Issuu on Google+

Village n° 196 - été 2012 - BuReau de dépÔt : BRuxelles x • p202205

Revue trimestrielle de

• asBl sos VillaGes d’enfants BelGiQue sous le Haut patronage de s.a.R. la princesse mathilde

• asBl sos VillaGes d’enfants BelGiQue pouR le monde

03

04-07

12

Pédaler pour Kinshasa Portes ouvertes à notre village de Chantevent « Il faut tout un village pour élever un enfant »

[ Village - ZOMER 2011 ] > 1


Chers Amis SOS, Jean-François, Krystel, Jonathan, Valérie, Geneviève, Isabelle, Cédric et Alain, les « anciens » étaient là, avec leur famille, pour la journée portes ouvertes de notre Village d’Enfants SOS Chantevent, le dimanche 3 juin dernier. Le temps n’était pas au beau fixe, mais le soleil brillait dans les yeux des enfants. Ceux d’entre vous qui ont assisté à cette aprèsmidi festive se souviennent certainement de toutes les recettes délicieuses préparées avec enthousiasme par les mères SOS et les enfants : biscuits variés, mousses au chocolat, quiches lorraines, zakouskis et, surprise : le village en biscuit ! Chaque maison offrait une spécialité durant la « balade gourmande » et les enfants recevaient les invités avec gaieté. Merci à vous, chers visiteurs, d’être venus, merci aux enfants et aux mères SOS de leur joyeux accueil ! Dès sa création, le Village d’Enfants SOS Chantevent a constitué pour moi un engagement majeur, ce qui me rend d’autant plus heureuse de voir aujourd’hui son évolution. J’éprouve toujours la même émotion quand, assise autour d’une table ou allant d’une maison à l’autre avec les anciens, nous évoquons leurs souvenirs au village. Lors du mot d’accueil, Alain a adressé un message fort aux enfants d’aujourd’hui : « Grâce à ma vie ici, au village, pendant dix-sept ans, j’ai pu devenir quelqu’un de bien ! » Nous en avons tous été très émus. Ces enfants, à l’évidence, ont pu s’épanouir et devenir des hommes et des femmes pleins d’assurance. Devenus parents à leur tour, certains gardent des contacts étroits avec leur mère SOS et le village. Je m’en réjouis d’autant plus que maintenir les liens de l’enfance est essentiel pour l’équilibre d’un adulte. Le village représente un cadre protecteur pour « nos » enfants, la maison familiale est le lieu de toutes les complicités et les mères SOS, toujours à l’écoute, les entourent avec compétence, compréhension et tendresse. Quarante-deux années de travail, de bonheur, de rires et de larmes, d’obstacles et de satisfactions. Mais surtout quarante-deux ans de rires d’enfants, hier comme aujourd’hui, partout dans le village, dans les maisons familiales et les chambres d’enfants. Rien de cela ne serait possible sans l’appui de tous ceux qui ont à cœur d’épauler nos projets en Belgique. Je les remercie infiniment pour leur fidèle soutien.

ils paRtaGent leuR BonHeuR ! Certains parents souhaitent partager avec d’autres le grand bonheur lié à la naissance d’un enfant. ils remplacent la traditionnelle liste de cadeaux par un don à sos Villages d’enfants. « Le fait de devenir nous-mêmes parents – de deux bambins, entre-temps – nous a sensibilisés au sort des enfants dans des zones de conflits comme en RD du Congo. Les souffrances et les privations de ces enfants contrastent violemment avec le luxe dans lequel les bébés viennent au monde ici. Voilà pourquoi nous avons demandé à nos parents et amis de soutenir SOS au lieu d’acheter quelque chose pour notre fille Selma. Nous sommes ravis que la plupart d’entre eux aient réagi positivement à notre initiative par un don pour le Village d’Enfants SOS de Kinshasa. » Inge, Elisabeth, Kasper et Selma envie de passer à l'action ? Appelez Catherine au 02/639 09 77 ou envoyez un e-mail à catherine.vantieghem@sos-villages.enfants.be.

Barbara François Présidente

sos Villages d’enfants est une œuvre sociale, indépendante et internationale, qui agit depuis 1949 en faveur des intérêts, des besoins et des droits de l’enfant. SOS Villages d’Enfants est aussi active en Belgique. Notre revue paraît quatre fois par an.

Jasmina Kuen, Paul Leyman, Anne Lybaert, Jean-Pierre Marchant, Rose Maus de Rolley, Richard Pichler, Nathalie Schots, Filip tanghe, Evelyne titeca, Peter Völker, Jean Guillaume Zurstrassen

Conception graphique et mise en page : AA Dock’s Customer Media (www.aadocks.be) member of impression : Corelio printing editeur responsable : Hilde Boeykens

managing director : Hilde Boeykens Conseils d'Administration présidente : Barbara François Vice-présidents : Piet Dejonghe, Albert Fraipont et Aernout van der Mersch membres : Pascale Berryer, Anne-Catherine Chevalier, Filiep Deforche, Yvan de Launoit, Alain Goldschmidt,

2 > [ Village - été 2012 ]

Rédaction : SOS Villages d’Enfants, Michaël De Leener Rédaction achevée le 11/06/2012 photos : Archives SOS

tél. : 02/538.57.38 Courriel : info@sos-villages-enfants.be site : www.sos-villages-enfants.be adresse : Rue Gachard 88, 1050 Bruxelles NB : Dit tijdschrift kan op aanvraag verkregen worden in het Nederlands.


En action

au Bout de l’effoRt pouR kinsHasa

Les Betonsnoepers ont parcouru près de 2 000 km à vélo pour les enfants de Kinshasa.

parcourir quelques 2 000 km à vélo, de la Belgique à l’autriche, en affrontant une météo capricieuse, peiner, se surpasser et aller jusqu’au bout… Voilà ce qu’ont accompli les cinq « Betonsnoepers » au profit du nouveau Village d’enfants sos de kinshasa. Grâce à une véritable campagne de collecte de fonds, ils ont récolté pas moins de 14 000 €. Carl, l’un des participants nous témoigne : « Voilà qui prouve qu’avec un peu de bonne volonté, on peut faire énormément. Je remercie chacun de ceux qui nous ont soutenus. » Les meneurs des « Betonsnoepers » sont deux amis, Freddy (qui dirige une entreprise de béton) et Carl (patron d’une entreprise de bonbons, « snoep » en néerlandais). Ces messieurs n’ont pas seulement le sens des affaires, ils ont aussi le cœur sur la main. En 2010, ils sont déjà allés en vélo jusqu’à Compostelle, au profit de projets SOS au Togo. Après une année sabbatique, ils ont à présent décidé de pédaler, aller-retour, de Kapelle-op-den-Bos jusqu’à Innsbruck. Le choix d’Innsbruck, en Autriche, tombait sous le sens puisque c’est là que, voilà plus de soixante ans, le premier village d’enfants a ouvert ses portes à Imst, le début de SOS ! une Jeunesse « noRmale »

« Le challenge était beaucoup plus ambitieux que la fois précédente », explique Carl. « En quinze jours, nous avons parcouru près de 2 000 km, pour un total de

quelques 22 500 mètres de dénivelé. Chaque jour, il fallait grimper puis redescendre, la première semaine à travers la Forêt noire et la deuxième, dans les Vosges. Chaque fois au milieu d’une faune et d’une flore magnifiques, même si nous avons dû affronter beaucoup de pluie en cours de route. Mais abandonner était hors de question car nous pédalions pour l’avenir d’enfants qui, aujourd’hui, n’ont pas toutes leurs chances. De quoi nous motiver à dépasser nos limites, et créer un lien d’amitié indéfectible entre nous. » A leur arrivée à Innsbruck, ils ont eu droit à une visite guidée du Village d’Enfants SOS d’Imst. « Nous y avons été reçus par une famille SOS qui élève quatre enfants de nationalités différentes », commente Carl. « Cela nous a donné une bonne idée de la vision de SOS Villages d’Enfants. Vous avez réussi à mettre sur pied un sys-

tème où les enfants sont accueillis dans un cadre très proche de la vie familiale. Ils peuvent ainsi vivre une jeunesse la plus normale possible. Et cela fonctionne : les visages souriants que nous avons croisés au village d’enfants en sont la plus belle preuve. » Merci aux « Betonsnoepers » !

envie de passer à l’action ? L’action des « Betonsnoepers » vous inspire ? Vous avez envie de faire du sport, avec votre club ou un groupe d’amis, pour aider des enfants vulnérables ? Contactez tom à l’adresse tom.moons@sos-villages-enfants.be ou au 02/538 57 57. Il se fera un plaisir de vous aider.

[ Village - été 2012 ] > 3


dossier

poRtes ouVeRtes à CHanteVent

Comme nous vous l’annoncions dans notre dernier numéro, nous avons ouvert les portes de notre Village d’enfants sos Chantevent de Bande, le 3 juin dernier. parmi les visiteurs, michaël de leener, tout récemment diplômé en sciences politiques, découvrait notre village pour la première fois. il a été notre reporter sur place.

Michaël De Leener vient de terminer ses études. Il souhaite s’engager pour SOS Villages d’Enfants. Avec ce reportage sur les Portes ouvertes du village de Chantevent, il a fait ses premières armes.

4 > [ Village - été 2012 ]

Le Village d’Enfants SOS Chantevent pour les enfants, où les amitiés ont tout est situé dans le petit village ardennais loisir de se développer. Cédric, ex-habide Bande, « à la campagne », comme on tant du village, vit et travaille dit. D’un côté de la route, le village aujourd’hui à Marche. Il nous raconte avec beaucoup de d’enfants se comconviction qu’outre pose de la « Maison Hélène : sa mère biologique, commune » et, de l’autre côté, d’une « Vous offrez un bon  avec qui il entretient toujours des r ue résidentielle encadrement aux  contacts réguliers, avec sept maisons, où vivent dans chaenfants. Ils ont tout  il a une seconde cune d’elles, cinq ce dont ils ont besoin.  mère, sa mère SOS ! Il parle d’elle, mais ou six enfants et Je vous encourage à  aussi de ses frères une mère SOS. Les bâtiments sont continuer jusqu'au  et sœurs et de tout du entourés de champs bout. Félicitations » l’encadrement village, avec tant et les enfants peud’amour et de resvent s’amuser sur un terrain de jeu, dans une cabane per- pect que je ne peux que croire qu’il a chée géante et sur une série de pelouses passé ici une jeunesse heureuse. Il a maintenant trente et un ans et a quitté bien entretenues. le village il y a une bonne dizaine d’anUn environnement très accueillant nées, mais il est manifestement très


content de revenir « à la maison ». Il salue chaleureusement presque chaque personne qui arrive et est gratifié en retour d’un câlin, un bisou, quelques mots, une plaisanterie teintée de nostalgie. C’est émouvant. Le plus frappant, c’est que les enfants qui partagent une même maison s’appellent entre eux « mon frère » ou « ma sœur ». Les enfants se considèrent vraiment comme une fratrie et agissent en conséquence. Ils apprennent à se respecter mut uellement et à vivre ensemble. Un garçon de quatorze ans m’explique ainsi avec enthousiasme les règles en vigueur dans sa famille en matière de télévision. Chaque enfant, du plus jeune au plus âgé, peut choisir un programme à regarder dans une plage horaire adaptée à son âge. On imagine aisément que, dans une famille de cinq enfants, frères et sœurs se chamaillent aussi de temps en temps, mais cela finit toujours par s’arranger et cela les fait grandir, m’assure une mère SOS. soin, amouR et affeCtion

Les enfants sont bien sûr aussi suivis

affichés sur le frigo. Si les enfants souffrent d’un retard scolaire, ils peuvent suivre un rattrapage chez la logopède du village. Bref, les enfants se retrouvent ici dans une famille fonctionnelle et, vu leur passé souvent tourmenté, c’est exacte-

dans leur scolarité. Ils fréquentent tous des établissements d’enseignement tout à fait classiques dans la région, et leur mère SOS et leurs éducateurs/éducatrices sont là pour les aider dans leurs devoirs. Dans l’une des maisons, je vois par exemple des horaires d’examens

Qui dit fête dit tartes, au village de Chantevent comme ailleurs. les habitants de la maison « Rose des Vents » savent en tout cas comment préparer d’excellents biscuits. Voici leur secret. maintenant, c’est à vous…

Biscuits Rose des Vents (pour ± 40 biscuits) • •

120 g de beurre manié 120 g de sucre

• •

1 œuf 200 g de farine

Pour la garniture, au choix : On peut présenter les biscuits nature ou les décorer de noisettes pilées, raisins secs, vermicelles de chocolat, crème… 1. 2. 3. 4.

Verser la farine dans un saladier. Y ajouter l’œuf, le sucre et le beurre. Bien malaxer le tout. Former une boule avec la pâte. Etaler la pâte sur le plan de travail à l’aide d’un rouleau à tarte. Découper des formes (à l’emporte-pièce ou au couteau) et décorer les sujets selon votre inspiration. 5. Déposer les biscuits sur une plaque beurrée. Faire chauffer le four à 180°C. 6. Laisser cuire jusqu’à ce que les biscuits soient dorés.

[ Village - été 2012 ] > 5


dossier

Christine : « Je suis très contente d'avoir visité ce village. Bravo pour l'accueil et les explications. Le témoignage d'un des 'anciens' était super. Ces enfants ont beaucoup de chance de vivre dans ce beau village même s'ils ne s'en rendent pas encore compte » ment ce dont ils ont besoin. Des difficultés comme la maltraitance, l’alcoolisme, l’instabilité et la négligence faisaient assez souvent partie de leur réalité quotidienne. A Chantevent, ils trouvent la structure, l’attention, l’amour et l’affection d’une famille qui fonctionne normalement. Ils sont pré-

ils se préparent très concrètement à mener plus tard une vie indépendante. Faire des achats raisonnables, cuisiner sainement, gérer un budget, etc. Ils jouissent aussi d’assez de liberté pour, par exemple, organiser – dans un environnement rassurant – une petite fête pour leur seizième anniversaire.

Ivan : « Merci pour cette journée. c'est un réel bonheur de voir les enfants épanouis, de voir la structure dans laquelle vous leur permettez d'évoluer et de grandir. Merci pour votre excellent accueil et merci de nous avoir fait vivre une après-midi si enrichissante. Félicitations à tous pour votre travail » parés à la vie. Des circonstances favorables que leur précédente situation familiale ne pouvait pas leur offrir. Lorsque les enfants atteignent l’âge de seize ans, ils peuvent choisir d’aller vivre de façon semi-autonome dans la maison communautaire du village. Là, 6 > [ Village - été 2012 ]

Jamais seul

Cette préparation est bien nécessaire car, une fois qu’ils atteignent l’âge de dix-huit ans, ces jeunes adultes doivent de toute façon quitter le village, c’est la loi. Et, dix-huit ans, c’est très jeune pour voler de ses propres ailes. Heureusement, les adolescents peuvent être logés à

l’Olivier, une maison à Marche-enFamenne subdivisée en plusieurs studios, où ils continuent de bénéficier de l’encadrement d’un éducateur ou d’une éducatrice SOS. Même des années plus tard, comme le raconte Alain dans son témoignage (voir ci-contre), ils peuvent encore s’adresser à leurs anciens éducateurs ou à M. Rappe, le directeur du village, s’ils ont besoin d’aide ou de conseils. Une famille unie, une structure, de l’amour, une scolarité, des valeurs et des normes et un accompagnement dans la vie : le Village d’Enfants Chantevent offre aux enfants ce dont ils ont besoin pour grandir et devenir des adultes autonomes, capables de trouver leur voie dans notre société. Des veinards, pourrionsnous dire, car nombreux sont les enfants qui, dans une même situation, ne peuvent pas compter sur un tel soutien. Mais n’oublions tout de même pas qu’ils ont surtout de la malchance. La malchance que leurs parents biologiques ne puissent pas leur donner ce dont ils ont besoin. La malchance d’avoir peut-être subi un préjudice dans la situation peu enviable de leur famille naturelle. La malchance d’avoir été séparés de leur famille.


« n’ouBliez Jamais Que QuelQu’un de sos seRa touJouRs là pouR Vous » Alain Piette était lui aussi au village d’enfants le 3 juin dernier. « Son » village, car Alain s’est retrouvé ici à un an et demi et y est resté jusqu’à l’âge de ses dix-huit ans. Outre Alain, d’autres « anciens » étaient aussi présents, visiblement émus de revenir dans leur maison familiale, auprès de leur mère SOS. Beaucoup étaient venus avec conjoint(e) et enfants. Quelle joie de voir qu’ils ont réussi à se construire une petite famille heureuse ! Alain a pris la parole brièvement au moment de l’accueil. « chers amis, soeur ont Alain et sa mble au se grandi en village.

Je suis en fait port eur d’un message  à l’intention des  vous pouvez diffic enfants qui viven ilement vous imag t ici :  iner aujourd’hui q mément de chanc ue vous avez énor e de pouvoir grandi r ici, et je le compr vez aussi pas mal ends, car vous épro  d’impressions né ugatives par rappor Je suis moi-même a t à votre séjour.  rrivé au village qua nd j’avais un an  sœur; c’était bien, c et demi, avec ma  ar ensemble, nous  formions un peu  grandi ici, sans m une famille. J’ai  es parents mais en touré de gens qui t m’ont fait sentir q enaient à moi, qui ue j’étais importan   t. Il y avait par exem ple le directeur, Ph ilippe Rappe, qui ét pour moi. Sévère m ait toujours présent ais juste, il m’a a   in si poussé à faire q ma vie en me mai uelque chose de  ntenant dans le dr oi t chemin quand c’ y avait aussi cla était nécessaire. Il  udy, chargé des p etits travaux dans mon vélo chaque fo  le  v ill age.  Il réparait  is que c’était néces saire et il m’a app choses utiles. Si,  ris  des tas d’autres  aujourd’hui, je sui s habile de mes m doute grâce à lui.  ains, c’est sans nu Et puis surtout il y l   avait ma mamy  qui m’a appris à fa SOS, Anne-Marie, ire confiance, à no   uer des relations, à  vivre… Demain, lorsque v ous quitterez le vill age pour voler de v sera pas toujours év os propres ailes, ce ident, il y aura d  ne  es  hauts et des bas, c pour chaque jeune.  omme c’est le cas  ca n’a pas changé .  Mais ce qui est gén ial, c’est que je sav ais qu’il y avait to quelqu’un de SO ujours quelque par S à qui je pouvais t   té lép honer, ou chez qui au besoin. Et mêm  je pouvais passer  e si je ne l’ai jamai s  fait, le fait de le s rassurer.  avoir suffisait à m e 

Donc, très chers en fants : réjouissezvous de la chance ici, de pouvoir gran  que vous avez d’êt dir entourés de gen re  s qui tiennent à v aiment, qui voien ous, qui vous  t vos talents et vou s encouragent à en Vous ne le compren  faire quelque chos ez sans doute pas e.   encore aujourd’hui ment mieux de pou , mais c’est tellevoir grandir ici, a uprès de gens qui t vous, qu’auprès d iennent vraiment à e parents qui vou   s font souffrir, par fois sans le vouloi r.  Je vous remercie ! » Alain [ Village - été 2012 ] > 7


dossier

la maison simBa Vue de l’intéRieuR Comment se déroule une journée à la maison simba ? de quoi a t-elle l’air, vue de l’intérieur ? a quoi les enfants passent-ils leur temps ? Quelles activités leur sont proposées ? notre reporter sos a passé une journée à la maison simba, histoire de vous donner un aperçu original des coulisses.

Pas de luxe inutile, dans la maison Simba. tout est simple, fonctionnel (la plupart des objets proviennent de dons), mais c’est chaleureux. Un endroit où les petits peuvent se sentir chez eux, même si ce n’est pas leur vrai foyer. Pour l’instant, six enfants séjournent ici : deux sœurs de 9 et 11 ans, leur frère de 8 ans, un garçon de 12 ans et deux frères de 7 et 8 ans. La maison Simba a été baptisée du nom du vaillant lionceau qui, dans le célèbre dessin animé « Le roi lion », affronte courageusement toutes sortes de situations difficiles.

Tout est calme lorsque j’arrive mercredi matin à la maison Simba. Les enfants sont à l’école. Il règne une ambiance décontractée. Incontestablement, des enfants habitent ici. La maison est imprégnée de leur présence. Des dessins d’enfants sont accrochés un peu partout. « Même les dessins de ceux qui sont déjà repartis gardent leur place », me raconte Annelies, l’accompagnatrice. « Quelque part, ils font toujours partie de cette maison. » Il y a aussi beaucoup de photos de ceux qui séjournent ou ont séjourné ici. Des photos joyeuses d’enfants qui jouent, rient, gambadent ou qui font des grimaces. On a beau savoir qu’ils traversent une période difficile, cela ne se voit pas sur les photos. Ce sont des enfants comme tous les autres.

8 > [ Village - été 2012 ]

Je parcours les différentes pièces. Le living spacieux, est aménagé de manière conviviale pour les enfants. La grande table à manger symbolise le lieu central, là où l’on partage, où l’on vit et où l’on fait mille et une choses ensemble. La petite salle TV à l’avant est au contraire une pièce où l’on peut trouver le calme et échapper un instant à l’agitation. Car ce n’est pas facile tous les jours, pour ces enfants. Les chambres à coucher respirent le calme. Chacun peut décorer à sa manière l’espace où il dort, pour se sentir tout à fait chez lui. En haut, je découvre le local où se tiennent les discussions entre l’accompagnatrice parentale et les parents, ainsi que les réunions hebdomadaires avec les enfants.

10:00


12:30

Les enfants rentrent de l’école. Le mercredi midi, ce sont en général leurs parents qui vont les chercher puis les déposent à la maison Simba. Un couple entre avec les enfants et monte à l’étage pour son accompagnement parental hebdomadaire. « Ce sont des moments où j’ai l’occasion de discuter en profondeur avec les parents », raconte Nicolina, directrice et accompagnatrice. « Nous essayons de trouver ensemble des solutions pour améliorer la situation en famille. » En bas, les enfants débordent d’énergie. Roméo a envie de sortir jouer au foot. Ine, l’accompagnatrice, est d’accord. Le grand jardin vient bien à point, les enfants peuvent s’y défouler !

13:00 Je ne peux m’empêcher de shooter, moi aussi, dans le ballon. Puis, on appelle les enfants : il faut se laver les mains. Tout le monde se retrouve autour de la table, à manger des tartines et à raconter comment s’est passée la matinée d’école. C’est beau de voir que chaque enfant a sa place. Ce soir, ce sera un peu la fête, à table. « Le mercredi, chacun à son tour peut choisir le menu du soir », explique Ine. « Julie a opté cette fois, pour de la compote de pommes, avec une purée de pommes de terre. Ils nous surprennent parfois dans leur choix, ce ne sont pas toujours des frites ou de la pizza. »

17:00 Dehors le soleil brille, les enfants veulent continuer à jouer au jardin. Vite, on les badigeonne de crème solaire et les voilà

repartis. Je n’y échappe pas et je me retrouve aussi à jouer, en plein soleil. Mais ces visages rieurs valent largement mes efforts physiques que je déploie pour les suivre. Jasper a un peu moins de chance, il a encore pas mal de devoirs à faire. Je viens m’asseoir près de lui, et on étudie ensemble l’anatomie humaine. Ma journée à la maison Simba touche ainsi peu à peu à sa fin. Je prends congé des enfants et des accompagnatrices. Roméo me demande si je reviendrai jouer mercredi prochain…

15:00 Après le repas, les jeux reprennent. Tandis que les filles font une démonstration de gymnastique, les garçons m’enseignent le maniement des Beyblades, sortes de toupies métalliques. Ensuite, c’est le moment du gros câlin dans le fauteuil. Niko vient juste de terminer son accompagnement parental et fait entrer Bert, le psychologue. C’est l’heure de la séance de Lars. Elle a lieu en haut, en toute tranquillité.

Soucieux de respecter la vie privée des enfants, nous avons changé leur prénom et fait en sorte que l'on ne distingue pas leur visage.

la maison simba, c’est quoi ? Lorsque survient en famille une situation d’insécurité et/ou d’éducation problématique, il est important de trouver rapidement le bon encadrement. De manière à éviter que la situation ne s’aggrave. La maison Simba à Liedekerke est une maison d’accueil, et tant les enfants que leurs parents y bénéficient d’un encadrement sur mesure. puis-je apporter mon aide ? Bien sûr. Vous pouvez faire un don pour la maison Simba sur le compte n° BE80 3100 1447 1577. Mentionnez « maison Simba » dans la communication. Vous pouvez aussi opter pour un soutien durable en sponsorisant la maison Simba par un parrainage de 20 €/mois, par exemple. Vous trouverez plus d’infos à ce sujet sur www.sos-villages-enfants.be/donner.

[ Village - été 2012 ] > 9


Zoom

la famille est le pivot de notre éducation

Hans Van Crombrugge: « J’ai été agréablement surpris de voir que la participation des enfants occupe une place centrale chez SOS. C’est très important pour la dignité d’un enfant. »

Le docteur Hans Van Crombrugge est professeur au Hoger Instituut voor Gezinswetenschappen (institut supérieur des sciences de la famille). Récemment encore, il a animé un débat à l’occasion de la présentation du livre « Je ne sais pas pourquoi ! ». Bref, la personne idéale pour discuter de l’importance de la famille, d’un accueil familial et de la participation.

On parle souvent de la famille. Mais qu’entend-on exactement par là ? Il est très difficile de définir ce qu’est exactement une famille. Il y a tant de formes familiales différentes. On sent néanmoins intuitivement ce que l’on entend par là. Ce qui compte surtout, c’est qu’une famille soit avant tout un foyer, un « chez-soi ». Un ensemble de personnes qui, d’une manière ou d’une autre, sont apparentées ou liées les unes aux autres et qui sont solidaires. Autre caractéristique : lorsque la famille perd l’un de ses membres, cela affecte profondément les autres. Le sentiment d’appartenance est lui aussi tout à fait caractéristique. 10 > [ Village - été 2012 ]

Sans compter le lien de l’enfant à ses parents... Les familles ont beaucoup changé au fil de l’histoire, mais il est évident de

« Quand il n’est plus possible d’élever un enfant dans sa famille d’origine, le mieux est d’organiser son éducation sur base de valeurs familiales. » constater que le lien entre un enfant et ses parents demeure fondamental.

Impossible de minimiser son importance. En principe, chaque enfant a un père et une mère. Le lien ainsi créé est extrêmement important. Ce n’est pas un hasard si la science souligne que nous sommes tous l’enfant de nos parents. Ces deux personnes sont importantes pour ce que nous sommes et ce que nous devenons. Autrefois, en cas de séparation des parents, on pensait qu’il valait mieux que la rupture soit radicale et on faisait le choix d’un seul des parents. Aujourd’hui, on en est revenu. Les deux parents sont importants pour un enfant. On remarque aussi que les enfants qui vivent un événement grave à la maison, par exemple de la violence intrafamiliale, veulent malgré


tout, pour la plupart, conserver un lien avec leurs parents. C’est quelque chose de tout à fait existentiel. Le principal rôle d’une famille est-il d’éduquer les enfants ? Oui, on peut difficilement imaginer que quelqu’un d’autre s’occupe d’eux de manière aussi inconditionnelle et aimante. Les enfants ont besoin que quelqu’un soit là pour eux. Les parents, en principe, jouent ce rôle mieux que quiconque. Sur ce point, la nature est assez bien faite. C’est pour cela aussi que la famille biologique est le meilleur endroit où l’enfant puisse grandir. En ce sens, la famille est irremplaçable. tout le monde n’est pas toujours bien loti en la matière. La société intervient-elle à temps, selon vous, en cas de situation problématique ? On observe une grande réticence à intervenir, de la part des autorités. Il faut que les choses soient très graves pour qu’elles le fassent. Cela part de l’idée qu’on ne rend pas service aux familles en les surveillant constamment. Depuis quelques décennies, une autre idée fait son chemin : celle que, bien que les parents soient les premiers responsables de l’éducation, la société a aussi un rôle à jouer. Par exemple celui de faire connaître les droits de l’enfant et d’expliquer que la violence physique, notamment, n’est pas tolérable. Il importe en outre que la société propose des alternatives et soutienne les familles. Qu’elles puissent apprendre au contact des autres. Un tissu social fort est essentiel, dans ce cadre. a l’éCoute de l’enfant

Un projet comme la maison Simba s’efforce d’apporter un tel soutien. Lors de l’accueil provisoire des enfants, nous mettons l’accent sur un accueil familial… C’est très important. Certaines situations sont si graves qu’il faut pouvoir trouver refuge quelque part. Et la maison Simba

offre ce lieu, tant aux enfants qu’aux parents. Les adultes ont le temps de régler certaines choses, ils savent que leurs enfants sont bien là où ils sont et ils peuvent reprendre des forces. Et les enfants aussi ont le temps de souffler. Il est bon que ce projet soit de petite échelle, où l’aspect familial est mis en avant. Car il est question d’individus, il faut de la place et de l’attention pour chacun. Chez SOS, nous offrons aussi un accueil à plus long terme dans nos villages d’enfants. Là aussi, nous essayons de centrer l’attention sur l’aspect familial. Sur ce point, SOS Villages d’Enfants a toujours été en avance sur son temps. Avec la vision que l’éducation, si elle ne peut plus avoir lieu dans la famille d’origine, doit quand même s’appuyer sur des valeurs familiales. Et l’importance du tissu social – savoir qu’en tant qu’enfant et que famille, vous n’êtes pas seul – s’inscrit dans cette philosophie. C’est ainsi que l’on vit dans un village d’enfants. C’est là une tendance à laquelle on s’intéresse aujourd’hui, et beaucoup d’initiatives nouvelles vont d’ailleurs dans ce sens. Un autre point crucial est la participation des enfants. A quel point est-ce important ? J’ai été agréablement surpris de voir que la participation occupe une place centrale

Pour en savoir plus sur le Hoger Instituut voor Gezinswetenschappen, surfez sur www.hig.be

chez SOS. L’idée commence à s’imposer mais, jusqu’il y a peu, ce n’était pas le cas. C’est très important, non seulement du point de vue du droit des enfants, mais aussi pour leur développement. Il s’agit de leur vie, de leur avenir, ils sont coacteurs de leur éducation. Si vous voulez qu’un enfant se sente chez lui, il faut faire en sorte qu’il le soit. La participation peut redonner une bonne dose d’amour-propre et de confiance, surtout aux enfants qui ont été sérieusement démolis par la vie. L’enfant se sent écouté, reconnu. C’est très important pour la dignité d’un enfant.

« Je ne sais pas pourquoi ! » Vous pouvez commander ce titre chez SOS en versant 28 € sur le compte bancaire BE80 3100 1447 1577, avec la mention « Livre-6403 ». Nous vous l’enverrons endéans les deux semaines.

[ Village - été 2012 ] > 11


Actualité

« il faut tout un VillaGe pouR éleVeR un enfant » nous récoltons chaque année des fonds pour que les enfants les plus vulnérables puissent à nouveau grandir dans une famille. nous construisons des villages pour des enfants qui sont seuls dans la vie. nous soutenons des familles vulnérables pour qu’elles puissent s’occuper elles-mêmes de leurs enfants. nous mobilisons autour de ces familles, l’ensemble de la communauté pour assurer le meilleur encadrement. et nous menons cette action tant dans les pays du sud que dans notre propre pays, depuis plus de soixante ans. Mais nous ne pouvons pas y arriver seuls. Vous avez un rôle crucial dans cet engagement, car nous ne pouvons continuer à mener notre action, année après année, qu’avec nos fidèles donateurs. Grâce au soutien que vous nous avez prodigué en 2011 depuis la Belgique, nous avons à nouveau pu donner à des milliers d’enfants toutes les chances d’avoir un foyer et un avenir. Votre aide est et demeure indispensable car plus de 70 % de tous nos revenus viennent de dons privés et de la collaboration avec des entreprises. VotRe soutien en 2011

Au total, nous avons récolté 7 656 446 € en 2011. C’est l’addition des recettes des deux asbl (chiffres consolidés). 75 % de cette somme sont attribués à notre action. Pour mener à bien ces projets et récolter des fonds, nous devons consentir à certains frais afin d’organiser des évènements, préparer du matériel de présentation, envoyer des mailings… Nous veillons bien sûr à limiter ces frais au maximum. Un bureau de réviseurs indépendant contrôle nos comptes chaque année.

pouvoirs publics 38% (distinction Belgique(26%) - et étranger (12%))

partenaires 17% 12 > [ Village - été 2012 ]

dons privés 45%

Des projets pour accueillir et/ou accompagner les enfants les plus vulnérables à l’étranger, entre autres : 350 215 €

pour des projets en RDC Congo (nouveau Village d’Enfants SOS à Kinshasa, programme de renforcement des familles à Bukavu)

205 279 €

pour des projets au Burundi

239 755 €

pour des projets au togo (hôpital de la mère et de l’enfant à Kara et programme de renforcement des familles à Dapaong)

79 757 €

pour des projets au Brésil (aide d’urgence à Rio de Janeiro et terrain de sport à Poa)

533 684 €

pour l’aide d’urgence dans la corne de l’Afrique

Des projets pour accueillir et accompagner des enfants en Belgique (*) 354 676 € 2 250 911 €

pour la maison Simba en Flandre (Liedekerke) pour le village d’enfants Chantevent (Bande, près de Nassogne)

20 758 €

pour l’Olivier, la maison de jeunes à Marche

107 510 €

pour le nouveau projet « L’Alouette » à Rochefort

(*) En Wallonie, nos projets sont subventionnés à 77% par les pouvoirs publics

Pour en savoir plus sur notre action et nos projets en 2011, surfez sur www.sos-villagesenfants.be/rapport-annuel vous pourrez y télécharger notre rapport annuel 2011. Vous pouvez le commander au 02/538 07 38 ou envoyer un e-mail à info@sos-villagesenfants.be SOS Villages d’Enfants est membre de l’association pour une éthique dans la récolte des fonds. tous les dons à partir de 40 € versés à la même association, au cours d'une même année, sont déductibles du revenu imposable.


partenariats

Toutes les mamans à l’honneur pour la Fête des Mères Ce dimanche 13 mai fut une journée mémorable pour toutes les mamans. A cette occasion, nous songeons également à toutes les mères SOS qui prennent en charge des enfants seuls dans la vie. Le jour de la Fête des Mères, nos bénévoles se tenaient donc prêts à la sortie de Plopsaland De Panne, pour distribuer à chaque maman une fleur et un dépliant sur SOS Villages d’Enfants. Nous remercions toutes ces personnes disponibles de nous avoir consacré leur énergie et merci à Plopsa d’avoir mis sur pied cette action commune.

Jacky Ickx, ancien vice-champion du monde de F1, soutient SOS Un livre exclusif vient de paraître sur le pilote automobile belge de légende qu’est Jacky Ickx. Un ouvrage truffé d’anecdotes et de photos inédites, presque un objet de collection. Ces derniers mois, Jacky Ickx a visité plusieurs Villages d’Enfants SOS en Afrique, et il a été positivement surpris par ce qu’il a vu. Il a dès lors décidé de céder tous les droits de son livre à SOS Villages d’Enfants. Vous pouvez commandez le livre sur http://www.jackyickx.com

SOS sera le bénéficiaire officiel de l’Acerta Brussels Ekiden, le 13 octobre A peine les 20 km de Bruxelles sont-ils derrière nous que l’on attend avec impatience le prochain événement sportif : le Brussels Ekiden, une course relais où six personnes courent en équipe pour couvrir ensemble la distance d’un marathon. Cette année, cet événement sportif se déroulera au profit de SOS Villages d’Enfants. Vous aussi, vous courez cette année avec votre entreprise ? Notez dès à présent le 13 octobre dans votre agenda. Info sur www.acertabrusselsekiden.be

SOS au départ des 20 km de Bruxelles Le dimanche 27 mai, plus de 30 000 sportifs ont disputé les 20 km de Bruxelles. SOS Villages d’Enfants pouvait être très fier : environ 500 d’entre eux ont couru au profit des orphelins et des enfants en difficulté. Parmi eux non seulement des particuliers, mais aussi des entreprises comme Delhaize, Deloitte, Danone, The Boston Consulting Group, Marathon Managers Club, Goodman, Viage et BASF. Un grand merci à tous.

[ Village - été 2012 ] > 13


Témoignage

Bienvenue à Kinshasa

Le Village d’Enfants SOS de Kinshasa a été inauguré officiellement le dimanche 20 mai dernier. SOS Villages d’Enfants en Belgique a travaillé, six années durant, avec toute une équipe de collaborateurs et de donateurs pour développer ce village. Pour eux, l’inauguration a été un moment fort. Et plus encore pour les enfants qui y ont trouvé un nouveau foyer. Aujourd’hui et pour les années à venir.

Nous partageons avec vous les impressions de Tom Moons un collaborateur SOS présent au village à cette occasion.

Jeudi 17 mai au soir, aéroport de Kinshasa. La chaleur et l’humidité nous assaillent dès notre descente d’avion. Nous tentons de récupérer nos bagages. C’est le chaos, chacun cherche sa valise. Longue attente, mais soit, on relativise. Nous savons pour quoi nous venons. 14 > [ Village - été 2012 ]

Même si nous ne pouvons pas encore nous faire une idée de ce que nous allons vivre les jours prochains. Le grand moment, c’est dimanche, avec l’inauguration du nouveau Village d’Enfants SOS, où 150 orphelins pourront grandir dans un nouveau foyer. Kinshasa compte environ 11 millions d’habitants, soit la population de la Belgique ! Mais les différences sont immédiatement perceptibles. Les gens vivent entassés les uns sur les autres. Peu de structure, des rues sales, des enfants seuls. A Kinshasa même, on recense 539 000 enfants orphelins qui vivent dans la rue… Des enfants en quête d’un avenir inespéré. Le samedi, nous visitons un orphelinat local dirigé par un médecin italien. Il y accueille 700 enfants sans parents. Des enfants handicapés aussi. Il fait de son mieux, avec le peu de moyens dont il dispose, mais ceux-ci sont clairement insuffisants. A notre arrivée, nous sommes directement assaillis par une dizaine

d’enfants. Ils veulent que nous les prenions dans les bras. Ils veulent nous tenir les mains. Ils veulent de l’attention. Notre groupe en a gros sur le cœur. Au retour, c’est le silence. Un sentiment d’impuissance. L’impression que c’est intolérable. Nous essayons de donner une place à nos émotions. Nous sommes à présent en route pour aller rendre visite à des familles fragilisées soutenues par SOS Villages d’Enfants dans les quartiers pauvres de Kinshasa. Des familles en difficulté extrême. Une maman seule avec sept enfants. Une grand-mère qui assume la charge de quatre enfants parce que sa fille est décédée. SOS veut redonner de l’espoir à ces parents, pour que leurs petits puissent grandir auprès d’eux : en les soutenant financièrement pour un temps, afin que les enfants puissent aller à l’école et que la mère ait ainsi le temps de travailler, d’apprendre un métier et de gagner de l’argent. Nous nous rendons compte que, même si leur situation est difficile, ces enfants ont encore leur mère


et les élever dans une ambiance familiale, pour qu’ils puissent devenir des adultes autonomes. Ici à Kinshasa, en Europe, en Asie, partout dans le monde. Nous sommes de retour à la maison. La première chose que je fais, c’est prendre mon fils et ma fille dans mes

bras. Trop d’enfants n’ont pas cette chance. J’espère secrètement qu’une partie de l’énergie qui se dégage ira vers ceux qui sont seuls au monde. Et que SOS Villages d’Enfants pourra accueillir chaleureusement encore davantage d’enfants dans ses villages.

Quelques jours après être devenu champion avec son club de Manchester City, Vincent Kompany s’est rendu à Kinshasa pour jouer au foot avec les enfants du village.

ou leur grand-mère, son attention, son affection. C’est tellement important pour un enfant ! Pour n’importe quel enfant. Dimanche 20 mai, jour de l’inauguration. Au terme de six années de chantier, le Village d’Enfants SOS de Kinshasa est enfin là. Avec quinze maisons, deux écoles et un centre médical. Le programme de renforcement des familles est inauguré officiellement le même jour, en présence de nombreux hauts dignitaires congolais du secteur politique, économique, social et culturel. Vincent Kompany est là, lui aussi, ambassadeur SOS dans l’âme, et engagé à fond dans le projet depuis le départ. Il est content de ce qu’il voit. Les donateurs et entreprises partenaires qui ont fait le voyage le sont aussi. Ils ont investi pendant des années dans le développement du village. C’est un moment plein d’émotions. L’inauguration proprement dite est chaleureuse de bout en bout, un beau mélange de discours, de danses et de musique. Les enfants du village savourent pleinement le moment et sont fiers de montrer aux visiteurs leur nouveau foyer. Leur mère SOS, leurs frères et sœurs, leur famille. Alors qu’il y a un mois ou deux, ils étaient encore dans la rue, ils sont aujourd’hui entourés d’une structure d’amour et de soins. C’est cela, SOS Villages d’Enfants ! Accueillir des enfants

un nouveau foyer pour aurélie, marie, Jean… les enfants qui sont accueillis dans un Village d’enfants sos ont chacun leur histoire. avec un commun dénominateur : ils n’ont pas eu un bon départ dans la vie. dans certains cas, ils n’ont même pas d’identité lorsqu’ils arrivent au village. pas de nom, pas de foyer, rien à manger, ils n’ont rien ! SOS Villages d’Enfants leur donne non seulement un nom mais aussi un endroit où ils peuvent grandir et devenir quelqu’un. Marie, Aurélie, Jean… sont tous des enfants qui, avant leur venue au Village d’Enfants SOS, étaient des oubliés de la société. Aujourd’hui, ils ont le temps, l’espace, l’amour, les soins, la chance de grandir et devenir des adultes. SOS Villages d’Enfants estime essentiel de connaître les prénom et nom de chaque enfant accueilli dans un village, projet ou programme SOS, où que ce soit dans le monde. C’est une petite chose, mais qui représente beaucoup dans la vie d’un enfant qui autrefois n’avait rien.

Grâce à vous Le Village d’Enfants SOS a désormais été inauguré officiellement. tout le monde hélas n’a pas pu assister à l’événement. A tous ceux qui ont contribué à la réalisation du village, nous tenons à dire : « Cette inauguration était aussi la vôtre. » Nous tenons donc à remercier de tout cœur chacun d’entre vous pour chaque euro, chaque action, chaque voix qui nous a aidés à développer ce projet. Sans vous, nous n’y serions pas arrivés.

[ Village - été 2012 ] > 15


Kim Clijsters en visite au Village d’Enfants SOS Chantevent, septembre 2011

Aidez-nous à faire la différence pour les enfants en difficulté ! Soutenez un projet SOS en Belgique

Soutenez un projet SOS dans le monde

Devenez parrain ou marraine d’un enfant SOS

Ajoutez SOS Villages d’Enfants sur votre testament

Pour 30 €/mois, offrez à un enfant en difficulté un nouveau foyer et un nouvel avenir.

Envie de savoir comment inclure notre organisation dans votre testament ?

Chaque don, petit ou grand, est le bienvenu.

Chaque don, petit ou grand, est le bienvenu.

www.sos-villages-enfants.be/ parrainage ou par téléphone au 02/538 57 38

Prenez contact avec Barbara François via barbara.francois@ sos-villages-enfants.be ou par téléphone au 02/538 57 38

www.sos-villages-enfants.be/ donner

www.sos-­v illages-enfants.be/ donner

SOS Village d’Enfants Belgique ASBL BE80 3100 1447 1577

SOS Villages d’Enfants Belgique pour le monde ASBL BE17 3100 4034 5521

EN SAVOIR PLUS ? Surfez sur www.sos-villages-enfants.be, envoyez un mail à info@sos-villages-enfants.be, téléphonez au 02/538 57 38 ou passez nous voir : rue Gachard 88, à 1050 Bruxelles. Vous êtes les bienvenus ! Les dons de minimum 40 euros, versés à une même association au cours d’une même année, donnent droit à une attestation fiscale et sont déductibles du revenu imposable.


FR SOS Villages d'enfants 196