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COOPÉRATION ÉCONOMIQUE SINO-TAÏWANAISE dilemme sans réplique

Le mouvement anti-ALEST :

l’angoisse d’une sinisation déguisée A l’ère de la mondialisation où le libre-échange est primordial pour le développement économique, où un grand nombre de pays lorgnent l’accès au marché chinois. Taïwan (Formose), situé à 130 km du monstre n’y échappe pas. Confronté à sa puissance économique, menacé par ses by Shan Ru LIN

revendications politico-militaire, Taiwan est plus que jamais dans la nécessité de s’ouvrir au monde en abaissant les barrières du commerce extérieur. Cependant, barré par la Chine, Taiwan est diplomatiquement presque inexistant sur la scène internationale. En empêchant Taiwan de signer tout accord commercial, tout en lui ouvrant son marché intérieur, la Chine force Taiwan à dépendre de son économie et faire du pays son vassal. Après la présidence indépendantiste du président Shui-Bian CHEN, Le parti nationaliste du Kuomintang (ci-après KMT) pris le pouvoir en 2008. Dans un secret absolu, le président MA entreprit des négociations en vue d’un rapprochement avec le continent. Les perspectives d’un rapprochement économiques n’étaient certes pas automatiquement rejetées par la population, mais la signature d’accords commerciaux sans consensus préalable au sein du pays provoqua l’ébullition de l’opinion

publique. Avec une oreille de sourd, le gouvernement KMT a persisté et continué à nouer des contacts avec le gouvernement chinois, jusqu’à ce que l’incident du lait empoisonné à la mélamine éclate en Chine et refroidisse son ardeur. La visite du président de l’association des relations sino-taïwanaises Chen Yunlin en novembre 2008 marque la deuxième étape du malaise. Afin d’empêcher toute protestation face à l’arrivé de l’officiel chinois, le gouvernement du président MA décide déployer un dispositif exceptionnel de renforcement de la police dans la capital. Les drapeaux de Taiwan sont interdits dans les rues, les chants taiwanais prohibés et les manifestants réprimés le 6 novembre 2011 par les forces spéciales et unités anti-émeutes. Des centaines de blessés sont recensés à l’issue de cette journée noire pour la démocratie taiwanaise. Face aux abus de la police, les étudiants se rassemblent sur la Place de la liberté et décide de l’occupé pour une durée indéterminée. Pendant un mois, ils subissent

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critiques et menaces du gouvernement, le président MA refusant toute négociation, décide de les expulser une nouvelle fois par la force. En dépit des différentes protestations depuis cette visite, le gouvernement MA persiste et signe l’ACCE (l’accord-cadre sur la coopération économique) en 2010. Depuis la signature de l’ACCE, le destin de l’île est lié à la Chine et les accords commerciaux sous le cadre de l’ACCE n’ont cessé d’être signés, enchainant de plus en plus les deux pays. 16 accords bilatéraux lient aujourd’hui les deux pays dont le dernier, l’accord de libre échange des services et des capitaux, l’ALEST. Une nouvelle fois, la découverte soudaine de la signature d’un nouvel accord avec la Chine provoque la colère et l’inquiétude des taïwanais. Les secteurs concernés réagissent immédiatement et accuse le gouvernement d’opérer dans la plus grande opacité. L’absence d’étude sur les influences de l’accord, provoque l’incompréhension générale de la population et enflamme les députés de

l’opposition au sein du Parlement. Face aux avis divisés, le gouvernement MA est entré en négociation avec le plus grand parti de l’opposition, le Parti Démocratique Progressiste (ci-après le DPP). Les discussions aboutissent sur un compromis, d’organiser plusieurs missions parlementaires, afin d’échanger avec les secteurs concernés, ainsi qu’un examen « article par article » en commission, avant l’approbation par le Parlement. Toutefois, la controverse principale de l’ALEST n’est pas dans son contenu, mais dans son opacité, ainsi que sa non-conformité au regard des normes de l’Organisation Mondial du Commerce (ci-après OMC). En s’enfermant dans un accord cadre bilatéral, Taiwan abandonne en cas de conflit commercial avec la Chine, la possibilité de recourir à l’arbitrage de la Chambre de Commerce International, pour entrer dans un mode de règlement de litige bilatéral, où le poids économique de la Chine rend toute décision favorable à Taiwan illusoire. A cela s’ajoute, qu’en agissant dans la plus grande opacité, ni la Chine,

ni le gouvernement du président Ma ont communiqué avec l’OMC, comme ils en avaient l’obligation, conformément aux accords signés à l’OMC. En manquant à ces obligations de transparence et de communication, ce sont tous les travaux préparatoires, toutes les études et rapports ayant servis à la négociation, voir la liste même des diplomates qui ont participé à l’élaboration de l’ALEST qui sont dissimulés du grand public. Volontairement pris dans ce pièce, le gouvernement MA, met les taiwanais devant le fait accomplis et pose le dilemme de choisir entre une coopération économique certes rapprochée, mais sous le bien vouloir de la Chine ou de subir les rétorsions de l’ogre chinois. Le dilemme est alors grand pour l’économie déjà fragile de Taiwan. La situation diplomatique difficile du pays n’est pas contestée par l’ensemble de la classe politique, la majorité des taiwanais par ailleurs la comprenne. Toutefois, ce qui provoque aujourd’hui la colère du peuple est l’attitude, ainsi que la volonté du seul

président MA de forcer le pays à entrer encore plus sous la dépendance de la Chine alors que sa popularité vacillent autour des 9%, depuis déjà près d’un an. En passant en force l’ALEST au Parlement, c’est tout le système de représentation démocratique ainsi que le rôle du Parlement qui est remis en cause. Puisqu’en voyant l’ALEST s’enlisé dans les discussions parlementaires, le président MA a tout simplement ordonné à ses députés de le déclarer apte à subir l’approbation final du Parlement, comme tout texte réglementaire qui dépasserait la durée d’examen des 3 mois. En passant en force l’ALEST en moins de 30 secondes, c’est le compromis trouvé au mois de juin qui éclate et c’est de cette manière que le mouvement anti-ALEST a définitivement vu le jour. Dans la journée du 18 mars 2014, les étudiants déclarent la perte de toute fonctionnalité du Parlement et la nécessité de rendre l’hémicycle au peuple. L’opération de la prise du Parlement est lancée et suivie immédiatement par près de 400


étudiants. Surpris et en sous-effectif, le Parlement est investi et définitivement occupé vers 21h par les étudiants. En occupant le Parlement, c’est la perte de confiance de la jeunesse taiwanaise à l’égard du système qui éclate, c’est la défiance envers le gouvernement actuel qui est mis en avant, c’est la volonté de restaurer la démocratie qui conduit le cœur de chaque étudiant. La nuit du 18 mars 2014 est marquée par 5 opérations de police, afin de déloger les étudiantes, mais elles échouent toutes. Au petit jour du 19 mars 2014, tout Taiwan est au courant de la prise pour la première fois du Parlement et marque le début d’une des plus importantes protestations étudiante de l’histoire de Taiwan. Au sixième jour de l’occupation, le Président Ma décide de prendre la parole, toutefois, l’intervention télévisée est une déception. Ce dernier se borne à rappeler que les citoyens doivent respecter la loi et respecter les décisions importantes du gouvernement. Au soir du 23 mars 2014, la déception se traduit par une lutte amplifiée et par la prise du palais ministériel. Le sit-in est

violemment réprimé vers minuits, les forces spéciales ainsi qu’unité anti-émeutes appelées en renfort évacuent les médias, interdisent l’accès aux médecins, avocats et utilisent boucliers, bâtons, jet d’eau. Les cris retentissent, les boucliers résonnent et cognent, le sang coule, les étudiants sont tabassés, plus d’une centaine sont transférés aux urgences A ce jour, le gouvernement MA n’est toujours pas enclin discuter et refuse de retirer l’accord à l’origine de la colère du peuple. La seule « concession » obtenue des étudiants est un examen de l’ALEST. Or nul est dupe pour constater que dans le cadre d’un examen au Parlement, le président MA, également chef de parti du KMT, n’aura aucun mal à faire passer le texte souhaité. Dans un pays tel que Taiwan où la reconnaissance internationale est difficile et la question identitaire encore discutée, tout accord d’ouverture économique avec la Chine est sensible. Les effets de la mondialisation sont

particulièrement visibles dans ces situations, puisque les deux pays partagent une langue proche et une culture similaire. Avec une balance économique déjà largement déséquilibrée, les effets de l’ALEST ne peuvent qu’être la sinisation structurelle de l’industrie taiwanaise, ainsi que la délocalisation de la population active vers la Chine. Avec une diplomatie agonisante, un taux de chômage jamais atteint, une population de plus en plus diluée par les travailleurs venant du continent ; Ce n’est pas la mondialisation qui est craint à Taiwan, mais bien plus la perte de l’identité taiwanaise, forgée durant ces 120 dernières années de différence avec la Chine, cette indépendance qui risque de disparaître via le rapprochement économique avec la Chine qui est le véritable malaise et inquiète le plus profond de chacun.

* Sigles : [ ACCE ] Accord-cadre sur la coopération économique [ ALEST ] Accord de libre-échange sino-taïwanais des services et des capitaux [ DPP ] Parti démocratique progressiste [ KMT ] Kuomintang, Parti nationaliste chinois [ OMC ] Organisation mondial du commerce

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by Wanchin Lin

Différences entre l’ACCE et l’ALE : les facteurs chinois dans les accords de libre-échange sino-taïwanais

Avec les technologies actuelles, la librecirculation des capitaux, de la force de travail et des marchandises va bien au-delà des ethnies, des religions et des frontières. La force de pénétration des capitaux, semble pour le moment insurpassée dans toute l’histoire humaine, bâtissant un empire colossal du capital à l’échelle planétaire. Les pays du monde entier ne cessent d’établir des accords de libre-échange régionaux, afin d’éliminer les obstacles techniques au commerce et d’abaisser les droits de douane. La circulation des capitaux est alors d’autant plus facile, d’où l’apparition de la mondialisation et de la gouvernance transnationale. En parallèle, en réaction au libre-échange régional surgit le protectionnisme dont le but est de protéger les industries locales.

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En tant que pays insulaire, Taïwan dépend et doit s’engager dans le commerce international. Cependant, considérons la situation diplomatique de Taiwan : l’obstruction chinoise est omni- présente, ce qui empêche non seulement la signature des accords de libre-échange, mais aussi le développement des relations diplomatiques officielles avec les autres pays. De ce fait, les relations internationales de Taïwan sont effectivement déséquilibrées et penchent fortement dans le domaine économique, au détriment des relations politique. Ceci est d’autant plus grave que son économie est étroitement liée à l’importation et à l’exportation avec son voisin chinois. Après la signature de l’ACCE (accord-cadre sur la coopération économique) en 2010 avec la Chine, est prévue une série d’accord sur les services (ALEST), sur les marchandises et autres, cependant que la contestation des citoyens, s’opposant à ces accords avec la


Chine, n’a jamais cessé. Au jour d’aujourd’hui, la signature en coulisse et la ratification désinvolte de l’ALEST ont provoqué l’occupation du Parlement par les étudiants taiwanais. Ces derniers ont choisi de protester en paralysant le Parlement pour endiguer les actions menées par le Président Ma qui ignorent l’opinion publique et les diverses controverses. Pourquoi les Taïwanais redoutent-ils autant l’ALEST ? Il est vrai que dans le monde actuel, mondialisme et protectionnisme coexistent dans tous les pays, de ce point de vue Taïwan n’échappe pas à la règle : ouverture du marché et protection des industries locales sont les deux voies qui cohabitent. Cependant, face à la Chine, l’angoisse de la société taiwanaise est plus complexe : ce n’est plus simplement une question d’accord de libre-échange, car un certain nombre de facteurs spécifiques aux relations sino-taiwanaises y jouent un rôle primordial. Ainsi, mis à part les inquiétudes sur la détérioration de la situation des travailleurs commune à toutes les régions où un tel accord est appliqué, les phénomènes de remise en cause des frontières

politiques et la montée de la gouvernance transnationale sont à l’origine de la crainte des Taïwanais qui s’inquiètent de l’assimilation chinoise par l’économie et de la perte de souveraineté taïwanaise. La divergence politique entre la Chine et Taïwan remonte à plus de 65 ans dans l’histoire. En effet on peut situer l’origine de la situation actuelle à 1949, année où le Kuomintang (Parti nationaliste chinois) s’est réfugié sur l’île après sa défaite contre le Parti communiste. Malgré le partage d’une même langue et d’un même patrimoine historico-culturel, Taïwan a depuis établi la première république démocratique de l’Asie, tandis que la Chine continentale a adopté un régime communiste dictatorial, et que la Révolution culturelle a radicalement transformé son paysage culturel et l’état d’esprit de son peuple. Pendant ces 65 ans, Taïwan a certes vécu un long moment sous le joug de la loi martiale, mais progressivement la démocratie et la liberté se

sont épanouies. En comptant à partir de la fin de la loi martiale, cela fait seulement 25 ans que les Taïwanais jouissent d’une identité nationale en propre. La démocratie a évidemment influencé Taïwan dans les domaines économique et culturel, de sorte que la différence culturelle entre les deux rives du détroit de Taiwan s’accentue de plus en plus. Même si les différences culturelles, économiques, et politiques s’accumulent au fil du temps, les Taïwanais sont également tiraillés dans leur identité entre diverses idéologies formées pour des raisons historiques. Qui sont les Taïwanais ? Sont-ils chinois ? Des Chinois japonisés après 50 ans de colonisation ? Ou bien... ? Les Taïwanais ne sont à l’heure actuelle pas toujours d’accord sur la façon de décrire leur identité, sans mentionner que le mot «Taïwanais» n’existait même pas avant l’apparition d’une conscience de sa propre identité. Aujourd’hui, les Taïwanais sont toujours en train de se construire une identité, et vu la diversité culturelle sur cette île d’ immigrants, les taiwanais ont d’abord appris à répondre à cette question “en creux”

par élimination. Ainsi, les Taïwanais ne sont pas des Chinois, voilà la première pierre constitutive de l’identité taiwanaise. Un ALE régional peut transformer la structure économique d’un pays. Certains gagnent en compétivité et d’autres perdent, ce qui fait qu’un ALE est souvent accompagné par des manifestations. Néanmoins, les ALE ne transforment pas uniquement les conditions de l’emploi, souvent, ils entrainent des problèmes de délocalisation des investissements et de la force de travail. Dès lors, les ouvriers d’un pays peuvent être manipulés par des investisseurs d’un bout à l’autre du monde ; ce contrôle arrive même à s’affranchir des lois et des coutumes. À titre d’exemple, les ouvriers dans une usine, motivés par le salaire, se comportent de façon uniforme. Cette uniformité dépasse même toute autre contrainte imposée par la société. La mondialisation n’est pas seulement l’uniformisation des marchandises et des

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paysages culturels, elle dépasse les fronti��res, les régions, voire les cultures par l’intermédiaire de l’endoctrinement et de l’unification des comportements des travailleurs. Actuellement, même les pays qui jouissent d’une identité nationale stable, d’une souveraineté indépendante, reconnue par la communauté internationale peuvent redouter la mondialisation, qui s’accompagne de la gouvernance multinationale et de la remise en cause des frontières, sans parler de Taïwan, pays qui cherche encore un consensus au sein du pays sur son identité propre et dont la souveraineté est souvent défiée par la communauté internationale. En ce sens, l’accord de libre-échange avec la Chine n’est pas signe de mondialisation mais de la sinisation des structures économiques de l’île, ainsi que de la mise au pas des travailleurs taïwanais soumis aux bons vouloir des capitaux chinois. Ce qu’entraine les accords de libre-échange sino-taïwanais n’est sans doute pas équivalent à

une unification politique, mais du fait des nouvelles structures économiques et du contrôle de la force de travail par les capitaux, les différences culturelles et sociales fondées par la démocratie taïwanaise depuis une vingtaine d’années seront détruites de l’intérieur, ce qui conduira Taïwan dans une impasse. En réalité, les menaces diplomatiques ou même l’emploi de la force militaire par la Chine ne sont pas la principale source d’inquiètudes des Taïwanais, car il y a toujours l’espoir d’une intervention de la communauté internationale. L’attitude anti-chinoise provient essentiellement de la répugnance de l’intégration “par l’intérieur” dans la Chine. De sorte que, même si Taïwan reste encore autonome et indépendant politiquement, l’identité Taïwanaise, qui s’enrichit socio-culturellement jour après jour, sera remodelée par les structures économiques et les capitaux chinois, pour ne plus en laisser qu’un nom géographique, coquille vide de sens. Quant au marché chinois, Taïwan, comme

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tous les autres pays au monde, le scrute avec envie tout en s’en méfiant. La dépendance vis-à-vis de la Chine due aux nombreux échanges est réelle : le marché chinois est irrésistible et l’ouverture du marché taiwanais en contre partie semble inévitable. Taiwan est tiraillé entre la nostalgie de la croissance économique dans les années 70, et souhaite retrouver son rang au sein des quatre dragons asiatiques ; mais face à la puissance grandissante de son voisin chinois, il semble impossible de ranimer son économie en renonçant au marché chinois. C’est ainsi que dans les discussions menées par l’ALEST, des sentiments divergents se confrontent : non à la pénétration de la puissance chinoise dans l’économie taïwanaise, et hésitation à refuser l’ouverture du marché chinois aux Taïwanais. * Sigles : [ ACCE ] Accord-cadre sur la coopération économique [ ALE ]

Accord de libre-échange [ ALEST ] Accord de libre-échange sino-taïwanais des services et des capitaux

L'accord tacit des parties politiques contre l'accord de libre-échange A peine mis au courant de cet arbitrage brutal au sein du parlement, les indignés des groupes civiques, dont de nombreux étudiants, se sont alors rassemblés, à l'extérieur du parlement à Taipei pour lancer une manifestation (sit-in). Le lendemain au soir, environ trois cents d'entre eux se sont rués dans l'arène du parlement et ont réussi à résister à quatre tentatives policières de les disperser. Ils occupent donc le parlement, et y sont jusqu’à maintenant bien ancrés. Ces manifestants tentent de défendre une démocratie en crise, dont la balance des pouvoirs est fortement inclinée vers

le pouvoir éxécutif. Alors quele pouvoir législaif est quand à lui paralysé par l’effondrement du système de négociation de la tractation des partis. Il faut remonter au système politique taiwanais pour chercher l'origine de cette crise et de l’effondrement de la tractation des partis. Taiwan, malgré qu'elle se revendique comme un régime sémi-présidentiel, pratique un régime présidentiel dont le chef d'Etat est aussi à la tête du pouvoir éxécutif. Dans le cas où le président n'appartient par à la partie majoritaire du parlement d’ une seule chambre, il se peut que sa politque soit boycottée par le parlement, ce qui maintient l'équilibre des pouvoirs au prix d’un'antagonisme paralysant le bon déroulement de la politique. D’un'autre côté, si le chef d'Etat appartient à la partie majoritaire du Yune législatif, les pouvoirs penchent alors vers le pouvoir éxécutif, entraînant un faible contrôle parlementaire , comme en est le cas présent. Cette tendance est intensifié par la rivalité profondément ancrée au sein de la société taiwanaise. Le clivage politique correspond, dans la plupart des cas, à la by PJL P7


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démarcation partisane des deux camps, le bleu et le vert. L'équilibre des pouvoirs est donc dépendant des choix et préférences des électeurs. La négociation via le système de la tractation des partis, bien qu’informelle, s'avère indispensable pour adourcir ce statut quo. Suite à l’impossibilité d’empêcher la polarisation du parlement entre les deux camps, et de leur entente difficile , en cas d’impasse politique les négociations seraient menées par le président du parlement dans une anti-chambre du palais . Certes, ce huis-clos politque permet de résoudre les désaccords, ainsi qu'assurer l'«union» temporaire des deux camps pour créer un contrepoid au pouvoir éxécutif, et gagnant, bien que provisoirement, l'équilibre constitutionnel des pouvoirs. Il arrive que dans des domaines «sensibles» et «antagonistes», comme ceux des relations sino-taiwanaises, ce dispositif soit aussi utile pour marginaliser les positions extrêmes afin

que l’écart des politiques ne se creusent. Mais cela dépend largement sur le charisme du président parlementaire et sur la bienveillance mutuelle des groupes politiques au parlement. Dès qu’il manque un de ces éléments, le clivage parlementaire implique un déséquilibre des pouvoirs. Une crise politique ou même constitutionnelle est alors susceptible de remonter à la surface. Tel en est donc le défi à l'heure actuelle. Le président Ma Ying-Joeu est bien résolu à éxécuter sa politique de «rapprochement» vers la Chine. Le CSSTA est ainsi un but stratégique à atteindre à tout prix. Face à sa résolution, le président parlementaire a cette fois-ci des difficultés à former une ligne parlementaire intégrale contre l'offensive du pouvoir exécutif. Qui plus est, le groupe majoritaire parlementaire se tient sur la même ligne que Ma, qui est aussi le président du Kuomintang, disposant de ressources financières formidables pour «apprivoiser» les représantant législatif de son parti. Une fois que le parti majoritaire

succombe à la pression de Ma, le parlement se divisede nouveau selon le clivage originel des deux partis. Ainsi l'équilibre des pouvoir est menacée par un pouvoir éxécutif incontrôlable. Heureusement, l'occupation civile du parlement et le soulèvement du peuple, à savoir la présence directe du véritable souverain, répresente le dernier frein à la folie administrative. Les organisateurs du mouvement d'occupation ont proposé trois outils à la présente crise. Il faut d'abord «renvoyer/rejeter» le présent accord de libre-échange entre Taiwan et la Chine. Ce rejet a pour but de restaurer la situation pré-négociation sino-taiwanaise, car la présente négociation a été conclue en excluant les voix du peuple ou du parlement. Ensuite, vu les interpretations divergentes entre le pouvoir éxécutif et le pouvoir législatif sur le statut de cet «accord» au niveau de la loi ( traité ou décret?), la formation d’une nouvelle loi devrait être inscrite sur le calendrier de la législation. C'est-à-dire

l'«Acte de supervision des accords inter-détroit taiwanais ». Cet acte, dès qu'il sera rédigé, pourra systématiser tous les arrangements institutionels entre Taiwan et la Chine. Cet acte est aussi un modèle pour remplacer celui du CSSTA, qui requiert l'accord tacite du parlement. Le dernier point, est de convoquer un sommet du peuple,des présidents du parlement et de l'exécutif pour proproser un cadre constitutionel, modifié ou nouveau, pour en finir avec la présente politique, agencé par l'acord tacite des membres parlementaires. Auteurs : 1. Le mouvement anti-ALEST : l’angoisse d’une sinisation déguisée. / SUN Yu Jung 2. Les facteurs chinois dans les accords de libre-échange sino-taïwanais / SUN Yu Jung 3. L'accord tacit des parties politiques contre l'accord de libre-échange / WANG Le Chen, WANG Yueh Cheng


COOPÉRATION ÉCONOMIQUE SINO-TAÏWANAISE dilemme sans réplique.