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TUITION FEES IN THE US : THE GRAPES OF WRATH As the Occupy Wall Street protests have spread to many cities in the United States, they have also taken roots at US universities, where students set up their own tent cities. Their concern: the rising costs of tuition and their heavy student’s debts. This issues brought out by worried students are directly connected to the larger issues being raised by the Occupy protests against economic inequality

press book

As the Occupy Wall Street protests have spread to many cities in the United States, they have also taken roots at US universities, where students set up their own tent cities. Their concern: the rising costs of tuition and their heavy student’s debts. This issues brought out by worried students are directly connected to the larger issues being raised by the Occupy protests against economic inequality.

Anaïs Richardin

Young people everywhere are underemployed and struggling to repay debt. New York university professor Andrew Ross ran an open forum entitled « Is student debt a form of indenture ? » and explained that student debt in the United States has topped one trillion, which is more than any other kind of consumer debt in the country. There is a real student lending industry in the United States that profits from student loans, especially defaults because they involve lucrative collector’s fees, interests and penalties. This, added to a planned tuition increase, triggered the wrath of many students around the country. They decided to create their own occupy movement.

College tuition fees The American higher education system is among the world’s most prestigious. But at what price? College cost a lot, even if you can find a variety of institutions : private universities, public universities, community college and liberal arts college. None is free. In the American System, students pay for their studies, and they pay the hard price. The College Board released its annual report on the cost of college at the beginning of November. The average in-state tuition at public four-year institutions cost about $8,244 annually. And the figures jump to $14,487 per year at for-profit institutions. The top Ivy League colleges, the world’s most renowned institutions cost $50,000 per year. Even if students receive grant aids and taxbased aid, according to the Project on student debt research, students graduated in 2010 with an average of $25,250 in debt, 5 percent higher than a year before.

Student loans, a heavy burden Various types of loans exist for students to pay their tuitions: federal loans and private loans. Generally, federal loans are not sufficient to cover the full cost of higher education. Unlike federal loans, private lenders can adjust interest rates as high as they want and they do not offer consumer protection. Indeed, in 2005, bankruptcy protection was removed from private student loans. Default is now the only option left for struggling student loan debtors. And of course, the lenders make far more money on defaulted loans. The guarantor industry, derives on average 60 percent of their gross revenues from

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ARTICLES EN FRANCAIS


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Emmaus le travail au coeur de la reconstruction personnelle À Paris, une boutique Emmaüs Defi offre à ses employés sans domicile fixe une chance de s’en sortir, par le travail

Une caverne d’Ali Baba A l’extérieur, sous les grosses lettres de l’enseigne jaunie, des meubles hors d’âge ont été entreposés sur le trottoir. Parmi les tables, les chaises, les vaisseliers et un cheval à bascule, une dizaine de personnes jettent un œil, observent ou même scrutent avec insistance, à la recherche d’une possible acquisition. Lorsque l’on pénètre dans l’enseigne, la volonté de recréer l’ambiance d’un bazar quelconque est manifeste : musique crachée par des haut-parleurs aux quatre coins du bâtiment, signalétique criarde « vaisselle » « jouets enfants » « meubles », vendeurs portant des t-shirts aux couleurs d’Emmaüs et racks contenant des housses de couette et des bols mélangeur en promotion. « C’est la dernière parure messieurs dames, 7 euros, dernière parure » une employée vend les parures de flanelle comme une maraichère vendrait ses fruits sur le marché.

Des salariés issus de la précarité Difficile de savoir si, comme 70 salariés de cette association, elle est sans domicile fixe. Les différences sont gommées entre les 20 salariés permanents et les autres qui sont issus de la rue. Seul un indice pourrait les trahir : l’analphabétisme. Au rayon mercerie, Karima s’applique à remplir un bon de retrait de marchandises et minutieusement, elle recopie le prix. Ce qui prendrait une demi-seconde à quiconque, lui prend une bonne minute. « Beaucoup de nos employés savent à peine lire et écrire » confie CharlesÉdouard Vincent, 40 ans, directeur d’Emmaüs Défi. « Mais nous avons aussi des bac+5, des informaticiens, les profils varient. »

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Des contrats de travail adaptés Dans cet Emmaüs, le fonctionnement est différent des autres magasins de France. Alors que la plupart travaillent avec des personnes sans domiciles fixes, appelés compagnons, qu’ils hébergent et nourrissent, ici les employés sont bel et bien salariés. « Nous ne les logeons pas, nous faisons de notre mieux pour leur trouver un logement et les stabiliser. Le fait d’être acteur de leur vie les remobilise bien plus que lorsqu’ils sont pris en charge par des dispositifs d’urgence, le travail est au cœur de la reconstruction personnelle ». Âgés de 19 à 64 ans, les salariés travaillent ici en moyenne deux ans, le contrat de travail les liant à Emmaüs ne pouvant légalement excéder cette période. Commençant en tant qu’intérimaire, avec des horaires calés sur leurs conditions de vie, les salariés bénéficient de contrats de travail progressifs et adaptés. De quelques heures par semaine, ils finissent à 35 heures. L’année dernière, Emmaüs Défi a ainsi employé 26 personnes qui vivaient « sur des bouches de métro ou dans des souterrains » et qui font aujourd’hui encore partie de l’équipe. Emmaüs permet aux salariés de recevoir une fiche de paye, mais surtout de la considération, ce qui importe certainement le plus pour sortir de l’exclusion.

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Dans l' intimitE de la rue À mi-chemin entre le Louvre et les Halles, une femme a élu domicile sur un petit bout de trottoir. Chaque jour c’est le même rituel. En fin d’après-midi, alors que les gens sortent du travail et s’engouffrent dans les rues, elle prépare avec soin son coin de bitume pour la nuit

Rue du Louvre, 1er arrondissement de Paris : à coté d’un distributeur de la Société Générale, une femme s’active sous le regard étonné des passants. Petite et rondelette, le visage marqué par les années, elle est légèrement vêtue malgré la fraicheur de l’air. Le jour commence à tomber et elle installe, là, sur ce morceau de trottoir sale et froid, un petit campement de fortune : une couverture blanche, un réchaud et la voilà parée pour braver la nuit qui arrive. Le bord de la fenêtre de la banque fait office de placard, elle y dépose quelques vêtements, peu nombreux. Puis, à l’aide d’un simple bout de bois, elle s’évertue à chasser mégots de cigarettes et détritus de son bout de trottoir, dont on sent l’espace d’un instant qu’il lui appartient. Ou qu’elle se l’est approprié plutôt. Elle balaye le morceau de bitume, lieu de passage incessant de piétons pressés, comme elle balaierait devant sa porte. Une seule et unique valise est posée à coté de sa maigre couverture, une seule et unique valise pour contenir toute une vie. Comme si fermer les yeux sur la misère empêchait celle-ci de les atteindre, les passants détournent le regard. Cette femme ne mendie pas, à vrai dire elle ne prête même pas attention à ces gens pressés qui passent à coté d’elle sans s’attarder. Tout du moins, ils ne lui prêtent aucune attention jusqu’à ce qu’elle se déshabille et qu’elle offre le haut de son corps, nu, à leurs regards médusés. Alors que le jour décline et que la nuit s’avance, elle enlève ses vêtements de jour, pour enfiler ses habits de nuit. Une djellaba blanche brodée de motifs dorés fera l’affaire. Elle se tourne alors vers le mur, et faisant fi des coups d’œil que les passants jettent à la dérobée, elle enlève ses vêtements un à un. Son léger pull col roulé d’abord, puis son t-shirt rouge, et enfin son soutien-gorge beige hors d’âge. La chair nue, elle enfile sa djellaba.

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Le droit doit s'arreter a la porte de la chambre a coucher Suite à la décision prise par la Cour d’appel d’Aixen-Provence de prononcer le divorce de deux époux aux torts exclusifs du mari pour « une vie sexuelle insuffisante ». Celui-ci a du verser 10 000 euros à son ex-femme en tant que dommages et intérêts pour réparer le préjudice subi. Sophie G., avocate au barreau de Paris, fait état de la confusion de la justice en ce qui concerne les limites de la sphère privée

- Peut-on considérer que l’absence de relations sexuelles régulières peut constituer une cause de divorce pour faute ? Dans un couple, il y a des droits et des devoirs. Honorer l’autre fait partie des devoirs, aussi, si l’un des époux ne respecte pas cet engagement, l’autre peut, en cas de divorce, parler de tout ce qui lui semble être préjudiciable pour lui. Un devoir conjugal qui ne serait pas dûment rempli en fait partie. Invoquer l’abstinence de l’autre n’est pas nouveau, puisqu’elle peut être invoquée comme la cause de la dissolution du couple, mais jusqu’à présent, jamais un divorce n’avait pris ces proportions. - Qu’appelle-t-on un devoir conjugal bien rempli ? Est-ce à la justice d’imposer ses normes ? Non bien sur que non, et c’est là la dérive à laquelle nous nous exposons avec ce jugement. Cette notion de « bien rempli » est complètement subjective. Dans la mesure où, depuis 1975, l’adultère n’est plus une cause de divorce pour faute, il est choquant de voir un tel jugement. Nous avions tendance à nous éloigner de cette sphère intime et sexuelle et aujourd’hui c’est donc un réel retour en arrière. Le doyen Jean Carbonnier disait « le droit doit s’arrêter à la porte de la chambre à coucher », ça ne saurait être plus vrai aujourd’hui. - Comment la justice peut-elle évaluer un tel préjudice ? Ce qui est choquant c’est de considérer que la frustration sexuelle est un préjudice. Que la violence conjugale, le harcèlement sexuel soient des préjudices dommageables, c’est

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entendu, mais la frustration est un sentiment bien difficile à évaluer. Ici, le jugement a été rendu à l’aune du droit de la responsabilité civile. L’époux abstinent, selon l’article 1832, a causé un tort à sa femme. Tort qu’il doit réparer. Et puisqu’il a avoué, la question de la preuve ne se pose pas, le tort est donc confirmé. - 10 000 euros, n’est-ce pas une somme indécente lorsque certaines femmes, qui portent plainte pour viol conjugal n’obtiennent pas plus de 5000 euros ? Le montant est énorme, et c’est certainement ce qui choque. Mais il est à remettre dans le contexte des revenus des époux. Il n’y a pas de barème pour ce genre de choses et les sommes varient selon les juges. Même si un juge est censé être impartial, il n’est qu’un être humain et l’histoire a peut-être fait écho à son histoire personnelle, ce qui expliquerait la somme qui me semble colossale mais qui pour d’autres collègues spécialisées en droit de la famille peut sembler modique. Ce n’est pas très éthique mais certains juges manquent d’objectivité.

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ARTICLES REVUE DADA


LE BLOBTERRE DE MATALI crasset Quand ? du 1er octobre au 5 mars 2012 Où ? à la Galerie des enfants du Centre Pompidou Tarifs ? de 9 à 12 euros. Bonus ? Un livret jeu est distribué en début de visite aux enfants pour les accompagner tout au long de l’exploration

C’est l’histoire de... Il était une fois une artiste qui manipulait les matières pour en faire des objets pas banals. Le design, vous connaissez ? C’est justement ce dont il s’agit : imaginer des objets de tous les jours qui soient utiles, mais aussi beaux et très pratiques. Et le design, c’est le métier de Matali Crasset : elle est « designer ». Elle a travaillé avec les plus grands, comme Philippe Starck. Son nom ne vous dit peutêtre rien mais c’est un designer connu dans le monde entier, il a notamment créé des tabourets en forme de dent. On se croirait chez le dentiste. Mais n’ayez pas peur : Matali, elle, aime les enfants et le prouve, puisqu’elle a créé de nombreux objets pour eux, comme ce canapé-jeu de construction qu’il est possible de démonter, assembler et remonter au gré de ses envies. Un canapé sur lequel on peut jouer, c’est rare ! Très inventive, comme le montre sa drôle de coiffure, elle a voulu imaginer une exposition qui soit une véritable expérience. Tout comme le canapé doit être un endroit où l’on s’amuse, elle a fait du musée un endroit où l’on saute, où l’on dessine, où l’on peut expérimenter et toucher … et même pas qu’avec les yeux ! Il lui aura fallu un an à pour créer un endroit qui ne ressemble à aucun autre : le matali Blobterre. Quel drôle de nom… Oui, mais pour un lieu imaginaire il n’en fallait pas moins. Dans ce monde aussi fantaisiste que sa créatrice, une nature artificielle s’offre à vous. Les habitants du Blobterre s’appelle les blobterriens mais il y a aussi Fl’om, un être mi-homme mi-fleur. Vous ne pourrez pas le rater avec ses yeux en pétales… Mais avant de pénétrer dans ce monde inconnu, sachez qu’il va vous falloir utiliser tous vos sens. Si vous êtes prêts, allons-y !

À la découverte du Blobterre Imaginez vous dans la peau de Christophe Colomb, sauf que ce n’est pas en Amérique que nous nous apprêtons à poser un pied mais en terre Blobterrienne. Un monde encore jamais exploré par les humains, un nouveau territoire à apprivoiser

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crasset ©Justin Morin


puis à conquérir. Partons à la découverte du Nouveau Monde ! Pour cela, il faut se faire discret et ne pas éveiller les soupçons des habitants du Blobterre. Aussi, avant de partir explorer cet endroit magique, il vous faudra revêtir les tenues blobterriennes. Ça tombe bien, puisqu’avant de rentrer, un atelier vous est proposé pour créer des robes, des accessoires, des pantalons faits d’un tissu vert et d’un matériau alvéolé non indentifié. Vous êtes parés ? Entrons maintenant.

Petits pompons de senteurs

La construction vous a épuisé ? Allez donc vous asseoir et vous réchauffer auprès d’un bon feu de camp. Le temps d’une petite pause sur des rondinsde tissus, ce feu en plastique vous réconfortera avec une petite histoire... Reposé ? Dirigez vous vers ce drôle de module auquel pendent des pompons de coton. De nombreuses senteurs flottent dans l’air, saurez-vous les reconnaitre ? Chaque pompon a son odeur propre : la terre, la mer, le crayon, la cannelle... à vous de sentir et de deviner. A la recherche de l’hypoplop perdu Un gros extratoof vous attend ensuite. Vous pouvez vous y installer, des crayons de couleur vous y attendent pour que vous dessiniez toutes les aventures que vous venez de vivre, ou celles à venir. Car vous allez bientôt pénétrer dans la zone aquatique. Ici, vivait autrefois un hypoplop, un animal mi-poisson, mi-végétal, c’est maintenant à vous d’imaginer d’autres hybrides aquatiques ! Vous pouvez aussi toucher, tirer sur des cordes, sauter de nénuphars en nénuphars. Dans la zone musicale, vous pouvez même jouer de la musique. Un carillon est à votre disposition, et n’oubliez pas : ici nous ne sommes plus au musée mais dans le Blobterre, alors donnez-vous en à cœur joie !

Chloro’phil et énergie propre

Quelle est cette grande chose que vous voyez au loin ? Des mains oranges sont dessinées sur des lianes de tissu rembourré. Il paraît que si vous touchez et pressez ces lianes, cela permettra au Blobterre d’emmagasiner de l’énergie pour les années à venir… Essayez donc ! L’exploration touche à sa fin. À quelques pas de la sortie, là où le Blobterre se finit, Chloro’phil vous salue. Ce grand arbre au feuillage rond vous remercie de votre visite car, grâce à votre participation, le Blobterre pourra vivre encore longtemps, longtemps, longtemps. [retrouvez l’article complet sur revuedada.fr]

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on a visite l'atelier de michael leblond New York en pyjamarama, vous connaissez ? C’est un petit bijou d’ingéniosité. Munis d’un calque rayé, les lecteurs peuvent animer eux-mêmes les images qu’ils ont sous les yeux. Il faut trouver le bon rythme, et le tour est joué ! Les lumières de la ville s’allument, les feuilles bruissent et les voitures s’animent. Seulement, pour arriver à un tel résultat, il a fallu aux illustrateurs de nombreuses heures de travail. Ils ont essayé, tâtonné, recommencé, pour au final réaliser New York en pyjamarama

L’histoire de ce livre nous intriguait, alors nous sommes partis à la rencontre de ses créateurs : Michael Leblond et Frédérique Bertrand. L’atelier d’un artiste est généralement l’endroit qui en dit long sur sa personnalité. Chez Michaël Leblond, c’est encore mieux puisque son atelier, c’est sa maison. Ou l’inverse plutôt, ce qui fait de cette pièce dévolue à la création un endroit encore plus personnel ! Mais rien d’extravagant pour autant : une grande table de salle-à-manger pour le côté convivial, une bibliothèque bien garnie pour le côté intellectuel et une vitrine en verre remplie de figurines de toutes sortes parce que les artistes ont toujours une collection d’objets un peu bizarres (comment ça, c’est cliché ?). Et si on en venait aux petits secrets… Figurez-vous que ce livre est né d’un serpent. Michael Leblond, qui a mis au point la technique de l’ombro-cinéma pour l’édition, a en effet commencé par animer un serpent. Il a trouvé, un, puis deux, puis plusieurs mouvements. Ce n’était qu’un essai bien sûr, et rapidement, il a animé d’autres images, toujours avec ce résultat surprenant de l’illustration qui prend vie sous nos doigts. Après le serpent, c’est rapidement l’idée de la ville qui est venue aux deux illustrateurs, Frédérique Bertrand et Michael Leblond. C’est en voyant une planche réalisée par Frédérique, qui ressemblait étrangement au Broadway Boogie Woogie de Mondrian, qu’ils se sont dit que le thème de la ville, et donc de New-York serait le plus adéquat pour des images tout en mouvement. Et en effet, dans quelle autre ville y’a-t-il autant de lumières, de voitures et de passants qui bougent ? Sans compter sur ce petit havre de paix qu’est Central Park et dont les deux illustrateurs ont su restituer le calme : seules les feuilles colorées de trois arbres bruissent au gré du vent. C’est si … reposant.

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Les planches du prochain «en pyjamarama»

Et concrètement, comment cela fonctionne, l’ombrocinéma ? Un mouvement est décomposé en 5 images : chacune représente une étape du mouvement. On les découpe ensuite en lignes, pour n’en garder qu’une sur cinq, que l’on assemble en une nouvelle image. Voilà pourquoi, à l’œil nu, les illustrations de New York en pyjamarama paraissent tremblotantes. Mais lorsque l’on passe une feuille rayée sur les images, elles s’animent comme par magie ! En fait, les rayures de la feuille masquent une partie du dessin et ne laissent apparaître qu’une image sur cinq : soit une étape du mouvement. Et lorsque l’on fait glisser cette feuille, on voit l’une après l’autre les cinq images et donc les cinq étapes du mouvement. D’accord, mais pourquoi a-t-on l’impression que tout cela bouge ? C’est grâce à un phénomène bien connu appelé persistance rétinienne. L’œil conserve une image vue, et l’assemble à celle que l’on est en train de regarder. Autrement dit, c’est notre œil qui reconstitue le mouvement. [retrouvez l’article complet sur revuedada.fr]

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la fiac souffle ses bougies

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La FIAC, mais qu’est-ce que ça peut bien être ? Une marque de voiture ? Non ! Un grand magasin où l’on va acheter des dvds et des livres ? Non plus ! La FIAC est la Foire Internationale d’Art Contemporain qui a lieu chaque année à Paris, au mois d’octobre. Et ce depuis 38 ans ! C’est un rendez-vous incontournable pour les acteurs du marché de l’art contemporain. Qu’ils soient galeristes, collectionneurs, artistes, directeurs de musée ou encore conservateurs, cette foire leur permet de se rencontrer, de se faire connaître mais elle permet aussi aux artistes de vendre leurs œuvres. Le lieu principal de la FIAC est le Grand Palais : imaginez donc des centaines d’œuvres exposées sous les immenses verrières de ce lieu culte, ça donne envie d’y aller non ? En plus, une surprise vous attend au Grand Palais, car pour cette 38ème édition, 3 nouvelles galeries d’exposition, inaccessibles depuis des décennies vont enfin être ouvertes au public. Ce sera peut-être l’occasion de faire une jolie découverte non ? Mais la FIAC n’est pas qu’au Grand Palais. Non, elle envahit complètement la capitale ! C’est sur des sites prestigieux à travers la ville entière que vous pourrez trouver des expositions et des installations. Il y en a au Louvre, au Centre Pompidou, au Palais national Chaillot, au Jeu de Paume etc. Cette 38ème édition vous permettra de découvrir 168 galeries d’art moderne et d’art contemporain venues du monde entier. Et à la FIAC on ne fait pas qu’exposer, non, on récompense aussi ! Chaque année, depuis 2000, le prix Marcel Duchamp, remis dans le cadre de la FIAC, permet de promouvoir et d’encourager de jeunes artistes talentueux et originaux. Le lauréat 2010, Cyprien Gaillard est d’ailleurs exposé en ce moment-même dans une galerie du Centre Pompidou. Certains vous diront que la FIAC c’est pour les connaisseurs mais que nenni ! Plongez-vous donc dans le DADA n°150 et allez vous balader dans les allées du Grand Palais et sur les différents sites d’exposition hors les murs. Que voyezvous ? Ce bleu si particulier, là, n’est-ce pas un tableau d’Yves Klein ? Et si ! Et cette pipe, ne serait-ce pas un Magritte ? Oui et encore oui. Car à la FIAC, l’art moderne aussi y a sa place. Vous pourrez donc découvrir des artistes contemporains et des œuvres parfois curieuses comme ce squelette qui danse avec une carotte. Mais vous pourrez aussi redécouvrir certains artistes célèbres et des pièces parfois peu connues du grand public. Pour avoir un petit aperçu des artistes présents pour cette 38ème Foire Internationale d’Art Contemporain, rendez-vous sur le site de l’événement.

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on a vu : samourai, armure du guerrier Où ? Musée du quai Branly Quand ? Du 8 novembre 2011 au 29 janvier 2012 Tarifs ? 7€ - 10 € (expositions temporaires + collections permanentes)

Il était une fois… L’honnêteté, le courage, la sincérité, la loyauté, l’honneur, la bienveillance et la droiture, mais qui peut donc bien posséder toutes ces qualités ? Vous jeune homme ? Eh bien vous auriez pu être samouraï dans le Japon ancien ! Cet inventaire à la Prévert n’est autre que la liste des 7 vertus que se devait de posséder tout bon samouraï, un peu comme un code d’honneur à respecter. Les samouraïs étaient des guerriers au sang noble et l’art de la guerre se transmettait de génération en génération. Une cérémonie, Genpuku, célébrait le passage de l’enfant à l’adulte. Ainsi, vers 12 ou 13 ans, les garçons recevaient leur premier sabre, et parfois même leur première armure. Des armures qui pourront vous sembler bien petites car, à cette époque, les hommes n’étaient pas très grands. Un adolescent devait faire à peu près la taille d’un enfant de 6 ans aujourd’hui. On imagine assez mal quelqu’un de cette taille aller se battre, non ? Les armures protégeaient les guerriers des coups de sabre et des flèches. Réalisées par plusieurs artisans, elles pouvaient être confectionnées avec de nombreux matériaux : de l’or, du cuir, du papier mâché (eh oui !), de la fourrure, du crin de cheval. Il y a une telle diversité qu’au final, aucune n’est semblable à une autre. Souvent, les armures et les casques servaient aussi à faire peur aux ennemis. Et en effet, il y en a qui font froid dans le dos, comme ce Maedate, qui représente un animal mi-poisson mioiseau terrifiant.

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Un détail pour briller à l’école ?! La Commedia dell’arte, vous connaissez ? C’est un genre de théâtre italien dans lequel les acteurs se couvraient parfois le visage d’un masque. Le masque du personnage qui pleure, qui rit, qui sourit. Ces masques correspondaient à des émotions ou des personnages bien précis. Et bien, pour les samouraïs, c’est presque la même choseIls portaient des masques qui leur couvraient tout ou partie du visage, et qui représentent diverses émotions. Certains ont des moustaches, d’autres non, certains ont l’air furieux, d’autres ont les pommettes rehaussées, comme s’ils souriaient. La plupart du temps, les artistes qui les ont fabriqués ont gardé les proportions normales du visage, à quelques une armure Samouraï exceptions près. Vous découvrirez ainsi un Mempo (demi-masque qui couvre le nez et le bas du visage) au nez drôlement pointu ; juste à coté, un autre Mempo semble être une réplique du nez de Pinocchio : il est très long et tout rond, comme le petit pantin de bois.

Une surprise À la fin de l’exposition, les casques deviennent plus imposants et les ornements plus gros. Regardez cette tête de dragon : pour qui a-t-elle bien pu être fabriquée ? À votre avis, qu’est-ce qui était aussi précieux que sa vie pour un samouraï ? Sa monture bien sur ! Comment les guerriers auraient-ils pu combattre sans cheval pour les porter et augmenter la puissante de leur frappe ? En toute logique, puisqu’ils avaient des armures pour eux-mêmes, ils avaient crée des armures pour leurs chevaux. Ce bamen est donc un casque pour un cheval, qui devenait ainsi un véritable dragon à quatre pattes, qui bougeait et vivait. Qui a dit que les dragons étaient des créatures imaginaires ?

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on a vu : baselitz sculpteur Où ? Musée d’Art moderne de la ville de Paris Quand ? 30 septembre 2011 - 29 janvier 2012 Tarifs ? 4,50 € - 9 €

C’est l’histoire de… Prenez un homme et un bûcheron. Mélangez les deux, secouez bien, qu’obtenez-vous ? Georg Baselitz. Un artiste allemand qui ne sculpte pas avec un burin et un marteau, mais bien avec une tronçonneuse et une hache ! D’abord peintre et graveur, il s’est ensuite adonné à la sculpture, qui occupe aujourd’hui la majeure partie de son œuvre. De gros troncs d’arbre, il fait des hommes, des femmes et … des êtres androgynes, à qui il ne donne pas de sexe. Puis, sur ces immenses sculptures de bois, qui avoisinent souvent les 3 mètres, l’artiste peint avec des couleurs vives. Naît ainsi un véritable peuple des forêts. Il y en a des petits, des grands, certains dont le visage est coloré, d’autres non. Il y en a même à qui il manque un membre ! Baselitz leur colore même parfois les fesses ou les seins. Qui voudrait avoir des fesses rouges (hormis les babouins qui, eux, n’y peuvent rien) ? Pas grand monde, c’est sûr ! Voilà peut-être pourquoi ce peuple des forêts est regroupé en tribus. On trouve donc aussi les visages jaunes ou les géants bleus. Mais je ne vous en dis pas plus, ça gâcherait la surprise.

Une œuvre à regarder avec eux On pourrait trouver une filiation à beaucoup de sculptures. Par exemple, Tête tragique ressemble à Pinocchio tant son nez est grand. Dans la salle des dessins, une petite sculpture d’à peine 1 mètre de hauteur nous fait penser à Giacometti : silhouette longiligne, bras collés au corps, montée sur un socle. Tous les ingrédients y sont. Mais c’est dans la dernière salle que deux sculptures géantes vont immédiatement vous faire penser à un autre artiste. [...] Observez bien Peuple Chose Zéro et Dunklung Nachtung Aung Ding. À quoi pensez-vous (mis à part leurs noms incompréhensibles bien sûr) ? Leur posture vous fait penser à Rodin, n’est-ce pas ? Eh bien 100% des gens qui ont effectué cette visite ont eu la même idée (sondage Iptoc réalisé sur 1 personne, interrogée en fin d’exposition, absolument pas représentative des visiteurs présents !).

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Pourtant, selon l’artiste, ce parallèle est erroné puisqu’il se serait plutôt inspiré de la posture des Christ aux Outrages, représentés assis, las, visiblement en proie à une douleur profonde. Ceci dit, la position mise à part, cette sculpture n’a pas grand chose de religieux. Regardez les détails : cet homme porte des escarpins et une casquette. Bizarre, non ? On retrouve d’ailleurs des chaussures à talons sur toutes les autres sculptures de cette salle ! Le texte placé à l’entrée de la pièce vous donnera quelques clés si le sens de ce drôle d’accoutrement vous échappe… Dunklung, nachtung amung, ding, Baselitz.2009

Quand Baselitz joue à Christophe Colomb… Le musée du quai Branly vous connaissez ? C’est un endroit consacré aux arts et civilisations d’Afrique, d’Océanie, d’Asie ou encore des Amériques. On y trouve beaucoup de statues qui ressemblent un peu à celles de Baselitz. Elles ne sont pas identiques, bien sûr, mais on peut tout de même distinguer certaines ressemblances. Par exemple, l’utilisation du bois, qui est un matériau peu coûteux, est très répandue en Afrique ; alors qu’en Occident, on aurait plutôt tendance à utiliser du bronze ou des matériaux plus « nobles ». Baselitz utilise aussi du tissu, et recouvre certaines sculptures de patchwork : une autre matière très employée en Océanie ou en Afrique. Et les statues de l’île de Pâques ça vous rappelle quelque chose ? Certaines sculptures de Baselitz, massives et asexuées, semblent elles aussi avoir été extraites du sol, et ressemblent beaucoup à ces statues perdues sur une île du Pacifique.

Une surprise ? Baselitz sculpte, dessine, mais il peint aussi. Une salle entière est d’ailleurs consacrée à ses toiles les plus récentes. Intitulée « Herfreud Grüßgott », cette série au titre intraduisible a été réalisée en 2011 (Grüß Gott veut dire Bonjour en allemand, et Herfreud, si on le décompose, pourrait être Herr Freud, soit Monsieur Freud). Que représentent ces sept peintures ? Certains ont pensé, l’espace d’un instant, qu’elles ressemblaient beaucoup à des tests psychologiques : vous savez, les tests de Rorschach avec ces tâches d’encre qui pourraient aussi bien représenter des bananes qu’un escargot ! Mais rien n’est si simple avec Baselitz. [retrouvez l’article complet sur revuedada.fr]

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ARTICLES EN ANGLAIS


TUITION FEES IN THE US :: THE GRAPES OF WRATH As the Occupy Wall Street protests have spread to many cities in the United States, they have also taken roots at US universities, where students set up their own tent cities. Their concern: the rising costs of tuition and their heavy student’s debts. This issues brought out by worried students are directly connected to the larger issues being raised

As the Occupy Wall Street protests have spread to many cities in the United States, they have also taken roots at US universities, where students set up their own tent cities. Their concern: the rising costs of tuition and their heavy student’s debts. This issues brought out by worried students are directly connected to the larger issues being raised by the Occupy protests against economic inequality. Young people everywhere are underemployed and struggling to repay debt. New York university professor Andrew Ross ran an open forum entitled « Is student debt a form of indenture ? » and explained that student debt in the United States has topped one trillion, which is more than any other kind of consumer debt in the country. There is a real student lending industry in the United States that profits from student loans, especially defaults because they involve lucrative collector’s fees, interests and penalties. This, added to a planned tuition increase, triggered the wrath of many students around the country. They decided to create their own occupy movement.

College tuition fees The American higher education system is among the world’s most prestigious. But at what price? College cost a lot, even if you can find a variety of institutions : private universities, public universities, community college and liberal arts college. None is free. In the American System, students pay for their studies, and they pay the hard price. The College Board released its annual report on the cost of college at the beginning of November. The average instate tuition at public four-year institutions cost about $8,244 annually. And the figures jump to $14,487 per year at for-profit institutions. The top Ivy League colleges, the world’s most renowned institutions cost $50,000 per year. Even if students receive grant aids and tax-based aid, according to the Project on student debt research, students graduated in 2010 with an average of $25,250 in debt, 5 percent higher than a year before.

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Student loans, a heavy burden Various types of loans exist for students to pay their tuitions: federal loans and private loans. Generally, federal loans are not sufficient to cover the full cost of higher education. Unlike federal loans, private lenders can adjust interest rates as high as they want and they do not offer consumer protection. Indeed, in 2005, bankruptcy protection was removed from private student loans. Default is now the only option left for struggling student loan debtors. And of course, the lenders make far more money on defaulted loans. The guarantor industry, derives on average 60 percent of their gross revenues from penalties and fees attached to defaulted student

loans. That’s why they lend money to students regardless of whether they are likely to actually pay it back. Students are slaved to their loans and have to pay for years after they graduated. Stef Gray, who is pioneering Occupy Student Debt, a movement calling for reforms in the student lending industry, explains that “It’s going to be default after default, after default. And once you default, that’s a black mark on your credit report for life, because student loans cannot be discharged in bankruptcy”. Nearing one trillion dollars, the student loan debt is today the subject of thousands of student’s protest.

Occupy movements led by students blossom everywhere A campaign called Occupy student debt was recently launched. As an offspring of the Occupy movement, current and former students, as well as professors from various universities in New York City are part of the group. They experienced, and still experience the anxiety and desperation created by debt, all the more so as the global economy is sinking and they decided to react about it. They launched a website, where students and graduates can post pictures of themselves with a piece of paper, on which is written the amount they took out in loans and the amount they still owe. On November 21, the group started an online pledge. They’re seeking one million signatures of people who will refuse to pay their loans until reforms are made to the lending industry. What are the reforms they are calling for? Federally funded tuition-free tertiary public education, but also interestfree private loans, a requirement that for-profit and private universities open their financial books and the writing-off of all the current student debt. Campuses haven’t been immune to the Occupy Wall Street movement that spread all around the country. Occupy Colleges, an offshoot of the movement has thus sprung up at over 100 schools nationwide. Theirs concerns are the rising costs of tuition as well as the insurmountable student debt. They want equality in higher education and they claim it.The movement is attracting young people who are having trouble paying back their student loans, while struggling to make ends meet.

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Their protest might not be useless since at the end of October, President Obama announced new programs to ease the student loan burden for low-income graduates. Some efforts will be made to keep interest rates fixed, so that students do not have surprises down the road to repayment. The borrowers will have the option to enroll in debt forgiveness programs in exchange for spending part of their careers in the public service. He added a limit to the monthly payments, that won’t exceed 10% of the borrower’s income and debt will now be forgiven after 20 years of payments.

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Gamification, when modern journalism meets games In its struggle to survive, journalism had no choice but embracing digital media. The problem is that online journalism, most of the time, only comes down to a translation of existing practices to the web. But you do not write a story for print newspapers as you write it for the web. What is at stake with the Internet is to seduce young people, who do not read print versions and who tend to read less and less newspapers, even online. In that case, which incentive could lead people to renew with information and journalism? Games can persuade, inform, influence, they can make information interactive, recreate historical events, build a community and make people feel involved. Games could be useful tools for journalists to contribute to civic life

What is gamification? Gamification sounds like the latest trend in marketing. But it’s not, or not entirely. According to interactive firm Gamification Co’s CEO Gabriel Zichermann, gamification aims at « taking the rules of games - whether it’s leveling, prizes or achievements - and the psychology of playing games and applying it to something that doesn’t have that dynamic ». The game mechanics are thus applied to all sorts of nongame experiences. And the concept is not new. Companies have been using games in non-games context for a long time. Supermarkets, airlines companies or even hotels have loyalty programs, which are real incentives for people to buy their products. The more you spend, the more points and rewards you get. Foursquare, a social media application is the embodiment of gamification: users can “check in” at their current location using geolocation software and they are rewarded with points for each check-in. If they frequent certain type of places a lot (such as restaurants, museums, bars…) they earn badges (the Super-user badge, for instance, is earned after checking 30 times in a month). Users compete against their friends, and the more intensive “players” can lead on the leaderboard. Intensive users can also get discounts if they check in at the same place many times, which obviously incent them to play.

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Gamification suggests features such as points, levels, leaderboards, rewards, challenges etc. They are game mechanics widely used within videogames. As we live in a time where majority of people play games or are, at least, game-attuned, these kinds of features have become familiar. Since they are accustomed, games are an easy way to captivate and attract them in something they normally would not be engaged in. It works exactly the same way with news.

Gamification applied to the news Applied to the news, games make the information more involving. By playing games, people develop a deeper sense of the underlying themes of a story. People can learn through experimenting and that’s why we can “gamify” certain news and make them engaging enough so people will pay attention to them and stay focused on them for a longer period of time. Gamification can be applied to news organizations using different methods. First, users can be rewarded for the time spent on a website or on an application, they can earn credits to access the archives or even badges and thus improve their visibility on the website. When organizations track their readers’ success, they provide a sense of progress. It motivates readers to continue reading, commenting or performing whatever actions on the site that will contribute to their overall progress. Google recently launched the same “rewarding badges”, but only for its US browser. People can easily become curators, and they can identify what topics they are more interested in by reading their statistics of what they read the most, or how much time they spend on articles. These statistics are also useful to Google who can shape his offers to the user’s needs. On some websites, the “share” button allows the reader to incite his friends to read an article by sharing it on social medias.

Newsgames Newsgames is a word used to describe a genre that is currently emerging: videogames based on new events. In 2011, the most shared and « liked » news story on Facebook was « The world at seven billion », an interactive game created by BBC news. As population reached the seven billion peak at the end of 2011, the BBC had this idea to incent readers to get interested in the story by offering them to know which number they were on the scale of the seven billion human beings. This game was a hit and the related papers counted many more views than the rest of the website. Games are not just an amusement, they can be stimulations to analyze, debate and comment major news. That’s why several medias started creating their own games to tell stories. They range from very serious to more trivial topics. When 33 Chilean miners were trapped underground, every

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media around the world relayed the story. In “Juego Los 33”, created by Root 22, the Internet user has a delicate mission to accomplish. He has to rescue each miner and thus get to understand the lengthy rescue progress. For the French’s left presidential primary, the online newspaper LeMonde.fr created a game where users could choose a candidate and try everything to make him win : choosing carefully your allies, organizing a strong strategy and so on. We can find many more examples on the Internet of videogames created by medias to raise people attention. Videogames do not offer a panacea for the ills of contemporary news organizations but they appear to be a good method to enhance a reader’s understanding of the complexity of the issues involved. Within the next decade, it is likely to see gamification reshaping the way we experience the web, to the same degree that social media and networks redefined the web last decade. Yet, no game will be as useful as a long and accurate article written by a journalist who has a deep knowledge of the subject. Too bad, because we would have loved to play to “bail out Europe 2”.

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The hidden face of Parisian gastronomy Food is to France what the royal family is to the UK: emblematic. French gastronomy was even listed by UNESCO as an intangible Cultural Heritage of Humanity. However, gastronomic places are not necessarily limited to Michelin-starred restaurants. Forget the ostentatious, upscale and expensive eateries, welcome to strangers’ houses, neighbors kitchens and friends’ dining rooms. For those who seek under the radar food and social experiences, the underground dining scene that has been cropping up everywhere from London to Buenos Aires has now taken off in the capital of gourmets. The most visited city in the world still has some secrets well hidden behind Haussmann doors, below the tourists’ standard radar. Some of those mystery places are illegal, and as exhilarating infringement and secret might be, they could get owners into major trouble. Discover hidden kitchens’ risky, but exciting business

THE RECIPE FOR A SECRET AND IMPROMPTU RESTAURANT Secluded in private apartments, dark alleys, unmarked buildings, and behind anonymous gates, an array of hidden secret venues has popped up in the City of Light. Called “supper clubs”, “underground restaurants” or “closed doors restaurants”, these new fashionable hangouts come under various labels. The addresses circulate through word of mouth, websites or social networks; some are even kept secret by the host until your name is added to their very private guest list. Unlike a traditional restaurant, guests do not choose their menu, the unknown being also part of the excitement. Theses places are called “restaurants” but are more in-home venues to savor food made by home cooks and moonlighting chefs. The “bill” varies from 30 € to 100 € and the benefits are either donated to charity, used to cover the cost of the ingredients or often represents a sizeable salary. They have become a bit less underground and secret as people started praising them as the best thing since sliced bread all over the Internet. Now, they are even making their way into tourism guidebooks. If the underground dining scene in Paris is successful,

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it is mostly thanks to foreigners. A handful of Englishspeaking expats with a talent for entertaining caught the wave at the right moment and followed the international move a few years ago, opening their own informal little restaurants.

SOCIAL EATING Godfather of them all is Jim Haynes, a 78 yearold American artist that has been welcoming strangers is his loft for 34 years. Every Sunday, volunteer chefs cook in Jim’s apartment for at least 60 people (more than a hundred during summer, when they can all invade his garden), a mix from Paris residents and visitors from all around the world. The story of Jim Haynes’ Sunday dinners started in 1978 when Cathy, a dancer who was staying in his apartment, offered to cook for Jim and his friends every week. Since then, Jim Haynes has been holding a dinner every Sunday, except three weeks in August and received about 100,000 people over the past 34 years. 100,000 total strangers that Jim turned into friends, achieving a sort of alchemy week after week. Perched on his stool, in his blue tartan apron, he introduces every guest to the others and remembers every single name. “Some people met here and got married after”. The meal is said to be non-profit, with the suggested donation of 30 euros supporting social and artistic projects even if a well-advised sign hung on his wall says the contrary “Jim’s plan: stay at home and get paid”. Jim might now be one of the world’s most famous hosts with his legendary dinners that are mainly about networking but he is not the only one giving people the opportunity to meet and talk.

IS THERE ANY BETTER WAY TO SOCIALIZE THAN OVER A GOOD MEAL AND A GLASS OF WINE? Even the French say that Paris is a hard city to socialize in but is there any better way to make acquaintances than over a good meal and a glass of wine? Voulez-vous diner is a website that brings together French hosts and international travelers at a dinner table. Guests pay 65 € to dine in the Parisian home of their choice. I’s a successful initiative that helps tourists getting a close-up view of French culture, and all the most sampling the country’s world famous gourmet cuisine. New Friends Table might be the most secret of all the eating and meeting clubs. The location changes at each dinner and guests should reserve well in advance to get the chance to

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Jim Haynes © Metropolitan


be on the list. The 100 € donation is said to be covering the cost of the food. It might be the most upscale chance to sneak a peek behind the shutters of Parisian apartments.

EXQUISITE EXPERIENCE FOR GOURMETS Claude Cabri, know as Miss Lunch juggles her real job as an artist with Lunch in the Loft, the underground restaurant she launched a few years ago. On the contrary of Jim, Claude does not share the meal she cooks with her guests. Like a real chef, she stays in the kitchen, hidden behind a big crème curtain that separates her space from the dining room. Claude is a passionate artist and with a suggested donation of 50 €, she barely covers costs of the 5-courses meals she offers. Cooking is not a mean to make ends meets but a real experience led by her passion to share her fresh products and creative recipes with complete strangers.

Chez nous / chez vous

Chez nous/chez vous has the same modus operandi than Lunch in the Loft, except the owners speak Spanish and the donation varies from 75 to 135 € depending on the ingredients and the wine used. 135 € might sound expensive to eat a meal cooked by an advertising executive, for whom cuisine is only a hobby. Fortunately, in Paris, budgetwatchers also have a chance to eat delicious food that does not cost more than a plain prepared dish available at the supermarket. A website called Supermarmite, or “Super pot”, offers its users to sell their home cooking food to people nearby. It is a location-based social network for gourmets. Buyers browse the site to locate neighbors who have made extra portions of crème brulée or have boeuf bourguignon in excess in their kitchen. Charlotte Jouin is an unemployed visual merchandiser. A few months ago she decided to subscribe and started selling her dishes. “This website is so nice, we are in a difficult time and now, instead of getting junk food for 8 euros, you can have lasagna and salad, plus you meet the person who cooked for you. The concept is great”. The website was launched in October 2010 and already counts 6000 members. 500 orders were taken, mainly in Paris. If most of the users are individuals that sell or give extra food, some members use the website as a way to test their talents, such as Caroline, 28 years old who wants to “open a hidden kitchen”, and for whom Supermarmite is a “good opportunity to get started”. If Supermarmite is a starting point for hidden restaurants, what are supper clubs the starting point of?

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SPRINGBOARD FOR A REAL RESTAURANT For some of hidden restaurants’ owners, their secret hangout is a sort of trial, a way of seeing if their food will go over well before investing in a full-scale restaurant. This is the story of the Hidden kitchen, the most famous of all the Parisian clandestine restaurants. Opened a couple of years ago by passionate American expats, it is now closed. But they only closed it so that they could start their own restaurant.

The hidden kitchen

The religious zeal surrounding food and cuisine in France added to the excessive number of eateries in the capital makes it difficult for new chef to open their restaurant, which make an unlicensed underground restaurant a great opportunity to live out of his passion. If most of the passionate enthusiasts who have opened dozens of hidden restaurants do not generally aspire to have their traditional restaurant, the idea to go further in their love for food sometimes comes when they see how successful their secret venues are. The creators of Hidden Kitchen were two young American cooks, planning to stay in Paris only for a year’s sabbatical. They had the dream of hosting a short-term series of speakeasy-style dinners. They called their project a “dinner club” in order to avoid regulation but the secret wasn’t kept too long and Hidden Kitchen quickly became the talk of the local food scene.

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They caught the virus, and now, after many trouble getting their license because of their visa, they finally opened their own restaurant and wine bar “Verjus”.

BEHIND DOORS TO BEHIND BARS Restaurant industry is, like any other activity, subject to tax paying and to the respect of strict rules concerning safety and hygiene, rules that do not apply to unlicensed restaurants. The majority of those in-home restaurants did not bother to bring everything up to code and go down the safe route by declaring their proceeds. It is a choice, but the press pays more and more attention to these attractive venues, as authorities do as well The underground dining scene reminds the Prohibition era, when illegal, unmarked speakeasies offered alcohol, food and live music. But in France the risk is substantial if owners are caught for tax fraud. According to Mr. Deloose, responsible for the combat against illegal work, a division of tax authorities, the underground restaurants’ runners could face up to 3 years in prison and a 45,000€ fine. Tax authorities never carried out an inspection for the moment and didn’t sue anybody in Paris, for the moment. Supper clubs runners have to be careful but tax authorities pay attention to the regularity and the amount of money earned. Thus, if an executive, who earns 5,000 € a month, holds dinners once a month and makes a benefit of 500 €, he might just face a tax adjustment and be asked to close his illegal activity or to make it legal.

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INTERVIEW “Underground restaurants are an admirable initiative� * What

do you think of underground restaurants ?

They are an admirable initiative, I even helped Claude (Cabri, aka miss Lunch) to create hers. I am willing to encourage people who cook well and who love to share that passion with others. * Most of them are illegal, and are not paying charges, don’t you think it is an unfair competition for restaurants? Clients are not the same. And when the law is stupid, when the paperwork and every administrative procedure is as heavy as it is to set up a restaurant, then I encourage that type of initiative even more. I think it is better to be right than following the rules. * Do you think they could be the way of the future? Of course they are, people are tired of junk food at every corner. The new molecular cuisine with no flavor is not the future. Popular cuisine is the best and talents are everywhere.

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Gerard Vives is a famous French chef and a former restaurantowner living in Marseille.


Pressbook Anaïs Richardin