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DIASPORA FORESTIERE HEBDO Volume 1, Numéro 4 Dimanche 15 juillet 2018

Dans ce numéro:

Editorial

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Entretien

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A L’ECOLE DU LEADERSHIP

Mr. Edouard Niankoye HABA Président du Conseil de Ville de la municipalité de Hyattsville Etat de Maryland, Etats Unis d’Amérique


DIASPORA FORESTIERE HEBDO

Editorial Par Foromo Emile Lamah Albany, New York Une chose que nous passons assez souvent sous silence dans nos analyses des problèmes de mal gouvernance en Afrique, est bien le manque notoire d’un curriculum de développement du leadership dans nos pays. En d’autres termes, il n’existe pas d’écoles de leadership en Afrique et, par écoles, nous ne voulons pas seulement parler de formation en classe mais d’un mécanisme dynamique de production de leaders.

Nous qui vivons dans les pays occidentaux et particulièrement dans les pays anglo-saxons, savons très bien comment ce que j’appelle le ‘‘curriculum de développement du leadership’’ fonctionne. Ce curriculum peut être décrit comme une échelle sur laquelle la plupart des gens commencent leurs courses en bas et ascendent progressivement vers le sommet. C’est pourquoi vous constaterez qu’un PDG de société a d’abord été stagiaire, superviseur, manager, directeur de division, et ainsi de suite. C’est pourquoi vous verrez également que la plupart des hommes politiques ont un parcours allant du simple volontaire ou activiste au président du parlement en passant par membre de staff, élu local… Aux Etats Unis par exemple, les sénateurs qui sont de la chambre haute du congrès américain, viennent assez souvent de la chambre basse du même congrès. Les représentants de la chambre basse du congrès viennent assez souvent des législateurs ou des exécutifs d’Etats qui a leurs tours sont issus des élus locaux et ainsi de suite. Ce mécanisme, bien qu’il ne soit pas automatique parce qu’il y a toujours des exceptions, constitue pour moi un véritable curriculum de formation des leaders dans les pays avancés. Il est évident que c'est la politique qui dirige les économies des nations. La principale différence entre les pays développés et les pays en développement réside dans leur évolution politique. Les pays développés ont des systèmes politiques et économiques qui sont inclusifs et offrent des opportunités pour la plupart des gens de créer de la richesse à travers un leadership efficace tant dans le secteur privé que dans le secteur public. Cependant, le leadership dans les pays africains obéit à des systèmes politiques et économiques extractifs dans lesquels on extrait des individus à qui on confie des responsabilités sans aucun égard à leurs parcours professionnels encore moins leurs compétences. Si le système de sélection des leaders dans les pays avancés est sélectif par nature, celui dans les pays pauvres n’obéit à aucun critère de choix si ce n’est l’obédience personnelle.

‘‘La principale différence entre les pays développés et les pays en développement réside dans leur évolution politique. ’’.

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‘‘Aucun pays ne peut se développer en l’absence d’un système cohérent de formation et de développement de ses leaders..’’

L’incompétence dans le leadership dans la plupart des pays africains est le reflet de la culture de leadership qui a un caractère intuitif. Aucun pays ne peut se développer en l’absence d’un système cohérent de formation et de développement de ses leaders. On fait souvent l’erreur de mettre en cause nos dirigeants politiques oubliant que c’est le système ou la culture de leadership qui a besoin d’un changement radical. A ces leaders politiques qui pensent qu’il suffit juste de changer d’équipe pour que les choses aillent, je dis ceci : nous avons eu différents leaders pendant des décennies avec les mêmes résultats. Ce qu’il nous faut dans nos pays africains c’est de les doter d’un système qui les gouverne et de créer un environnement qui produise des leaders assujettis à ce système. Dans une vraie démocratie, ce ne sont pas des hommes qui gouvernent mais un système de gouvernement mis en place et dans lequel les leaders deviennent de simples employés au service de ce système, en est le principal gouvernant.

Pour avoir un tel système, il faut créer un curriculum de formation de ces employés qui deviennent indéniablement les vrais acteurs d’un tel système de leadership. Votre hebdomadaire a rencontré cette un adepte et un élève de celle école de leadership. Nous vous livrons dans ce numéro l’intégralité de l’entretien que nous avons eu avec Mr. Edouard Niankoye Haba.

Foromo Emile Lamah Albany, New York

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DIASPORA FORESTIERE HEBDO Entretien avec Mr. Edouard Niankoye Haba Dans sa rubrique intitulée ‘‘dénichement des compétences’’, Diaspora Forestière Hebdo (DF Hebdo) a reçu cette semaine Mr. Edouard Niankoye Haba (Mr.Haba), président du conseil de ville de la municipalité de Hyattsville, dans l’Etat de Maryland, aux Etats Unis. Dans cet entretien exclusif, Mr. Haba nous partage ses expériences politiques aux Etats Unis et plus particulièrement son expérience en tant qu’élu local.

Mr. Edouard Niankoye Haba

DF Hebdo: Bonjour Mr. Haba! Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs s’il vous plait? Mr. Haba: Je suis Edouard Niankoye Haba. Je réside dans la ville métropolitaine de Washington DC et précisément dans la ville de Hyattsville où je suis le président du conseil municipal de la ville et en plus de ça, du point de vue professionnel, je suis médiateur au niveau du tribunal de première instance de Washington DC. DF Hebdo: Merci Mr. Haba et toutes nos félicitations pour ces fonctions importantes que vous assumez tant au plan professionnel qu’au niveau de votre municipalité. Dites-nous Mr. Haba, comment en êtes-vous arrivé là et qu’est-ce qui vous a motivé à vous présenter au poste de conseiller municipal dans la ville de Hyattsville ? Mr. Haba: Je pense que la raison est très simple Mr. Lamah, c’est tout à fait pour pouvoir participer à la vie politique, sociale, culturelle de la ville où je réside, de la communauté dans laquelle je réside. Souvent on s’isole nous-même, on a tendance à s’isoler lorsqu’on est dans la diaspora en se disant je suis diaspo, je viens de tel pays et tout en oubliant que nous nous sommes beaucoup battus pour arriver là où nous sommes et aussi beaucoup investis pour obtenir la citoyenneté. Une fois que j’avais obtenu ma citoyenneté, je me suis dit qu’il ne faut pas simplement s’asseoir pour être un simple votant mais il faut aussi aller au-delà pour participer activement à la vie politique, à la vie de la communauté dans laquelle je vis. Donc c’est dans ce sens que je me suis engagé en me disant que Hyattsville c’est désormais ma ville de résidence, les Etats Unis c’est désormais mon pays de résidence, donc il est important que je ne pense pas simplement à la Guinée mais il faut m’investir ici politiquement pour avoir une influence sur les prises de décisions au niveau de la ville, les lois qui sont passées et comment nous pouvons fonctionner en tant que ville. DF Hebdo: En tant qu’immigrant et de surcroit francophone (j’imagine que le français est votre première langue officielle), était-il facile pour vous de briguer un tel mandat au niveau du conseil de la ville? 4


DIASPORA FORESTIERE HEBDO Mr. Haba: Il faut être honnête pour dire que la langue n’est pas une barrière en soi. Ici aux Etats Unis s’il y a un principe auquel je crois, c’est surtout le principe de la compétence. Lorsque vous avez la compétence, même si vous ne vous exprimez pas correctement dans la langue mais vous puissiez au moins véhiculer le message pour pouvoir vous exprimer et avoir des échanges, les gens n’auront pas de problème à vous faire confiance ou bien à vous octroyer des postes de décision. Personnellement la langue n’a pas été un handicap pour moi du moment où je me suis investi dans la communauté et je me suis intéressé aux activités de la communauté. C’est donc en m’intéressant aux activités de ma communauté que j’ai réussi à abattre ces barrières qui existaient comme le fait de ne pas être bien connu dans la communauté ou le fait de ne pas savoir par où commencer. Pur moi tout à commencer en m’intéressant aux activités communautaires avec mes voisins et autres électeurs potentiels, ce qui m’a permis de faire tomber ces barrières.

‘‘Ici aux Etats Unis s’il y a un principe auquel je crois, c’est surtout le principe de la compétence.’’

DF Hebdo: J’avoue que je savais que vous étiez conseiller municipal mais j’ignorais que vous étiez président du conseil de ville. C’est quelques minutes avant notre entretien que j’ai découvert cette réalité sur l’internet. Quelles sont vos responsabilités en tant que président du conseil de ville et quelles sont les responsabilités du conseil de ville en tant qu’organe législatif de la ville de Hyattsville? Mr. Haba: C’est une très belle question et je vais commencer par mon rôle en tant que président du conseil de ville en commençant par comment on est élu d’abord président du conseil. L’élection du président du conseil est une élection qui se tient au sein des conseillers locaux. Tous les conseillers qui sont élus se retrouvent après l’élection générale pour ensuite désigner toujours par élection le président et le vice-président du conseil de ville. C’est donc à travers cette confiance de mes paires que j’ai été élu comme président du conseil pour la première fois en 2015 et pour la deuxième fois en 2017. Je suis donc dans mon deuxième mandat de deux ans comme président du conseil de ville. Si le maire n’est pas là, j’assume automatiquement l’intérim en tant que maire intérimaire mais aussi en partenariat avec le maire, le viceprésident du conseil et l’administrateur de la ville, nous décidons des sujets qui doivent être débattus au niveau du conseil. Si vous le voulez, on décide de l’agenda du conseil. Je suis aussi le ponds entre tous les conseillers dans la mesure où s’ils ont des plaintes ou des lois qu’ils veulent faire passer ils peuvent venir à moi pour que je les aide et leur donne des idées pour voir comment ils peuvent faire avancer leurs causes. Le premier rôle qui revient au conseil de ville c’est le rôle de législateur. Nous légiférons tout ce qu’il y a comme lois dans la ville. Donc nous passons les lois, règlementons comment les gens doivent vivre, comment ils doivent se comporter, comment organiser la ville, nous décidons s’il faut recruter le personnel de la police, etc... Mais aussi et surtout nous passons le budget de la ville en décidant ce qu’il faut comme le taux d’impôt à imposer aux résidents de la ville. En quelque sorte nous régissons la vie dans la ville.

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DIASPORA FORESTIERE HEBDO DF Hebdo: Quelles sont vos visions au-delà des fonctions que vous assumez actuellement dans votre municipalité ? Comptez-vous éventuellement un jour vous présenter comme maire et même au-delà ? Mr. Haba: c’est un jeu politique où on n’exclut jamais les possibilités, toutes les options étant sur la table. Pour l’instant je me contente de là où je suis. Il n y a pas mal de résidents ou de conseillers qui aimeraient me voir au-delà des fonctions que j’assume actuellement mais on n’a pas encore pris de décision et le moment venu, on vous tiendra informer. DF Hebdo: En tant que guinéo-américain, quel parallèle faites-vous entre la gestion d’une municipalité aux Etats Unis comme la ville de Hyattsville dont vous êtes président du conseil et celle des villes ou municipalités guinéennes ?

Mr. Haba: Je dirais que c’est difficile de faire une comparaison entre les deux parce que c’est comme entre la nuit et le jour si vous le voulez. En Guinée, ce que vous avez et malgré qu’on parle de décentralisation ou bien de collectivités locales, la pratique n’est pas ça. En Guinée vous avez toujours des élus locaux qui répondent plutôt à des personnes qui sont nommés tels que le préfet, le gouverneur, le sous-préfet. Bien qu’ils soient élus par le peuple, ils se retrouvent toujours en train de recevoir des ordres des cadres nommés par le pouvoir central. Malgré que les textes qui régissent la gestion des collectivités locales en Guinée soient très clairs, la réalité n’est malheureusement pas le cas. Ici ce que nous avons c’est tout à fait cette indépendance totale de ces collectivités ou bien de ces municipalités. Aux Etas Unis, une fois que vous êtes une municipalité, vous avez vos propres textes de lois. Tout ce qu’on vous demande est que vos textes de lois ne soient pas contraires aux textes de lois de votre Comté ou de votre Etat ou encore de la nation. A partir du moment où vos lois ne sont pas en porta faux avec les lois de la nation ou de l’Etat, vous avez totalement la liberté de vous organiser et de décider de ce que vous avez à faire à votre niveau. Vous pouvez avoir votre propre département de la police, vous pouvez avoir votre propre département des travaux publics, vous pouvez avoir votre département de la recréation. Donc vous pouvez décider de tout ce qui concerne l’administration de la ville sans avoir à répondre à un pouvoir central. Le seul poids que le pouvoir central a par exemple sur notre municipalité c’est le droit d’audit de nos finances. Chaque année, l’Etat de Maryland audite donc nos finances pour s’assurer que nous même nous sommes en conformité avec les lois et que les biens de la communauté sont en train d’être gérés de façon responsable. Alors si je dois dire qu’il y a une distinction directe c’est qu’ici c’est vraiment la décentralisation et cette indépendance de ces collectivités locales contrairement à ce qui se passe en Guinée où vous pouvez voir le président de la république qui suspend un maire ou qui enlève un maire ou bien un maire qui n’arrive pas à prendre des décisions parce que le préfet ou le gouverneur y est opposé.

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DIASPORA FORESTIERE HEBDO DF Hebdo: Il y a eu des élections municipales en Guinée en février de cette année et jusqu’à présent les conseillers municipaux ne sont pas encore installés dans leurs fonctions. Pensezvous que cela soit faisable ici aux Etats Unis ? Qu’est ce qui explique selon vous la façon dont fonctionne la démocratie chez nous en Guinée ?

Mr. Haba: Vous savez ce qui est le gros du problème chez nous est qu’on pense que les textes de lois sont là uniquement quand ça nous arrange et quand ça ne nous arrange pas on les met de côté. Cela n’est pas imaginable ici aux Etats Unis. Nous avons dans les statuts qui régissent la ville donc la charte de la ville qui stipule quand est ce que les élections doivent se tenir, quand est ce que les nouveaux élus doivent prendre fonctions et en aucun cas on ne viole ces dates. Tout le monde sait à l’ avance quand est ce qu’il faut déposer les candidatures, le jour où l’élection doit se tenir est déterminé dans la charte, la programmation des résultats, la prise de fonctions. Donc il n’y a pas de retard à ce niveau. Tout est connu à l’avance et en aucun cas on va à l’encontre de la charte de la ville. Ce qui se passe en Guinée est simplement inimaginable dans la mesure où ils ont politisé les élections au niveau des communautés rurales. Vous avez si vous le voulez un kidnapping de ces communautés par les forces politiques qui ne s’entendent pas, ce qui fait qu’il y a en quelque sorte une paralysie totale au mépris de la volonté des populations. Je trouve dommage et déplorable ce qui se passe actuellement en Guinée.

‘‘Vous avez si vous le voulez un kidnapping de ces communautés par les forces politiques qui ne s’entendent pas, ce qui fait qu’il y a en quelque sorte une paralysie totale au mépris de la volonté des populations.’’

‘‘Je dirais que c’est difficile de faire une comparaison entre les deux parce que c’est comme entre la nuit et le jour si vous le voulez. En Guinée, ce que vous avez et malgré qu’on parle de décentralisation ou bien de collectivités locales, la pratique n’est pas ça.’’

DF Hebdo: A vous entendre parler, on constate que vous avez certainement une grande expérience dans la gouvernance ou l’administration d’une municipalité. Que faites-vous pour faire profiter cette expérience à nos compatriotes guinéens ? Mr. Haba: Je continue à suivre la Guinée de près. On n’a pas oublié la Guinée, j’échange avec certains leaders politiques sur le terrain, je donne des conseils et je milite également dans un parti politique de la Guinée. Tout cela me permet de garder le contact et d’apporter mon grain de sel dans ce que je peux faire. Il est aussi envisagé qu’une fois que les nouveaux élus locaux auront pris fonction, que je fasse un tour du côté de la Guinée pour pouvoir soit animer un atelier ou bien en tout cas un séminaire de formation en ce qui concerne la gestion des collectivités locales. J’ai déjà été approché par un leader politique dont les candidats vont occuper une ou deux municipalités et qui voudrait que je vienne animer cet atelier pour pouvoir les préparer en ce qui concerne la gestion de la municipalité.

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DIASPORA FORESTIERE HEBDO DF Hebdo: Quels conseils donnez-vous aux membres de la diaspora qui seraient intéressés à s’engager politiquement dans leurs localités respectives ? Mr. Haba: Je dirais simplement à nos frères et sœurs de la diaspora de ne pas avoir peur ou bien de ne pas être intimidés ou bien de ne pas considérer certaines barrières que j’appellerais artificielles. Que vous soyez citoyens ou pas vous pouvez toujours vous engager. Il y a beaucoup de résidents qui sont ici aux Etats Unis et qui ne sont pas citoyens mais qui sont des activistes. Vous pouvez influencer les prises de décision tout simplement en vous intéressant à la vie de votre communauté, en vous intéressant aux décisions qui vous affectent. Souvent, comme on a tendance à le faire en Afrique, on reste de simples consommateurs de ce qui est décidé par les autres. Je dirais qu’il faut prendre le devant pour être des acteurs de ces prises de décision. Si vous avez encore la chance d’être citoyen, il faut aller au-delà du simple activisme pour vous présenter à des postes de décision, à des postes électifs. Peut-être de loin ça semble être très difficile ou bien insurmontable mais ce que je puis vous dire, si vous êtes engagé au niveau de votre communauté, vous tissez un peu des rapports avec les autres résidents, qu’ils sachent que vous vous intéressé, vous avez une intention noble pour la communauté… eh bien croyez-moi vous n’aurez pas de problème à vous faire élire. J’ai été élu dans ma municipalité et dans mon district seulement trois ans après que j’étais résident de cette municipalité mais pendant ce temps j’avais commencé à m’intéresser à tout ce qui se passait dans la ville, à tisser ces rapports, à ne pas m’isoler… à être membre intégral dans la communauté. Donc c’est ce que je lance comme appel à nos frères et sœurs de la diaspora : intéressez-vous à votre communauté locale, faut pas simplement être des consommateurs mais soyez également des preneurs de décision en ce qui concerne votre vie en communauté où que vous soyez. DF Hebdo: Quels conseils donnez-vous aux guinéens et plus particulièrement à ceux qui seront bientôt installés comme conseillers communaux ? Quels conseils donnez-vous aux autorités guinéennes ? Mr. Haba : De façon générale je dirais aux leaders guinéens et aux autorités politiques d’arrêter et de mettre fin à ce kidnapping de la volonté du peuple et de laisser les élus locaux prendre fonction comme ils ont été élus. Il faut aussi leur donner l’indépendance qui leur est accordée dans les textes des collectivités locales. A ces nouveaux élus une fois qu’ils vont prendre fonction, je leur demande aussi de ne pas avoir peur, d’assumer leur indépendance vis-à-vis du pouvoir central et d’agir conformément aux textes des collectivités et en toute conscience pour pouvoir améliorer les conditions de vie de nos populations. Vous n’êtes pas sans savoir que le pouvoir central ne peut pas tout faire et comme on le voit, il y a beaucoup de domaines où ces collectivités locales si elles sont fonctionnelles, peuvent beaucoup améliorer les conditions de vie de nos populations contrairement à un pouvoir central qui n’a pas les moyens d’intervenir un peu partout. Le message ici est que vous des mairies ou des districts, vous avez les moyens de changer les conditions de vie de vos populations. N’attendez pas que le pouvoir central viennent tout changer à votre place et ne croyez pas que vous relevez du pouvoir central. Vous avez le plein pouvoir de vous organiser et d’impacter la vie de vos citoyens de façon positive. 8


DIASPORA FORESTIERE HEBDO DF Hebdo: Quels sont vos derniers mots Mr. Haba : Mes derniers mots c’est d’abord vous remercier pour l’opportunité que vous m’avez accordée pour l’entretien et aussi vous encourager dans la démarche que vous avez entreprise pour faire savoir à chacun de nous comment nous pouvons participer. Je veux inviter aussi nos frères et sœurs de la diaspora à s’intéresser et à ne pas avoir peur comme on le disait tantôt ou ne pas être intimidés par la chose politique, mais être des acteurs clés dans leurs communautés. Je dirais aussi et surtout que nous devons tous travailler ensemble pour changer les conditions de vie dans notre pays, influencer de près ou de loin dans la mesure du possible et selon nos capacités, la façon dont la gestion est faite pour que nous ayons réellement un environnement dans lequel les élus locaux travaillent pour le peuple sans aucune peur d’être limogés ou ennuyés par le pouvoir central. En quelques sortes ce sont là un peu mes derniers mots pour dire prenons conscience de la situation, assumons notre responsabilité et changeons de façon positive la vie de nos citoyens et de nos populations.

‘‘Notre objectif ici est donc d’encourager les uns et les autres à saisir ces opportunités autant qu’ils peuvent. Nous vivons dans des pays où nous avons la chance d’avoir cette égalité devant les lois.’’

‘‘De façon générale je dirais aux leaders guinéens et aux autorités politiques d’arrêter et de mettre fin à ce kidnapping de la volonté du peuple et de laisser les élus locaux prendre fonction comme ils ont été élus. Il faut aussi leur donner l’indépendance qui leur est accordée dans les textes des collectivités locales.’’

DF Hebdo: Merci bien Mr. Haba, nous sommes très ravi pour l’entretien que vous venez de nous accorder. Nous espérons que cela va aider à éveiller les consciences parce qu’on constate une vraie réticence au sein de nos différentes communautés dans la mesure où les gens s’éliminent automatiquement alors que nous vivons dans des pays de grandes opportunités. Notre objectif ici est donc d’encourager les uns et les autres à saisir ces opportunités autant qu’ils peuvent. Nous vivons dans des pays où nous avons la chance d’avoir cette égalité devant les lois. Il nous suffit simplement d’être en conformité avec ces lois pour pouvoir saisir ces opportunités. Vous venez de dire que nous devons travailler ensemble pour le bénéfice de notre pays où, il faut le reconnaitre, il existe un véritable vide de leadership. Contrairement à notre pays d’origine, il existe un mécanisme de formation de leaders dans nos pays de résidence et on a tendance à ne pas avoir conscience de cela en Guinée. Je vous encourage dans les démarches que vous comptez prendre en direction de la Guinée dans le but de participer à la formation des leaders guinéens surtout au niveau local. Je vous remercie !

Mr. Haba : Merci Mr, Lamah et vous avez tout à fait raison pour dire que le leadership ça s’apprend. On ne l’acquiert pas comme ça. Ici par exemple au niveau de nos municipalités du Maryland mais aussi dans les comtés de L’Etat, vous avez l’association des municipalités. Au sein 9


DIASPORA FORESTIERE HEBDO donc de ces associations de municipalités les élus locaux se retrouvent périodiquement pour échanger nos expériences mais aussi nous former davantage pour les questions liées à la gestion de nos municipalités. Il y a également un partenariat que les municipalités ont développé avec l’université de Maryland pour des formations d’excellence dans le leadership. Entretien réalisé par Mr. Foromo Emile Lamah

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‘‘J'ai lutté contre la domination blanche et j'ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J'espère vivre assez pour l'atteindre. Mais si cela est nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.’’ Nelson Mandela

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Hebdomadaire No 4  

A L’ECOLE DU LEADERSHIP !

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