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BUGARACH NEWS

Your daily dose of comical confusionism to leave gravity behind !

Attention des Medias L

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’attention est une des clefs d’accès aux formes non-tangibles du pouvoir et de la coercition. Inséparable de la réalité de nos motivations, l’attention est liée de très près à son contraire : la désintégration perceptuelle. Fixer une chose du regard fait inévitablement plisser les yeux, et regarder fixement pendant un laps de temps trop long brouille la vision ; de même, réfréner l’envie de dormir ne fera qu’hébéter et étourdir le sujet. Il est dans la nature même de l’intellect humain de saisir une chose pour ensuite l’abandonner pour une autre, en n’en retenant que des traces qui disparaissent avec le temps. Les idées extrêmement séduisantes du moment disparaissent très rapidement et échappent à la mémoire alors que dans un monde comme volonté et représentation : ‘‘Une mixture extrêmement hétérogène de fragments de représentations et d’idées de toute sorte passent leur temps à se croiser dans notre tête.’’ e passé nous échappe si rapidement qu’il créé l’illusion du changement, ce qui rend le futur difficile à prévoir puisque rien ne se passe jamais. L’organisation de l’attention par les médias électroniques n’est pas seulement une question de visionnage du contenu d’un écran mais aussi une question d’induction des conditions qui immobilisent et séparent, la puissance de cooptation qui se trouve dans le flux des processus et le ciblage d’audience de la ségrégation fragmentée. Il n’existe aucune expérience ‘‘originale’’ à laquelle se référer, aucune différence fondamentale entre les créations synesthésiques de la perception, l’hallucination et la cognition. Condamné à une existence sans issue, coincé dans une réalité perpétuelle de déjà-vu permanent et sans fin, c’est une horreur sans nom qui habite les ombres.

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es stratégies de gestion de l’attention visant les individus sont capitales à la productivité économique humaine et à la création de valeur. L’attention, la ressource la plus stratégique de la chaîne de valeur, devient un article marchand convertible en statut et en accès aux résultats commerciaux. Ceci remodèle l’économie des industries afin qu’elles investissent dans l’attention plutôt que dans la production. L’économie des médias utilise les concepts d’économies d’échelle et d’envergure pour créer de la valeur en s’appuyant sur le marketing, les marques et le prestige des célébrités, et non sur la production ou la qualité. Alors qu’il est nécessaire de créer artificiellement l’intérêt pour les médias pour être en mesure de vendre du temps d’antenne et les globes oculaires des foules esseulées, les limites de la capacité d’attention et l’inflation de demandes de capture des ressources cognitives créent un effet de rareté.

a croissance du marché de l’économie de l’attention engendrée par les médias électroniques fut illustrée par de nombreux rapports sur le fameux Trouble du Déficit de l’Attention. On créé les sensations et les attracteurs cognitifs à partir de mythes mais aussi d’un ‘‘autre’’ imaginé, mais les étoiles et phénomènes artificiels se désintègrent instantanément lorsqu’on les regarde de manière directe. Dans une économie de travail immatérielle où les services symbolico-analytiques impliquent l’intervention de l’esprit et des activités de résolutions de problèmes, le travail implique un état constant d’attention partielle fragmentée. Un état d’esprit général d’anxiété diffuse semble s’être à présent internalisé comme le principal détecteur et processeur de signal dans le guidage de l’attention pour les individus urbains se trouvant dans les environnements technologiques.

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a conscience constitue une part bien plus réduite de notre processus mental que celle qui lui est généralement accordée. Une large part des éléments qui échappent à notre attention relèvent en réalité de l’inconscient. Le conscient naîtra d’une série de processus impliquant des connexions causales inconscientes, connexions qui ne sont pas nécessairement les mêmes que celles qui provoquent le comportement auquel est associé l’exercice de la volonté.

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i l’on a recours à la suggestion post-hypnotique, on peut aisément démontrer que l’expérience de la volonté consciente n’est pas en soi un indicateur direct de la relation de cause à effet qui existe entre pensée et comportement. L’identité personnelle se base de manière fondamentale sur la mémoire, une chaîne de ‘‘moi’’ successifs établie le long d’un axe de gravité narrative.

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a mémoire humaine ne repose pas seulement sur le système nerveux central mais aussi sur la technologie. Les objets techniques constituent toujours des aides mémoire, ils sont le résultat de chaînes opérationnelles qui se sont transformées au fil du temps et marquent une évolution des procédures et des pratiques. Sur la scène politique se déroule la représentation d’une matrice d’histoires et de fils narratifs, un théâtre fantôme ancré dans les mythes culturels. Si l’on veut contrôler le passé, il faut être maître du présent, la réécriture constante des livres scolaires d’Histoire montre d’ailleurs comment on use et abuse de la mémoire. Contrôler le passé revient donc à contrôler le futur : ‘‘Une mémoire qui ne marche qu’à l’envers est de bien piètre qualité.’’ (Lewis Caroll, De l’autre côté du miroir).

Les individus modifient leur attitude afin d’être en mesure de justifier leurs actions, processus de dissonance cognitive qui détermine le changement d’intention. Le caractère peu fiable de nos introspec-

fictive tions relativement à l’intention se voit confirmé dans les cas où la confabulation d’intentions n’est pas l’exception mais la règle, un processus de perception attitudinale de soi où l’intention est largement inventée après les faits. Si le choix est une illusion induite, un stratagème du management de la perception, par analogie les illusions de libre arbitre semblent reposer sur des exploits préconfigurés.

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es expériences menées par Benjamin Libet, qui démontrent qu’il est possible de mesurer les impulsions cérébrales avant même d’avoir conscience de notre volonté d’agir, indiquent que nous ne faisons pas réellement ce que nous ’’voulons’’ mais plutôt que nous constatons qu’il existe une cohérence entre notre volonté et nos actes. Faire l’expérience d’un stimulus externe est un processus long, c’est pourquoi notre ‘‘conscient’’ antidate l’événement pour nous donner l’impression d’avoir éprouvé le monde au moment temporel approprié. L’esprit soustrait et antidate l’expérience subjective avec une précision allant jusqu’à une demie-seconde. Néanmoins, nous ne nous rendons pas compte des erreurs commises par notre système perceptuel, comme si nous nous trouvions dans un angle mort : la pensée est en retard sur la réalité et jamais elle ne pourra la rattraper, elle comble donc ce vide grâce à la fiction. La conscience est déformée afin que la pensée puisse s’expérimenter simultanément au stimulus.

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’apparente cohérence du monde dans lequel nous vivons est en réalité basée sur une hallucination permettant de rassembler nos souvenirs disparates et instables en un ensemble logique : les influx nerveux s’accordent avec les stimuli, modulant les informations antérieures au cours du processus. La conscience n’est pas une autorité qui donne des ordres à ses instances subordonnées mais plutôt une faculté qui surfe sur la vague des possibilités naissant de l’inconscient.

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Survival Park Bugarach News #13