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Dans le gosier Poèmes et nouvelles du cyclope

Ivan Viana Préface de Randy Némoz Illustrations Ivan Viana & COMSA DRGS p.19 Hector Martin p.45


Préface

Neveu de satan, c’est en enfer qu’Ivan s’est forgé. Après une enfance solitaire à confectionner de petites poupées qu’il distribuait à ses camarades de classe, l’auteur a découvert, lors d’un rite initiatique dans la ville du vin, les saintes et le whisky. Déjà, la vie l’avait adopté, et, lui, tentait de la dompter. Diplômé de la Greenwine Academy, atomisé après de multiples voyages dans la stratosphère, c’est six pieds sous terre qu’il concocta un cocktail détonnant. Jusque-là, rien d’étonnant. Ce recueil corrosif de poèmes décousus et de nouvelles subversives vous entraînera dans les bas-fonds du vice, dans le bordel d’un encéphale dérangé. Amoureux des femmes, des verres et de la puissance verte, l’auteur stimule notre imagination à chaque page, entre textes délurés et illustrations d’un style qui lui est propre mais toujours éclectique. La plume décomplexée et le pinceau libéré, Ivan ne s’embarrasse d’aucune règle, d’aucune limite si ce n’est celle d’un souci permanant pour l’esthétique. L’auteur vous donne donc rendez-vous au cœur de la déchéance de l’instinct de l’homme perdu dans un monde devenu trop vaste pour sa conscience animale. Randy Némoz


Viktor Mikhaylovich Vasnetsov

I

l est porté picole Viktor Pineau Petite liqueur poire Vodka de l’indifférence au goulot Œil Suprême Ouvert jusqu’au monde Dans les nervures de son crâne Il se pique Viktor Seringues saoules de glycérine A califourchon sur les lèvres Des petites putes de Bucarest La société monde Il a fait la guerre Viktor Il n’a connu Que ça Comment Vivre ensemble Si le sang s’acharne Se dit-il Viktor


Basstet

I

l y avait ce chat qui me suivait, un chat de gouttière un peu sale. Il allait et venait, écumait les bars à la recherche de belles chattes aux poils chatoyants. Jamais domestiqué, il restait souvent à l’appartement. Les femmes le grattaient, il grattait sa guitare. Il avait une guitare à sa taille et grattait les cordes de sa queue habile. Pour sûr qu’elles aimaient ça. Ladite queue qui grattait, sur ladite guitare. Puis il a commencé à fumer, le chat. De mal en pis ce chat a commencé à se droguer, devenant mollasson et sa queue seule faisait alors tout ce qu’il lui fallait. Il me suivait toujours ce chat, buvant comme moi, dans la même bouteille de whisky et traînant des pattes tout comme je traînais des pieds. Toujours pas domestiqué, il accumulait sur son tableau de chasse toutes ces chattes et n’en avai jamais assez. Je le laissais boire tout son soûl, léchant les minettes jusqu’à satiété, toujours un peu plus défoncé chaque soir. Jamais vu un chat boire autant que moi. Il buvait plus qu’un homme. Le soir, il restait à côté de moi ce chat. Il écrivait des poésies enchanteresses et nous écoutions du blues à en perdre haleine. Souvent nous dépassions les bornes, mais il y avait toujours un de nous deux qui pouvait ramener son compagnon à la raison. Jamais nous ne dépassions complètement nos limites à l’unisson. Que nous puissions, d’un coup de langue mater chattes et femmes, ça oui. A nous deux nous formions un duo infernal et sans vergogne. Ce chat, au bout de quelques années, était devenu agile et élancé comme tout félin qui se respecte. Nous filait entre les doigts tel le bandit fuit la sirène. Il n’aimait plus que l’alcool, la drogue qui le faisait monter des sommets vertigineux et préférait désormais les femmes aux femelles de son espèce. A ce qu’on m’a dit, ce chat boit toujours, mais vit désormais tout en haut d’une montagne à jamais enneigée et bande sa queue pour toujours, caressant de la pointe la chatte des femmes.


La Tchétchène

D

ADDY conduit WILLY et JOHNNY au Colorado dans une Mercedes grise. Ils rencontrent une femme au Texaco. Elle a beaucoup de valises. Elle a l’air sauvage.

JOHNNY -Des emmerdes à coup sûr ! Parle pas notre langue. WILLY -Laisse Johnny, elle a l’air cool. Allez mignonne, monte dans la Mercedes. Comment tu t’nommes ? -… JOHNNY -Moi c’est Johnny, lui c’est Daddy, et à coté de toi c’est Willy. -Salut les gars. JOHNNY -Ça te va la musique ? Daddy a choisi la radio. DADDY -C’est oriental. JOHNNY –Miss, tu dessines ? Allez, dessine nous ! Nous quatre ! Dans la Mercedes ! Que l’on puisse sentir le souffle de Daddy, son regard scrutant le bitume à mille à l’heure! Et qu’on puisse reconnaitre l’intérieur cuir.

Elle dessine. Ils regardent.

JOHNNY – Il est où l’intérieur cuir ? DADDY – Bien ! WILLY – Wa. JOHNNY- Tout va de traviole. DADDY- Elle débute, Johnny. WILLY- C’est vrai, et puis elle est gentille.

Elle dessine autre chose. Ils regardent à nouveau.

JOHNNY -Ca alors, c’est un joli champignon. DADDY- Il fume une cigarette ? WILLY - C’est un joint.


JOHNNY- Tu veux fumer, merveille ?

Elle fume le joint. Elle dessine de nouveau. Ils regardent à nouveau.

JOHNNY -Hé, c’est nous ça. DADDY -Putain, ça a de la gueule. WILLY -Il y a plein de couleurs.

Elle s’endort un peu sur le joint. Elle fume et le fait passer à DADDY qui tousse, WILLY qui dessine et JOHNNY qui rigole. Elle dessine encore. Ils regardent toujours. JOHNNY -C’est une fleur ? DADDY – Un oiseau ! WILLY -Il y a plein de couleurs. JOHNNY –Comme dans ses yeux. DADDY – Je l’aime bien cette petite. WILLY –Tu veux bien rester avec nous ?

Elle rigole, les dévisage du regard, sors une couverture de sa poche et finit par s’endormir contre l’épaule de JOHNNY.


Ma belle

E

lle se fait belle pour le bal et quand ma belle m’appelle, ma peine est de ne pas y être allé à ce bal, elle était si belle.


Nuages pourpres

T

u continues à boire la tristesse au goulot Jusqu’en dormir Dessine son corps nu Tes maux de tête n’ont plus de mots Et le corps n’en est que pire

Une fois de plus Ça recommence Ouvre la comme si c’était la dernière Une fois de plus et sans foi Trop C’est toujours trop Laisse-toi mourir Une blonde pour crucifix Juste un aller-retour, promis Juste le temps de revenir Venir Vomir Tu pleures des mots Des baisers Ça te finira la nuit Apaisé.


Comsa

I

l a commencé le graffiti tout jeune, on avait tous deux le même âge, mêmes amis, en marge, mais on ne s’est pas bien connu, pas le temps ; c’est comme ça. Le jour levé, peinture, le midi, manger l’aérosol et le soir peindre jusqu’en rêver. Le noir sublimait son élégance, dominant alors le plateau – rue. Les yeux fins du vandale, le geste précis du terroriste qui n’a plus jamais rien à perdre. Silence. Noir. La scène est vide, il est temps de rentrer, en scène. Tag et ta gueule pour toujours. Son nom en est devenu obsédant à tel point qu’il était partout et nulle part à la fois ; le choix d’une vie de paria, pour laquelle il n’existerait plus. Plus il peignait, plus il rapetissait et plus ses yeux se rapprochaient jusqu’à ne faire qu’un ; il s’est changé en cyclope, comme ça. Le jour où il atteignit 20cm et qu’il n’arrivait plus à appuyer sur un capuchon de bombe ou bien tenir un pinceau, il monta sur le deuxième wagon d’un TER et se trancha la gorge avec un bout de verre. Les gens disent que son sang a coulé une nuit entière, recouvrant ainsi les deux côtés du wagon d’une épaisse couche sanguinolente impossible à enlever. Le graffiti parfait, son dernier, comme ça.


Mon monde moderne

J

’attends que ça bouge, mais ça ne bouge pas. Pas encore. J’ai attendu, j’ai réfléchis, j’ai réussi, mais là je n’ai plus le temps. Je n’attends plus. La vie n’attend pas, le monde bouge et j’attends que la vie rattrape le monde.


Zohan

I

l a la tête toute défoncée, les sourcils froncés et le nez aussi dur et foutu que du verre pilé. Une feuille de ganja tatouée entre ses doigts morcelés. Il n’a bientôt plus de dents, deux, les quatre du bas, elles sont cassées. Sur la tête, plus rien à coiffer et sur son front, les veines exposées. Il était boucher, au marché. Je l’ai rencontré quand j’y travaillais, il portait les paquets, les gros et les moyens, d’une seule main assurée. Mémé, elle l’aimait pas de trop, de taule il sortait, à dire vrai. Petits méfaits, moi je m’en foutais, puis peut pas empêcher le passé d’exister, pas vrai ? On en parlait il ricanait. Toutes ses dents il montrait et celles qui restaient brillaient.


Ω

L

a merde est dans l’homme Les hommes sont dans la merde Perdent leur amour Meurent leurs valeurs Bradent même la mère Frères sur les civières des conflits Corps caillasse Les crevasses de leurs cœurs Pour leurs sœurs Font suer la chair Cadeau le gamin D’affection tout plein Faudra qu’il foute le camp Ou qu’il foute le feu Brulant les générations perdues D’avance


Magalie

J

’ai mal à la tête. Il faut que je trouve de quoi fumer. Retrouver mes esprits embrumés. Dans une atmosphère enfumée, fumer. Pour pouvoir me calmer. Avant que tout ne parte en fumée. Ils friment ces fumiers. Il faudrait y mettre le feu. Mettre le feu à leur fric. Je ne suis pas fou. Fourrer des filles faciles. Filmer. Ils friment ces fumiers. Il faudrait les faire fuir. Réfléchir. Ne pas fléchir. Je suis faible. Faisons l’amour.


Ma vie j'veux la fumer.

J’crapote pas, moi.


OnaRoad

D

eux individus ne se connaissent pas, dans une voiture qui ne va nulle part.


Köln

N

ous voyageons de nuit depuis bientôt cinq heures avec Rémi qui m’a lancé sur un plan qui sent bon le vin chaud et la fête de sang-froid. Nous allons à Köln en Allemagne chez Erika, une charmante étudiante étrangère qui n’a pas si longtemps habité juste à côté de chez nous et qui nous a gentiment proposé un accueil chaleureux chez ses parents pour le carnaval. Une amende en poche, une bouteille de gin, deux de porto et quelques heures sur les rails plus tard, nous voilà à Paris avec une demi-douzaine de mendiants sur le dos. « Rien dans le nez, rien dans les poches! » nous balançons à chacun avant de monter dans le prochain train qui foncera telle une balle de revolver rouge sang à travers les plaines désertes d’Europe de l’ouest. Nous avons commandé deux bières blanches, ça j’en suis persuadé, pour ce qui est d’être passé par Bruxelles ou encore Lièges, ce n’est pas dit. J’ai tiré la chasse d’un des cabinets dans lequel j’ai vomi violemment mais avec application, suis sorti et me suis arrêté devant la fenêtre du wagon afin d’admirer le soleil couchant. « Qu’est-ce que tu foutais ? », me lance Rémi. Je n’ai pas répondu, nous étions bientôt arrivés. Erika nous attend sur le quai, elle est belle comme un ange qui aurait pris un bain de soleil, bien au sec du haut son nuage perchée. Elle nous conduit, affreusement mal j’ajouterais, en voiture volée, ou louée, je n’ai pas bien compris, jusqu’à la demeure familiale. Son père à l’air d’un scientifique toxicomane et sa mère d’un bonbon au miel qui rigolerait tout le temps. Juste le temps de poser les affaires que le périple commence. Le patriarche veut nous en mettre plein la vue, il ouvre deux bouteilles de vin, rouge et blanc, nous sert un repas gargantuesque suivi d’une, deux, trois puis quatre bouteilles de Kulsh un litre cinq. C’est après le dessert, dans lequel le vieux fou avait ajouté de la liqueur de framboise, qu’Erika nous propose d’aller chez ses amies. Une fois dans le tramway nous découvrons les mignonettes qu’elle cachait, coquine, dans son sac. Nous échangeons quelques bribes d’anglais mal


léchées avec quelques boches qui ne pipaient rien du tout mais qui nous filaient du bon whisky. Déjà bien ivres, et sans bien comprendre ce que nous faisons désormais, nous pénétrons l’appartement d’une amie de notre hôte qui faisait bien du quatre-vingt-dix E habillée en hôtesse de l’air, le large bonnet flottant dans nos yeux de poissons. Il y a vraiment beaucoup trop de vodka dans cet appartement, un russe à jeun en chopperait une crise cardiaque. La liquide course continue, se déhanche et nous file la tremblote. Les filles gloussent, montrent leurs seins gonflés à l’hélium qui nous lancent des regards affûtés et nous restons immobiles, assistant au spectacle exubérant à travers nos globes brouillés à l’éthanol. Elles nous ont traînés dans des clubs bourrés de poules allemandes premier choix au pedigree exceptionnel, blondes, aussi bien roulées que mes joints, et la peau aussi blanche et douce que l’cul d’un bébé. Les hommes dans ces boîtes branchées ressemblent soit à des traders puceaux, soit à des vampires affublés de costards trop grands, dont les boutons brillent de mille feux, semblables aux phares d’une décapotable Américaine. J’ai donc passé plus de temps dans ces endroits à me repoudrer le nez qu’à tenter d’attraper ces merveilles du soir, de toute façon nous n’avions, Rémi et moi, rien pour leur sucrer la panse. Après avoir volé une bouteille et quelques billets à des affreux pleins aux as et sur le comptoir d’un bar monstrueusement scintillant, Erika nous rejoint et nous dévoile ce qu’elle aussi de sa langue et doigts habiles avait subtilisé dans la poche gauche de son con de Jules d’un soir, adroite. Nous nous payons quelques Kulsh de plus et finissons par atterrir au milieu de mille scouts buvant et fêtant la fin de leur année ecclésiastique. Une orgie au sein d’un lieu de culte, quelle drôle d’idée, j’ose imaginer que la bière qu’ils servent ici sort directement des veines du petit jésus, ou bien pisse t-il dans les verres ? Accompagnés par deux nouvelles amies, sans Erika portée disparue, nous nous acharnons tels des bœufs sur les bouteilles de whisky et de vodka que je cachais consciencieusement dans mon sac qui, en l’espace de trente minutes, furent siphonnées comme par enchantement. Un bel exemple pour ces jeunes fanatiques, les français levant leur sœurs allemandes à tour de bras, les faisant fondre à tour de langues, ivres comme jamais.


Jusqu’à ce que nous tombions sur deux jumelles Rémi et moi, je n’avais pas encore saturé. Nos goûts régressent au fur et à mesure que le liquide démoniaque se repend dans nos organismes, je le sens. Je crois me souvenir que cette dernière était assez laide et, gloutonne, embrassait en prenant dans sa bouche mon nez et mon menton, les deux à la fois. S’en suivit la reconstitution parfaite de mon repas du soir sur un des murs de l’église, écoutant à demi-mot les grognements de l’hôtesse de l’air, amie d’Erika, qui devait nous tenir à l’œil. Elle finit par se lasser, par me laisser et par me lancer deux, trois dernières insultes germaniques avant de prendre congé en rangeant ses seins dans ses tiroirs. Je me lève rejoindre Rémi que je retrouve accoudé au bar, complètement saoul, prodiguant la divine parole ; et dieu qu’il manie bien la langue ! Ne pouvant boire une goutte de plus, je laisse mon ivrogne missionnaire déjà debout sur le bar et invite assez maladroitement une des bonnes sœurs à monter les marches du paradis en passant par les toilettes du premier, ou si possible, le dortoir du deuxième.

Je me réveille le dos meurtri par les escaliers du deuxième. Elle n’est plus là. Rémi non plus. Il n’y a plus personne. Je sors dans la nuit d’encre, et là je dois être tout au fond de l’encrier. Je prends le tramway, puis un autre, jusqu’à ne plus savoir dans quel endroit je me trouve. Je fume mes Lucky dans cet animal en fer et en verre, mon fidèle destrier. Et dorénavant je fais cavalier seul. Ainsi, la tête cognant contre la vitre, j’ai l’exaltante sensation de voir à des milliers d’autre kilomètres, la tête presque trainant au sol et l’impression de sentir la ville dans mes cheveux, dans ma bouche, dans mon sexe, et non plus sous mes pieds. Je n’ai plus de pays, plus de famille, plus d’argent, mais, pour la première fois dans ma vie, le cœur gros comme le monde.


L

a vie s’en va L’amour arrive La vie repart Et mange la mort.


Les rails de trop

I

l colle de bonnes grosses douilles, fume allongĂŠ sur les banquettes du train, et maintenant il est reparti, dans le train avec son sac sur le dos et son joint dans la main.


8 AM sterdam

J

our Jour Entretemps nuit Nuit dans les bras des putains du canal Nu dans leurs seins joints Le cul si bien roulé Et mon cerveau tailladé par les lames de leurs beautés Hallucinations fatales Sur la parabole nerfs optiques en nage L’odeur âcre de la haine viscérale Les visages qui brillent dans le papier-calque des nuages Nuages et rivières dans les yeux Tournent champignons et nébuleuses fumigènes Amazing Amnésia Une soif Océane A la paille buvons la mer noire du Nord Chaude comme la pisse Les racines sous l’eau Et la tête dans les trous du ciel


Mxq

L

à calé dans la cale d’un cargo pour le Mexique Rhum au fusil à fustiger les fonds de bouteille Les larmes alcool perlent sur la mine mélancolique Tu es une carcasse vermeille Dont les restes s’envolent à merveille.


Mon monde moderne

J

’attends que ça bouge, mais ça ne bouge pas. Pas encore. J’ai attendu, j’ai réfléchis, j’ai réussi, mais là je n’ai plus le temps. Je n’attends plus. La vie n’attend pas, le monde bouge et j’attends que la vie rattrape le monde.


Rio de juillet

C

omme tous les matins depuis que je suis arrivé dans cette auberge de jeunesse miteuse dans le quartier de Flamengo, je prends un rail de cocaïne et fonce sur la plage faire un tour, pleine balle, appréciant chaque rayons ultraviolets que me communique ce bon vieux soleil.

Je vais faire des courses, un pack de trente-deux bières destinées à être partagées avec mes compagnons de chambre, le vieux sage brésilien, les deux cotons tiges australiens et le gros péruvien. C’est toujours un pack par jour, quelques traces et un peu de mauvaise marijuana compressée. La bonne poudre te met la corde au cou, ne te lâche plus et excite tous tes sens, c’est de l’essence brûlant le sang qui circule dans ta fringante carcasse.

Quatre jours, courir, l’eau, la bière, Lappa, boteco, pinga, pieds chevauchant les nuages de feu, la chaleur de midi, si doux, si frais, la brise, favela, poignée de coke, poignée de main, mitrailleuse, caillasse, christ, marches innombrables et tout au bout, l’oubli éternel. Sous cette chaleur, les prostituées t’aiment de tout leur cœur, tandis qu’elles sucent là où sue l’argent. Bientôt, le cinquième jour pointe le bout de son soleil enflammé et cela fait déjà si longtemps que je n’ai pas dormi, entre chattes bien léchées, pipes aux contenances douteuses et les vibrations de la musique exaltant mes neurones. J’ai le teint blanc et les yeux rouges, le corps lièvre rempli de gasoil qui arpente les ruelles fanées de rio, si belles. Les magnifiques mélodies qui filent des bars n’ont à envier que la saleté de ce qui m’entoure.


Rio la nuit paraît alors baignée de soleil, pandeiro, conga, atabaque, instruments tous plus lumineux que les astres de l’univers. Le sixième jour, je me réveille enfin, dans un baile funk au milieu de la danse folle. Que j’aime ce vacarme qui me berce. Comme cela sent le cul. Sept jours. A refaire le monde. Des gens du monde entier. La drogue monde. Langues sur les sexes, langue universelle. L’humain immense. L’espace minus.


Leblon

L

a nuit s’ébat à cout de pinga Sur Leblon Son sable fin L’œil au large des putains, qui Roulent des joints Dans du papier serviette Mon nez blanc saupoudré [entre] Les yeux défunts des cons [et] Allégresses des uns Les nuits ici durent bien plus qu’une journée


Vile

L

e monde entier s’est mis au diapason, construisant l’usine monde, bâtissant les tours de métal qui soutiennent le ciel malade. De monticules le plastique est devenu montagnes et l’eau maintenant de toutes les couleurs calcine le palais. Qui sommes-nous pour vouloir les nuages ? L’homme retombe toujours sur ses os désormais aussi solides qu’aspirine. Mes mains attrapent les outils, j’assemble matière en matériel. Tout le monde en veut de mes trucs. Quand c’est fini, on jette, on brûle, on détruit, on atomise, on désintègre. Ainsi, sur les décombres du monde je grimperai et pourrai enfin manger le ciel.


Vin chaud et douche froide.


B.U.R.N

C

e soir, je vais brûler, je vais détruire, je vais pleurer et tuer. Je suis une bombe à neutron, un bâton de dynamite, un chalumeau, un lance flamme, un marteau piqueur. J’ai un scalpel, des ciseaux pour découper, déchirer. Ce soir j’ai des gants et une cagoule. Ce soir je nuit, je sombre. Ce soir j’essence, j’allume et j’allumette. Ce soir je prends feu.


Whisky d’appartement

C

inq verres par jour, trois bouteilles par semaine. Je pratique le whisky d'appartement, Sale appart. Pendant que toi tu m’emmerdes. J’t'emmerdes. Et puis merde, Merde. Deux. Deux verres par jour, une bouteille par semaine et une par soir. Seulement trois doigts. Trois Whisky bouteille, cinq pamplemousses coupés rond.


Sexe, drogue et bitume

J

e suis hors de moi, sur mon tapis volant avec mes amis de balade. Le moteur de la machine ronronne tout doux au son des Doors. L.A. woman. Des s’traces prêt à porter que l’on s’enfoncerait dans les oreilles. Dans ma tête du LSD passé à tabac par les souillés souliers de Morrison. Je suis en compagnie d’extra terriens multicolores explorant la côte méditerranéenne et le toit ouvrant du métro donne sur le ciel constellé. Il est sans doute 5h30. On se croirait au beau milieu d’un monde nouveau, tout est à refaire, des arbres canadiens aux devantures roses des bars de Long Beach; quoique n’ayant connu ni le Canada, ni Long Beach. Ca à l’air pourri de toute façon.


Confessions sous l'oreiller

T

ous les soirs je me saoule Et manque de sommeil La moiteur du ciel Et le silence m’assomment Le rhum s'amasse dans l'estomac Puis je m’assoupis Sans cesse soumis À ces insomnies Qui m'affaiblissent En somme de moins en moins Somnolant Du sucre dans les sinus Et la cirrhose me sucre l'estomac Je ne me sens pas sain Sans rien dans le sang, c’est ça, Lucie fait souffrir mes synapses Et chaque soir Mon cerveau se souvient De ces cyprès qui soufflaient le soleil Si près de son sein Suppliante et soumise Seulement quelques centimes C’est la seule saveur du solitaire Le savant silencieux et gratte papier Sans cesse un pied au ciel Il n'a pas de pays Et son avenir n'est pas prédit Ca y est-il parti ? Loin de la cité et pourtant si près Il savoure perché juste au-dessus La lassitude d'une mignonette de whisky.


Bleu Lune

L

a lune En harmonie avec la musique Perce et creuse les entrailles du ciel Et de son bleu Klein Fais chanter, A travers l’orange des nuages Le blues des Êtoiles.


1h43 fête la musique

I

l fait bleu, jaune et rouge ; quelques passants attrapent mon regard et enfoncent mes perceptions dans mon cerveau ravagé. Le ravage de la drogue c’est de savoir que tu es sous son emprise, mais de délirer quand même. Tu es un grand malade, ce doit être à peu près la petite considération dont les inconnus et même quelques-uns de tes amis te font preuve ; t’en as rien à foutre, je le sais, un jour on s’est réveillés et vous étiez malades. Des nains et des géants s’écartent sur mon passage en murmurant des formules magiques inaudibles, mes doigts fondent, mes cheveux poussent et le disque qui tournait s'est bloqué. La crème du crime se pavanant entre les passants et les lampadaires multicolores, couleur alors magenta, qui coule sur mes vêtements, des frusques traditionnelles guatémaltèques qui volent au vent sortant tout droit de la fenêtre de l’appartement, pourtant le long du fleuve, se promenant, gentiment, filant droit à travers la nuit, noire, a bord de la machine qui vient des étoiles. La course reprend, folle, dans l’excitation de mes cheveux. Les militaires sont là, rangés, durs d’épaules. La fête est finie, la redescente amère et la musique au loin annonce la guerre.


Sexe, drogue et bitume

L

e moteur de la machine ronronne tout doux au son des Doors - L.A woman – nous sentons la route sous nos pieds et en tout et pour tout six heures de voyage, une douce perche. C’est le retour, la descente du trip. De Paris vers Bordeaux le vent nous pousse, gonflant les voiles de notre 205 a la mort moi le nœud sur l’explosive autoroute. Les frères Randini sont gonflés à l’hélium dans cet habitacle rouge espoir qui fonce à 150 vers l’avenir.


21/04/13

L

e soleil Au creux des yeux clos Devient constellations mirobolantes et fleurs Rouges Oranges Chatouillant chacune de mes neurones folles.


InConsCience

L

a vie ne devient qu’un instant, une bribe irrationnelle et terriblement courte, voilà pourquoi la redescente est-elle aussi longue. Tout le reste devient inutile, l’inutile devient roi et la sensation de malaise qui vient de tes tripes à l’air hideusement artistique. Je vomis, j’en pleure, j’éjecte toute la frustration d’une vie à gerber ; Cet acte débèquetant est ma révolution à moi, mon seul moyen d’expression. Ce soir c’est la cent trentième fois que je meurs, Dieu, puissant fruit de l’imagination collective, mon ami imaginaire, à l’aube ressuscite à nouveaux ton enfant que tu as lâchement abandonné.

E

crivons un conte pour enfant, un monde qu'avec des monstres et des méchant partout dans lequel ce mec-là, défoncé à la méthédrine et fumant l'opium rassemble assez de courage pour défoncer les méchants aussi moches que lui. A la fin il se défonce et moi aussi.


Larme

D

échirant les entrailles Etouffant les poumons d’enfant Mœurs sous la mitraille Le zèle du con mandant

La sueur sur son cul nu La corde au cou La vie est prévenue La mort accompagne l’homme fou Un à-coup Tout à coup Un Coup Et C’est Tout


Du courage et de la chance ?

J’ai deux grosses couilles et un Ênorme cul.


Lucie

I

l se faisait tard quand j’ai aperçu la belle Lucie, c’était un de ces soirs ou tu trainais dans ce bistrot ni trop sale ni assez propre quartier St Michel. On s’y enfile des verres pas chers, c’est pourquoi nombreux écrivains à l’herbe s’y réunissent afin de partager leurs élucubrations et leurs nouvelles romances outremer. Tu regardes se dandiner les midinettes, aux waters tu pisses et fumes puis restes statique face à ce miroir, à observer longuement le teint pâle de ta peau et la disposition hasardeuse de tes cheveux. Je croise là par hasard dans le couloir, élégante comme toujours et malgré tout, le visage maigre et les jambes interminables de la belle Lucie. Elle a des yeux vifs et un corps à tuer. Je la sens trébucher et sans avoir le temps de réagir me retrouve entre le mur et son corps incertain, ses mains reposent consciencieusement sur ma poitrine, son souffle pénétrant mes orifices, ma bouche et mon nez. -Merde Lucie, t’es encore bourrée. Elle t’embrasse à l’instinct et tu te laisses faire car tu t’es perdu depuis bien longtemps dans le flot de ses yeux malins. La beauté naïve des femmes saoules. Elle t’a amené chez elle, sure d’elle mais sans vraiment y avoir réfléchi. Elle te pompe le vit, « elle fait ça si bien. » tu t’es dit. Elle manie sa langue avec une douce dextérité si bien qu’il te semble la sentir à l’intérieur même de ton gland. Tu lui insère avec délicatesse un, deux, trois doigts sur le lit. Sur elle, tu bandes et remue comme jamais ; Et les glapissements de Lucie t’enivrent tel un vinyle d’Hendrix mélangé à deux trois psychotropes. - Prends-moi en levrette salopard, prends-moi plus fort ! Un millier de frappes chirurgicales, de danse vaginale, de coup de langues, un millier de saloperies, d’étranglements, un millier de crachats et de mains déplacées; Et je suis venu dans le con imbibé d’alcool de Lucie. « Ces courbes ont creusées mon cœur » te dis-tu en fumant ta cigarette sur le lit tandis qu’elle te demande langoureusement de recommencer.


-Tu te débrouilles bien avec cette petite queue. -Je t’emmerde Lucie. C’est dangereux de s’attacher. -Tu t’en vas déjà ? Tu ne veux pas rester un peu ? Viens que je te suce le dard. Je n’essaie plus de comprendre les femmes. -Au revoir Lucie, je t’aime Lucie. Chapeau sur la tête et manteau sous le bras, un milliers de marches avant de sortir dehors, que le jour s’est déjà levé.


Dieu Vide

U

n chic château aux courbes royales Une pipe royale dans une chambre aux meubles Louis 69 Soixante femmes en plastique font office de tables basses Suceuses et pétasses Joyeux micmac de putes et de macs Lui était au milieu de ce sale maelstrom Les chiens dressés à lui astiquer consciencieusement la trompe Chrétienne pompe Un doigt saint Entre les fesses Par politesse Des mômes en laisses lèchent le sol Jusqu’en haut Dans ce château Tout en haut Il avait un enclos Dans lequel elle sodomisait lesbiennes et animaux.


La petite, la moyenne et la grande Elise.

I

l fait très chaud aujourd’hui dans toutes les villes du Sud de la France. Il faut que je foute le camp, je vais à la gare et je me réveille au guichet de la prochaine, un autre jour. Ma veste éponge depuis une demi-heure toute la sueur de mon corps, ma bedaine dépasse de ma chemise et un élastique contient soigneusement chaque cheveu de mon crâne. J’ai une allure minable. Une fois arrivé sur le quai, je traine un peu, fume l’herbe que m’a envoyé mon ami et finis par m’écrouler sur un banc. -T’as du feu ? Qu’elle me dit alors que je viens de me réveiller, « Evidemment. » je lui envoie. Elle est grande, brune et dévoile une bouche qui semble convenir à la mienne. Je ramasse la longue feuille à cigarette qui s’échappe de la poche de son veston, qu’elle me propose de garder; mais je n’en ferais rien si je n’ai pas sa compagnie pour me défoncer. Je monte dans le train et rentre dans une cabine avec quatre sièges à l’intérieur. Seul à la fenêtre, j’observe la créature fumant sa Chesterfield du bout des lèvres ; et j’exulte à chaque fois que sa langue parcours le fleuve de sa bouche. Elle monte à son tour et le train décole en laissant là des centaines de mégots brûler sur le quai. Elle vient d’ouvrir la porte de la cabine et j’ai esquissé un sursaut digne du mec en manque de sommeil et de drogues en tout genre que je suis. -J’ai vu comment tu me regardais sur le quai. -Merde, j’ai donc perdu. On rejoue la partie? - On n’a même pas commencé -C’est là que tu te trompes, je vois comment tu me regardes depuis tout à l’heure. -… Rejoins-moi dans les toilettes, qu’on y fume un joint. Saines paroles. J’ai vu dans ses yeux une grosse bite dorée ; elle était à genoux devant moi, enfin, c’était tout comme. Je vais aux chiottes de l’autre côté pour m’essuyer le visage et fumer une clope quand je me prends les pieds dans une gamine qui joue au milieu du passage. Je l’insulte un peu, la fait pleurer et la mère de la sale gosse, je veux dire, la mère de la petite Elise me colle un revers de la main au milieu de la mâchoire. Je rajoute, pour la forme : -Je l’ai prise pour un jouet, elle est tellement mignonne.


La poinçonneuse de billets se ramène, alertée par le bruit de ma mâchoire qui se disloque, me demande ce qui se passe. Je m’esquive : -J’ai un petit peu mal, je vais me passer de l’eau. -Billets s’il vous plaît ! Fait chier. Faut séduire cette brave fonctionnaire, sinon je perd deux billets. Elle s’appelle Elise, le badge bien épinglé sur son sein gauche. -La veste doit vous serrer, enlevez là, sinon vous allez vous étouffer vite fait... ...Peut-être un peu trop gros pour être tenté sur Elise, 39 ans, le badge épinglé reluisant aux couleurs des agents de la SNCF et membre de la Force Armée Féminine. Elle rétorque : -Quelle fougue à ton âge, c’est magnifique. -J’ai vingt ans et je saute dans chaque train que je croise, je trouve ça excitant, pas vous ? Elle rigole doucement, je la trouve assez séduisante. Elle recommence : -Tu n’a pas de billets, c’est ça ? Elle sourit toujours. -Et vous ? Si vous n’en avez pas non plus j’ai une destination bien meilleure à vous conseiller. Si elle répond que la curiosité est une de ses qualités, c’est dans la poche. Et je garde deux billets dedans. -Je suis assez curieuse. Voilà. Je baise quelques minutes avec elle dans les toilettes, moi debout et elle, la jambe gauche enroulée autour des miennes. Sa cambrure n’est pas celle d’une quadragénaire. Elle gémit moins fort qu’une de celles de mon âge, et me fait découvrir pas mal de trucs. Je ne savais pas qu’ont pouvais jouir et pisser en même temps. Son dos m’impressionne, il est fin et musclé, comme taillé dans de la porcelaine. -« Jouis sur mes fesses », qu’elle me dit une fois en levrette, me sentant au bout de l’effort. Je viendrais un poil plus tard sur ses mignonnes fesses blanches, qui devaient être délicieuses à vingt ans.


Je la remercie et file au bout du couloir dans lequel m’attend la belle inconnue du début du voyage, pour fumer ce joint, merde. Elise me regarde mal, mal digéré les insultes de la dernière fois je pense, et sa mère semble prête à se lever pour m’en foutre une autre. J’accélère l’allure et rentre dans les toilettes, elle est là, assise par terre me suppliant du regard. Elle s’appelle Elise elle aussi, un nom que je vais pouvoir retenir à la fin. Nous faisons plus ample connaissance en se léchant le visage. Elle embrasse sans trop sortir sa langue, fait mine d’être sage peut être. Le joint change de main et les mains changent de place. -Je crois que je vais poser ce joint. Viens là ! Et j’y vais. Et je viens vingt minutes plus tard sur mon propre ventre. Elle a bien failli me tuer, quelle chevauchée fantastique ! Elle lèche consciencieusement tout le sperme sur mon ventre et l’avale en me regardant avec un sourire un peu gênant, du genre un peu trop salope. Bon, faut que je me tire et que j’aille me reposer dans ma cabine, j’ai du whisky dans le sac. A peine la porte ouverte, la mère d’Elise pointe le bout de son nez, rouge de colère, et me suit jusqu’à ma place pour me faire la morale ; j’ouvre la bouteille et instantanément ses yeux doublent de volume. Elle est choquée je crois, manque plus qu’allumer une clope et elle me fiche la paix. Une fois partie bouche bée, certainement se plaindre auprès de l’agent, Elise revient me prendre par les sentiments. Elle m’empoigne le manche et l’astique avec vigueur pendant que j’entends Elise essayer de raisonner la mère d’Elise qui vient, elle, de se perdre entre le quatrième et le cinquième wagon, incapable du haut de son mètre dix d’ouvrir les portes coulissantes du train. Elise passe maintenant doucement sa langue sur mon gland transpirant, et j’entrevois la mère en panique courir ouvrir les portes du wagon pour récupérer son bébé. Elise entre dans la cabine, Elise et sa mère n’en ont pas fini avec elle, la suivent de près et Elise continue de me sucer le dard. Elise est dans les bras de sa mère, suce son biberon au lait vanillé, sa mère crie sur Elise, qui suce son stylo estampillé SNCF devant Elise, qui toujours me pompe le vit, et quant à moi, je bois une gorgée de whisky chaud et viens dans l’agréable bouche d’Elise tout en suçant le goulot.


Les belles du bord de mer.

J

e lui fais l’amour cinq fois chaque vendredi. Chaque fois que je la prends, c’est comme recevoir une vague violente ; étrangement son entrejambe respire l’iode et la crème solaire. C’est une fille du sud de la France, aux cheveux blonds en cascade, le teint doré et les yeux bleus mer. Un visage de poupée faussement condescendant, paraissant alors suppliant et agréablement associé à l’océan de ses yeux perçants. L’embrun de la mer empli mes poumons d’une sensation de tranquillité béante. Je nage entre ses vertèbres, pénétrant sa fente avec force et mes allées et venues me rappellent les remous que l’on essuie les soirs de bains de minuit arrosés à outrance. Sa crinière épouse l’écume des vagues qui s’échouent juste devant nous au diapason de notre ferveur mutuelle. L’eau qui revient lentement à marée basse, tard le soir, provoque dans mon esprit des hallucinations et mon sexe las finit par s’évanouir petit à petit quand par à-coups les cous repartent et je m‘ engouffre de nouveaux avec une frénésie toute nouvelle, toutes voiles dehors, le mât bien en place. Je me perds dans la fosse océanique de ses seins, seins qui luisent tels deux disques solaires que je dévore goulument afin d’en absorber tout le jus. La houle. Le ressac sur mon visage et mon corps à la dérive. Et les poissons volant la nuit, qui envahissent la plage de leurs yeux blancs.


Cuba libre.

C

ubain un peu pâlichon ce Bob, je le vois quelques fois au bar accompagné de ses deux dames, Germaine et Sandy, une noiraude et une blanche. De quoi satisfaire l’équilibre café au lait des vagins qui accueillaient avec douceur le long membre de Bob. Je ne ferme jamais la porte en partant au boulot. Il est sur le pas de la porte en train de fumer un énorme cigare comme à son habitude. Tiens, l’autre voisin est là aussi, Alfred, le colosse d’ébène. Je m’en vais travailler après avoir admiré la langue du mulâtre et du nègre s’enrouler dans leur bouche respective. Sacré spectacle ! La taille de leurs bouches et la longueur de leurs langues sont incroyable. Moi je m’appelle Fred, et on va parler de Bob et de ces trois salopes. Bob est arrivé à Amsterdam il y a déjà un an de cela et il s’était à l’époque entiché d’une petite pute blanche du nom de Sandy qu’il avait rencontré dans un club un peu dégueulasse, de ceux qu’il apprécie particulièrement. Il lui a payé une Margarita, a bougé son beau gros cul de métisse et l’a baisé une demi-heure après dans les chiottes pourries de la boite. Il a longtemps trainé au quartier rouge, puis il est parti s’installer plus loin avec une belle black du nom de Germaine, qui avait, et a toujours, un cul démesuré et une bouche délicieuse qui pourrait encore gober deux verges à la fois. Il continuait de fendre le con de Germaine et d’enfoncer son dard brulant dans celui de Sandy, jusqu’au jour où il put les baiser les deux dans le même lit. Un matin il y a Alfred qui défonce la porte de l’appartement à Bob, c’est le mec de Germaine. Son poitrail fumant la ganja et ses mains de pierre polie. Il fonce droit sur Bob, l’attrape par le col et lui explique combien il a merdé. Il exige réparation, et, en réponse à l’humiliation subie pour son couple, décide de sodomiser le beau Bob devant ses deux concubines, qui n’en demandaient pas tant. Alfred prend son pied, Bob a du mal. Après quinze minutes percutantes durant lesquelles l’énorme membre frétillant d’Alfred s’enfonçait au fin fond de la prostate de Bob, le cubain n’avait plus mal et semblait prendre un sale et doux plaisir.


C’est à partir de là que tout est parti en couille, Alfred se faisait sucer par Bob, qui lui baisait Sandy, qui léchait les deux grosses boules noires d’Alfred, qui à son tour buvait à gorge déployée le liquide qui dégoulinait du con de Germaine ; Et vice-versa.


Pipe-Chaud-biz

Q

u’une femme me suce-tente Qu'elle me tente en me suçant, me suce t'entends? Me sustentant ? Elle suçait dans le temps Et tant de temps sans me sucer En deux temps c’est su Sur c’est tentant L’attente déçue Ambitieuse Ah si j’eus été précoce J’ai juté et j’ai été jeté J’ai dû sucer ! ç'eu autant tétés de tendres tétons cet été Sans pourtant t’étais né, sans pour autant Sursauter Ssussoter Sus aux toiles tendues, qui tentent aux succès ! Enlève un c Et j’ai eu dû sucer.


Il y a du cul, mais pas queue.


Bonjour, vous n’auriez pas vu ma femme ?

E

lle est partie hier avec le boulanger. Elle n’a fait qu’avaler une baguette et des viennoiseries. Elle est partie avant-hier avec le poissonnier. Ils pêchèrent la raie en haute mer. Elle est partie l’autre jour avec le serrurier. Pour qu’il lui ouvre la porte du garage, vous êtes partis avec les clefs. Mais avant elle est partie avec le garagiste. Maintenant elle roule sur les essieux.


Dis-leur

Q

uelle heure il est ? Que dalle, j’en sais foutre rien. La drogue m’endort et me réveille. C’est elle ma montre. Et là, tout de suite, elle me dit qu’il est l’heure d’y aller, chez le dealer. J’me pointe pas fringant, plutôt la fringale le gringalet. Je klaxonne à la sonnette et monte chez le meilleur commerçant du coin. Rue du commerce, Paris XVe. Tel un colibri dans les colimaçons je chemine jusqu’en haut de la volière. Drôle d’oiseau l’negro ; il tire la porte blindée de leur masure et m’invite à m’assoir, ils font entre potes un poker du tonnerre.

Billets et jetons violets sur la table en verre. Autour, c’est la jungle polynésienne et mon dealer mise gros avec un gang philippin et des nazis Malais. Au milieu du brouillard, entre clopes et colts, Georgina, une roumaine aux cheveux couleur cuir et Loubna, une libanaise mince comme tout fumant un haschisch plus gras que tous les parieurs réunis à cette table. Loubna me propose un peu de son hash dans un shilom et, telle une prostituée hollandaise, joue avec la fumée reptilienne qui passe de sa bouche à son nez afin de m’hypnotiser.

Je n’ai pas le temps pour ça. Et puis les pétoires sur la table c’est pas ma tasse de thé. D’ailleurs voilà du thé. Georgina me l’apporte et me fait patienter un peu à l’écart avec des français. Ils se pissent tous dessus. Partis sans même boire le thé, la coco entre leurs cacahuètes flétries et tremblantes. Moi, je prends la peine de finir mon thé en compagnie de Loubna et de sa came tonitruante. Elle passe sa main dans mes cheveux et caresse ma peau pendant que je roule un escargot au fond d’un bang, mon pétoire à moi.


La douille fait l’effet d’une balle, le doigt que je décolle de la prise d’air est une détonation. Dorénavant Loubna ressembla à un gecko venimeux qui d’aventure cherche à glisser sa queue contre la mienne. J’hallucine fort là. Mon visage doit être parsemé de sueur froide. Georgina revient avec ma poudreuse, je la remercie, lui dis en veux-tu ? Et me voilà, branlé par une libanaise aux mains engluées de caramel et léché par une roumaine cokée. Puis sucé par une russe sous c, aussi.

Les filles ont faim. Que puis-je y faire ? La tension autour des cartes ne s’estompe qu’au son du premier coup de feu. Un joueur est parti. A ce moment précis j’arrachais enfin un cri de plaisir à cette russe froide comme l’enfer.

La partie reprend, et j’ai un full aux dames. Bientôt il ne reste que trois joueurs et une douille de plus, de chaque côté de la pièce. Loubna s’enroule autour de mon corps et lévite, à califourchon sur mon sexe dur comme la dope. Georgina trace sur le dos de la soviétique blonde qui se fait fesser par ma parfaite libanaise. Un autre coup de feu. Tous les joueurs ont soudain déserté et c’est moi qu’il regarde maintenant, mon dealer ; Et il n’a pas l’air enchanté par mon jeu.

Il a une paire de flingues et trois as pour te mettre au carreau. Les putes, elles, sont parties.


Le château de la chatte

C

haque pas t’enfonce dans la tourbière crasseuse de Vila Mimosa, à régulières bouffées de Lucky. Ça sent le foutre et la chatte, cocktail extra pour un estomac extra. C’est la dernière cigarette du paquet, il est à peu près 6h et je suis à peu près bourré de cocaïne. Les ruelles s’obscurcissent d’une nuée de putes sifflant comme des grillons. Je ne sais pas comment j’ai atterri là. Je me souviens vaguement m’être enfourné de la blanche dans les naseaux avec Joël à Lappa, avoir bu de la mauvaise cachaça dans un boteco miteux, m’être vidé une demi bouteille de rhum dans le bus jusqu’à Botafogo pour ensuite fumer bière et ganja sur la plage en regardant les jolies créatures se pavaner devant nos yeux injectés de peinture rougeâtre. Joël c’est un nouveau compagnon de voyage, un péruvien tout droit sorti d’un épisode de tintin, enrobé, visage en forme de poire et boucle d’oreille en or. Je pouvais presque me le représenter en haut d’une grande cordillère imaginaire, des frusques traditionnelles sur le dos, mâchant de la coca imaginaire. Mais lui, il sniffait, il sniffait à mort. C’est lui qui a dû m’emmener ici. Jusqu’au paradis de la chatte. Si Dieu avait une chatte, elle serait au Brésil, à Vila Mimosa. Le château de la chatte, c’est comme rentrer dans une chatte géante, la chatte de Dieu, ouais. Les murs des étroites rues de cet endroit suintent comme des parois utérines et les prostituées trémoussent leurs engins de vie à vif devant ton nez pour que tu les suives en enfer. J’ai choisi celle-là, elle n’est pas vraiment à mon gout mais ici le goût semble avoir disparu ; quelques pièces et du papier-cul pour la randonnée maudite. Elle a tatoué sur son cul « I love M », surement la première lettre du nom de son mac. J’aime mon mac. Las dans les escaliers vla que j’la suis. les marches molles sont laborieuses et donnent sur un pauvre plumard plein de bébêtes.


Je sens. J’encens dans ma tête et finalement le sacrifice commence ; je suis un oracle dionysiaque. C’est fini. Elle a du sperme sur le bas du ventre et des gouttes de sang coulent de mon nez, j’en ai trop pris. Les deux substances répugnantes se mélangent et mes yeux baignent dans le réceptacle fige-raisin. De ce placenta putride semble naître un petit monstre, il n’a qu’un œil et il me regarde. Putain il me regarde, je vois double ; c’est moi. Tout devient noir, enfin, un peu de repos.


Trente degrés si elle suce.

S

on sexe d’un noir de geais se dresse tout à coup comme le poing rageur d’un communiste trentenaire. Il est de la taille d’un bras d’homme. Elle a l’estomac à ses pieds et la langue façon pendule. Elle git là les jambes agitées, frétillante, se trémoussant à coups de hanche reptiliens ; Happé par le blond de ses yeux, le satin de ses lèvres meurtrières, son sang d’ébène ne fit qu’un tour. Elle empoigna le manche de ses doigts délicats et, suçotant tout doux l’énorme membre noir, fantasmait déjà sur les coups de reins infinis du géant africain et la saveur du foutre chaud dans sa bouche humide. Sa croupe sauvage endurait le diable noir et ses coups de reins déchainés. Son bassin était un marteau. Son sexe, un pieu. Il enfonçait son immense braquemard à la vitesse d’une locomotive lancée à pleine vapeur et creusait, entre les jambes de sa nymphe blanche, un trou sans fin. Un puit sans fond. Un passage vers le ciel.


Viktor Mikhaylovich Vasnetsov Basstet La Tchétchène Ma belle Nuages pourpres Comsa Mon monde moderne Zohan Ω Magalie


OnaRoad Kôln ♪ Les rails de trop 8 AM sterdam Mxq Mon monde moderne Rio de juillet Leblon Vile


B.U.R.N Whisky d’appartement Sexe, drogue et bitume Confession sous l’oreiller Bleu Lune 1h43 fête la musique Sexe, drogue et bitume 21/04/13 In C ons C ience Larme


Lucie Dieu Vide La petite, la moyenne et la grande Elise. Les belles du bord de mer. Cuba libre. Pipe-Chaud-biz Bonjour, vous n’auriez pas vu ma femme ? Dis-leur Le château de la chatte Trente degrés si elle suce.


MERCI Bebop XII Tof Sr.Randini Morgane l’oiseau

Achevé d’imprimer en novembre 2013, en pays libre par Ivan Viana - Bordeaux 33000 N° d’imprimeur : 12 Dépôt légal 1re publication : Novembre 2013 Edition 1 - Novembre 2013 Les éditions du cyclope - 3, cami de capsus - 64160 Ouillon


Dans le gosier