une mesure aussi disproportionnée avec la réalité des faits relève peut-être, de la part de ceux qui l’ont initiée, d’une simple manipulation à objectif interne : il faut alors craindre qu’ils n’aient joué aux apprentis sorciers. Mais ce peut être aussi un message fort , intimant


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« silence dans les rangs », adressé par le pouvoir politique, d’abord à la Gendarmerie au sein de laquelle des voix s’élèvent contre les effets de son passage sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, ensuite aux autres armées, dont certains membres pourraient contester les résultats d’une réorganisation imposée à « la hussarde », notamment en ce qui concerne les bases de défense. Déjà, en 1972, le général BEAUFFRE écrivait : « L’officier - je veux dire l’officier de qualité - se doit d’obéir strictement aux ordres qu’il reçoit (donc à la doctrine du jour), mais il se doit non moins impérativement de réfléchir et de discuter cette doctrine, réflexion et discussion qui ne doivent être entravées par aucun souci de discipline, de prudence (le pire !). Ou même de révérence….La discipline doit être stricte, la pensée militaire doit être libre. ». Il n’a toujours pas été entendu, à en juger par la véritable lettre de cachet que constitue la décision de radier un officier des cadres des armées pour avoir exprimé une opinion sur l’avenir de son arme différente du discours officiel. En agissant ainsi, le commandement et le pouvoir font le lit des tenants du syndicalisme militaire.

Christian RENAULT Membre du club des Sentinelles de l’Agora

LES LIEUTENANTS DE « BRUNO » « Bruno » était l’indicatif radio du commandant puis du colonel Bigeard en Indochine et en Algérie. Entre nous, nous l’avons toujours appelé « Bruno », par affection. J’eus la chance de le servir en Algérie, comme lieutenant, chef de section, au 3e régiment de parachutiste coloniaux. A une époque où, dans l’Institution militaire, la communication en était à ses balbutiements, il appliquait la maxime « Bien faire et le faire savoir » avec une habileté magistrale. Il communiquait vers le haut : aux hommes politiques qui venaient le voir, il expliquait la finalité de notre action. Il recevait les gens de la presse : aux écrivains (Lartéguy, Kessel …), aux photographes (Flament), aux cinéastes (Schoendorfer), il exposait les modalités et les difficultés de nos opérations. Et il communiquait vers le bas : à l’issue de chaque opération les cadres recevaient une feuille simple sur laquelle il avait jeté, en style

télégraphique, ses satisfactions et ses déceptions mais aussi ce qu’il attendait de nous lors des opérations à venir avec toujours, en finale, le recours à la fierté et un zeste d’humour (« demain matin, nous avons tous vingt ans » !). Il exerçait cet art subtil de nous rendre complices de ses projets. Il adorait s’adresser directement à ses paras. A l’issue d’une cérémonie, il leur demandait de quitter les rangs et de se resserrer autour de lui. En quelques mots simples, il se livrait au bilan des actions récentes puis il précisait ce qu’il attendait d’eux, avec toujours ce clin d’œil d’encouragement flatteur. Nos paras étaient fascinés. Spontanément, sans qu’aucun ordre ne leur fut donné, ils se mettaient à crier, à l’unisson : « Vive Bigeard ! ». Une scène insolite qui nous renvoyait à celles de l’Empire. Il rayonnait. Nous partagions son bonheur et nous étions fiers de notre jeune colonel de 40 ans, déjà Grand Officier de la Légion d’honneur. Nous voulions lui ressembler.


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« Bataillon Zatopek ». Mais avant de « faire savoir » , le premier ordre de l’axiome, « Bien faire », nous valait une course permanente à l’excellence aussi bien pour la tenue, la cohésion (les défilés en chantant), l’instruction du tir adaptée à la contre-guérilla et … pardessus tout … la condition physique. Ah ! cette condition physique !. Marcel Bigeard devait ses succès et sa survie dans la Résistance et en Indochine à l’endurance qu’il avait imposée à ses unités. Son prestigieux bataillon d’Indochine, le 6e B.P.C. que les divisions vietminh voulaient absolument capturer, dut plusieurs fois son salut à une esquive ultra rapide qui valut au bataillon le surnom de « Bataillon Zatopek ». Fort de cette expérience, il exigea du 3e régiment de parachutistes coloniaux en Algérie des performances hors normes. Lorsque la journée avait été infructueuse, nous attendions la fin de l’après-midi pour l’énoncé à la radio des prévisions pour le lendemain (un peu comme le marin pécheur, en mer, attend le soir les prévisions météo du lendemain). Après avoir regretté que la zone fut stérile, il annonçait qu’il allait « balancer » (son terme favori) le régiment vers des lieux prometteurs. C’est alors qu’avec appréhension nous attendions la répartition du rôle des unités sur la future zone. Les plus malchanceux réalisaient alors, avec consternation, que, pour être en place au lever du jour, ils étaient déjà en retard. Pendant la Bataille d’Alger les compagnies se livraient à tour de rôle à une marche commando (mi-course, mi-marche) : départ d’Alger à trois heures du matin, direction Sidi Ferruch (25 kilomètres) avec arme et musette légère. En tactique sur le terrain, il nous sidérait. Il passait des heures à étudier la carte. En la visualisant, il déterminait, sans jamais se

tromper, les possibilités d’esquive de l’adversaire et, par corrélation, il dessinait sa propre manœuvre. Dès qu’il avait localisé l’ennemi, il ne le manquait jamais. Un fauve. Lors d’une grosse opération faisant appel à de nombreux appuis, j’eus l’opportunité, n’étant pas trop loin de lui, de l’observer à la manœuvre des unités d’appui …Il avait autour de lui quatre opérateurs radio qui lui tendaient le « bigo » à tour de rôle pour les liaisons avec ses compagnies, avec l’artillerie, avec l’avion d’observation et les chasseurs et avec les hélicoptères. Il prenait manifestement du plaisir à commander les différents acteurs, lesquels appréciaient d’être manœuvrés par lui. « Au moins », disaient-ils « avec lui , on a la satisfaction d’être bien utilisés et la fierté d’être efficaces ». Avec son ami Félix Brunet, colonel de l’armée de l’air, il réalisa les premières véritables opérations héliportées, celles où les hélicoptères cessent de faire du simple transport (afin d’épargner les mises en place à pied) pour devenir les instruments de la manœuvre. Agounnenda En Algérie, l’Opération « Agounnenda » restera à jamais le symbole de son inspiration … de son instinct guerrier. A la fin du mois de mai 1957, un détachement de dragons qui rentre de patrouille en fin d’après-midi tombe dans une embuscade sur les hauts plateaux algériens. Il y disparaît corps et biens. Nous ayant devancés sur les lieux de l’embuscade par hélicoptère, Bruno s’y livre à cette analyse invraisemblable qu’aucune Ecole de Guerre n’enseignera jamais. Il ne dispose que de deux indices : l’identification du commando zonal « Ali Khodja » (200 hommes et 3 mitrailleuses MG 42) et les traces de sa fuite qui indiquent un repli vers le nord (en direction de la mer). Après avoir étudié la carte, il expose sa conception de manœuvre : « l’adversaire a em-


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prunté cet oued en direction du Nord. Il basculera dans cet autre oued parallèle qu’il remontera pour revenir vers le Sud, sur les « lieux du crime ». L’entourage, incrédule, s’incline. Bruno tisse alors avec ses six compagnies un maillage de six kilomètres sur quatre. Chaque compagnie dresse une douzaine d’embuscades. Aucun itinéraire n’échappe à la surveillance. Il conserve une compagnie en réserve héliportée pour fermer la nasse. Lorsque le jour se lève tout le monde est en place, sur une seule fréquence radio mais en silence absolu pendant l’attente. Mission : laisser l’ennemi entrer dans la nasse et ouvrir le feu au dernier moment. Vers cinq heures, un chef de section annonce l’arrivée du « gibier » ; il égrène le nombre de fells qu’il aperçoit. Le feu s’ouvre lorsqu’il annonce 70. Bruno héliporte sa compagnie de réserve. Le commando zonal est pris dans la nasse. Il est détruit après vingt quatre heures, non sans mal. Nous aurons une douzaine de tués et un vingtaine de blessés. L‘ennemi était revenu sur les « lieux du crime » ! Incroyable ! L’accueil fut glacial Le colonel Bigeard exigeait de ses unités leur plein effectif afin que toutes les armes fussent servies : il détestait les permissionnaires et les stagiaires, il abhorrait les malades. Son souci prioritaire, quelles que fussent les circonstances, était d’épargner la vie de ses hommes et leur intégrité physique. A Chypre où nous étions rassemblés en automne 1956 pour l’opération Suez , j’avais eu l’honneur de porter le brassard de capitaine de l’équipe de football du corps expéditionnaire. Nous fûmes battus dans le grand stade de Nicosie par l’équipe nationale de Chypre par le score honorable de 2 à 1. C’était une performance que nous devions à une condition physique exceptionnelle. De retour au camp X où nous logions sous la tente, un officier me dit : « le colonel veut te voir ». Je rectifiai ma tenue

et m’apprêtai à être félicité. L’accueil fut glacial : « Dîtes donc, Père Cann (terme familier), vous croyez que je vous ai fait venir ici pour taper dans le ballon ? Non mais ça ne va pas la tête ? Qui s’occupe de vos hommes pendant ce temps-là ? Arrêtez-moi ces gamineries. ! ». Je n’ai plus jamais tapé dans un ballon. Six mois plus tard, je figure parmi les blessés de l’Opération Agounnenda. Nous venions d’être traînés jusqu’à une clairière où nous attendions que le feu se calme pour que les hélicoptères puissent nous évacuer. Nous sommes là une douzaine, allongés sous les ombrages, non loin des corps de nos camarades tombés, lorsque surgit « Bruno », la casquette en bataille, sa grande carte sous le bras. Surpris par ce spectacle de corps allongés, il ralentit le pas et adresse à chacun un clin d’œil ou un sourire. Soudain il me reconnaît : « Ah ! vous êtes là aussi père Cann ? » Je lui réponds par un geste d’impuissance. « Eh bien vous avez perdu mon vieux ! Salut ! Bon courage ! A bientôt ». En vrai pro, il réagissait comme un entraîneur de rugby qui a la hantise de voir ses joueurs partir pour l’infirmerie. Un Maréchal d’Empire Aujourd’hui les lieutenants de « Bruno » sont orphelins et la France pleure le plus illustre de ses soldats : cinq fois blessé, vingtquatre fois cité dont douze fois à l’Ordre de l’Armée, Grand’Croix de la Légion d’honneur depuis 1974. Sa compétence lui valut en 1976 d’être nommé Secrétaire d’Etat à la Défense d’où il démissionnera avant d’exercer de 1978 à 1981 la Présidence de la Commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale. En d’autres temps, il eut été un Maréchal d’Empire …. immanquablement. Général François CANN « Un lieutenant de Bruno »


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EXTRAIT DE L’ALLOCUTION DE L’AMIRAL EDOUARD GUILLAUD, CHEF D’ETAT-MAJOR DES ARMÉES AU CONSEIL ÉCONOMIQUE DE LA DÉFENSE ( 02.06.2010 ) …Ne craignez vous pas que certains pays européens baissent la garde en termes d’efforts de défense et, qu’à terme on ajoute à la crise économique, une crise sécuritaire ? Trois pays en Europe totalisent les 2/3 des dépenses en matière de défense : le Royaume-Uni (RU), l’Allemagne, la France. La majeure partie des pays européens sont à moins de 2% de leur PIB. La garde est déjà très basse. Vous avez parfaitement raison de le souligner : en période de crise, la tentation s’accroît encore de faire des budgets de la défense une « variable d’ajustement », en attendant des jours meilleurs. L’aggravation de l’environnement financier illustrée par la crise européenne crée un risque capacitaire majeur pour l’Europe de la défense.

• C’est aussi la tentation d’un « repli national » compromettant le fragile bilan de 10 années de PSDC. • C’est encore un « décrochage » technologique et capacitaire qui pourrait entraîner des problèmes d’interopérabilité, notamment au sein de l’Alliance Atlantique. • C’est enfin une remise en cause des modèles de forces avec l’abandon de capacités. Le scénario d’une Europe de la défense avortée La crise sécuritaire que vous évoquez dans votre question pourrait être la conséquence d’un scénario où l’urgence financière ferait passer à l’arrière plan les aspects sécuritaire et militaire ; où l’on ferait un pari sur l’absence de toutes crises importantes pour une période à durée indéterminée ; où finalement l’Europe s’en remettrait à d’autres pour assurer sa propre sécurité.

Ce risque est bien réel. Or, les choix budgétaires d’aujourd’hui engagent les défenses européennes de demain.

Les Européens seraient donc privés de leur autonomie de décision et de réaction. Très clairement, cela équivaudrait à une démission de l’Europe.

Une baisse des budgets de la défense, notamment ceux des grands pays européens pourraient avoir plusieurs conséquences qu’il nous faut regarder en face: • C’est d’abord une relégation de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) au « soft power » en privant les possibilités futures d’une Europe autonome dans le domaine militaire

C’est le scénario d’une Europe de la défense avortée, une Europe spectatrice de l’Histoire, une Europe, à terme, victime potentielle de l’Histoire. C'est-à-dire, une Europe qui n’a pas su ou voulu tirer les leçons de l’Histoire et qui s’est laissée bercer ou berner, par les sirènes du court terme ! Ce n’est pas ce que nous voulons. Ce n’est sans doute pas non plus ce que veulent les


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Etats-Unis : ils réclament un partage du fardeau et une prise de responsabilités européennes sur les affaires européennes. Cette crise peut elle être alors, une opportunité ? Cette crise donne l’occasion à l’Europe de la défense de mettre en œuvre de nouvelles synergies. Le niveau actuel des budgets européens de défense et le coût des systèmes d’armes font qu’aucune nation européenne n’a la capacité, seule, d’assumer le coût d’un outil industriel de défense qui réponde à tous ses besoins. Pour les Européens, il s’agit alors de « serrer les rangs » et créer une nouvelle dynamique autour de quelques avancées concrètes. Mais ne nous faisons pas d’illusions, ces avancées ne se feront pas à 27. Elles s’opéreront par effet d’entraînement avec des coopérations pragmatiques, librement consenties, articulées autour d’une industrie de défense européenne aussi cohérente que compétitive. Passer d’une logique de concurrence à une logique de coopération. Les avancées concrètes dont je vous parle passent par quatre axes d’effort : Le premier, c’est justement de favoriser des coopérations bilatérales pragmatiques. Elles ont vocation à être « des motrices européennes ». Les coopérations avec le RU, notre « jumeau capacitaire » sont emblématiques et, qui

plus est, prometteuses. Ce sont précisément ces « coopérations locomotives » : passer d’une logique de concurrence à une logique de coopération. Le processus est en cours au travers de la coopération organisée par le High Level Working Group dans le domaine de la recherche et du développement. Souhaitons que ces travaux trouvent des prolongements par des acquisitions communes. Au-delà du Royaume Uni, ce sont d’abord les grands pays (Italie, Allemagne, Espagne Pologne), qui grâce à leur démographie participeront à cette capacité d’entraînement. Et puis bien sûr, ce sont aussi les plus petits pays, par leur taille ou leur PIB qui sont essentiels tant par leur enthousiasme que par l’aiguillon qu’ils présentent. Il nous faut rechercher ces coopérations d’opportunité. Le cadre de la coopération structurée permanente est un outil que le traité de Lisbonne met à notre disposition. Sachons l’utiliser avec pragmatisme. Le second axe d’effort concerne la stratégie industrielle européenne. Ces « coopérations locomotives » sont un bon fédérateur pour rationaliser les industries de défense autour d’une stratégie industrielle européenne qui puisse décloisonner nos marchés. Certes, des « champions européens » de niveau mondial peuvent d’ores et déjà rivaliser avec les groupes industriels américains. C’est le cas de BAe, de Thales, EADS ou de Finmeccanica. Néanmoins, ces groupes souffrent de l’absence d’un marché domestique européen organisé, avec une convergence des besoins opérationnels exprimés en coopération.


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J’insiste sur le fait que ces coopérations, pour réussir, doivent être librement consenties. Les coopérations sous contraintes ont toujours été des coopérations de compromis aux résultats hasardeux. N’est-ce pas le cas aujourd’hui du NH90, de l’A400M, voire du Tigre, quand j’écoute les derniers commentaires du ministère allemand de la défense sur le sujet ! La mise en place d’une base industrielle et technologique de défense européenne (BITD) crédible est urgente. Je sais que je vous parle « d’Arlésienne » ! Le troisième axe d’effort, ce sont les outils. C’est la restructuration des processus capacitaires de supervision des programmes au niveau européen. Nous avons des outils, mais des outils morcelés (AED, OCCAR), aux périmètres d’action mal définis, aux ambitions somme toute modestes (NRBC, lutte anti IED, fréquences satellitaires) à l’efficacité contestée, aux résultats mitigés. La rationalisation et l’harmonisation de ces processus sont donc une nécessité. Cela implique d’étudier en amont les possibilités d’optimisation de l’emploi des moyens pour une plus grande interopérabilité des hommes et des matériels (à l’image de la création prochaine du commandement du transport aérien militaire (EATC) et ultérieurement de la Flotte européenne de transport aérien (EATF)). Sur ce sujet, il est

essentiel de rester vigilant afin de garantir la flexibilité et l’employabilité des moyens. C’est la raison pour laquelle j’ai utilisé le terme optimisation de l’emploi en lieu et place de mutualisation, qui est plus contraignant. Le livre Blanc européen Le quatrième et dernier axe d’effort, c’est la prise en compte par les européens de toutes les menaces, y compris les nouvelles menaces (cyber menace, prolifération balistique) autour d’une refonte de « la stratégie de sécurité et de défense commune pour l’Europe ». Ce pourrait être un Livre Blanc européen, même si c’est encore une utopie. Alors, pourquoi pas d’abord une mise à jour de la stratégie européenne actuelle ? Voilà quelques pistes de réflexions pour une Europe de la défense plus efficace. Elles mériteraient sans doute d’être développées. Il n’y a pas de fatalité au déclin, mais la volonté concertée de surmonter nos difficultés. Ces évolutions demandent du temps. Le temps de l’Europe, c’est le temps de l’Histoire : un temps long de maturation politique. La crise actuelle nous offre cette opportunité : la solidarité européenne en matière de défense doit s’exercer.


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AVEC LE 2E REP EN AFGHANISTAN ( EXTRAITS

DE L’ARTICLE D’ADRIEN

JAULMES,

e capitaine Morlière pourrait être le khan LDepuis de la vallée d'Ouzbin. son fortin de Rocco, quadrilatère de gabions pliants remplis de terre perdu dans un paysage immense, le commandant de la 2e compagnie du 2e Régiment étranger de parachutistes désigne chaque village de la vallée, avec le nom de son chef et sa position vis-à-vis des insurgés. « Tout au fond, Yarkand et Gaz-e-Sofia servent de repaires aux insurgés qui transitent depuis le Pakistan vers la vallée de Tagab, de l'autre côté des montagnes. Là-bas, c'est l'école de Rokbah. Au-delà de cette ligne, on ticque », dit le capitaine. Chaque guerre a son jargon. Celle d'Afghanistan voit les acronymes d'origine américaine récupérés et transformés par les Français. TIC, «Troops In Contact », sert à désigner un accrochage et se conjugue tel quel : « On a ticqué, ça ticque pas mal dans ce secteur. » Justement, la haute vallée d'Ouzbin est un endroit où ça « ticque ». Ouzbin a été rendue tristement célèbre en France par l'embuscade dans laquelle ont été tués en août 2008 dix paras du 8e RPIMa, au-dessus du village de Sper Kunday, quelques kilomètres à l'est de Camp Rocco. Le paysage évoque une lande écossaise, plateau herbeux coupé de profonds ravins et de pitons rocheux acérés. Autour, le cirque des montagnes de couleur fauve, les sommets enneigés où s'accrochent de lourds nuages noirs. Les insurgés afghans utilisent ce terrain découpé pour s'infiltrer par les talwegs, escaladant comme des chamois les pitons, manœuvrant à toute vitesse. Ils ont l'avantage de la mobilité, se regroupant pour une

ENVOYÉ SPÉCIAL DU

FIGARO

À

OUZBIN )

embuscade et se dispersant aussitôt après. Ils sont bien renseignés: chaque berger peut être un indicateur, et chaque mouvement des troupes françaises est surveillé. Ils sont courageux, n'hésitent pas à attaquer un ennemi supérieur en nombre et en matériel, dont les hélicoptères arrivent sur court préavis. Ils sont aussi rusés. Parfaitement au courant des règles d'engagement de l'ISAF, qui interdit de s'attaquer à des civils, ils se déplacent généralement sans armes, qu'ils récupèrent avant l'action dans des caches préparées à l'avance. Face à eux, les légionnaires ont l'avantage de la puissance de feu. Mais cette puissance a un poids. Chaque légionnaire porte un gilet pare-éclats de plus de 15 kilos, plusieurs litres d'eau, et des kilos de munitions. La plupart ont aussi des charges supplémentaires, trousses de secours pour les infirmiers, radios avec leurs piles pour les opérateurs, ou armes collectives, missiles Milan, mitrailleuses 12,7 mm ou fusils de précision PGM du même calibre. Un poste de tir Milan, arme antichar des années 1980 devenu l'artillerie portative de l'infanterie, pèse environ 16 kilos, chaque missile 12 kilos. Les mitrailleuses 12,7 mm font environ 40 kilos avec leurs affûts, les cartouches ajoutant une vingtaine de kilos supplémentaires. Les PGM (fusil de précision de calibre 12,7 mm) capables de faire mouche à 2 kilomètres, pèsent 15 kilos sans les munitions. Dès que les légionnaires débarquent de leurs VAB, tout est porté à dos d'homme. « Pris entre le lion et la falaise » L'opération « Fango rouge» vise à reconnaître le village de Dwakoleh, en plein territoire comanche. Le colonel Bellot des


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Minières, chef de corps du REP, accompagne la 2e compagnie. La règle de base du combat d'infanterie, qui fut hélas oubliée en 2008 à Sper Kunday, est appliquée ici : on ne progresse qu'avec des appuis. La manœuvre a été répétée la veille dans la caisse à sable improvisée de la compagnie. Les blindés sont placés en ligne de crête, avec leurs canons de 20 mm et leurs mitrailleuses. Avec une vitesse surprenante malgré leurs charges, les sections s'emparent des hauteurs qui surplombent le village de Dwakoleh. À l'est, « Rouge Quatre », la section de l'adjudant Schaap, sous-officier d'origine belge, franchit un profond talweg et remonte sur la crête suivante. Au nord, les légionnaires de « Rouge Unité », la section du lieutenant Ségantini, grimpent en file indienne vers le piton Falcon. La reconnaissance du village peut commencer. Un pick-up de la police afghane accompagne les officiers français et un groupe de légionnaires. Passé un petit col, Dwakoleh apparaît, charmante bourgade de pierres sèches accrochée comme un hameau de Haute-Corse à un éperon rocheux au-dessus du torrent. Paisible décor rural, avec le vert tendre des champs de blé en escaliers, et les taches de couleur des champs de pavot, que les paysans trouvent nettement plus rentables que les céréales. Dans les cours ceintes de hauts murs des fermes, les femmes vêtues de couleurs vives vaquent à leurs occupations. Des bergers font paître leurs troupeaux. Le colonel Bellot des Minières est aussi à l'aise dans la palabre que dans la guerre. « Je viens de la Mayenne, en pays chouan », explique le colonel. « Sans pousser l'analogie trop loin, on est face à un phénomène assez similaire en Afghanistan : des paysans attachés à leur foi et à leurs villages. »

Les villageois sont accroupis autour d'un tapis. « Nous ne sommes que de pauvres paysans ici», dit un homme à la barbe en éventail. « Il n'y a pas d'insurgés dans le village, mais des étrangers viennent parfois... Comme dit un proverbe afghan, nous sommes pris entre le lion et la falaise. D'un côté, nous tombons dans le précipice, de l'autre nous sommes dévorés. » À la radio, les écoutes de la section de guerre électronique se précisent. Plusieurs communications ont été interceptées et indiquent que les insurgés se sont rassemblés au niveau du village de Yagdang et se déplacent rapidement vers Dwakoleh. « On pourrait les détruire maintenant, mais je ne veux pas tirer le premier, dit le colonel Bellot des Minières. C'est un risque à prendre, mais nous sommes ici pour rassurer la population. En revanche, si on nous prend à partie, on ripostera. » Il ne faudra pas attendre longtemps. La choura terminé, les sections CIMIC (affaires civiles et militaires) distribuent des cerfs-volants et des cahiers aux enfants, dans l'espoir un peu dérisoire de gagner les « cœurs et les esprits ». Les paysans préfèrent qu'on leur construise des routes pour aller vendre leurs récoltes à la ville. Une grêle de balles Une fois la distribution terminée, les légionnaires quittent le village par le chemin de terre. La police afghane part en trombe, son pickup rebondissant dans les ornières. Quelque chose ne tourne pas rond. Tout à coup, un feu nourri se déclenche tout autour de Dwakoleh. Le groupe de commandement, avec le colonel Bellot des Minières et le capitaine Morlière, est pris sous une grêle de balles qui vrombissent dans l'air et claquent au sol autour des légionnaires. Au même moment, l'adjudant Schaap essuie lui aussi des tirs sur


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la crête voisine. Les radios crachent les comptes rendus, avec les accents à couper au couteau des légionnaires. Les insurgés ont bien préparé leur coup, l'attaque est parfaitement coordonnée. Une ruine près du chemin fournit heureusement un abri où l'on se replie sans traîner. Par miracle, personne n'a été touché, mais l'affaire est sérieuse. Le colonel et le capitaine sont fixés. « Sans appuis, ce genre d'affaire peut très vite mal tourner », reconnaît le colonel Bellot des Minières. Mais, justement, ils sont en place. Rouge Unité ouvre le feu sur la position insurgée la plus proche, suivi par Rouge Quatre et les VAB. Les tirs résonnent dans la vallée, lourdes rafales des 12,7 et claquements plus secs des fusils-mitrailleurs. Un missile Milan part en sifflant avant d'exploser sur la position des insurgés. Puis les mortiers de 81 entrent en action depuis Camp Rocco, et leurs obus s'abattent sur la crête d'où est partie l'embuscade. « Ok, on peut décrocher maintenant ! », dit le capitaine Morlière. Par petits groupes, les légionnaires regagnent l'abri de la crête suivante. Le soir, au bivouac, lumières éteintes pour ne pas essuyer le tir d'un sniper, on discute à l'arrière des blindés où les officiers de quart marquent avec de petites épingles les positions des insurgés sur les cartes. L'ambiance est détendue. Personne n'a été touché, et la guerre apparaît comme un sport assez grisant. On parle de Winston Churchill dans les guerres avec les Pathans, de l'autre côté de la frontière avec le Pakistan, des guerres de Vendée, de cinéma, de littérature. Les orages grondent dans le lointain et des averses passent comme des gifles sur le bivouac. « On les a eus... » L'opération n'est pas finie. Le lendemain matin, les légionnaires sont de retour dans le village de Dwakoleh. « On ne va quand

même pas laisser les insurgés s'imaginer qu'ils ont pu nous chasser comme ça », dit le colonel Bellot des Minières. La guerre électronique signale comme la veille un regroupement des insurgés venus des villages du haut de la vallée. Cette fois, Dwakoleh est presque désert. « Tout le monde est aux champs », dit le barbu de la veille. Le colonel Bellot des Minières s'installe en souriant pour une nouvelle choura improvisée sur le grand tapis. « On s'est fait un peu tirer dessus hier en sortant de votre village », dit le colonel Bellot des Minières en souriant. « On ne sait pas qui c'est, répond le paysan afghan, ce sont des étrangers au village, on ne les connaît pas, mais quand ils vous tirent dessus, vous ripostez, et nous sommes au milieu... » Lorsque le colonel Bellot des Minières prend congé, la radio annonce un regroupement d'insurgés sur une crête au-dessus du village. « Ils vont sans doute nous refaire le coup d'hier, dit le colonel. Cette fois, on ne va pas les laisser faire. Demandez un tir mortier. » L'ordre est donné dès que les Français sortent du village. «Feu!», dit le capitaine Morlière à la radio. «Premiers coups partis », répond une voix. Une cinquantaine de secondes plus tard, une série d'explosions résonne dans la vallée et soulève une fumée noirâtre sur une crête au-dessus de Dwakoleh. L'embuscade s'est cette fois retournée contre les insurgés. « Le risque, c'est de confondre la technique avec notre objectif. On est capable de tuer les insurgés, mais ce ne doit pas être une fin en soi », « Mais cette fois, on les a eus. Je ne veux pas tirer le premier. C'est un risque à prendre, mais nous sommes ici pour rassurer la population. En revanche, si on nous prend à partie, on ripostera » conclut le colonel Bellot des Minières.


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FRANÇAIS LIBRE A EN MOURIR Jacques BARDET Éditions Italiques, 2010, 240 pages, 21€

L

e témoignage exemplaire et émouvant que publient aujourd’hui les Éditions Italiques a bien failli disparaître : c’est en effet dans une décharge publique qu’a été trouvé, dans les années 1970, un cahier cartonné à couverture bleue sur laquelle un inconnu avait pieusement collé une Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil. À l’intérieur, écrit à l’encre violette sur un papier jauni par le temps, le journal de marche d’un jeune Français Libre engagé dans les durs combats de la 1re DFL, depuis la Libye et Bir Hakeim en 1942 jusqu’au débarquement de Provence en 1944, en passant par la campagne d’Italie. Le texte s’achève sur le récit de la prise des avant-postes allemands de Toulon le 21 août 1944. Au bas de la dernière page, une main anonyme a noté : « Là s’arrête le journal du caporal Jacques Bardet qui, le surlendemain, 23 août 1944, a trouvé la mort à son poste de

Il était une fois des militaires Brunot MIGNOT L’HARMATTAN – 2009 - 208 pages, 20€ ans une société qui évolue, les militaires ne parviennent pas à déterminer ce qui D est à l’origine de leur mal-être ni à en préciser les contours. Leur métier se transforme et laisse libre cours à l’exagération, le galvaudage et l’amalgame. Il semble leur échapper. Partant de là, le colonel Mignot nous livre une étude pertinente sur ce qu’est, devient et risque de devenir un métier auquel il est particulièrement attaché. Grades, uniformes et symboles sont appropriés par des professions qui ne partagent

combat au cours de l’attaque de la Mauranne en rejoignant sa pièce de mortier sous un violent tir d’artillerie ennemi. » Touché par ce texte, sa valeur historique, littéraire, morale et humaine, et scandalisé par son sort, le général Jean Delaunay, à qui fut finalement confié le précieux cahier de son frère d’armes, l’a patiemment transcrit et annoté avant de le remettre aux Gueules Cassées, qui en ont assuré la publication. En ces temps de doute, de passivité et de découragement, le message d’espoir, de courage et d’idéal de Jacques Bardet, mort la veille de ses 25 ans pour que vive la France, est de ceux qui trouvent en nous des échos d’une brûlante actualité.

Préface de Monsieur Yves GUÉNA, Président de la Fondation de la France Libre. Texte établi et présenté par le général Jean DELAUNAY. Ouvrage publié avec le soutien des Gueules Cassées et de la Fondation Charles de GAULLE.

ni les mêmes sujétions, ni les mêmes formations, ni les mêmes renoncements, ni les mêmes valeurs. Le sens de la mort au combat, l’un des fondements majeurs de l’institution, s’efface au profit d’une mise en scène civile qui le ramène au niveau du regrettable accident professionnel. Le chef pompier, baptisé colonel, appelle à la grève au journal de 20h. L’officier de police peut supplanter l’officier de gendarmerie tout en conservant son droit de retrait et son inscription syndicale. Au total, nous dit l’auteur, la perte d’identité n’est plus supportable. Nous vivons dans un monde ou le mot guerre est devenu politiquement incorrect,


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mais qui se bande les yeux devant les conflits qui s’éternisent. La place laissée aux opérations militaires communément admises se rétrécie de plus en plus au profit d’une présence active et directement utile auprès de la population. L’armée française s’en serait fait une spécialité. L’homme de guerre est en passe de se transformer définitivement en artisan de paix lointaine et d’ordre public à l’étranger. Bien que le maintien de l’ordre ne soit jamais la guerre, l’idée que l’action du soldat, hier formé au combat se rapproche singulièrement de celle du gendarme, et donc de celle du policier, se renforce régulièrement dans l’opinion publique. La mission de sauvegarde maritime elle-même, faute de moyens adaptés, se fait au détriment du volet puissance maritime. Bref, les deux missions confiées à des forces de combat, le contrôle des foules et la sauvegarde maritime, montrent qu’une mutation a déjà été opérée quant à la vocation et l’emploi des forces armées françaises. Pourtant, assure l’auteur, la césure entre défense et sécurité n’a pas lieu d’être, surtout au détriment de la première. Il existe en effet des signes forts qui montrent que la vocation des armées de se préparer au combat demeure : Tensions étatiques, régimes barbares, arrivée d’autres acteurs sur la scène internationale. Comme le suggère son adresse « A mes ancêtres militaires, à mes enfants qui ne le seront pas », le colonel Mignot désespère d’une fonction qui se transformerait au point de perdre son sens. C’est peut être aller vite en besogne. L’amalgame des fonctions, reflète à tout le moins la fascination non dite des acteurs

civils pour les attributs militaires. Outre que les galons flamboyants du portier d’un grand hôtel n’en font pas pour autant un amiral, force est d’admettre que les armées, à des degrés divers, se sont laissé tailler des croupières dans ce domaine jugé, à tord, accessoire, sans jamais reprendre l’initiative. L’histoire balaye les tièdes tout comme ceux qui n’assument plus avec force l’identité qui les distingue. Le glissement des missions est un fait, autant qu’une constante de l’histoire. Je suis moi et ma circonstance écrivait Ortega y Gasset. Les Légions ont construit le mur d’Hadrien, les gardes suisses le grand canal de Versailles, l’armée britannique a fait du maintien de l’ordre en Irlande et nous pourrions poursuivre indéfiniment. Les « tâches ménagères ne sont pas sans noblesses » disait le Paul Volfoni des « tontons flingueurs » et la pseudo militarisation d’un certain nombre d’acteurs étatiques n’empêchera jamais la rude sanction des faits. A l’heure du grand chambardement rien ne vaut l’outil militaire. Le vrai. Le Prince qui l’ignore n’entend rien au tragique de l’histoire et aux cultures des peuples. Quant à la sauvegarde de l’avenir elle constitue le cœur de notre affaire. La reconfiguration du panorama géopolitique, à elle seule, suffit à inciter à la plus grande prudence dans l’évaluation de l’avenir et la place du militaire. Que notre colonel se rassure. Les faits sont têtus. Le soldat revêtu de son uniforme, contraint par un code rigide, et porté par la noble ambition de servir, a encore un avenir bien assuré. Encore faut-il qu’il ne doute pas, et qu’il le fasse savoir. Reconnaissons que la chose n’est pas aisée. Pierre-Dominique d’ORNANO


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Sétif, mai 1945 - Massacres en Algérie. Roger VÉTILLARD Préface de Guy PERVILLÉ Editions de Paris, 589 pages, 39 €

N

é à Sétif en 1945, le docteur Vétillard n'a connu les massacres de mai que par les souvenirs de ses parents et de ses amis. En sept ans d'enquête, il a lu tout ce qui a été écrit, a consulté les archives françaises et suisses, rencontré des dizaines de témoins européens et algériens, et incessamment révisé les épreuves de son ouvrage. Il peut ainsi porter un regard critique sur les interprétations « idéologiques », celles des adeptes algériens de la Fondation du 8 mai (Boumaza, Yacine Kateb), celles des historiens engagés (JL Planche, Jeanson, Alleg, Bancel, Blanchard, Lemaire), mais aussi sur les erreurs de beaucoup d'autres ( Rey-Goldzeiger, Winock, Groussard). Il montre en particulier que certaines images ont été tournées en 1955, et que les canons de Marine ne pouvaient pas tirer sur Kerrata et Sétif.

Refusant toute exploitation politique, et toute mémoire partisane, il accomplit un véritable travail d'historien, reconnu par son préfacier. Les sept premiers chapitres constituent un historique précis des évènements à Sétif, autour de Sétif, à Guelma et dans le reste de l'Algérie ; ils décrivent la sévérité de la répression militaire par les trois armées, le suivi judiciaire et les polémiques fondées sur le bilan des victimes. Les neuf chapitres suivants élargissent la vision au contexte politique et économique, reviennent sur les signes avant-coureurs et les préambules, examinent la thèse du complot, posent des questions et font des « remarques de bon sens ». Il contiennent des développements intéressants sur l'indigénat, l'obligation du djihad

et les partis politiques. De riches annexes authentifient le caractère scientifique de l'ouvrage. Elles comprennent la biographie des « hommes de mai », la chronologie, la bibliographie et l'index des personnes. Une courte recension ne peut rendre compte de toutes les conclusions de l'auteur. Certaines sont indiscutables : - le soulèvement n'a pas de causes économiques et n'est pas lié aux évènements de Syrie - il n'y a pas de complot colonialiste, pas de génocide ni d'idéologie d'extermination - la responsabilité du PPA est entière, alimentée par les vétérans nazis du CARNA, les appels à la révolte de Lamine Debaghine, les prêches de certains imams et l'attitude ambiguë des Britanniques - la répression n'a touché que les zones insurgées - les évènements de mai ont entretenu les sentiments de crainte des Européens et d'hostilité des musulmans, amplifiés le 20 août 1955 et marqués aujourd'hui en Algérie par la frénésie des commémorations et les exigences de repentance. D'autres conclusions entretiennent le débat. Qu'en est-il du suicide du juge Halpert ? Le bilan des victimes, que les historiens réévaluent jour après jour, est-il possible ? L'estimation de 7.000 victimes musulmanes de la répression n'est-elle pas une limite haute, alors que certains témoins de Kerrata et de Guelma n'en admettent pas les données? Toutes les thèses sont exposées par Roger Vétillard, qui à l'évidence apporte un regard neuf et prospectif sur des faits controversés. Il est devenu impossible de rouvrir le débat en ignorant la somme de ses recherches.

Maurice FAIVRE, le 23 mars 2008


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Charlemagne Georges MINOIS Editions Perrin, 720 pages, 26€

I

l fallait Georges Minois, cet historien discret et fécond, dont les travaux, toujours appuyés sur une immense information, s'imposent par une hauteur de pensée peu commune, pour écrire ce nouveau Charlemagne, qui ne répète jamais l'innombrable série des biographies déjà consacrées au si fameux empereur.Cellesci se présentent généralement comme des synthèses sur les événements du règne et leur contexte, ou sont de minutieuses, parfois laborieuses, études critiques des sources. Elles donnent des tableaux thématiques, sorte d'histoire en "petits morceaux" : Charlemagne et les Saxons, Charlemagne et les Lombards, Charlemagne et l'Eglise.

Plutôt qu'une nouvelle mosaïque artificiellement unifiée sous le nom de Vie de Charlemagne, Georges Minois assume la difficulté majeure de toute biographie médiévale qui ne repose que sur une documentation toujours fragmentée et schématique, et revient à la rège de base : il choisit une démarche chronologique, au fil des jours et des années. Après une évocation du mythe et une présentation des sources, il retrace le plus fidèlement possible la vie et le règne de Charlemagne en suivant de très près les documents accessibles, en neuf chapitres rigoureusement chronologiques, avant d'en consacre cinq autres à la synthèse des aspects économiques, sociaux, politiques, administratifs et culturels du règne. Le grand empereur prend ainsi une stature nouvelle. Les métamorphoses de l'image d'un "ancêtre des rois de France" devenu au fil des siècles "prince des humanités", "héros des Lumières", modèle pour Napoléon, et "nouvel emblème de l'Union européenne", sont d'abord renvoyées à ce qu'elles sont : une instrumentalisation classique, que la réalité des sources réduit à rien.

Car Georges Minois part des sources : Les Annales Regni Francorum, le Liber pontificalis, Alcuin, Eginhard, la Vita Caroli bien sûr. Ce qui lui permet de présenter un véritable tableau des équilibres politiques et culturels de l'Occident du milieu du VIIIe siècle, et d'un royaume des Francs d'abord partagé entre Carloman et Charles. Après la mort de Carloman, Georges Minois en suit la destinée autour de la figure du roi, marquée par l'importance du fait militaire : les campagnes de Saxe, d'Italie, d'Espagne avec l'événement de Roncevaux le 15 août 778, l'affirmation de la puissance carolingienne en Saxe, Italie et Bavière avec encore des démonstrations de force contre les Slaves et les Avars, l'annus horribilis 792, puis le combat politico-religieux achevé par le couronnement impérial du 25 décembre 800. La dernière partie du règne s'achève sur un horizon mondial à l'échelle de l'Occident hérité de Rome et des Mérovingiens : une ambassade à Bagdad, la prise de Barcelone, la recherche d'une alliance à Byzance. Avec une vision réaliste des rapports de force et de la diversité d'un Empire trop vaste, qu'en février 806, conformément à la tradition franque, l'empereur partage entre ses héritiers - la Divisio Regnorum -, étonnant exercice pour un souverain qui n'a jamais connu la moindre carte de son empire. Il n'a que la conscience éminente de sa diversité linguistique, culturelle, économique ; les échanges commerciaux sont limités, la paysannerie, toujours maintenue dans une pénurie presque structurelle, n'a d'horizon que ses villages, le réseau urbain est déficient. L'administration elle-même reste celle d'une monarchie itinérante plus que celle d'un empire centralisé et unifié, où comptent principalement l'armée et l'Eglise, malgré la forte personnalité des missi, les comites et duces...

Jean Pierre BOIS Professeur émérite Université de Nantes


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Les larmes du drapeau Place du Capitole à Toulouse, le 18 novembre 2009, le drapeau tricolore a été arraché.Les autorités interdisent à la police d’intervenir pour ne pas « créer de désordre »… Pour ne pas « créer de désordre », je laisserai le drapeau exprimer lui-même son amertume de n’être plus défendu sur son propre sol. J'ai longuement flotté sur les champs de bataille, Résistant bravement aux coups de la mitraille Maintes fois ma voilure épongea dans le vent Le sang des soldats morts, les pleurs des survivants. Au sommet du pays je dressais mes couleurs, Témoignage vibrant de la Foi, de l'Honneur. Les anciens devant moi soulevaient leur chapeau, Qu'y a-t-il de plus beau que l'amour d'un drapeau ? Mais la honte survint par un soir gris d'hiver : Ma hampe fut brisée par des mains étrangères. Lacérés, mes beaux plis sanglotaient en silence En voyant que ces doigts s'attaquaient à la France. Devant la foule haineuse, on me jeta à terre.

Un instant je pensai : « nous sommes donc en guerre ! » Mais en guerre un étendard a ses défenseurs, Ici nul n'accourut pour calmer ma douleur ! Les uniformes bleus trépignaient de colère, Mais leur chef, tout là-haut, préservant sa carrière, Me laissa sans mot dire aux mains de mes bourreaux : Je mourus sans qu'une arme quitte son fourreau. Ce soir je regrettai de porter ces couleurs, Car une part de la France est morte dans mes pleurs. Quand mon pays me laisse ainsi succomber, seul, Je ne suis plus drapeau, mais je deviens linceul. Lieutenant-colonel Michel BRAULT (Le Lieutenant-colonel Michel BRAULT est ancien élève de l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, chevalier de la légion d’honneur, officier de l’ordre national du mérite, croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs avec étoile d’argent, médaille outre-mer agrafe Tchad, agrafe vermeil Moyen-Orient, médaille d’argent de la défense nationale, médaille saoudienne de libération du Koweït).


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COMPTE RENDU DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 6 MAI 2010 ’assemblée générale est ouverte à 14 Lprésents heures. Près de 500 membres sont ou représentés. Le général de La Presle des « Gueules cassées », monsieur Dalleau, président de l’UNC, le contrôleur général des armées Bonnetête, président de l’ANAPI, le général de Bressy représentant l’ANOCR et le général Leport de la FNOM sont également présents. Le président remercie les participants de leur présence, et en particulier, les membres de l’ASAFRANCE venus de province. Il demande une minute de silence en souvenir des membres de l’ASAFRANCE disparus en 2009, et en particulier du général Gillis, président de l’association pendant 10 ans, mais également pour tous les membres des forces armées morts en service en 2009.

Il est ensuite procédé à la validation de l’élection au Conseil d’administration des nouveaux membres. Celle-ci est entérinée à l’unanimité, à savoir le général Jean Patrick Gaviard, le sous-préfet Serge Grosclaude et l’administrateur civil Yves de Blignières. La nomination des généraux Coullon et de Cointet comme conseillers du Président est également approuvée à l’unanimité. Il est confirmé que le Général Bruno Britsch est le rédacteur en chef du bulletin de l’ASAFRANCE. Le Président présente ensuite les rapports, moral, d’activité et financier dont un résumé est donné ci-dessous, ainsi que les orientations de l’association pour l’année 2010. Les comptes financiers 2009 ont été approuvés à l’unanimité. - Lors de la présentation du compte de résultats, une question a été posée sur les subventions reçues par l’ASAFRANCE Le président rappelle que l’ASAFRANCE ne reçoit aucune subvention. Il s’agit en fait du

versement d’une quote-part de la fédération Maginot au prorata des effectifs. - Une autre question a porté sur la possibilité de déduction fiscale des cotisations. Celle-ci n’est actuellement pas possible puisque l’ASAFRANCE s’est vu refuser cette possibilité par le tribunal administratif et a décidé de ne pas faire appel pour l’instant. Elle prépare un dossier plus complet pour pouvoir relancer sa demande. Il est à noter que la mention « actions à caractère patriotique » ne figure pas au code des impôts comme ouvrant droit à déduction fiscale. La gestion 2009 est approuvée à l’unanimité. - Une question a été posée pour savoir si le nom du site « asafrance » avait été déclaré, ce qui est effectivement le cas. - Une autre question a concerné la diffusion du bulletin trimestriel de l’association. Pour le numéro 86, il a été précisé que le tirage était de 4.000 exemplaires, dont 2.000 pour les membres de l’ASAFRANCE (envoi par courrier) et 2.000 pour la promotion de l’ASAFRANCE vers les responsables politiques, militaires, les administrations, les médias et les acteurs économiques et sociaux nationaux et régionaux. Dix exemplaires ont été ou seront donnés à chaque délégation. Le Président a insisté sur le concept « les voies de l’honneur » initié par la délégation du Morbihan. Il estime que ce type d’action qui consiste à créer dans une ville ou une région, un parcours reliant les lieux de mémoire locaux relatifs au sacrifice de combattants, constitue une action spécifique de l’ASAFRANCE qui correspond bien au volet de son action relatif à la mémoire des armées. Ce type de projet doit pouvoir faire l’objet d’un partenariat . Il contribue en outre à l’identification et la crédibilité de l’ASAFRANCE au plan local. Le Général de La Presle a ensuite fait le point


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sur le Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie qui sera présidée par M. Bébear. Dans un contexte budgétaire difficile, les Gueules cassées ont accepté de participer au financement de cette association aux côtés du Souvenir français et de la Fédération Maginot. Mais ces associations qui auront donc 6 administrateurs disposeront d’une capacité réelle d’influer pour contribuer à instaurer la vérité. La FNACA n’est pas impliquée dans ce processus. Le général a également annoncé la publication prochaine des carnets du caporal Jacques Bardet, tué à Toulon en 1944. Ce document qui est particulièrement représentatif d’un jeune homme du peuple qui a donné sa vie pour la France, a une histoire mouvementée qui a abouti à son envoi postal au général Delaunay. L’ASAFRANCE a décidé de s’engager dans la promotion de cet ouvrage qui, par l’exemple de ce jeune Français, s’inscrit pleinement dans la volonté de faire découvrir et partager avec les plus jeunes générations la notion de combat et d’acceptation du sacrifice. Le général Faivre a présenté l’ouvrage Roger Vétillard sur les événements de Sétif en 1945. Ce chirurgien de Toulouse a mis sept ans pour bâtir son ouvrage qui fait maintenant autorité. Il a ensuite présenté en contre point 3 autres ouvrages sur l’Algérie qui n’ont pas du tout le même sérieux en citant pour chacun des erreurs historiques graves. Le général Bourgninaud a présenté le site ASAFRANCE en donnant quelques consignes pour son utilisation, notamment pour les délégués dont la partie réservée sera encore développée cet été. Les statistiques sont très encourageantes : 600 connections en février, 1800 en mars, 3000 en avril et déjà 600 pour les 5 premiers jours de mai.

Le général de Noray a ensuite fait un exposé très instructif sur le renseignement d’intérêt militaire en rappelant au passage quelques évènements historiques déterminés par le renseignement. La séance a été levée à 17 heures. Rapport moral (2009) du Président 2009 a été marquée par le décès du Général GILLIS en décembre 2009 qui clôt une présidence de 10 ans que tous s’accordent à juger d’une grande richesse. 2009 est donc une année charnière pour l’ASAFRANCE avec : - l’intérim assuré par le général H de COINTET pendant l’indisponibilité du général. GILLIS - l’élection en juin 2009 du nouveau président par le CA du 25 juin et la validation lors de l’AG du 22 octobre 2009. Au cours de l’AG du 22 octobre, je vous ai présenté mon appréciation personnelle de la situation et des défis à relever : u Evaluation de la situation : risques liés à l’ignorance, l’indifférence, l’incompréhension de la chose militaire, la désinformation, voire les insultes, u Objectifs : Constituer un groupe de citoyens puissant agissant pour que l’armée reste au cœur de la nation (Etat et population). Il s’agit donc d’agir au sein de la nation. Ce n’est en aucun cas une démarche visant à défendre des intérêts catégoriels. Notre action s’inscrit sans ambiguïté dans le service de l’intérêt supérieur du pays, loin des querelles politiciennes et partisanes. u Axes d’efforts (projet 2009-2010) : • renforcement et renouvellement du réseau ASAFRANCE (coordinateurs régionaux, délégués départementaux, bureau)


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• moyens de communication (lettres, site, bulletin, dépliants) • communication orientée en priorité sur l’ASAFRANCE pour qu’elle soit identifiée dans et hors des armées • les armées : spécificités, capacités, transformations, difficultés... • la mémoire combattante: combats de 1940, Résistance militaire, s’opposer à toute entreprise de désinformation concernant l’histoire militaire française - Arrivée de nouveaux membres au conseil d’administration - Arrivée de l’ADC (ER) BORDES au Secrétariat de l’ASAFRANCE le 4 novembre 2009 Le bulletin 85 fin décembre 2009 annonce et amorce l’inflexion dans l’action de l’ASAFRANCE. Rapport d’activités (2009) Depuis l’AG d’octobre, Paris a agi dans différents domaines : - Réunions statutaires • AG le 22 octobre 2009 • 2 CA : le 25 juin et le 5 décembre 2009 - Production u 2 bulletins (rythme semestriel) u 7 lettres de l’ASAFRANCE en 5 mois • L’impact des mots • Les chiffres et les faits, • Formation et entraînement • Honorer les morts, devoir des vivants • Afghanistan, la vérité, • Le politique, le juge et le soldat • Soutenir l’armée et servir la France u 1 interview (voix du combattant) u articles (KOSOVO et sur le 19 mars) - Diffusion accrue (fichiers), articles parus dans la voix du combattant et dans certaines revues (Gueules cassées) et bulletins d’associations (ANOCR, IHEDN, …) - Déplacements du président le 26 novem-

bre à la délégation de Tours (AG et conférence sur la privatisation de la guerre) et le 11 décembre à la délégation de Vannes (conférences sur l’Afghanistan) - Equipement informatique du bureau (achat de 3 ordinateurs pour le siège de Paris) Rapport financier (2009) 1- Compte d’exploitation : - Recettes : 36 547,31 € u Cotisations 25 554,50 € u Dons : 5 439, 00€ u Soutien financier : 3 915,49 € u Remboursements repas AG : 700,00€ - Dépenses : 44 362,86 € u Délégation : 3 727,00 € u Locaux 4 000,00 € u Frais de bureau 13 022,73 € u Bulletin : 6 486,62 € u AG et actions diverses: 8 792,44 € u Autres dépenses de fonctionnement : 8 065,66 € - Déficit 7 815,55 € - Cotisations 2009 en attente de règlement au 31/12/2009 : 9 033,00 € 2- Bilan au 31/12/2009 • CCP, SICAV et Livret A = 82 864, € 3- Conséquences et perspectives pour 2010 En 2010, les dépenses de l’association vont augmenter : 4 bulletins, dépliants, site internet, nouvelles délégations départementales actions locales. Dispositions prises : - règlement des cotisations pour le 30 septembre 2010 ; - augmenter le nombre d’adhérents ; - rechercher des partenariats locaux pour développer nos actions locales ; - rechercher des annonceurs.


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LISTE DES DÉLÉGUÉS ET CORRESPONDANTS LISTE DES DÉLÉGUÉS ET CORRESPONDANTS N° Nom et Adresse postale départ 01 03 04 06 08

GONGUET André Le Chalet Cerveyrieu 01510 ARTEMARE ATIAS Robert 35, avenue Thermale 03200 VICHY BARRET Maurice 1, rue Maldonnat 04000 DIGNE LES BAINS COUCHOUD Jean-François Villa Isabelle-16, rue Cafarelli 06000 NICE de POUILLY Antoine 08250 CORNAY

09-12 MILLET Claude 31-32 25, rue Montaigne 82 92800 PUREAUX MATTHEYS Francis 11 32, rue des Potiers 11400 CASTELNAUDARY CHAPAPRIA Marcel 223, rue Saint Pierre 13 13005 MARSEILLE GARD Georges 15, rue des Dames 15 15000 AURILLAC RODRIGUEZ Claude 16 26, rue de l’Union 16600 RUELLE sur TOUVRE HUIGNEZ Gilbert 17-79 30, rue du Gros Sillon 17290 CHAMBON BAGOU Germain 74, rue François Coillard 18000 BOURGES COMTE Gérard Villa "Faï Souléou" 20 Cité Jardin Comte 20200 VILLE DE PIETRABUGNO BOIZARD Pierre 21 4, allée des Pampres 21121 FONTAINE LES DIJON HUDAULT François 22 Le Chauchix Maroue 22 400 LAMBALLE LE SOLLEU Claude 24 29, rue de la Gravière - St Cybard 24520 MOULEYDIER VIART Jacques 25-39 1, rue de la Cassotte 70-90 25000 BESANCON BOEUF-GAYMARD Michel 26 Villa Régina - 19, rue des Antignans 26110 NYONS CLAUSSE Michel 30 39, rue du Mail 30129 MANDUEL 18

Titre

Téléphone

04 79 87 32 39

Adresse électronique andre.gonguet@free.fr

Délégués Correspondants Délégué Ain

Lieutenant Colonel

04 70 97 87 90

Général

04 92 31 11 66

Colonel (H)

04 93 44 20 14

Couchoud@hotmail.com

Général

03 24 30 57 26 Fax : 03 24 30 79 51

antoine.de.pouilly@tele2.fr

Correspondant Ardennes

Chef de bataillon

01 47 78 42 43

claudemillet@consultant.com

Délégué Midi -Tolosain

robert.atias@orange.fr

Chef de bataillon

04 71 43 51 42

Ingénieur général de l’Armement

05 45 65 45 31

asafbdr@neuf.fr

02 48 24 27 74

Délégué Bouches du Rhône Correspondant Cantal

jeanmichel.bouet@free.fr

Délégué Charente Délégué Charente Mme Deux Sèvres

05 46 68 95 74 LieutenantColonel

Correspondant Alpes Hte Provence Délégué Alpes Maritimes

Délégué Aude

04 68 23 44 65 04 91 92 30 30

Correspondant Allier

Bagougermain@free.fr

Délégué Cher Correspondant Haute - Corse

04 95 31 07 04

Colonel

03 80 56 88 23

paa.boaz@club-internet.fr

Délégué Côte d’Or

Général

02 96 50 95 10

Francois.hudault@free.fr

Délégué Côtes d’Armor Délégué Dordogne

05 53 57 07 32 03 81 50 99 52

jtraiv@aol.com

Délégué Franche - Comté

Colonel

04 75 26 23 86

hic.boeufm@wanadoo.fr

Correspondant Drôme

Capitaine

04 66 20 21 93

claussemichel@free.fr

Correspondant Gard


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33

34 37

38

40

41

SARRE Jean-Marie 36, Route Royale - St Pardon 33870 VAYRES DEMACON Jean Résidence « Le Fragonard » 70 chemin des Moulares 34070 MONTPELLIER GROSCLAUDE Serge 4, rue de Ballan 37000 TOURS BOLLON Henri 3, avenue du Général Champon 38000 GRENOBLE BOTTI Joseph 225, rue Victor Hugo 40700 HAGETMAU DUVIVIER Jean-Pierre "La Croix des Vignes" 41160 LIGNIERES

Capitaine de Police

05 57 74 70 13

Lieutenant Colonel

04 67 64 42 68

demaconjf@orange.fr

Délégué Hérault

02 47 38 67 02

serge.grosclaude@wanadoo.fr

Délégué Indre & Loire

Sous-Préfet (ER)

Capitaine

Général

NICAUD André 27, rue de la Côte Sibertière 42-27 42650 SAINT JEAN de BONNEFONDS 43

44

BREUILLER Bernard 20 avenue Mal Foch – BP 221 43006 LE PUY en VELAY HUBERT Georges 11, rue Jacquelin 44300 NANTES

45

LAMBERT François-Marie 1990 rue Nationale 45770 SARAN

46

MILLET Didier "Le Bastit" - 46350 PAYRAC

52

TEBIB Roger 8, rue du Bois Rollin 52000 CHAUMONT

Professeur d’université

54

BITSCH Daniel 67, rue de la Libération - 54520 LAXOU

Chirurgien Dentiste Col (H)

55

PIERSON Xavier 7, rue du Calvaire 55160 LES EPARGES

56

57

59 63 64

Chef de bataillon

Délégué Gironde

04 76 87 77 06

Correspondant Isère

05 58 79 41 34

Correspondant Landes

02 54 23 41 05

duvivier.jp@wanadoo.fr

Correspondant Loir & Cher

04 77 95 07 65

andre-nicaud@orange.fr

Délégué Loire

Tél / Fax : 04 71 02 61 62

Correspondant Haute - Loire

02 40 40 73 46

Correspondant Loire Atlantique

02 38 73 19 65

f.m.lambert@wanadoo.fr

Délégué Loiret

05 65 37 85 53

asaf.lot.aveyron@wanadoo.fr

Correspondant Lot

rogertebib@wanadoo.fr

Correspondant Haute Marne

03 25 03 10 36

Correspondant Meurthe et Moselle

03 83 40 35 14 Fax : 0383903764

Colonel

03 29 80 88 21

secretariat.direction @memorial-verdun.fr

Délégué Meuse

THEVENON Bruno 13, résidence Avel Moor 56250 Saint-Nolff

Général (2S)

02 97 45 49 67 06 60 42 52 73

brunthev@yahoo.fr

Délégué Morbihan

VIDEMONT Jean-François 12, rue de l’Abbaye 57535 MORANGE-SILVANGE

Ingénieur sidérurgiste

03 87 80 43 33 06 80 62 10 71

bernpetit@modulonet.fr

Délégué Moselle

Capitaine de Frégate

03 20 57 63 22

Colonel

04 73 35 91 95

LUSSIEN-MAISONNEUVE Christian 19, rue des Stations 59800 LILLE DRUILHE Alain Résidence Le Régina-BtB-Appt 20 15 boulevard Barrieu - 63130 ROYAT d'ARCANGUES Bernard 1, avenue Kennedy 64200 BIARRITZ

05 59 23 54 98

Correspondant Nord Valerie.comelato@orange.fr bernard.arcangues@numéricable.fr

Correspondant Puy de Dôme Correspondant Pyrénées Atlantique


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65

MASLIES Louis 65500 SAINT LEZER

OGIER Jacques 19, rue Lt Gilles 66330 CABESTANY FONTANIE Michel 67 18, rue Prosper Mérimée 67100 STRASBOURG HUTHER Pierre 28, rue de Flaxlanden 68 68730 MARSHWILLER le BAS THEYNARD Paul 69 6, rue Sébastien Gryphe 69007 LYON MULLER Julien-Gustave 18, rue des Jacquots 71 71370 ST GERMAIN DU PLAIN ROTH Jean-Michel 74 8, rue du Chablais 74200 THONON SCHAEFER Jean-Pierre 113, rue du Général Leclerc 78 78 400 CHATOU WAXIN Jean 76-27 Avenue Desiré Granet 76800 SAINT ETIENNE DU ROUVRAY CALASTRENG Bernard 73, vieille route de la Caulie 81 81100 CASTRES PEYRE Jean-Marie 83 767, Chemin de St Pons occidental 83550 VIDAUBAN ROUSSET Gilles 94, avenue Mal Joffre - BP 105 84 84303 CAVAILLON Cedex HELLIO Maurice 85 23a, Square F.Clouet 85300 CHALLANS PAGE Georges 86 La Placherie 86340 LES ROCHES-PREMARIE 66

88

VICHARD René-Paul 207, Le Village la Bourgonce 88470 SAINT MICHEL/MEURTHE

Lieutenant Colonel

05 62 96 76 01

Chef de Bataillon

Tél / Fax : 04 68 66 93 50

Correspondant Hautes Pyrénées jomlz@libertysurf.fr

Tél : 03 88 79 96 79

Correspondant Pyrénées Orientales Correspondant Bas-Rhin

Fax : 0388404051

Colonel

Tél / Fax : 03 89 42 06 78

Correspondant Haut Rhin

Colonel

04 78 58 26 33

Délégué Rhône

Tél / Fax : 03 85 47 40 51

muller.denise.julien@wanadoo.fr

Correspondant Haute Savoie

04 50 71 44 50 06 80 84 32 60 Lieutenant Colonel

02 35 65 12 21

Colonel

05 63 51 36 70

jp.schaefer@free.fr

Tél : 04 90 71 50 46

calastreng@aol.com

gillesrousset@orange.fr

Lieutenant Colonel

Délégué Vaucluse Correspondant Vendée

06 14 84 00 45 04 49 42 52 45

Délégué Tarn Délégué Var

Fax :0490710843

Lieutenant

Délégué Yvelines Délégué Seine Maritime + Eure

04 94 73 55 04 06 13 25 60 22 Notaire

Correspondant Saône et Loire

r.v88@wanadoo.fr

03 29 58 34 85

Délégué Vienne Correspondant Vosges

Les adhérents habitant un département pourvu d’un DELEGUE, doivent lui régler leur cotisation annuelle APPEL AUX ADHERENTS 32 départements sont dépourvus de représentants de l’ASAFRANCE : 02, 05, 07, 10, 14, 16, 19, 2A, 23, 27, 28, 29, 31, 32, 35, 36, 47, 48, 49, 50, 51, 53, 58, 60, 61, 62, 72, 73, 80, 87, 89, 90. 9 responsables de départements cherchent un successeur : 15, 21, 25, 39, 44, 64, 70, 84, 86. Toutes personnes susceptibles de trouver quelqu’un pour assurer cette représentation, sont priées de le faire savoir au Délégué National qui leur en est déjà très reconnaissant.


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FICHE DE RENSEIGNEMENTS (à découper et à nous retourner à l’ASAFRANCE)

Les renseignements demandés ci-dessous ont pour but de mieux connaître les membres de l’ASAFRANCE et permettront d’améliorer la capacité d’action de l’ASAFRANCE. Ils ne seront pas communiqués sans accord préalable des intéressés. Tous les renseignements sont à écrire en lettres capitales pour éviter les erreurs. Merci. M., Mme, Melle (rayer les mentions inutiles) Nom : .................................................................................................................... Prénom : ................................................................................................................ Année de naissance : .............................................................................................. Profession actuelle : ................................................................................................. Profession antérieure (si retraité) :............................................................................. Membre d’associations (à préciser) : ........................................................................ ............................................................................................................................. Adresse postale (en capitales) : N° ........................................................................... ............................................................................................................................. Code postal : .......................................................................................................... Ville : ..................................................................................................................... Adresse internet : .................................................................................................... Téléphone fixe : ...................................................................................................... Mobile : ................................................................................................................. Fax : ......................................................................................................................

Questionnaire 1- Que pensez-vous du bulletin ASAFRANCE « nouvelle formule » ? 2- Quelles sont les rubriques qui sont les plus intéressantes ? 3- Quels sont les sujets que vous souhaitez voir traiter dans le bulletin ? 4- Allez-vous régulièrement sur le site : www.asafrance.fr ? 1/jour

1/semaine

jamais

5- Relayez-vous les informations ASAFRANCE vers :

10 personnes

50 personnes

100 personnes

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ASAF-Bulletin 87- juin 2010:Mise en page 1 30/06/10 14:49 Page48

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ASAF - couves 2-3:Mise en page 1 05/07/10 09:58 Page1

HOMMAGE : LE GÉNÉRAL MARCEL BIGEARD Un officier qui reste un « modèle » pour l'armée d'aujourd'hui Dans l'armée de terre de 2010, Marcel BIGEARD reste un exemple, un modèle pour les jeunes officiers. - S'ils savent que les temps ont changé, ils respectent aussi le parcours exceptionnel de ce fils de cheminot, employé de banque à 15 ans, qui s'est hissé à la force du poignet, par son courage et à sa ténacité, au plus haut niveau de l'armée française. Si le général BIGEARD a pu franchir ces marches, c'est grâce aux circonstances - vingt ans de guerre - mais aussi par son « incroyable rayonnement ». « Il incarnait toutes les grandes valeurs du soldat : l'engagement, la volonté et enfin le charisme qui lui permettait de galvaniser ses troupes derrière lui. C'est aussi un homme qui a d'abord et toujours été au service de son pays », commente le colonel Benoît ROYAL, qui dirige le Sirpa Terre. Héros de presque tous les conflits dans lesquels la France a combattu depuis la Seconde Guerre mondiale, militaire le plus décoré de France, il n'était pas seulement apprécié pour ses exploits mais également pour sa « chaleur humaine ». « BIGEARD a toujours eu le souci de ses soldats, dont il était très proche. Il se situe un peu dans la tradition d'un LYAUTEY. Ceux qui l'ont servi tentaient de s'identifier à lui. Son franc-parler et l'intérêt qu'il portait à l'autre l'ont toujours distingué », se souvient un officier général qui l'a bien connu. Un praticien de la guerre révolutionnaire Mais, pour les terriens, le général BIGEARD « assure surtout la jointure entre l'armée d'hier et celle d'aujourd'hui. Il incarne un type d'engagement résolument moderne ». C'est

parmi les parachutistes, son corps d'origine, qu'il force le plus le respect. « BIGEARD, c'est l'officier para par excellence. Il a su utiliser au mieux cet outil particulier dans toute sa complexité (hélicoptères, mise à terre par assaut, opérations nocturnes...) », commente l'un de ses pairs. Le général qui a sauté sur Dîen Bîen Phu et a été au cœur de la bataille d'Alger inspire toujours, selon lui, l'action des parachutistes. « BIGEARD a su imposer des solutions hors du commun pour résoudre des difficultés dont l’ampleur le dépassait. Dans les unités de paras, où il faut être vif et efficace, savoir agir dans l'immédiat, il est toujours considéré comme un élément référent », poursuit-il. Aujourd'hui, les circonstances ne sont plus les mêmes puisque les rares guerres que livre la France sont éloignées et limitées dans le temps. Mais alors que le général PÉTRAEUS, patron du Commandement central américain et artisan du récent « redressement » irakien, tente d'appliquer les méthodes de la contre-insurrection à l'Afghanistan, beaucoup se souviennent qu'à défaut d'en avoir été un théoricien, comme TRINQUIER ou GALULA, BIGEARD fut un praticien de la « guerre révolutionnaire », qu'il a côtoyée en Indochine et en Algérie. En faisant de la population l'enjeu principal de la guérilla et en occupant au maximum le terrain, la France avait réussi, en Algérie, à venir à bout, au moins militairement, de la rébellion. Des leçons qui peuvent encore servir aujourd'hui, alors que l'armée française se demande, à l'instar des forces britanniques et américaines, comment vaincre dans les guerres contemporaines. Isabelle LASSERRE, Le Figaro

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QUI SOMMES-NOUS ?

QUE FAISONS-NOUS ?

Créée en 1983, l’Association de Soutien à l’Armée Française (ASAFRANCE) regroupe tous les citoyens qui estiment que l’Armée doit rester au cœur des Français et une priorité pour l’Etat. Elle se fixe comme objectifs de : - défendre l’honneur de l’Armée, - soutenir ceux qui ont combattu et combattent pour la France, sensibiliser les citoyens aux questions militaires, - participer au devoir de mémoire et de solidarité.

L’ASAFRANCE propose gratuitement, par voie électronique des lettres d’informations sur des sujets d’actualité ou historiques : - aux responsables politiques et économiques, - aux institutionnels, aux médias et aux relais d’opinion, - aux citoyens français et européens.

Indépendante de tout pouvoir, sans caractère politique ou syndical, l’ASAFRANCE regroupe 2 000 adhérents dont 300 associations. Elle représente plusieurs centaines de milliers de Français.

Ces documents sont rédigés en toute liberté et sans polémique par des experts conscients de servir l’intérêt national. L’ASAFRANCE conduit diverses actions de sensibilisation des citoyens. Elle diffuse à ses adhérents un bulletin qui les tient informés de ses activités.

“Soutenir l’Armée, c’est renforcer la France et son image dans le monde.”

A SSOCIATION S OUTIEN A RMÉE F RANÇAISE DE

À L’

ASAFRANCE

Contact : Adresse : 18 rue de Vézelay, 75008 PARIS Tél/Fax : 01 42 25 48 43 Email : secretariat@asafrance.fr Site : www.asafrance.fr

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Mémoire et Vérité

Bulletin n° 87

Eté 2010

30/06/10 16:31

Bulletin ASAF N° 87  

La vie de l'Amicale des Anciens de la Légion Etrangère de Montpellier et Environs...

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