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09/03/09 P. 18 Entreprises et régions

TÊTE D’AFFICHE

Aces applique ses colles à de nouveaux marchés S e nnll i s

DE NOTRE CORRESPONDANT À AMIENS.

Tous droits réservés − Les Echos − 2009

Née de la reprise d’une partie des activités du groupe Henkel, l’entreprise senlisienne ambitionne de nouveaux développements dans le domaine des produits préappliqués et des lubrifiants. Si l’entreprise Aces a été fondée à Senlis il y a deux ans suite à l’abandon par le groupe Henkel de ses activités de produits préappliqués, son savoir-faire y est en réalité présent depuis près de quarante ans. Dans les années 1970, Charles Baur, le futur président du Conseil régional de Picardie, qui dirige alors la société Framet, importe, grâce à son frère François, le brevet américain de la colle Loctite, dont il commercialise les fameux petits flacons. En parallèle, il installe également une unité de préapplication, terme qui désigne l’encollage d’une partie du filetage d’une vis afin de la rendre indémontable ou étanche. Sur ce créneau, la société se développe jusqu’en 1997, date à laquelle ses fondateurs vendent la société au groupe Henkel. Dix ans plus tard, l’allemand se recentre sur son cœur de métier et cède le secteur des produits préappliqués. Etienne Leblanc, l’ancien responsable de cette spécialité sur le site senlisien, décide alors de reprendre l’usine et de poursuivre l’activité avec une vingtaine de salariés : « A la base, nous travaillions à 80 % pour l’automobile, témoigne le

responsable. Aujourd’hui, ce secteur ne représente plus que 50 % de notre chiffre d’affaires. Nous nous sommes diversifiés vers les secteurs de l’électroménager, de l’informatique, le mobilier urbain, ou des engins de travaux. » Toujours adossée au centre de R&D de Loctite, la société Aces tente aujourd’hui de se positionner sur de nouveaux marchés grâce à des colles capables de résister à des conditions extrêmes (de − 50 oC à + 200 oC). L’entreprise, qui a déménagé de l’ancienne friche Henkel il y a tout juste un an, pour s’installer à proximité, dans un bâtiment de 3.000 m2, a traité 100 millions de vis l’an dernier avec, désormais, une petite trentaine de salariés. De quoi lui permettre d’investir 150.000 euros dans ses nouveaux locaux et de franchir la barre des 2 millions d’euros de chiffre d’affaires : « Ces savoir-faire nous permettent de travailler pour de grands donneurs d’ordres tels que Caddy, Sauthon ou Goss. Chaque véhicule compte environ 800 grammes en moyenne de colle », poursuit le responsable. En dépit de la crise, Aces ambitionne de nouveaux développements pour les années à venir. Il compte en effet conquérir de nouvelles niches, notamment dans le secteur des produits en Inox, utilisés dans l’industrie agroalimentaire, ou des véhicules de tourisme (camping-cars) : « Nous venons d’acheter une nouvelle machine qui va nous permettre de coller des pièces en Inox. Sur ces marchés, notre croissance devrait atteindre entre 3 et 4 % par an, de même que sur celui des produits lubrifiants, secteur que nous souhaitons développer à l’avenir », conclut Etienne Leblanc. GUILLAUME ROUSSANGE


Aces Echos de Mars 2009