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LE JOURNAL DE L’AALEME

Le Journal de l’AALEME LEGIO PATRIA NOSTRA 34

Numéro 2/99

Mois de juin 1999

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AMICALE des ANCIENS de la LEGION ETRANGERE de MONTPELLIER et Environs Adresse Postale : Siège et réunion :

- AALEME, BP 26, 34920 LE CRES - Maison du Combattant à Castelnau le Lez, Square du Capitaine Danjou (face à la Mairie) Réunion de l'amicale : - le 1er vendredi du mois, à 20 heures, (sauf Juillet /Août)  (aux heures de réunion) : 04 67 04 01 64 ATTENTION : Le Siège et l’adresse postale de l’Amicale sont différents. Adressez votre courrier à l’adresse postale BP 26, 34920 LE CRES.

Dans ce numéro : PAGE 2

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Résumé - renseignements sur l’Amicale

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Le mot du président

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Compte rendu de la cérémonie de la célébration du 136ème anniversaire du combat de CAMERONE. Reportage photographique de la journée de CAMERONE.

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Ordre du Jour n° 3 du 2° R.E.I.

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Légionnaires convoyeurs d’or. Récit du lieutenant colonel Ph. FELIP. La vie de l’Amicale - activités de l’Amicale - carnet blanc - rose noir – divers . Communiqué – Rectificatif inscriptions drapeau du 1° REC CAMERONE au caveau dans le cimetière de PEROLS. Section des Anciens de la Légion Etrangère des Hauts Cantons.

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De 5 à 6 7 De 8 à 12

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LEGIO PATRIA NOSTRA 34 Publication trimestrielle Directeur de la publication : Georges LANNUQUE, Rédacteur - mise en page Martin EBERT - Imprimerie : Technic Repro Avenue du Marché Gare, Montpellier - Édition juin 99 - n° 2/99, Prix au n° 20F. , abonnement 1 an : 60 F

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Jamais garde de Roi, d’Empereur, d’Autocrate de Pape ou sultan. Jamais nul Régiment chamarré d’or drapé d’Azur ou d’Ecarlate. N’alla d’un air plus mâle et plus superbement.’’

Cher ami, Après avoir déposé une gerbe sur son caveau dans le cimetière de Pérols le 2 mai écoulé, ème l’Amicale commémorait le 136 anniversaire du combat de CAMERONE. Place Capitaine DANJOU à Castelnau le Lez, devant 300 personnes et 36 drapeaux, le président saluait et remerciait tous les participants à cette cérémonie, les autorités civiles et militaires, les représentants de Monsieur le Préfet de Région, de Monsieur le Général BOUARD, Commandant l’E.A.I., Messieurs les présidents des Conseils Régionaux et Généraux, Messieurs les Maires, et les présidents d’association avec leur porte drapeau. C’est en présence du colonel SARRABERE, président d’honneur, du capitaine BUTZ, représentant Monsieur le colonel BONTOUX, Commandant le 2° R.E.I. et après lecture du récit du combat de CAMERONE par Paul BATTUT, que la cérémonie se déroula dans la plus parfaite ambiance et tradition Légion.(C.R. de cérémonie page 4) Ce même jour l’Amicale fêtait ses 25 années d’existence. C’était en mai 1974 que notre « Ancien » très regretté François SIMON déposait les statuts de l’Amicale à la Préfecture de Montpellier. Des certificats de reconnaissance furent remis à ceux qui adhérèrent cette même année avec François SIMON. Ils étaient 15, ils restent 9. La première personne honorée fut Marie Rose SIMON, la veuve de François, toujours fidèle à l’Amicale. Avec son certificat le président lui offert un bouquet avant de remettre le même document à Martin EBERT. Furent également remis des certificats : Par le vice-président Horst SEIDEL à Henry RENAUX, par le lt-colonel Philippe FELIP au medecin-colonel Edmond LAGARDE et à Maurice MAGGIA.

Seront aussi honorés 4 de nos amis absents pour différents motifs afférents à leur santé : Guiseppe CICCAGNA, J.Pascal ANTOLIN, Frédéric DOGE et Antoine SANTAMARIA. C’est bien grâce à ces pionniers que nous devons l’existence de notre belle Amicale, qui, il faut le dire, est reconnue de tous pour sa très bonne et belle tenue. Un grand merci à ces « Anciens ». Ensuite trois diplômes furent décernés : Par le président à Frédéric HOFFMANN, Président honoraire de l’Amicale. Président en 1989-1990-1991. Par le président d’honneur à Gabrielle BOZONNET, cantinière de l’Amicale 25 années durant. Par le trésorier à Angèle SEIDEL, boutiquière confirmée de l’Amicale. A SAVOIR : Epouse de notre viceprésident Horst SEIDEL ( ce qui n’est pas rien) Le tout se termina autour d’un champagne bien frappé, offert par l’amicale grâce à la bonne gestion de nos finances par notre trésorier Paul BATTUT et son fidèle adjoint Frédéric HOFFMANN. Ajoutons aussi : La présence d’une délégation de l’Amicale des Anciens Légionnaires de Landau (RFA), conduite par notre ami Johann WALLISCH, figure bien connue dans notre grande famille Légion. Ce journal est bien entendu consacré à notre cérémonie de CAMERONE, mais pensez à notre prochaine sortie. Ce sera dimanche 20 juin dans le parc ROBERT au CRES : NOTRE MECHOUI ANNUEL. En attendant ce jour, recevez tous l’expression de mes sentiments dévoués et amicaux légionnaires. Vive la Légion. Georges LANNUQUE


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Compte rendu de la cérémonie de la célébration du 136ème anniversaire du combat de CAMERONE Après avoir déposé une gerbe sur son caveau dans le cimetière de PEROLS, l’Amicale des Anciens de la Légion Etrangère de MONTPELLIER et de ses environs se regroupa à CASTELNAU le LEZ pour la célébration du 136ème anniversaire de CAMERONE. C’est devant une assistance de plusieurs centaines de personnes et derrière 36 drapeaux dont quatre des Amicales voisines, celle de SETE avec son président G.SCHURMANN, BEZIERS avec R.BARON, les Hauts Cantons avec S. FURMETZ, enfin celui de l’Amicale de NIMES avec son porte drapeau K.BERNDT, que les membres de l’Amicale se rendirent en chantant jusqu’à la stèle du capitaine DANJOU. Le président Georges LANNUQUE salua les participants et remercia les autorités civiles, militaires et leurs représentants, notamment : Monsieur le Préfet de Région, Monsieur le D.M.D., les Présidents des Conseils Régionaux et Généraux, les Maires et les présidents d’association avec leur porte drapeau. Après le salut aux couleurs, le président demanda au capitaine BUTZ, représentant Monsieur le colonel BONTOUX, commandant le 2ème R.E.I., de bien vouloir lire l’ordre du jour de son chef de corps, « écouté religieusement » et apprécié de tous. Ensuite, c’est « l’ancien » Paul BATTUT, qui lut le récit du combat de CAMERONE. Après le dépôt de trois gerbes et les sonneries traditionnelles, un vin d’honneur nous fut servi dans les salons de la mairie où Monsieur Jean Pierre GRAND, Maire de la commune nous reçut avec son amabilité habituelle. Un repas BOUDIN PUREE servi aux 195 participants clôtura cette journée de haute tenue.

L’A.A.L.E.M.E. citée dans la presse locale (Midi Libre)


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Lecture par le capitaine BUTZ, représentant le ème colonel BONTOUX, commandant le 2 REI, de l’ordre du jour de son chef de corps.

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Derrière les 36 drapeaux les membres de l’Amicale se rendent en chantant jusqu’à la stèle du capitaine DANJOU.

Les « ANCIENS » à l’honneur.

Le médecin-colonel Edmond LAGARDE et son épouse. C’est des mains du colonel Philippe FELIP qu’il reçut son diplôme de reconnaissance. Sur la photo de droite à gauche : col. DOULS, col .LAGARDE et son épouse, col. FELIP, col. SARRABERE, a/c EBERT.


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Le sourire radieux de Marie Rose SIMON recevant des mains du président LANNUQUE le diplôme de reconnaissance, en présence du colonel SARRABERE et de Monsieur BATTUT.

Les honorés et leurs parrains


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Ordre du jour n° 3 du colonel BONTOUX, Commandant le 2° R.E.I. Lu par le capitaine BUTZ à la cérémonie de CAMERONE le 2 mai 99 de l’AALEME

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Par le Lieutenant – Colonel Ph. FELIP.

Il ne faut pas chercher dans ce récit un fait d’armes, mais tout simplement une mission singulière au crédit de la Légion, alors que celle-ci se trouvait à cette époque dans une situation ambiguë.

Lors de mon engagement à la Légion, le 5 avril 1939 à Vernet d’Ariège, j’étais bien loin d’imaginer qu’une de mes premières missions importantes que je devais accomplir comme caporal, serait celle de convoyer une petite partie de la réserve d’or de la Banque de France. Les très anciens Légionnaires ont connu le cheminement et méandres du parcours d’alors, avant affectation dans une unité constituée. De tous points de l’Hexagone, l’azimut « magnétique » était : le Fort Saint-Jean à Marseille, puis le petit Dépôt d’Oran et, enfin, l’incontournable musée de notre vénérable maison, où suivant l’heure d’arrivée, la visite commentée ne se terminait que fort tard dans la nuit, sinon au premières heures du matin. Après toutes les démarches administratives, c’était la compagnie d’instruction. En ce qui me concerne cela avait été EL ARICHA. Coin perdu s’il en fut, situé à 1200 mètres d’altitude et à 145 kilomètres au sud sud-ouest de BEL-ABBES. L’état d’âme des nouveaux engagés lors du premier contact avec la Légion était très différent selon qu’il s’agissait d’éléments ayant déjà fait connaissance avec les armes et ceux n’ayant aucune expérience dans la matière et encore moins en ce qui concerne la discipline.

L’instruction fut sévère sur ce plateau dénudé, ingrat et loin de tout ; le sport et le maniement d’armes se succédaient à un rythme soutenu, couplés avec l’entraînement à l’ordre serré, ainsi que les tests à l’effort, à la soif, au contrôle de soi-même, à la vie en collectivité et au respect de chacun. Mon chef de section était le lieutenant de SERIGNE, dur pour les futurs Légionnaires, mais également, sinon plus, pour lui-même. De toutes façons, juste. Bien que sortant de l’adolescence mais déjà expérimenté par deux ans de guerre civile en Espagne, j’ai « épié » ce jeune officier pendant les six mois que durait l’instruction est c’est certainement grâce à son contact, que je me suis pris à rêver de devenir un jour moi-même officier. A l’issue de l’instruction, je fus affecté fin novembre 1939, à la 66ème compagnie stationnée à COLOMB-BECHAR, devenue plus tard 10ème compagnie mixte, semi-montée. Cette unité était réputée « tranquille ». Chacun vaquait à son travail, qui à l’intérieur du quartier, qui dans le jardin potager de la compagnie situé dans la palmeraie où il avait également un élevage de cochons. Ceci permettait une amélioration sensible de l’ordinaire sans oublier, bien entendu, le boudin.


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A mon arrivée je fus désigné pour occuper un emploi de bureau et préposé à la tenue du registre de la solde des légionnaires de la compagnie. Le Légionnaire CADIOU, ancien officier de la Royale (Belge de Bretagne), m’initia non seulement à ce travail, mais il se mit dans la tête de me faire ingurgiter la langue de Molière, dans les délais les plus brefs. Par ailleurs, il fut pour moi un guide bienveillant, toujours prêt à endosser les petites fautes que je pouvais commettre dans l’exercice de mes fonctions. Je le remercie ici de l’aide qu’il m’apporta. La 66ème compagnie était commandée par le capitaine FORT, le lieutenant des FONTAINES était son adjoint. Après avoir suivi le peloton n° 1 à SIDI-BELABBES, je fus nommé caporal à compter du 1er juin 1941. J’avais vingt ans. Dès mon retour à la 66ème compagnie, j’ai repris mon emploi au bureau, où j’ai retrouvé mon registre de solde. Celui-ci comportait six colonnes : Noms et prénoms, matricules, montant de la solde, montant du crédit au foyer, le solde et la signature. Il faut préciser que la plupart de nos grands anciens, du moins ceux stationnés dans ces contrées du SudAlgerien, ne percevaient jamais de numéraire, car le crédit consenti par le foyer était égal à la solde de la quinzaine. Le foyer offrait peu de choses : Vin, cigarettes, tabac, papier à cigarettes, dentifrice, cirage et le « miror », produit destiné à faire briller les boutons des vareuses. La bière n’était pas du tout appréciée par nos anciens, peut-être parce que les moyens frigorifiques étaient inexistants au foyer. La vie de compagnie se déroulait normalement, partagée entre travail quotidien et l’instruction, qui était surtout axée sur le tir. A deux ou trois reprises seulement la monotonie fut interrompue par des tournées de police dans le Sud de COLOMB-BECHAR, mais surtout, par une intervention musclée dans le site des mines de houille de KENADZA à la suite d’une révolte des mineurs où les ingénieurs avaient été victimes d’exactions. Le 12 octobre 1941, au matin, j’ai du inscrire sur un registre annexe 150 noms de tirailleurs sénégalais afin de les prendre en subsistance. Le bruit courait qu’ils venaient de très loin et avaient convoyé un chargement très important composé de caisses cerclées d’un poids d’environ de 35 kilos. Le secret ne dura pas longtemps : Il s’agissait d’or. Dans l’après-midi je fus appelé au bureau de l’adjudant de compagnie où se trouvaient déjà le sergent SCHMIELOWSKI, le caporal LIARTE, ainsi que 14 Légionnaires, entre autres : ARAMBURU, FERNANDEZ, GUI, AYCAR, BLAS et peut-être même NIZZOLA, César

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Napoléon (figure du 2ème REI, par la suite officier de la Légion d’honneur). Nous devions préparer sans plus tarder notre paquetage dans « l’As de carreau » qui devait comporter une tenue de sortie d’hiver une tenue d’été avec bandes molletières, chaussettes neuves, linge de corps etc.., en vue d’une mission d’une durée de huit jours dans une grande ville. L’imagination fertile et vagabonde du légionnaire mise rapidement en appétit, les hypothèses allèrent bon train en fin d’après-midi et durant la nuit qui fut très courte. De l’or ? Combien ? D’où venait-il ? Le transporter comment ? Et ou ? Les optimistes étaient convaincus d’aller jusqu’en Métropole, mais les plus réalistes jugèrent que cela était improbable du fait des hostilités. Le bouteillon cuisine, classe A1 tenta de nous édifier. Cet or provenait des îles ? La REUNION ? La MARTINIQUE ? La GUADELOUPE ? Ou même DAKAR ? Peut-être des quatre endroits conjointement ? Ce pactole, mis à l’abri dès le début du conflit de 1939 devait être rapatrié quelque part en Afrique du Nord, suivant les directives du Gouvernement de la France. Quel itinéraire avant l’arrivée à COLOMB-BECHAR ? Chacun de nous avait trouvé le meilleur, mais les hypothèques les plus vraisemblables pouvaient être : 1°) Après les îles, débarquement au DAHOMEY, GAYA ou NIAMEY, puis jusqu’à BOUREN par le NIGER et enfin la piste automobile Transsaharienne : BIDON V, ADRAR, BENIABBES, COLOMB-BECHAR. Soit un total de 3400 kilomètres. 2°) DAKAR, ATAR, FORT GOURAUD, FORT TRINQUET, TINDOUF, COLOMBECHAR, totalisant environ 2700 kilomètres. (Ce dernier exigeant l’emploi de Dromadaires). Comment savoir ? Nous n’étions pas dans le secret des dieux. Cependant, c’était sûr, il y avait des dromadaires dans le coup. Une centaine, peutêtre plus ? Si nous admettions cette dernière solution et sachant qu’un dromadaire peut être chargé à 200 kilos, cela faisait un beau tonnage et un périple digne d’admiration. Le réveil eut lieu dès potron-minet du 13 octobre. Petit déjeuner vite avalé, puis perception des armes et des munitions : Revolver pour le sergent, mousqueton pour les caporaux et 86/93 pour les légionnaires. (Les 86/93 pouvaient contenir 10 cartouches dans le fut-magasin). Une unité de feu de 50 cartouches par arme. (Paquets de deux lames chargeur pleines pour chacun, enveloppées et protégées dans la toile de jute dûment cousue). Pas de 24/29, donc mission supposé tranquille.


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Le caporal d’ordinaire nous avait concocté avec amour deux repas froids fort équilibrés, composés de boites de sardines à l’huile, des oeufs durs, de pommes de terre en robe de champs, du chocolat, du pain et du vin ; deux bouteillons de café complétaient ces mets préférés. Dûment équipés et harnachés nous nous dirigeâmes à pied vers la gare de chemin de fer distante d’environ un kilomètre du quartier de la Légion. Ce quartier, dont la construction avait été achevée dans les années trente, était considéré comme un des plus modernes de toute l’Afrique du Nord. La preuve ? C’est que les lieux, dits d’aisance, étaient fort éloignés des cuisines contrairement à la plupart des quartiers ou casernes de France et de Navarre. Un vrai luxe ! Nous arrivâmes donc très vite à la gare de chemin de fer, où attendait un convoi composé d’une machine avec son tender, un wagon mixte de 1er et 2ème classe et trois wagons de 40 en long et 8 en large. L’or était déjà chargé dans les wagons par les soins de l’unité de tirailleurs sénégalais qui l’avait convoyé depuis le départ et qui étaient postés des deux cotés de la voie tout au long du convoi. C’étaient les tirailleurs qui avaient défilé le matin précédent dans le bureau de compagnie dont leurs noms, pour moi nouveaux, trottinaient encore dans ma tête. Le détachement prit place dans les compartiments du wagon 2ème classe où nous attendait le représentant de la Banque de France, accompagné de son épouse. Réception on ne peut plus chaleureuse, allocution du « pékin » nous plaçant dans l’élite de l’armée d’Afrique dont l’esprit de discipline n’avait d’égal que celui du sacrifice consenti au service de notre terre d’accueil. A ces mots nous ne pouvions que bomber le torse et serrer les fesses. Ce que nous fîmes. Je n’irai pas jusqu’à écrire que les plus sensibles retinrent leurs larmes ce qui aurait été légionnairement incorrect. Par contre le plus petit d’entre nous, par la taille, mais le plus grand en âge, lâcha dans un murmure, avec son accent de titi parisien : « Si c’est pour la France, relevons les pointes de la capote, en avant ! ». Etant tout à coté de l’intéressé, j’entendis bien distinctement cette belle tirade patriotique que je trouvais d’ailleurs fort belle mais quelque peu exagérée. Ce n’est que bien plus tard que, ayant enrichi mon vocabulaire, j’ai compris l’allusion. Celle-ci était plutôt inspirée et destinée à l’épouse du représentant de la Banque de France qui nous faisait face en souriant, « qu’au boutonnage des pointes de la capote » afin de faciliter la marche. Il est évident qu’aucun de nous n’eut l’audace de demander la quantité d’or que nous étions censés convoyer.

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Le départ du train eut lieu vers sept heures. Après que le représentant de la Banque de France et son épouse eurent rejoint leur compartiment, le sergent qui ne commandait le détachement que provisoirement nous fixait les consignes à observer durant le trajet. (Un capitaine devait nous rejoindre à AIN-SEFRA, PC du bataillon). A chaque arrêt, les deux caporaux et quatre légionnaires devaient descendre et se poster de chaque coté du convoi : Les légionnaires baïonnette au canon, les caporaux pour faire circuler les éventuels curieux. Il était prévu un arrêt à BENI-OUNIF de FIGUIG afin d’approvisionner en eau la locomotive, puis un autre à AIN-SEFRA pour permettre au capitaine de nous rejoindre. L’esprit tranquille et débarrassé de toute corvée, sauf un « chouf » posté sur la plate forme arrière du wagon de voyageurs, chacun s’installait afin de passer le temps le plus agréablement possible avant d’arriver à BENIOUNIF, distant de 114 kilomètres. Les uns s’attablèrent pour une belote, d’autres refirent le monde. Avec LIARTE, bien que néophytes dans ce jeu, nous entreprîmes une interminable partie d’échecs. Il était également établi dans les consignes que, lorsqu’on entendrait siffler le train, (rien à voir avec la chanson) deux légionnaires devaient se pencher de chaque coté du wagon pour déterminer s’il n’y avait rien d’anormal. La plupart du temps il s’agissait de moutons ou de jeunes dromadaires à proximité de la voie ou franchement dessus et qui étaient systématiquement écartés à coups de trique par leurs bergers. De toutes façons la région était parfaitement pacifiée, l’attaque du train était fort improbable, mais… L’allure du train était des plus modestes, puisque le trajet COLOM-BECHAR à AIN-SEFRA grimpe insensiblement mais sûrement. Nous savions à ce moment là, d’une façon certaine, que notre destination était ALGER. Aucun de nous ne connaissait cette grande ville et nous étions impatients de la découvrir, aussi mythique que nous l’imaginions, tout en savourant à l’avance les réjouissances qui nous y attendaient. En effet, nous savions que peu de légionnaires, avant nous, avaient eu le privilège de déambuler dans ses artères. Nous arrivâmes à BENI-OUNIF en temps voulu. Le chauffeur avait poussé sérieusement la machine pour gagner du temps, en s’aidant à ne pas en douter, de quelques fagots d’alfa. Dès l’arrêt du train et en suivant les consignes, nous descendîmes avec LIARTE et quatre légionnaires pour faire le tour du convoi, pendant que le représentant de la Banque de France et le sergent contrôlaient les plombs des panneaux d’aération des wagons et


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qu’un employé des chemins de fer vérifiait les essieux mais apparemment si décontracté qui donnait envie de le faire recommencer. Après que la locomotive eut étanché sa soif, le train reprit la voie sur AIN-SEFRA où nous comptions arriver avant midi. Il fallait parcourir 150 kilomètres pour y parvenir. Encore une fois le chauffeur crût conduire un rapide car nous entrions en gare d’AIN-SEFRA à l’heure convenue. Le capitaine LUCCINI (je crois) accompagné de son épouse prenait place dans le train qui repartait immédiatement, sans même que la locomotive refasse son plein.. Le capitaine nous rassemblait pour renouveler les consignes et faire notre connaissance en précisant, entre autre, qu’il comptait sur nous pour que le transbordement de l’or en gare de PERREGAUX, endroit où la voie devient large, se fasse dans un temps record. Le prochain arrêt était prévu dans un petit bled appelé SOUIGA ou BOUIGA, pas très loin d’AIN-SEFRA. Nous y arrivâmes en moins d’une heure. Tout le détachement à terre pour se dégourdir les jambes pendant que la « loco » prenait son eau. R.A.S concernant le bon état des wagons et pas de pillard en vue. Tout était parfait. Trois coups de sifflet et nous revoilà partis sur ce plateau désertique, aride et d’une monotonie qui donnait la mélancolie et le sommeil aussi. Nous brûlâmes MECHERIA à toute allure afin d’arriver au KREIDER pas trop tard dans l’après-midi. Ce n’est pas croyable ce qu’une locomotive peut avoir soif. Pied à terre donc, dans ce bled aux eaux chaudes. Alors que je faisais ma ronde, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’un des panneaux d’aération était ouvert. Branle-bas de combat après mon alerte. Tout le détachement autour du convoi, prêt à déchirer les sachets en jute contenant les munitions. Le représentant du Gouverneur de la Banque de France prenait la décision de rompre les plombs afin de vérifier si le nombre de caisses était complet. Il désignait le sergent et moi-même pour le comptage. Celui-ci s’avéra conforme. (Si mes souvenirs ne me trahissent pas, cela devait faire entre 150 et 200 caisses). Après avoir remis les scellés le convoi repartait avec quelque retard sur l’horaire prévu. Maintenant nous savions, à 500 kilos près, le tonnage d’or que nous escortions. A savoir, en admettant que chaque wagon avait le même nombre de caisses et que ces dernières pesaient chacune dans les 35 kilos, cela faisait en gros dans les 20 tonnes d’or. Contents de nos calculs et conclusions, nous savourâmes béatement notre importance, sans qu’une seule fois le perfide « Belzébuth » ne vint torturer nos cerveaux en leur

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infiltrant des idées inconvenantes. Afin de mettre un peu d’ambiance nous entonnâmes d’emblée « Il y a des cailloux sur toutes les routes ». Profitant de la « mer d’alfa » toute proche, le chauffeur « mit le paquet » pour rattraper le temps perdu. Dédaignant SAIDA, le prochain arrêt technique était planifié à MASCARA où nous arrivâmes vers les 18 heures. L’arrêt fut de courte durée. Depuis SAIDA, le panorama était tout autre que celui des Hauts Plateaux et nous contemplions presque avec extase la nature verdoyante de cette contrée qui nous faisait oublier le but de notre mission. A partir de MASCARA, nous remarquâmes que notre convoi était sous haute surveillance ; des voitures de police ou de gendarmerie suivaient le convoi par les routes les plus proches de la voie. Il y avait de quoi être fier et le roi n’était pas notre cousin mais notre frère. Cependant en analysant la situation, il n’était pas défendu de conclure que cette plaine très civilisée, était bien plus dangereuse que les régions désertiques que nous venions de traverser. Entre 19 et 20 heures PERREGAUX. D’un coté du quai, notre convoi encore essoufflé, de l’autre dans une voie large, le train qui devait nous transporter jusqu’au terminus ALGER. Tous les quais de la gare étaient bondés de policiers en tenue ou en civil, mais pas un pour nous donner un coup de main. Nous voilà, nous légionnaires transformés en manutentionnaires sans aucune protection syndicale, à transborder pas loin de 20000 kilos d’or. Avant l’opération le capitaine nous avait confié, en catimini, que le responsable de la Banque de France nous réservait une prime républicaine sinon royale, en récompense de nos efforts et prévision de notre séjour à ALGER. Il ne nous en fallait pas plus pour déployer toute l’énergie dont nous étions capables. Vers 21 heures nous terminions le transbordement complètement lessivés. Après le plombage des wagons (deux au lieu de trois) et après autres vérifications, nous quittions PERREGAUX pour AFFREVILLE d’un trait. Le transbordement nous avait permis de confirmer le poids d’or que nous supposions. Le sergent qui semblait fort bien renseigné nous confia que le lingot d’or d’un kilo valait 500.000 francs de 1941. A défaut de calculette, un crayon nous permit de savoir que nous transportions un milliard de francs. Protégés tout au long du trajet par un Corps’Armée, suivant le convoi par les routes environnantes, le détachement s’effondrait dans un profond sommeil, sans rêves ni cauchemars. Dommage qu’il y eut AFFREVILLE où, malgré une importante escorte policière, nous fûmes obligés de procéder à la protection rapprochée du convoi, baïonnette au canon. Très impressionnant.


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Après cet arrêt technique, en route pour le final de notre odyssée, distante de 130 kilomètres environ, où nous pensions arriver vers l’aurore. De MAISON-CARREE jusqu’à la gare d’ALGER ce fut titanesque. Un nombre incalculable de véhicules avec des phares allumés et Klaxons bloqués escortait notre convoi spécial. La gare d’ALGER était fortement protégée et éclairée (le jour pointant à peine). Grâce à des projecteurs dont les faisceaux étaient dirigés sur le quai où nous devions nous arrêter à hauteur de cinq camions chargés de transborder le précieux métal jusqu’à la Banque d’Algérie. Encore une fois c’est à nous légionnaires et à nous seuls qu’incombait le travail de transbordement. Cela commençait à nous chatouiller quelque part, d’autant plus qu’une fois arrivés à la banque, il faudrait recommencer ! A la fin de l’opération de transbordement, que nous effectuons à la chaîne, une des caisses contenant des pièces de monnaie tomba sur le coin du quai, puis sur le ballast et se disloqua entièrement. Ce fut l’affolement complet. Heureusement les pièces étaient conditionnées dans des rouleaux de papier et seulement une dizaine de ces derniers se déchirèrent. Un projecteur mis rapidement en action éclaira efficacement l’endroit et deux légionnaires furent désignés pour descendre sur le ballast après que le train eut manœuvré. Contrairement à ce qui aurait pu être redouté, les pièces éparpillées furent retrouvées en totalité ! ! (La caisse contenait 3.000 pièces). Satisfaits et fiers de notre exploit, nous terminâmes le transbordement dans le temps qui nous avait été imparti. Après avoir récupéré notre barda, nous repartîmes dans les cinq camions pour les escorter et prîmes la direction de la Banque d’Algérie. Celleci était située dans une grande artère que je ne saurai nommer et qui pour l’occasion était vide de toute circulation automobile et de piétons. Nous revoilà déguisés en manutentionnaires. A tour de rôle et par deux, les camions vinrent s’installer à cul sur la façade du bâtiment, contre deux soupirauxtoboggans par lesquels nous glissions les précieuses caisses. Le travail fut exécuté rapidement et dans les meilleurs conditions. Nous étions très fatigués, pour ne pas dire exténués, car en vingt-quatre heures, nous avions « remués » dans les 60 tonnes d’or ! Nos mains étaient également très abîmées, car dépourvues de gants. Peu importe, nous pensions à la prime substantielle qui allait nous être consentie. Nous fûmes conviés dans un local de la banque où il nous fut servi un café. Même pas un bout de boudin ! La collation dégustée, le

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représentant de la Banque de France plaçait encore notre détachement dans une image rose et nous remerciait au nom de la France. Puis, le capitaine en personne nous remettait à chacun la somme de 30 francs ! Nous restâmes impassibles car disciplinés et remerciâmes comme il se devait . En subsistance dans la caserne Vallée, située prés d’une plage, nous étions comme coq en pâte. A titre tout à fait exceptionnel, le sergent nous avait autorisé à sortir avec le couvre képi blanc, ce qui était inconcevable en ce temps là. Je crois que cela ne s’était produit que lors du défilé du 14 juillet à Paris en 1938 où la Légion participait pour la première fois. Dans tous les cas, cela s’avérait fort profitable pour nous, car dans tous les bistrots de la ville les consommations nous étaient offertes soit par le patron, soit par les consommateurs. Nous avions jamais vu cela et ne pouvions que nous féliciter. Ces quatre jours de quartier libre furent un enchantement, car aucune contrainte, ni servitude ne vient altérer cette détente. Ajoutons à ces avantages, l’autorisation de sortir ou rentrer au quartier à notre guise et ce jusqu’à 24 heures. Le rêve ! Ainsi que les couleurs finissent par se ternir, il en fut de même pour la joie de notre détachement. Il fallut rentrer au bercail. La dernière nuit fut chaude. Lors du retour à COLOMB-BECHAR, via SIDI-BEL-ABBES, chacun contait ses prouesses amoureuses ou qui avaient failli l’être, avec l’assurance d’un suivi épistolaire avec photographie à la clé. Un légionnaire peut être très romantique ! Bien sûr, pas possible, juré, craché, de manier la cravate, car en 1941 et même plus tard, ce n’en était pas une et elle n’était pas verte non plus. Voilà comment de jeunes légionnaires (les plus méritants évidemment !) escortèrent dans des conditions fort singulières mais avec maestria, une partie de la réserve d’or de la Banque de France. Récemment et avec la complicité de mon ami, le colonel ODDOU, j’ai pu, grâce à « Historia », prendre connaissance de toutes les péripéties et exploits qui avaient eu lieu en 1940 pour mettre à l’abri la réserve d’or de la Banque de France. La France possédait avant les hostilités, 2.340 tonnes d’or ! La plus grande partie de cet énorme pactole fut évacué vers l’Amérique (Federal Reserve Bank de New York) via Halifax, mais aussi vers la Martinique et Dakar. Les navires ayant participé à un tel transport d’or jusqu’alors jamais réalisé (Cela représentait une valeur supérieure à


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tout l’or extrait lors de la ruée vers l’or, plus celui « récupéré » chez les Aztèques et Incas par les Espagnols) furent : « La Marseillaise » « Le Jean de Vienne » « Algérie » « Emile Bertin » « Le Jeanne d’Arc » « L’Aigle » « La Lorraine » « Le Bretagne » Le Béarn » (Référence : Historama n° 260 de juillet 1973 et Historia n° 413 d’avril 1981).

(Note du rédacteur : Que les officiers, sousofficiers et légionnaires ayant participé à cette aventure, dont le nom n’a pas été cité, veuillent me pardonner, car certains détails, circonstances et noms se sont effacés de ma mémoire … Soixante ans déjà ! Le Cres, le 05 avril 1999 .  P.M. : Un caporal percevait 37F50 par quinzaine.

LES NOUVELLES DE L’AMICALE. C.R. des activités de l'amicale : Présence du drapeau et d'une délégation de l'amicale aux manifestations patriotiques et amicales : - 11/0499 – Assemblée générale de la 2° D.B. à Palav as les Flots . - 15/04/99 – Assemblée générale C.E.C.A.C.H. à Juvignac. - 18/04/99 – Assemblée générale de l’UNC à Lunel. - 22/04/99 – Commémoration des événements d’Ouvéa à Lattes. - 23/04/99 – Commémoration de Camerone de l’ALE à Sète. - 24/04/99 – Assemblée générale des anciens Marins à Villeneuve les Maguelonne. - 24/04/99 - Commémoration de Camerone de l’ALE des Hauts Cantons à Hérepian, avec remise du drapeau à la section. - 25/04/99 – Commémoration de Camerone de l’ALE du Gard au 2° REI à Nimes . - 25/04/99 – Souvenir des déportés à Castelnau le Lez à 11H00. - 25/04/99 – Souvenir des déportés au monument aux Morts de Montpellier à 17H00. - 30/04/99 – Camerone au 2° R.E.I. à Nimes – à Aubag ne. - 02/05/99 - Commémoration de Camerone de l’AALEME à Castelnau le Lez. - 04/05/99 – Commémoration de la bataille de Dien Bien Phu à Castelnau le Lez. - 08/05/99 – Cérémonie de la Victoire 1945, l’amicale était représentée à Lunel, à Castelnau le Lez, au Cres, à Juvignac et à Pérols. - 16/05/99 – Camerone de l’Amicale de l’Aude à Chalabre.

Calendrier prévisionnel 2° trimestre 1999. -

20/06/99 - Méchoui annuel de l’amicale.(voir note ci-jointe) 14/07/99 – Fête Nationale – représentation de l’AALEME décentralisée.

Nouveaux adhérants. Messieurs Roger KAEMMERLEN, Alain ABRIL, Pierre Frédéric COUTANT, Mario CARTA, Jean BOHNERT, Gérard RUAS. L’amicale leur souhaite la bienvenue. Carnet rose : Notre ami Martin EBERT est grand-père d'une petite fille Sarah Catherine, née le 08 Mai 1999 à Montpellier, au foyer Jean Marc et Karine EBERT. Parents et grand-parents se portent bien. L’amicale les félicite chaleureusement et adresse tous ses voeux à la petite Sarah.


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Bulletin de santé : Aux dernières nouvelles, le colonel Lagarde est en convalescence chez lui à Pérols. Il a honoré de sa présence la célébration de Camerone le 02 mai 1999 à Castelnau le Lez. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement.

COMMUNIQUE Rappel : Tenue d’été à compter du 15 mai 1999. Chemise blanche col ouvert, manches retroussées, etc …

Nos activités en 2000 : -

Assemblée générale de l’amicale le 23 janvier, - Camerone le 29 avril, - Méchoui le 18 juin.

Notre ami, le cdt (er) Gérard SCHURMANN, président de l’amicale de SETE nous a communiqué les dates prévues pour ses activités en l’an 2000. - Galette des Rois le 06 janvier, - Assemblée générale le 22 janvier, - Camerone le 28 avril, - Pique-nique le 02 juillet.

Ceci dans le souci d’harmoniser nos activités avec les associations et permettre à tous de les honorer.

Rectification Une erreur d’impression s’est glissé dans notre précédente édition concernant le nombre des Palmes attribuées au 1° REC. Au titre de la guerre 1939-1945, au lieu 1 Palme il faut lire 3 Palmes, au titre des TOE au lieu de 3 Palmes il faut lire 4 Palmes. Avec toutes nos excuses. 1er R.E.C. Camerone 1863 – Levant 1925/1927 –1930/1934 Pissemtoa 1943 - Colmar 1945 – Stuttgart 1945 Indochine 1947/1954

Croix de guerre 1939/1945 : 3 Palmes Croix de guerre des TOE : 4 Palmes.


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Chaque année pour CAMERONE l’amicale n’oublie pas ses 4 anciens dans le caveau de la Légion dans le cimetière de Perols.

Le colonel SARRABERE, Madame CASTELLO, représentant le maire de Pérols et le président LANNUQUE déposent la gerbe sur le caveau du légionnaire.

Section des Anciens de la Légion Etrangère des Hauts Cantons. Le 24 avril 1999 la section des Anciens de la Légion Etrangère des Hauts Cantons a vu son officialisation au cours de la cérémonie de l’anniversaire du combat de CAMERONE. En présence de monsieur le chef des escadrons (er) RICARD, président d’honneur de la section, de monsieur le commandant (er) SCHURMANN, président de l’amicale de SETE et sous la présidence de monsieur le colonel (er) MALATERRE, délégué régional de la FSALE. Georges LANNUQUE, président de l’amicale des Anciens de la Légion Etrangère de MONTPELLER et de ses environs a remis le drapeau de la section à son président Siegfried FURMETZ. Cette section est rattachée administrativement à l’amicale de MONTPELLIER, conformément aux instructions de monsieur le général COULLON, président de la F.S.A.L.E.. Le président LANNUQUE, remettant le drapeau à monsieur FURMETZ, lui rappela l’importance de cet emblème qui doit être conservé religieusement et respecté de tous :

« Autrefois les unités combattantes ne se distinguaient pas au nombre de citations mais au nombre de drapeaux enlevés à l’ennemi » Après quoi, le président FURMETZ le confia à notre ami Edgar KRIESE, porte drapeau. Nous pouvons avoir l’assurance qu’il est en de bonnes mains. Ensuite la cérémonie s’est déroulée, premièrement par la remise de quatre croix de combattant, la lecture du récit du combat de CAMERONE, le dépôt de gerbe, sonneries traditionnelles avant que tous ne se retrouvent dans les salons de la mairie d’HEREPIAN ou monsieur le maire OUSTRY nous reçut très agréablement. Cette journée se termina par le repas non moins traditionnel ; le tout dans la bonne humeur LEGION.


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LE PORTE DRAPEAU (par le colonel (e.r.) HUMAN) Le port altier et fier malgré l’intempérie, la poitrine bardée de toutes ses médailles, Il incarne à lui seul l’amour de la patrie, Il a servi la France en de rudes batailles.

Là - bas, dans le désert aride d’As Salman, Le vent souffle en tempête et soulève le sable. Or, des bombes sont là, spectacle hallucinant ! Des paras vont mourir, destin inexorable... Sous la pluie, dans le froid, les rafales de vent, S’il s’agit d’honorer le soldat mort, son frère, Lui - le porte-drapeau - répond toujours présent, Car il n’oublie pas, compagnon de misère.

Devant le monument où sont inscrits les noms De ceux qui sont tombés pour que vive la France, Il est là, recueilli, tandis que les clairons Apportent dans son cœur une émotion intense. A quoi songe-t-il donc, les larmes dans les yeux, Pendant la sonnerie quand le drapeau s’incline ? A tous ceux qui sont morts, là - bas sous d’autres cieux, Fauchés par un obus, tués par une mine ? Là - bas dans la tranchée le vieux Poilu tomba, Touché par les éclats d’un engin percutant. Dans la neige et la boue, d’abord il se courba Puis jetant un grand cri, se vida de son sang. Là - bas, dans les roches sauvages du Vercors, Il tend une embuscade et, pris par l’adversaire, Ils vont l’interroger puis le battront à mort. Pitoyable gamin, effroyable calvaire. Là - bas, à Dien Bien Phu, défendant Isabelle Face à l’assaut des Viet sans cesse plus nombreux, Il est mort, son ami, tué par les rebelles. Il a su se conduire en soldat valeureux.. Là - bas, sur le djebel, dans la pâleur du soir, Le chef du commando, touché par une balle, Est tombé lui aussi, victime du devoir. Sa famille le pleure à la maison natale. Il pense à tous ceux-là, les morts de chaque guerre Et ceux qui sont vivants, mais à la chair meurtrie. Et lorsque le drapeau recouvrira sa bière, Il sera, désormais, l’honneur de la Patrie.


Bulletin 9902  

La vie de l'Amicale des Anciens de la Légion Etrangère de Montpellier et Environs...

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