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DOSSIER

• OUTILLAGE •O  BJETS CONNECTÉS

ET SÉCURITÉ

Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr Une publication de 3eMédias

INTERVIEW : David Dray, Casanova ÉLECTRICITÉ : vive les femmes DIRIGER : la bienveillance ISSN : 2297-098X

ELECTRICIEN+ N. 61 - AVRIL 2016


Simplificiation : gare à l’uberisation

David Le Souder

T

out le monde partage le même constat qu’il faut simplifier le travail en France. La loi "Nouvelles opportunités économiques" (Noé) voulue par Emmanuel Macron, disparue, puis intégrée par Myriam El Khomri au projet de loi sur la réforme du droit du travail, a un objectif précis : déverrouiller l’embauche et mettre les jeunes au boulot. Emmanuel Macron considère que trop de barrières à l’emploi freinent la liberté d’entreprendre. Dans son texte, il souhaitait notamment supprimer des qualifications. Il deviendrait ainsi possible de recruter un jeune électricien sans qualification. Pourtant, la loi Raffarin du 18 janvier 1992 venue renforcer la protection et l’information des consommateurs de produits et de services rappelle bien l’importance des effets de l’absence de formation sur la vie de tous les jours. Pour le métier comme pour le client. Dans une démarche de simplification, le ministre de l'Économie souhaite permettre à celles et ceux qui veulent créer une activité qui va avec la transformation numérique de le faire plus facilement. "Quand on regarde le numérique partout dans le monde, il se développe en créant des opportunités pour les qualifications les plus faibles", avait expliqué Emmanuel Macron le 9 novembre 2015 dans son discours à Bercy. En France, "nous avons encore beaucoup trop de rigidités", comme l'obligation "d'avoir un local pour développer une activité de garde à domicile, par exemple, d'avoir tel diplôme alors que ce qu'on fait n'est pas couvert par ledit diplôme", avait-il détaillé. Un assouplissement des qualifications nécessaires permettrait d’ouvrir l’accès à certains métiers du bâtiment ou de l'artisanat et, surtout, de mettre au travail des jeunes sans qualification en remplacement des travailleurs au noir qui pullulent sur les chantiers. Le ministre de l'Économie plaide là encore pour la simplification : "Il s'agit de faciliter le passage d'un statut à l'autre, de créer un parcours de croissance pour ceux qui ont des projets. C'est un enjeu fondamental, la majorité de ceux qui vont développer leur emploi est au chômage ou bien ils travaillent au noir." Reste le danger que cet assouplissement des qualifications ouvre la porte à l’uberisation. Avec pour conséquence la suppression pure et simple des qualifications pour accéder à un métier. Même si, à l’évidence, pour avoir une garantie décennale il restera nécessaire de justifier de la qualification adéquate. Mais quid de la défense du consommateur ? Quelles sont les garanties d’un ouvrier qui intervient chez des particuliers ? L’électricien peut-il rentrer dans ce projet quand il manipule un fluide potentiellement mortel ? Du coup, pour faire face, l’artisan ne manque pas d’atouts. Il doit faire valoir les notions de proximité et de réactivité, de compétences, de qualification, et son savoir-faire. La difficulté va consister à faire comprendre au client final que les qualifications peuvent faire toute la différence pour obtenir le travail souhaité. Au final, le consommateur choisira la voie qui lui semble la plus adéquate par rapport à son besoin. Est-ce réellement un mal pour l’artisan ? David Le Souder

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Le magazine du smart-home et de l’électricité (résidentiel, collectif et petit tertiaire)

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3e Médias 39 Rue Jean-Baptiste Pigalle 75009 Paris tél : + 33 (0)9 82 34 89 62 fax : + 33 (0)1 44 92 50 51 Directeur de la publication : Jean Tillinac

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Rédacteur en chef : David Le Souder Relations lecteurs : Solène Collat

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TENDANCES ET MARCHÉS

6 Distribution : Comptoirs Outiz, et de 8 en Île-de-France ! 7 A LIRE 8 Formation : Le BTS Cira revu pour l’industrie du futur 9 Distribution : Bilan de la 10e Convention Socoda, un succès durable

34 S2ICF

Publicité : Sandrine de Montmorillon 06 51 30 28 68 - sdm@filiere-3e.fr

34  Le S2I Courant Faible, un syndicat de terrain !

Conception et réalisation : Planète Graphique Studio 95,  boulevard Berthier,  75017 Paris

35 L'ACTUALITÉ DE LA FFD

Impression : imprimerie de Champagne, 52200 Langres

35 ­Rendez-vous à la Foire de Paris

36 DIRIGER SON ENTREPRISE

10 David Dray, Casanova

36 ­Ressources humaines : Le management bienveillant, une source de productivité

12 DOSSIER

38 TECHNIQUE

12 Métier : Les outils évoluent 19 Objets connectés et sécurité : Le piratage et l’utilisation des données, des risques à prendre très au sérieux

40 APPLICATION

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INTERVIEW

L'Electricien est un périodique inscrit à la Commission paritaire des publications et agences de presse sous le n° : 0617 T 92734

38 ­Réglementation : RT2012 et Bepos

23 TRIBUNE 23 Light & Building 2016 : La rupture annoncée entre deux mondes

42 RENCONTRE

24 SPECIAL FEMMES

42 Éclairage : André Bousquet fondateur de Meljac

30 TECHNIQUE 30 Surtension : Attention, les orages arrivent !

32 LETTRE 32 Retour sur les Rencontres Croissance et Technologie CSEEE

© 3e Médias, Paris. Reproduction interdite. Toutefois, des photocopies peuvent être réalisées avec l’autorisation de l’éditeur. Dépôt légal : avril 2016

40 Maison connectée : Jewelbow, un concentré de technologies 41 L’éclairage à l’hôpital

24 Travail : Vive les femmes !

Routage : ARS

44 C'ÉTAIT AVANT 47 PRODUITS 50 3 QUESTIONS À 50 Christophe Outier, Directeur Commercial Nordnet

LISTE DES ANNONCEURS Intratone.............................. 1e de couv Electriciens sans frontière..... 2e de couv Nordnet................................ 3e de couv Erco..................................... 4e de couv Autopromotion................................... 5 Intratone........................................... 15 Intratone........................................... 17 Citel.................................................. 31 Préventica......................................... 37 Smart Energies................................. 47 Retrouvez la lettre de la CSEEE à l’intérieur de ce numéro.

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Corinne de Bilbao

est nommée au poste de Présidente de GE France. Elle est riche d’une expérience industrielle de plus de vingt-quatre ans acquise au sein de différentes activités de GE.

Pascal Yenigotchian

vient de prendre le poste de Directeur Commercial de l’entité EMS du groupe Delta Dore, dédiée aux services d’efficacité énergétique pour les sites tertiaires et industriels. Âgé de 54 ans, Pascal Yenigotchian a travaillé dans la régulation thermique chez Siemens puis Schneider Electric.

Véronique Deleville,

membre titulaire représentant la Fédération générale FO Construction, et Frédéric Reynier, membre titulaire représentant la Fédération française du Bâtiment, viennent d’être respectivement élus Présidente et Vice-Président de l’Organisme professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux publics (OPPBTP). Le Bureau s’attachera à développer les actions définies dans le nouveau plan stratégique de l’OPPBTP « HORIZON 2020 ». Véronique Deleville est entrée en 1992 chez SOCOTEC au département Consulting, a poste d'assistante. En outre, elle est administratrice à BTP Santé au travail. Frédéric Reynier est gérant d’une entreprise de gros œuvre à Crest (Drôme).

DISTRIBUTION

Comptoirs Outiz : et de 8 en Île-de-France !

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utiz, enseigne de Saint-Gobain Distribution Bâtiment France (SGDB France) et premier distributeur cross-canal de matériel de chantier et de bricolage qui fête ses 2 ans ce mois-ci, ouvre un nouveau comptoir à Maisons-Alfort (94). Outiz, c’est plus de 20 000 références grâce au Click & Collect et plus de 5 000 références disponibles immédiatement en retrait toujours aux meilleurs prix du Web. Les meilleures marques professionnelles sont disponibles dans plusieurs catégories de produits : électricité, luminaire, plomberie et chauffage, salle de bains et WC, quincaillerie,

concrètes.

préparation sol et mur, outillage, vêtements et protection. Le consommateur peut choisir l’achat direct au comptoir, ou commander sur internet (24/24), via les commerciaux et par téléphone auprès du service client (5J/7 au 01 40 35 22 22).

FORMATION

Création d’un CQPI vidéosurveillance

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lors que l’activité de sécurité électronique et, plus spécifiquement, la vidéosurveillance connaissent une croissance non négligeable, seules quelques formations initiales, telles que le bac pro SEN (futur SN - Système Numérique avec options), ou le bac pro ELEEC (futur MELEC - Métiers de l’Electricité et de ses Environnements Connectés), préparent partiellement à ces métiers. Les

HAGER RACHÈTE AZIMUT MONITORING Hager Group est heureux d’annoncer le rachat de la société française Azimut Monitoring, leader dans le domaine du monitoring de la qualité de l’air et du bruit destiné aux « smart buildings » (bâtiments intelligents) et « smart cities » (villes intelligentes). Hager Group peut désormais offrir des solutions qui intègrent des capteurs communicants parmi les meilleurs du marché pour la mesure des environnements intérieurs comme extérieurs. Les informations sont collectées de façon confidentielle et sécurisée, puis analysées et restituées aux clients en temps réel de façon claire et explicite favorisant la prise de décision pour prendre des mesures correctives

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NOMINATIONS

PROJET GREENOVALLEY À GRENOBLE Schneider Electric construit deux nouveaux bâtiments, représentant plus de 43 000 m². Pour renforcer la collaboration et les échanges entre les équipes, tout en favorisant les synergies « rechercheuniversité-industrie » avec les grands acteurs publics et privés présents localement, le projet prévoit le regroupement des équipes sur 5 sites au lieu de 13 actuellement. Le bâtiment sera à énergie positive avec une consommation inférieure à 37 kWh (énergie finale)/an/m2. Il intégrera les toutes dernières technologies en termes de production d’énergies renouvelables (géothermie, photovoltaïque, éolien, stockage, etc.), de gestion active de l’énergie et de gestion intelligente de l’espace.

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entreprises se trouvent donc confrontées à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Les principales organisations professionnelles du secteur (FFB, FFIE, UIMM et SVDI) ont décidé de se regrouper pour créer le premier CQPI (Certificat de Qualification Professionnelle Interbranches) de Technicien vidéosurveillance et Responsable technique vidéosurveillance.

FARENEIT RACHÈTE EXERCE Le groupe spécialiste des métiers du bâtiment dirigé par Patrick Aimon poursuit sa dynamique de croissance et vise un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros en 2016. Le groupe francilien indépendant (Sartrouville – 78) renforce en effet sa présence en Île-de-France en intégrant la société Exerce, basée à Gennevilliers (92) et spécialisée dans les métiers de l’exploitation et de la maintenance d’équipements thermiques. Avec l’acquisition d’Exerce, Fareneit renforce ses capacités d’action par l’apport d’une expertise technique « haut de gamme » dans l’exploitation et la gestion de l’énergie, complétant efficacement le panel des services proposés par le groupe. Génie climatique et thermique, plomberie, couverture et électricité.


Comment établir un plan de mesurage de l’énergie ? Un plan de mesurage permet d’obtenir des données précises sur vos consommations et usages énergétiques. Comment le mettre en place ? Le guide FD X30-147 de l’Afnor explique tout, étape par étape. « Où dois-je placer mes instruments de mesure ? Que dois-je regarder en premier en termes de consommation ? Comment acquérir les données de consommation fiables et utilisables ? Quelles sont les étapes à suivre, les priorités à donner ? Un document en passe de devenir une norme volontaire européenne. Le guide Afnor est destiné aux équipes techniques et aux responsables énergie.

Concevoir un bureau intelligent Pour devenir intelligent, un bureau doit allier l‘intelligence des solutions techniques et celle des usages et être porté par trois dynamiques fortes traitées simultanément : qualité environnementale et performance énergétique, qualité d’usage et connectivité-communicabilité. Ce mode d’emploi édité par le Cluster HBI a pour objectif de présenter les fonctions et équipements correspondant à différents niveaux de services (techniques et d’usages) nécessaires dans un bureau intelligent. Il est destiné aux propriétaires de bureaux et à leurs occupants afin de leur apporter un support pour la rédaction du cahier des charges fonctionnel du projet.

Les Incontournables Courants faibles et VDI 2016-2017 Ce nouveau catalogue Socoda recense et présente l’ensemble de l’offre produits des fournisseurs référencés dans la famille Courants faibles et réseaux VDI. Il apporte également toutes les informations normatives pour cette famille de produits. Chaque adhérent du groupement Socoda peut créer, à partir de ce catalogue exhaustif, une version personnalisée, en sélectionnant les produits et fournisseurs souhaités. Celle-ci est ensuite mise en ligne sous forme de catalogue interactif pour permettre au client la consultation, l’achat ou la demande de devis auprès de son distributeur.

ÉCLAIRAGE XENIO Xenio lance sa plateforme hybride d’éclairage intelligent/ IoT dédiée aux espaces commerciaux tels que les magasins de vente au détail, les hôtels, les lieux de divertissement, les bureaux, les établissements de santé et les sites de transport. Xenio Point a présenté au salon Light+Building 2016 son premier produit d’éclairage intelligent ainsi que sa solution « Proximity & Positioning » qui cible les magasins de vente au détail. Des SKU Initial Point sont intégrés aux sources lumineuses Bridgelux Vero® afin de créer le module LED intelligent le plus flexible du marché.

liste des résidences services, lance la commercialisation d’un programme totalement connecté. Gestion par domotique et suivi des consommations en temps réel : « Newton » est la résidence services de demain. Les étudiants de la résidence services pourront gérer leur consommation d’électricité grâce à deux applications, en direct et à distance, depuis leur smartphone ou tablette. Cette application permet de suivre en temps réel ses consommations de chauffage, d’eau chaude et d’électricité, et offre en outre la possibilité d’estimer le montant de sa facture. L’étudiant concerné pourra également se fixer des objectifs de facturation, pour lesquels il recevra des conseils via l’application.

UNE RÉSIDENCE ÉTUDIANTE 100 % CONNECTÉE À l’heure de l’habitat intelligent et de la démocratisation des objets connectés, le promoteur LP Promotion, spécia-

PANORAMA DE L’ÉLECTRICITÉ RENOUVELABLE En 2015, les énergies renouvelables (EnR) représentent

18,7 % de la consommation électrique. Après une année 2014 marquée par la reprise du raccordement des installations éoliennes et solaires, 2015 confirme que ces deux filières contribuent le plus à la croissance des énergies renouvelables électriques. Cette dynamique est notamment liée aux mesures de simplification des procédures administratives encadrant leur développement et à la sécurisation du cadre tarifaire. Cumulant un parc de plus de 16 500 MW, le solaire photovoltaïque et l’éolien représentent désormais 37,8 % des capacités de production d’énergies renouvelables électriques en France métropolitaine. Toutes filières confondues, la croissance du parc renouvelable est de 2 000 MW, ce qui porte sa puissance à plus de 43 600 MW au 31 décembre 2015.

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FORMATION

Le BTS Cira revu pour l’industrie du futur

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lébiscité par les employeurs, le BTS Contrôle industriel et régulation automatique (Cira) vient d’être entièrement rénové pour intégrer les évolutions technologiques de l’industrie du futur, le développement durable et les innovations pédagogiques les plus récentes : projet technologique, stage en entreprise et approche systémique. Cette formation accueillera ses premiers étudiants en sep-

tembre 2016. La digitalisation de l’industrie et les exigences accrues de performance des sites en matière de protection de l’environnement et de la santé renforcent le besoin de contrôle des processus. Qu’il s’agisse d’implanter une nouvelle usine à l’international ou de maintenir sous contrôle un procédé industriel, le titulaire du BTS Cira est à l’origine de la production des données clés de surveillance du fonction-

nement du procédé via l’instrumentation. Ces données peuvent désormais être analysées et exploitées pour créer de la valeur, outre la régulation des process. Une nouvelle perspective qui vient alimenter les « usines numérisées » permettant de fiabiliser et d’optimiser leur fonctionnement en amont (modélisation), voire de former des opérateurs en réalité augmentée.

ECONOMIE

Les normes : + 20 % pour l’économie française

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ontredisant le cliché sur les normes qui pénaliseraient les entreprises, une étude Afnor inédite réalisée par le BIPE (Cabinet de conseil en analyse stratégique et prospective économique) démontre que la normalisation volontaire est un levier de développement économique. Elle générerait 20 % de surcroît de croissance annuelle du chiffre d’affaires des entreprises participant à l’élaboration des

normes : ces dernières affichant un taux de croissance annuel de 4 % contre les 3,3 % en moyenne recensés pour l’ensemble des entreprises. Celles qui s’engagent dans le processus de création des normes volontaires sont résolument mieux préparées pour affronter la concurrence économique. Les normes agissent en accélérateur de croissance et en facteur évitant de la dégrader. Les normes volontaires sont incontestablement un passeport

pour mieux vendre hors de ses frontières. Elles favorisent l’interopérabilité entre les différents produits et services, qui peuvent ainsi mieux dialoguer à l’international. Ce langage commun constitue une solution de référence fiable dont la légitimité est garantie. Pour le consommateur, les normes partagées par le plus grand nombre d’acteurs lui évitent d’être piégé par une technologie ou un système fermé.

DOMOTIQUE

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’inscrivant dans le programme Eliot, qui propose des solutions d’objets connectés ainsi que des infrastructures électriques et numériques évolutives, l’offre MyHome Play répond à quatre garanties : une valeur d’usage augmentée, une simplicité et une facilité d’utilisation et d’installation, la confidentialité des

FAIRE SES COURSES CONNECTÉ Avec sa solution Indoor Positioning, Philips Lighting s’est octroyé le premier projet de lumière connectée du MoyenOrient dans les supermarchés Aswaaq des Émirats arabes unis.. Faire ses courses à la vitesse de la lumière à Dubai, grâce à la lumière LED Philips, est possible. Le système offrira aux clients de nouveaux services de géolocalisation en intérieur. Cette solution innovante utilise la lumière comme un système de géolocalisation permettant aux clients de se repérer dans le magasin en toute simplicité avec leur smartphone. La solution Indoor Positioning de Philips Lighting présente un double avantage pour les distributeurs, qui peuvent à la fois offrir la meilleure expérience d’achat possible à leurs clients tout en les aidant à stimuler leurs ventes et fidéliser leur clientèle.

données des utilisateurs ainsi que la pérennité. L’offre sans fil MyHome Play vient compléter l’offre domotique Legrand constituée jusquelà de l’offre filaire MyHome domotique. Désormais, selon les besoins des particuliers, les installateurs pourront choisir entre les deux solutions proposées par Legrand pour accé-

INDIVIDUALISATION DES FRAIS DE CHAUFFAGE : LES FRANÇAIS VOTENT POUR Le Syndicat de la Mesure dévoile une étude réalisée par OpinionWay qui souligne la très large adhésion des Français sur cette disposition. L’enquête révèle ainsi que 91 % de nos concitoyens sont favorables à la facturation individualisée de leurs frais de chauffage, une mesure jugée équitable pour 93 % d’entre eux. Les immeubles équipés d’un chauffage central mettront en place l’individualisation des frais de chauffage d’ici à l’an prochain. Un large consensus se dessine au sein de l’opinion puisque neuf Français sur dix se déclarent favorables à l’individualisation des frais de chauffage.

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MyHome Play de Legrand Eliot : le choix du sans-fil der à une maison connectée : du filaire avec MyHome domotique, ou du sans-fil avec MyHOME Play. Des tutoriels expliqueront les étapes de programmation d’un réseau radio.

CCTV LEGRAND : DE LA SOUPLESSE DANS LA VIDÉOSURVEILLANCE Par l’intermédiaire de sa marque Bticino, spécialiste de la « sécurité des accès », Legrand France commercialise, à partir de mars 2016, une offre de vidéoprotection articulée autour de trois technologies complémentaires. Dédiée au petit tertiaire (petit commerce, pharmacie, école, hôtel, supermarché, profession libérale, établissement scolaire, station-service…), l’offre est composée de trois solutions distinctes.D’une part, une gamme analogique idéale pour les petites installations et parfaitement adaptée aux installateurs électriciens non spécialisés. D’autre part, une gamme analogique Haute Définition (AHD) : cette technologie intermédiaire allie la facilité d’installation de l’analogique (câblage coaxial) et une qualité d’image Haute


DISTRIBUTION

Bilan de la 10e Convention Socoda : un succès durable a Convention Socoda, ce salon inversé multimétier, gagne en importance à chaque édition. Ce moment privilégié de rencontres et d’échanges est, pour Philippe de Beco, Président du Directoire du Groupe Socoda, « symbolique de l’état d’esprit que nous cultivons au sein de Socoda. Il se veut ouvert, innovant, fidèle à nos origines, solidaire et convivial ». Près de 2 500 personnes (adhérents, fournisseurs, partenaires) ont pu participer à une véritable place de marché : quantités limitées, prix compétitifs et conditions exceptionnelles étaient proposés par les fournisseurs aux adhérents du réseau qui se devaient d’être très réactifs.

Socoda a aussi annoncé le lancement officiel des Bourses à l’Innovation, « des appels à projets sur des produits innovants, qui ont du sens et prennent en compte les contraintes de demain », souligne Philippe de Beco. Elles encouragent, promeuvent et récompensent les initiatives des fabricants qui œuvrent dans ce sens : chaque fois que l’innovation injectera du « MOINS » ; moins de matière, moins d’énergie, pour rendre les mêmes services et les mêmes utilisations. Les filières Décoration, Electricité, Sanitaire-Chauffage-Plomberie, Outils Pro, Industrie, Aciers et Matériaux de construction sont concernées.

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BORNES DE RECHARGE ÉLECTRIQUE

SPIE remporte deux contrats majeurs dans le Morbihan

A

près l’installation de 80 bornes de recharge pour véhicules électriques en Vendée en 2014, SPIE Ouest-Centre confirme son fort développement sur le marché de la mobilité électrique via deux nouveaux appels d’offres rem-

portés dans le Morbihan. Un premier contrat signé en avril dernier concerne le déploiement de 250 bornes sur l’ensemble du département. Le deuxième, conclu il y a quelques semaines, porte sur la gestion globale et l’exploitation de ces

mêmes 250 bornes, afin d’en assurer la supervision, la monétique et la maintenance. À terme se profile la possibilité pour les conducteurs de voitures électriques de rallier l’ensemble du département sans risque de « panne sèche ».

RENCONTRE

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ette rencontre se déroule le mercredi 8 juin 2016. Au programme, la domotique collective - quelles sont les attentes du promoteur, des copropriétaires, des syndics ainsi qu’un retour sur les normes et contraintes - loi handicap, RT 2012 et RT 2020

En parallèle auront lieu des ateliers de fabricants d’interphonie et vidéophonie (Bticino, Urmet, Comelit, Noralsy, Oyoma, Intratone…). Inscription sur www.s2icf.fr/domotique. Le lieu définitif sur Paris sera transmis prochainement.

Définition en 720p. Enfin, une gamme IP : elle offre une qualité d’image Haute Définition en 1080p et nécessite une intégration sur réseau LAN par un installateur spécialisé.

rechargés de nuit. L’objectif est de faciliter le passage des villes aux systèmes de bus électriques pour garantir la sécurité et la compatibilité entre les marques de bus et les systèmes de recharge.

BUS ÉLECTRIQUES : VERS DES RECHARGES COMPATIBLES EN EUROPE Afin de répondre aux besoins des villes qui utilisent déjà des bus électriques, les constructeurs de bus européens Irizar, Solaris Bus & Coach, VDL et Volvo se sont mis d’accord avec les fournisseurs de systèmes de recharge ABB, Heliox et Siemens sur une approche ouverte, transparente et volontaire. Des interfaces communes et privilégiées seront ouvertes à tous les acteurs du marché et employées aussi bien pour les bus électriques dits « à biberonnage » (recharge rapide aux terminus) que pour les bus électriques

NUMÉRIQUE ET COLLABORATIF Dans leurs rôles fédérateur et d’apporteurs de nouvelles solutions, le cd2e (Création-Développement des Eco-Entreprises) et le cluster Ekwation travaillent avec les fédérations professionnelles et les territoires afin de faciliter l’accès à ces nouvelles technologies et modes de coopération. Dans l’objectif d’avoir un bâtiment durable et performant (objectif de résultats) tout en maîtrisant les coûts, la bonne collaboration des différentes parties prenantes est primordiale et ce, le plus en amont possible du projet. De nouvelles façons

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Colloque S2ICF

de faire et des outils existent aujourd’hui (groupements d’entreprises, conception/réalisation, outils numériques comme le BIM, pour la modélisation des données du bâtiment, ou le scan 3D...). Une étude montre que 68 % des répondants estiment que le BIM pourrait devenir utile, voire incontournable pour leur activité d’ici un ou deux ans. 48 % partagent cet avis pour le scan 3D.

SOPHIE BARON, LA BÂTISSEUSE Sa passion et à sa combativité ont valu à Sophie Baron, pdg d’Alliance Construction Groupe, d’être lauréate du Prix Femme chef d’entreprise décerné par les Trophées des Femmes de l’Économie en 2013 pour la région Pays de la Loire. En décembre 2015, elle a remporté la médaille d’or du challenge UMF avec son concept-house Plug&Live.

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“ À chacun sa domotique.

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David Dray, Casanova

Smart Home Electricien+ - Quelle est l’origine de Casanova et quelles activités la société recouvre-t-elle ? David Dray - Casanova est une société industrielle spin-off du groupe Schneider Electric. Cette entité a été créée en 2003 pour devenir LE spécialiste des réseaux de communication voix/données/images résidentiels en France. À l’heure actuelle, nous sommes leader ou co-leader sur le marché avec 60 000 logements équipés par an, ce qui représente à peu près 20 % de parts de marché du logement collectif neuf. Nous sommes aussi présents sur le secteur de la réhabilitation et de la maison individuelle, mais notre coloration est plutôt le collectif neuf privé. Casanova est à l’origine de ce marché. Ce qui ne nous a pas empêchés de nous diversifier, depuis cinq années, avec l’infrastructure de colonnes fibre optique d’immeubles FttH (Fiber to the home, la fibre optique jusqu’à l’abonné, ndlr), afin d’acheminer le très haut débit jusqu’aux logements et le distribuer à toutes les prises de terminaison pour un confort optimal du client. SHE+ - Vous allez jusqu’au coffret de distribution ? D. D. - On amène la fibre optique jusqu’au DTIo, qui est le point de terminaison de l’installation FttH dans le logement, c’est-à-dire le tableau de communication. Ensuite, ce très haut débit est distribué par le réseau RJ45 sur des prises

multimédias de grade 2 ou grade 3 et sur un réseau unique. SHE+ - Et la domotique ? D. D. - C’est la nouveauté. Casanova s’ouvre sur le smart home, autrement dit la maison connectée, avec une approche domotique assez originale. Notre idée est d’offrir avant tout de la flexibilité et de la liberté au client. Pour cela, nous allons nous appuyer sur le concept « Domotique Ready ». Il s’agit de prescrire une solution en amont aux promoteurs immobiliers, de façon à ce qu’ils prédisposent leurs logements à recevoir de la domotique. SHE+ - Cette offre est donc pour le logement neuf ? D. D. - Oui, ce dispositif se concentre essentiellement sur une cible du neuf. L’idée est de dire aux promoteurs immobiliers : « Ne faites pas de la domotique un centre de coûts, mais plutôt un centre de profit. » Autrement dit : « Ne vendez de la domotique qu’à ceux qui le souhaitent, en sélectionnant des packs de services qui soient adaptés à leurs besoins particuliers, à ce qu’ils veulent réellement. De telle sorte que, dans un même immeuble, chaque foyer aura sa propre domotique. SHE+ - Est-ce que cela impose des contraintes aux promoteurs immobiliers ? D. D. - Oui, et cette solution n’a de sens

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David Dray, Casanova

que si l’on prescrit l’infrastructure très en amont, avec une prédisposition très simple qui tient en quelques items : 1) Disposer de deux prises RJ45 en hauteur, afin de pouvoir distribuer un service IP en hauteur, notamment de vidéosurveillance. 2) Pouvoir compter sur un nombre suffisant de prises RJ45 : 2 ou 3 dans le salon et 1 à 2 par pièce suffisent. 3) Amener le neutre à la commande, pour pouvoir se servir des pots électriques et les domotiser, ce qui n’est certes pas habituel, mais ne coûte rien. Et utiliser des pots plus profonds, de 50 mm, à la place des pots de 40 mm, uniquement sur les cloisons extérieures, ce qui n’a pas non plus d’impact sur le coût. 4) Disposer d’une place suffisante dans la GTL (gaine technique logement) : en gros, on demande du vide. SHE+ - Que trouve-t-on dans cette GTL ? D. D. - On retrouve le tableau de puissances – le tableau électrique –, le tableau de communication et le tableau EDF. La box domotique, ce que nous appelons la passerelle domotique, sera un équipement du tableau de communication. Elle sera associée à un switch Ethernet PoE (Power over Ethernet, l’alimentation électrique par câble Ethernet), qui permettra de distribuer l’ensemble des services IP, ou des services non IP, qui arriveront sur la passerelle pour pouvoir communiquer entre eux. SHE+ - Cela veut dire que les caméras pourront se trouver en PoE ? D. D. - Oui, connectées sur une simple prise RJ45, en hauteur, sans même avoir besoin de faire venir le courant fort, la partie courant faible alimentant le dispositif.


SHE+ - Peut-on en savoir plus sur ces packs services : que regroupent-ils ? D. D. - La grande idée est d’avoir cette infrastructure prête, Ready, d’une part, et une commercialisation post-équipement, via des packs de services qui seront commercialisés par les promoteurs immobiliers eux-mêmes, en option, dans le cadre des TMA, les travaux modificatifs de l’acquéreur, à destination des clients qui le souhaitent. SHE+ - Peut-on en savoir plus sur ces packs services : que regroupent-ils ? D. D. - La grande idée est d’avoir cette infrastructure prête, Ready, d’une part, et une commercialisation post-équipement, via des packs de services qui seront commercialisés par les promoteurs immobiliers eux-mêmes, en option, dans le cadre des TMA, les travaux modificatifs de l’acquéreur, à destination des clients qui le souhaitent. SHE+ - Casanova ne fait pas la démarche directement auprès du client ? D. D. - Il y a deux possibilités : Casanova propose une gamme de packs au promoteur que ce dernier va commercialiser avec son programme immobilier, ou bien le promoteur laissera Casanova avoir accès à son client et Casanova sera en mesure de proposer une série de packages. Un package, c’est un équipement qui va répondre à un besoin, par exemple, pour la sécurité, il s’agira d’un cône domotique rassemblant les fonctions détection de présence/Led/HP associé à une caméra PoE. Cela peut aussi concerner la gestion des volets roulants, de la lumière, un pilotage du chauffage, général ou par zone, une sonorisation… SHE+ - Si l’on prend l’exemple d’un jeune couple qui s’installe : de la même manière qu’il va choisir le carrelage de sa cuisine, il pourra sélectionner ses options domotiques pour connecter sa maison en choisissant les packs qu’il veut ? D. D. - Exactement : les uns privilégieront la sécurité, d’autres seront davantage attirés par le côté ludique du multimédia,

d’autres encore concentreront leur demande sur les économies d’énergie. C’est notre approche : on ne peut pas tout proposer à tout le monde, car tout le monde n’a pas les mêmes attentes. Et cela reviendrait en plus à un coût rédhibitoire. Ce que nous proposerons s’apparente à du sur-mesure. SHE+ - Ces fameux packages doivent être installés, Casanova s’en charge ? D. D. - Casanova travaille avec des domoticiens. Nous avons créé un réseau d’installateurs domotiques. Ils sont tous adhérents à la Fédération Française de Domotique FFD, ce qui leur garantit d’être formés et assure au client une compétence et un prix. Il est alors simple, pour Casanova, de mobiliser ce réseau, opération par opération, pour venir poser le bon package, par l’installateur le mieux adapté. SHE+ - On voit bien tout l’intérêt pour le client : les coûts sont maîtrisés à l’avance. Une fois précâblé, le logement ne demandera pas d’investissement à ce niveau. D. D. - C’est cela. Aucune mauvaise surprise pour le client en termes de gros œuvre et pas de mauvaise surprise non plus en matière de prix, puisqu’on s’appuie sur un réseau de domoticiens qui se sont engagés. D’ailleurs, ces domoticiens restent les interlocuteurs du client final. Il devient son prestataire de service et rien ne l’empêche de continuer à faire vivre le logement et, si besoin, d’upgrader les différentes fonctions domotiques dans le temps. SHE+ - Entre Casanova et Casanova Life y-a-t’il une connexion ? D. D. - Oui. Casanova, parallèlement à son métier de fabricant, associe une offre de services gratuits à l’intention de ses clients. Baptisée Casanova Life, elle est essentiellement un didactique qui explique au client à quoi sert sa domotique, à travers une helpline avec le docteur Casa en ligne, ou téléphonique. Mais c’est aussi une boutique en ligne qui permet d’upgrader son propre système smarthome. C’est également un moyen pour le client de communiquer avec nous par le biais d’un blog… En fait,

le site Internet dédié à l’art de vivre en réseau, le blog de spécialistes, la hotline technique, l’application iPhone gratuite et le CD-Rom ludique de présentation représentent tout un environnement appelé Casanova Life. SHE+ - Est-ce que quelqu’un qui n’aurait pas choisi des services associés dès son installation peut aller sur le site commander ses produits ? D. D. - Oui, et Casanova mobilisera ensuite le domoticien qui convient pour installer le package. Le client a le choix : il peut acheter son produit en ligne ou directement au domoticien. SHE+ - Casanova ne fabrique pas les produits, comme les caméras, par exemple ? D. D. - Si, Casanova fabrique certains produits, d’autres sont intégrés aux packs. Nous avons lié des partenariats avec Jeedom, Avidsen, Myfox…, c’est ce qui nous permet de proposer une offre flexible. Nous ne voulons surtout pas être prisonniers d’un produit ou d’une technologie particulière. Par exemple, l’aspect sécurité est basé sur de l’IP ; le package lumière, volets roulants s’appuie sur une techno CPL-IP ; la gestion du chauffage est liée à un protocole radio. Nous ne voulons pas enfermer le client dans une techno. SHE+ - De sorte que s’il ne veut pas reprendre des produits Casanova dans le futur, c’est possible ? D. D. - Oui. Toujours dans l’esprit d’accompagner le client, nous avons développé une application utilisateur Casanova Connected. Elle permet au client de visualiser son appartement et de vérifier quelles fonctions domotiques y sont actives. Car le cœur de notre métier reste la communication dans le logement. Il s’agit d’une intégration verticale de l’activité. Toutes ces fonctions arrivent en IP sur une box et sont affichables sur les écrans de la maison : télé connectée, tablettes, smartphone etc. Nous n’ajoutons pas d’écrans. Ce qui permet de faire fonctionner notre solution même s’il n’y a pas d’Internet à la maison, en local, bien sûr, car le tableau est équipé d’un switch Ethernet PoE au routeur.

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MÉTIER

Les outils évoluent Un outil est un objet fabriqué pour réaliser une action déterminée. L'homme n'est pas le seul à utiliser des objets pour agir sur son environnement. Les loutres utilisent une pierre plate pour briser les coquillages dont elles se nourrissent. Mais l'objet n'a pas été fabriqué. Les chimpanzés utilisent des brindilles qu'ils introduisent dans les termitières pour en capturer les occupants. L’électricien utilise un tournevis ou un coupe-câble. Les plus anciens outils (2,2 millions d'années) sont de simples galets taillés à une extrémité ce qui la rend tranchante. Il y a 40 000 ans l'homme moderne (Homo sapiens sapiens) arrive en Europe. Sa maitrise de la technique dépasse celle de l'homme de Néanderthal qui va disparaitre dans les milliers d'années qui suivent. Depuis, le bon outil fait déjà la différence sur la concurrence. David Le Souder

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ace à l’allongement de la vie professionnelle, l’amélioration des conditions de travail est devenue un enjeu pour les entreprises artisanales. Les fabricants innove en permanence pour améliorer l’efficacité, diminuer les troubles muscolo-squelettiques et protéger les individus. Depuis 2010, a été introduite la notion de pénibilité dans la réglementation. Pour le dirigeant, il est obligatoire de préserver sa santé et celle de ses salariés pour réaliser un travail efficace et de qualité. Formation et prévention sont essentielles Ces dernières années sont marquées par une forte progression des formations à la prévention dans les entreprises artisanales : + 22 % de stagiaires formés à la prévention en 2012. Cette hausse s’explique en partie par un renforcement du dispositif de formation pour l’amiante et l’électricité imposant la formation à l’ensemble des travailleurs susceptibles d’être exposés à ces risques. L’obligation de formation reste donc le principal facteur de participation. Dans le même temps, les risques plus courants comme les manutentions manuelles restent à la marge des actions de formation alors qu’elles restent la 1ère cause d’accidents du travail et de maladies professionnelles pour ces professionnels. Les métiers de l’électricité et des travaux publics, figurent parmi les métiers les plus représentés dans les formations à la prévention au regard de leur effectif de référence. Ces chiffres doivent néanmoins être analysés avec prudence et recul. En particulier, la proportion de chaque métier dans les formations à la prévention doit nécessairement être corrélée avec les risques inhérents de ces métiers ainsi qu’avec les formations obligatoires nécessaires à l’activité de l’entreprise (ex : habilitation électrique, autorisation de conduite d’engins, attestation de compétence pour l’utilisation d’échafaudages…). Les électriciens représentent 15 % des stagiaires formés à la prévention alors qu’ils constituent 11 % des effectifs des actifs du BTP. L’amiante et l’électricité ont été impactés par des évolutions réglementaires, au cours de l’année étudiée, qui ont renforcée l’obligation de formation, obligeant les entreprises à former leurs équipes.

La plus forte hausse revient aux électriciens avec +44% de formés entre 2011 et 2012 avec 7086. Les formations aux risques professionnels plus ordinaires tels que les contraintes physiques marquées ou l’utilisation de produits dangereux restent peu suivies malgré leur augmentation et les enjeux forts sur ces sujets. Cependant, 58 % des artisans déclarent ne pas connaitre les formations sécurité obligatoires pour leur métier.ns fil

1 salarié électricien sur 19 victime d’arrêt du travail en 2013.

DOMINGO RAMIREZ, RESP. PRODUITS ELECTRICAL CONECTIVITY WEIDMÜLLER Quelles sont les avancées en matière d’outils dédiés à la connectique ? Elles tiennent en trois maîtres mots : simplification, rapidité, productivité. Nous proposons des machines à couper et à sertir équipées d’une crémaillère très souple. L’un des avantages réside dans le fait que n’importe quel opérateur, même s’il a des petites mains, peut l’utiliser confortablement. C’est une belle avancée et nous poursuivons dans cette voie. Rendez-vous compte : une machine est capable de dénuder et de sertir un embout Côté pinces, y-a-t-il des évolutions ? DR : La Stripax ULltimate est une nouveauté qui sert pour tous les câbles UL et zéro halogène où l’isolant est dur. C’est une pince à dénuder de haute précision. Dans les outils de sertissage, il y a des évolutions, comme le PZ 10 : on a créé une matrice pour du 10 mm. Mais j’insiste : les machines font un tabac. Je réalise énormément de démos et trois fois sur quatre, la machine est achetée. Elle ne demande pas de formation spécifique, pas de programmation, il suffit d’utiliser le bol vibrant… Le seul impératif, c’est qu’il faut qu’il y ait du pneumatique dans l’usine, mais la plupart des tableautiers en sont équipés.

En ce qui concerne les accidents du travail, les données relatives aux sinistres et aux effectifs permettent de calculer les indicateurs suivants : • IP : incapacités permanentes consécutives aux accidents du travail • l’indice de fréquence des AT est le nombre d'accidents en 1er règlement pour 1 000 salariés ; • le taux de fréquence des AT est le nombre d'accidents en 1er règlement par million d'heures de travail ; • le taux de gravité des incapacités temporaires est le nombre de journées d’incapacité temporaire pour 1 000 heures de travail ; • l’indice de gravité des incapacités permanentes est le total des taux d’IP par million d'heures de travail, total qui inclut les décès comme incapacités permanentes avec un taux de 99 % ; • le taux moyen d’une IP est la somme des taux d’IP rapporté à la somme des nouvelles IP et décès, avec prise en compte des décès selon les mêmes modalités que pour l’indice de gravité.

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Protéger l’individu avant tout Pour un électricien, le risque est l’électrocution ou la coupure. Nous aborderons une autre fois les équipements individuels de protection EPI. Pour protéger, les outils doivent être opérationnels, même après des années d'utilisation intensive. Très pratique et pourtant peu connu, Sibille Fameca Electric propose un mètre sans aucune partie métallique, non conducteur plutôt que isolé, ce qui signifie que les matériaux utilisés ne permettent pas la progression du courant électrique, pour un usage Basse Tension (jusqu'à 11 kV) et Haute Tension HTA (jusqu'à 20 kV). Ainsi les fabricants travaillent pour fournir des outils plus performants et plus protecteurs. Cembre, Klauke, proposent des pinces et des tournevis isolés 1 000 V EN 60900. Par exemple, AGI-Robur fournit des pinces coupantes avec un nouveau plastique isolant et plus couvrant. Une coquille de couleur blanche est moulée sur les parties métalliques de l’outil. Cette coquille isolante est incassable et inamovible. Elle assure instantanément et définitivement l’isolation totale de l’outil. - L’isolant jaune orangé qui recouvre l’outil enveloppé dans sa coquille est inamovible et ininflammable. - La finition des branches permet une tenue parfaite de l’outil dans la main, avec des gants en caoutchouc même gras. - Les deux taquets (ou butoirs d’arrêt) sont en nylon traités. Mieux pour assurer la qualité des produits, chez AGI-Robur, l’isolation de chaque outil est testée en fin de fabrication. De son côté, Weidmüller propose donc à ses clients le service "Certificat outillage".

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Cause des accidents - électricité

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Des tests techniques de routine permettent à Weidmüller de garantir à ses clients la qualité et le fonctionnement optimal de ses outils. Petit plaisir et pas des moindres, chez Phoenix Contact, les outils à dénuder et à sertir peuvent désormais être munis d'une gravure laser permanente. Vous pouvez ainsi personnaliser votre outil et il devient ainsi l'outil, dont vous êtes l'unique propriétaire avec un repérage laser bien lisible et permanent appliqué à la personne ou à l'activité, ce qui prévient de toute confusion ou des vols. Visser sans douleur Cela semble évident, mais combien de tournevis génèrent des ampoules à l’usage ou des tensions dans la main et l’avant-bras. Certains fabricants, comme AGI-Robur, Weidmüller ou Cembre, ont développés des manches fins qui sollicitent très peu les muscles. Grâce aux tournevis effilés, l’installateur atteint des vis ou ressorts situés en profondeur dans des zones étroites (disjoncteurs). De son côté, Sibille Fameca Electric a étudié le comportement de l’électricien. Ainsi sans résistance particulière, l’électricien tient son tournevis du bout des doigts, sans forcer, tandis que l’autre extrémité s’appuie sur le fond de la paume. Quand la vis résiste, il change naturellement de prise pour tenir le tournevis à pleine main. La première phase échauffe la paume. Ainsi Sibille Fameca Electric a créé la série Rotoline, avec une boule à l’extrémité du manche qui peut se bloquer en appuyant dessus pour trouver de la puissance de serrage. Les multifonction Chez Weidmüller comme chez Phoenix Contact les outils remplissent plusieurs fonctions. Il n’est plus question d’avoir un outil pour chaque besoin. Qu’ils soient à main, comme le Swifty de Weidmüller, un tournevis dénudeur à une main. Mais pour réelle-


Rotoline Turn de Fameca Sibille Electric : l’extrémité ronde du manche est tournante.

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ment gagner en productivité, mieux vaut investir dans un automate. Un gros installateur, par exemple, pourra préparer ses câbles à l’atelier avec une machine qui coupe à la longueur. Selon Domingo Ramirez Weidmüller, « N’importe quel opérateur peut s’en charger. Il coupe, passe ses fils à la sertisseuse un par un et il part en chantier avec, ou il câble à l’atelier. » C’est une révolution en termes de gain de temps surtout. Au niveau des prix des composants, il est difficile de faire plus bas. Si l’opérateur gagne en rapidité, cela implique des conséquences positives à différents niveaux. Les employés vont moins tomber malades et il s’y retrouve. Pour les entreprises, le nombre de journées d’arrêt de travail pour troubles musculosquelettique tombe. Il y a une demande de la part des installateurs qui emploient plusieurs câbleurs et Weidmüller a pris les devants pour proposer cette offre. « Imaginons que l’installateur gagne 10 ou 15 heures par mois, grâce à la machine, cela lui dégage du temps pour prendre en charge d’autres affaires. Mais cela lui permet aussi de faire un devis plus bas, et ainsi d’être plus compétitif sur le marché. Ou encore, il peut marger davantage » ajoute Domingo Ramirez. Dans tous les cas, cela lui ouvre des perspectives de productivité. Cela demande un petit investissement, mais le jeu en vaut la chandelle. « D’ailleurs, j’ai de plus en plus de demandes pour des démos » conclue-t-il. Aujourd’hui,

ERIC BIOGEAUD, RESPONSABLE VENTES DISTRIBUTION FLIR SYSTEMS Quel est l’axe de développement de votre gamme de produits ? Les nouveautés s’appuient sur un système de « corners ». Où l’on trouve des produits très haut de gamme, comme cette caméra thermique ultracompacte commercialisée tout récemment. Elle avoisine le million de pixels et se destine à un public averti, dans la maintenance, l’industriel. Mais on y trouve aussi de l’entrée de gamme. En début d’année, nous avons sorti une caméra thermique pyromètre, qui présente une véritable image à 450 000 pixels, pour seulement 199 €. Cela permet de visualiser facilement les pannes. Pour le prix d’un bon pyromètre, on a une caméra. Début mars, nous avons lancé le concept des « combos ». Autrement dit, des produits combinés. Flir s’intéresse à la connectivité ? Depuis bien longtemps, les produits tests et mesures sont connectés. Nous avons été les premiers à mettre en place ce principe de connecter un outil à la caméra ou au smartphone. Le multimètre peut être affiché à distance et utilisé sur place sans avoir besoin d’importer le matériel. C’est du sans-fil. Vous proposez des formations ? Pour nos produits d’entrée de gamme, le client hésite à payer une formation près de 350 €, alors que son produit lui a coûté 200 €. Il peut alors profiter de la formation gratuite dispensée par le site d’ITC, le partenaire formation de Flir. Des slides lui apprennent point par point les pièges et les bons gestes. S’il choisit la formule classique, il profitera des conseils d’un expert et il lui en coûtera environ 350 €.

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80 % des armoires sont câblées en 2,5, et il y a du 4, du 6 et du 10. Du coup, l’installateur outillé avec une machine fait ça à la demande : il rentre un petit programme fourni qui permet de gérer, de documenter et de transférer les commandes de coupe depuis un PC, via le boîtier à écran livré. Il suffit de rentrer les données, le nombre de fils et la longueur de dénudage souhaitée et la machine s’occupe de tout. Pour Diego Ramirez Weidmüller rien ne vaut la précision de la machine « la classique L est la plus vendue, suivie par la CutFix 8 (jusqu’à 8 mm de diamètre). À comparer avec le temps que prenait le travail avant l’arrivée de cette machine : l’opérateur, à l’atelier, devait dérouler le câble, mesurer avec une marque sur l’établi ou un morceau de bois, couper… ». La précision aussi est assurée : aucun risque que ça soit trop court. C’est beaucoup plus rapide, plus facile à manipuler et mieux calibré. L’installateur aura toujours besoin de pinces, mais les machines collent à l’air du temps, où l’on recherche la productivité. Le sans fil qui concurrence le filaire La révolution est venue de l’Allemagne. En 2015, Metabo a lancé une technologie de batterie qui représente une avancée majeure dans le domaine de l’outillage professionnel. Dotée de cellules haute performance, la nouvelle batterie LiHD fournit jusqu’à 67 % de puissance en plus qu’une batterie Li-Ion et ouvre la voie du « sans fil » à des applications nouvelles. Horst W. Garbrecht, PDG de Metabo, explique que « ce lancement est, du point de vue technologique, une avancée aussi importante que le passage des batteries Nickel-Cadmium aux LithiumIon en 2005 ». Metabo avait déjà augmenté avant les autres la capacité des batteries en passant de 4.0 Ah puis 5.2 Ah. Associée à de nouvelles cellules haute performance et à une capacité à gérer un courant fort, batterie LiHD affiche une autonomie augmentée de 87 % et une durée de vie doublée, mais surtout, fournit jusqu’à 67 % de puissance électrique de plus que la batterie classique Li-Ion, ouvrant des champs d’applications jusqu’à présent réservés aux machines filaires. Aussi, nombre de machines et d’outils jusqu’à présent impensables en version sans fil, tels les grandes scies circulaires et scies circulaires sur table ou les rainureuses à aspiration intégrée, deviendront concevables. Mais ce qui fait la force de la technologie LiHD de Metabo est sa capacité à être totalement compatible avec l’existant. « Nous avons repensé la structure électromécanique des batteries et renforcé les conducteurs d’électricité. Grâce à un matériau plus actif dans les cellules, la puissance que la batterie peut fournir à la machine est augmentée » souligne Volker Siegle, directeur du développement de


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La nouvelle batterie LiHD de Metabo : 67 % de puissance et 87 % de durée de vie en plus.

▼ Indispensable : les baguettes tire-fils d’AGI Robur.

produits et de la qualité chez Metabo. À cela s’ajoute le fait que les batteries LiHD chauffent moins en fonctionnement continu. Et comme elles doivent être rechargées deux fois moins souvent en raison de leur autonomie élevée, leur durée de vie est doublée par rapport à celle des batteries Li-Ion classiques. qui concurrence le filaire Détecter La mise au point en imagerie thermique est clé, car c’est elle qui détermine la netteté de vos images, la précision de vos mesures et la pertinence des décisions à prendre en les interprétant. Or, la netteté d’une image infrarouge est très difficile à obtenir, notamment quand la caméra est pointée vers des objets qui se trouvent sur différents plans. Sur des caméras standards, les objets en avant plan se trouveront plus ou moins nets, mais ceux en arrière-plan, pourtant importants pour votre prise de mesure, seront flous et présenteront des données illisibles. Certaines caméras infrarouges comme la Fluke Ti450 intègre la technologie MultiSharpTM ety est dotée d’un algorithme qui procède à une mise au point entièrement automatique des images sur tout le champ angulaire, même en partant d'une cible complètement floue. La caméra capture automatiquement plusieurs images et l’algorithme les combine pour produire une seule image claire, nette et précise, de près comme de loin. Désormais, il suffit de viser pour capturer une image ultra nette, éviter les données susceptibles de

JEAN-NOËL THOMAS, INGÉNIEUR DES VENTES FLUKE FRANCE. Présentez-nous Fluke en quelques mots. L’ADN de Fluke est de fabriquer des produits professionnels extrêmement solides. La fiabilité et la robustesse des appareils dans le temps ont fait leur renommée. Le bouche-à-oreille a fait le reste. La force de Fluke est de concevoir des matériels simples à utiliser et dédiés à des métiers. Que ça soit au niveau industriel, à l’intention d’un artisan du tertiaire ou d’un particulier, l’outil est intuitif et adapté aux besoins du métier. Et pour plus d’autonomie, tous les produits Fluke embarquent des piles ou des batteries. Y a-t-il des nouveautés ou une évolution au sein de votre offre ? Depuis deux ans, nous développons la connectivité de nos produits. Notamment avec l’affichage déporté pour prendre une mesure à un certain moment sans se trouver forcément sur place. L’affichage du multimètre se fait en temps réel, sur le smartphone ou le PC. Le client voit toutes les mesures rassemblées, l’application gratuite Fluke Connect, pour iOS et Android, supportant jusqu’à 10 mesures simultanées. C’est une aide précieuse à la décision. Très important aussi, cela permet de suivre l’évolution des paramètres. C’est notamment très utilisé pour la tension. A cet effet, Fluke a son propre cloud, sur lequel chaque client bénéficie de 5 Go. Vous assurez des formations pour l’interprétation des mesures ? Nous fournissons la formation concernant l’utilisation de nos appareils, mais pour l’interprétation des mesures, très complexe à cause de la diversité des paramètres, nous nous adossons à des organismes de formation.

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causer des erreurs de diagnostic et donc des pertes financières. Eric Biogeaud, Flir System précise que depuis peu, Flir propose des produits qui viennent se greffer pour étendre les capacités d’un outil. Flir a choisi un branchement universel, ce qui permet de les combiner avec n’importe quelle marque. Flir a sorti cette année des produits combinés multifonction. Par exemple, une pince multimètre classique, mais qui embarque un capteur : elle devient ainsi une pince tout en un avec thermomètre infrarouge incorporé. Sur le terrain, lorsque l’on recherche un défaut électrique, il devient facile de balayer l’armoire et détecter s’il y a un dégagement de chaleur. Même principe avec l’hygromètre couplé à une caméra infrarouge : très pratique pour savoir si une tache sur un mur est due à une infiltration d’eau ou à un isolant qui a bougé. Dans cet esprit, Fluke a soigné « l’enrobage » de ses produits. Avec des coques qui assurent l’étanchéité au ruissellement, à la poussière, etc., dans un souci de protection des gens sur le terrain. Affichage déporté chez Fluke. Au départ, il s’agissait de renforcer la sécurité, en ayant la possibilité, par exemple avec un multimètre, de prendre une mesure à un certain moment sans se trouver forcément sur place. L’affichage du multimètre se fait en temps réel, sur le smartphone ou le PC. Le client voit toutes les mesures rassemblées, l’application gratuite Fluke Connect, pour iOS et Android, supportant jusqu’à 10 mesures simultanées. C’est une aide précieuse à la décision. Très important aussi, cela permet de suivre l’évolution des paramètres. C’est notamment très utilisé pour la tension. Pour rechercher un problème EDF ou réseau, on stocke les mesures dans la mémoire interne pendant une semaine, par exemple. Le grand progrès, c’est que l’on peut tout voir en direct. À une époque où les maîtres mots sont réactivité et communication, c’est parfait pour prendre immédiatement connaissance des données et les partager. A cet effet, Fluke a son propre cloud, sur lequel chaque client bénéficie de 5 Go. Les astuces Chez AGI Robur, on connait l’électricien et notamment la difficulté à atteindre des câbles dans des fauxplafonds ou des endroits inaccessibles pour la main. La gamme de tire-fil est certainement la plus complète du marché avec des poignées de tirage des aiguilles en fibre de verre ou nylon, tous types d’aiguille en nylon, polyester ou acier, ou les baguettes tire-fils, indispensables à toutes les opérations de câblage. Poussez, tirez, guidez câbles et gaines. Elles conviennent pour franchir cloisons, murs creux, faux plafonds, pour passer derrière les obstacles ou dans les endroits délicats, car elles se vissent entre elles quel que soit le diamètre.


OBJETS CONNECTÉS ET SÉCURITÉ

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Le piratage et l’utilisation des données, des risques à prendre très au sérieux

Depuis quelques années, les objets connectés se multiplient dans les logements, mais aussi dans les bâtiments tertiaires et collectifs. Cette prolifération permet de simplifier la vie des occupants d’un bâtiment, mais présente également des risques à prendre très au sérieux pour leur sécurité et celle de leurs données. Se prémunir contre d’éventuels piratages est aujourd’hui nécessaire et les solutions se multiplient.

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éritable révolution industrielle, le secteur des objets connectés a connu une croissance impressionnante ces deux dernières années. Il en existe pour tous les usages et pour toutes les bourses, allant du frigo connecté aux bracelets pour mesurer l’exposition aux UV, en passant par la voiture communicante. Les objets connectés envahiront bientôt notre quotidien, nous permettant d’interagir avec eux en temps réel et pour des usages variés. La révolution de l’internet mobile ne s’est pas faite en douceur. On était habitué jusque-là à des innovations par améliorations successives de l’ancêtre WAP, mais c’était sans compter sur l’arrivée brutale de l’iPhone et d’Androïd, qui ont bouleversé le marché. Même constat concernant l’IoT

(Internet of Things), qui constitue une rupture importante. La connectivité s’adapte aujourd’hui aux usages et permet de rendre communicant chaque objet de notre quotidien. L’IoT prolifère Encore au stade de discussions et d’expérimentations il y a peu, les prévisions pour 2015 laissent perplexe : selon une étude de l’institut GFK, le marché de l’Internet des Objets devrait atteindre un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros pour l’année 2015. Les objets connectés sont devenus un secteur stratégique, fait assimilé par la plupart des géants de l’internet, lancés dans une course aux rachats. L’an dernier, Google a déboursé la SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 61 - AVRIL 2016 - 19


Un appareil connecté sur cinq transmet en clair les données générées (mails, adresses, noms, mots de passe, etc…) par ses utilisateurs.

problème, si l’utilisateur a accès à ces données, il n’est pas le seul. Qu’il s’agisse d’un hacker ou même d’un opérateur, ces données sont récupérables et exploitables si elles ne sont pas sécurisées.

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Des risques à considérer Parmi les cas de piratage effectifs, l’un des plus remarquables est celui observé il y a moins d’un an, sur un réfrigérateur connecté : un jour, cette famille sans histoires a eu la surprise de recevoir une visite de la police à son domicile. La raison évoquée, la présence d’un site pédophile, hébergé au sein du domicile. Après perquisition de l’ensemble du matériel informatique de cette famille connectée, le signal persiste. En réalité, des hackers ont utilisé le serveur du frigo connecté pour héberger le site. Un exemple encore sans trop de conséquences et qui peut décrocher un sourire, mais l’histoire peut se terminer beaucoup plus violemment parfois. Dans certains cas, surtout en ce qui concerne les intrusions dans un bâtiment ou un véhicule par exemple, l’infraction ne peut pas être constatée par les experts, car il s’agit en fait d’une cyber-infraction, sans marques physiques. Compte tenu de cette impossibilité à constater l’infraction, il est possible pour une compagnie d’assurance de se retourner contre l’assuré pour fraude, sans que ce dernier ne puisse se défendre.

Dimitri Carbonnelle, fondateur de Livosphere.

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somme impressionnante de 3,2, milliards de dollars pour racheter Nest Labs, start-up fabricant le premier thermostat connecté ainsi que Dropcam (caméra connectée) et Revolv (Smart Home). Et les exemples sont nombreux, comme Intel, qui s’est offert Basis début mars, le spécialiste des objets connectés pour la somme de 100 millions de dollars et Samsung qui a racheté SmartThings, une plateforme pour objets connectés. Un secteur très porteur, qui devrait poursuivre sa croissance exponentielle pour un parc prévu en 2020, de 50 à 80 milliards d’objets connectés dans le monde. Il en existe de toutes sortes, pour n’importe quelle utilisation, allant des applications médicales au contrôle d’accès, parfois portés à même le corps. Ces objets, truffés de capteurs, jouent le rôle de périphériques et communiquent à distance avec un smartphone, une tablette ou une box ADSL servant de « hub ». Ces derniers traitent les informations fournies par les objets eux-mêmes. Il en découle donc une foultitude de données diverses, dont une partie est stockée dans l’objet et une autre transmise à l’unité centrale. Des données qui offrent à un utilisateur d’objets connectés un aperçu sur ses consommations diverses, ses aptitudes sportives, son état de santé, ou encore ses déplacements. Seul

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Risque pour les usagers Parmi les possibilités d’attaques ou d’utilisation de données observées par piratage, deux types se distinguent. La sécurité des personnes d’abord, constitue le facteur de risque le plus important. Il est induit par la prise de contrôle par un hacker d’un objet connecté, lui permettant de l’utiliser à sa guise à la place de son utilisateur. Par exemple, beaucoup de contrôles d'accès déployés dans nos bâtiments ne résistent pas à des attaques de ce type. D’après Gildas Avoine, Professeur en cryptologie et en sécurité informatique à l’INSA Rennes, un tel piratage est assez simple : « J’ai fait faire l’expérience à des étudiants sur un système de contrôle d’accès. Ils sont partis avec une connaissance proche de 0 sur ce type de système. En quelques jours, ils avaient réussi à faire un clone de la carte d'accès. » Pourtant, toutes les protections ne se valent pas et dans certains cas, le dispositif montre un peu plus de résistance : « Il y a certains systèmes que l’on sait faibles. Si vous prenez un système qui a déjà été cassé, vous téléchargez les outils sur internet et vous entrez dedans. Par contre, si vous prenez un système qui n’est pas encore cassé, ça va demander un travail lourd pour essayer de le casser et les étudiants en seraient certainement incapables. Malheureusement, en termes de contrôle d'accès, la majorité des systèmes que l'on trouve sur le marché sont faibles. » Il est également possible de prendre le contrôle d’une voiture ou du système de contrôle d’accès d’un bâtiment, par le biais d’une simple « attaque par relais », menée par un hacker. Cette attaque consiste à relayer la communication entre le lec-


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Risque pour la donnée Vient ensuite le problème de la sécurité des données des consommateurs d’objets connectés. Prenons le cas par exemple d’un bâtiment, dont les consommations et les usages divers sont surveillés et analysés par un dispositif de comptage intelligent (smart metering). Les informations fournies par un tel dispositif sont gardées un certain temps par l’objet (compteur), ou la carte et par le serveur avec lequel il communique. Selon Gildas Avoine, c’est sur ce point qu’il serait possible d’apporter certaines améliorations : « Aujourd’hui la vraie question qu’il faut se poser est : a-t-on vraiment besoin de garder ces informations à ces endroits ? Si vous êtes intégrateur, fabricant et que vous mettez sur le marché une solution, c’est la première question qu’il est nécessaire de se poser. » Il faut donc séparer les données primordiales, essentielles au fonctionnement de l’objet et les données privées, issues de l’utilisation de l’objet par le consommateur. Concernant les données primordiales, il est possible de les sécuriser par chiffrement. Pour les données privées, la façon la plus sûre de les sécuriser est donc de les détruire ou de les transmettre à l’unité centrale dans un délai assez court après leur apparition.

Risque d’utilisation des données La donnée est aujourd’hui une ressource qui vaut cher. Il est donc tout à fait possible pour un opérateur d’objets connectés de récupérer l’ensemble des données de consommation quelles qu’elles soient, pour les réutiliser, ou pire, les revendre. Cette question est d’ailleurs un point essentiel et les entreprises du secteur en sont souvent conscientes, comme nous l’explique Dimitri Carbonnelle, fondateur de Livosphere : « Si les entreprises surveillent leurs clients, elles savent que personne n’achètera leurs produits. Nest ne fournira pas ses données à Google, sauf en cas d’acceptation de la part de l’utilisateur. C’est le consommateur qui a la maîtrise de ses données, il lui appartient donc d’y prendre soin et de ne pas les partager n’importe comment et avec n’importe qui. » Le problème avec les objets connectés est donc le même que pour Internet ou Facebook. Il est également nécessaire pour éviter les risques, de préférer à des produits peu connus, ceux développés par des entreprises établies et connues.

teur du contrôle d'accès et la carte d'accès, à l'aide par exemple de deux téléphones portables : l'un est situé à côté du lecteur pendant que l'autre est à côté de la carte de la victime, par exemple lorsque cette dernière laisse son portefeuille dans sa veste au vestiaire.

Professeur en cryptologie et en sécurité informatique à l’INSA Rennes.

Une question de volonté « Le traitement sérieux de la question du piratage dépend de la volonté du fabricant et des moyens techniques qu’il est prêt à mettre en place », explique Pierre de Beaucorps, président et co-fondateur de la start-up Domora. En effet, la question de la sécurité dépend du bon vouloir des entreprises, mais est également confrontée à un principe de réalité. Depuis quelques années, de petites entreprises germent un peu partout dans ce secteur en pleine ex-

▼ Schéma de fonctionnement d’une attaque par relais.

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L’AGENCE DE CONSEIL THE LINKS A RÉALISÉ UNE ÉTUDE AFIN DE FOURNIR UN APERÇU DU MARCHÉ DES OBJETS CONNECTÉS Il ressort de cette étude que : • 68 % des Français ont l’intention d’acheter un objet connecté. Parmi eux, 59 % le feraient pour équiper leur auto, 56 % pour équiper leur maison, 52 % pour une utilisation multimedia, et 47 % pour surveiller leur santé ; • 43 % sont curieux, 27 % dubitatifs, 11 % craintifs, 9 % réfractaires, et 10 % seulement se sentent enthousiastes ; • Pour 89 % du panel interrogé, « les objets connectés peuvent rendre des services intéressants » et 83 % affirment que les objets connectés « vont s’ancrer durablement dans notre quotidien » ; • Cependant, ils peuvent être perçus comme un danger pour la santé (69 % des interrogés) ou facteur d’une certaine intrusion dans la vie privée (76 %).

pansion. Aux vu des coûts de développement de ces objets high-tech, il en va de la réussite financière d’une start-up de mettre sa solution sur le marché la plus rapidement possible, pour rentabiliser son investissement. Point confirmé par Gildas Avoine, qui apporte une précision : « De manière générale, la sécurité s’améliore dans l’informatique ubiquitaire. C’est la prolifération des objets communicants et des solutions qui font exploser les risques. » Avant d’ajouter : « Ce que l’on trouve sur le marché aujourd’hui a un niveau de sécurité relativement faible. Il est possible de faire beaucoup mieux. » L’obligation de sécuriser l’usage et les données de ces objets connectés « Pour le moment il n’existe aucune contrainte législative portant sur l’utilisation des données des usagers par les fabricants, cette question dépend donc du bonvouloir des exploitants. » Explique Pierre de Beaucorps. En effet, si la CNIL oblige les entreprises à faire une demande auprès des consommateurs au sujet de l’utilisation des données nominatives, rien n’est prévu aujourd’hui concernant l’utilisation des données générales. Il est donc possible pour un fabricant de savoir comment, quand, et à quelle fréquence le consommateur fait usage de sa solution, permet pour le cas d’un réfrigérateur de savoir ce qu’il consomme… En revanche, la CNIL travaille activement pour poser très prochainement un cadre législatif à l’usage et réutilin de ces données. Bref, si ces informations sont évidemment moins sensibles pour les consommateurs, elles peuvent constituer une manne pour les exploitants. Mais selon Dimitri Carbonnelle, les entreprises auraient tort de s’y risquer : « Quand un exploitant utilise les données de ses consommateurs ou les revend à leur insu, ça finit toujours par se savoir et provoquera la fuite de ses clients. La question de la confiance est essentielle pour les entreprises et la plupart l’ont bien compris. » D’un autre côté, il est important de rappeler que certaines données permettent à l’exploitant d’améliorer son système et d’offrir davantage de services à l’utilisateur. Certaines informations sont donc nécessaires pour une utilisation optimale du produit. La question de la confiance entre l’exploitant 22 - SMARTHOME ELECTRICIEN+ N. 61 - AVRIL 2016

et l’utilisateur quant à l’utilisation des données est donc un point clé et un équilibre fragile qu’il convient de respecter. Les solutions pour se prémunir contre le piratage Avant toute chose, il faut savoir que la manière la moins onéreuse de mettre en place un système de sécurité, est de le prévoir au moment de la conception de l’objet connecté. Sinon, il est possible d’améliorer sensiblement le niveau de sécurité en optimisant la gestion des informations présentes dans les serveurs ou les objets connectés euxmêmes. Enfin, pour les informations nécessaires au fonctionnement de l’objet, il est préférable de mettre en place un système de sécurité renforcé et de chiffrement des données ou encore de sécurisation de leur transmission par l’envoi d’informations parcellaires. Mais inutile de rappeler que cela ne fait que compliquer le travail d’un pirate qui dans la plupart des cas, s’il le veut vraiment, parviendra à s’introduire dans la plupart des systèmes de sécurité. Dans le cas des objets connectés, un élément vient compliquer le problème : chaque application est un cas particulier. Il est ainsi difficile de mettre en place un système de sécurité générique, applicable à l’ensemble des objets connectés ou des serveurs. Si la théorie semble inquiétante, la pratique l’est souvent un peu moins. Le nombre de cas effectifs de piratage reste encore relativement faible. Mais à en croire Dimitri Carbonnelle, « il risque d’y avoir cette année des hackings massifs d’objets connectés », principalement en raison des faibles niveaux de protection et de leur prolifération impressionnante. Nous sommes donc dans une phase de transition. A l’image des ordinateurs, les objets connectés seront nettement plus protégés dans quelques annéesLa question de la sécurité de ces nouveaux venus du monde de la high-tech est donc une question qu’il est nécessaire de traiter convenablement. C'est d'ailleurs une des principales questions sur laquelle la sélection devrait se faire, entre les entreprises qui vont prendre de l’importance et celles qui vont disparaître dans l’année ou les quelques années à venir.


TRIBUNE LIGHT & BUILDING 2016 :

La rupture annoncée entre deux mondes

Si l'éclairage a été de tout temps à l'origine de grandes révolutions industrielles, la version de Light & Building 2016 ne pourra que consacrer une fois de plus cette tendance.

E

n effet, au salon Light & Building qui s'est tenu la semaine dernière à Francfort, l'éclairage est passé indéniablement de l'ère analogique à l'ère numérique entraînant dans son sillage un pan entier de l'industrie électrotechnique dans une énorme impasse technologique. Nous avons ainsi assisté à la rupture consommée entre deux mondes. Le monde de l'électrotechnique d'une part, dominé en partie par l'industrie Allemande situé dans les Halls 8, 9 et 11 (où d'ailleurs la plupart des inscriptions sur les stands étaient en Allemand) et fédérés tout particulièrement autour du protocole KNX et le monde de l'IoT, dominé plus par de nouveaux acteurs industriels plus issus de Scandinaves ou Amérique du Nord , calés sur l'IP et intégrant des solutions modulaires sans fil et idéalement sans pile sur des standards tels que BLE ou dans une moindre mesure EnOcean. Au delà de la rupture technologique autour de protocoles, c'est en fait tout un univers qui est ébranlé avec une remise en cause complète des modèles économiques. A Light & Building nous avons assisté en effet à la conjonction de plusieurs tendances qui vont contribuer massivement à la mutation

accélérée de la filière éco-électrique vers une filière à dominante numérique dans laquelle le Service prime avant tout sur l'équipement avec en filigranes la remise en cause du Bus au profit de solutions sans fil et sans pile pour l'infrastructure de commande sur protocoles BLE ou EnOcean et le déplacement de l'intelligence pour le contrôle vers le Cloud via des webservices. Le tout pour plus de flexibilité et de modularité avec deux objectifs majeurs soit plus d 'efficience en mutualisant les équipements et les infrastructures et plus de confort. Fort de ce constat, il est fort à parier que cette tendance va s'accélérer nettement dans les mois à venir, car qui pourrai s'opposer à une réduction massive des coûts globaux tout en apportant plus de confort et de flexibilité pour l'usager. Ces nouveaux acteurs tels que Xicato, Gooee, Casambi, Houm, Radium, Top Light, Regiolux, Helvar, Xenio... arrivent avec une solution complète intégrant la source lumineuse ainsi que les éléments de contrôle et de commande. La plupart des points de commande sont sans fil (idéalement sans pile) avec de nouveaux design. C'est quelque part la mort annoncée de l'interrupteur traditionnel.

Cette tendance va encore s'accélérer avec l'arrivée du LiFi qui devrait être boostée par Apple qui a prévu de l'intégrer en standard dans son Iphone. En conclusion, le 1er point de commande de l'éclairage devrait être le Smartphone avec en complément des boutons poussoirs sans fil (sans pile) pour des commandes locales facilitées, le tout sur BLE et bientôt LiFi. Au delà de l'éclairage, la lumière mutualisera d'autres fonctions telles que le transport de données (LiFi) ou bien d'autres fonctions liées à la lumière connectée telles que la géolocalisation, l'alarme, le confort, l'information,... Par ailleurs la généralisation de l'éclairage LED dans les Bâtiments conjuguée avec le LiFi va accélérer le déploiement du POE (Power Of Ethernet) permettant de transmettre sur le même câble : Datas et Power et par voie de conséquence la mise en place de réseau DC qui se justifieront d'autant plus qu'une production d'énergie locale viendra progressivement compenser une production centralisée. Les fabricants de PC type Apple ont d'ailleurs déjà anticipé cette tendance puisqu'ils ont supprimé l'alimentation électrique en la remplaçant par l'USB3.C qui devrait à terme être généralisée au niveau mondial en lieu et place de la RJ45 combinée à une prise électrique pour autant que la puissance demandée n'excède pas 100 Watts, ce qui couvre déjà beaucoup d'applications. Par conséquent après la fin annoncée de l'interrupteur, la fin partielle de la prise électrique telle que nous la connaissons semble également annoncée. La question qui se pose aujourd'hui est avant tout de savoir à quelle horizon de temps cette mutation va se produire. Il est fort probable qu'avec la force d'internet et compte tenu des avantages indéniables tant fonctionnels qu'économiques de ces nouvelles solutions cette transition soit aussi rapide que brutale pour l'ensemble de l'écosystème. La mutation numérique est en marche et rien ne pourra l'arrêter. Emmanuel François

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DOSSIER SPÉCIAL FEMMES TRAVAIL

Vive les femmes ! Chaque année le 8 mars, depuis 1982 en France, la journée des droits des femmes rappelle qu’il y a encore beaucoup à faire pour la parité. Smarthome Electricien+ met un coup de projecteur sur des femmes pas comme les autres. De celles qui dépassent les idées reçues pour adopter un métier traditionnellement réservé aux hommes. À quoi ressemble une femme qui rêve de tirer des câbles ou qui veut faire moins consommer le monde ? Quels sont les écueils qu’elles rencontrent dans un métier où la sécurité du client repose sur la confiance ?

«L

e 8 mars n'est pas, comme on l'entend parfois, la journée de "la" femme, qui mettrait à l'honneur un soi-disant idéal féminin (accompagné de ses attributs : cadeaux, roses ou parfums) », disait Najat Vallaud-Belkacem en 2013. Cette même année, une étude Insee rappelait qu’à travail égal, les femmes gagnent toujours 18 % de moins que leurs homologues masculins. Et selon le Forum économique de Davos qui s’est tenu en janvier 2016, ce écart salarial ne devrait pas être résolu avant 2095 ! Tout en rappelant que les femmes représentent à peine plus de 35 % des cadres en France. Tout n’est pas rose et le bâtiment bat des records en la matière, avec seulement 163 femmes électriciennes recensées sur tout le territoire. En 2016, en France, la part des femmes dans le secteur du bâtiment ne dépasse pas 11,7 % tandis qu’elles ne représentent que 1,1 % de l’ensemble des électriciens. Peut mieux faire… Il reste de bon ton aujourd'hui de critiquer la journée des femmes. Certains se disent nonmachistes et expliquent que cela devrait être tous les jours, mais ils ne font surtout rien pour changer les choses. Se battre pour les droits des femmes, c'est se battre pour les droits humains en général. Le niveau d'avancée d'une civilisation se jauge souvent à la place qui est accordée aux femmes, que cela soit dans les droits effectifs ou dans leur influence sur la société. Françoise Picq, spécialiste des mouvements féministes et militante, explique : « On s’est battu très fort contre cette expression, "la femme". On avait réussi à ce que cela ne se dise plus, mais c’est très enraciné, et cela revient. Or la femme, cela n’existe pas, c’est une représentation inventée par les hommes. Quand on dit la journée de la femme, cela fait un peu fête des mères. » Célébrer la femme, c’est rendre hommage à une image essentialisée de la femme, autrement dit, on a trouvé mieux pour lutter contre les stéréotypes et les inégalités. La présence des femmes en entreprise est une nécessité. Une autre étude met en exergue que les entreprises ayant plus de 10 % de femmes parmi leurs dirigeants affichent des chiffres d’affaires de 41 %

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plus élevés en moyenne que celles qui n’en ont que 5 %. La qualité de vie au travail est également réputée pour être meilleure lorsque plus de femmes font partie du management d’une entreprise. D’après une étude menée aux ÉtatsUnis sur le management d’entreprise, en moyenne, les salariés se disent plus enthousiastes et engagés au travail lorsqu’une femme est leur manager direct, et ce constat s’applique indifféremment, que les salariés soient des hommes ou des femmes. Globalement, les femmes seraient de meilleurs managers. Pourquoi les hommes doivent-ils à tout prix dévaloriser les femmes et ne pas leur laisser de place ? Parce qu’ils ont peur, probablement. Voir arriver une femme sur un chantier fait rire. Le BTP est un métier où l’on a besoin de muscles, donc les femmes n’ont pas leur place. Mais la révolution numérique et la mécanisation de la construction réduisent énormément le besoin d’avoir de la force pour construire. Le BIM va redistribuer les cartes et les femmes ont tout à y gagner. Leur esprit de synthèse va faire merveille. Etant très peu sur ce marché du travail, leur valeur salariale devrait monter en flèche. Plus d’égalité hommes-femmes dans l’entreprise, cela transmet des valeurs progressives,positives, dynamiques et d’ouverture d’esprit c’est aussi une question d’image. Par ailleurs, on sait que les plus jeunes consommateurs attachent de plus en plus d’importance aux enjeux de la diversité… La parole est à 5 femmes, 5 métiers, 5 visions. Marie-Noëlle Letouzé, électricienne à Pérols, dans l’Hérault. Myriam Maestroni, élue Femme en Or 2015 et présidente d’Économie d’Énergie. Géraldine Balesta, présidente de Sauvéo, société spécialisée dans le financement de la rénovation énergétique. Claire Auger, responsable des enseignements du CAP PRO ELEC et Isabelle Le Corre, responsable des relations entreprises et chargée de la filière Énergie au CFI – Centre des formations industrielles de la CCI Paris Île-deFrance.


DOSSIER SPÉCIAL FEMMES

PORTRAIT

Marie-Noëlle Le Touze Profession : électricienne

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pas le droit. Mais oui, elles osent aussi davantage. C’est formidable. Les mentalités évoluent, mais l’image qu’on a de l’électricien reste très masculine. Il n’y a pourtant aucune raison pour que les femmes ne puissent pas exercer ce métier. D’autant qu’aujourd’hui, il y a une dimension esthétique qui entre en jeu. Et même si certains hommes ont cette sensibilité, les femmes sont bien connues pour ça.

Smart Home Electricien+ - Comment vous est venue l’idée de basculer dans l’électricité ? Marie-Noëlle Letouzé - Dans mon autre vie, j’étais visiteuse médicale. Je m’étais dirigée vers cette activité par besoin alimentaire. Je ne me suis plus sentie en adéquation avec ce métier et l’envie de faire quelque chose qui me correspondait se faisait plus présente. Je ne renie pas ce métier, il m’a permis d’avancer. Mais dès que j’ai pu, je me suis tournée vers l’électricité. SHE+ : Est-ce un rêve d’enfant ? M.-N. L. - Pas exactement. Plus jeune, je rêvais d’apprendre un métier du bâtiment via l’enseignement des Compagnons du devoir. Pour moi, ces gens-là sont des artistes. Mais à l’époque, ils n’acceptaient pas les femmes. Heureusement, ça change et cette filière, réservée aux hommes pendant huit siècles, s’est ouverte aux candidates. SHE+ : Elles osent, surtout, les mentalités ayant évolué. M.-N. L. - Concernant les Compagnons du devoir, elles n’avaient tout bonnement

SHE+ : Expliquez-nous cette notion d’esthétique. M.-N. L. - Au niveau de la finition dans le travail, déjà. Il est vrai que le boulot d’électricité peut être ingrat en ce qui concerne le rendu final, parce que ça ne se voit pas. Mais en termes d’appareillage, les gens sont plus ouverts aujourd’hui. Je suis très sensible à l’esthétique épurée des produits. Les rééditions d’anciens interrupteurs sont aussi très sympas, et les gens ont envie de ces détails qui font la différence. Ça devient un objet de décoration, tout comme la porte d’un compteur qu’on saura assortir. En revanche, pour les détecteurs de fumée, l’offre n’est pas terrible… L’esthétique elle se retrouve aussi dans la conception et la pratique de l’électricité, la répartition des points lumineux. SHE+ : En France, les concepteurs lumières sont des hommes, pas des femmes. M.-N. L. - En architecture aussi ce sont des hommes pour la plupart. Je ne dis pas que l’esthétique est le domaine réservé des femmes. Mais les femmes peuvent faire bénéficier de leur différence dans ces métiers aussi. SHE+ : Vous abordez la domotique ? M.-N. L. - Je fais peu de domotique. Mais ça m’intéresse et je souhaite développer ça. L’alarme, la vidéosurveillance, en particulier.

SHE+ : Vous avez été l’objet de moqueries, dans l’exercice de votre métier ? M.-N. L. - Pas trop de sexisme, mais il y a un côté "idées reçues" bien ancré. Selon moi, c’est dans la mentalité des Français. Concernant mon travail, je reçois toujours un super accueil durant mes interventions. Les gens sont adorables. Mais attention !, une femme n’a pas droit à l’erreur. Je sens cette pression. Lorsque je cherche l’origine d’une panne, j’entends presque "c’est normal qu’elle ne trouve pas, c’est une nana"… SHE+ : Vous avez votre structure, ou vous travaillez à 100 % au sein du réseau HomeServe ? M.-N. L. - J’ai ma société. Je suis prestataire 2 jours par semaine pour HomeServe, mais j’ai mes chantiers. Je viens de créer une page Facebook, sous l’intitulé Marie-Eclaire. Je n’ai rencontré aucune réticence à me faire entrer dans le réseau HomeServe, surtout pour le dépannage. C’est une opportunité pour moi, parce que je constate régulièrement la surprise du client au téléphone lorsqu’il comprend que l’électricien, c’est une électricienne… SHE+ : Il va falloir changer le regard des gens. Comment comptez-vous faire évoluer votre activité ? M.-N. L. - Je vis au jour le jour, j’évolue par rapport à ce qui se passe. Dernièrement, j’ai travaillé deux jours dans un vide sanitaire, c’est clair que ce n’est pas ce que je préfère… Installer un beau luminaire serait plutôt la voie que je privilégierais. Le côté esthétique, je me répète, m’attire vraiment. SHE+ : Vous avez 44 ans, 2 enfants, comment avez-vous pu caser la formation ? M.-N. L. - J’ai passé un CAP d’électricien. C’est clair que ça demande de l’organisation. Et aujourd’hui, après 4 ans, je vis pleinement de mon activité. Le rêve de compagnonnage, ça sera pour une autre vie !

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3 QUESTIONS À

Myriam Maestroni, Présidente d’Économie d’Énergie

Leader en France dans le domaine de l’accompagnement des entreprises et des particuliers dans les démarches de rénovations énergétiques, la société Économie d’Énergie fournit des prestations de services suivant trois grands axes : la modification des comportements par la sensibilisation, l’accompagnement dans les démarches de rénovations et propose également une aide technologique par l’installation de solutions de gestion de l’énergie. La société, créée en 2011, compte aujourd’hui 120 employés en France, de toutes spécialités.

Electricien+ - Quels sont les grands gisements d’efficacité énergétique pour les bâtiments et en particulier pour le tertiaire et les logements collectifs ? Myriam Maestroni - L’efficacité énergétique constitue la « cinquième énergie », celle que nous ne consommons pas. En France et dans les pays développés, la surconsommation d’énergie est de l’ordre de 20 à 30 %, mais en parallèle 1,3 milliard de personnes n’ont pas accès à l’énergie dans les pays en développement. L’efficacité énergétique remet le consommateur au cœur de l’équation : il devient producteur de l’énergie qu’il ne consomme pas. Comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, à l’échelle d’un pays, l’efficacité énergétique constitue une source d’énergie à part entière, que je considère comme constituant la « cinquième énergie ». Il existe trois leviers sur lesquels il faut agir : l’énergie 1.0 qui concerne les comportements, l’énergie 2.0 qui implique davantage la mise en place de travaux de rénovation énergétique et l’énergie 3.0, plus technique, qui englobe l’ensemble des technologies relatives à la gestion de l’énergie. Aujourd’hui, de nombreuses solutions existent, mais il ne faut pas croire à la solution « miracle ». Electricien+ - Selon-vous, quels sont les outils les plus efficaces pour encourager les particuliers et les entreprises à mener des actions d’économies d’énergie ? M. M. - Tous les outils sont efficaces ! La question que nous devons nous poser est : comment marketer les outils pour inciter les clients finaux à mener des travaux ? Selon nous, une solution s’est montrée particulièrement efficace : l’Eco-prime adossée aux CEE (Certificats d’Économies d’Énergie), qui permet un financement d’amorçage et joue un rôle pédagogique en expliquant les actions concrètes à mener, directement aux clients finaux. D’ailleurs, 62 % des bénéficiaires déclarent que le distributeur de cette Eco-Prime a été un facteur important,

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voire décisif dans la décision de réaliser des travaux (étude TNS Sofres 2015). Pour la phase de mise en œuvre et le financement des travaux, des prêts bancaires spéciaux sont prévus en fonction des types de projets, des clients et selon les situations financières spécifiques. Notre objectif est aujourd’hui de proposer à nos clients des solutions personnalisées comprises dans des offres globales. Il nous faut pour cela travailler sur nos outils marketing et nos bases de données pour comprendre au mieux chaque situation et répondre à des besoins propres. Le marché potentiel qui s’offre à nous représente 500 000 rénovations de logements chaque année pour 15 millions de logements à rénover en France. Notre principal enjeu est donc l’élargissement de notre gamme de produits, mais aussi l’analyse des consommations et des besoins de nos clients. Electricien+ - Vous avez reçu au début de l’année 2015 le trophée de la femme en or dans la catégorie environnement, le prix des femmes engagées et le prix du développement durable. Pouvez-vous nous en parler ? M. M. - Après avoir occupé pendant 20 ans de hautes fonctions chez des grands producteurs et fournisseurs d’énergies fossiles (pétrole et gaz), j’ai fait en 2011 ma révolution copernicienne en passant de l’autre côté du miroir : je me suis lancée à partir de zéro dans la création d’une startup qui, au lieu de vendre de l’énergie à ses clients comme j’en avais l’habitude, vendait des économies d’énergie. Pour moi, ces trois distinctions revêtent une portée symbolique et m’ont apporté une grande fierté personnelle et une reconnaissance envers mon engagement dans cette cause qu’est l’efficacité énergétique. Ces prix sont aussi un signe de reconnaissance pour mes équipes, très jeunes et un formidable signe d’encouragement. Je pense pouvoir dire aujourd’hui que c’est un pari gagné. Propos recueillis par Alexandre Arène


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RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE

L’accompagnement : clé de la transition énergétique

Par Géraldine Balesta – Présidente de Sauvéo En s'appuyant sur l'expérience acquise sur des postes de responsabilité dans le secteur du tourisme, Géraldine Balesta a souhaité s'investir dans la transition énergétique. Elle est aujourd'hui directrice générale d'ON5tourisme, société spécialisée dans l'accompagnement des acteurs du tourisme dans leurs projets écoresponsables. Elle est également présidente de Sauvéo, société spécialisée dans le financement de la rénovation énergétique.

A

vec une forte proportion de logements anciens, la performance énergétique des bâtiments en France est mauvaise. Les pouvoirs publics ont donc pris un ensemble de mesures

permettant au secteur du bâtiment de mener sa transition énergétique. Dans ce contexte, il importe que les professionnels du bâtiment soient en mesure d'offrir une gamme de services permettant à leurs clients de créer de la "valeur verte". Le secteur du bâtiment constitue un enjeu majeur de la politique de transition énergétique. La France s'est engagée à diminuer par quatre les émissions de gaz à effet de serre en 2050 (facteur 4) et de diminuer de moitié la consommation d’énergie. Cet objectif correspond à une quasi décarbonation de notre économie. Or, celle-ci fonctionne aujourd’hui principalement grâce à la consommation d’hydrocarbures (pétrole, gaz) qui représentent 70 % de la consommation finale d’énergie en France. Les efforts à consentir sont donc particulièrement importants, notamment pour le secteur du bâtiment (résidentiel et tertiaire) qui est le premier en termes de consommation d’énergie finale (44 % du total de la consommation finale énergétique française). Le secteur logementtertiaire représente 88 % des économies d’énergie attendues à l’horizon 2020. Or, avec un taux de renouvellement annuel limité à 1 %, le poids du parc existant est prépondérant. Aussi, les pouvoirs publics ont depuis longtemps mis en oeuvre un dispositif complet visant à améliorer l'efficacité énergétique du secteur du bâtiment. Cette politique prévoit deux types de mesures : des mesures incitatives (éco-prêt à taux zéro, crédit d’impôt pour la transition énergétique, aides de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat, des collectivités locales, etc.) et des mesures réglementaires (nouvelle réglementation thermique, labels, certifications des matériels, diagnostics de performance énergétique, etc.). Ces politiques ont toutefois atteint des limites, faute d'avoir souvent négligé la phase de mise en œuvre pratique. La formation des professionnels, installateurs, artisans, a trop souvent été écartée, le coût

du traitement administratif nécessaire à la mobilisation des aides sous-estimé. Ainsi, en France, alors que 58 % des ménages sont propriétaires de leur logement, 15 millions de personnes sont touchées par le mal logement. 20 % seulement du parc de logements se caractérise par un diagnostic de performance énergétique supérieur à D. Autre exemple, alors que l’État prévoyait un objectif de distribution de 400 000 éco-prêts à taux zéro par an lors de la création du dispositif, en 2008, seulement 50 000 à 60 000 par an ont été accordés jusqu'à la rénovation du dispositif en 2015. Les éco-PTZ impliquaient en effet que l'instruction des dossiers devait être réalisée par les banques, ce que ces dernières ont eu du mal à assurer. De même, la mobilisation de l'ensemble des aides publiques disponibles demande de l'expertise et du temps que les fournisseurs et installateurs, artisans ou grandes entreprises ne peuvent fournir. Les nouvelles mesures définies à l'issue de la COP21 devront tenir compte de ces difficultés, au risque de se heurter aux mêmes limites. C'est pourquoi il est nécessaire de développer de nouveaux métiers afin d'accompagner les pouvoirs publics, les artisans et les particuliers dans la transition énergétique, en leur offrant des services d'ingénierie financière, technique et administrative adaptés. Ces solutions passent par une offre de services d'accompagnement, afin d'aider les particuliers et les professionnels à mobiliser les aides publiques, trouver des financements adaptés aux travaux et à la situation des porteurs de projet et les aider à définir les travaux les plus efficients. Ces nouveaux services sont à inventer et à professionnaliser. Ils ne peuvent être improvisés par les professionnels du secteur, installateurs, artisans, fournisseurs, banquiers, qui n'en ont ni les moyens, ni les compétences. Les conditions de réussite de la transition énergétique résident plus que jamais dans les conditions de mise en œuvre pratique.

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DOSSIER SPÉCIAL FEMMES

PORTRAIT

Claire Auger, enseignante en électricité-électrotechnique au CFI

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Fille d’électronicien, Claire entre à 16 ans dans l’entreprise familiale en tant que câbleuse de composants électroniques : elle est chargée de tirer des câbles, d’effectuer des soudures sur des connecteurs type dean ainsi que sur des composants micro. Suivant sa passion pour la technique, elle choisit de s’inscrire, après l’obtention d’un BAC scientifique, à l’ENREA - École nationale de radiotechnique et d'électricité appliquée.

laire Auger développe son expertise pendant 3 ans dans l’entreprise familiale en tant que technicienne bureau d’études, après l’obtention d’un BTS Électronique. Ses missions : identifier le(s) besoin(s) des clients, réaliser des cartes électroniques prototypes, piloter le câblage, programmer les micro-processeurs et assurer la mise en service chez le client. D’un naturel cartésien, elle s’épanouit dans ce métier où la finalité est concrète et le résultat tangible. En 1999, elle est présidente de l’Association des anciens élèves de l’ENREA. Son désir d’enseigner reprend le dessus. Elle répond à une annonce du CFI diffusée sur le réseau de son ancienne école. Claire Auger décroche le poste pour assurer la formation des jeunes inscrits en BEP électronique. En 2011, après la fermeture de ces formations et un passage par les classes préparatoires à l’apprentissage du CFI (dispositif d’initiation aux métiers techniques et découverte de l’alternance), notre formatrice s’oriente vers l’électricité et l’électrotechnique. Responsable des enseignements du CAP PRO ELEC (préparation et réalisation d’ouvrages électriques), elle voit parfois son statut de femme enseignante technique remis en cause. Cependant, elle affirme sa légitimité en transmettant sa passion et ses connaissances du métier tout en valorisant ses élèves dans leurs missions professionnelles. Lors de visites en entreprise, après l’étonnement, il faut parfois passer par une phase d’acceptation : « Il faut prouver que j’ai les compétences, que je connais le métier », confie Claire. « On retrouve plus de femmes dans les métiers de l’électronique. Ce sont des métiers qui demandent de la minutie, qui emploient des courants faibles ; cela pourrait expliquer une attraction plus grande auprès des publics féminins », constate-t-elle.

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En 2015, Claire propose à ses apprentis de participer à des concours professionnels : celui des Meilleurs Apprentis de France (MAF) et le Championnat national des apprentis électriciens, organisé par la Fedelec (Fédération nationale des professionnels indépendants de l'électricité et de l'électronique). L’objectif de ces concours : valoriser une profession, un secteur (le bâtiment/l’industrie), trop souvent dépréciés par les jeunes et le grand public. Pourquoi si peu de femmes s’engagentelles dans les métiers de l’électricité ? L’analyse de Claire est simple : « L’électricité et l’électrotechnique emploient des courants plus forts, des techniques et des outils issus du BTP ; ces métiers peuvent paraître plus exposés aux risques. Cependant, l’évolution des technologies permet de réaliser les tâches plus facilement sans avoir besoin d’employer la force physique. Par ailleurs, l’évolution du métier et les différentes normes de type habilitations ont sécurisé le métier, qui fait aujourd’hui moins peur. » D’expérience, Claire remarque également que les filles qui choisissent ce type de formation l’ont choisi par motivation et non par défaut. « Les apprenties sont sérieuses et motivées. De plus, elles font souvent preuve d’une plus grande maturité, ce qui rassure les employeurs. Il n’y aucun obstacle physique ou intellectuel qui empêcherait des jeunes femmes d’accéder à ces métiers », ajoute-t-elle. Son avenir, elle l’envisage dans le secteur de la domotique et de l’efficacité énergétique. « Les technologies de ces secteurs sont en plein essor, cela me passionne. À terme, avec l’adaptation de nos formations au marché, l’électronique pourrait refaire partie intégrante de mes enseignements », confie-t-elle. Actuellement en formation en génie climatique (80 % des pannes sont d’origine électrique !), Claire enseignera prochainement auprès des apprentis techniciens en maintenance énergétique.


DOSSIER SPÉCIAL FEMMES

FÉMINISATION DES MÉTIERS TECHNIQUES

Entreprises recherchent apprenti… es

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ans la société française, la segmentation professionnelle selon le genre demeure très forte. Plusieurs facteurs expliquent la sous-représentation des filles dans les métiers techniques : les stéréotypes socio-culturels, le déficit d’image de certaines filières, l’orientation scolaire prédéterminée due à un manque de connaissance des métiers et du marché de l’emploi, et les contraintes organisationnelles des entreprises (pas de vestiaires séparés, par exemple). Paradoxalement, les employeurs qui ont pris le parti de recruter des femmes à des postes aux représentations plutôt « masculines » sont plus fréquemment satisfaits que lorsqu’ils ont embauché un homme1.

Par Isabelle Le Corre, responsable des relations entreprises et chargée de la filière Énergie au CFI – Centre des formations industrielles de la CCI Paris Île-de-France.

Promouvoir les métiers techniques auprès des publics féminins Le CFI forme des techniciens de niveau CAP à BAC +2 dans des secteurs innovants où les technologies évoluent rapidement. Pour autant, l’attractivité sur ce type de formation et le recrutement des jeunes filles demeurent très faibles. En moyenne, chaque année, les jeunes filles représentent à peine 3 % de l’effectif global (entre 800 et 900 jeunes). Ce manque d’attractivité majeur auprès des publics féminins constitue un véritable frein à la mixité dans les classes et dans les entreprises. Pour inverser la tendance, casser les stéréotypes, plusieurs pistes sont possibles. La première, multiplier les immersions professionnelles afin de déconstruire les représentations négatives et sensibiliser les futures apprenties à la réalité concrète du métier. La deuxième, promouvoir l’apprentissage comme voie d’excellence. En France, le taux de féminisation dans les filières en apprentissage ne dépasse pas les 30 %2. Pourtant, le taux d’insertion professionnelle des apprentis dépasse les 60 %3 (près de 80 % au CFI). Enfin, il est nécessaire de porter une attention toute particulière à la sensibilisation des relais d’opinion (parents, professionnels de l’orientation) via des témoignages vidéo ou encore par le biais d’ambassadrices.

Un travail collaboratif pour répondre aux besoins des entreprises Autre prérequis indispensable à la féminisation des métiers techniques : être à l’écoute des besoins des entreprises. Plusieurs d’entre elles dans le domaine de l’énergie (électricité, électrotechnique, génie climatique et thermique, efficacité énergétique) se saisissent de la problématique de la féminisation et souhaitent diversifier leurs équipes tout en travaillant sur leur positionnement et leur image auprès du grand public. Conscients que c'est un facteur de performance pour leur entreprise, des groupes tels que Engie Cofély, Vinvi Facilities, Sodexo Éénergie et Maintenances, Idex Énergie, Dalkia ou encore CIEC développent une véritable politique de mixité au sein de leur groupe. Toutes ces entreprises visent l'égalité entre hommes et femmes, tant au niveau des conditions de travail et de la rémunération, que de la formation et l'accès aux postes d'encadrement. À titre d’exemple, Engie Cofély s'était engagé à recruter 30 % de femmes en 2015. La présence des femmes est appréciée dans ces métiers car elles sont source d'innovation et apportent de nouvelles méthodes de travail. En établissant des diagnostics ciblés, les entreprises peuvent engager une réflexion et structurer des plans d’action pour la prise en compte de la diversité dans la gestion de leurs ressources humaines. Ce travail collaboratif nous permet d’optimiser et d’assurer le placement d’apprentiEs dans nos entreprises partenaires et prospects.

Premières synthèses – Juillet 2009 – N° 31.3 – DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques, ministère du Travail).

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« Filles et garçons sur le chemin de l’égalité, de l’école à l’enseignement supérieur » - 2015 - Ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. 2

Note d’information n°14 - Avril 2015 – Ministère de l’Éducation, Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance.

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SURTENSION

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Attention, les orages arrivent !

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L'été approche… accompagné de son cortège d'orages et du phénomène naturel qu'est la foudre, concrétisée par une décharge électrique produite entre deux zones de polarité opposée : un nuage et le sol. Conséquence ? Un courant très important est créé durant quelques dizaines de microsecondes générant une série d'effets secondaires ayant un rayon destructif beaucoup plus étendu que la décharge elle-même.

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e développement et la fragilisation croissante des équipements électroniques ou informatiques entraînent une sensibilité encore plus grande aux surtensions. Dans ce contexte, la foudre constitue donc une réelle menace pour les équipements sensibles Effets directs et indirects Contre les effets directs de la foudre ellemême, la protection consiste à “capturer” la décharge pour la “détourner” de sa cible initiale (techniques du “paratonnerre” ou de la “cage de maillée” dite de Faraday). « Cependant, vos équipements ne seront pas protégés contre les effets secondaires », rappelle-t-on chez Citel. Les effets directs de la foudre sont perceptibles et peuvent être, de plus, spectaculaires : éclairs, tonnerre, arrachement de structures, fusion des métaux conducteur, éclatements des matériaux, départ d'incendie… Cependant, des effets secondaires, perturbations électriques moins évidentes, sont les plus nombreux et peuvent affecter directement le fonctionnement des équipements électriques et électroniques des installations. Ces surtensions, d'amplitudes comprises entre la micro et la milliseconde et de l'ordre de plusieurs milliers de volts, sont créées soit par impacts directs sur les lignes extérieures exposées ou par rayonne- ment élec-

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tromagnétique, soit par remontée du potentiel de la terre. En atteignant les réseaux filaires, des désordres vont apparaître sur les équipements connectés aux réseaux perturbés : destruction ou fragilisation des composants électroniques, destruction

LA NORMALISATION FRANÇAISE La norme NF EN 61643-11 définit les performances des dispositifs “parafoudre” destinés à lutter contre les effets de ces phénomènes foudre sur les équipements connectés au réseau électrique basse tension. La norme NF C 15-100 (installation basse tension) et le guide UTE C 15-443 donnent les règles d'utilisation et les informations nécessaires à la mise en œuvre cohérente des parafoudres. La norme NF EN 61643-21 définit les performances des dispositifs “parafoudre” destinés aux réseaux de communication (télécoms, transmission de données…).


des circuits imprimés, blocage ou perturbation de fonctionnement, vieillissement accéléré… Afin de limiter les surtensions transitoires générées par la foudre et ses effets indirects à un niveau acceptable par les équipements de l'installation, la solution est la mise en place de dispositifs de protection contre les surtensions appelés “parafoudres” ou “parasurtenseurs”, sur les réseaux électriques ou les réseaux de communication de l'installation à protéger. Exigence de la NF C 15-100 Depuis le 1er juin 2003, la norme NF C 15-100 impose que les bâtiments munis d'un paratonnerre doivent être protégés par un parafoudre (type 1) placé immédiatement après le disjoncteur de branchement. Quant aux installations alimentées par des lignes aériennes, et situées dans des zones à fort niveau kéraunique (tonnerre audible plus de 25 jours par an), elles doivent être également protégées par un parafoudre. Cette nouvelle édition de la norme NF C 15-100 s'applique aux bâtiments neufs, ou ceux dont l'installation électrique est rénovée.

COMMENT SE FORMENT LES CONDITIONS ORAGEUSES ? Dans certaines conditions atmosphériques (humidité, chaleur, etc.), on assiste à la formation de nuages caractéristiques des conditions orageuses. Ces énormes masses nuageuses, généralement de type cumulo-nimbus (en forme d'enclume), sont constituées de gouttes d'eau à leur partie inférieure et de cristaux de glace à leur partie supérieure. Sous l'effet de courants ascendants internes violents, une séparation des charges électriques de ces particules d'eau s'opère ou aboutit à une concentration positive de la partie supérieure de ces nuages, tandis que leur base est chargée négativement. Parfois, une poche de charges positives est enserrée dans la base négative. Lorsqu'un nuage orageux se forme au-dessus du sol, il constitue avec ce dernier un large dipôle.

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N°61 AVRIL 2016

Retour sur les Rencontres Croissance et Technologie CSEEE

Prendre les marchés de la transition énergétique, enjeux, outils et compétences La CSEEE a organisé le 16 mars 2016 ses Rencontres Croissance et Technologie sur le thème « Prendre les marchés de la transition énergétique : enjeux, outils et compétences ». Au cœur de cette édition 2016, le challenge de préparer les entreprises du bâtiment aux marchés de la transition énergétique : vision globale du marché, positionnement des acteurs de la construction, nouveaux métiers, enjeux d'adaptation des compétences et outils.

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a transition énergétique est un vecteur de développement essentiel pour les marchés du bâtiment. Elle représente, notamment dans notre région, un potentiel très important de travaux dans les prochaines années.

Le secteur n’est pas encore prêt et tolère trop de malfaçons énergétiques comme les problèmes d’étanchéité à l’air. La mise en œuvre doit être améliorée en travaillant autrement avec l’objectif d’améliorer les performances du bâtiment.

Des millions de locaux concernés

Monter en compétence

La loi de transition énergétique impacte fortement le bâtiment, secteur le plus consommateur en énergie. Dominique Naert, évalue à 40 milliards par an l’investissement dans la rénovation énergétique jusqu’en 2050, pour atteindre les objectifs fixés, or il est aujourd’hui de 5 milliards. Seulement 400 000 logements sont rénovés chaque année alors que la rénovation de 28 millions de logements serait nécessaire à l’horizon 2050. Au rythme actuel d’avancement, le défi ne pourra être relevé. Les engagements sont pris avec récemment ceux de la COP 21 et il faut avancer. Comment y parvenir ? Tout d’abord en changeant d’attitude et d’habitudes, en pensant autrement le bâtiment et l’interaction des corps d’état.

Acquérir le RGE est une première étape à compléter par des apprentissages spécifiques liés à la mise en œuvre sur le chantier. A la formation magistrale on préférera celle en situation de travail, qui est de loin la meilleure approche. Les courtes séquences peuvent être très efficaces. Cette montée en compétences pose la question des intérimaires, des travailleurs immigrés et détachés, nombreux sur les chantiers, et qui n’ont pas été formés à l’approche énergétique. La solution ne peut se trouver que sur le terrain, ce qui milite pour une présence plus forte sur le chantier de l’encadrement. Le numérique est une voie de réponse, car il apporte des moyens d’auto formation qu’auront peu de mal à s’approprier les jeunes. Ce sera plus délicat avec les générations antérieures.

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Incontournable numérique

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La transition énergétique est aussi une transition numérique et cela impacte particulièrement les électriciens. En se connectant, les bâtiments, villes et quartiers connectés vont ouvrir des modes de gestion de l’énergie qui, superposés à un

bâti performant, seront les seuls moyens d’entrer dans les critères des réglementations thermiques. Smart grid, big data, internet des objets, compteurs intelligents offrent des larges possibilités d’innovation dans le domaine énergétique. L’infrastructure électrique et communicante sera donc un enjeu majeur. Plus et mieux collaborer

Les perspectives sont bien présentes, mais la marche à franchir est très élevée pour les professionnels, alors comment y parvenir ? Une condition sine qua non est d’évoluer vers la transversalité et le « travailler ensemble ». Le binôme électricien-intégrateur permet d’allier infrastructure et fonctions d’automatismes et de communication performantes. Le « travailler ensemble » doit inéluctablement se développer pour les artisans, TPE et PME spécialisés. Le retour d’expérience de Renovactif apporte des enseignements intéressants. Ce groupe d’entreprises adhérentes à la FFB Grand Paris et de différents corps de mé­tiers a suivi un programme d’échanges, de formation et de produc­tion d’outils pendant deux ans et fait actuellement évoluer le modèle pour le diffuser. Rénovactif est un outil d'accompagnement, et non d’affaires, pour aider les petites entreprises à prendre ensemble des marchés. Le retour d’expérience des Rénovacteurs est sans appel. Nous partons très bas et le modèle de la rénovation énergique


Agir sur la demande de travaux

Cette transversalité est aussi pratiquée à l’Agence Parisienne du Climat qui met les acteurs de la construction autour de la table pour que chacun comprenne l’intérêt de bien dialoguer et d’avancer ensemble. L’objectif à Paris est de construire les bases de ce qui peut embarquer de manière massive le projet de la rénovation énergétique. Tous les maillons de la chaîne sont importants notamment les bailleurs sociaux. La rénovation des copropriétés est un vrai sujet pour le Grand Paris qui est à 77 % composé de logements collectifs. Bon nombre des 90 % des 47 000 copropriétés de la capitale bâties avant la première réglementation thermique de 1974 sont des passoires énergétiques. Le Plan rénovation énergétique habitat (PREH) prévoit 125 000 réhabilitations annuelles d'ici à 2020 en Île-de-France, la région n'atteint que 20 % de cet objectif. Le frein aux projets de rénovation énergétique n'est pas prioritairement le financement, mais l’inertie des maîtres d'ouvrage et des syndics peu mobilisés. Pour les copropriétaires, le temps de retour sur investissement est trop peu incitatif pour motiver le vote des travaux. Avec son dispositif CoachCopro, l'APC s’attaque à cette inertie. Une fois référencés par copropriété, les intervenants affiliés et copropriétaires peuvent monter et suivre des projets. Un accompagnement est proposé par des conseillers

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est loin d’être mûr. On connait en général mal le travail et les contraintes des autres professionnels intervenants du chantier. On constate même une certaine défiance entre corps d’état qu’il faut apprendre à dépasser. Il est urgent de décloisonner. Apprendre à se faire confiance est fondamental avec de la transparence, de la loyauté, de l’éthique qui vont permettre de dépasser les problèmes techniques. Sur le terrain, des sociétés préparées par Rénovactif ont expérimenté un projet de rénovation globale avec isolation thermique par l'extérieur, CVC, solaire thermique avec un retour positif. Le modèle fait son chemin.

de l’APC qui accompagnent entre 50 et 60 copropriétés chacun. CoachCopro monte aujourd’hui en puissance avec des beaux projets à son actif. En 2016, le plan Écorénovons Paris mettra un accompagnement et des moyens au service de 1 000 copropriétés. De son côté, la Fédération Française du bâtiment vient de faire évoluer le logiciel Orebat, fourni gratuitement aux adhérents de la FFB. Cet outil permet aux professionnels de prescrire les travaux les plus judicieux par rapport à une situation en maison individuelle ou en logement collectif. La nouvelle version permet de faire une estimation avant travaux en quinze minutes et d’apporter des réponses aux clients sur le choix de travaux, la performance énergétique, le financement et les aides. C’est un outil précis d'aide à la décision qui n’engage pas l'entreprise, mais permet d’argumenter précisément.

charges. Le BIM rejoint la problématique de l’efficacité énergétique en imposant à tous les intervenants d'un chantier de collaborer sur une maquette unique. A la manière d’un processus industriel la phase de conception va s’étendre au profit d’une réalisation plus rapide et d’une diminution du gaspillage, des malfaçons et des sinistres. Les acteurs devront se positionner en amont pour conserver leur valeur ajoutée et ne pas se contenter du rôle d’exécutant. Là encore leur montée en compétence sera un rempart pour ne pas banaliser leurs prestations et perdre de la valeur. Les enjeux de l’adaptation des professionnels sont donc immenses et à la hauteur d’un marché potentiel énorme qui ne manquera pas de stimuler la concurrence et la course à l’innovation. n

LES PARTICIPANTS

Agir sur la demande de travaux Le BIM, accélérateur de l’évolution des pratiques

• David le Souder, Animation

Le BIM (Building Information Modeling) ou maquette numérique induit un changement profond et irréversible dans la manière de concevoir, de réaliser et de maintenir les bâtiments. Présent sur toutes les lèvres, son usage reste encore marginal en France pour les entreprises en aval de l’acte de construire. Tout se met en place pour un développement rapide et généralisé comme dans les pays anglo-saxons. Depuis le 1er avril 2016, le maître d'ouvrage public peut l’exiger dans son cahier des

• Dominique Naert, Directeur des Établissements franciliens - CSTB

• Jean-Luc Tuffier, Président de la CSEEE

• Anne Girault, directrice de l’Agence parisienne du climat ; • François Gélin, entrepreneur et président de Rénovactif • Loïc Brun, enseignant et consultant Coprotec • Thibault Gimond, expert du service efficacité énergétique et performances environnementales FFB. • Eric Bétrancourt, Entrepreneur et vice-président CSEEE.

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Le S2I Courant Faible, un syndicat de terrain ! Zoom sur trois temps forts d’un printemps cadencé pour les métiers du courant faible, orchestré par le S2ICF.

A Disneyland Paris début mars, et pour la 11ème année consécutive, ça a butiné, échangé à bâtons rompus, serré des mains et fait des étincelles de neurones aux pieds des grands huit. Au cœur de cette rencontre nationale qu’est IT Partners, c’est le domaine du courant faible qui a câblé entre eux pas moins de 12 700 professionnels de la distribution des solutions IT, télécoms et audiovisuelles. Pendant deux jours, ce salon informatique et audiovisuel organisé par Reed Exposition a marqué un temps fort de l’actualité annuelle du S2I Courant Faible, qui affirme sa personnalité comme un syndicat de terrain, proche de ses adhérents et partenaires. Cette année, la fréquentation a été encore en hausse, avec 243 entreprises, éditeurs, prestataires de services et grossistes ou encore fabricants, qui exposaient sur leurs stands en une belle mosaïque composée pour l’occasion. Telle une ruche d’abeilles, plus de 600 marques présentaient leurs toutes nouvelles solutions IT, télécoms et audiovisuelles, signe d’un marché dynamique et bourdonnant. Un franc succès que cette rencontre, explique Laurent Hauet, animateur réseau et communication du syndicat : « nous avons fédéré de nouveaux partenaires et adhérents, l'ambiance était très bonne ! »

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Le Salon IT Partners

Le village de la convergence sur IT Partners. Laurent Hauet (S2Icf), David Le Souder, Patrice de Goy (Habitat et technologies), François-Xavier Jeuland (FFDomotique) et Lucien Crevel (S2Icf).

Un enthousiasme visiblement partagé par les participants, donc. La raison ? « Un réel sentiment d’appartenance à une même organisation a créé une atmosphère particulièrement positive et productive, joyeuse. Certains partenaires ont même tenu le stand pendant que nous faisions des pauses, ou bien allions nous balader sur le salon ! » Raconte-t-il avec plaisir. Un état d’esprit d’ailleurs matérialisé par un espace intitulé Village de la convergence, autour du syndicat. Cela a permis d’ouvrir le salon, orienté plutôt informatique à la base, à l'intégration audiovisuelle, la vidéo protection et la domotique notamment. Laurent Eydieu, directeur du salon, qui a chaleureusement remercié le S2I Courant Faible en fin de programme souhaite renouveler l’opération l’année prochaine, agrandie de nouveaux exposants.

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Réunion Régionale S2I Courant Faible

Lucien Crevel (S2Icf), Christophe Vaucourt (Deoda), Jean-Marie Lesieur (S2Icf).

Une réunion régionale du syndicat se tiendra à Lille avec Nordnet et Giga Concept, le 2 mai prochain. Avec des présentations de solutions domotiques et internet par satellite par les partenaires, ainsi que des ateliers l’après-midi.

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La cerise sur le gâteau, ce sera la visite guidée du Grand Stade Pierre Mauroy en fin de journée. Inscription obligatoire ici : http://inscription.s2icf.fr

Journée des partenaires et assemblée générale du syndicat

Le 30 mai 2016 au Radisson Blue Hotel de Charles de Gaulle Roissy, le syndicat invite les métiers du courant faible pour un évènement co-organisé avec Home Cine’Feel. Avec, de 14h à 19h, 500 m2 de nouveautés qui ne demanderont qu’à être explorées. Ponctué par des conférences sur des thèmes d’actualité. Sans oublier un cocktail convivial. La journée des partenaires est ouverte gratuitement aux professionnels du secteur. L’assemblée générale du Syndicat réunira tous les adhérents, sur un temps dédié. Les coordonnées du syndicat S2I Courant Faible 94345 Joinville-le-Pont Cedex Tél. : 06 58 18 71 58 - Fax : 01 43 97 32 79 contact@s2icf.fr - www.s2icf.fr


L'actualité de la

L’HABITAT CONNECTÉ POUR TOUS

Rendez-vous à la Foire de Paris Cette année encore, la Fédération Française de domotique sera présente sur la Foire de Paris et le dispositif est impressionnant. Durant 10 jours, grâce à la mobilisation de plus de 20 membres de la FFD, ce sont des séances gratuites de coaching domotique, des ateliers, un concours, des reportages TV qui feront la promotion de la domotique et de ses avantages auprès du grand public du 29 avril au 8 mai. En partenariat avec le Conseil Régional de l'Ordre des Architectes d'Ile-de-France (CROAIF), la CAPEB (Association des Artisans et des Petites Entreprises du Bâtiment) du Grand Paris et le Syndicat National des Fenêtres en Aluminium (SNFA) . Coaching domotique

Tous les jours de 10h à 19h et nocturne le mardi 3 mai et vendredi 6 mai jusque 22h, les membres de la FFDomotique se relaieront pour conseiller les visiteurs sur leur projet ou les orienter sur des solutions adaptées à leurs besoins. Chaque séance de coaching durera 30 minutes. L’Espace « Conseils gratuits Expert de l’Habitat » est une zone de conseils personnalisés installée dans le Pavillon 1. Il permettra aux visiteurs de se présenter librement ou sur rendez-vous et d’échanger avec les experts de chaque métier sur leurs projets de construction, d’aménagement ou de

rénovation de leur habitat. Il est possible de prendre rendez-vous sur le site de la Foire de Paris pour recevoir des conseils gratuits : https://www.clicrdv.com/foirede-paris-2016

Animation

Tous les jours de 11h à 12h, nos experts animeront un atelier « habitat connecté » pour découvrir les bénéfices apportés par la domotique de façon ludique (6 places disponibles par atelier). Sur place, la technologie sera présente avec deux tables tactiles diffusant du contenu interactif ainsi qu’un robot pour accueillir les visiteurs et leur donner le programme de la journée.

Concours architecture

La FFD participera au concours de l’architecture organisé par le CROAIF dont la thématique est « Besoin de pousser les murs ? Du mal à trouver sa place ? ». Le 29 avril 2016, 7 équipes pluridisciplinaires de 4 personnes (2 étudiants architectes, 1 étudiant domoticien et 1 apprenti artisan) seront en compétition. Le niveau maximum des participants au concours est de Bac+3.

Sous forme d’esquisse, le projet devra répondre à des critères de notation précis et répondant à des problématiques touchants tous les corps de métier. Outre des critères de créativité et d’esthétisme arrêtés, devront être intégrés dans la grille de notation les critères d’accessibilité, d’économie d’énergie, d’innovation technologique, voire de réalisme budgétaire. La remise des prix aura lieu à 18h et tous les projets seront exposés à l’entrée du Pavillon 1 du 30 avril au 8 mai. La Fédération Française de Domotique a invité les étudiants de la licence domotique de l’IUT Créteil Vitry. Après la découverte des projets par le jury puis les délibérations, la journée s’achèvera par une remise des prix : - 1 prix général (le prix d’architecture), - 1 « coup de cœur domotique », - 1 « coup de cœur artisan ».

Composition du jury :

- 1 représentant CROAIF - 1 représentant CAPEB - 1 représentant FFD - 4 journalistes dont Smarthome Electricien+

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RESSOURCES HUMAINES

Le management bienveillant : une source de productivité En 2020, les maladies chroniques seront la première cause d’absentéisme au travail. Un véritable fléau pour notre société. En France, 26 % des salariés souffrent de stress chronique, c’est le taux le plus élevé d’Europe1. L’amélioration de la productivité par individu entraîne un effet pervers et reporte la charge de travail sur les présents. Loin d’être naïfs, les dirigeants ont conscience que leur management se doit d’être plus en lien avec les attentes.

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es causes sont multiples : pollution auditive, temps de transport rallongé, manque de reconnaissance, surcharge de travail, concurrence exacerbée…, avec pour conséquence une augmentation de 72 % du nombre de maladies professionnelles depuis 20032. Les entreprises voient leurs performances touchées de plein fouet ; le manque à gagner, avec 60 % de l’absentéisme dû au stress du travail, est évalué à 3 milliards de d’euros par an, selon une étude de la Dares de 2012. À l’heure de l’individualisme forcené, de plus en plus d’individus prônent la vie en groupe, le mode collaboratif, et le temps conacré au caritatif est en croissance. Cette bienveillance doit se retrouver dans les comportements des managers. Cela ne signifie pas qu’il faut vivre dans un monde de Bisounours, mais qu’il est nécessaire de savoir écouter et être dans une disposition favorable envers autrui. Cette technique très efficace permet d’écouter, d’échanger, de collaborer et de partager. Les start-up de l’économie collaborative, moins hiérarchisées, sont naturellement dans cette logique. L’appliquer à l’économie traditionnelle semble pour certains très éloigné de la réalité. Et pourtant. Ce n’est pas parce qu’on a fait comme ça depuis cinquante ans qu’il ne faut pas changer. Redonner du sens au travail Eh bien si ! Car ceux qui ne veulent pas changer sont ceux qui pensent qu’un dirigeant doit imposer ses choix et que les salariés suivront. Cette société n’existe plus. Depuis vingt ans, Internet et les 35 heures ont décuplé la productivité par individu. Ramener du travail chez soi grâce aux outils de mobilité est admis par

tous. Par peur de perdre son travail, le salarié s’impose cette omniprésence et cette disponibilité maximale. Les conséquences sont terribles, car l’individu ne se sent pas reconnu pour tout ce qu’il fait et sa motivation au travail peut chuter. Le télétravail se développant, les organisations doivent partager l’information et tenir informés les salariés. De nombreuses entreprises installent des plateformes collaboratives. Mais l’outil n’est rien sans un changement de mentalité. Pour cela, il faut être convaincu de l’enjeu de réduire le stress dans l’entreprise. Une gouvernance bienveillante considère que tous les acteurs de l’entreprise ont des intérêts convergents et participent à la mise en œuvre d’un destin collectif. En donnant aux salariés la possibilité de participer aux orientations stratégiques à travers des comités de réflexion ou en laissant les employés d’un service proposer des conditions qui amélioreraient leur travail, l’entreprise valorise chaque individu, salarié comme dirigeant. Faire un point régulier sur la marche de l’entreprise permet aux équipes de se sentir impliquées et développe le collectif de travail capable d’affronter, ensemble, des situations difficiles. Aller au travail avec plaisir Si le dirigeant donne sa confiance aux salariés, son rôle de « flic » va devenir celui de coordinateur. Les entretiens individuels annuels, par exemple, ne seront pas bordés de sanctions. Ce sera un temps d’échange et d’écoute. La sanction sera mal comprise si elle n’a pas été mentionnée au moment des faits. Si la confidentialité impose le silence, le manager doit expliquer qu’il n’a pas le droit de s’exprimer. En

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fait, il s’agit de créer un cercle vertueux entre éthique relationnelle et efficacité économique, suscitant le sentiment d’appartenance grâce à la cohérence réelle créée entre l’action et le discours. Un climat bienveillant au travail s’instaure par des règles de base de politesse et de courtoisie. Idem, il est prouvé qu’une personne est plus efficace en travaillant à la lumière naturelle et en présence de végétal. Les jeunes qui entrent sur le marché du travail ne veulent plus s’engager dans une société non éthique, qui pille les ressources, qui pollue ou qui exploite. Avant de répondre à une offre, ils s’informent sur l’entreprise et regardent ce qui se dit sur les réseaux sociaux. En entrant dans l’entreprise, le discours ne doit pas être dissonant au risque de démotiver dès le début la recrue. Outil de performance En recréant des conditions saines où l’employé se sent considéré, reconnu par son manager direct, le dirigeant dope son efficacité à la hausse. En aucun cas, cela ne doit être une communication en trompe-l’œil. Il faut stimuler la créativité de chaque salarié car lui seul a la réponse à la problématique. Cette nouvelle relation doit être vraie et le manager doit être responsable, direct et ouvert. La bienveillance est liée au désir de faire avancer les autres et donc de dire ce qui est, même quand cela ne fait pas plaisir. Quand il prend une décision, ce n’est pas la faute de la hiérarchie, mais bien son choix qu’il assume. Elle facilite les processus que sont la communication ouverte, la collaboration, la créativité... Le dirigeant bienveillant


lante constitue indéniablement une réponse au stress et représente un réel levier de promotion du bien-être au travail. 1) Source Better Human 2013 2) Source INRS 2007

Plus d’informations sur le site : www.entreprise-et-convivialite.com

s’apparente au rôle de parents. C’est-à-dire que son rôle est de faire grandir. Il doit stimuler et motiver ses collaborateurs en les soutenant et en les aidant à comprendre les échecs et succès. La bienveillance induit donc une relation vraie. Il est beaucoup plus facile de se retrancher derrière son quant-à-soi, la sécurité d’une position hiérarchique, l’opacité d’une organisation. Pourtant, de plus en plus d’entreprises font le choix de la bienveillance envers leurs collaborateurs. D’ailleurs, les entreprises où il fait bon vivre choisissent l’autonomie et la créativité afin de faire émerger le meilleur du potentiel de leurs salariés. Une fois cette démarche interne à l’entreprise faite, cette bienveillance doit s’appliquer aux clients, aux prospects, aux partenaires, aux fournisseurs et, bien évidemment, aux collaborateurs. Cette entreprise citoyenne doit concilier les intérêts de toutes les parties sans écraser l’une d’elles et donc avoir une véritable identité. Une stratégie de communication bienveil-

Osez la convivialité - 52 témoignages qui donnent la pêche ! (244 pages) Livre collaboratif conçu, réalisé et édité par l'association Entreprise & Convivialité Disponible au format papier auprès de l’association au prix de 18 € TTC et aux formats PDF et ePub sur le site de la librairie en ligne Numilog.com au prix de 11,99 € TTC.

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RÉGLEMENTATION

RT2012 et Bepos

© DR

Pourquoi associer la réglementation thermique 2012 avec l’idée de bâtiments à énergie positive. Parce que la RT2012 n’est qu’une réglementation avant celle de 2020, où les bâtiments devront produire plus d’énergie que ce qu’ils n’en consomment. La performance énergétique est au cœur de la réglementation thermique 2012. C‘est avant tout l’approche globale qu’il faut assimiler pour atteindre des objectifs.

• Une bonne étanchéité à l’air du bâti • Le traitement des ponts thermiques • Une ventilation efficace et adaptée • Des équipements énergétiques performants

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Installation d’une pieuvre très étanche dans une maison BBC.

LES POINTS CLÉS DE LA RT 2012

La perméabilité à l’air La malfaçon d’un électricien se juge à la perméabilité à l’air de ces installations. Les règles sont simples mais doivent s’appliquer à tous les chantiers sans exception. La RT 2012 doit respecter les exigences techniques. Ainsi, la perméabilité à l’air de l’enveloppe du bâtiment permet d’évaluer le débit de fuites sous 4 pascals (Pa) de l’enveloppe extérieure, noté Q4 Pa surf (valeur officielle de perméabilité à l’air). Cette valeur doit être inférieure ou égale 0.6 m3/h.m² de parois froides hors plancher en maison individuelle (pour info : 1 m3/h.m² de parois froides hors plancher bas en immeuble collectif d'habitation). Des défauts de perméabilité à l’air sont souvent rencontrés et peuvent causer une grande perte d’énergie. Elle perturbe notamment la bonne maîtrise du renouvellement d’air et augmente les déperditions thermiques du bâtiment.

Les principales sources de fuites d’air : - Liaisons façades et planchers : liaison murdalle sur terre-plein, liaison mur-dalle ou plancher en partie courante… - Menuiseries extérieures : seuil de porte palière, seuil de porte fenêtre, liaison mur fenêtre au niveau du linteau... - Equipements électriques : interrupteurs sur paroi extérieure, prises de courant sur paroi extérieure, tableaux, gaines…

© DR

C

ette notion de partage de l’information sera encore plus forte avec l’arrivée progressive de la maquette numérique BIM. Les professionnels et plus encore les électriciens, seront au cœur d’un réseau d’intervention et rester isolé dans ces pratiques sans que les autres intervenants n’en aient conscience est presque terminé.


Test de perméabilité d'un spot led.

préconisations précédentes ne sont pas respectées, l’électricien peut être contraint de percer le plan d’étanchéité à l’air. Dans ce cas, il est nécessaire d’utiliser dese produits spécifiques : • Boîtier électrique étanche à l’air, possédant une membrane d’étanchéité au travers de laquelle passe le fourreau; • Bouchon d’étanchéité entre fourreaux et câbles – dans le cas où le tableau électrique ou des boîtiers de dérivation (non étanches) sont hors volume chauffé. Chaque fourreau arrivant dans une prise, interrupteur, etc. doit alors comporter ce système de calfeutrement. On a beau le répéter mais leur mise en œuvre doit alors être particulièrement soignée pour éviter tout passage d’air, et ce tout au long de la manipulation des équipements électriques. Revernir sur un chantier coutera très cher. ▼

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Les fourreaux électriques Lorsque le tableau électrique est situé dans le volume chauffé, il est impératif de calfeutrer les arrivées au tableau entre fourreaux et câbles. C’est le point le plus critique dans le test d’insufflométrie. De même, lorsque le tableau est hors volume chauffé (local TGBT en tertiaire, par exemple), il faut bien identifier chaque entrée de fourreau dans le bâtiment pour venir réaliser un calfeutrement entre fourreau et câble avant la distribution en intérieur. Si les

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- Trappes et éléments traversant les parois : trappe d’accès aux combles, trappe d’accès aux gaines techniques,… La RT 2012 impose le traitement de l’étanchéité à l’air en exigent une performance validée par un test de perméabilité à l’air. Pour cela, il faut combler au maximum les entrées d’air. Le passage des réseaux électriques est un souci majeur où la vigilance doit être de mise. Plusieurs solutions sont envisageables. Il est fortement conseillé d’utiliser des boitiers étanches pour assurer l’étanchéité à l’air de la paroi. Les déperditions sont plus importantes lorsque les réseaux sont regroupés. Il est donc recommandé d’effectuer des percements à l’unité pour conserver une bonne étanchéité à l’air. La mousse polyuréthane ne sera pas efficace à moyen terme pour assurer l’étanchéité à l’air.

Perméabilité à l'air selon le pot utilisé.

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Réalisation d’un contrôle thermographique des installations électriques.

LA RÉGLEMENTATION THERMIQUE 2012 IMPOSE 3 EXIGENCES DE RÉSULTATS : • Valeurs limites à ne pas dépasser en termes de besoins de chauffage, refroidissement et éclairage artificiel (Bbiomax) • Niveau d’exigence de la consommation conventionnelle calqué sur le label BBC • Exigences en termes de perméabilité à l’air qui implique une plus grande qualité de mise en œuvre

Exigences pour la conception en termes de moyens

Solutions proposées pour le traitement des ponts thermiques

• Traitement des ponts thermiques

• Mise en place d’une isolation thermique continue par l’extérieur

• Obligation de recours aux énergies renouvelables • Sensibilisation des occupants sur l’impact de leur comportement sur la consommation énergétique

• Utilisation de murs à isolation répartie • Utilisation de rupteurs de pont thermiques

Tests de perméabilité à l’air • Obligation d’intégrer des mesures de perméabilité à l’air au cours et en fin de travaux • Nécessaire adaptation des pratiques constructives et contrôle de la qualité de mise en œuvre et de coordination entre les différents intervenants

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© Défi Technique SA

MAISON CONNECTÉE

Jewelbow, un concentré de technologies

Comment se targuer d'être la maison la plus connectée en Europe ? Grâce à une multitude d'équipements tous plus intelligents les uns que les autres, qui permettent à JewelBow - nom du projet basé en Suisse - d'avoir remporté le prestigieux prix CEDIA 2015.

P

anneaux solaires rotatifs, murs végétalisés, récupérateur d'eau, éclairage connecté, ouvertures intelligentes… JewelBow se veut être la maison la plus connectée et la plus écologique de la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique (EMEA), indiquent ses concepteurs. Ici, aucune émission de gaz à effet de serre, une capacité à produire plus d'énergie qu'elle n'en consomme, le surplus étant stocké entre ses murs pour être redistribué à la société Romande Energie. Egalement une façade et une toiture équipées de panneaux solaires rotatifs, qui suivent l'évolution du soleil, ainsi que des murs recouverts de végétaux Des végétaux que l'on retrouve d'ailleurs en grand nombre à l'intérieur de la maison, censés assurer la régulation thermique. Et pour arroser le tout, une cuve de 50 m3, positionnée entre la piscine et le bâtiment principal, se remplit des eaux de pluie recyclées. Cerise sur le gâteau, des capteurs d'humidité sont incrus-

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tés pour rationnaliser au mieux l'irrigation et éviter tout gaspillage. A l'intérieur, l'éclairage est connecté, le chauffage se pilote via smartphone, tandis que la porte d'entrée et le portail intelligent ne permettent de laisser entrer que les seuls propriétaires, et ce, sans clé ! Cette « forteresse numérique » recèle encore de biens d'autres gadgets comme la suppression des ondes wifi dès lors que l'alarme est activée, qui a pour conséquence de ne plus pouvoir commander les objets connectés de l'intérieur depuis l'extérieur. Un petit coup d'œil au mode d'emploi avant de sortir ne sera pas un luxe… Toutes ces options ont évidemment un coût : comptez près de 350.000 euros pour l'ensemble de l'installation, et 18 mois d'attente - le temps de la pose - par Defi Technique SA, qui sait se faire désirer. En effet, l'entreprise ne réalise que 3 à 4 opérations de ce type chaque année. La technologie, ça se mérite !


© FAB AV

L’éclairage à l’hôpital

Helvar, spécialiste du contrôle d’éclairage, a transformé l'environnement des patients et de leur famille au Keech Hospice, près de Luton en Angleterre, aidant à fournir un espace calme et facile à contrôler, entièrement confortable pour les besoins de ses occupants.

L

e Keech Hospice est spécialisé pour les soins aux enfants atteints d'une maladie grave en phase terminale. FAB AV, l’intégrateur local s’était volontairement proposé pour faire don d'un home cinéma pour la nouvelle salle des adolescents de jour en cours de construction. FAB a sollicité l’aide de Helvar, aux côtés d'autres fournisseurs dans les secteurs audio-visuels et de la technologie, à améliorer le bien-être pour ses utilisateurs. "Nous avons modifié l’espace en une salle de médias interactifs où les enfants peuvent regarder des films et jouer à des jeux sur un grand écran ", a déclaré Phillip Warris de FAB AV. "Nous avons pensé que si nous pouvions mieux contrôler l'éclairage dans la salle, cela créerait la bonne ambiance pour les enfants afin de plus profiter du divertissement et de se plonger dans l'expérience". Lorsque le système AV n’est pas utilisé, l'éclairage peut être dimmé selon des scénarii prédéfinis qui aident à créer une ambiance plus calme pour les occupants de la chambre. « Nous avons demandé à Helvar d'apporter leur expertise au projet et ils ont été fantastiques en

fournissant le kit gratuitement. Cela a été un grand succès, les patients et le personnel adorent ça et trouvent cela très facile à utiliser. » Helvar a fait don d'un routeur 920 qui contrôle les appareils d'éclairage Dali connectés dans la chambre. Les patients et le personnel peuvent changer les niveaux de lumière et l'intensité avec un des panneaux Digidim modulaires, également fournis par Helvar. Ces derniers ont quatre boutons pour des scènes prédéfinies, ainsi que le off et boutons +/-. Maintenant, l'éclairage peut être facilement ajusté en fonction des besoins des patients, en assurant un maximum de confort en tout temps. Le système de contrôle utilise également Helvar 312 multi-capteurs qui permettent la détection de présence et de lumière du jour, de sorte que, lorsque la pièce est inoccupée, l'énergie ne soit pas gaspillée par l'éclairage inutile. FAB AV avait installé un bandeau LED RGB encastré dans le plafond, le contrôle DMX pour le changement de couleur provenant de la sortie DMX du routeur 920 permettant aux occupants des chambres de changer faci-

lement de couleurs préréglées en utilisant les panneaux de contrôle Helvar. La nouvelle salle de jour du Keech Hospice a suscité des critiques extrêmement positives aussi bien des patients que du personnel. Les infirmières et les visiteurs ont été surpris de la facilité d’utilisation du système de commande. Le système de contrôle d'éclairage simple mais efficace d’Helvar veille à ce que la bonne lumière soit fournie au bon endroit au bon moment explique Antoine Kussac, Directeur France Helvar.

Solution mise en place : • Système de contrôle DALI • Panneaux modulaires DIGIDIM • Multi-capteur 312 • Détecteurs de présence à récupération d’énergie Daylight • Contrôle de la couleur

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RENCONTRE ÉCLAIRAGE

265 pieds de vignes sont plantés derrière l’usine de Villeneuve le Roi.

© DR

André Bousquet fondateur de Meljac

André Bousquet crée Meljac en 1995 et lui donne ce nom en hommage à son village d’origine. Travaillant dans l’installation électrique, il devait créer ses propres platines car il ne trouvait pas ce qu’il souhaitait. 20 ans se sont écoulés et Meljac conçoit, fabrique et commercialise des appareillages électriques de luxe (interrupteurs, prises de courant, thermostats, sonnettes...) principalement sur-mesure.

M

a vie est un enchainement de concours de circonstance. En 1999, lors de la tempête, le seul arbre de la rue est tombé sur notre atelier, détruisant tout. Ce fut en fait l’occasion de reconstruire les locaux et j’en ai profité pour ajouter un deuxième niveau et de me développer explique André Bousquet. Extraordinairement attachant, cet aveyronnais a créé une entreprise à son image : convivial, honnête, franc, homme de parole. Pas de faux semblant, mais un extraordinaire instinct. André Bousquet a saisi les opportunités que seuls ceux qui vont de l’avant connaissent.

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Le sur-mesure comme marque de fabrique En arrivant à l’usine Meljac de Villeneuve le Roi (94), on est surpris de trouver des arbres fruitiers au beau milieu d’une zone industrielle. Le Plan d’Occupation du Sol demandait des arbres ; j’ai donc voulu que chacun puisse se nourrir en récoltant les fruits mûrs : pommes, prunes, cerises. Ensuite, j’ai fait installer une vigne où chaque employé a un pied à son nom. Les vendanges sont l’occasion de rassembler les salariés autour de valeurs de partage et de confiance tient à préciser André Bousquet. Et je peux vous certifier que notre vin est très bon. Cette notion du travail bien fait dans un environnement sain n’empêche Meljac de voir grand et de satisfaire les exigences des clients issus du monde entier. Un tiers des produits sont fabriqués sur-mesure. Ce qui ne signifie que nous adaptons nos modèles à la demande des clients. Notre métier est de faire les plus beaux interrupteurs et prises confirme André Bousquet. Pas de confusion possible. Meljac ne fait que ce qu’il maitrise. La fayence, le verre, la porcelaine sont réalisées par des prestataires spécialisés puis travailler à l’usine par des ouvriers qualifiés. André Bousquet sait donner la chance à ceux qu’il rencontre. Les nationalités sont très nombreuses chez Meljac et pourtant pas de conflits. Chacun comprend les valeurs et la stratégie de l’entreprise. Une entreprise sur-mesure.


© DR

RENCONTRE

Des compétences internes La philosophie d’André Bousquet est de tout maitriser. Ainsi, en 2010, il rachète son soustraitant de traitement de surface Béttencourt à Neuilly Plaisance et intègre également une unité de traitement dans son usine de fabrication, pour réagir vite aux demandes clients. De son côté, Béthencourt continue sa stratégie de développement et Meljac n’est pas son client exclusif. Au contraire, Meljac se sert des entrées de sa filiale pour pénétrer de nouveaux marchés. Meljac travaille avec les plus grands architectes comme Joseph Dirant ou Gérard Faivre, et intégrateurs domotique comme Henri Domotique ou Roger Dubois. Présente sur la scène internationale, la société compte soixante revendeurs agréés, dont plusieurs à l’étranger, où le marché connaît un fort développement.

LES CHIFFRES

2

SHOWROOM

2

ATELIERS

65

COLLABORATEURS

60

REVENDEURS DANS LE MONDE

35%

DE PRODUITS SUR-MESURE

6,5

MILLIONS € CA

2012

LABEL OFG ORIGINE FRANCE GARANTIE

2015

LABEL EPV ENTREPRISE DU PATRIMOINE VIVANT © DR

De l’artisanat automatisé Fabriquées à la main, les créations Meljac sont le résultat d’une succession d’étapes minutieuses. A côté de chaque ouvrier qui réalise une étape manuelle se trouve les machines les plus en pointe. La main côtoie la machine à toutes les étapes du processus de fabrication : étude, usinage, gravure, chanfreinage, pose d’inserts, estampillage, polissage, traitement des plaques et des vis (bains et rinçages), brossage, vernissage, montage et conditionnement. Pour savoir préserver les compétences, Meljac a reçu les labels Origine France Garantie OFG et Entreprises du Patrimoine Vivant EP. Ces distinctions témoignent du savoir-faire de l’entreprise et de la qualité de ses produits. La réalisation des produits comprend une dizaine d’étapes (dont l’usinage, la gravure, le polissage, le traitement de surface…) et fait appel à la fois à des machines numériques de haute précision et à l’irremplaçable main de l’homme. Il en résulte une gamme standard et une importante fabrication de produits sur-mesure qui représente 35 % de la production et 50 % du Chiffre d’Affaires.

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ÉLECTRICITÉ

DELTADORE

EATON

FLIR

Récepteurs modulaires d’éclairage TYXIA

Disjoncteurs CC Dumeco pour équipements PV

Caméra thermique pyromètre TG130

Grâce à ces deux récepteurs, l’installateur n’intervient plus directement sur les interrupteurs de son client. L’installation se fait depuis le tableau, grâce à un câblage 3 ou 4 fils. Le récepteur est compact (1 module pour 1 sortie), avec une antenne radio intégrée. Grâce à la technologie radio X3D, chaque récepteur modulaire devient répéteur du signal radio pour garantir la bonne exécution des ordres donnés. Les deux récepteurs modulaires radio Tyxia se pilotent à partir d’émetteurs fixes ou mobiles, ainsi que sur smartphones et tablettes grâce à l’application domotique Tydom.

La gamme se compose à présent de douze appareils pour une intensité électrique de 63 à 1250 A et ses disjoncteurs couvrent l’ensemble des applications photovoltaïques (PV) – panneaux de toit pour habitations et bâtiments commerciaux de toute taille, centrales électriques d’entreprises de services publics avec une tension allant jusqu’à 1000 V CC... En outre, les appareils peuvent être utilisés pour les boîtiers de jonction photovoltaïque, les convertisseurs et le stockage batterie CC. Les disjoncteurs ont d’autres atouts : installation flexible et rapide, bon rapport qualité/prix et fiabilité élevée.

Intégrant Lepton®, le système d'imagerie thermique révolutionnaire de FLIR, la TG130 permet de : • Détecter les pertes de chaleur au niveau des portes, des murs, des conduites et des fenêtres. • Révéler les endroits manquant d’isolation et mettre en évidence l’origine des courants d’air froid. • Identifier les sources des fuites d'eau ou détecter les nids de rongeurs derrière les murs. • Faites des économies de temps et d’argent en résolvant les problèmes de performance de votre système de climatisation et les problèmes électriques touchant votre électroménager, et utilisez la TG130 pour vérifier que vous conservez et servez à la bonne température.

WEIDMÜLLER

THEBEN

WATTECO

Thermostat numérique programmable RAMSES 366/1 top2

Actionneur Smart Plug

Conçu pour surveiller et réguler la température ambiante de zones individuelles via une sonde de température externe, RAMSES 366/1 top2 réunit l’ensemble de ses fonctions dans un seul boîtier de largeur « 2 modules ». Ses accessoires, ses composants et sa programmation simplifient son installation, contribuent à économiser de l’énergie et permettent une utilisation précise au gré des besoins de chauffage. Pour usage résidentiel (maisons individuelles et logements collectifs) et tertiaire (locaux administratifs et commerciaux, etc.) Le RAMSES 366/1 top2 fonctionne sur pile lithium (autonomie 10 ans). Son prix est de 240 € HT.

Disposant d’une mesure de courant intégrée active et réactive, Smart Plug va également agir comme un outil de diagnostic et d’alerte. SMART PLUG bénéficie d’une technologie radio ultra longue portée LoRaWAN utilisant une modulation particulière à étalement de spectre dans la bande 868 MHz (jusqu’à 4 km en champ libre) avec possibilité d’utiliser un mode de remontée d’informations par lot compressé. Totalement compatible avec le système LoRaWan pour être mis en œuvre à partir d’un réseau Bouygues Telecom, Orange, Proximus ou Swisscom. Smart Plug est également compatible en réseau privé avec la passerelle MultiTech ou la station SPN de Kerlink.

Pince à dénuder Stripax ULtimate XL

®

La pince à dénuder ® ULtimate XL est spécialement dédiée pour le traitement sans effort des matériaux d'isolation difficiles, sans halogène au format XL pour des sections de câbles de 2,5 mm² à 10 mm². Même sur le PUR, matériaux à revêtement dur, des câbles des capteurs/actionneurs allant de 4,1 mm à 7,2 mm de diamètre ne présentent aucun de problème. Un unique jeu de lames (ERME SPX UL XL) permet à pratiquement tous les matériaux d'isolation sans halogène ainsi que des câbles UL ou UL-type avec isolation dure ou lisse d’être dénudés rapidement, proprement et avec précision grâce à l’auto-ajustement automatique. Ajustement pour des longueurs de 3 mm, 5 mm et 10 mm.

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MULTIMÉDIA

TOSHIBA

PHILIPS

ANTENGRIN

Affichage dynamique au fort impact TD-U Series

Projecteur Full HD à focale ultra courte Screeneo

Antenne française prête pour la 5G

La nouvelle gamme d’affichage professionnel est prévue pour un affichage en continu 24/24 et 7/7. Les deux modèles d’écran 85” ont une résolution Ultra HD (3 840 x 2 160) et une luminosité élevée (jusqu’à 500 cd/m2) gages d’une restitution optimale des couleurs et des contenus. La solution TD-U852TS à l’écran tactile dispose de 6 points de contact. Grâce aux nombreuses entrées et prises, il est possible d’afficher jusqu’à 4 flux de contenus différents en Full HD en mode écran partagé, afin de diffuser simultanément plusieurs messages. Enfin, le choix du verre Corning Gorilla® Glass® 2 mm, très résistant, met la surface de l’écran à l’abri des éraflures et des fissures en cas d’utilisation prolongée.

Pour une image en 50"(127cm), placez-le à 10cm d’un mur lisse et pour une image de 100" (254 cm) à seulement 44 cm. Il n’a pas besoin d’être connecté à une chaîne ou un multiroom car il dispose d’un caisson de basses et d’haut-parleurs intégrés offrant une puissance de sortie de 26 W RMS. Avec un système audio Dolby Digital 2.1, le plaisir d'écoute est total. Le Wi-Fi intégré permet de se connecter en ligne ou au réseau domestique via DLNA ou Bluetooth et la technologie Miracast pour diffuser en streaming les contenus audio et vidéo des smartphones et tablettes. Screeneo produit d'impressionnantes images nettes et éclatantes à 600 Hz grâce au moteur ProGleam. 800 € TTC.

Cette marque française crée et conçoit des antennes ultra-performantes, « made in France » et écolo. Grâce à une technologie unique et innovante, primée 2 fois au concours Lépine (2013 et 2015), les antennes Antengrin remplacent les antennes râteaux sur les toits de nos maisons en extérieur et intérieur. Petites et compactes, elles sont conçues dans des matériaux recyclés: plastique recyclé et bois composite. Ce sont les seules antennes à ne pas être impactées par le déploiement de la 5G en 2016 car elles ne sont pas affectées par le brouillage des chaînes lié à l’arrivée de la 4G et de la 5G dans nos maisons.

SÉCURITÉ

NETATMO

VERISURE PAR SECURITAS

EI ELECTRONICS

Caméra de sécurité extérieur Presence

Caméra connectée SmartCam pro

Détecteur de fumée EI3105 RF

Installée à l’extérieur de la maison, la caméra analyse en temps réel si un individu s’approche de l’habitation, si une voiture pénètre dans l’allée ou si un chien se promène dans le jardin. Presence comprend ce qu’elle voit et notifie l’utilisateur lorsqu’un événement se produit. P resence intègre la fonction SmartSightTM, qui utilise un algorithme révolutionnaire d’intelligence artificielle qui distingue les personnes, les voitures et les animaux, comme Welcome. Elle possède de puissantes LED infrarouges pour la vision nocturne et intègre aussi un projecteur afin d’éclairer l’extérieur de la maison, simplement à l’arrivée ou à la détection d’intrus.

La caméra SmartCam pro, pilotable à distance par smartphone, interagit avec le lieu grâce au système audio bidirectionnel permettant d’entendre et de parler via le système de micro / haut-parleur de la caméra pour rester en contact avec ses proches ou interpeller les intrus. Verisure par Securitas Direct propose à ses clients d’associer la caméra SmartCam Pro à son service de télésurveillance car elle peut filmer de jour comme de nuit. Dotée d’une vision grand angle, d’un zoomx4, d’un détecteur de mouvement et audio et d’un système de boule rotative verticale et horizontale et Full HD, la caméra garantit une fiabilité maximale.

Grâce à sa pile Lithium d’une durée de vie de 10 ans, ce détecteur ne demande aucune maintenance. Idéal pour la location sa pile soudée ne peut pas être retirée par le locataire. Sa chambre de détection optique est équipée d’une grille anti-insecte et protégée CEM pour minimiser les alertes intempestives. Son bouton Test & Silence assure un test complet de l'alarme ou interrompt l'alarme durant 10 minutes en cas d'alerte intempestive. Puissance de l'alarme : 85dB (minimum à 3 mètres), fixée par collage et serrage mécanique et soudée sur contact. Certifié EN14604 NF DAAF. Ei Electronics est nouvelle fois sorti 1er des tests de Stiftung Warentest et de 60 millions de consommateurs.

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“ © DR

Pour répondre à la demande croissante des particuliers et des entreprises, nous souhaitons renforcer notre réseau de partenaires installateurs ou distributeurs partout en France.

Christophe Outier,

Directeur Commercial Nordnet Nordnet, une société du groupe Orange, fournit une vaste gamme de solutions Internet pour l’usage privé et professionnel. Depuis 1995, l’entreprise a développé progressivement ses compétences dans le domaine de l’Internet et a intégré à son offre des solutions variées telles que des solutions antivirus, des offres de réservation de noms de domaine, de référencement Nordnet a 20 ans. Quelles sont les clés de la longévité ? 20 années à innover ! Dès 1995, nous fournissions de l’Internet aux particuliers et aux professionnels de la Région Nord. Puis, nous avons rapidement étendu notre zone de chalandise à toute la France en proposant nos logiciels de sécurité (Antivirus, contrôle parental…) et des services pour construire et animer un site web professionnel (nom de domaine, création de e-boutique…). Nous sommes convaincus que, où que l’on soit en France métropolitaine, il n’y a pas de raison de subir les inconvénients d’une connexion Internet trop lente ! Dès 2008, nous avons donc lancé nos offres de connexion à l’Internet par Satellite et sommes devenus un acteur de référence dans ce domaine. Nos offres reposent sur différents satellites ce qui nous permet d’offrir, sans délai, une connexion Internet Haut-Débit, le téléphone et la télévision, partout en France métropolitaine. Nous avons capitalisé sur cette expertise pour développer une gamme de connexions

alternatives à l’ADSL. Depuis 2012, nous commercialisons des offres Haut-Débit reposant sur les technologies Radio (comme l’Internet par WiMAX). Lorsque plusieurs solutions sont disponibles sur une même zone, nous guidons toujours l’utilisateur vers la technologie la plus adaptée à ses usages. Proposées à un tarif proche de l’ADSL, nos connexions Haut-débit alternatives par satellite ou par radio permettent de profiter tout de suite et confortablement des ressources de l’Internet. Comment se différencie Nordnet des autres opérateurs Internet ? L’écoute et l’accompagnement de nos utilisateurs et de nos prospects est au cœur de notre réussite : les équipes de Nordnet se mobilisent sur le terrain pour répondre à leurs exigences. Aujourd’hui, les foyers comme les entreprises souhaitent disposer d’un accès Internet rapide, quelle que soit leur localisation géographique. Nous avons donc fait évoluer notre gamme Internet Satellite pour apporter toujours plus de

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vitesse et de confort : depuis 2008, les débits ont été multipliés par 10 (jusqu’à 22Mb/s en réception et jusqu’à 6 Mb/s en émission) et nos offres répondent à des usages soutenus. Nous avons également une approche globale des problématiques du web. Au-delà de notre activité de Fournisseur d’Accès Internet, nous voulons aussi offrir une expérience positive du web. Nous proposons ainsi des logiciels de sécurité et une gamme de solutions pour que les professionnels puissent assurer leur visibilité sur Internet. Les technologies satellite et radio sont-elles adaptées à l’utilisation croissante d’objets connectés ? Oui ! Avec ces deux technologies, l’utilisateur bénéficie d’un accès HautDébit dont les performances sont tout à fait adaptées pour supporter l’utilisation quotidienne d’objets connectés, de solutions domotique, de télésurveillance… D’ailleurs, pour répondre à la demande croissante des particuliers et des entreprises, nous souhaitons renforcer notre réseau de partenaires installateurs ou distributeurs partout en France. Pour découvrir tous avantages de notre programme de partenariat et en savoir plus sur nos offres, il suffit de composer le 3420 (appel non surtaxé), le numéro unique pour joindre toutes les équipes de Nordnet !


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Smarthome électricien 61  

Distribution : Comptoirs Outiz, et de 8 en Île-de-France ! Formation : Le BTS Cira revu pour l’industrie du futur Distribution : Bilan de...

Smarthome électricien 61  

Distribution : Comptoirs Outiz, et de 8 en Île-de-France ! Formation : Le BTS Cira revu pour l’industrie du futur Distribution : Bilan de...

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