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Rédacteur : MANISH CHAND Directeur artistique : SHAJAN C. KUMAR Couverture : MITHUN MUKHERJEE Graphistes : ASHoK KUMAR KUlDEEp MAlKoTI VEERpAl SINgH RAwAT INDERJEET Rédacteur photo : RAJESH THAKUR Recherche : NAZIA JAFRI ADITI pANCHolI Concept, contenu, conception et production : IANS pUBlISHINg www.ianspublishing.com Publié par : IANS pUBlISHINg Commandité par :

public Diplomacy Division Ministère des affaires étrangères www.indiandiplomacy.in Imprimé par : printek grafix, 148-D, pocket-F, gTB Enclave, Delhi - 110093 © IANS India pvt. ltd., 2011 photographies par : IANS photos, AFp, Corbis, Dinodia, getty, Imagesbazaar, Reuters, Indian missions in Africa les photographies et les textes ne peuvent être repris sans l'autorisation de l’éditeur. les opinions exprimées par les auteurs leur appartiennent et ne sont pas représentatives du point de vue du gouvernement indien.


Deux milliards de rêves… Célébration de l’amitié Inde-Afrique


contents

06 une Poignée de main à travers L’océan manmohan singh

Premier ministre de l’inde

meles Zenawi

Premier ministre de l’éthiopie

14

30

42

54

66

82

96

un modèLe de cooPération sud-sud

un accéLérateur du renouveau africain

Pour un nouveL ordre gLobaL

L’afrique et ses miLLiards de visages

Partager Le rêve africain

Jean Ping

John kufuor

sous-secrétaire général des nations-unies et conseiller spécial aux nations-unies pour l’afrique

tecHnoLogie, aadHaar et PotentieL Pour L’afrique

L’e-network Panafricain : un modèLe de resPonsa biLité sociaLe

directeur de la commission de l’union africaine

ex-président du ghana

cheick sidi diarra

nandan nilekani

directeur de l’autorité indien chargée d’identification unique

vijay mahajan

détenteur de la chaire John P. Harbin en affaires à la mccombs school of business, université du texas

Professor bingu wa mutharika Président du malawi

a.P.J. abdul kalam

ex-président indien


110 120 136 152 164 180 196 Le déveL oPPement des ressources Humaines : La métHode de L’itec

Le continent du futur

manish chand

directeur et Pdg du groupe bharti enterprises

Le rédacteur supérieur, ians et rédacteur pour africa quarterly

ratan tata

directeur de tata sons

sunil bharti mittal

sanjay kirloskar administrateur de kirloskar brothers

un Partenariat Pour La sécurité aLimentaire renu modi

maître de conférence au centre pour les études africaines, université de mumbai

forger un nouveau Partenarait Pour La sécurité

gandHi et L’afrique : un diaLogue d’idées

une Histoire commune, des cuLtures convergentes

Par le lieutenant général (retraité) rajender singh

ahmed kathrada

Politicien sud-africain et vétéran de l’activisme anti-apartheid

neeti sethi bose et fakir Hassen

ancien commandant de forces armées pour les missions des nations-unies en éthiopie et en érythrée

La route à Parcourir : Le siècLe de L’inde et afrique


Une poignée de main à travers l’océan ManmohanSingh premier ministre indien de l’inde

MelesZenawi premier ministre de l’éthiopie


lR;eso t;rs

avant-propos

Un temps de renoUvellement le partenariat inde-afrique se fonde sur des fondations historiques fermes. au fil des décennies, il s’est développé jusqu’à devenir l’un des partenariats les plus productifs et durables et est adapté à l’interdépendance croissante entre les nations qui définit ce 21ème siècle. nos expériences historiques similaires ont engendré une vision du monde commune. la compréhension et la sensibilité aux forces, aux exigences et aux contraintes de l’autre apportent à notre partenariat une force et une résilience durables. pour le peuple indien, l’afrique est la terre de l’éveil du père de la nation, mahatma gandhi. au milieu du siècle dernier, à une décennie de différence, l’inde et l’afrique se sont toutes deux affranchies du joug colonial après une longue et douloureuse lutte. à cette époque, lorsque nous franchissions les premières étapes de notre avancée socio-économique, nous nous cotoyions. nos preuves d’empathie et de coopération sont, depuis, visibles dans notre coopération lors de nombreux forum globaux qui se sont déroulés ces dernières décennies. l’inde est aujourd’hui sur la voie d’une croissance économique rapide. l’afrique connaît quant-à-elle une renaissance robuste. certaines des économies à la croissance la plus rapide sont en afrique. l’afrique est dotée d’une population jeune et dynamique. ceci est complémenté par une classe dirigeante visionnaire qui se hâte de voir se réaliser le vrai potentiel du continent. nos deux populations désirent une vie meilleure et plus saine. de nouvelles opportunités de coopération nous tendent par conséquent la main. il est temps pour l’inde et l’afrique de renouveler et de réaffirmer leurs liens amicaux de longue date afin de répondre aux aspirations de leurs peuples. Je suis heureux de constater que le haut niveau d’engagement politique des deux côtés de la coopération inde-afrique est soutenu de manière appropriée par nos entrepreneurs, nos

Des dirigeants indiens et africains avec des artistes après un programme culturel à Rashtrapati Bhavan pendant le premier sommet Inde-Afrique à New-Delhi, en avril 2008.

universitaires, nos écricains et nos médias. l’inde et l’afrique sont dôtés d’un énorme vivier d’hommes d’affaires immensément talentueux guidé par un esprit entrepreunarial remarquable. ils méritent entièrement notre soutien et nos directives afin de récolter des opportunités commerciales et des opportunités d’investissement. nous avons beaucoup à apprendre, l’un et l’autre, de nos expériences développementales. l’engagement de l’inde envers l’afrique est marqué par une forte focalisation sur le développement des ressources. en dehors de sa contribution dans le développement des ressources humaines et dans le renforcement des institutions dans de nombreux pays africains, la coopération inde-afrique vise aussi à faciliter une coopération plus forte entre les pays africains. nos intérêts communs nous aident à faire face aux problèmes globaux ensemble. la pauvreté, la famine et la maladie sont nos plus grands défis. en tant que partie intégrante de notre coopération sud-sud, nous devons regrouper nos connaissances et notre sagesse afin de relever ces défis globaux. ces défis incluent la protection de l’environnement, le développement de sources énergétiques alternatives et renouvelables, la menace du terrorisme et de l’extrémisme et la mise en place d’un ordre international démocratique, équitable et juste. la montée de l’inde et de l’afrique est en train d’ouvrir de nouvelles fenêtres pour notre collaboration. en travaillant main dans la main, l’inde et l’afrique peuvent contribuer mutuellement à leur bien-être et à leur prospérité et, par là, à la paix, à la stabilité et au développement global. le sommet inde-afrique offre une plateforme idéale pour réaliser ces objectifs. ensemble, avec nos partenaires africains, nous travaillerons à cette réussite.

manmohan singh premier ministre de l’inde


l’inde, plUs importante qUe Jamais MelesZenawi l’inde a toujours compté pour l’afrique. l’inde a toujours soutenu en principe et de manière résolue l’afrique dans sa lutte contre le colonialisme. elle a été le leader du mouvement des non-alignés et de la lutte des pays en développement pour établir un ordre mondial plus équitable. depuis son indépendance, l’inde a soutenu les efforts de développement de l’afrique, en particulier dans le domaine de l’éducation. la question qui se pose ici n’est pas pourquoi l’inde est importante pour l’afrique mais bien pourquoi l’inde est maintenant plus importante que jamais pour l’afrique. l’inde est actuellement plus importante que jamais pour l’afrique car elle détient de nos jours des moyens incomparables pour apporter son soutien économique à l’afrique et car l’afrique elle-même est en progrès après des décennies de marasme. depuis le début des années 1990, l’inde a atteint un taux de croissance spectaculaire. ceci a accru les moyens à sa disposition afin de venir en aide à son amie de longue date qu’est l’afrique. l’inde a des histoires de succès à partager avec l’afrique. l’afrique, de son côté, est mieux placée que jamais pour profiter de cette assistance amicale. Bien que l’inde ait réalisé des progrès prodigieux depuis son indépendance, et particulièrement lors de ces deux dernières décennies, elle ne s’est pas encore libérée de la pauvreté. l’inde pourrait employer chaque roupie qu’elle

(En haut) L’Inde et l’Afrique sont le foyer d’une population jeune impressionante. (En bas) De jeunes parlementaires africains lors d’une visite à New Delhi, Inde.


(En haut) Des étudiants dans une bibliothèque de l’université du Botswana à Gaborone. (À droite) Une femme qui vient de voter à Abidjan, Côte d’Ivoire.


gagne à lutter contre sa pauvreté et pourtant elle a choisi de partager ses ressources avec l’afrique. ceci est une preuve, si on nous la demande, du fait que le soutien de l’inde n’est pas une question de philanthropie d’un pays riche mais l’expression d’une solidarité humaine entre les peuples amicaux, une solidarité sans précédent dans l’histoire des coopérations développementales. tenant à sa philosophie nationale fondamentale, l’inde n’a jamais essayé de s’imposer sur l’afrique ou de lui donner des leçons. toute l’assistance fournie par l’inde manifeste le respect pour l’afrique et ses choix indépendants. ceci est également un reflet de la profondeur de l’esprit de solidarité entre l’inde et l’afrique sans précédent dans l’histoire des coopérations développementales. l’afrique a besoin d’investissements massifs en infrastructures car ces contraintes liées à l’infrastructure empêchent largement le développement dans le continent. l’afrique a besoin de créer une main d’œuvre éduquée et qualifiée. enfin et surtout, l’afrique a besoin d’un grand nombre d’investissements étrangers directs qu’elle peut se procurer pour développer son économie, en particulier dans les secteurs agricole et secondaire. l’inde est très bien placée pour avancer une telle assistance. les entreprises indiennes ont acquiert de l’expérience dans ces domaines grâce à d’importants investissements dans les infrastructures

mises en place dans le pays. soutenues par le gouvernement de l’inde, ces entreprises peuvent aider l’afrique à pallier à ses manques d’infrastructure de manière significative. l’inde a toujours contribué à l’éducation et à la formation en afrique et cette contribution peut s’intensifier. les entreprises indiennes, dont plusieurs entretiennent des relations de longue date avec l’afrique et savent fonctionner dans des environnements économiques imparfaits, peuvent doubler leurs investissements dans le continent. en bref, l’inde a toutes les capacités de jouer un rôle encore plus grand dans le renouveau et la renaissance de notre continent. c’est pourquoi l’inde est importante, plus que jamais, pour nous les africains. l’éthiopie a été la première à en bénéficier et est un acteur important dans la coopération indo-africaine. le gouvernement de l’inde nous a prêté plus de 700 millions de dollars à condition de faveur afin de soutenir plusieurs projets mis en place dans notre continent. en plus, un certain nombre d’entreprises indiennes sont également impliqués dans des projets d’infrastructure dans notre pays. des milliers d’éthiopiens sont éduqués par des professeurs indiens en inde ainsi qu’en éthiopie. des investissements valant de milliards de dollars sont en train d’être attribués par des entreprises indiennes en éthiopie. c’est pourquoi l’inde est plus importante que jamais pour nous en tant qu’africains ainsi qu’éthiopiens.


(En haut) Des délégués de pays en développement au Tadj Mahal, à Agra, après avoir participé à la conférence Inde-PMA, à New Delhi. (En haut, à droite) Des étudiants nigériens en compétition pour une bourse à l’institut national pour les technologies de l’information, Lagos. (En dessous, à droite) Centre ville d’Addis Abada, en Éthiopie, durant l’heure de pointe.


Un modèle de coopération sUd-sUd Jean Ping directeur de la commission de l’Union africaine


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aujourd’hui, cette renaissance n’est plus un mirage ou un mouvement de mode. le travail de fond pour le changement a été effectué en partie et les conditions existent maintenant pour que le processus s’améliore ; à travers la réalisation d’une idée tirée d’un rêve et transposée en une feuille de route pratique pour l’accélération de cette marche. l’afrique se développe et s’implique plus profondément dans les affaires globales

(En haut) L’uniforme d’écolier au Botswana. Le pays a réalisé de grandes avancée dans l’éducation depuis son indépendance en 1996. (À droite) Le monument de la Renaissance africaine. La statue de 49 m de haut est placée au sommet de l’une des collines jumelles appelées Collines des Mamelles, en dehors de Dakar, au Sénégal, et surplombant l’océan Atlantique.

Un modèle de coopération sUd-sUd

l

a renaissance de l’afrique n’est pas une nouvelle invention du tout. elle vient de la profonde lutte bien fondée dans laquelle les africains se sont engagés afin de s’affirmer et de se libérer des chaînes de la servitude. plus tard, les dirigeants africains comme Kwame nkrumah, Julius nyerere et steve Biko prêchèront le même concept lorsqu’ils propagèrent l’idée d’auto-gestion, de récupération économique, d’indépendance politique et économique, de gouvernance démocratique et de développement. au fil des années, de nombreux autres dirigeants suivirent l’idée que l’afrique devait se lever et établir une identité panafricaine et réclamer sa place parmi les nations du commonwealth. depuis la célèbre réunion de 1995 et qui s’est déroulée à sun city, il a été reconnu que le 21ème siècle devait être le siècle de l’afrique, le siècle de la renaissance africaine et l’ère de la renaissance et du renouveau du continent africain.

aujourd’hui, cette renaissance n’est plus un mirage ou un mouvement à la mode. le travail de fond pour le changement a été en partie effectué et les conditions existent pour que le processus soit amélioré à travers la traduction d’une idée d’un rêve en plan d’action pour accélérer l’implication de l’afrique et sa population dans les affaires globales de l’humanité. en effet, le processus continental de libération totale du colonialisme a été réalisé avec l’abolition de l’apartheid ; le monde a été grandement marqué par de grands changements, en particulier par la globalisation et la multipolarité. l’afrique de nos jours, qui se vante de ses nouveaux dirigeants, nouvelles aspirations et sa nouvelle détermination, poursuit un processus irréversible d’intégration et de développement fondé sur une identité africaine commune. la transformation de l’organisation de l’Union africaine (oUa) en Union africaine (Ua) a marqué le


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l’afrique, qui aujourd’hui se vante de nouvelles aspirations, d’une nouvelle détermination et d’une nouvelle gouvernance poursuit un processus irréversible d’intégration et de développement qui prend source dans une identité africaine commune. la transformation de l’organisation de l’unité africaine (oUa) en Union africaine a marqué le début de ce changement

(À droite) Élection de la nouvelle Miss Soudan, à Juba, sud du Soudan. (Tout à droite) Un centre d’appel à Alger. L’Algérie est en pleine expansion technologique.

Un modèle de coopération sUd-sUd


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Un modèle de coopération sUd-sUd

commencement de cette initiative. depuis dix ans, de nombreuses étapes ont été franchies sur le plan d’action de la gouvernance africaine : l’Union africaine est dotée d’organes comme la commission, le parlement panafricain, la cour de Justice et des droits de l’Homme africain, la commission africaine des droits de l’Homme et le conseil economique, social et culturel.

l’afrique est en train de gagner une importance stratégique et attire l’attention de nombreux partenaires, en particulier, des nouvelles économies comme l’inde

(En haut) Deux filles béninoises. L’Inde est l’un des majeurs partenaires commerciaux du Bénin.

de plus, la commission de l’union africaine est en train de mettre en place un plan quatriennal vital dans le but de bâtir un continent intégré. ceci est le plan stratégique 2009-2012, qui est essentiellement le cadre de la commission articulé autour de quatre piliers majeurs : paix et sécurité, intégration-développement et coopération, partage des valeurs et développement des aptitudes humaines et institutionnelles. de grands progrès ont été réalisés dans tous ces domaines. dans le domaine de la paix et sécurité par exemple, l’Ua a maintenant une infrastructure continentale pour la paix et la sécurité dont la clef de voûte est le conseil de paix et sécurité, comme le conseil de sécurité des nations Unies, l’organe clé pour la paix globale et le maintien de la sécurité. nous avons de plus, le système continental d’alerte précoce et la force de secours africaine. cette force de secours africaine (aFs) est composée de cinq brigades régionales multidimensionnelles, y compris les contingents de secours multidisciplinaires avec des composantes civiles et militaires, qui est prête pour un déploiement rapide en cas d’alerte. la structure de cette architecture, ses objectifs, ses principes, sa composition et ses modes d’opération confirment la résolution des dirigeants africains d’agir indépendamment et prendre leurs

destins en main, en particulier dans le domaine de la gestion des conflits. il a été relevé que l’Ua déploie des forces de maintien de la paix régulièrement dans les zones de conflit. dans le domaine de l’intégration, du développement et de la coopération, ces dernières années ont connu un progrès tangible réalisé par de nombreux pays africains dans la réforme de leurs économies et la mise en place des conditions préalables à une croissance équitable et à une atténuation de la pauvreté. cela prouve la volonté des dirigeants africains de débarasser l’afrique du sousdéveloppement. en fait, ces améliorations ont permis à l’afrique d’éviter la récession durant la crise globale de 2009. ces preuves fournissent de nouveaux espoirs et présentent un regain, qui est alimenté de la forte croissance du continent, d’une demande globale des denrées que l’afrique détient en abondance et d’un niveau sans précédent d’investissements étrangers. selon un article « the african renaissance is under way », de the times publié le 22 mars 2011, « l’afrique est en mouvement et un milliard de population travailleur ainsi qu’agressif, est en train de changer le visage d’une vaste région, une région qui pourrait loger non seulement la chine et l’europe, l’inde et les etats-Unis, mais aussi l’argentine et la nouvelle Zélande ». il est maintenant reconnu que l’afrique est en train de gagner une importance stratégique et donc, attire l’attention de nombreux partenaires, en particulier, en provenance des nouvelles économies émergentes au niveau internationale comme l’inde, qui sont de plus en plus en train de manifester leur intérêt vers une


(En haut) Point Dolores, île de Bioko, Guinée équatoriale. (À droite) Des hommes de chantier sur un pont autoroutier à Malabo, Guinée équatoriale. (Tout à droite) Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Président de la Guinée équatoriale et Directeur de l’Union africaine.


(À droite) Des dirigeants asiatiques et africains au jubilé d’or de la Conférence Asie-Afrique de 1955 à Bandung, Indonésie, en 2005. La conférence a rajeuni l’esprit de la solidarite afro-asiatique. (Tout à droite) L’ex-président de l’Afrique du sud Nelson Mandela reçoit le prix international Gandhi pour la paix des mains du président indien, K.R. Narayanan à Rashtrapati Bhavan, à New Delhi, le 16 mars 2001, pendant que l’ex-premier ministre, Atal Bihari Vajpayee le regarde.


(Tout à gauche) Jawaharlal Nehru, le premier premier ministre indien, avec Gamal Abdel Nasser, Président d’Égypte et Josip Broz Tito, président de l’ex-Yougoslavie, lors du sommet du mouvement des non-alignées à Belgrade en 1961. (À gauche) Des dirigeants africains et asiatiques au sommet du mouvement des non-alignés en 1956 sur l’île Brioni, en ex-Yougoslavie.


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Un modèle de coopération sUd-sUd

coopération avec le continent, dans des partenariats dont ils seront mutuellement bénéficiaires.

l’afrique et l’inde doivent saisir les nouvelles opportunités pour bâtir un partenariat qui puisse servir de modèle de coopération sud-sud

(En haut) Un mécanicien travaillant dans une usine automobile à Harare, Zimbabwe. (À droite) Melrose Square, la nuit, Johannesburg.

l’afrique et l’inde sont liées par leur histoire, géographie, économie et culture. elles ont entretenu des siècles de relations amicales l’une avec l’autre, et ont un héritage commun dans la lutte contre le colonialisme, l’impérialisme et la marginalisation dans les systèmes globaux politiques et économiques. ensemble, ils comptent pour la moitié de la population totale du monde. l’inde est rapidement en train de devenir une puissance économique globale majeure, qui puise sa force de son énorme marché domestique, du développement de son capital humain, et de l’avancée de la sciences et la technologie. l’afrique, qui est un proche voisin de l’inde, est largement considérée comme étant la prochaine et peut-être la dernière frontière sur laquelle les potentiels de développement sont encore à exploiter. c’est le continent qui est doté des plus riches ressources naturelles qui sont grandement demandées par de nombreuses puissances économiques afin de subvenir à leur croissance et à leur prospérité. À travers des réformes politiques et économiques, un environnement favorable est en train de se créer pour les flux commerciaux et d’investissements alors que le processus de création d’un marché panafricain intégré d’environ 1 milliard de personnes est en train de s’accélérer. l’afrique et l’inde ont besoin de profiter de leur proximité et de saisir les opportunités émergentes des deux côtés afin de bâtir un partenariat, qui puisse servir de modèle de coopération sud-sud, et « livrer des valeurs » à leurs populations respectives.

pour faire face à ces défis de développement au 21ème siècle, l’afrique cherche à améliorer sa participation dans le système global de l’économie et commerce par une diversification économique et une réduction de la dépendance énorme sur les économies des partenaires traditionnels du nord. c’est pourquoi l’Ua a accordé une haute priorité au développement de partenariats stratégiques de l’afrique avec les puissances émergentes du sud, y compris l’inde. À cet égard, en janvier 2007, le conseil exécutif de l’Ua a adopté un cadre pour l’établissement et la mise en opération des partenariats entre l’afrique et les puissances émergentes du sud. selon le plan, les partenariats doivent être fondés sur le co-développement et les bénéfices mutuels et doivent être qualitativement différents de ceux, qui existent déjà entre l’afrique et les partenaires traditionnels du nord. les buts de ces partenariats comprennent l’accélération de l’industrialisation, le développement des infrastructures, le développement de l’agriculture, le développement du capital humain, le développement et l’acquisition de la technologie et connaissance, le développement du secteur des services modernes et l’amélioration de l’accès au marché. Je suis fier de vous annoncer que ces priorités ont été prises en compte dans le cadre de la coopération du sommet forum inde-afrique 2008 qui s’est tenu à delhi. dans le cadre de ce projet, un programme pour le développement des ressources humaines en afrique se réalise conjointement. les initiatives de ce programme parmi les autres, incluent la mise en place des centres tVet (technical and Vocational education training – Formation technique et


l’afrique n’eut pas à attendre la pleine récupération des marchés traditionnels. le commerce et les relations économiques en pleine croissance entre l’afrique et l’inde ainsi que les autres puissances émergentes du sud, qui ont permis à l’afrique de revenir rapidement sur la voie d’une croissance économique stable

(À gauche) Manutention d’une cargaison dans le port d’Abidjan, Côte d’Ivoire.


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étant donné la proximité de l’inde et de l’afrique et la complémentarité croissante de leurs économies, de nombreux échanges commerciaux et investissements potentiels sont encore à développer. ceci est un défi que le partenariat inde-afrique se doit de relever

(En haut) Heure de pointe à proximité de la cathédrale de l’Église du Christ, Lagos, Nigéria. (À gauche) Centre-ville de Maputo, Mozambique.

Un modèle de coopération sUd-sUd

professionnelle) dans 10 pays africains : la création de quatre pôles d’excellence afrique-inde (instituts pour le diamant, les affaires étrangères, l’information et la technologie et planning et administration d’education) ; le renforcement de trois institutions africaines pour la recherche scientifique ; et une assistance dans la mise en place des cours boursiers panafricains. de plus, l’inde a accepté de contribuer au développement des ressources humaines de l’afrique à travers des formations spécialisées dans des secteurs essentiels comme l’agriculture et les petites et moyennes entreprises. il est particulièrement important de noter l’implication de l’inde dans la démocratisation des composantes régionales dans le cadre de la coopération afrique-inde. Je voudrais féliciter l’inde pour ces prouesses dans la coopération. Je peux dire sans aucun doute que si les activités et les initiatives convenues sont effectivement mises en pratique, elles créeront des débouchés et apporteront de la valeur aux populations de l’inde et de l’afrique. l’expérience de l’afrique lors de la récente crise économique et financière a justifié les hautes priorités que l’afrique a mandaté sur le développement de partenariats avec les puissances émergentes du sud. Bien que la crise globale n’ait été la faute de l’afrique, la croissance spectaculaire de l’afrique d’environ 6 pour cent par an depuis le début des années 2000 a diminué de moins de 2 pour cent en 2009. la bonne nouvelle est que contrairement aux crises précédentes, l’afrique n’a pas eu à attendre la pleine

récupération dans les marchés traditionnels. le commerce et les relations économiques en pleine croissance entre l’afrique et l’inde ainsi que les autres puissances émergentes du sud, qui ont continué à augmenter rapidement en plein milieu de la crise, ont permis à l’afrique de revenir rapidement sur la voie d’une croissance économique stable. étant donné la proximité de l’inde et de l’afrique et la complémentarité croissante de leur économie, de nombreux échanges commerciaux et investissemens potentiels sont encore à développer. ceci est un défi auquel le partenariat indeafrique doit apporter son aide. l’afrique attache beaucoup d’importance à l’augmentation de sa responsabilité, et à l’amélioration de la structure du commerce global en tant que moyen de réduire sa dépendance envers les aides pour atteindre un développement et une croissance économique rapide. c’est à cet égard que je souhaite exprimer la gratitude de la part de l’Union africaine au gouvernement indien pour les tarifs préférentiels hors taxe accordés aux 33 pays africains. À ce jour, 19 pays africains ont accédé à cette initiative. Je voudrais appeler les 14 pays restants à profiter pleinement de cette initiative. Je voudrais conclure avec une note d’optimisme pour le futur du partenariat inde-afrique. Je ne doute pas que l’afrique et l’inde soient capables de bâtir un partenariat qui puisse servir d’un modèle de coopération sud-sud. ceci est plus que réalisable.


Un accélérateUr dU renoUveaU africain John Kufuor ex-président du Ghana


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la vivification des relations inde-afrique détient le potentiel pour créer une nouvelle plateforme de dialogue sud-sud et un partenariat dont les bénéfices seront mutuels et qui pourra améliorer les perspectives développementales à la fois en inde et en afrique

(En haut) Centre commercial à Dakar, Sénégal. (À droite) Des informaticiens dans une entreprise informatique en Inde.

Un accélérateUr dU renoUveaU africain

l

es deux dernières décennies ont connu une reprise des relations entre l'inde et l'afrique. la réputation de l'inde en tant que nouveau centre technologique et commercial en asie a attiré nombre de dirigeants africains dans le souscontinent. la croissance économique de l'inde facilite une nouvelle phase d'engagement sud-sud, en particulier concernant sa relation de longue date avec ses « voisins proches » en afrique. la reprise des relations inde-afrique détient le potentiel pour créer une nouvelle plateforme de dialogue sud-sud et un partenariat de bénéfices mutuels, qui peuvent améliorer la trajectoire du développement en afrique et en inde. les relations entre l’inde et l'afrique datent de quelques siècles et évoquent un passé où les marchands indiens effectuaient du commerce le long du littoral de l’est du continent africain. durant cette période là, il y eut beaucoup de commerce et de migration entre le sous-continent-indien et l’afrique. après

l’abolition de l’esclavage au 19ème siècle, des milliers d’indiens furent recrutés pour travailler dans le sud et l'est de l'afrique, et qui ont donné naissance à l’installation des communautés indiennes très énergiques en afrique. au fil des années, ces communautés ont contribué significativement au développement social, économique et politique du continent. l’un des liens les plus importants entre l'inde et l'afrique est le père de la nation indienne, Mohandas K. Gandhi, plus connu sous le nom de Mahatma. Sa carrière politique commença sur le continent africain, en afrique du sud, où il demeura de 1893 à 1914 et devint personnellement impliqué dans le mouvement anti-colonialiste de l’afrique du sud et la lutte pour les droits civils. c’est durant ces luttes qu’il developpa son approche caractéristique de « satyagraha », ou de résistance nonviolente à la tyrannie, une approche qui mena l'inde à son indépendance en 1947. l’ex-président de l’afrique du sud,


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Un accélérateUr dU renoUveaU africain

nelson Mandela, remarqua à juste titre « vous nous avez donné Gandhi et nous vous avons donné Mahatma ». l’indépendance de l’inde a été une inspiration pour l'afrique, qui était encore liée par les chaînes du colonialisme en ce temps. les soldats de l'indépendance africaine étaient motivés par l'approche et la philosophie de Gandhi et ces dernières motivèrent les dirigeants comme Kwame nkrumal du Ghana, Julius nyerere de tanzanie et Kenneth Kaunda de Zambie dans leurs propres campagnes nationales de libération.

le charismatique premier premier ministre indien, Jawaharlal nehru, consolida la relation indo-africaine et lui donna une structure politique dans sa quête pour la libération de toutes les nations sous le joug colonial

(En haut) Jawaharlal Nehru, le premier premier ministre indien reçu par Abubakar Tafawa Balewa, alors premier ministre du Nigéria, à l’aéroport du Lagos en 1962. (À gauche) Victoria Harbour à Mahe, Seychelles.

les associations régionales sud-sud, comme le G77, connaissent une revigoration. les accords bilatéraux ainsi que les liens diplomatiques sont en train de prospérer. en tant qu’acteur global, en tant que l’un des deux « dirigeants asiatiques » dans BricS (Brésil, russie, inde, chine et afrique du sud), en tant qu'acteur clé de G77 et membre de G20, et en tant que voix importante dans le centre d’affaires internationale (cai), l'inde a un rôle potentiellement important à jouer dans la reprise de l'afrique. de nombreux pays du sud, en particulier de l’afrique, sont en train de regarder l’inde afin d’utiliser sa position privilégiée dans l’économie globale pour recommander et protéger leurs intérêts dans différents forums comme le G20 et cai.

le charismatique premier ministre indien, Jawaharlal nehru, consolida la relation indo-africaine et lui donna une structure politique dans sa quête pour la libération de toutes les nations sous la domination coloniale. Sous son mandat, l’inde soutint les mouvements nationaux de libération africains très généreusement financièrement et politiquement. le rôle prédominant de nehru dans l’organisation de la première conférence asie-afrique, avec Zhou enlai de chine, Gamal abdel nasser d’égypte, nkrumah du Ghana, Sukarno d’indonésie et Ho chi Minh du vietnam pava premièrement la route pour le mouvement des non-alignés en 1955, et plus tard pour le groupe des 77 (G77) en 1964.

l’inde a l’avantage d’être à la fois une nation développée et en voie de développement (dans les différents aspects) et peut par conséquent, agir comme une nation reliant les pays développés et en voie de développement. en tant qu'un ancien ami de l'afrique, l'inde peut exploiter ses liens avec les pays développé et en voie de développement afin de donner l'avantage à l'afrique en concluant un partenariat avec les africains pour améliorer leur économie, leur secteur privé et leurs ressources humaines.

l’engagement politique de l’inde envers les pays non-alignés et son emphase sur la coopération sud-sud le placèrent en bonne position pour prendre des engagements à travers le continent et pour forger de nouveaux liens, comme cela s’est déroulé ces dernières années.

les relations économiques entre l’inde et l’afrique sont rapidement en hausse et semblent prêtes à bourgeonner dans les prochaines années. le commerce entre l'inde et les nations africaines s’accroît de 3,39 milliards de dollars en 2000 à 30 milliards de dollars en 2007, et il est


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Un accélérateUr dU renoUveaU africain

prévu que le commerce bilatéral indeafrique s’augmentera à 150 milliards de dollars en 2012. les relations commerciales sont prémordiales dans la solidification des liens inde-afrique. les liens commerciaux sont plus renforcés par des initiatives comme le programme focus on africa, qui promeut un environnement riche en potentiel pour les entreprises indiennes faisant des affaires dans les nations africaines.

l’agriculture et la sécurité alimentaire sont deux domaines dans lesquels les connaissances et l’expérience indienne sont vitales pour l’afrique. le succès de la révolution verte en inde permit à une nation fortement peuplée de réaliser la sécurité alimentaire et les nations africaines ont beaucoup à apprendre à cet égard car la sécurité alimentaire constitue encore un barrage pour de nombreux pays du continent

Taj Cape Town, appartenant au groupe Tata, la plus grande société indienne. (À droite) Bord de mer à Luanda. L’Angola est l’un des plus gros producteurs de pétrole en Afrique.

il existe un soutien considérable de la part du gouvernement indien et des gouvernements africains envers ces relations économiques croissantes. ces liens sont cultivés avec attention dans des forums comme le sommet indeafrique. le cadre de coopération inde-afrique a adopté durant le sommet 2008 des promesses visant à élever la portée du partenariat inde-afrique pour défier les structures inégalitaires des puissances économiques, politiques et institutionnelles. l’expansion économique florissante de l'inde en afrique est démontrée par divers portefeuilles d’investissements indiens sur le continent africain : des nombreuses petites entreprises familiales et petites et moyennes entreprises jusqu'aux grands investissements de compagnies indiennes comme tata, essar et Bharti airtel. À travers ces investissements, l’inde et l’afrique sont capables de solidifier leurs relations économiques, et utiliser ces liens pour améliorer les performances économiques d'une large gamme de secteurs. l’afrique peut se servir de l’expertise de l'inde en réalisant une économie de connaissance pour le développement

durable. l'inde n'a pas de précédent dans son expérience, en particulier dans le contexte des sociétés à faible revenu, et est capable d'acheminer cette expérience vers l'afrique. l'agriculture et la sécurité alimentaire sont les autres domaines dans lesquels la connaissance et l'expérience indienne sont vitales pour l'afrique. le succès de la révolution verte en inde a permis à un pays populeux tel que l’inde d’obtenir la suffisance alimentaire. alors, les nations africaines ont beaucoup à apprendre de l'inde dans ces domaines car la suffisance alimentaire est encore un obstacle pour beaucoup de pays sur le continent. internationalement, l’inde est considérée comme une superpuissance informatique. donc, elle peut assister l’afrique en comblant le fossé numérique. l’e-network Panafricain, lancé en juillet 2007 à addis abada, réalise cela en partie en fournissant des infrastructures pour la télé-éducation, la télé-médecine et des réseaux de vidéo-conférence pour les universités, les centres éducatifs et les hôpitaux du continent à travers un réseau de satellites, de fibres optiques et de connexions sans fil. ces denières décennies, l’inde a exploité avec succès ses ressources humaines. ceci est actuellement un défi majeur en afrique et l’inde peut être une source d'apprentissage dans ce domaine. le programme indien de coopération technique et économique (itec) et le programme spécial du commonwealth d’assistance aux pays africains (ScaaP) fournissent une opportunité pour que les africains puissent élever leurs connaissances dans les domaines comme les technologies de l'information et


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Un accélérateUr dU renoUveaU africain

l'informatique, ce qui à son tour apporterait un bénéfice à l'intégralité du continent en garantissant la compétitivité internationale de ses ressortissants. Par son souci de fournir de courts programmes de formation dans des domaines aussi divers que les petites et moyennes industries, les programmes de crédit ruraux, la transformation des aliments, les textiles et l'entrepreunariat des femmes, l'itec fournit aussi le moyen de renforcer le développement du secteur privé, une composante clé de la reprise de l'afrique.

le bâtiment qui fut baptisé Jubilee House à l'origine pour marquer le 50ème anniversaire de l'independance mais qui prit plus tard le nom de flagstaff house se dresse comme un monument marquant l’amitié entre le Ghana et l’inde et est une pièce maîtresse d’ accra

(En haut) Le Flagstaff House, palais présidentiel d’Accra, au Ghana, fut construit grâce à l'aide indienne. (À gauche) Centre d’excellence TIC Ghana-Inde Kofi Annan, Accra.

l’inde a aussi été extrêmement prévoyante dans la création d’initiatives pour soutenir les partenariats entre l’inde et l'afrique pour des bénéfices mutuels. l’approche techno-économique pour le mouvement inde-afrique (teaM 9) est l’un de ces exemples car elle vise a améliorer la sécurité alimentaire, la sécurité sociale, la télécommunication et le transport au travers de la focalisation sur la technologie pour huit pays de l’afrique de l’ouest : le Burkina faso, chad, côte d’ivoire, la Guinée équatorienne, le Ghana, le Guinée-Bissau, le Mali et le Sénégal. l’inde a aussi été particulièrement généreuse lorsqu'elle a accordé son assistance au développement de certains pays africains. l'inde a annulé la dette de cinq pays africains : le Ghana, le Mozambique, la tanzanie, l'Uganda et la Zambie, et la banque eXiM a offert les lignes de crédit pour les institutions dans de pays nombreux africains, y compris l’angola, le djibouti, le Ghana, l’afrique du sud, le Soudan, le togo et la Zambie. l’inde et le Ghana ont un lien particulier

qui fut bâti par le premier président du Ghana, nkrumah et par le premier premier ministre indien nehru. notablement, india House, la résidence du haut commissaire de l'inde est situé en face du flagstaff House, le bureau du président nkrumah, renforçant ainsi la relation particulière entre l’inde et le Ghana. c'est grâce à ce lien que mon administration dans le bâtiment du nouveau palais présidentiel décida de collaborer avec les partenaires indiens. l'inde a offert une assistance technique et financière de grande valeur dans cette co-entreprise, et le partenariat a résulté dans la création d'un édifice architectural particulièrement unique qui englobe la culture et la tradition Ghanéennes. le bâtiment qui fut baptisé Jubilee House à l'origine pour marquer le 50ème anniversaire de l'independance, mais qui prit plus tard le nom de flagstaff House se dresse comme un monument marquant l’amitié entre le Ghana et l’inde, et est une pièce maîtresse de la capitale du pays. l’inde a manifesté son engagement vers l'agenda de développement du Ghana, non seulement en fournissant des prêts et des aides, mais aussi à travers des investissements et des partenariats avec des entreprises ghanéennes dans de nombreux secteurs de l'économie ghanéenne. Par exemple, dans l'agriculture, l'entreprise indienne Hazel Mercantile a investi 45 millions de dollars au Ghana dans le but de cultiver de la pourghère pour le biocombustible. dans le secteur de fabrication, la vieille entreprise indienne Mahindra & Mahindra a effectué un investissement géant en collaboration avec Zoom lion


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Un accélérateUr dU renoUveaU africain

Ghana afin de construire une usine de tracteurs et un centre de transfert de technologie à Kumasi. de même, dans ce secteur, un protocole d'entente a été signé en juillet 2010 entre l'inde et le Ghana afin de bâtir une co-entreprise de production d’engrais de 1,2 milliard de dollars, qui emploierait du gaz pour produire des engrais.

la solidarité de l’inde envers les pays africains comme le Ghana et son respect pour la souveraineté des autres nations renforce progressivement les forces économiques, sociales et politiques en afrique

(En haut) Le ministre des affaires étrangères indien S.M. Krishna (à gauche) avec son homologue Soudanais Ali Ahmed Karti à New Delhi. (À gauche) Un aperçu des locaux Tata Motors à Johannesburg, Afrique du sud.

les secteurs de fabrication et de l’agriculture ne sont pas les seuls au Ghana à avoir bénéficié d’investissements indiens. le secteur informatique du Ghana a aussi profité d’une assistance importante de l’inde. durant ma surveillance en tant que Président, le centre d’excellence Kofi-annan indeafrique pour la technologie de l’information et de la communication a été bâti grâce à une contribution importante du gouvernement indien. le niit, une organisation éducative indienne est en train de développer les ressources humaines de nombreux ghanéens en fournissant de nombreux programmes de formation informatique. concernant le marché des tic, Bharti airtel a constitué Zain avec succès et est entré dans le secteur des télécommunications ghanéennes avec succès. en plus du secteur informatique, le Ghana est en plein essor dans le secteur financier. donc, il attire des investissements indiens. l’une des banques indiennes de prestige, la Bank of Baroda, a établi une filiale au Ghana. le Ghana accueille d’autres investissements en provenance d'organisations financières indiennes. le Ghana et l’inde sont impliqués dans la

réalisation d'un développement durable et équitable. cela souligne l'importance des partenariats entre l'inde et le Ghana dans des domaines, qui auront une influence directe sur ces objectifs. Un développement important dans ce domaine est l'accroissement de la collaboration entre les compagnies pharmaceutiques ghanéennes et indiennes afin de produire des médicaments de qualité et à prix abordable pour le secteur pharmaceutique du Ghana. ces partenariats permettent au Ghana de profiter de la « technologie des trois a » de l’inde (affordable, available, adaptable – abordable, disponible et adaptable), qui est adaptée aux marchés ghanéen. la collaboration entre l’inde et le Ghana dans le projet d’électrification des zones rurales est un autre moyen par lequel les zones marginalisées seront incorporées dans le processus de développement du Ghana. la solidarité de l’inde envers les pays africains comme le Ghana, dans les domaines clés et son respect pour la souveraineté des autres pays renforce les forces progressives économiques, sociales et politiques en afrique. l’intérêt vif vers la ranimation des anciens liens avec l’afrique offre au continent de nouvelles perspectives de croissance et de progrès vers un développement équitable et durable. le défi actuel concerne les dirigeants en afrique et en inde : ils doivent exploiter ces liens de manière à ce que les bénéfices soient mutuels pour leurs pays, leurs secteurs et leurs populations.


POUR UN NOUVEL ORdRE gLObaL Cheick Sidi Diarra Sous-secrétaire général des Nations-Unies et conseiller spécial aux Nations-Unies pour l’afrique


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Les relations entre l’Inde et l’afrique datent de plusieurs siècles. Les commerçants ont traversé l’océan indien au moins depuis le premier siècle et l’expansion des empires européens, en particulier de l’empire britannique, et ont vu les immigrants indiens réinstallés sur la côte est de l’afrique. durant la décolonisation, l’Inde offrit sa solidarité à l’afrique dans sa lutte pour l’indépendance. Cette relation s’est encore renforcée ces dernières années, reflétant ainsi l’interaction économique croissante entre ces deux puissances montantes

(En haut) Ahmed Sekou Toure, ex-président de la Guinée, avec Jawaharlal Nehru, le premier premier ministre indien, à New Delhi, en 1960. (À droite) Une vue du centre de Dar es Salaam, Tanzanie.

POUR UN NOUVEL ORdRE gLObaL

L

’économie globale fait face à des changements spectaculaires et son centre de gravité est en train de se déplacer vers l’est et le sud. La croissance économique du brésil, de la Chine, de l’Inde, de l’afrique du sud, de la Turquie et d’autres économies émergentes ainsi que la reprise de l’afrique sont en train de créer une économie mondiale multipolaire, qui nécessite un rééquilibrage de la structure de gouvernance globale. L’Inde et l’afrique, qui entretiennent de forts liens historiques et des relations politiques et économique très proches, sont deux acteurs principaux qui pourraient modeler le futur de la planète, et elles ne peuvent en profiter que par une collaboration étroite en recommendant un régime de gouvernance global, multilatéral et démocratique. Les relations entre l’Inde et l’afrique datent de plusieurs siècles. Les commerçants ont traversé l’océan indien depuis au moins le premier siècle et l’expansion des empires européens, en particulier l’empire britannique, ont vu les immigrants indiens réinstallés sur la côte est de l’afrique. durant le décolonisation,

l’Inde a offert sa solidarité à l’afrique dans sa lutte pour l’indépendance. ainsi, les relations entre les deux pays se sont approfondies ces dernières années donnant naissance a une interaction économique accroissante entre les deux puissances en plein essor. dans ce nouvel environnement global, les pays africains ont la tâche de mettre le continent sur la voie d’un progrès économique et social durable. La renaissance africaine s’est manifestée par le lancement du nouveau partenariat pour le développement de l’afrique (NEPad) en juillet 2001. Cette vision appartenant à l’afrique et menée par elle, permet aux pays africains de prendre pleinement le contrôle de leur programme de développement, de coopérer plus efficacement avec leurs partenaires internationaux et de réclamer leur place juste dans l’arène globale. Une unité plus forte et une coopération plus étroite ont permis à l’afrique de prendre cette initiative, et ses préoccupations ainsi que ses opinions par conséquence, ont été progressivement prises en considération dans l’agenda global. Ceci a établi une position


(À gauche) Une vue panoramique de Cape Town, Afrique du sud, avec la Montagne de la Table en arrière-plan. (En haut) Un marché animé à Conakry, Guinée.


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POUR UN NOUVEL ORdRE gLObaL

commune sur les réformes des Nations Unies en demandant plus de représentativité du continent et des autres régions au conseil de sécurité, et a établi également une position commune sur le changement climatique ainsi que sur les objectifs du développement dans le millénaire. de plus, une série de partenariats globaux et bilatéraux impliquant le continent ont été établis pour aborder les problèmes de développement et finance.

La coopération entre l’Inde et l’afrique ne se concentre pas uniquement sur le commerce, mais concerne aussi le transfert de technologies et le développement des ressources naturelles et humaines

(En haut) Le premier ministre indien Manmohan Singh avec le président de l’Afrique du sud, Jacob Zuma et sa femme, Ntuli Zuma, aux côtés du président indien, Pratibha Patil, durant la visite de Zuma en Inde en juin 2010. (Au verso) Les ruines du majestueux Temple de Luxor en Égypte.

avec le mouvement de regain de l’afrique, les économies africaines se sont progessivement développées. Le taux de croissance du PIb ont atteint presque 6 pour cent par an durant les 8 premières années du nouveau millénaire, qui est, on dirait, presque le taux de croissance de l’Inde et de la Chine. L’un des aspects clés de la reprise de l’afrique, ce qui est différent du boom pétrolier des années 1970, est l’amélioration dans la stabilité politique, macroéconomique, et dans les réformes structurelles, qui les accompagnent. Ces efforts ont permis aux économies africaines de s’accroître de manière plus saine dans un environnement plus pacifique et sécurisé, une condition préalable pour le développement socio-économique. En conséquence, les économies africaines ont montré la résistance durant la crise économique globale récente, croissant ainsi d’environ 2 pour cent en 2009 et de 5 pour cent en 2010 selon les estimations, se récupérant ainsi, plus vite que l’économie globale. Cette performance est d’autant plus frappante en comparaison des décennies perdues des années 1980 et 1990 durant lesquelles il y a eu une chute de 42,5 pour cent de PIb réel par personne selon certaines estimations. des politiques macroéconomiques prudentes ont aussi permis aux économies africaines de profiter de la combinaison de facteurs externes favorables, y compris le haut prix des

denrées, les investissements étrangers directs, les soutiens durables, l’allégement de la dette et les rentes. Tous ces facteurs peuvent au moins en partie être attribués à la levée des économies émergentes et au dynamisme qu’elles ont apporté à l’économie mondiale. La croissance qui en a résulté en afrique n’est toutefois pas seulement menée par l’exportation de denrées, mais aussi par le développement des services comme le commerce de gros et de détail, les opérations bancaires, les télécommunications, le tourisme et la construction. En raison de ce contexte, la croissance de l’afrique et la montée simultanée de l’Inde, ont mené à une augmentation spectaculaire des relations entre l’afrique et l’Inde. Les exportations indiennes vers l’afrique, qui ne s’élevaient qu’à 1,5 milliards de dollars américains en 1995, ont atteint le pic historique de 45 milliards de dollars en 2010. Malgré l’augmentation des importations indiennes venant d’afrique en particulier ces dernières années, elles restent majoritairement des importations des denrées, et sont aussi bien plus géographiquement concentrées. Le Nigeria, l’afrique du sud, l’Égypte et l’angola comptent pour plus de deux tiers de toutes les importations du continent. La coopération entre l’Inde et l’afrique ne s’est pas uniquement focalisée sur le commerce mais aussi sur le transfert de technologies, le développement des ressources naturelles et humaines. Ce partenariat exemplaire, formalisé par le cadre de coopération Inde-afrique adopté durant le tout premier sommet afrique-Inde à New delhi en 2008, est basé sur le principe des bénéfices mutuels et de la solidarité sud-sud. En faisant face aux mêmes défis, en partageant leur expérience sur l’agriculture et l’industrie, l’éducation, la santé, la pauvreté, la bonne gouvernance et la


(À gauche) La State Bank de Port Louis, Maurice. (En haut) Le premier ministre indien, Manmohan Singh, avec l’ex-président du Brésil, Lula da Silva et le président de l’Afrique du sud, Jacob Zuma, lors du sommet IBSA, à Brasilia, en 2010. (En-dessous) La Piazza Verde de Tripoli, Libye.


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POUR UN NOUVEL ORdRE gLObaL

démocratie, ce partenariat promet d’énormes bénéfices.

La coopération entre l’Inde et l’afrique ne se concentre pas uniquement sur le commerce. Ce partenariat exemplaire, formalisé par le cadre de coopération Inde-afrique adopté durant le tout premier sommet afrique-Inde à New delhi en 2008, se fonde sur le principe des bénéfices mutuels et de la solidarité dans la coopération sud-sud

(En haut) Un train de transport de marchandises dans le désert du Namib. La Namibie souhaite dévenir un centre de transport régional. (À gauche) Front de mer à Alexandrie, Égypte.

aujourd’hui, l’afrique se positionne en tant que partenaire clé dans l’arène globale, son PIb de plus d’un trillion de dollars est à peu près égal à celui du brésil ou de la Russie en 2008. Le continent est maintenant le domicile de plus d’un milliard d’habitants, offrant un grand potentiel de marché grâce au pouvoir d’achat grandissant de ses consommateurs. Les économies africaines offrent de plus grands taux de rendement sur investissement que toute autre région en développement. L’afrique est aussi immensément riche en ressources naturelles, en énergies et en minéraux, et comporte 60 pour cent des terres arables non-cultivées du monde et a une population jeune et dynamique. Le continent offre donc, des perspectives de croissance durables sur le long terme qui pourraient être améliorées par une intégration plus profonde de l’afrique dans l’économie et le système de gouvernance globaux. L’afrique a besoin du monde et le monde à besoin de l’afrique. Pendant ce temps, la levée impressionante des puissance émergentes, y compris l’Inde et d’autres pays à revenu moyen comme l’afrique du sud a transformé l’environnement global, conduisant à un monde multipolaire. Le changement géopolitique de l’influence économique et de la puissance appelle à une gouvernance globale plus large et plus équilibrée. de plus, la récente crise économique et financière globale a donné un nouvel élan pour des réponses plus coordonnées et plus inclusives comme démontré par l’émergence du g20 au niveau international. Le changement climatique est un autre défi lancé par le développement et ne peut être abordé que par des actions à grande échelle et coordonnées au niveau global.

Par conséquent, il est plus important que jamais d’entendre les voix et de prendre en considération les préoccupations de tous les acteurs et membres de la communauté internationale. L’afrique et l’Inde font face aux mêmes obstacles et partagent le même destin. Elles doivent par conséquent, travailler ensemble pour affronter ces défis globaux et améliorer le bien-être de leur population et communautés dans le monde. Cette coopération ne peut être efficace que si elle prend place dans un environnement multilatéral et démocratique et les Nations Unies demeurent la meilleure arène pour poursuivre ces objectifs communs. L’afrique et l’Inde ont déjà pris des initiatives pour participer plus efficacement qu’avant en donnant voix à leurs préoccupations et en influençant les efforts de coordination de la politique économique globale durant les sommets du g20 afin d’aborder les conséquences des crises financières et économiques globales. avec cette entreprise, l’expansion de la coopération sud-sud entre l’afrique et ses partenaires émergents dont l’Inde a contribué à la reprise économique du continent d’une part et a renforcé la position de l’afrique dans le monde d’autre part. L’Inde et les autres pays émergents doivent continuer à diriger le changement de perception à propos du continent africain et le rendre plus attrayant pour les investissements étrangers. dans le contexte de gouvernance globale, l’afrique et l’Inde doivent faire avancer leur coopération afin d’influencer l’agenda international. Leurs intérêts communs leur permettront de s’assurer que les voix et les préoccupations des populations les plus vulnérables sont prises en compte et que la gouvernance globale comporte une vision à long terme du développement durable.


Technologie, AAdhAAr eT poTenTiel pour l’Afrique Nandan Nikelani directeur de l’Autorité indien chargée d’identification unique


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le changement qui est en train de survenir en Afrique rappelle ce que l’inde à traversé dans les années 1980 et 1990 alors qu’elle devenait reconnue comme une force économique. nombre de défis auxquels les nations africaines sont en train de faire face me rapellent ceux que l’inde a rencontré dans ses efforts pour enrayer la forte pauvreté, les maux croissants de l’urbanisation, la création d’emplois et la conception ainsi que la mise en place de programmes sociaux efficaces

(En haut) Des courtiers à Mumbai, Inde. (À droite) Le métro de Delhi, la fierté de la capitale.

Technologie, AAdhAAr eT poTenTiel pour l’Afrique

c

es dernières années, la manière dont tout le monde parle du potentiel de l’Afrique a changé. les dernières 10 années jusqu’à 2010, les six économies a plus forte croissance dans le monde ont été africaines. la croissance dans ces pays a accompagné l’augmentation des marchés plus libéraux et l’émergence d’industries dans les secteurs dominants des ressources naturelles et des biens. le changement qui est en train de survenir en Afrique est un rappel de ce que l’inde a vécu entre les années 1980 et 1990, comme nous devenions reconnus comme une force économique. la majorité des défis auxquels les nations africaines font face me rappellent ceux auxquels l’inde a fait face dans son effort pour enrayer la pauvreté et les maux grandissants de l’urbanisation, la création d’emplois et la construction de programmes efficaces d’aide.

les objectifs du développement Alors que l’inde a traversé ces années de développement, un consensus a pris place dans le pays, disant que nous devions regarder plus loin que la croissance et penser aux impacts du développement sur la réduction de

la pauvreté et sur les objectifs sociaux de la santé, de l’éducation et la construction d’une infrastructure et des institutions. comme l’Afrique fait face à une croissance rapide, elle fait face aux mêmes précoccupations. les pays en développement en Afrique et en Asie font face à des défis uniques concernant le développement. ils voient les taux de croissance, qui sont plus rapides en comparaison de ce que les nations occidentales ont vécu durant les 19 et 20ème siècles, grâce aux bonds des infrastructures et technologies. l’inde, par exemple, est passée directement de l’inexistance du téléphone à l’usage des téléphones mobiles, l’industrie des logiciels a émergé en inde au début des années 1980 pendant que l’inde commençait à enregistrer des taux de croissance du piB impressionnants ; l’urbanisation rapide et une population extrêmement jeune a amené de millions de personnes rurales défavorisées dans les villes a un rythme effrené. ces changements prennent place à une vitesse sans précédent, et même si cela a permis des taux de croissance de 6% dans beaucoup de pays en développement, cette vitesse a aussi


les BAses d’AAdhAAr Aadhar, qu’est-ce que c’est? un outil pour l’autonomisation sociale et l’inclusion, Aadhaar est un numéro à 12 chiffres, qui est délivré à tous les résidents par l’autorité indienne chargée de l’identification unique (uidAi). ce numéro est stocké dans une base de données centrale, et lié à une certaine information démographique et biométrique de base photo, 10 empreintes digitales et l’iris de chaque individu.

pourquoi Aadhaar? pour les candidats, Aadhaar, au fil du temps, sera reconnu et accepté partout dans le pays et deviendra l’identité universelle de base des résidents de tous les services publics et privés. une fois in-

scrits, les fournisseurs de services ne seront plus confrontés au problème de faire et refaire les contrôles « connaissez votre client ». la genèse d’Aadhaar: incapacité de prouver son « identité » est l’un des plus grands obstacles, qui empêchent les pauvres d’accéder à des prestations et des subventions accordées par le gouvernement ou des organismes privés. Aadhaar promet une identité à tous les residents; les enfants, les personnes des capacités différentes, les populations tribales, les travailleurs non syndiqués, les pauvres et les marginalisés peuvent également obtenir une identité unique.

qui peut obtenir Aadhaar: chaque individu, un nourrisson ou une personne âgée, qui est le résident de l’inde, et peut satisfaire le processus de vérification prévus par l’Autorité peut l’obtenir.

est donné à tous qui recherchent l’inscription, avec un numéro d’inscription qui leur permet de faire des recherches par l’un des moyens de communication — téléphone, fax, courrier ou courrier éléctronique.

comment obtenir Aadhaar: le résident doit se rendre au camp le plus proche d’inscription avec certains documents précis pour s’inscrire à Aadhaar. lors de l’inscription, les résidents passeront par le balayage biométrique de 10 empreintes digitales et l’iris. ils seront ensuite photographiés. le nombre « Aadhaar » sera fourni en 20 ou 30 jours.

quelle est l’utilité d’Aadhar le mot Aadhaar veut dire « fondation ». il peut être utilisé dans tout système pour rechercher l’identité d’une personne, qui demande un service. il aidera notamment les prestations des programmes sur l’alimentation et la nutrition, l’emploi, l’éducation, l’inclusion et la sécurité sociale, le soins de santé, et les autres services tels que les transactions immobilières, la carte électorale, carte fiscale et le permis de conduire.

comment suivre l’application Aadhaar: un formulaire imprimé de reconnaissance


(En haut) Le lancement du satellite polaire de l’Indian Space Research Orginasation à partir de la base de Sriharitoka en Andhra Pradesh. (À gauche) Une vue de Bengaluru, le centre technologique de l’Inde, de nuit.


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Technologie, AAdhAAr eT poTenTiel pour l’Afrique

mis les gouvernements au défi de garantir à leurs citoyens, en particulier les défavorisés, l’assistance nécessaire à leur participation dans ce développement, d’assurer qu’ils ne sont pas laissés derrière. le rythme de la croissance signifie que les pays d’Asie et maintenant d’Afrique, doivent mettre en place des solutions innovantes pour satisfaire les demandes de leurs classes moyennes à grande expansion et aux millions de travailleurs aspirants et hautement mobiles.

les solutions que l’inde à adopté pour faire face aux défis de sa trajectoire de croissance ont souvent comme moteur puissant la technologie. la connectivité des télécommunications a amené l’accès aux téléphones mobiles à des millions d’indiens ordinaires, reliant ainsi les habitant de l’inde rurale aux marchés nationaux et globaux

(En haut) Les agriculteurs indiens prennent part à une initiative d’e-gouvernance grâce à une console du panchayat, le conseil du village. (À droite) Une vue de l’ultra moderne Terminal 3 de l’aéroport international Indira Gandhi de New Delhi.

Allier la technologie au développement les solutions que l’inde a adopté pour faire face aux défis de sa trajectoire de croissance ont souvent comme pièce maîtresse, la technologie. la connectivité de la télécommunication a amené l’accès au téléphone mobile à des millions d’indiens ordinaires et ceci est devenu l’infrastrucuture, qui connecte les personnes de l’inde rurale aux marchés globaux. de plus en plus, cette infrastructure de téléphones mobiles est aussi employées dans les programmes gouvernementaux pour envoyer des alertes et des informations aux bénéficiaires des programmes sociaux sur la livraison de nourriture subventionnée et les paiements de salaires et d’aide sur les comptes bancaires. l’usage des technologies de l’information s’est aussi faite sentir dans le déploiement de cartes à puce (smart cards) dans les programmes sociaux comme le rashtriya swasthya Bima Yojana, le programme de sécurité sociale, qui fournit une couverture médicale aux personnes pauvres. ceci a montré la manière de diffuser plus grandement l’usage des technologies pour une meilleure gouvernance et le projet qui a émergé de cet effort : le projet de numéro d’identification unique - l’initiative Aadhaar. l’Aadhar se traduit par "fondation" dans plusieurs langues indiennes et le numéro Aadhaar est censé servir comme une fondation pour permettre une meilleure gouvernance plus large, et une service, qui couvre tout le pays.

l’initiative Aadhaar, qui inscrira environ 600 millions de personnes en 2014, attribuera un numéro d’identification unique à chaque résident indien et ce numéro est lié aux informations démographiques et biométriques uniques de chaque individu. l’information démographique rassemblée lors de l’enregistrement des résidents pour le numéro est l’information d’identification de base - nom, âge, genre, adresse présente/permanente, les informations biométriques collectées sont une photographie de la personne, les empreintes digitales et les images d’iris. en rassemblant de telles informations, le projet peut garantir qu’il n’y a pas de numéros dupliqués. chaque fois qu’un nouveau numéro d’identification est attribué, les informations biométriques sont vérifiées dans la base de données des numéros Aadhaar. le numéro permettra une identification unique des individus et la confirmation de leur identité en temps réel et en ligne. une personne peut fournir son numéro et une information d’identification biométrique à n’importe quelle agence dans le pays et la base de données Aadhaar confirmera en quelques secondes que c’est la personne. une telle infrastructure d’identification est une infrastructure de valeur dans un pays qui tâche d’enrayer la pauvreté et d’améliorer les indicateurs sociaux. elle permet aux gouvernements et aux prestataires de service d’identifier clairement les individus avant de livrer les aides et les services, limitant ainsi des fuites et les pertes, qui entravent les programmes sociaux à grande échelle. elle fournit aussi le potentiel de transférer directement les aides aux pauvres sous forme de liquidités et de bons en liant le numéro Aadhaar aux comptes bancaires des individus. la mobilité des numéros signifie que la


(En haut) Une vue à vol d’oiseau de la ligne d’horizon de Mumbai. (À droite) L’Imperial, une résidence de Mumbai, est l’un des plus hauts bâtiments du pays.


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Technologie, AAdhAAr eT poTenTiel pour l’Afrique

migration et l’urbanisation ne signifie pas l’exclusion des pauvres. les services auxquels les individus sont éligibles comme les comptes bancaire partout dans le pays sont accessibles partout dans le pays car l’identité des individus peut être vérifiée de partout. les gouvernements peuvent aussi identifier les problèmes d’exclusion plus facilement, comme par exemple, lorsqu’un enfant sort du système scolaire ou il n’a pas reçu de vaccins. la capacité de confirmer l’identité d’une personne en ligne signifie aussi que les gouvernements peuvent développer les services essentiels comme les services bancaires dans le pays à travers des solutions comme les opérations bancaires mobiles.

il est temps, pour l’Afrique de mettre en place, dans les années à venir, des solutions technologiques comme le projet de numéro d’identification unique

(En haut) Avec presque 800 millions d’utilisateurs, l’Inde est le second plus important réseau de téléphonie mobile dans le monde. Le pays ouvre environ 18 millions de nouvelles lignes tous les mois. (À gauche) L’International Technology Park dans la Silicon Valley indienne de Bangalore, hôte d’environ 50 entreprises technologiques.

pour l’Afrique, les années à venir peuvent être le bon moment pour mettre en place des solutions technologiques comme le numéro d’identification unique. les gouvernements d’Afrique ont les moyens de financer de tels projets - ils ont vu l’augmentation des revenus au cours des décennies précédentes grâce à l’amélioration du prix des denrées et la croissance de l’économie. les nations africaines sont déjà en train de mettre en place des infrastructures nécessaires pour de tels projets technologiques – ils ont effectué des avancées substantielles en mettant en place les infrastructures de fibre optiques pour la connectivité, en particulier en Afrique du sud et de l’est. les politiques de Kenya, du rwanda et du nigéria ont aidé à la hausseur des industries des technologies et des télécommunications et à la diffusion de téléphones mobiles. l’Afrique du sud, le nigéria et le Kenya produisent ensemble des millions d’ingénieurs informatiques, qui assurent l’expertise locale pour les projets technologiques ; les pays comme le rwanda sont déjà en train de mettre en place des solutions technologiques dans l’éducation, dans les services sociaux, alors que les

gouvernements locaux du nigéria sont en train d’expérimenter l’identification biométrique. les capacités technologiques et la familiarité avec les infrastructures requises pour construire un système d’identification efficace sont en place. de plus, l’expansion de la infrastructure bancaire pour les pauvres – avec la croissance des systèmes bancaires mobiles au Kenya et la augmentation des services bancaires simplifiés (Mzansi) en Afrique du sud – ont rendu les applications basées sur l’identification comme les virements des aides sociales aux pauvres et les systèmes de micro finance plus en plus possibles. nations jeunes en âge dans les prochaines années, l’Afrique va devenir le continent avec le taux de croissance le plus rapide et le taux d’urbanisation les plus rapides. c’est aussi une région, qui comme l’inde, fera face à une dividende démographique significatif comme ses populations passeront du taux haut à de taux bas de natalité. comme la population africaine devient plus jeune et plus ambitieuse, les gouvernements africains devront répondre avec de meilleurs programmes et les programmes plus efficaces, qui peuvent satisfaire la demande croissante d’emplois, de meilleurs services et d’une infrastructure efficace. la technologie sera un outil puissant pour que les gouverments puissent rapidement répondre à ces demandes. elle permettra d’enregistrer les progrès du développement, d’informer les citoyens et d’engranger les réactions sur leurs efforts même lorsqu’ils construisent des routes et des institutions nécessaires au soutien de croissance à long terme. l’Afrique est sur la voie d’un développement rapide. les solutions technologiques seraient un moyen de garantir qu’une telle croissance progresse sur une voie durable et inclusive.


L’Afrique et ses miLLiArds de visAges Vijay Mahajan détenteur de la chaire John P. Harbin en affaires à la mcCombs school of Business, université du texas


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L’Afrique présente une opportunité de marché aussi grande que l’inde et la Chine. en 2010, la Banque mondiale déclare que la taille que l’économie africaine était de 1,361 trillions de dollars l’année précédente. La même année, la taille de l’économie indienne était de 1,362 trillions de dollars. L’Afrique et l’inde avaient une population de 1,07 milliard et de 1,15 milliard respectivement. Par conséquent, le revenu par habitant de l’Afrique était plus ou moins similaire à celui de l’inde

(En haut) Marginal Boulevard à Luanda, Angola. (À droite) La Banque centrale du Kenya, Nairobi.

L’Afrique et ses miLLiArds de visAges

m

on livre “Africa rising : How 900 million consumers offer more than you think” a été publié vers la fin de l’année 2008. dans la préface du livre j’ai écrit : Je ne suis pas spécialiste de politique. Je ne suis pas économiste. Je suis professeur de marketing, mon approche se focalise donc, sur les opportunités de marché. il y aura bientôt un milliard de consommateurs sur le continent africain et ce dernier est le marché à la croissance la plus rapide dans le monde. tous les jours, ces consommateurs ont besoin de manger. ils ont besoin d’un toit. ils veulent une éducation pour leurs enfants. ils aimeraient avoir du savon pour laver leurs vêtements. ils désirent des téléphone mobiles, des toits en métal pour leurs maisons, des télévisions, de la musique, des films, des vélos, des produits de beauté, des médicaments, des

voitures et des prêts pour démarrer leurs activités. ils célèbrent les mariages, les naissances, les congés religieux et commémorent les morts. en fait, j’ai mentionné dans mon livre en citant les termes d’unilever à Harare (Zimbabwe), que je participais à un voyage d’étude de marché. de ce voyage d’étude, j’ai conclu que l’Afrique présente des opportunités de marché aussi grandes que l’inde et la Chine. Pendant la récession globale de ces dernières années, l’Afrique a continué à se débrouiller toute seule. Prenons en compte les faits suivants : en 2010, la banque mondiale a déclaré que le volume de l’économie africaine (rNB) était de 1,361 trillion de dollars américains en 2009. L’inde était de 1,362 trillion de dollars. L’Afrique et l’inde avaient une population de 1,07 milliard et de 1,15 milliard respectivement. Par conséquent, l’économie par habitant de l’Afrique était plus ou moins la même que celle de l’inde.


un rapport datant de 2010 et réalisé par les Nations unies rapporte que les dépenses moyennes de consommation par foyer pour tous les pays africains comptaient pour 63 pourcent de l’économie africaine en 2009. Le même chiffre était aux alentours de 57 pourcent pour l’inde. Les économies d’Afrique et d’inde étaient plus propulsées par les consommateurs que celle de la Chine

(À gauche) Le scintillant centre commercial Nasr City du Caire, Égypte.


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quels sont donc les visages des consommateurs africains ? ils parlent plus de 1 000 langues, dont des langues européennes en raison des liens coloniaux. ils sont hindous, musulmans, chrétiens et juifs. ils sont blancs, noirs et métisses. Avec 100 millions de membres, la diaspora africaine a été estimée comme étant la plus importante diaspora du monde. Comme pour l’inde, la majorité de la population est jeune. en fait, l’Afrique est l’un des plus jeunes marchés du monde avec 41 pourcent de sa population âgée de moins de 15 ans

(En haut) Un café de rue dans Harnet Street à Asmara, Érythrée. (À droite) Un café populaire sur le toit du Friendship City Centre Mall à Addis Abada, Éthiopie.

L’Afrique et ses miLLiArds de visAges

un rapport datant de 2010 et réalisé par les Nations unies rapporte que les dépenses moyennes de consommation par ménage (pour tous les pays africains) comptaient pour 63 pour cent de l’économie africaine en 2009. L’inde était aux alentours de 57 pour cent. L’Afrique et l’inde avaient toutes les deux des économies plus consommatrices que la Chine. Les dépenses de consommation domestique comptaient pour 37 pour cent de l’économie chinoise (avec un rNB de 4,8 trillions de dollars américains pour une population de 1,331 milliards d’habitants). Ce chiffre est de 71 pour cent aux etats-unis, qui est la plus importante écomomie du monde avec plus de 14 trillions de dollars et une population de 307 millions d’habitants. un rapport datant de 2010 par le professeur friedrich schneider et ses associés de l’université Johannes-Kepler en Autriche sur l’économie potentielle a estimé qu’entre 1999 et 2006/2007, le volume moyen de l’économie potentielle (en pourcentage du produit intérieur brut « officiel ») en Afrique sub-saharienne était de 40 pourcent et de 35 pourcent pour l’Afrique du nord. Ce chiffre était de 22% pour l’inde et de 12% pour la Chine. Cela signifie que l’économie africaine est en fait plus importante qu’elle paraît. Ne vous trompez pas, le milliard des consommateurs africains ont le pouvoir d’achat et sont en train de diriger l’économie africaine. du fait, les consommateurs des pays africains ne sont pas différents des consommateurs aspirants dans les autres pays en développement que j’ai cité dans mon livre précédent "the 86 % solution : How to succeed in the Biggest market Opportunity of the 21st Century”. Parmi

les 7 milliards que nous sommes sur terre, 86 pour cent de la population mondiale vit dans des pays en développement, ce qui fait environ 6 milliards, alors que PiB par habitant est inférieur à 10.000 dollars. Ce qui signifie qu’un sixième des consommateurs vivant dans les pays en développement sont en Afrique ; un milliard sur six. Là, on ne peut pas négliger ces consommateurs. quels sont donc, les traits de ces consommateurs africains ? ils parlent plus de 1.000 langues, y compris des langues européennes en raison des liens coloniaux. ils sont hindous, musulmans, chrétiens, juifs et d’autres religions. ils sont blancs, noirs et métisses. Avec 100 millions de membres, la diaspora africaine a été estimée comme la plus importante diaspora du monde. L’inde compte pour environ 25 millions de membres. Les immigrants africains envoient par virement 30 à 40 milliards de dollars dans leurs pays. quant aux immigrants indiens, ils envoient environ 40 milliards de dollars. dans la moyenne, leurs familles comptent plus de membres, environ 5 personnes par foyer. L’inde compte pour 4 membres par famille. Comme en inde, la majorité de la population est jeune. en fait, l’Afrique est l’un des plus jeunes marchés dans le monde avec 41 pour cent de sa population âgée de moins de 15 ans. L’inde compte pour 33 pour cent. Les consommateurs africains font face au même environnement que les consommateurs de n’importe quel pays en voie de développement : manque d’infrastructure, d’eau potable, d’installations sanitaires, d’éducation de qualité et de nombreuses maladies. il existe par conséquent, des opportunités


(À gauche) Une femme dans une boutique de créateurs à Addis Abada. (À droite) Des étudiants à l’extérieur de leur résidence à l’Université du Botswana. (En-dessous) Un couple fait du shopping dans un supermarché de Soweto, Afrique du sud.


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L’Afrique et ses miLLiArds de visAges

dans les marchés dans tous les secteurs. Comme pour l’inde, il existe deux groupes de consommateurs qui façonnent les marchés de consommation africains – la jeunesse et la classe moyenne en Afrique.

La classe moyenne africaine comprent des fonctionnaires, des professeurs d’école, des infirmiers, des petits entrepreneurs entre autres. ils sont optimistes et veulent donner à leurs enfants plus que ce qu’eux-même ont eu. ils voient, au travers de leurs enfants, un futur prometteur pour l’Afrique

(En haut) De jeunes soudanais travaillant dans un centre d’appel à Khartoum. (À droite) Une marche d’enfants scolarisés dans le Mont Kupe, Nyasoso, Cameroun.

dans presque tous les pays que j’ai visité en Afrique, les entrepreneurs et les cadres ont parlé de la génération Cheetah (les plus jeunes) par rapport à la génération Hippo (les personnes plus âgées). Je me prends pour un membre de la génération Hippo. Je suis né dans la ville de Jammu de l’état du Jammu et Kashmir quelques mois après l’assassinat de gandhi et que l’inde est devenue république. J’ai grandi en entendant les histoires de la part de mon père au propos de « British raj » et comment tout ce qui allait mal en inde en ce temps était la faute de la « politique britannique ». J’ai hérité la légende de première main. La jeune génération comme les enfants de mon frère à Jammu, est la génération Cheetah. Pour eux, le « British raj » est une chose que vous lisez dans les livres d’histoire. ils sont optimistes, habitués à la technologie et bien informés et veulent que l’inde bouge. quand à moi, je condamnait le passé pour les choses que je possédais ou ne possédais pas, mes neveux et mes nièces voyaient un futur plein d’opportunités. en tant que membre de la génération hippo, je cherchais les justifications pour les choses qui ne pouvaient pas être réalisées. La génération Cheetah de mes neveux et de mes nièces défie constamment ma pensée de chercher les justifications pour les choses qui ne pouvaient pas être réalisées.

La génération Cheetah d’Afrique veut que l’Afrique soit une terre d’opportunités et vit au-delà de l’histoire coloniale. L’une de mes histoires préférées en Africa rising porte sur un jeune homme très joyeux que j’ai rencontré sur l’Île de gorée située dans une mer à une distance d’un kilomètre du port principal de dakar, au sénégal. Cette petite île avec environ un millier d’habitants est connue pour l’une de ses plus vieilles maisons, La maison des esclaves. C’est un lieu touristique bien connu et le fait de visiter cette maison met en avant l’histoire triste du commerce des esclaves à travers le monde atlantique. Ce jeune homme m’a approché après que mon bateau a accosté à l’île. il parlait plusieurs langues apprises des touristes, et offrait aux touristes ses services de guide touristique. il etait né, avait grandi et étudié au lycée sur l’île comme ses parents, et bien evidemment, on aurait dit qu’il connaissait tout le monde. il me présenta à un autre guide qui était le guide officiel de la maison des esclaves. La visite de la maison est une expérience très émouvante. vous apprenez comment les esclaves étaient punis dans une cave sombre et comment les femmes enceintes des européens n’étaient pas expédiées en tant qu’esclaves mais libérées. Pourtant, vous apprenez aussi de l’histoire de la Porte de non-retour. Certains esclaves sautaient de cette porte pour s’échapper, mais seulement pour être dévorés par les requins maraudant dans l’eau. quand je ai quitté la maison pour joindre le jeune homme attendant à l’extérieur de la maison pour finir le tour de l’ïle, je étais totalement distrait. « Professeur, oubliez-le, ceci est maintenant du passé ». Ce jeune homme avait non seulement bougé mais voulait


(En haut) Des enfants avec leur instructeur Masai au Kenya.


La génération Cheetah d’Afrique veut que l’Afrique soit une terre d’opportunités et vit au-delà de l’histoire coloniale


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L’Afrique et ses miLLiArds de visAges

que les autres le fassent aussi . Par la suite, j’appris que sa femme, aussi originaire de l’île de goree, était partie à New York grâce à une bourse accordée par American Black Women Association pour étudier la médecine. voici une fille de l’île de goree, qui est partie donc, en Amérique non en tant qu’esclave mais en tant qu’étudiante brillante internationale ayant pleines de possibilités.

L’Afrique est en pleine ascension. un milliard de personnes sont en train de demander leur juste place sur le marché global

(En haut) Un plage baignée de soleil sur l’île Gorée, Sénégal. Escale pour les esclaves en route vers l’Amérique au cours du 19ème siècle, le Sénégal est de nos jours une destination touristique très prisée. (À gauche) Des femmes dénoyautant des dattes dans une usine de Tozeur, Tunisie.

Le second groupe de consommateurs qui est en train de repousser les frontières de l’économie africaine est la classe moyenne de l’Afrique, ce que j’appelle l’Afrique deux. Cette intuition ne m’est venue qu’après avoir réalisé et effectué toutes les visites d’étude de marché pour Africa rising. dans presque tous les pays dans lesquels j’ai voyagé en Afrique, les compagnies divisaient le marché en cinq segments (A, B, C, d et e) selon le revenu des habitants ainsi que d’autres indicateurs, comme il est normal dans les autres parties du monde aussi. Les définitions exactes de ces segments et les pourcentages alloués à chaque segment varient de pays en pays, mais l’image globale est partout la même. Ce qui m’a attiré vers cette classification était le segment du milieu, le segment C. Je l’ai nommé l’Afrique deux en opposition à l’Afrique un (les segments riches A et B) et l’Afrique trois (les segments pauvres d et e). dans une croissance économique au sens large, vous vous attendez à une migration vers les segments supérieurs. Le segment e migrant vers le segment d, le segment d migrant vers le segment C

et ainsi de suite. Lors d’une récession, une migration vers les segments inférieurs peut être remarquée, en particulier du segment B vers le segment C et du segment C au segment d et ainsi de suite. La taille du segment C ou de l’Afrique deux est très importante. L’Afrique représente de 350 millions à 500 millions de consommateurs ou de 70 millions à 100 millions de foyers. Ce nombre de foyer est très comparable aux estimations réalisées pour l’inde et la Chine. L’Afrique deux, qu’est-ce que c’est alors ? elle regroupe les fonctionnaires, les professeurs, les infirmiers, les personnes travaillant dans l’industrie hôteliere et touristique de l’Afrique, les petits entrepreneurs et d’autres catégories. ils ne sont ni riches ni pauvres. ils sont optimistes et veulent donner à leurs enfants plus que ce qu’eux-même ont eu. Plus importante encore, ils sont ceux qui voient pour l’Afrique un futur plein d’espoir grâce à leurs enfants. Je viens de l’une de ces familles en inde. mon père était entrepreneur et il n’avait étudié que jusqu’au lycée, ma mère était une femme au foyer qui avait étudié seulement jusqu’à 8th grade (quatrième) . moi, mes frères et mes sœurs, nous sommes la première génération du côté de père à avoir une éducation universitaire. L’Afrique est en train de se lever. des milliards de visages sont en train de demander leur place juste dans les marchés globaux.


Partager le rĂŞve africain Bingu wa Mutharika PrĂŠsident du Malawi


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le développement des ressources à travers l’éducation est essentiel pour le développement de l’afrique. nous avons besoin de scientifiques, d’ingénieurs, d’agronomes, de chercheurs médicaux et d’économistes. l’inde détient la capacité de former l’afrique dans ces domaines

(En haut) Lufto Ephraim Dlamini, l’ex-ministre des affaires étrangères du Swaziland, lors de l’inauguration du projet « Hole-in-the-Wall ». Coentreprise entre le NIIT, une grande entreprise indienne de formation en informatique et l’International Finance Corporation (IFC), le projet dispense des formations à des milliers d’étudiants en Afrique. (À droite) Des étudiants au Centre d’excellence TIC Ghana-Inde Kofi Annan, Accra.

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l

’afrique et l’inde sont liées par une destinée commune. les deux continents partagent une relation qui dure depuis les temps anciens. l’inde a été le fer de lance de la lutte anticoloniale et anti-apartheid de l’afrique. en effet, l’inde en tant qu’économie émergente s’est efforcée à contribuer au développement de l’afrique, en particulier dans les domaine des ressources humaines, des technologies de l’information et de communication et des infrastructures de développement. l’inde en tant que nation en développement bénéficie de ses contacts historiques avec l’afrique. c’est pourquoi l’inde comprend pleinement les défis auxquels l’afrique est en train de faire face et cherche par conséquent à bâtir un partenariat au long terme pour le développement avec des pays africains pour effectuer un partage de leurs expériences, de leurs capacités et de leurs technologies dans le secteur des énergies pour en tirer des bénéfices mutuels. l’afrique et l’inde partagent l’opinion selon laquelle les relations économiques internationales continuent à être régies par des injustices et des inégalités alors que de

grandes parties du monde récoltent encore les bénéfices de la globalisation qui a mené à des crises et à une instabilité économique dans de nombreux pays en développement. Science et technologie le développement des ressources à travers l’éducation est essentiel pour le développement de l’afrique. nous avons besoin de scientifiques, d’ingénieurs, d’agronomes, de chercheurs médicaux et d’économistes. l’inde a la capacité de former l’afrique dans ces domaines. Pendant des décennies, l’inde, à travers l’indian council for cultural relations (iccr) a offert des milliers de bourses pour que des étudiants africains puissent étudier en inde. Je suis l’un de ces étudiants qui a bénéficié d’une telle bourse d’étude. Je suis très heureux que l’afrique et l’inde aient passé un accord de coopération qui a été lancé à new Delhi le 10 mars 2010. l’’une des composantes principales de ce plan d’action est le développement des ressources par laquelle l’inde offre des bourses d’étude aux africains et aux


(À gauche) Un centre d’appel bâti par Airtel, la première société de télecommunication indienne, à Dar es Salaam. (En-dessous) Des travailleurs disposent les voie de la Sera Line, au Mozambique, construite par le consortium Rail India Technical and Economic Services et par l’Indian Railways Construction Company.


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africaines pour qu’ils puissent étudier dans des universités indiennes. le plan d’action vise à mettre en place les décisions clés du premier sommet indeafrique qui s’est déroulé en avril 2008 à new Delhi. Je me dois de déclarer que l’inde est l’un des meilleurs pays pour obtenir une meilleure éducation. Moi-même, en tant que produit du système éducatif indien, j’atteste de la haute qualité d’enseignement en inde.

l’inde est les l’un des meilleurs pays pour mettre en place une éducation de qualité. Moi-même, en tant que produit du système éducatif indien, j’atteste de la haute qualité d’enseignement en inde

(En haut) Le super-ordinateur PARAM Net-3, donné par l’Inde à la Tanzanie en 2009, est employé pour, entre autres, les prévisions météorologiques, la bio-informatique et la modélisation d’équipements. (À droite) Le président du Malawi, Bingu wa Mutharika, aux côtés d’étudiants lors de la visite d’état en Inde, en novembre 2010. Mutharika qui aime se faire surnommer le « Dilliwalla », « celui qui appartient à Delhi », fut diplômé docteur en lettres (Honoris Causa) lors d’une cérémonie spéciale à l’université de Delhi. Il étudia au Shri Ram College of Commerce et à la Delhi School of Economics dans les années 1960.

Selon ma propre expérience, de nombreux domaines peuvent être relevés mais je n’en passerai que quelques uns en revue. Premièrement, l’impressionant redressement économique que l’inde a réalisé durant la dernière décennie a été réalisée par une avancée technologique. l’économie indienne s’est développée de manière si impressionante, au point d’être actuellement l’une des plus grosse économies dans le monde. cette prospérité économique a été conduite par le peuple indien lui-même grâce à des technologies et à des équipements développés localement. les petites et moyennes industries sont une importante force en inde pour cette prospérité économique. le défi principal de l’afrique pour une transformation économique et sociale est le manque de capacité, de propriété et de contrôle sur la science et la technologie et l’ingénierie appliquée pour le développement industriel et agricole. il existe maintenant un consensus sur le fait qu’afin de maintenir sa croissance, l’afrique doit acquérir rapidement les sciences, les technologies et les capacités qui permettraient aux pays de convertir leurs ressources naturelles et minérales abondantes en richesse.

Sur la base de l’expérience indienne de ces dernières huit décennies, je crois que l’afrique a beaucoup à gagner en apprenant de cette expérience. l’afrique peut, en particulier, utiliser et adpater les technologies appropriées qui ont été développées par l’inde afin d’ajouter de la valeur à ses produits. il est important de relever que les partenaires du développement comme l’inde doivent soutenir un effort de développement significatif et durable en afrique à travers le développement des ressources scientifiques et technologiques. nous pouvons bâtir à travers des engagements coopératifs visant à faire monter l’afrique à un niveau supérieur par l’application des sciences et des technologies. agriculture et Sécurité alimentaire le développement de l’agriculture et de la sécurité alimentaire est une nouvelle frontière dans la coopération du dévéloppement des ressources entre l’afrique et l’inde. Je crois que si l’afrique doit réaliser une croissance et un développement durable, il faut garantir une sécurité alimentaire. en fait, même dans le cas de l’inde, une croissance durable de son économie est survenue lorsque le pays a effectué une avancée remarquable par la « révolution verte ». Pour l’afrique, le concept de panier moyen qui a été soulevé lors du sommet de Kampala en Juillet 2010, apporte de nouveaux espoirs pour la sécurité alimentaire. nous devons devélopper des recherches appropriées pour accroître la productivité de notre agriculture. il n’y pas de meilleur partenaire pour nous assister


PluS De Pouvoir Pour l’ÉDucation

l

’inde peut transformer l’afrique par l’éducation, déclare Jean-Pierre ezin, commissaire de l’union africaine pour les ressources humaines, les sciences et la technologie. « l’union africaine s’en remet à l’inde pour développer des instituts d’études supérieures en afrique. l’inde est en train de réaliser de nombreux projets sur le continent et peut transformer le continent par l’éducation » déclare ezin lors d’un entretien. « ce dont nous avons besoin en afrique est d’une éducation Jean-Pierre Ezin supérieure pour faire face au défis globaux. les investissements par habitant en afrique doivent augmenter » déclare ezin qui a visité l’inde en 2010 pour discuter de détails concernant les instituts de formation que l’inde projette de développer sur le continent. « Si nous pouvons placer l’éducation et la recherche au cœur du partenariat inde-afrique, ce dernier profitera grandement au continent africain » a-t-il déclaré. Selon lui, « l’inde peut jouer un rôle clé dans le processus de transfomation ». l’inde contribuera aussi au développement de l’université panafricaine, un réseau entre 5 institutions régionales choisies dédiées à des disciplines spécifiques. en dévoilant le projet d’université panafricaines proposé, ezin déclare que l’union africaine recherche un partenaire dans le développement d’instituts régionaux sur les sciences biologiques et humaines. « ceci est un domaine dans lequel nous projetons de développer des connaissances médicales traditionnelles. l’inde est très forte dans l’industrie des connaissances traditionnelles », a-t-il déclaré. en mars 2010, l’inde et les 53 nations de l’union africaine, l’organisme panafricain dont le siège se trouve dans la capitale éthiopiennes addis abada, ont lancé un plan d’action qui mettait en valeur une stratégie détaillée pour l’accélération des engagements bilatéraux pour les quatres prochaines années. le projet se concentre sur le développement d’un partenariat développemental central entre l’inde et l’afrique et inclut la mise en place d’un grand nombre d’instituts de formation par l’inde. « l’inde se focalise sur des projets à long terme et ayant peu de visibilité qui sont plus adaptées au développements futurs du continent. l’inde pourrait être un acteur clé dans le futur continent », a-t-il déclaré.

terrain D’entraîneMent le développement des ressources est au coeur de l’engagement indien envers l’afrique. l’inde va constituer 19 instituts de formation dans de nombreux pays africains. ces instituts, désignés dans la déclaration de Delhi qui suivit le premier sommet inde-afrique en 2008, ont été révélés dans un plan d’action commun entre l’inde et l’union africaine lancé en mars 2010.

noM Du PayS

inStitut

agence en charge

afrique De l’eSt ouganda

india africa institute of foreign trade

indian institute of foreign trade

Éthiopie

centre de formation Professionnelle

national Small industries corporation

rwanda

centre de formation Professionnelle

national Small industries corporation

Kenya

institut d’établissement humain

Ministry of housing & urban Poverty alleviation/Building Materials & technology Promotion council

ghana

india-africa institute of information technology

educational consultants india ltd.

Burkina faso

centre de formation Professionnelle

national Small industries corporation

gambia

centre de formation Professionnelle

national Small industries corporation

togo

institut d’établissement humain

Ministry of housing & urban Poverty alleviation/Building Materials & technology Promotion council

Égypte

centre de formation Professionnelle

national Small industries corporation

libye

centre de formation Professionnelle

national Small industries corporation

Maurice

institut d’établissement humain

Ministry of housing & urban Poverty alleviation/Building Materials & technology Promotion council

india africa Diamond institute centre de formation Professionnelle centre de formation Professionnelle institut d’établissement humain

indian Diamond institute, Surat national Small industries corporation national Small industries corporation Ministry of housing & urban Poverty alleviation/Building Materials & technology Promotion council

afrique De l’oueSt

afrique Du norD

afrique Du SuD Botswana Mozambique Zimbabwe Zambia

afrique centrale

il cite l’e-network panafricain mis en place par l’inde qui cherche a amener la télé-éducation et la télémédecine au peuple africain en signe d’engagement fort avec le continent.

Burundi

india-africa institute of education, Planning and administration

national university of education Planning and administration

« c’est une énorme réussite. ce réseau permettra de combler le fossé numérique et d’améliorer la connectivité dans le continent africain. c’est le symbole d’une nouvelle afrique, un symbole du partenariat inde-afrique », explique ezin, le chargé de projet d’enetwork panafricain au sein de l’union africaine et de divers projets bilatéraux qui ont (Manish chand) découlé du premier sommet inde-afrique de Delhi en 2008.

Burundi

centre de formation Professionnelle

national Small industries corporation

gabon

centre de formation Professionnelle

national Small industries corporation

république Démocratique du congo

institut d’établissement humain

Ministry of housing & urban Poverty alleviation/ Building Materials & technology Promotion council


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dans cette tâche que l’inde qui a réalisé une « révolution verte » en développant des semences et des produits chimiques appropriés qui ont révolutionné son agriculture et son système de production.

la coopération entre l’afrique et l’inde est historique et se focalise sur la prise de pouvoir des peuples et des institutions à travers le développement des ressources humaines. le continent africain est actuellement en train de rechercher de nouveaux partenaires avec l’inde pour développer de bonnes infrastructures pour une nouvelle afrique prospère, sans famine, sans maladie et sans pauvreté

(En haut) Des dockers au pied d’une grue à Luanda, Angola.

les statistiques démontrent que l’afrique emploie de nos jours seulement 10 pour cent de ses terres arables pour l’agriculture et la production de denrées alimentaires. le continent africain est par conséquent une terre d’abondance et les ressources en eau ne sont pas pleinement utilisées pour la production agricole. l’afrique peut apprendre de nos partenaires indiens le moyen de développer des technologies simples qui peuvent être utilisées par nos agriculteurs pour l’irrigation et qui réduiraient par conséquent la dépendance de l’agriculture envers la pluie.

nouvelles opportunités la coopération entre l’afrique et l’inde est historique et se focalise sur la prise de pouvoir des peuples et des institutions a travers le développement des ressources humaines. le continent africain est actuellement en train de rechercher de nouveaux partenaires avec l’inde pour bâtir les bonnes capacités pour une nouvelle afrique prospères, sans famine, sans maladie et sans pauvreté. a travers le transfert de ressources et de technologies humaines de l’inde à l’afrique, ceci est réalisable.

au Malawi, nous developpons le projet « greenbelt » qui permettrait d’irriger jusqu’à un million d’hectares. nous utiliserons les nombreuses ressources en eau que le tout puissant nous a accordé pour accroître notre productivité.

Je cite toujours un vieil adage : « savoir ce que l’on doit faire et comment le faire est une bonne chose ». Par conséquent, pour qu’un développement puisse prendre place, les politiciens et ceux qui mettent en place ces politiques doivent savoir ce qu’ils font. ceci, car les développement économiques et industriels ne surviennent pas par la chance mais par des politiques et des programmes délibérément mis en place envers des objectifs et des priorités.

Je suis fier de déclarer que le gouvernement du Malawi a passé un accord avec le gouvernement indien par lequel ce dernier financera l’acquisition de nombreux équipements et technologies nécessaires à la mise en place de la sécurité alimentaire au Malawi. Des experts seront envoyés en inde pour apprendre et acquérir une expérience des partenaires indiens dans les grands programmes d’irrigation à bas coût, en particulier pour les groupe à faible revenu.

Dans mon livre « the african Dream : from Poverty to Prosperity », j’ai affirmé que les dirigeants africains ont maintenant pleinement reconnu leur rôle de promoteurs du changement. le peuple africain est en train de passer de l’afro pessimisme à l’afro optimisme. ils guident l’afrique vers un nouveau départ. ceci est le rêve africain. l’afrique doit être placée entre les mains des africains tout comme l’inde est entre les mains des indiens.


(En haut) Les diamants durent pour l’éternité : l’Inde fournit une assistance technique à de nombreux pays africains dans le polissage de diamants et prévoit de développer un institut de formation au Botswana. (À droite) Les professeurs de l’école primaire Nakuru à Nakuru, Kenya, saluent des hauts représentants d’Essar Telecomm unication alors qu’ils reçoivent une donation de la part de la firme pour l’école.


les dirigeants africains reconnaissent maintenant pleinement leur rôle de moteur de changement. le peuple africain est en train de passer de l’afro-pessimisme à l’afro-optimisme. ils guident l’afrique vers un nouveau départ. ceci est le rêve africain. le destin de l’afrique doit être aux mains des africains tout comme l’est celui de l’inde aux mains des indiens

(En haut) Des étudiants africains lors d’une conférence dans une usine de fabrication d’équipements solaires à Jaipur, Inde.


«l’afrique Doit iMiter le SuccèS inforMatique De l’inDe»

l

a tanzanie, économie vivante de l’afrique de l’est, s’en remet à l’inde pour développer les ressources et les formations dans le secteur des technologies de l’information qui pourrait transformer la vie du peuple ordinaire. « la tanzanie et l’afrique doivent imiter le succès du secteur informatique indien. l’informatique détient un grand potentiel pouvant changer la vie de la population ordinaire » déclare John W.a. Kondor, directeur de l’institut technologique de Dar-es-Salaam qui accueille le centre d’excellence des technologies de l’information et de communication inde-tanzanie. l’inde a un grand rôle à jouer dans la création d’applications informatiques qui puissent bénéficier au peuple africain, déclare Kondo à son bureau situé au premier étage de l’institut de Dar-es-Salaam où plus de 200 étudiants tanzaniens ont suivi un programme de formation informatique subventionné par l’inde durant de 3 à 6 semaines. amener l’informatique dans les zones rurales et aux agriculteurs leur permettra d’être au courant des dernières informations concenant le prix de leurs produits agricoles et fera une grande différence dans la transformation du paysage rural. « l’inde peut nous aider à amener l’informatique aux fermiers » a-t-il souligné. les prévisions météorologiques sont aussi un autre domaine dans lequel le talent informatique indien peut jouer un rôle crucial. ceci car l’économie de ce pays continue à dépendre lourdement de l’agriculture. l’inde a accordé 400 millions de dollars de crédit à la tanzanie pour financer et moderniser ses infrastructures agricoles. Bien plus de choses pourraient être réalisées, déclara Kondoro alors qu’il dévoilait son intention d’établir 10 centres d’information communautaires. l’inde donna aussi donné à la tanzanie un super-ordinateur, l’année dernière qui est aujourd’hui employé dans des recherches de pointe et les formations. le centre informatique a été développé par des ingénieurs informatiques indiens pour un côut de 2 millions de dollars l’année dernière en août. le centre informatique est aussi employé pour les consultations médicales à distance ainsi que les cours de télémédecine dispensés par des spécialistes indiens situés à des milliers de kilomètres de là. l’inde a développé des centre informatiques similaires au ghana. la tanzanie héberge environ 40000 personnes d’origine indienne.

John W.A. Kondoro (encart), directeur de l’institut technologique de Dar es Salaam qui acceuille le Centre d’excellence Inde-Tanzanie pour les technologies de l’information et de la communication (à droite).


L’e-network Panafricain: un modèLe de resPonsabiLité sociaLe A.P.J. Abdul Kalam ex-président de l’inde


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La proposition d’e-network Panafricain était dans la lignée des missions et des objectifs de l’union africaine et détennait un énorme potentiel pour réaliser les objectifs de développement pour le millénaire par l’usage de technologies d’information et de communication innovantes

L’e-network Panafricain: un modèLe de resPonsabiLité sociaLe

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endant les années 2003-2004, j’ai visité des pays africains comme le soudan, la tanzanie et l’afrique du sud. Je me suis adressé au parlement panafricain, le 26 septembre 2004 à Johannesburg, auquel des réprésentants des pays de l’union africaine ont participé. d’après mes recherches sur les besoins en communication, en santé et en éducation des pays de l’union africaine, j’ai proposé le concept d’un e-network panafricain au nom de l’inde qui fournirait un réseau satellite en fibre optique et sans fil intégré qui connecterait les 53 nations africaines. Le coût du projet d’e-network panafricain était estimé à environ 125 millions de dollars. dans le cadre du projet, 12 universités (7 universités en inde et 5 en afrique), 17 hôpitaux spécialisés (12 hôpitaux en inde et 5 en afrique), 53 centres de télémédecine et 53 centres de télé-éducation en afrique auraient été électroniquement connectés.

(En haut) Des étudiants dans un cyber café de Libreville, Gabon.

L’e-network panafricain fournit

principalement des services de télééducation et de télémédecine, une connection internet, des services de vidéoconférence et de VoiP. il peut fournir des services d’e-gouvernance, d’e-commerce, d’infodivertissement, de géolocalisation des ressources et de météorologie. chaque lieu est capable d’accéder à internet par le réseau en connectant une plateforme au réseau de base. Grâce à ce réseau, des chefs d’état des 53 pays ont la possibilité de communiquer instantanément. Le réseau est conçu pour accepter 169 terminaux et un réseau central pour fournir les services de télé-éducation et de télé-médecine. Le réseau est conçu avec des technologies de pointe et peut être intégré aux toutes dernières technologies de connection à bande large commme le wifi et le wi-max. Le réseau est adaptable pour pouvoir prendre en charge différentes applications et augmenter le nombre d’utilisateur. L’e-network panafricain est un vecteur qui a un effet de cascade sur les développements socio-économiques de nombreuses nations


(En haut) Des étudiants prenant des cours par vidéo-conférence via l’e-Network Panafricain à Addis Abada, Éthiopie. (À droite) Une salle de classe du Centre d’excellence pour les technologies de l’information et de la communication Inde-Tanzanie de Dar es Salaam.


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Plus de 2 000 étudiants d’afrique ont été enrôlés dans 5 différentes universités de prestige indiennes dans des disciplines variées comme les mba, les masters en contrôle financier, les diplômes en informatique, les doctorats en informatique, les licences en analyse financière et en analyse des investissements et de nombreux autres disciplines

(En haut) Pranab Mukherjee, le ministre des affaires étrangères indien, en pleine déclaration lors du lancement de la première phase du project d’e-Network Panafricain à New Delhi, en février 2009. (À gauche) Un spécialiste au Fortis Hospital de Noida, situé en périphérie de Delhi, conseillant un médecin du Sénégal pour une opération de neurochirurgie.


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des services de télé-mécecine et de télé-éducation ont déjà commencé à être dispensés sur ce réseau. au jour d’aujourd’hui, des consultations en télémédecine sont régulièrement dispensées à partir d’hôpitaux spécialisés indiens aux pays africains sur la base des besoins

(En haut) L’Indira Gandhi National Open University est l’un des centres dispensant des cours par télé-éducation aux étudiants en Afrique. (À droite) Des écoliers prennent des cours d’informatique à Bungoma, Kenya.

L’e-network Panafricain: un modèLe de resPonsabiLité sociaLe

et de nombreuses sociétés. Les entreprises et les institutions de demain doivent prendre en compte la valeur ajoutée des nombreuses applications rendues possibles grâce à ces vecteurs qui modifient l’environnement et le rythme auquel les développements prennent place.

technique qui confirma que cette proposition était en règle avec les missions et les objectifs de l’union africaine et détenait un énorme potentiel pour la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (omd) à travers l’usage de technologies d’information et de communication (tic) innovantes.

Le rôle de la diplomatie Je voudrais raconter la suite d’événements qui s’est déroulée avant la signature du protocole d’entente entre l’inde et l’union africaine pour la mise en place du projet d’enetwork panafricain. ces événements racontent comment la responsabilité sociale internationale d’une nation a évolué avec le partenariat entre l’inde et l’union africaine. dès que le projet a été annoncé, un comité technique a été elu par le cabinet du premier ministre indien afin de rédiger un rapport sur le projet. Le rapport du projet évolua en 16 semaines et fut coordonné par le ministre indien des affaires étrangères à l’aide d’experts techniques provenant de l’équipe de conseillers du département des études spatiales et des télécommunications du bureau du président en 2005.

Pendant ce temps, une présentation fut effectuée au bureau du président aux 28 ambassadeurs des pays africains résidant à delhi. ils visitèrent aussi l’indian space research organisation (isro) et se familiarisèrent avec les locaux opérationnels de télé-médecine. J’ai pu constater la contribution active des membres de l’équipe du ministère des affaires étrangères, du directeur (interface technologique) au bureau du président et de l’ambassadeur éthiopien de l’inde dans la coordination de nombreuses activités en relation avec le projet en mission en abordant de manière compréhensive les problèmes techniques, informatiques, financiers, contractuels et les problèmes concernant les relations internationales. ceci permit la signature du protocole d’entente le 27 octobre 2005 entre l’inde et l’union africaine.

Le ministre des affaires étrangères interagit aussi avec l’union africaine et les pays membres pendant cette période. après révision par le cabinet du premier ministre, le ministère des affaires étrangères organisa une présentation du rapport sur le projet effectué par une équipe hautement qualifiée au président de l’union africaine et à ses membres. L’union africaine constitua aussi une comité technique consistant de membres provenant de l’union africaine et d’organisation internationales. après une série de discussions techniques et une révision, la présentation finale fut réalisée par l’équipe indienne au comité de révision

La première phase du projet d’e-network panafricain a été inaugurée en février 2009 avec 11 pays par le ministre des affaires étrangères Pranab mukherjee. La seconde phase, qui fit entrer 12 autres pays africains dans le cadre du projet, a été lancée en août 2007. depuis, 47 pays africains ont rejoint le projet, dont 34 pour lesquels la mise en place du projet est terminée. Les autres pays verront le projet se terminer vers la fin de l’année 2011. des services de télé-mécecine et de télééducation ont déjà commencé à être


nos efforts visent à partager les connaissances acquises entre les nations amicales, ce manière à ce que l’inde, avec sa mission de société de connaissances, prenne par la main les autres nations en développement afin de réaliser un développement durable partout dans le monde

(À gauche) Des écoliers dans une salle de classe effectuant le traditionnel salut Kikuyu en agitant les mains comme s’ils offraient des fleurs, à l’école primaire Karunga, Vallée du Rift, Kenya.


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L’e-network Panafricain: un modèLe de resPonsabiLité sociaLe

dispensés sur ce réseau. actuellement, des consultations en télé-médecine sont régulièrement dispensées à partir d’hôpitaux spécialisés indiens aux pays africains sur la base des besoins. de plus, des sessions régulières de formation médicale continue ont commencé depuis le 22 avril 2009, qui sont dispensées à partir des hôpitaux spécilialisés indiens. depuis ce jour, 1.500 sessions de formation ont été dispensées par ce réseau.

afin que l’e-network puisse atteindre le public visé en afrique plus efficacement, l’inde et l’afrique évaluent son mode d’usage actuel et reçoivent des retours réguliers de la part de ses utilisateurs

Pour les services de télé-éducation en provenance d’inde, plus de 2.000 étudiants d’afrique ont été enrôlés dans 5 différentes universités de prestige indiennes dans des disciplines variées comme les mba, les masters en contrôle financier, les PG diplomas en informatique, les m.sc en informatique, les licences en analyse financière et analyse des investissements et de nombreuses autres disciplines. des sessions en direct sont régulièrement dispensées à partir de l’inde et les étudiants africains ont manifesté un grand intérêt pour leurs cours. La suite ? afin que ces services puissent atteindre l’audience désirée en afrique de manière plus efficace, l’inde et l’afrique doivent évaluer les modes d’utilisation actuels et collecter des retours réguliers des utilisateurs afin de réorganiser les sessions programmées sur des créneaux horaires appropriés. nous devons nous assurer que ces services atteignent le public visé en

(En haut) Le centre de l’e-Network Panafricain à Addis Abada qui accueille les infrastructures de télé-médecine et de télé-éducation. (À droite) L’ex-président indien A.P.J. Abdul Kalam s’adresse à une assemblée conjointe du parlement à Cape Town, en 2004, en présence de Thabo Mbeki, alors président d’Afrique du sud.

faisant correspondre les fuseaux horaires de l’inde et de l’afrique. L’inde doit réaliser un plan d’incitation pour faire augmenter l’audience des sessions de formation continue ainsi que le partage et la dissémination des connaissances de manière efficace en comprenant les besoins des médecins et du personnel hospitalier africain. La mise en place du projet doit être accélérée de manière à ce que les bénéfices attendus atteignent l’afrique à temps et contribuent efficacement aux objectifs fixés par les omd de l’afrique. il est essentiel pour l’inde et pour l’afrique de s’assurer qu’une gouvernance créative soit en place sur tous les fronts de l’installation jusqu’aux utilisateurs finaux. L’inde doit se consacrer à l’expansion de sa responsabilité sociale internationale envers toutes les nations en développement en se basant sur cet e-network panafricain de manière à ce que le partage de connaissance soit une multiplication des connaissances. nos efforts visent au partage des connaissances provenance des nations amicales afin que l’inde, et sa mission de société de connaissances, tende la main aux autres nations en développement pour réaliser un développement durable à travers le monde. ceci, à son tour, garantira une croissance large, effacera le déséquilibre socio-économique de la société et aidera à l’avénement d’une société globale heureuse, prospère, sûre et pacifique.


connecter L’inde et L’afrique

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ls étaient assis à des milliers de kilomètres l’un de l’autre par delà l’océan indien, mais le sens de la camaraderie et de l’amitié était plus qu’évident. Le ministre des affaires étrangères indien s.m. krishna assis dans un studio de new delhi, entouré de fonctionnaires et de diplomates africains, alors qu’il parlait à 12 ministres de pays africains de l’égypte dans le nord au botswana dans le sud par vidéo conférence, s’est adressé à des étudiants ougandais en inde et a remercié les nations africaines pour l’hospitalité accordée aux navires indiens. Lors d’un discours de 2 heures l’après-midi du 16 août 2010, l’on pouvait sentir dans cette communication de longue distance ce qui réunissait l’inde et l’afrique dans leur quête pour une renaissance et une prise de pouvoir mutuelle. krishna a discuté avec chaque ministre africain séparemment en leur adressant des voeux de fortune et en promettant de donner plus de pouvoir aux liens bilatéraux lors du lancement de la seconde phase de lancement de l’e-network panafricain, le project phare de l’inde destiné à combler le fossé numérique entre les 53 pays de l’union africaine et à amener la télémédecine et la télé-éducation aux peuples africains. La seconde phase a fait entrer 12 nouveaux pays africains dans la portée de cet ambitieux projet qui est voué à tracer une nouvelle route de salvation au peuple africain par une meilleure santé et une meilleure éducation. La première phase du projet, couvrant 11 autres pays a été inaugurée le 26 février 2009. « L’e-network panafricain est un des meilleurs exemples de projet du partenariat croissant entre l’inde et l’afrique » déclara krishna après son lancement. cet enthousiasme était réciproque. de Gaborone, la ministre de l’éducation et des ressources humaines du botswana, Pelonomi Venson-moitoi, déclara que son pays recherchait plus de collaborations avec l’inde en la décrivant

comme un « centre d’excellence », en particulier en matière d’informatique. Le ministre égyptien des technologies d’information et de communication tarek mohammed kamed s’est réjoui que l’université d’alexandrie soit le centre d’e-learning pour le réseau nord africain. krishna se fit aussi une obligation de remercier djibouti pour les faveurs accordées aux navires indiens qui rendent régulièrement visite aux ports stratégiques de la corne d’afrique. cette interaction a fait naître un partenariat inde-afrique à plusieurs facettes gravitant autour d’une trio regroupant commerce, formation et technologie. L’e-network est déjà en train de transformer la vie des africains. Plus de 1.700 étudiants africains se sont déjà inscrit dans les universités indiennes. des consultations médicales sont aussi régulièrement dispensées entre les docteurs africains et les spécialistes indiens. Plus de 700 cours de formation médicale ont été dispensé par des médecins indiens à partir des meilleurs hôpitaux indiens spécialisés. Porté par cette réponse africaine enthousiaste, l’inde a même offert des formations au niveau régional en développant des ateliers de télémédecine et des modules de télé-éducation afin d’améliorer les bénéfices du projet. face à la reconnaissance croissante envers la diplomatie indienne de développement central en afrique, le projet a remporté le prix Hermes pour l’innovation dans le domaine du développement durable. Le prix a été annoncé par l’institut européen de stratégies créatives et de l’innovation et un think tank qui promeut les stratégies innovantes ainsi que le renouveau de l’europe et du monde lors d’une réunion qui s’est tenue le 25 mai à Paris. en entremêlant la technologie et la transformation sociale, le projet démontre des possibilités créatives d’utilisation des technologies de l’information et de communication dans la mise en place de changements économiques durables.

(manish chand)

l Pays qui ont rejoint l’e-network panafricain en phase 1 (26 février 2009) : bénin, burkina faso, Gabon, Gambie, Ghana, éthiopie, mauritanie, nigéria, rwanda, sénégal et seychelles. l Pays qui ont rejoint l’e-network panafricain en phase 2 (16 août 2011) : botwana, burundi, côte d’ivoire, djibouti, égypte, érythrée, Lybie, malawi, mozambique, somalie, ouganda. institutions indiennes participant à l’e-network : uniVersités/instituts de formation : l amity university, noida l birla institute of technology and science, Pilani l delhi university, new delhi l indira Gandhi national open university (iGnou), new delhi l university of madras, chennai HôPitaux suPer-sPéciaLisés : l all india institute of medical sciences (aiims), new delhi l amrita institute of medical sciences and research centre, kochi l apollo Hospitals, chennai l care Hospital the institute of medical sciences, Hyderabad l dr. balabhai nanavati Hospital, mumbai l escorts Heart institute and research centre Limited, new delhi l fortis Hospital, noida l Healthcare Global, bangalore l mool chand khairati ram Hospital, new delhi l narayana Hrudayalaya institute of medical sciences, bangalore l sanjay Gandhi Post-Graduate institute of medical science(Lucknow), Lucknow l sri. ramachandra medical college & research institute, chennai institutions régionales dirigeantes en afrique : uniVersités/instituts de formation : l région centrale : Yaounde university, Yaounde, cameroun l région est : makerere university of uganda, ouganda l région ouest : kwame and nkurumah university of science & technology of Ghana, Ghana HôPitaux suPer-sPéciaLisés : l région centrale : brazzaville super specialty Hospital, république du congo l région est : sir seewoosagur ramgoolam national Hospital, Port Louis, maurice l région ouest : university college Hospital (ucH), ibadan, nigéria


L’inde doit se consacrer à l’expansion de sa responsabilité sociale internationale envers toutes les nations en développement en se basant sur cet e-network panafricain de manière à ce que le partage de connaissance soit une multiplication des connaissances

(En haut) Un cours de télé-éducation dans un centre relié à l’e-Network Panafricain à Dar es Salaam. (En haut, à gauche) Le ministre des affaires étrangères indien, S.M. Krishna, en conversation avec des ministres de divers pays africains via vidéo-conférence lors du lancement de la seconde phase du project d’e-Network panafricain, le 16 août 2010 à New Delhi. (À gauche) La faculté d’Amity University, en Inde, dispensant des cours de télé-éducation à des étudiants du Malawi via l’e-Network.


Le déveLoppement des ressources humaines : La méthode de L’itec Manish Chand Le rédacteur supérieur, ians et rédacteur pour africa Quarterly


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Le déveLoppement des ressources humaines : La méthode de L’itec

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’est un acte de foi, un voyage dans le cœur de l’entreprise indienne, faisant concorder diplomatie inspirée, innovation et modernisation rurale.

La transformation est le mantra qui guide le programme indien de coopération technique et économique qui repose sur le développement des ressources et le transfert des connaissances à des centaines de milliers d’étudiants, de professionnels et de diplomates en milieu de carrière dans plus de 150 pays

en 2005, 34 personnes provenant de villages éloignés d’éthiopie, se sont rassemblées au Barefoot college de tilonia, une petite ville à proximité d’ajmer dans l’état du désert du rajasthan. nombre de ces femmes ne s’étaient presque jamais aventuré hors de leur village auparavant, mais traversèrent des milliers de kilomètres et acquirent des compétence pour devenir ingénieurs solaires en tout juste six mois. Lorsqu’elles retournèrent dans leur village, elle amenèrent des lanternes solaires pour éclairer toutes les huttes de leur village. trois ans plus tard, en 2008, le projet, initialement subventionné par le programme de développement des nations-unies (undp), fut adopté par le programme indien de coopération technique et économique (itec).

(En haut) Des étudiants en licence de langage des signes à l’Indira Gandhi National Open University, Delhi. (À droite) Des femmes presque illétrées de villages reculés d’Afrique sont en train d’être formée pour devenir ingénieurs solaires amatrices au Barefoot College de Tilonia, au Rajasthan.

La transformation, est de fait, le mantra qui guide l’itec qui repose sur le développement des ressources et le transfert de compétences à des milliers d’étudiants, de professionnels et de diplomates en milieu de carrière dans plus de 150 pays de tous les continents, dont

l’afrique, l’asie et l’amérique latine. La réussite de ce programme consistant à former des femmes pratiquement illéttrées aux technologies solaires garantit qu’il deviendra une formation régulière de l’itec dans les prochaines années. Les statistiques parlent d’elles-mêmes. en 2008-2009, 61 femmes venant de divers pays africains dont l’éthiopie, la Gambie, le malawi, la rwanda, la tanzanie, l’ouganda, djibouti, le mali, le mozambique, le sénégal, le sierra Leone et le soudan, ont été formées au Barefoot college afin de dévenir ingénieurs solaires et d’amener l’électricité dans leurs terres natales, comme cela fut le cas. en 2009-2010, cinquante-deux femmes ont été formées pour devenir ingénieurs solaires, faisant entrer en jeu des entrepreneurs intéressés du cameroun, du Ghana, de Guinée-Bissau, du Kenya, du niger, du chad, de namibie, de tanzanie et de Zambie. de même, 33 femmes africaines ont été formées aux compétences d’ingénieurs solaires en 2010-2011. ce programme de formation à l’ingénierie solaire est juste l’une des manières par lesquelles l’itec, inaugurée le 15 septembre 1964, est non seulement en train de développer des compétences mais aussi en train d’agir en tant qu’accélérateur d’une transformation socio-économique dans les pays en développement.


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preuve de l’engagement indien ferme dans la coopération sud-sud, le programme de l’itec a disséminé son expertise et a partagé l’expérience développementale de l’inde avec les pays en développement du sud

(En haut) Des étudiants à l’Aptech Institute for Computer Education de Mumbai, Inde. (À droite) Un cyber café mobile alimenté par l’énergie solaire dans le village d’Embakasi, situé à 25 km de Nairobi.

Le déveLoppement des ressources humaines : La méthode de L’itec

preuve de l’engagement indien soutenu dans la coopération sud-sud, le programme de l’itec a disséminé son expertise et a partagé l’expérience développementale de l’inde avec les pays en développement du sud. initialement lancé en tant programme d’assistance du gouvernement indien, le programme de l’itec, incluant son corollaire, scaap (special commonwealth assistance for africa programme), s’est développé jusqu’à inclure 220 formations diverses dont les technologies de l’information, la production de textiles, le commerce international, la science et les médias. Les étudiants sélectionnés pour les programmes de l’itec - la majorité des programmes sont à court terme, durant de trois à six semaines - sont envoyés dans 39 institutions désignées par le ministère des affaires étrangères indien. L’itec comprend six composantes : formation (civile et militaire) en inde des personnes nominées dans les pays partenaires de l’itec ; projets et activités liées aux projets comme les études de marché et les services de conseil ; élection d’experts indiens à l’étranger ; voyages d’étude ; dons d’équipement sur demande des pays partenaires de l’itec ; et secours en cas de catastrophe humaine. L’inde dépense en moyenne 500 millions de roupies (10,8 millions de dollars) pour les diverses activités de l’itec. depuis 1964, l’inde a fourni environ 2,5 milliards de dollars d’assistance technique pour les pays en développement, dont ses pays frontaliers. au fil des ans, l’inde a dépensé environ 1 milliard de dollars pour les activités liées à l’itec impliquant les pays africains. Bien que l’itec soit présent partout dans le sud, l’afrique compte pour beaucoup dans

la vaste toile de l’itec. « L’afrique est un continent très spécial, où les formations de l’itec ont acquis une grande popularité » a déclaré le secrétaire indien des affaires étrangères nirupama rao aux diplômés de l’itec l’année dernière lors du gala organisé tous les ans dans la capitale indienne pour célébrer le jour de l’itec. « ces formations sont devenues considérées comme des instruments de valeur pour la formation professionnelle, la modernisation des compétences, le développement des ressources et la prise de pouvoir » a-t-elle déclaré. Face à la popularité grandissance du programme de l’itec dans les pays africains, le premier ministre indien, manmohan singh, a annoncé 500 nouvelles places pour les étudiants africains dans les programmes de l’itec lors du premier sommet inde-afrique qui s’est déroulé à new delhi en avril 2008. « nous allons donner plus d’opportunités aux étudiants africains pour qu’ils puissent poursuivre des études supérieures en inde. nous proposons, en tant que mesure immédiate, de doubler les bourses à long terme pour les étudiants de premier cycle, de deuxième cycle et les doctorants et augmenter le nombre de places pour les formations sous nos programmes d’assistance technique de 1100 place à 1600 tous les ans » a déclaré manmohan singh en présence de dirigeants africains. dans son discours soulignant sa vision du partenariat entre une afrique renaissante et une inde en pleine croissance, manmohan singh a résumé l’éthique du programme de l’itec. « L’inde et l’afrique sont dotées de populations jeunes. c’est seulement en investissant dans les énergies créatives de notre jeunesse que le potentiel de notre partenariat se réalisera » a-t-il déclaré


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de nombreux étudiants autrefois inscrits dans des programmes de l’itec ont réussi à obtenir de hauts postes dans leurs domaines respectifs, certains sont même devenus ministres. au Botswana, de nombreux fonctionnaires de la défense ont été formés par ce programme. À Zanzibar et en tanzanie, plus de 24 pourcent des anciens fonctionnaires du gouvernement sont passés par l’itec

(En haut) Des étudiants africains sur la tombe d’Humayun, New Delhi. (À droite) Une branche éloignée de l’ITEC à Maputo, Mozambique.

Le déveLoppement des ressources humaines : La méthode de L’itec

mémorablement. en plus de donner du pouvoir grâce à des compétences professionnelles, le programme de l’itec dispense aussi aux étudiants de pays différents un aperçu de l’éthique multiculturelle et pluraliste de l’inde.

l’expérience des différents pays en développement nous a enrichi d’une manière unique. Les études de cas et les visites sur le terrain nous ont fourni une expérience unique d’apprentissage dans un environnement pratique » ont-ils écrit.

« Les réseaux et les liens qui se créent entre les étudiants sont incroyables. de nombreux étudiants ont les yeux en larme lorsque le programme se termine et la plupart d’entre eux garde les liens forgés au cours de cette courte formation » se remémore primrose sharma, une ex-secrétaire qui s’est occupée de l’itec au sein du ministère des affaires étrangères indien. au fil des ans, l’itec est aussi devenue un instrument de diffusion de la puissance douce de l’inde et de sa diplomatie culturelle car les étudiants retiennent toute leur vie leur association avec l’inde après leur court séjour dans le pays.

Les programmes de l’itec sont généralement bilatéraux mais ses ressources ont toutefois été employées pour financer des programmes régionaux trilatéraux gérés par la commission économique pour l’afrique, l’unido et le Groupe des 77.

de nombreux étudiants autrefois inscrits dans des programmes de l’itec sont devenus ministres et ont obtenu de hauts postes dans leurs domaines respectifs. au Botswana, de nombreux fonctionnaires de la défense ont été formés par ce programme. a Zanzibar et en tanzanie, plus de 24 pour cent des anciens fonctionnaires du gouvernement sont passés par l’itec. « Le programme a donné de nouvelles idées aux participants ; nous avons appris à analyser nos marchés de manière différente » ont déclaré deux participants ougandais de la Bank of africa uganda Ltd., qui participèrent aux programme de gestion du développement pour les pme dispensé par l’administrative staff college of india et par la nimsme (national institute for micro small and medium enterprises) dans leurs rapports destiné aux ministère des affaires étrangères. « Bien que de nombreux concepts n’étaient pas entièrement nouveaux, le partage de

aujourd’hui, l’afro-asian rural reconstruction organisation (aarro) et le G-15 sont aidées par l’itec dans leurs formations et leurs projets et l’itec a aussi commencé à coopérer avec le sadc (southern african development community). L’assistance dans les projets tels que les formations compte pour 40 pour cent du budget annuel de l’itec. certains projets clés réalisés dans le cadre du programme de l’itec incluent l’informatisation du bureau du premier ministre du sénégal, l’assistance dans la transformation du système éducatif de l’afrique du sud et la greffe de membres artificiels au cambodge et en ouzbekistan. L’agriculture reste la principale préoccupation de l’assistance de l’itec. Le programme a fourni au Ghana, au sénégal, au Burkina Faso et au mali des équipements et une expertise agricole et a généré une immense bonne volonté envers l’inde dans les pays africains. Les formations professionnelles dans le développement des industries moyennes et dans l’entrepreunariat sont des domaines importants de la coopération entre l’itec et le sénégal, le Zimbabwe, le viêtnam et la mongolie de telles formations permettent aux jeunes travailleurs d’obtenir des emplois à des niveaux capitaux comparativement faibles.


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Le déveLoppement des ressources humaines : La méthode de L’itec

Les étudiants des pays étrangers n’ont pas été les seuls à bénéficier du programme de l’itec mais de nombreux projets du secteur public indien ont acquis une identité de marque spécifique dans les pays en développement, en particulier en afrique. La national small industries corporation (nsic), l’hindustan machine tools international Ltd. hmt (i), la Water and power consultancy services (Wapcos), la rail india technical & economic services (rites) et la central economic Ltd. (ceL) ont capitalisé à partir de leur association avec l’itec et sont maintenant en train de miser sur des projets développementaux dans ces pays de leur propre chef.

L’esprit de l’itec à touché une corde sensible en afrique. « vous avez vraiment besoin de bons amis qui puissent vous aider. L’inde est de ceux-là. Le spectre de coopération de l’itec est énorme. nous accordons une grande estime à l’expertise indienne dans le développement des ressources » déclare le premier ministre de la tanzanie mizengo Kayanza peter pinda

(En haut) Les apprentis de l’ITEC visitent un atelier du South Indian Textile Research Association de Chennai, le chef lieu de l’état du Tamil Nadu, en Inde du sud. (À gauche) Les apprentis de l’ITEC aux côtés de R.K. Pachauri, chancelier de la TERI University, Delhi.

avec l’émergence de l’inde en tant que puissance globale, son savoir-faire économique incarné par le programme de l’itec sera un exemple de l’éthique du pays dans la création d’un monde plus équitable et plus équilibré fondé sur le transfert des technologies et des compétences envers les pays en développement du sud qui peuvent reconnaître la trajectoire développementale de chacun des pays et être en empathie avec les aspirations de ces milliards de personnes. L’esprit de l’itec à touché une corde sensible en afrique. « vous avez vraiment besoin de bons amis qui puissent vous aider. L’inde est de ceux-là. Le spectre de coopération de l’itec est énorme. nous accordons une grande estime à l’expertise indienne dans le développement des ressources » déclare le

premier ministre de la tanzanie mizengo Kayanza peter pinda. « L’inde est très avancée dans les domaines de l’éducation, des sciences et des technologies. L’expérience développementale de l’inde est très cohérente pour le continent africain » déclare salim ahmed salim, un ex-premier ministre de tanzanie et ex-ambassadeur de tanzanie en inde dans les années 1960. de même, le premier ministre du togo, Gilbert Fossoun houngbo, un ex-représentant des nations-unies voit l’inde comme « la démocratie la plus peuplée du monde et un leader dans les domaines de pointe comme les connaissances ». houngbo voit, à juste titre, la formation et le développement des ressources humaines comme le coeur de l’engagement africain avec l’inde. « ce qui est très intéressant et attirant est le modèle de coopération de l’inde. L’inde est un pays en développement mais a réalisé beaucoup de choses. L’afrique peut par conséquent apprendre de la trajectoire du développement indien et de l’expérience indienne » a-t-il déclaré à africa Quarterly. mais surtout, le programme de l’itec est partie intégrante de la montée diplomatique élargie de l’inde qui vise bâtir un partenariat avec le continent africain qui est sur le point de renaître. « Le 21ème siècle est souvent décrit comme étant le siècle de l’asie. L’inde souhaite que le 21ème siècle soit le siècle de l’asie et de l’afrique et que les peuples des deux continents travaillent ensemble afin de promouvoir une globalisation inclusive » a-t-il déclaré.


Le continent du futur Ratan Tata

Sunil Bharti Mittal

Sanjay Kirloskar

directeur de tata Sons

directeur et PdG du groupe Bharti enterprises

Administrateur de Kirloskar Brothers


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Le continent du futur

LA dÉcennie AfricAine « L’Afrique a de grands en besoins capitaux pour le développement de ses infrastructures qui ne peuvent être satisfaits uniquement par l’aide étrangère. nous allouons aux entreprises indiennes une stratégie de plateforme pour ses investissements en Afrique, plutôt que des projets pour un seul pays. ceci aide à la diversification, augmente la portée des projets et facilite les financements » ANDREW ALLI Président et PDG de l’African Finance Corporation

( En haut) Un bus Tata transporte des passagers à Khartoum, Soudan. (À droite) Plus de 200 projets pour un coût de 18 milliards de dollars ont été négociés lors du 7ème conclave CII-Exim Bank dans le cadre du partenariat Inde-Afrique à New Delhi, en mars 2011.

Ratan Tata L’histoire de la croissance indienne qui a captivé l’imagination du monde est de plus en plus soutenue par le nouveau dynamisme émanant d’Afrique. il est particulièrement reconfortant pour ceux d’entre nous qui entretiennent une affection particulière pour ce dynamisme que l’Afrique soit considérée comme le prochain continent des opportunités.

L’apogée de la croissance en Afrique est survenue lors de l’adoption de réformes économiques dans de nombreux pays, aidées par des régimes politiques plus stables et l’importance croissante accordée à une bonne gouvernance. il est instructif d’apprendre que cinq économies africaines (Ghana, Libéria, Angola, Éthiopie et Mozambique) sont en passe de devenir les économies à la croissance la plus rapide de cette année.

L’inde a longtemps joué un rôle clé dans le développement de l’Afrique et il est convenable que cet effort renouvelé soit dirigé par le gouvernement indien et par l’industrie indienne en vue d’un renforcement de nombreux partenariats bilatéraux et multilatéraux qui existent entre l’inde et les états-africains. il est attendu que le second sommet inde-Afrique se déroulant à Addis Ababa, en mai cette année, serve de point de convergence pour les nombreux engagement de coopération qui étayent la relation inde-Afrique.

traditionnellement, la présence industrielle indienne en Afrique était largement implantée dans les industries minières et dans le secteur des infrastructures physiques. Alors que ces domaines gardent leur importance, les entreprises indiennes sont récemment entrées dans tout en ensemble de nouveaux secteurs émergents en Afrique, comme les télécommunications. L’acquisition de Zain Africa par Bharti Airtel pour un coût de 10,7 milliards de dollars en est un exemple. Les entreprises indiennes sont aussi en train


d’investir massivement dans des secteurs clés de l’Afrique comme le pétrole et le gaz, l’industrie automobile, l’ingénierie, les produits chimiques, le secteur bancaires, les technologies de l’information, la pharmaceutique, l’agriculture et le conditionnement des denrées, la santé, l’éducation et les services. de même, l’activité industrielle indienne a une empreinte développementale forte dans les domaines du développement des ressources naturelles et humaines, des technologies et du transfert des connaissances, de l’emploi local et de la protection de l’environnement. Le meilleur exemple de cette collaboration est le projet d’e-network panafricain qui est en train de révolutionner les services de télé-médecine et de télé-éduction en Afrique et qui est équipé pour prendre en charge l’e-gouvernance, l’ecommerce, l’info-divertissement, la cartographie des ressources, la météorologie et d’autres services dans les pays africains. de telles contribution par l’industrie indienne ont été grandement reconnues par les gouvernements hôtes, les dirigeants industriels et les populations d’Afrique. dans le même temps, les lignes de crédit préférentielles du gouvernement indien (Loc) et l’assistance développementale ont contribué de manière significative dans la création d’actifs dans de nombreux pays africains. Le prochain défi est de faire se réaliser le plein potentiel des opportunités commerciales de manière à maximiser les flux d’investissement et les flux commerciaux entre l’inde et l’Afrique. J’ai confiance dans l’immense bonne volonté qui existe entre nos populations et qui conduira nos relations économiques à un niveau supérieur et bénéfiera aux 2 milliards de personnes de l’Afrique et de l’inde.


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Le continent du futur

LA nouveLLe AuBe « en raison de sa taille importante, l’Afrique détient de nombreuses ressources. Les nations africaines comptent maintenant parmi les pays à la croissance la plus rapide dans le monde. en raison du nombre de pays africains développant une vision à long terme afin de s’extraire du groupe des pays les moins avancés, il est clair que la vague de croissance de ce 21ème siècle viendra de l’Afrique. J’invite toutes les sociétés indiennes à prendre part dans cette croissance et aussi à partager leur expérience avec nous » PROFESSEUR EPHRAIM KAMUNTU Ministre des finances et du développement économique de l’Ouganda

(À droite) Des conteneurs dans le port d’Alger.

Sunil Bharti Mittal Le partenariat inde-Afrique est à l’orée de sa renaissance. Les liens historiques, à la fois économique et culturels, sont en train d’être réétablis sous l’influence de l’ordre économique global changeant et de la récente croissance des deux économies. dans les prochaines années, l’inde est vouée à devenir la troisième plus grande économie mondiale. Bien qu’elle soit largement alimentée par la demande domestique, la stabilité de la croissance indienne va dépendre, en grande partie, de la performance des secteurs externes. dans le cas de l’Afrique, il est attendu que l’économie moyenne dépasse celle de ses contre-parties asiatiques dans les cinq prochaines années. en regardant encore plus loin, la Standard chartered prévoit que l’économie africaine se développe à un taux annuel de 7% pendant les 20 prochaines années, légèrement plus rapidement que celle de la chine. La réalisation de cette croissance

dépendra de l’aptitude du secteur domestique à remonter la chaîne des valeurs globales. Les liens culturels sont aussi vastes, profonds et entremêlés. La fin du 19ème siècle connut la première importante vague d’immigration indienne en Afrique de l’est et du sud, en particulier du Gujarat et du Punjab. Aujourd’hui, cette diaspora est considérée comme une part intrinsèque de la communauté locale et se démarque par le soutien commercial qu’elle apporte dans les pays hôtes. L’inde a aussi bénéficié de cette fusion sociale apportée par l’Afrique. de fait, l’inde n’aurait pas été le pays qu’elle est aujoud’hui sans l’influence de l’Afrique du sud sur le jeune Mohandas Karamchand Gandhi. cette expérience a instillé une vague d’activisme social, résultant dans la création d’une inde indépendante et sacrant Gandhi Père de la nation indienne. ce qui est remarquable dans la relation indeAfrique est le respect mutuel et la sensibilité aux impulsions partagées et aux besoins


développementaux. dans les sphères politiques, et dans l’arène globale, l’inde et l’Afrique se sont souvent tenues côte à côte. toutes deux ont parlé, de manière invariable, d’une seule voix au sujet du démantèlement de l’apartheid (sur lequel mon père mena un mouvement parlementaire majeur), du non-alignement et du libre et équitable commerce, même quand ces sujets n’étaient pas à la mode. cela a amélioré la coopération économique, politique, sociale et culturelle entre l’inde et l’Afrique et ces coopérations sont prometteuses. La manière par laquelle ces coopérations seront réalisées définiront la tendance de cette nouvelle aube. une Afrique renaissante Au cours des 10 dernières années, l’Afrique eut les plus grand taux de croissance dans le monde, avec environ 6 pourcent de croissance par an. en comparaison, l’union européenne en était à environ 3 pour cent, l’Asie, sans le Japon, était à environ 5 pour cent et l’Amérique du sud était à environ 3 pour cent. Même durant la crise économique globale il a été estimé que le bloc africain croisse de 4,8 pour cent en comparaison de 0,1 pou rcent en europe ou de -0,1 pour cent en Amérique du nord. de plus, selon le journal the economist, au cours des 10 dernières années, des 10 économies à la croissance la plus rapide dans le monde, 6 se trouvaient en Afrique subsaharienne. ces pays étaient l’Angola, le nigéria, le chad, le Mozambique, le rwanda, tous avaient des taux de croissance annuels d’environ 8 pour cent. Pour mettre en perspective ces données, dans les deux dernière décennies avant l’an 2000, l’ouganda était le seul pays africain à se trouver dans les 10 premiers pays. dans les cinq années à venir, il est prévu que l’Afrique prenne 7 des 10 premières places. Le continent a clairement montré sa résilience

et qu’elle possédait les ingrédients nécessaire à la croissance. toutefois, ces ingrédients, bien que nécessaire, ne suffiront pas. La croissance devra être accompagnée de bonnes initiatives de gouvernance afin de subvenir à la croissance de l’Afrique. des initiatives comme l’« ibrahim index of African Governance », vieux de trois ans, sont créatives, convaincantes et servent d’accélérateur dans les transformations positives qu’elles opèrent. cette combinaison entre croissance et bonne gouvernance est déjà devenue manifeste dans les intérêts croissants des investisseurs en Afrique, qui sont encore renforcées par de meilleurs notes de gouvernance obtenues par de nombreux pays africains. ces taux de croissance sont à l’égal des taux de certaines économies de l’ocde. il n’est pas surprenant que de nombreux acteurs prévoient que 20102020 sera la « décennie de l’Afrique ». L’empreinte indienne L’Afrique est profondemment présente dans l’esprit indien, formées par une compréhension internationale commune, des échanges économiques et une convergence culturelle. L’inde, au contraire de nombreuses économies développées ou émergentes, a approché l’Afrique d’une manière très fonctionnelle et coopérative. Au fil des ans, le gouvernement indien et les industries ont été impliqués de manière rapprochée dans le processus de développement de l’Afrique. Les plus importantes sociétés indiennes d’ingénierie et de conseil ont joué un rôle majeur dans le développement des infrastructures physiques de l’Afrique. en fait, les entreprises de construction indienne ont réalisé des investissements significatifs en Afrique pour construire des routes, des lignes ferroviaires et des ports dans de nombreux pays africains. traditionnellement, les investissements indiens en Afrique étaient de petite ou de moyenne


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« Le continent africain détient un énorme potentiel dans de nombreux domaines comme le tourisme, l’agriculture, les ressources minérales et pétrolières. nous avons d’immenses ressources territoriales mais seule une faible portion de ces ressources est exploitée par l’agriculture. Les entreprises indiennes peuvent donc exploiter ces opportunités en développant des infrastructures. nous mettons en place diverses projets et sommes en train de réformer nos procédures légales, entre autres, afin de faciliter cet accès aux entreprises. nous encourageaons les entreprises indiennes à venir et à partager leur savoir-faire de manière à ce que nous aussi puissions en bénéficier » JOSE ANTONIO DA CRUZ ALMEIDA Ministre des infrastructures et des télécommunications, Guinée Bissau

(En haut) Des délégués lors du Conclave CII-Exim Bank pour le projet de partenariat Inde-Afrique à New Delhi, en mars 2011. (À droite) Une plateforme pétrolière dans le delta du Niger, Nigéria. (Encart) Une usine de pompes appartenant à Kirloskar Brothers Ltd. à Gauteng, Afrique du sud.

Le continent du futur

échelle. initiée par de plus grandes entreprises indiennes, la récente vague d’investissements indiens dans le continent à gagné en importance. Plus important encore, la majorité de ces investissements sont réalisés dans les secteurs autres que ceux de l’extraction, qui est historiquement, la première source d’investissements en Afrique. Les entreprises indiennes ont investi dans des secteurs clés comme l’automobile, l’ingénierie, les produits chimiques, le secteur bancaire, les technologies de l’information, les télécommunications, les médicaments et le secteur pharmaceutique, la santé, l’éducation et les services. Les investissements des principaux constructeurs automobiles comme tata Motors, Mahindra & Mahindra, des principales firmes pharmaceutiques comme ranbaxy, cipla, et dr. reddy’s et des firmes de consommateurs comme Marico, emami et Godrej ont eu un impact significatif sur les économies. dans les firmes aérospatiales, les deux acteurs indiens majeurs retardataires, ont commencé à accroîre leurs investissements en Afrique. L’acquisition par Bharti Airtel de 15 téléopérateurs en Afrique subsaharienne pour un coût de 10,7 milliards de dollars l’années dernière a ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire des relations entre l’inde et l’Afrique. nous voyons ces investissements comme ayant deux objectifs principaux – créer de la valeur et transformer les vies. Alors que nous n’en sommes qu’au début, les signes sont déjà prometteurs. Quelques mois plus tôt, iBM s’est engagé à coopérer avec nous et à défricher cette route ensemble. Je suis convaincu que ce sont des partenariats de la sorte qui créeront la transformation que l’Afrique désire. Les compagnies pétrolières indiennes se sont aussi avancées pour acquérir les actifs pétroliers et gaziers en Afrique et à investir dans les industries en aval. Le continent a révélé des réserves pétrolières d’environ 16

milliards de tonnes et des réserves de gaz d’environ 500 trillions de pieds cubes. ce partenariat émergent vise au bénéfice mutuel car il permettra à l’inde d’améliorer sa sécurité énergétique alors que les pays africains bénéficieront de meilleurs investissements, de meilleures institutions, de meilleures technologies, d’un environnement durable, d’un meilleur développement local, d’un meilleur développement des ressources humaines et de meilleurs emplois. Les entreprises du secteur public indien, comme riteS et WAPcoS, ont notamment réalisé certains des projets d’infrastructures les plus innovants en Afrique. L’e-network Panafricain de 125 millions de dollars représente au mieux les efforts collaboratifs indiens en Afrique. Le projet d’e-network est en train de révolutionner les services de télémédecine et de télé-éducation en Afrique et est équipé pour prendre en charge des projets d’egouvernance, d’e-commerce, info-divertissement, de cartographie des ressources, de météorologie et d’autres services dans les pays africains. Le projet est déjà entré dans sa seconde phase de développement. un aspect notable de l’engagement entrepreneurial indien en Afrique réside dans le fait que ces groupes ont promulgué des politiques d’implication à long-terme pour un partenariat durable dans cette région. de nombreuses entreprises ont respecté leurs contrats et ont initié leurs programmes de responsabilité sociale d’entreprise pour signaler de telles intentions. Au cours de la dernière demi-décennie, des entreprises comme Jain irrigation et Kirloskar Brothers Ltd. ont outrepassé leur activité de base de subvention de projets agricoles pour établir des meilleurs systèmes de gestion de l’eau pour le bénéfice de millions de personnes. L’organe philantropique de mon propre groupe, la Bharti foundation, a déjà subventionné 18 écoles dans différents


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Le continent du futur

pays où Bharti Airtel est présent en signe de son engagement envers le peuple africain.

« ces dernières années, nous avons connu une augmentation spectaculaire dans la participation d’entreprises indiennes majeures en Afrique du sud avec des fonds d’investissements indiens s’élevant à plus de 2,5 milliards de dollars et créant plus 5900 emplois. de même, les investissements sud-africains en inde ont aussi augmenté de manière stable, avec des fonds d’investissements s’élevant à 265 millions de dollars, qui ont donné lieu à la création de 3700 emplois » ELIZABETH THABETHE Députée, ministre du commerce et de l’industrie, Afrique du sud

La présence croissante des entreprises indiennes en Afrique est complétée par une expansion définitive du flux commerial bilatéral entre l’inde et l’Afrique. Le volume total des échange avec les pays africain s’est élevé de 961 millions de dollars en 1991 à 24,98 milliards de dollars en 2006-2007 pour atteindre 34,66 milliards de dollars en 20072008, 19,54 milliards de dollars en 2008-2009 et 45 milliards de dollars en 2009-2010. il est attendu que le volume des échanges atteigne 70 milliards de dollars dans deux ou trois ans. La balance commerciale s’est déplacée en faveur de l’Afrique, démontrant l’esprit du partenariat avec lequel l’inde a approché le continent, en particulier dans la région subsaharienne. L’engagement de l’inde envers l’Afrique n’est pas limité par des poches d’affluence, des concentrations de ressources naturelles ou la convergence culturelle et la similarité des langages. c’est un partenariat large avec un clair potentiel de transformation dans chacune des économies africaines. Les accords comme le South African customs union (SAcu), l’india Preferential trade Agreement (PtA) lorqu’ils seront conclus apporteront une impulsion supplémentaire à ces liens commerciaux. croissance et développement Le commerce bilatéral et les investissements ont grandement été soutenus par les lignes de crédit préférentielles du gouvernement indien et par l’assistance développementale qui a contribué à la création d’actifs en Afrique et ont agi comme des accélérateurs de développement. Lors du premier sommet indeAfrique, qui s’est déroulé à new delhi en 2008, où j’eus le privilège de participer activement étant co-hôte de l’industrie en tant que président de la confédération des industries

indiennes, le gouvernement indien a augmenté les lignes de crédit pour l’Afrique de 2,15 milliards de dollars à 5,4 milliards de dollars jusqu’en 2012. en raison du développement des ressources humaines qui est attendu pour jouer un rôle essentiel dans la croissance future de l’Afrique, l’inde s’est engagée à collaborer avec différents gouvernements africains afin de développer des institutions pour promouvoir la recherche et la formation. ces institutions ont pour but de créer et de permettre la mise en place d’un environnement à même de promouvoir l’excellence humaine. L’inde s’est engagée à créer l’india Africa institute of foreign trade en ouganda, l’india-Africa institute of information technology au Ghana, l’india Africa diamond institute au Botswana et l’india –Africa institute of education, Planning and Administration au Burundi. Les projets du partenariat inde-Afrique sont clairement inscrits dans une forte compréhension politique et un engagement économique profond et symbiotique. durant la dernière décennie, la chine s’est aussi avancée dans ses engagements envers l’Afrique, en se concentrant principalement dans les minéraux, les métaux et le pétrole. cette intervention a incité le gouvernement et l’industrie indienne à s’avancer dans ses engagements envers l’Afrique. Pendant tout ce temps, le partenariat à créé une forte impression dans l’ordre économique global. cité comme phare de coopération sud-sud, le partenariat inde-Afrique détient le potentiel pour renforcer les systèmes de gouvernance globaux et pour démocratiser les institutions multilatérales. ce qui rendra cela possible ce sont les millions de contacts entre les 1,2 milliards de personnes du côté indien et les 1,03 milliards de personnes du côté africain. cette relation est clairement vouée à passer à l’étape supérieure au cours de la décennie à venir.


(En haut) Une usine établie par Ranbaxy, une entreprise pharmaceutique indienne, à Johannesburg. (Au-dessus) La Bank of India (Tanzanie) Ltd. à Dar es Salaam. (À gauche) Un vignoble à Stellenbosch, vallée de Cape Winelands, l’une des principales régions productrices de vin en Afrique du sud. Les vins sud-africains sont exportés en Inde.


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Le continent du futur

Le nouveAu dynAMiSMe deS LienS coMMerciAux « L’inde est naturellement le partenaire de l’Afrique. toutes deux partagent une histoire commune et font face à des défis similaires. La croissance que l’inde a réalisé ces dernières années est spectaculaire. elle peut appliquer son expertise dans le développement du commerce en Afrique. nous faisons face à des défis dans les secteurs de l’éducation et de la santé que le gouvernement indien, ainsi que les entreprises privées, peuvent nous aider à relever. L’inde et l’Afrique sont des partenaires stratégiques. Les compétences technologiques supérieures de l’inde pourraient aussi s’avérer utiles dans le développement des ressources en Afrique » DR. ABDIWELI MOHAMED ALI Député, premier ministre et ministre de la planification et la coopération internationale, Somalie

(En haut) Bourse nigériane à Lagos. (À droite) Conteneurs au port d’ Alger.

Sanjay Kirloskar Le nouveau dynamisme dans les relations indeAfrique, illustré par la coopération sud-sud et mise en application grâce au partage des connaissances et des technologies appropriées, est destiné à changer le commerce global et les flux d’investissements. ce dynamisme a été reflété par l’année 2010, l’année non déclarée de l’Afrique et de l’inde. L’inde a été l’hôte d’au moins huit hauts diplomates africains provenant des Seychelles, du Ghana, de l’Afrique du sud, du Botswana, du Mozambique, du Kenya et d’Éthiopie. ces visites de haut rang tout au long de l’année ont démontré que l’inde et l’Afrique ont la volonté d’étendre leur coopération politique et développementale. Les investissements des entreprises privées indiennes en Afrique sont en train d’augmenter et sont de plus en plus facilitées par des alliances stratégiques et

des coentreprises, des marchés ouverts, des lois favorables aux investissements étrangers, des accès aux marchés régionaux et globaux, la disponibilité des ressources naturelles et une relative stabilité politique. L’inde a été à la tête des développements dans le domaine des applications tic, du développement groupé de PMe, de la révolution agricole ainsi que de nombreux autres projets. L’inde est devenue le fournisseurs en logiciels du monde et ses technologies ont connu une évolution importante d’une économie tournée vers les importations en termes de semences, jusqu’à devenir une économie exportatrice de semences. Le développement de l’inde et de ses technologies AAA (Appropriées, Adaptables et abordables) a trouvé un écho dans les économies africaines. La


« Les relations politiques, sociales et économiques entre l’inde et le Ghana remontent à des années en arrière. Les africains gagnent du transfert de technologies apporté par l’inde. cette relation est égalitaire et n’est pas fondée sur un sentiment de supériorité de l’une des parties envers l’autre » a-t-elle déclaré. « elle n’est pas nominative. c’est ce qui facilite cette relation » HANNAH TETTEH Ministre du commerce et de l’industrie du Ghana

(En haut) Un SUV demarque Mahindra & Mahindra à Gauteng Motorshow en 2010. (À droite) Les mines de cuivre de Konkola en Zambie, gérées par la SARL Vedanta Ressources, une société minière appartenant à un indien non-résident. (En haut, tout à droite) Eleni Z. Gabre-Madhin, PDG d’Ethiopia Commodity Exchange. (En-dessous, tout à droite) Des ouvrières dans une usine d’Antananarivo, capitale de Madagascar.


deS AccÉLÉrAteurS du chAnGeMent Le gouvernement indien étend sa concession de lignes de crédit (Locs) aux pays pauvres d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. destinées à donner une impulsion à la coopération économique, ces lignes de crédit sont une forme de prêt léger qui permet aux pays emprunteurs d’entreprendre des projets de développement d’infrastructures et des ressources. Jusqu’à maintenant 123 lignes de crédit d’une valeur de 5,02 milliards de dollars ont été accordées par le gouvernement indien pour des projets dans de nombreux pays en développement. La somme maximale a été attribuée à des pays africains dont l’Angola, le Bénin, le Burkina faso, le cap vert, la république démocratique du congo, l’Érythrée, la côte d’ivoire, le Lesotho, le Mali, la Mauritanie, la namibie, le rwanda, le Sénégal, les Seychelles, le Sierra Leone, le Swaziland et la tanzanie. Les projets approuvés incluent une grande

« L’inde est un modèle de par la manière dont elle est devenue un acteur clé du monde. en Afrique, il existe une croyance selon laquelle on ne peut ouvrir une entreprise que si l’on a beaucoup d’argent. Mais les indiens commencent avec de petits fonds et un soutien familial et en l’espace de quelques années, ils se retrouvent à tête d’entreprises employant une centaine de personnes. Je veux encourager cet état d’esprit » VINCENT KAREGA Ministre des infrastructures du Rwanda

(En haut) Un tracteur fabriqué en Inde dans un ferme en Ouganda. (À droite) Le World Trade Centre de Mumbai, hôte de l’Exim Bank.

variété de secteurs comme l’informatique, l’agriculture, l’approvisionnement en eau, la fabrication et la transmission d’électricité et les parcs industriels. 5,4 milliards de dollars en plus ont été accordés par le gouvernement indien durant le premier sommet inde-Afrique sur le développement des ressources dans les pays africains. ces lignes de crédit ont non-seulement contribué au développement socio-économique des pays bénéficiaires et généré une énorme bienveillance à l’égard de l’inde, mais ont aussi contribué à renforcer la puissance économique croissante de l’inde dans de nombreux secteurs et ont permis aux entreprises indiennes de conclure des contrats et des commandes de biens et services. ces commandes ont aussi aidé les entreprises indiennes à générer des échanges supplémentaires purement commerciaux. (Source : rapport annuel MeA 2009-2010)


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Le continent du futur

commerce inde-Afrique 35,000 30,000

exPortAtionS

iMPortAtionS

voLuMe totAL

en uSd (MiLLionS)

25,000 20,000 15,000 10,000 5,000 0

2000-01 2001-02 2002-03 2003-04

2004-05 2005-06

2006-07 2007-08 2008-09

2009-10

Source: department of commerce, System of foreign trade Performance Analysis (ftPA)

L’Afrique est le continent de la croissance future L’Afrique, dans nos esprits, est le continent de la croissance future. Sa population est d’environ un milliard de personnes. La majorité des pays africains ont réformé leurs politiques économiques et aujourd’hui leur croissance est bonne. et je pense que l’Afrique va croître de la même manière que la chine et l’inde de ces dernières décennies. nous sommes donc très optimistes sur le sort de l’Afrique. nous pouvons apporter nombre de nos technologies en Afrique. nous sommes spécialisés dans les produits hautement technologiques à faible coût pour les familles à bas revenus, ce qui est très adapté pour l’Afrique ADI GODREJ, un industriel indien, lors d’un interview pour le magazine Forbes. Godrej Consumer Products Ltd. a acquis la marque nigérienne de produits de santé, Tura, en 2010.

volonté croissante du secteur privé indien de relocaliser ses centres de production en Afrique a permis de forger de nouveaux partenariats. Les entreprises indiennes cherchent une niche stratégique en faisant d’elles des partenaires clés dans les priorités développementales de chaque pays. en se focalisant particulièrement sur l’Afrique et sa proximité politique croissante, les industriels indiens ont le sentiment qu’il est temps de collaborer dans des domaines qui serviront d’exemple dans la coopération sud-sud grandissante. Le développement de cette nouvelle synergie commerciale a été le point central de la tâche accomplie par la confédération industrielle indienne (cii). La réunion annuelle entre la cii et exim Bank sur le

projet de partenariat inde Afrique, qui a débuté en 2005, est devenu le moyen le plus concret pour les politiciens indiens et africains, les dirigeants d’entreprises et les académiciens de partager des connaissances et des réseaux pour de futures collaborations entrepreunariales. nous avons réalisé des résultats remarquables lors des sept dernières réunions. il est temps d’accélérer le processus d’implication économique et de porter soutien aux nouvelles initiatives dynamiques qui vont de l’avant. ce processsus doit être conçu grâce à une stratégie durable, des technologies innovantes ainsi que des investissements dans le développement des ressources humaines. en tant que partenaires de longue date, l’inde et l’Afrique ont un bel avenir devant eux.


Un partenariat poUr la sécUrité alimentaire Renu Modi maître de conférence au centre pour les études africaines, Université de mumbai


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la population d’afrique, qui vient tout juste de dépasser le milliard, est en train de croître de 24 millions d’individus par an et en sera au double en 2050. cette croissance rapide combinée avec la baisse de production de denrées alimentaires a soulevé des questions qui doivent être abordées de manière urgente. lors du premier sommet inde-afrique de new Delhi en 2008, l’agriculture a été identifiée comme étant un secteur prioritaire dans cette collaboration bilatérale

(En haut) Le président du Cameroun, Paul Biya, conduisant le premier tracteur assemblé à l’usine de Sonalika Tractors, une société indienne. (À droite) Une femme sourit pendant qu’elle vérifie les plants de maïs dans une petite exploitation agricole de Chinhamora, à environ 50 km au nord d’Harare. Le Zimbabwe est une économie qui dépend fortement de l’agriculture. (Au verso) Une vaste exploitation agricole en Afrique du sud.

Un partenariat poUr la sécUrité alimentaire

l

’index global des prix de l’alimentation (FFpi) de l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) a atteint son pic de record en février 2011, le plus haut (à la fois en termes réels et nominaux) depuis 1990, lorsque l’index fut créé, principalement en raison du fort prix des céréales, de la viande et des produits laitiers. Dans le continent africain, le prix des céréales secondaires a constamment augmenté. il est évalué que la population mondiale, estimée à 6,8 milliards en 2009, augmentera exponentiellement pour atteindre 9 milliards en 2050. la population d’afrique, qui vient tout juste de dépasser 1 milliards d’individus, est en train d’augmenter de 24 millions d’individus par an et sera doublée en 2050. cette population croissante et la diminution de la production de nourriture est un problème qui doit être abordé de manière urgente. lors du premier sommet inde-afrique de new Delhi en 2008, l’agriculture a été identifiée comme étant un secteur prioritaire dans la collaboration entre les deux régions.

avec le compte à rebours de la population, il est prévu que les domaines d’intervention de la sécurité alimentaire et de l’agriculture soient au cœur des futurs sommets et du grand partenariat inde-afrique. environ 65 pour cent de la population subsaharienne de l’afrique vit en zone rurale tout comme la force ouvrière. par exemple, en tanzanie, le secteur agricole fournit un moyen de subsistance pour plus 80 pour cent de la population et est la pierre d’angle de l’économie. les agriculteurs sont majoritairement de petits exploitants agricoles qui ont une production faible à cause d’outils de production et de technologies agricoles rudimentaires, de la vulnérabilité aux conditions de sécheresse, de la diminution de la fertilité de la terre, du changement climatique, de faibles investissements et de faibles capitaux qui ont conduit à une basse production par superficie. De plus, le continent est sujet à des chocs externes comme la dégénération de l’économie globale de l’année 2008 et la brusque montée du prix des denrée de


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Un partenariat poUr la sécUrité alimentaire

consommations courante comme les céréales, la viande et les produits laitiers. pour les pays à faible revenu dépendant fortement des importations, en particuliers pour ceux n’ayant que peu d’accès aux marchés étrangers, l’importation de la nourriture à de forts coûts n’est pas une option viable. l’augmentation du prix de l’alimentation conduit à l’érosion du pouvoir d’achat qui a des conséquences nocives sur les dépenses sociales et la sécurité alimentaire, sur la nutrition et l’accès à l’éducation et aux services de santé. Face à ce contexte, la sécurité alimentaire est un problème à régler en urgence sur le continent africain.

le secteur agricole peut bénéficier d’une immense impulsion à travers des investissements directs fondés sur le partenariat et les bénéfices réciproques et par conséquent créer une « terre d’actifs ». les investissements indiens peuvent combler le fossé critique des infrastructures de base comme l’électrification des zones rurales, la construction de routes et de réseaux d’eau, les infrastructures d’irrigation, l’avancement technologique et le développement des ressources

(En haut) Un atelier de textile, au Chad, qui produit grâce à des machines fournies par une entreprise indienne. (À droite) Des techniciens analysant des plantes dans un laboratoire à Iba Dan, Oyo, Nigéria.

« la sécurité alimentaire existe lorsque toute la populations, en tout moment, ont un accès physique, social et économique suffisant et sûr à de la nourriture qui satisfait leurs besoins nutritifs et leurs préférences alimentaires pour une vie active et saine » déclare la Fao. le concept de sécurité alimentaire entra dans le domaine public peu temps après la seconde Guerre mondiale et conduisit à la création d’une agence spécialisée des nations unies, la Fao, qui se focalisa sur la production d’une quantité adéquate de denrées alimentaires nécessaire à éliminer la famine. Dans les années 1980, le prix nobel, amartya sen, dans son travail préliminaire, « poverty and Famine : an essay on entitlement and Deprivation » (pauvreté et famine, une étude sur le droit et la privation) (1981) signala que « la famine est caractéristique de certaines personnes n’ayant pas assez de nourriture pour manger à leur faim. cela ne signifie pas qu’il n’y pas assez de nourriture ». il accentua son analyse sur le droit des individus et des foyers à la nourriture et par conséquent l’aspect de la demande de sécurité alimentaire entra dans

le lexique politique au niveau local et national. le continent africain, bien qu’assailli par le problème de la sécurité alimentaire, détient aussi un grand potentiel dans le secteur agricole. lors de la session d’ouverture de la conférence des ministres de l’agriculture africains (cama) le 28 octobre 2010, le président du malawi, Bingu wa mutharika, dirigeant de l’Union africaine, signala qu’avec seulement 10 pour cent des terres arables cultivées, le continent pouvait devenir le panier alimentaire du monde. selon le programme de développement pour l’agriculture africaine (caapD) du nouveau partenariat pour le développement de l’afrique (nepaD), le secteur agricole a été identifié comme étant un domaine pouvant relever le défi « d’une solution durable à la famine et à la pauvreté en afrique » et accentua le rôle de l’agriculture en tant que « moteur de croissance ». selon la Fao (2008), seuls 14 pour cent des 185 millions d’hectares arables de l’afrique sont cultivés et 21 millions d’hectares sont en état de « dégradation accélérée ». afin de realiser le potentiel des vastes terres d’afrique, cette dernière doit regarder vers l’extérieur, forger des partenariats et rechercher des investissements qui puissent subvenir aux graves problèmes de souscapitalisation. le secteur agricole pourrait bénéficier d’une immense impulsion grâce à des investissements directs étrangers fondés sur le partenariat et la réciprocité et par conséquent créer « une terre d’actifs ». les investissements indiens peuvent subvenir au fossé critique des infrastructures de base comme l’électrification des zones rurales, le réseau routier et le réseau d’eau, les installations d’irrigation, l’actualisation des technologies et le développement des


(À gauche) Des arroseurs automatiques dans une exploitation légumière à Philipi, Cape Town, Afrique du sud. Environ 80 pourcent des légumes de Cape Town sont cultivés dans cette région. (En haut) Des techniciens de Jain Irrigation, une entreprise indienne, travaillant avec des agriculteurs nigérians près d’une pompe dans une rizière du Lagos, au Nigéria. Le riz est la nourriture de base du Nigéria. (En haut) Une femme à la Karuturi Flower Farm, appartenant à une société indienne, inspectant des roses dans une serre d’Holeta, la plus grande serre rosière d’Éthiopie.


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Un partenariat poUr la sécUrité alimentaire

ressources. le modèle indien combinant démocratie et développement inspire confiance et attire de nombreux pays africains.

il est prévu que la croissance économique de l’afrique subsaharienne progresse de 1,8 pourcent en 2009 à 4,9 pourcent en 2010. parmi les régions en développement, le taux de croissance de l’afrique subsaharienne sera au troisième rang après l’inde et la chine et fournira un climat favorable pour les investissements étrangers

(En haut) Des agriculteurs éthiopiens dans une ferme de Karuturi à Holleta donnent une touche finale au roses avant qu’elles ne soient emballées pour l’exportation. (À gauche) Des agriculteurs tunisiens récoltent un champ de blé. Le blé et l’orge comptent parmi les principales plantations de la Tunisie.

développement de l’afrique sub-saharienne seraient au troisième rang (c’est-à-dire, après l’inde et la chine) et au-dessus de ceux de l’europe, de l’asie centrale, de l’amérique latine, du moyen-orient et de l’afrique du nord, qui fournissent un climat qui attire les investissements globaux et dont les entreprises indiennes font partie.

lors du premier sommet inde-afrique de 2008 qui s’est déroulé à new Delhi, le président de la tanzanie et ex-dirigeant de l’Union africaine (Ua), Jakaya mrisho Kikwete, a donné voix aux préoccupations africaines concernant la sécurité alimentaire et exhorté l’inde à investir dans le développement des ressources de ce secteur crucial. « si nous étions capables d’accroître la productivité de l’agriculture africaine, l’afrique serait non seulement capable de se nourrir elle-même mais aussi d’avoir d’énormes surplus à revendre au monde. l’inde possède la technologie et les capacités, qui, si mises à disposition de l’afrique, pourraient certainement aider à mettre en place la révolution verte africaine », a-t-il déclaré.

le secteur privé indien est le principal vecteur par lequel les investissements du secteur agricole sont effectués. De nombreuses entreprises comme angelique international, Jain irrigation, Karuturi Global ltd (KGl), Kirloskar Brothers limited (KBl), mahindra and mahindra (m&m), ruchi soya, renuka sugars entre autres ont établi leur présence dans divers pays et dans les secteurs agricoles ou les secteurs liés à l’agriculture. De plus, de nouveaux acteurs comme Yes Bank et mcleod russel, sont en train de faire une incursion dans le secteur agricole du continent.

les pays d’afrique sont nombreux et asymétriques en termes de taille de nation, de place et les avantages ainsi que leurs limites de leurs position géographique, de leurs infrastructures, de leur cadre politique, de leur développement, de leur taux de croissance, de leur niveau de revenus et de leur indice de développement. il est donc impossible de dépeindre le vaste continent en une seule ligne. mais la tendance générale est à l’ascendance en termes d’évolution marquée politique et économique, par un plus grand degré de démocratisation et une tentative de meilleure gouvernance économique dans de nombreux pays. De plus il a été évalué que la croissance économique de l’afrique subsaharienne a augmenté de 1,8 pour cent en 2009 et de 4,9 pour cent en 2010. parmi les régions en développement, les taux de

KBl fournit des systèmes de pompage dôtés de la technologie triple a — adaptable, approprié et abordable. ceci peut aider à satisfaire les besoins en irrigation de nombreux pays en afrique. la popularité de la pompe KBl peut être évaluée par le fait que chaque pompe en égypte est appelée un Kirloskar ! les investissements KBl au sénégal sont un exemple de succès qui doit être partagé et reproduit. l’usage des pompes à eau KBl a conduit à l’amélioration de la superficie totale cultivable et le sénégal peut maintenant satisfaire 40 pour cent de sa demande locale de riz en comparaison des 19 pour cent avant la mise en place du projet il y a tout juste 5 ans. en 2008, le sénégal eut sa toute première saison de récolte sèche et a récolté 60.000 tonnes de riz. les impressionnants chiffres de production parlent d’eux-mêmes, de


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Un partenariat poUr la sécUrité alimentaire

100.000 tonnes en 2006 la production a augmenté quatre fois en environ 2 ans. lors de la saison juin 2009-2010, le pays a produit 546.000 tonnes de riz avec pour objectif 750.000 tonnes en 2015. l’afrique de l’ouest est maintenant en voie de dévenir un importateur net de riz de l’un de ses voisins exportateurs pour la seconde décennie du 21ème siècle. Jain irrigation, un fournisseur de premier plan de services d’irrigation et d’installations agricoles, a tenté de développer des innovations en conservation de ressources (en eau) et a partagé sa technologie de la microirrigation avec de nombreux pays africains. cette technologie apporte les moyens d’irriguer plus de terre avec moins d’eau (économies d’eau) ; plus de récoltes avec moins d’eau (sécurité alimentaire) et plus de production alimentaire avec moins d’énergie (sécurité énergétique). cette entreprise est un fournisseur de solutions intégrées en agriculture, de la production au conditionnement. elle a aussi fait une incursion dans le domaine des énergies solaires et alternatives et est en train de travailler à l’introduction de systèmes d’irrigation et de pompe innovants basés sur l’énergie solaire. aujourd’hui, cette entreprise est présente dans plus de 15 pays. le slogan de cette entreprise est « plus de récoltes par goutte » par l’économie d’eau et le partage de la technologie de micro-irrigation et d’arroseurs et ces installations agricoles ont contribué à la réalisation de la sécurité alimentaire sur le continent.

Un ferme de coton au Mali.

Kakuturi Global ltd (KGl), une entreprise qui se classe parmi les 25 plus grosses entreprise multinationales agricoles du monde a réalisé des investissements considérables dans la floriculture et les opération agricoles en

éthiopie, au Kenya et en inde. KGl, qui est le plus gros producteurs de roses coupées du monde, a pour objectif de « récolter le potentiel de l’afrique et ce faisant, de subvenir à la sécurité alimentaire globale ». l’entreprise vise de plus à cultiver des denrées alimentaires comme les céréales (riz et maïs) et les légumes frais pour commercialiser ces denrées en éthiopie et dans la région comesa. les opérations de KGl en afrique de l’est ont créé des opportunités d’emploi pour les ouvriers qualifiés et non qualifiés et ont donc contribué à générer des moyens de subsistance et à développer les ressources des pays d’accueil. les entreprises indiennes sont aussi impliquées dans la mise en place de la responsabilité sociale d’entreprise (rse) qui leur permet d’atteindre des populations extérieures et de s’intégrer à la communauté locale. par exemple, Karuturi a permis la préservation de l’environnement par l’utilisation de serres, de générateurs d’énergie par biomasse, par la collecte d’eau de pluie et par l’utilisation d’engrais et de produits chimiques écologiques. le gouvernement indien a joué un rôle essentiel dans la répartition des investissements indiens dans les secteurs agricoles et les autres secteurs liés à travers la banque eXim, une entreprise du gouvernement indien qui fournit des prêts (locs) pour soutenir les investissements globaux. Des 133 loc attribués dans le monde par l’inde, 89 ont été alloués à 47 pays africains. la banque apex a joué un rôle important dans la promotion de l’agenda pour la sécurité alimentaire en facilitant les investissements pour l’achat d’équipements agricoles indiens comme des tracteurs et des récolteuses et par l’installation de petites et moyennes usines de conditionnement des


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Un partenariat poUr la sécUrité alimentaire

denrées agricoles, de pompes à moteur, d’installations d’irrigation et en bâtissant des industries sucrières et d’autres pme agricoles à travers tout le continent.

le partenariat inde afrique, fondé sur la réciprocité, pourrait devenir essentiel à la quête de sécurité alimentaire et à la transformation de l’agriculture qui nourrit et soutient des milliards de personnes dans ces deux régions. ce partenariat pourrait donner une grande impulsion à la vision de l’Ua pour un continent dynamique et en pleine renaissance à travers une gestion durable des terres et de l’eau, l’amélioration des infrastructures rurales et l’accroissement des réserves alimentaires

(En haut) Une fille passe devant une bannière du Forum pour la révolution verte africaine au centre de conférences international d’Accra au Ghana, en septembre 2010. (À gauche) Une rizière au Sénégal.

mais surtout, la politique indienne d’implication avec l’afrique est basée sur la demande des parties africaines et sur la complémentarité des intérêts. Dans ce contexte, il est important de souligner que le gouvernement indien encourage les initiatives des entreprises privées indiennes en afrique uniquement sur invitation des gouvernements africains et affirme résolument que les lois des pays d’accueil doivent être respectées. la principale portée de l’engagement indien consiste dans le développement des ressources naturelles et humaines. le gouvernement indien a aussi contribué à initiatives de développement de ressources. l’inde est en train de fournir 300 nouvelles bourses, en particulier dans les sciences agricoles, par la commission de l’Union africaine et qui doivent être attibuées par le département des recherches agricoles et de l’éducation (Dare) et par le conseil indien sur la recherche agricole (icar). soixante-quinze étudiants (25 doctorats et 50 masters) seront

chaque année inscrits pour une période de quatre ans. De plus, l’icar fournira aussi 2 à 4 semaines de formation personnalisée en préservation et en utilisation de l’eau, en production de semences, en équipements de plantation et de gaulis, en production de bétail, en pêcherie, en mécanisation d’exploitations agricoles, en conditionnement post-récolte et en ajout de valeur. ces formations fourniront un engagement continu et il est prévu que les capacités acquises soient enseignées à leur tour dans leurs pays d’origine. le partenariat inde-afrique, fondé sur la réciprocité, pourrait par conséquent devenir essentiel à la quête de sécurité alimentaire et à la transformation de l’agriculture qui nourrit et soutient des milliards de personnes dans ces deux régions. ce partenariat pourrait donner une grande impulsion à la vision de l’Ua d’un continent dynamique et en pleine renaissance à travers une gestion durable des terres et de l’eau en améliorant les infrastructures rurales et en accroissant les réserves alimentaires. ces mesures vont devenir la pierre angulaire d’une sécurité alimentaire à long terme dans le continent.


Forger un nouveau partenarait pour la sécurité Par le lieutenant général (retraité) Rajender Singh ancien commandant de forces armées pour les missions des nations-unies en éthiopie et en érythrée


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aujourd’hui, l’afrique s’implique plus activement que jamais dans les questions sécuritaires et géostratégiques de nombreux acteurs extérieurs et est un continent qui ressort rapidement comme étant l’une des destinations les plus sollicitées pour les engagements bilatéraux de nombreux pays

(En haut) Les officiers de l’armée indienne avec des membres de l’ex-Hot Dunes, un commanda du Botswana, durant un exercice commun au Botswana, en 2011. (À droite) Des cadets de l’armée indienne aux côtés de leurs homologues nigérians à la National Defence Academy de Kaduna au Nigéria, en 2007.

Forger un nouveau partenarait pour la sécurité

l

es relations entre l’inde et l’afrique sont conditionnées et dynamisée par nos liens historiques et les fortes bases politiques du passé. l’approche de new Delhi envers le continent africain revêt un sens de l’équilibre entre nos valeurs et nos intérêts. elle prend en compte la diversité de l’afrique ainsi que les politiques des autres acteurs majeurs. aujourd’hui, l’afrique s’implique aussi dans les questions sécuritaires et géo-stratégiques de nombreux acteurs extérieurs plus que jamais et est un continent qui ressort rapidement comme étant l’une des destinations les plus sollicitées pour les engagements bilatéraux de nombreux pays. l’afrique est nettement sur le point de subir un renouveau et l’inde à l’intention de jouer une rôle actif dans la transformation du continent. toutefois, lorsque les différentes parties de l’afrique étaient déchirées par des conflits et que le retour et le maintien de la paix devint une priorité, l’inde apporta son soutien aux nations unies pour les missions de maintien de la paix dans de nombreux pays africains dont le congo, la somalie, le libéria, le Burundi, le soudan, l’éthiopie et l’érythrée.

l’inde doit par conséquent s’avancer dans des initiatives de défense coopératives avec l’afrique dans un esprit de confiance mutuelle. pour analyser cette question, permettez-moi de partager certaines de mes impressions concernant l’afrique. expérience en angola Mon expérience en afrique date de 1955 lorsque je fus envoyé en tant que commandant régional de la mission de maintien de la paix unaveM iii. pour quelqu’un qui n’avait jamais eu la chance de s’aventurer en afrique, cela fut l’expérience la plus unique. en dépit du couvre-feu entre les rebelles et les forces gouvernementales, des tensions persistaient et chacune des parties n’était pas prête à croire en l’autre. les nations unies me désignèrent comme commandant de la région centrale et cela fut une tâche difficile car les quartiers rebelles étaient basés là. Bien que la présence de la diaspora indienne en angola fut moindre, l’une des choses qui me choqua fut l’incroyable bienveillance que les angolais entretenaient envers l’inde et le fait que presque tout le monde connaissait Mahatma gandhi, Jawaharlal nehru et indira gandhi.


l’inde peut jouer un rôle majeur dans l’amélioration et la formation de l’administration et de l’organe sécuritaire afin de répondre aux défis émergents. ceci peut être aisément coordonné et supervisé sous l’égide de l’union africaine


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Forger un nouveau partenarait pour la sécurité

lorsque les troupes indiennes arrivèrent les journaux du jour suivant saluèrent leur arrivée en proclamant que les troupes de maintien de la paix étaient arrivées du pays de Mahatma gandhi. cette sorte de bonne volonté et de confiance envers l’inde dut être un facteur important qui me facilita beaucoup la tâche. lors de l’arrivée en angola, je fus en effet surpris par la beauté du pays. sans cette agitation interne, l’angola aurait été l’un des pays les plus riches au monde en raison de ses ressources naturelles comme les diamants, les minéraux et le pétrole. toutefois, c’était un pays déchiré par la destruction massive d’infrastructure et des individus vivant dans une pauvreté abjecte. il y avait beaucoup de choses à faire pour les pays désirant s’impliquer et aider l’angola à reconstruire ses infrastructures comme les chemins de fer, les routes et les ponts. Je fus plus tard amené à comprendre que l’inde s’était en fait avancée et avait contribué à la reconstruction de cette nation merveilleuse.

(Dans les sens des aiguilles d’une montre à partir d’en haut à gauche) Des soldats de l’armée indienne lors d’une mission de maintien de la paix en République démocratique du Congo. Des kényans du port de la ville de Mombase dans un camp médical établi par des officiers de la marine indienne. Des uniformes exposés au musée du centre de formation de l’armée indienne à Holeta, Éthiopie. Les officiers de la marine kényans à bord de l’INS Ganga, le navire à missiles guidés de la marine indienne, dans le port d’escale de Mombasa.

Mon séjour en angola pendant l’année qui suivit s’avéra riche en événements et riche en hauts et en bas du point de vue de la gestion de la sécurité. Mais en dépit de ces problèmes, nous fûmes capables de surmonter avec succès la majorité de ces situations et de convaincre les rebelles de l’unita de cesser le feu et de nous rejoindre en camps de réinsertion (aires de quartier, comme elles étaient appelées) pour faciliter le processus de paix. l’une des raisons principales de cette confiance était la bonne volonté que nous avions insuflé grâce à de nombreux programmes humanitaires lancés par les forces des nations unies, en particulier le contingent indien dans l’aide aux populations civiles.

éthiopie et érythrée Mon incursion dans la société et la culture africaine s’approfondit encore durant mon mandat en tant que commandant des forces de maitien de la paix en éthiopie et en érythrée (unMee) en 2006. cette fois-ci, je fus en mesure d’intéragir et de ne plus être seulement du côté des échelons supérieur des deux gouvernements ; je fus aussi initié à la gouvernance de l’union africaine qui était basée à addis abada. avec la mission des nations unies déployée sur une large zone en érythrée et en éthiopie, il me fus aussi donné de faire l’expérience des conditions de vie des populations civiles de ces pays. les deux représentants spéciaux du secrétaire général des nations unies ainsi que moi-même dûmes travailler extrêmement dur pour préserver la paix dans cet environnement stimulant. Dans cette situation, le fait d’être indien fut certainement une aide. en éthiopie et en érythrée, les individus manifestaient une extrême bienveillance envers l’inde. la majorité des dirigeants politique et des membres importants de la société civile avaient des déclarations chaleureuse à faire aux indiens. ils se rappelaient souvent leurs professeurs indiens avec une nostalgie affectueuse. De nombreux anciens généraux parlèrent aussi de leurs instructeurs à l’academie militaire indienne de manière similaire. l’armée indienne, qui servit en afrique en tant que « bon soldat de la paix » fut capable de participer de manière importante aux opérations de maintien de la paix. l’image de l’inde a toujours brillé pour l’afrique car nos troupes ont opéré avec un professionnalisme admirable, de l’ingéniosité et de la compassion. elles furent au devant de la situation dans l’apport de secours aux populations civiles souffrantes. tout en


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Forger un nouveau partenarait pour la sécurité

effectuant leur tâche de manière professionnelle et avec dévouement, elles ne perdirent jamais contact avec le pouls de la société civile de laquelle elles avaient toujours compris la détresse.

l’armée indienne qui servit en afrique de « soldat de la paix » s’est remarquablement démarquée dans toutes les opérations de maintien de la paix des nations-unies. l’inde a toujours brillé en afrique car ses troupes ont toujours opéré avec un professionnalisme, une inventivité et une compassion exceptionnelle

(En haut) Des officiers africains au National Defence College de New Delhi. (À droite) Un contingent de l’armée indienne protège des villageois en République démocratique du Congo durant une mission de maintien de la paix.

Durant mon mandat en tant que commandant des forces armées des nations unies, un programme intitulé « cœurs gagnants » fut lancé qui enjoignait les forces des nations unies à colaborer avec les projets développementaux afin de gagner le cœur des populations. De cette manière, nous avons adhérer à certaines directives comme d’accorder la priorité à la réinsertion de la jeunesse sans emploi et au réétablissement des réfugiés déplacés durant la guerre. un effort coordonné et soutenu fut effectué dans l’apport d’une assistance dans la consultations des administrations civiles locale des deux pays. tous les efforts furent apporté afin de garantir les besoins basiques comme la nourriture, l’eau, l’aide médicale et vétérinaire. l’assistance se porta aussi sur la construction d’infrastructures comme les bâtiments, les barrages submersibles, le creusage de puits, la reconstruction des écoles, etc. ce programme fut supervisé principalement par le contingent indien qui utilisa ses propres ressources et fonds fournis par le gouvernement indien. J’eus aussi l’opportunité d’intéragir avec de nombreux ministres étrangers, ministres de la défense et chefs des armées des pays africains comme le Kenya, le nigéria, l’afrique du sud, etc. la majorité d’entre eux mit en valeur le grand potentiel dans l’amélioration de la coopération de défense avec l’inde, en particulier dans le domaine des réformes


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Forger un nouveau partenarait pour la sécurité

de formation et de sécurité. notre ambassadeur en éthiopie initia aussi un nombre d’autres mesures qui contribuèrent à l’amélioration du niveau de coopération avec l’éthiopie et l’union africaine dont une coopération dans la défense.

actuellement, l’inde effectue des coopérations militaires avec presque un tiers des nations africaines. ces missions incluent la présence d’équipes de formation militaire dans de nombreux pays dont le Botswana, la Zambie, le lesotho, les seychelles et l’éthiopie

(En haut) Une délégation d’officier de l’armée soudanaise au Military College of Telecommunication Engineering de Mhow en Inde, en 2008. (À droite) Le premier contingent de maintien de la paix composé uniquement de femmes comprenant plus de 100 policières, arriva au Libéria en 2007 pour aider au maintien de la paix dans ce pays d’Afrique de l’ouest.

coopération dans la défense Bien qu’aujourdhui de nombreux pays développés dans le monde soient impliqués dans la reconstruction du continent africain, peu ont la chance de bénéficier des l’avantage que l’inde possède. l’autre aspect dans lequel l’inde est avantagé par rapport aux autres réside dans le fait que ses motifs n’aient jamais été mis en doute. après mon arrivée, lorsque j’appelai le premier ministre éthiopien, il m’acceuillit en me déclarant que je venais d’un pays qui était bien plus qu’un ami de l’éthiopie et était plus comme un vrai frère. les dirigeant d’érythrée manifestèrent aussi de similaires sentiments chaleureux. Bien que la situation sécuritaire soit améliorée récemment, l’insécurité de l’environnement est toujours un problème dans certains pays africains ; par conséquant, ces pays ont un besoin urgent non seulement de gouvernance dans cette voie mais aussi d’apporter des réformes sécuritaires urgentes. À ce propos, l’inde peut jouer un rôle majeur et peut diriger un programme pour propulser et former les administrations et les forces de défense de ces pays pour relever les défis. ceci peut être aisément coordonné et supervisé sous l’égide de l’union africaine. l’inde détient la seconde plus importante armée dans le monde et a démontré que ses parties prenantes dans le système international a employé avec succès ses

activités de coopération militaire au niveau global. un élément important de nos politiques actuelles s’appuie sur une coopération dans la défense avec des pays sélectionnés en afrique afin d’aider leurs forces à travers des programmes de formation et à travers l’exposition aux meilleures pratiques et au professionnalisme des forces armées indiennes. nos hautes normes de formation et d’infrastructures sont un facteur majeur qui contribue à cette coopération. la présence d’officiers anglophones parmi les armées africaines, en grand nombre, à facilité la désignation d’officiers formateurs. en tant partie intégrante de la coopération dans la défense, l’inde a étendu la formation à un grand nombre d’officiers militaires africains au fil des ans dans de nombreuses institutions militaires. actuellement, l’inde a des activités de coopération militaire, principalement liées aux formation sur terrain avec presque un tiers des nations africaines. ceci inclue la présence d’équipes de formation militaire dans de nombreux pays incluant le Botswana, la Zambie, le lésotho, les seychelles et l’éthiopie. ces équipes de formateurs étaient auparavant déployées au nigéria et en tanzanie. De plus, nombre de ces activités de coopération militaires sont aussi en cours avec d’autres nations. la participation active de l’inde dans le maintien de la paix de l’onu et afrique a aussi conduit à ce que les contingents indiens jouent un rôle important dans la formation du personnel militaire dans les zones en proie aux conflits comme le congo, le soudan, le Mozambique, le rwanda et l’angola dans le processus de paix. l’approvisionnement en équipement militaire pour certains pays


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Forger un nouveau partenarait pour la sécurité

comme le Kenya et les seychelles a aussi été entrepris dans le passé.

la sécurité maritime est l’une préoccupations majeures dans cette région. l’inde peut établir un système de coopération régionale avec les pays littoraux de l’océan indien pour lutter contre les menaces émergeant d’acteurs non-étatiques du terrorisme, du banditisme et de la piraterie

(En haut) Une réception pour la marine indienne à Maputo, Mozambique. Quatre navires de la marine indienne de la flotte ouest se sont rendus dans le port de Maputo en 2010. (À gauche) Des commandos de la marine indienne lors d’opérations anti-piraterie dans le Golfe d’Aden.

un engagement contructif avec les pays africains est dans nos intérêts stratégiques à long-terme. avec une présence accrue de certaines grandes puissances en afrique, il est prudent que des mesures soient prises pour impliquer les pays africains de manière plus efficace. il est ressenti que la diplomatie militaire peut être instaurée de manière plus viable pour maintenir des relations entre l’inde et les nations africaines. l’inde doit adopter une politique proactive d’engagement militaire en afrique à la fois avec les groupes régionaux et les groupes nationaux. De plus, le développement des ressources des forces de l’union africaine, en particulier dans les domaines de la logistique, de la gestion et des systèmes de communication et d’information, qui est grandement dépendante de soutiens externes, est considéré comme très important. la sécurité maritime est l’une des menaces majeures de cette région et l’inde peut jouer un rôle clé dans ce domaine crucial. l’inde peut établir un système de coopération régionale avec les pays littoraux de l’océan indien pour lutter contre les menaces émergentes d’acteurs non-étatiques du banditisme et de la piraterie. nous devons

aussi explorer la faisabilité de l’organisation d’événements coopératifs de défence multilatéraux impliquant les nations africaines sélectionnées et l’inde. la route à parcourir l’inde reconnaît que les pays africains se focalisent sur le développement des ressources naturelles et humaines. en conséquence, l’afrique est aujourd’hui la bénéficiaire du programme de coopération technique et économique indien (itec). la synergie économique croissante de l’inde et de l’afrique est relativement visible dans l’expansion du commerce bilatéral qui s’est développé au fil des ans. il est maintenant nécessaire de donner une impulsion dans notre coopération dans la défense. De plus forts liens militaires avec les nations africaines fournirait d’excellentes opportunités pour relever les défis sécuritaires. nous sommes sur la bonne voie, mais nous devons reconnaître que le changement inéluctable de l’afrique est complexe et que son rythme est rapide et instable, et que la compétition pour s’octroyer les faveurs et l’affection de l’afrique est devenue de plus en plus intense. l’inde devra approfondir ses engagements dans le but spécifique de satisfaire les besoins et les aspirations de l’afrique selon nos capacités et nos intérêts.


« Le commerce entre l’Inde et l’Afrique sera un commerce d’idées et de services et non un échange de produits manufacturés contre des matières premières comme au temps des exploiteurs occidentaux » MahatMa Gandhi


GAndhI et L’AfrIque : un dIALoGue d’Idées Ahmed Kathrada Politicien sud-africain et vétéran de l’activisme anti-apartheid


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« nous, habitants de l’Afrique du sud, devons beaucoup à la présence de Gandhi parmi nous pendant 21 ans. son influence a été importante dans nos luttes pour la liberté à travers tout le continent africain pendant une bonne partie du 20ème siècle. et il inspira grandement la lutte en Afrique du sud menée par le Congrès national africain ». NELSON MANDELA Ex-président de l’Afrique du sud

GAndhI et L’AfrIque :  un dIALoGue d’Idées

L

’histoire des luttes de notre peuple pour la liberté et la justice en Afrique du sud aurait été incomplète si l’on ne prenait pas en compte la contribution innovante et significative de Mahatma Gandhi. Gandhi est arrivé à durban en mai 1993 en tant que jeune avocat assigné à un litige civique institué par un homme d’affaire sud-africain d’origine indienne. L’idée d’un long séjour ou d’une quelconque implication en politique était loin de ses préoccupations. toutefois, en l’espace de quelques jours ou de quelques semaines, il a été frappé d’un coup de tonnerre – la dure réalité et l’humiliation de la discrimation raciale. un magistrat blanc lui a ordonné d’enlever son turban au tribunal. G Lors de son voyage en train pour Pretoria avec un billet en première classe, il fut physiquement jeté hors du train car un passager blanc refusait de voyager avec un indien. G Après être arrivé à Johannesburg, il s’est vu refusé une chambre d’hôtel. Gandhi refusa de souffrir d’humiliation et

d’indignation en silence. L’effet cumulé de ses expériences influencèrent Gandhi dans la formation du natal Indian Congress en 1894 (chose intéressante, ceci prend place 18 ans avant la formation du Congrès national africain en 1912). Première résistance passive entre 1906 et 1910 Gandhi aida la communauté indienne dans la province du transvaal à résister au « Black Act » antiindien qui exigeait que tous les indiens s’enregistrent et donnent des empreintes digitales pour une identification. (Ces documents sont de nos jours connus sous le nom de « passes »). Le refus de se conformer à ces passes constituait un délit.

G

La toute première forme de résistance passive non-violente de Gandhi se déroule le 12 juillet 1908 lorsqu’en présence de quelque 3.000 manifestants, il brûle son propre passe. des centaines de partisans enthousiastes se joignent à lui en brûlant leur passe. A la suite de cet acte, environ 2.000 résistants passifs, dont Gandhi, transgressèrent l’une ou l’autre des


(En haut) Gandhi avec sa femme, Kasturba, et des compagnons colons à l’établissement de Phoenix à Natal en Afrique du sud, en 1906. Les sud-africains subirent de nombreuses pertes civiles et immobilières dans la guerre contre les britanniques. Afin de venir en aide aux victimes de la guerre, Gandhi établit un ashram à Phoenix, à l’extérieur de Durban. Il forma aussi le corps ambulancier indien pour fournir une aide médicale. (Ci-dessus) Gandhi est ses collègues à l’extérieur de son bureau à Johannesburg, Afrique du sud, en 1905. (À droite) Gandhi en tant que satyagrahi en Afrique du sud, propageant la puissance de la non-violence.


« nous, sud-africains, nous vantons d’avoir une part plutôt importante dans la grande âme – le Mahatma, dont la philosophie, la vie et les actions nous ont grandement inspiré. nous nous réclamons donc d’une partie relativement significative de Mahatma Gandhi. Il fut essentiel dans la lutte sud-africaine contre le racisme et nous honorons sa politique en Afrique du sud. » ARCHEVÊQUE DESMOND TUTU lauréat du prix nobel

Gandhi avec le corps ambulancier indien durant la Guerre des Boers en 1899-1900, Afrique du sud. Les boers, descendants des colons germanophones en Afrique du sud, se révoltèrent contre l’empire britannique. Gandhi fut d’un immense secours aux personnes blessées dans la guerre.


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GAndhI et L’AfrIque :  un dIALoGue d’Idées

conditions du Black Act et furent emprisonnés. seconde résistance passive en face de cette opposition si répandue, le régime ignora non seulement les sentiments des personnes concernées mais continua en instaurant une législation anti-indienne encore plus stricte et oppressante. en 1913, l’Immigrants’ regulation Bill fut voté. Cette loi ignorait toutes les précédentes tentatives et tous les précédents droits de la communauté indienne.

« Mahatma Gandhi a été le porteur de torche sans lequel l’histoire de notre lutte pour la liberté et l’indépendance nationale aurait pris un autre tournant » KENNETH KAUNDA Ex-président de la Zambie

(À droite) Gandhi, l’avocat, avec ses assistants en Afrique du sud.

Le directeur de la transvaal British Indian Association, M. A. M. Cachalia, dans une lettre adressée au gouvernement, démontra les injustices de cette loi et affirma clairement les intentions de la communauté indienne de se réengager dans une campagne de résistance passive. Avant le lancement de la campagne, Gandhi informa aussi le gouvernement la résolution ferme de la communauté indienne d’avoir recours à la résistance passive. 1913 connut une avancée significative de la lutte. Gandhi et le transvaal British Indian Association mobilisèrent des volontaires pour défier la loi en traversant illégalement la frontière entre le natal et le transvaal. Cette action coïncida avec une grève de 4.000 mineurs indiens à newcastle. La grève fut accompagnée par des grèves solidaires de travailleurs domestiques et de travailleurs des champs de canne à sucre, d’usines, d’employés municipaux et par d’autres travailleurs pour atteindre un total d’environ 25.000 grévistes. À durban, la police fit feu tuant 6 grévistes et blessant plusieurs autres personnes. Ces événements rassemblèrent les doléances communes des travailleurs et de la classe moyenne indienne naissante, ce

qui les galvanisa dans la volonté de réponses communes. Les centaines de marcheurs de Gandhi furent rejoints par de nombreux grévistes qui furent arrêtés et emprisonnés. L’un des facteurs importants fut la participation active des femmes.  Le départ de Gandhi d’Afrique du sud Gandhi partit d’Afrique du sud en 1914 pour retourner en Inde. Peu de temps après, les politiciens indiens d’Afrique du sud eurent une acalmie. La gouvernance du Congrès des indiens d’Afrique du sud nouvellement formé (qui était composé du natal Indian Congress et du transvaal British Indian Association) consistait d’hommes d’affaire dont l’objectif principal était de promouvoir leurs intérêt commerciaux. La défiance et la résistance passive fit place aux politiques de résolutions, de pétitions et de délégations au gouvernement. L’héritage de Gandhi fut oublié. renouveau de la pensée de Gandhi Vers la fin des années 1930, la scène politique des indiens d’Afrique du sud commença à changer. Le docteur G.M. naicker, le docteur Yusuf dadoo et le docteur K. Goonam revinrent de leurs études médicales en écosse. en s’installant à leur compte, leur intérêt commença à se focaliser sur la politique. Ils furent bientôt rejoints par les fidèles lieutenants des campagnes de Gandhi. en 1938, le docteur dadoo comptait parmi les dirigeants principaux dans la formation du front uni non-européen sur le mot d’ordre de l’unité de tous les peuples oppressés. en 1939, la gouvernance, sous le docteur dadoo, commença à organiser la


(À gauche) Gandhi avec des représentants du Transvaal British Indian Association (TBIA) à Johannesburg, en 1912. Le TBIA fut formé par Gandhi en 1903 pour protester contre la législation anti-indienne en Afrique du sud. (En haut) Le mode de résistance non-violente de Gandhi, le satyagraha, devint un mouvement de masse lorsque des milliers de sud-africains se joignirent à la protestation pour manifester leur colère contre les lois britanniques. (Au-dessus) Gandhi et sa femme, Kasturba, lors d’un rassemblement avec ses collègues, à Durban, avant son départ pour l’Inde. (À droite) Gandhi et Kasturba à Durban.


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communauté indienne selon les pratiques initiées par Gandhi. A l’aide d’un groupement à l’intérieur du transvaal Indian Congress, ils organisèrent un mouvement de résistance passive contre une loi qui visait à « maintenir les indiens à leur place ». L’initiative fut reçue de manière enthousiaste, en particulier par la jeunesse qui se porta volontaire en masse. des messages soutien furent adressés de la part de Gandhi et du All India Congress Committee.

« en utilisant la méthode non-violent, Mahatma Gandhi a reclamé les droits civils et politiques d’une nation opprimée. Il a donc tracé la route qui a été plus tard suivie par Martin Luther King et nelson Mandela. » ABDELAZIZ BOUTEFLIKA Président de l’Algérie

La maison de Gandhi à Johannesburg est devenue une pièce du patrimoine culturel commun des indiens et des africains.

La grande réunion du 4 juin 1939, qui devait décider le lancement de la résistance passive fut interrompue violemment par des truands qui étaient prétendument employés par le transvaal Indian Congress. neuf personnes, toutes partisanes de la résistance passive, furent gravement blessées. et l’une de ces personnes était dayabhai Govindjee, qui mourut plus tard. Lors de la préparation du lancement du mouvement de résistance passive, Gandhi prit connaissance des efforts souterrains des gouvernements indien et britannique dans le but de trouver un terrain d’entente amiable. Cette lueur d’espoir incita Gandhi a conseiller au comité de résistance passive de reporter le lancement du mouvement. en réponse, le docteur dadoo publia une déclaration disant : « Mahatma Gandhi a été notre guide et notre mentor dans toutes les actions du conseil de résistance passsive et à ce sujet nous nous devons, de plein cœur, d’attendre son conseil… » Le congrès des indiens d’Afrique du sud sous une nouvelle gouvernance en 1945 et en 1946, les élections dans les deux provinces donnèrent la victoire au docteur naicker et au docteur dadoo et à

leurs partisans. L’héritage de Gandhi fut de nouveau ranimé de manière enthousiaste. en 1946, sous la nouvelle gouvernance, le south African Indian Congress vota des résolutions qui : i) décidèrent du lancement d’une campagne de résistance passive contre le Ghetto Act. ii) Appelèrent le gouvernement indien à imposer des sanctions économiques, diplomatiques et d’autres sanctions contre l’Afrique du sud. iii) Appelèrent le gouvernement indien à attirer l’attention sur les conditions des indiens aux nations unies. Le gouvernement indien prit les mesures nécessaires concernant toutes les requêtes mentionnées ci-dessus. en s’en tenant à ses résolutions, le Congrès des indiens de l’Afrique du sud lança une campagne de résistance passive contre le Ghetto Act le 13 juin 1946. un terrain de durban qui était autorisé seulement aux blancs fut choisi par l’Indian Congress pour la manifestation. en plusieurs mois, environ 2.000 volontaires occupèrent le terrain et furent emprisonnés, la majorité pour un mois, alors que les dirigeants, le docteur naicker, le docteur dadoo, le docteur Goonam et d’autres prirent des peines plus longues. A partir du premier jour, des femmes volontaires furent partie de la manifestation et furent emprisonnées. Le gouvernement indien se conforma à l’intégralité des résolutions du Congrès des indiens d’Afrique du sud. en 1947, le docteur dadoo et le docteur naicker visitèrent l’Inde sur invitation de Gandhi. en 1947 l’African national Congress


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(Dans les sens des aiguilles d’une montre à partir d’en haut à gauche) A.P.J. Abdul Kalam, ex-président indien lors d’un trajet en train en 2004 pour Pietermaritzburg, la station historique où Gandhi fut jeté hors d’un train de première classe. Cet injustice provoqua en Gandhi le désir de lutter toute sa vie contre l’impérialisme britannique. Le premier ministre indien, Manmohan Singh, visitant l’Afrique en 2006 à l’occasion du 100ème anniversaire du lancement par Gandhi du satyagraha, regarde le président d’Afrique du sud de cette époque, Thabo Mbeki, qui allume une chandelle à l’ancienne demeure de Gandhi. Gandhi Square Plaza à Johannesburg. La petite fille de Gandhi, Ela Gandhi et ses petits-fils, Kidar Ramgobin et Satish Kidar, dispersent ses cendres dans l’Océan Indien, à l’extérieur de Durban.

« Le grand Mahatma Gandhi aiguisa son appétit pour la liberté sur les terres africaines. Ayant souffert d’indignation face à l’oppression coloniale et au racisme en  Afrique du sud, il fit évoluer les philosophies de libération que sont l’Ahimsa et le satyagraha qui devinrent plus tard les fondations du mouvement de libération des opprimés en Inde et en Afrique. de cette manière, Mahatma apporta le rêve de libération aux millions de personnes colonisées et opprimées » MWAI KIBAKI Président du Kenya


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et le congrès indien signèrent un pacte d’unité. Appelé le « doctor’s Pact », il fut signé par le docteur A.B. Xuma, le président de l’African national Congress, le président du natal Indian Congress et le docteur Y.M. dadoo, président du transvaal Indian Congress. en 1952, l’African national Congress et le south Africa Indian Congress lancèrent conjointement la Campagne de défiance contre les lois injustes. La campagne fut ouverte par quatre dirigeants importants du congrès lorsqu’ils défièrent les restrictions qui leur étaient imposées par la police. Ils furent arrêtés.

« Gandhi parcours notre histoire en laissant des empreintes qui guident encore de nos jours les destinées de l’Inde et de l’Afrique. La philosophie de Gandhi reste cohérente aujourd’hui, comme elle l’a été durant sa formulation et sa mise en pratique du temps de son vivant. Ce sont ces croyances qui ont assuré la continuité de nos relations au fil des années et ont mené au renforcement des liens politiques, économiques et sociaux entre nos deux nations. » JACOB ZUMA Président de l’Afrique du sud

(En haut à gauche) Gandhi et Kasturba à la fin de leur résidence de 17 années en Afrique du sud, qui transforma le jeune avocat en un leader incontesté du mouvement de libération indien. (En haut, à droite) Le fils de Gandhi, Manilal et sa femme à Sarvodoya, devant la maisonnette de Gandhi à l’établissement de Phoenix, en 1917. (À gauche) Gandhi et son mentor, le combattant pour la liberté, Gopal Krishna Gokhale et d’autres collègues, à Durban, en 1912.

Par la suite, le 26 juin, un premier groupe de 50 volontaires défièrent une loi de l’apartheid et furent emprisonnés. Les dirigeants du groupe étaient M. Walter sisulu, le secrétaire général de l’African national Congress et M. nana sita, président du transvaal Indian

Congress. en addition à ces campagnes furent organisés des boycotts de bus, de tabac, de pommes de terre, des grèves, des manifestations, etc.  Bien que le nom de Gandhi ne fut sans doute pas invoqué lors de toutes les campagnes, il ne fait aucun doute que les manifestants suivirent la tradition de la résistance non-violente et pacifique et de la désobéissance civile. Le 27 avril 1994, après 350 ans d’oppression raciale, le peuple d’Afrique du sud, blancs et noirs, célébrèrent l’élection de nelson Mandela, premier président de notre Afrique du sud nonraciste, non-sexiste et démocratique. Cet événement fit les gros titres dans le monde et demeurera sûrement dans l’histoire comme la transformation la plus pacifique d’un régime d’apartheid en un régime démocratique.


Une histoire commUne, des cUltUres convergentes Neeti Sethi Bose et Fakir Hassen


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de marrakesh à maputo et de dakar à durban, les chansons et les films de Bollywood passionnent et enchantent les africains. les canoéistes du caïre entonnent des chants de films indiens. dîtes « inde » au soudan et les soudanais vous chanteront probablement leur air Bollywood favori

Une histoire commUne, des cUltUres convergentes

U

ne histoire commune, des valeurs proches et des cultures entremêlées. des traces de l’influence et de la culture indienne sont visible à travers l’Afrique. de marrakesh à maputo et de dakar à durban, les chansons et les films de bollywood passionnent et enchantent les africains. les canoéistes du caïre entonnent des chansons de films indiens et parlez d’inde au soudan et vous entendrez probablement les chansons bollywood favorites des soudanais. des chapatis sont servis à noël et le biryani est un met de choix lors des mariages dans de nombreux pays de l’est de l’Afrique. et des samosas, toujours.

(En haut) La troupe folklorique égyptienne, Al Tannoura, lors d’une performance au Festival international des arts sacrés à l’Indira Gandhi National Centre for the Arts de New Delhi, en 2010.

les mots et les expressions indiennes comme duka (magasin), kachumbari et harambee sont fermement ancrés dans la trame du Kiswahili. Un groupe de musiciens égyptiens aveugles et une danse de devi (déesse) du Burkina Faso jètent des sorts sur new delhi. le groupe Qawali du frère de nizami et des maîtres de la musique classique comme Pandit Jasraj et le flutiste hariprasad chaurasia font entrer leurs publics en trance.

(À droite) Une danse Tribhangi, un mélange de danse indienne et africaine, au Samosa Festival de Nairobi, en 2010.

les écrivains indiens et africains se partagent

la scène et débattent des ideées profondes lors du festival "histoire commune : l’expérience indienne” qui fournit une plateforme de dialogue, de travail et de collaboration entre les musiciens, les figures littéraires et les danseurs indiens et sud-africains qui se produisent partout dans le pays. cette connexion et cette transfusion entre le peuple indien et le peuple africain n’est pas accidentelle. elle est ancrée dans l’histoire, les traditions, les enchevêtrements du langage qui sont se sont formés au fil des siècles. cela commença par la venue de marchands indiens en dhows (bateaux en bois) des siècles auparavant dans les pays africains aux alentours de l’océan indien. dans ses carnets de route, le légendaire marco Polo écrit qu’il vit des marchands indiens du gujarat et de saurashtra sur les côtes sud-africaines et les loue en les surnommant « les meilleurs et les plus honorables marchands du monde ». en conséquence, par la suite le commerce avec l’Afrique de l’est se développa à tel point que la roupie remplaça les thalers de mariethérèse en tant monnaie principale dans la région. la construction de ligne de train entre mombasa et Kampala, à la fin du 19ème siècle


(À droite) La star Bollywood Shah Rukh Khan se produit avec des joueurs de cricket sud-africains lors d’un concert organisé à Durban en janvier 2010 pour commémorer le 150ème anniversaire de l’arrivée d’ouvriers indienne en Afrique du sud. (À gauche) La star du cinéma Amitabh Bachchan avec des danseurs de la Nateshwar Dance Academy à Natal, Afrique du sud. (En-dessous) Une fille regarde des DVD de films nigérians et Bollywood dans un magasin au marché des films du Lagos. Le cinéma nigérian, aussi appelé Nollywood, est la plus grande industrie cinématographique d’Afrique. Les films indiens sont aussi très populaires dans le pays.


Une note AFricAine dAns FootBAll indien

e

n cette époque où le football indien essaie de rattraper le reste du monde, les joueurs africains ont apporté une nouvelle impulsion au jeu du pays. Avec leur puissance brute et leur jeu tout en finesse, quelques centaines de joueurs africains ont envahi les stades indiens et ont apporté un nouvel espoir et une nouvelle popularité au football dans une nation fan de cricket. Avec plus de sponsors commerciaux entrant en jeu et surfant sur la vague économique indienne en plein essor, quelques 400 africains ont été attirés par de gros contrats et sont présents dans les meilleurs clubs du pays. et d’autres joueurs sont encore attendus pour jouer ici dans les prochains mois.

Avec plus de sponsors entrant en jeu, quelques 400 africains ont été attirés par de gros contrats dans les meilleurs clubs de football indiens. et d’autres joueurs doivent encore jouer ici dans les prochains mois

(En haut) Suley Musah, la capitaine ghanéen de l’équipe Bengal de l’est, le meilleur club de football Indien, se tient en haut du classement de la coupe ASEAN à Kolkata en Inde, en 2003. (À droite) Les footballeurs africains rivaux se battent pour la balle dans un match de I-ligue entre le Bengal de l’est et le Pune F.C. Plus de 400 africains jouent actuellement dans des clubs aux quatre coins de l’Inde.

grâce à leur présence dans les clubs de Kolkata jusqu’au Kerala et de goa jusqu’à delhi, les footballeurs africains, avec leur talent naturel et leur énergie enviable ont gagné le coeur de millions de fans de football durant les deux dernières décennies. Prenez l’une des 14 équipes de ligue 1 et vous ne pourrez rater la présence africaine. ces joueurs viennent du nigéria, du Kenya, du ghana, du libéria, du congo et jouent un rôle essentiel dans la réussite de leurs équipes. les meilleurs clubs déboursent jusqu’à 2,5 millions de dollars à l’année pour un bon joueur qui a été recommandé des découvreurs de nouveaux talents. mais certains joueurs viennent aussi pour la moitié du prix ou jouent dans des clubs indiens pendant leurs études ici. Plus important : ils ajoutent une touche de couleur et d’émotion à la saison domestique qui attire les foules une nouvelle fois vers les stades. en fait, ce sont les nigérians emeka ezugo et cheema okerie qui avaient l’habitude d’être l’attraction dans les équipes de Kolkata durant les années 1980. ces derniers ont non seulement laissé des fans indiens fascinés par leur talent et leur puissance mais ont aussi ouvert la porte des équipes indiennes à d’autres joueurs africains qui vinrent en tant qu’étudiants et découvrirent un moyen de gagner d’importants salaires. le premier nom africain à avoir marqué le football indien est davis Williams qui représenta l’état du tamil nadu durant les années 1970 avant que le premier club de l’est du Bengal ne le débauche.

l’année dernière, l’attaquant myobo lyomi a joué un rôle majeur dans l’équipe championne de ligue 1 de dempo qui est devenue le premier club indien à se qualifier pour les demi-finales de la coupe AFc. "en tant qu’étranger, il est plus facile d’être remarqué en inde. l’argent n’est pas le seul facteur," ajoute lyomi. le mumbai Fc a récemment recruté deux ghanéens, michael osei et James dissimariah, qui ont joué avec la star de chelsea michael essien du ghana lui aussi. "nous étions inspirés par le succès d’essien à l’étranger. nous voulions aussi sortir de notre pays et prospérer. l’inde nous paie bien et nous fournit l’expérience nécessaire pour devenir de vrais professionnels," déclare dissimariah. l’ex-capitaine et olympien P.K. Banerjee sent qu’emeka et cheema ont eu une influence importante sur le football indien. "cheema et emeka étaient à part de tous les footballeurs étrangers et le fait qu’ils aient joué lors de la coupe du monde ne fait aucun doute il n’est pas facile d’obtenir des joueurs d’une telle qualité fréquemment," déclare-t-il. comme les nigérians, les ghanéens Yusif Yusubu et suley musah ont porté les équipes indiennes à un niveau de professionnalisme supérieur. l’anglais david Booth, actuellement en charge du mumbai Fc, a acquis de l’expérience dans l’entraînement au ghana et dit que les africains n’hésitent pas à s’aventurer dans le vaste monde du football pour avoir de meilleurs chances. "ils sont des joueurs essentiels dans leurs clubs car ils sont ceux dont les équipes dépendent le plus. en jouant avec et contre eux, les joueurs indiens ont bénéficié à la fois de leur talent et de leur énergie," a déclaré Booth qui a aussi entraîné mahindra United dans le passé. "l’inde m’a rendue célèbre. si j’étais resté au nigéria, je n’aurais pas acquis cete renommée et cette gloire. l’inde est spéciale et détient de bons joueurs et jouer avec eux a été une bonne expérience," déclare odafe. "dans le passé, les supporters venaient voir cheema et emeka. il y eu une accalmie entretemps mais aujourd’hui, odafe est en train de faire des vagues dans la ligue 1 "déclare sukhwinder, un ex-entraîneur national.


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Une histoire commUne, des cUltUres convergentes

les Pistes Brûlées indiennes

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our de nombreux coureurs de longues distances, le marathon n’est pas seulement un sport mais un mode de vie. ils ont émergé en tant que force dominante dans les courses d’endurance et que cela soit à mumbai, delhi ou nagpur, ils ont récolté des médailles dans tous les marathons organisés en inde ces dernières années. lors du marathon international de nagpur plus tôt cette année, les kényans John Kui a remporté le marathon hommes alors que Jem muya a remporté la course féminine lors de la troisième édition du tournoi auquel plus de 50 athlètes internationaux provenant de 16 pays ont participé.

Au fil des ans, l’interaction entre les diasporas indiennes et leurs terres adoptives a créé un riche tissage des cultures, des cuisines et des visions du monde

(En haut) Geoffrey Mutai, du Kenya, salue le public après avoir remporté la médaille d’or du semi-marathon de Delhi, aux côtés du médaillé d’argent éthiopien, Lelisa Desisa (à gauche). (À gauche) Les coureurs africains se mélangent aux participants indiens lors du semi-marathon de Delhi en 2010.

l’histoire du Airtel half marathon de delhi auquel a été décerné le gold label road race par l’Association internationale de la fédération athlétique (iAAF) est similaire. depuis sa première édition en 2005, les coureurs de l’Afrique de l’est ont dominé la course dans la capitale du pays. le kényan Philip rugut a remporté la course inaugurale en 2005, depuis, les champions ont été des kényans, éthiopiens et rwandais. le marathon de mumbai, qui fait partie des « meilleures courses dans le monde », un événement sponsorisé par la standard chartered Bank, a aussi été dominée par des coureurs africains. la course est devenue une course gold label de l’iAAF en 2010, confirmant ainsi son statut de compétition prestigieuse sur le calendrier des courses sur route. les éthiopiens girma Assefa et Koren Yal ont quant-à eux remporté les titres masculin et féminin de la course lors de la dernière édition. les organisateurs sportifs indiens sont en train de statuer et de prendre note du talent africain. l’institut militaire indien du sport de Pune est maintenant en train d’en-

traîner ses coureurs de la même manière que les athlètes africains. le champion mondial de course longue distance gebregziabher gebremariam, d’éthiopie, dénombre les facteurs qui font que les africains remportent les courses de longue distance. il a déclaré que les coureurs africains étaient des athlètes naturels et que cela les aidait à exceller dans les courses longues et moyennes. « Partout autour du monde, les coureurs africains vivent de courses, grâce à l’environnement dans lequel ils ont grandi. tous les meilleurs coureurs africains viennent en premier lieu de pays pauvres et de petits villages. Pendant leur enfance, ils doivent marcher des kilomètres pour aller à l’école ou ailleurs. ceci les aide à devenir des athlètes naturels et c’est la raison principale pour laquelle ils excellent dans les courses longues et moyennes », a déclaré gebremariam. il a déclaré que les coureurs du Kenya, du Zimbabwe et d’éthiopie sont parmi les coureurs qui gagnent le plus de prix lors des marathons qui se déroulent partout dans le monde. « la course a été une carrière profitable pour nous. vous n’avez pas à investir dans quoi que ce soit pour être un coureur. vous devez juste chausser vos chaussures de course et courir pendant des heures. et, contrairement au football, la course ne nécessite pas de beaucoup d’infrastructure pour l’entraînement » ajoute-t-il. gebremariam a remarqué que les pays africains ont maintenant dépassé les grandes nations athlétiques comme l’europe et les états-Unis. « les athlètes américains sont formés dans des gymnases alors que les africains sont nés sur la route » a-t-il déclaré. (Abhishek roy)


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fut une autre pierre d’angle dans l’histoire des relations entre l’inde et l’Afrique qui amena environ 34.000 indiens, travailleurs inféodés et conduisit à une interpénétration culturelle encore plus grande. en fait, les contacts entre l’inde et l’Afrique remontent à des temps préhistoriques. souvent attribuée à d’anciens liens commerciaux guidés par les courants de la mousson qui menèrent les marchands maritimes à traverser la mer d’Arabie et établirent des liens économiques rentables, les liens entre le sous-continent indien et le continent africain peuvent être retracés plus loin, au temps de l’exode des peuples, plus communément connue sous le nom de gondwana. les liens entre l’inde et l’Afrique, foyer de plus de deux millions de ressortissants de la diaspora indienne, ont été un processus continu d’échange socioculturels et économiques. les relations commerciales précèdent principalement la migration des peuples qui conduit inévitablement à nouer des liens culturels et à l’émergence de normes culturelles, de cuisines et de goûts communs. cette relation entre l’Afrique et l’inde durant la civilisation ancienne se reflète dans les vases à poignée qui vinrent au sumer à partir d’inde et dans le coton. dans la langue akkadienne, le coton indien était appelé le tissu végétal. il semble qu’Assurbanipal (668626 avant J.c.) cultivait des plantes indiennes dont des plantes de coton hydrophile indiennes. la période du milieu du second siècle avant J.c. au début de l’ère chrétienne vit les sociétés du sous-continent indien développer des réseaux de transport pour le commerce à grande distance avec les pays de l’Asie de l’ouest et de la méditérrannée et vers l’Afrique, facilité par la domestication des bêtes de somme.

Une histoire commUne, des cUltUres convergentes

la route de la soie, la route l’ambre ainsi que la route du commerce trans-saharien étaient essentielles dans l’établissement de liens entre l’Afrique, l’inde et les autres pays. depuis le second millénaire avant J.c. des caravanes organisées purent transporter des denrées à dos de chameaux ce qui permit aux commerçants arabes de contrôler le commerce des épices, de la soie et d’autres biens de luxe à grande distance. les écrits des historiens de la grèce et de la rome antiques et des voyageurs nous donnent les premières traces de ces liens. les contacts commerciaux maritimes gréco-romains avec l’inde s’établirent à travers les ports de la mer rouge et connurent une grande augmentation suite à l’annexion de l’égypte par l’empire romain. Avec l’augmentation du commerce greco-romain, les épices devinrent la première importation d’inde jusqu’au monde occidental, dépassant la soie et les autres denrées. la présence de marins africains, connus sous le nom de siddis, ressort comme un exemple unique des relations inde-Afrique. les siddis étaient des groupes très unis, hautement aggressifs et même féroces lors des batailles, qui étaient beaucoup employés en tant que force de sécurité pour les flottes musulmanes dans l’océan indien. ils gardèrent ce poste pendant des siècles et devinrent des commandants révérés et furent promus amiraux des dirigeants de l’inde et de l’empire moghol. ces régions africaines que les britanniques colonisèrent connurent l’avénement des premiers colons indiens en Afrique qui étaient pris ou amenés en tant qu’ouvriers, administrateurs ou commerçants. les descendants de ces peuples d’origine indienne en Afrique se retrouvent aujourd’hui profondemment impliqués dans la vie sociale, culturelle, économique et culturelle de leurs

il est possible d’acheter des dvd de films indiens dans la majorité des pays africains. A certains endroits, Bollywood a conduit à la naissance de nombreuses scènes de rue comme les video-baet en éthiopie, où des interprètes traduisent en direct le film au public rassemblé devant un écran de télévision

(En haut) Le compositeur indien A.R. Rhaman passionne le public lors de sa représentation à Johannesburg en Afrique du sud, en 2010. (Tout à gauche) Le temple Swaminarayan de Dar es Salaam. Temple Street est aussi le centre de la communauté gujarati de Tanzanie. (Au-dessus, à gauche) Les célébrations du Diwali à Port Louis. (En-dessous, à gauche) Un salon de beauté et de coiffure africain appartenant au Nigerian national Casmir Nwakaeze, dans la capitale indienne de New Delhi. (Au verso) Le très acclamé Blind Girl’s Chamber Orchestra d’égypte enchante les amateurs de musique de la capitale indienne.


pays de résidence. Au fil des ans, une interaction rapprochée entre les indiens de la diaspora et les cultures locales ont donné naissance à un riche tissage des cultures, des cuisines et des visions du monde entre les peuples du continent africain et de l’inde. le wot et l’alicha, des accompagnements de base dans les plats éthiopiens sont très similaires au curry indien tout comme un hors d’oeuvre appelé le sambusa qui est composé de légumes ou de viandes épicées dans un triangle de pâte cuisiné à la grande friture, similaire au samosa indien et qui est grandement consommé dans le continent. en Afrique du sud, les premiers arrivants indiens spécialisés dans la plantation de sucre de canne inventèrent un met rapide et nutritif appelé bunny chow pour économiser du temps pendant qu’ils travaillaient dans les champs. la légende raconte que le bunny chow fut nommé ainsi après le l’ouverture de commerces par des marchands du gujarat arrivés à durban et qui créèrent ce plat. Aujourd’hui, le bunny chow, un demi-pain évidé et rempli d’un curry au choix, est un plat populaire dans toutes les communautés du pays. l’achar de mangue (mangue en saumure) amené en Afrique par les premiers colons indiens a été adapté au goût local avec divers fruits et légumes locaux utilisés dans des variantes innovantes des fameux pickles. l’influence indienne dans l’éducation, le commerce au détail et la cuisine est aussi réelle que l’est l’influence qu’exerce bollywood. il est fréquent de voir des canoéistes du caire entonner des chansons tirées des films de raj Kapoor aux touristes indiens ou des enfants de rue en éthiopie chanter la fameuse chanson bollywood, « i love my india », lorsqu’ils croisent un indien. depuis la projection officielle du classique « mother india » dans de nombreux pays africains en passant par l’énorme succès de « disco dancer » dans lequel joue mithun chakravorty dans les années 1980 et jusqu’à la popularité d’icônes actuelles comme shah rukh Khan et Aishwarya ray, Bollywood a fait des émules dans toutes les tranches d’âge. il est possible d’acheter des dvd de films indiens dans la majorité des pays africains. A certains

endroits, Bollywood a conduit à la naissance de nombreuses représentations de rue comme les video-baet en éthiopie où des interprètes traduisent en direct le film au public rassemblé devant un écran de télévision. l’amour de l’Afrique pour le cinéma indien remonte à des années en arrière et peut se distinguer de deux manières, les hommes d’affaire pionniers du sud et de l’est africain qui ouvrirent les premiers cinémas afin de diffuser des films indiens déjà depuis les années 1930 et les communautés locales, noires, blanches et arabe à travers le continent et dont la similarité de morale et de valeurs avec celles de la culture indienne comme montrée dans les films. dans l’Afrique du nord et de l’ouest, plusieurs communautées comme les hausa voient la culture indienne comme étant similaire à la leur en termes de systèmes de valeurs. ils citent par exemple la manière dont les acteurs de films indiens revêtent souvent des vestes ornées, similaires au dogon riga hausa et des gilets, tout comme le hausa palmaran. la popularité des représentations qawali par les artistes indiens en Afrique du sud rurale, la remarquable ressemblance de nombreuses chemises traditionnelles portées par les hommes africains aux kurtas portées en inde et des châles des femmes africaines ressemblant fortement aux dupattas indiennes ou au sari et la popularité du salwar kameez en Afrique sont tous des exemples de cette réalité commune. l’interaction culturelle a trouvé des parrainages d’institutions commes le conseil indien pour les relations culturelles (iccr) qui a amené de nombreux groupes de danse et de musique indienne dans de nombreuses capitales africaines. c’est un signe de soulagement que de voir les africains se déhancher au son des représentations données par le groupe qawali « nizami Brothers » venu de new delhi. les publics africains, probablement accoutumés au sitar et au tabla, ont aussi écouté la musique d’instruments indiens traditionnels comme le sarod et le sarangi. les tournées de musiciens classiques comme Pandit Jasraj et hariprasad chausuria ont touché une corde sensible tout comme les chanteurs ghazals Jagjit singh et les


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Une histoire commUne, des cUltUres convergentes

stars bollywood populaires comme Amitabh Bachchan, Anil Kapoor, sonu nigam, Alka Yagnik et ont accueillis d’autres musiciens qui effectuent des tournées régulières en Afrique. ces liens historiques entre l’inde et l’Afrique et leur héritage commun ont créé des danses uniques où le bharatanatyam et le kathak côtoient fièrement les danses gumboot traditionnelles des miniers africains et les danses des guerriers zoulous en peau de léopard. le professeur vinod hassel, un danseur indien quadragénaire fut les pionniers de l’enseignement des danses indiennes aux jeunesses africaines des bidonvilles presque 15 ans auparavant. grâce à une variété innovante d’instruments à percussion traditionnels indiens et aux vivifiants pas de danse de la région combinés aux dances kathaks et indiennes ondulantes et gracieuses par les étudiants indiens et africains, hassel inspira très vite de nombreux autres africains à suivre le modèle. Au delà du monde de la musique et de la danse, ce qui réuni l’inde et l’Afrique est un système de valeurs commun, déclare l’éminent universitaire olabiyi Babalola Joseph Yai : « Je ne suis pas un orientaliste mais je sais que les cultures africaines et indiennes convergent. les deux cultures prennent leurs sources dans une vision du monde très similaire. Pendant des millénaires, elles mirent l’accent sur le caractère unique de l’existence, l’harmonie avec les dieux, la nature et les êtres humains. les cultures croient à l’adage « Je suis car nous sommes »». l’affinité culturelle et l’amitié menèrent même le président sud africain, Jacob Zuma, à souligner le caractère unique des relations entre l’inde et l’Afrique qui remonte à la lutte contre l’apartheid. « nous avons été réunis en des temps difficiles tout comme nous l’avons été en temps heureux. J’aime la musique et la nourriture indienne. nous nous sentons en inde comme chez nous », déclara le dirigeant africain charismatique.

les liens historiques entre l’inde et l’Afrique et leur héritage commun ont créé des danses uniques où le bharatanatyam et le kathak côtoient fièrement les danses gumboot traditionnelles des miniers africains et les danses des guerriers zoulous vêtus de peau de léopard

(En haut) Un groupe du Burkina Faso jette un sort avec la danse devi (déesse) au Festival des arts sacrés de New Delhi. (À gauche) Une représentation musicale par une troupe du Nigéria durant le Festival de l’Afrique à New Delhi.


La route à parcourir : Le siècLe de L’inde et de L’afrique


Le 21ème siècle est souvent décrit comme étant le siècle de l’asie. L’inde souhaite que le 21ème siècle soit le « siècle de l’asie et de l’afrique » et que les peuples des deux continents travaillent ensemble afin de promouvoir une globalisation inclusive. Les événements qui se sont déroulés en inde et en afrique au 20ème siècle ont changé le monde. aujourd’hui nous avons de nouveau la chance de prendre en main notre propre destin et de donner une nouvelle signification au concept de développement durable, équitable et écologique. MANMOHAN SINGH Premier ministre de l’Inde

nos relations globales ne doivent pas se limiter uniquement à des intérêts purement commerciaux. nous sommes certainement encore loin d’avoir exploré pleinement le potentiel de cette coopération, en particulier dans les domaines dans lesquels l’expertise indienne est devenue une référence ; dans les secteurs de l’industrie pharmaceutique et des technologies de l’information et de la communication. c’est à nous qu’il revient de faire de cette coopération dynamique un partenariat original qui satisfasse les aspirations de nos peuples. aujourd’hui, l’afrique est un partenaire fiable et crédible. ABDELAZIZ BOUTEFLIKA Président de l’Algérie

nous attendons des synergies qui puissent faire progesser la lutte contre l’ignorance, la maladie, la famine et la pauvreté afin de faire de l’afrique et de l’asie des acteurs incontournables d’un 21ème siècle plus juste, plus humain et avec moins de conflits et sans les menaces de taille que représentent le réchauffement climatique, le crime international, le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. JOSEPH KABILA KABANGE, Président du Congo


Les investissements sont les bienvenus en afrique pour promouvoir une valeur ajoutée ainsi que le développement des infrastructures ; par exemple dans les transports ferroviaires et les technologies de l’information et de la communication. La partenariat entre l’inde et l’afrique doit nous aider et permettre à l’afrique de surmonter ces défis. YOWERI KAGUTA MUSEVENI Président de l’Ouganda

ce que, nous en afrique, nous cherchons ce sont des technologies mieux conçues pour répondre aux besoins de l’afrique comme le conditionnement des denrées alimentaires et agricoles, la santé, l’eau et l’assainissement ainsi que le développement rural. Les technologies en inde sont robustes et mieux adaptées à l’environnement africain. L’industrie, la science et la technologie nécessitent de forts liens afin de faire des innovations une priorité, en tant que partie intégrante de la grande stratégie destinée à améliorer notre compétitivité. MWAI KIBAKI PPrésident du Kenya

L’inde est sans conteste la plus grande démocratie du monde. nous en appelons à de plus grands échanges entre nos parlements, nos partis politiques et nos gouvernements locaux qui ont d’importantes contributions à apporter dans notre développement. en bâtissant des systèmes démocratiques durables dans des sociétés pluralistes, nous pensons que l’afrique peut beaucoup apprendre de l’inde. GOODLUCK EBELE JONATHAN Président du Nigéria


nos liens avec l’afrique remontent à des siècles en arrière et ont été nourris d’un engagement proche du peuple. nous avons été partenaires dans la lutte contre le colonialisme. au cours du 21ème siècle, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, une ère dans laquelle nous cherchons a coopérer les uns avec les autres pour garantir une meilleure qualité de vie pour nos peuples. ce partenariat est ancré dans les principes fondamentaux de l’égalité, du respect mutuel et découle d’une impulsion provoquée par le renouveau de l’afrique et la croissance économique soutenue de l’inde. S.M. KRISHNA, Ministre des affaires étrangères de l’Inde

L’afrique et l’inde sont en relation depuis longtemps. il existe un lien très fort entre le gouvernement indien et l’union africaine. Je ne peux qu’espérer que nous continuions à agir ensemble et grâce à une nouvelle gouvernance en afrique, nous bénéficierons de l’expérience de l’inde. L’inde est une société très dynamique et démocratique. WANGARI MUTA MAATHAI Environnementaliste et lauréat du prix Nobel

L’expérience développementale de l’inde est très cohérente au vu de ce que traverse l’afrique. nous avons beaucoup à apprendre de l’inde sur la manière dont elle a évolué depuis 20 ou 30 ans. notre histoire est quasiment similaire. nous pouvons apprendre de l’expérience indienne en matière de gestion de la pauvreté, de révolution verte, de transformation de l’agriculture et de développement des petites et moyennes entreprises informatiques. L’inde a beaucoup de choses à partager avec nous. GILBERT FOSSOUN HOUNGBO Premier ministre du Togo


des multinationales ainsi que de petites et moyennes entreprises indiennes et des personnes privées sont déjà en train d’investir en afrique et les résultats sont encourageants. en effet, nous voudrions réitérer notre chaleureuse invitation à tous les hommes d’affaire indiens qui font de grands investissements en afrique et nous rejoignent dans nos efforts destinés à accélérer et à diversifier nos économies, contribuant ainsi au développement de l’afrique. AIRES BONIFACIO BAPTISTA ALI Premier ministre du Mozambique

aujourd’hui, nous poursuivons ensemble notre lutte sur les fronts de la solidarité sociale et économique qui sont toutes deux indispensables à la libération de nos peuples car l’indépendance politique, tout comme une symphonie incomplète, restera toujours un projet incomplet si la souveraineté économique n’est pas établie. ABDOULAYE WADE Président du Sénégal

L’inde et l’afrique doivent apprendre de leur lutte pour l’indépendance et du rôle de Mahatma Gandhi dans cette lutte. son engagement était de faire travailler l’inde et l’afrique ensemble. auhourd’hui, le partenariat entre l’inde et l’afrique est déterminant pour le 21ème siècle. Je réaffirme la solidarité de l’inde envers l’afrique. nous devons déviser d’approches innovantes pour promouvoir la paix, la stabilité, la démocratie et le bien-être de nos citoyens et de nos nations. ANAND SHARMA Ministre du commerce et de l’industrie de l’Inde


CONTRIBUTORS

Manmohan Singh est le premier ministre de l’Inde. Diplômé des universités d’Oxford et de Cambridge, Manmohan Singh est mondialement connu comme étant l’architecte du programme de réformes économiques de l’Inde. Économiste mondialement réputé et érudit, il fut aussi mandaté en tant que Secrétaire général de la commission du sud à Genève et gouverneur de la Reserve Bank of India.

A.P.J. Abdul Kalam est un ex-président de l’Inde. Éminent scientifique et auteur de livres inspirateurs, il reçut le Bharat Ratna, la plus grande distinction civile indienne. Il est mondialement connu comme étant « l’homme missile de l’Inde » pour ses travaux novateurs sur le développement des missiles balistiques et des technologies de fusée spatiale. Il joua un rôle clé dans le test nucléaire indien Pokhran-II en 1998.

Meles Zenawi est le premier ministre de l’Éthiopie. Il est le dirigeant du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE). Il est aussi co-dirigeant de la Coalition mondiale pour l’Afrique.

Vijay Mahajan est le directeur de chaire John P. Harbin en affaires à la McCombs School of Business de l’Université du Texas à Austin. Il est aussi l’auteur du livre salué par la critique « Afrique Rising : How 900 million African Consumers Offer more than you think ». Ex-doyen de la Indian School of Business d’Hyberabad, Mahajan reçut de nombreux prix dont le prix de l’American Marketing Association Charles Coolidge Parlin pour ses directives visionnaires en marketing scientifique.

Jean Ping est le président de la Commission de l’Union africaine. Il fut aussi mandaté en tant que président de la 59ème session de l’assemblée générale des Nations-Unies et est un ex-ministre des affaires étrangères du Gabon. Diplomate de carrière, il commença son parcours professionnel à l’UNESCO et servit de délégué permanent du Gabon à l’UNESCO. Bingu wa Mutharika est président du Malawi. Économiste de renom, il travailla en tant que secrétaire général du Marché commun pour l’Afrique de l’est et du sud. Mutharika fut le pionnier dans l’établissement de nombreuses organisations économiques régionales comme l’Association des banques centrales africaines, la Conférence des ministères africains des finances et la Fédération africaine des chambres du commerce et de l’industrie. John Kufuor est un ex-président du Ghana. Avocat diplômé d’Oxford, il fut le directeur de l’Union africaine de 2007 à 2008 et servit aussi en tant que directeur de la Communauté économique des états d’Afrique de l’ouest de 2003 à 2005. Cheikh Sidi Diarra est sous-secrétaire général des Nations-Unies, conseiller pour l’Afrique aux Nations-Unies et haut représentant pour les pays les moins développés, les pays en développement sans littoral et les états en développement sur île. Il est aussi activement impliqué dans le renforcement des efforts d’intégration de l’Afrique et dans le calendrier de développement de l’Afrique au forum global et est mandaté en tant que l’un des négociateurs principaux sur ces questions aux sommets de l’Union africaine depuis 1982.

Nandan Nilekani est le président de l’Unique Identification Authority of India (UIDAI) et est aussi à la tête de la commission gouvernementale indienne pour la technologie. Ex-PDG et co-fondateur d’Infosys Technologies, l’une des premières entreprises informatiques indiennes, il devint l’un des plus jeunes entrepreneurs à rejoindre les 20 leaders globaux du conseil de formation du prestigieux Forum économique mondial. Il est l’auteur du perspicace « Imagining India ». Ratan N. Tata est le président de Tata Sons, l’entreprise de communication du groupe Tata depuis 1991. Il est aussi le directeur de nombreuses filiales de Tata, dont Tata Motors et Tata Steel. Il siège aussi dans des conseils d’administration internationaux dont celui de la Mitsubishi Corporation, du American International Group, de JP Morgan Chase, de Rolls Royce, de Temasek Holdings et du Monetary Authority of Singapore. Il est membre du conseil du premier ministre indien pour le commerce et l’industrie et a grandement aidé les entreprises Tata à investir en Afrique. Sunil Bharti Mittal est le directeur et PDG du groupe Bharti Enterprises et l’administrateur de Bharti Airtel, une éminente entreprise globale de télécommunications présente dans 21 pays en Asie, en Afrique et en Europe. Mittal est largement reconnu comme étant le pionnier de la révolution des téléphones mobiles en Inde. L’acquisition par Bharti Airtel de 15 téléopérateurs en Afrique subsaharienne pour un coût de 10,7 milliards de dollars, le plus important investissement direct indien en Afrique, a ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire des liens entre l’Inde et l’Afrique.


Sanjay Kirloskar est le directeur et l’administrateur de Kirloskar Brothers et fut le directeur de la commission africaine CII. Après avoir participé à la « révolution verte » de l’Inde, Kirloskar Brothers initia la révolution verte dans de nombreux pays d’Asie du sud-est et d’Afrique en apportant les technologies triple A (ou Appropriées, Adaptables et Abordables) dans les solutions de gestion de l’eau. Les pompes appelées « Kirloskar » en Égypte et au Sénégal, sont devenues un phare d’espérance pour l’auto-suffisance en semences en Afrique de l’ouest. Ahmed Kathrada est un dirigeant du Congrès national africain (ANC) et un membre du parlement sud-africain. Vétéran dans la lutte de libération sud-africaine et activiste lors de lutte anti-apartheid, Kathrada fut prisonnier politique pendant des années aux côtés de Nelson Mandela sur Robben Island. Il fut classé 46ème dans la liste des 100 plus importantes personnalités sud-africains en 2004 et reçut le Pravasi Bharatiya Samman des mains du ministre des affaires étrangères indien en 2005. Manish Chand est un ancien rédacteur du Indo-Asian News Service (IANS), l’un des principaux médias de l’Inde, et un rédacteur d’Africa Quarterly, un journal spécialisé dans les relations Inde-Afrique, publié par l’Indian Council for Cultural Relations (ICCR). Il présenta divers articles lors de séminaires internationaux et écrivit de nombreux articles concernant les relations Inde-Afrique et la renaissance africaine. Renu Modi est une ancienne maître de conférence et une ex-directrice du Centre d’études africaines de l’université de Mumbai. Elle publia de nombreux livres dont « Beyond Relocation : the Imperative of Sustainable Resettlement » et « South-South Cooperation : Africa on the Centre Stage ». Elle fut aussi mandatée en tant que conseillère en développement social pour le panel d’inspection de la banque mondiale en 2005.

Le lieutenant général Rajender Singh tint de nombreux postes nationaux et internationaux prestigieux dont ceux de député directeur général des opérations militaires au sein du quartier général de l’armée indienne et de chef ou personnel dans l’infanterie du nord (au Jammu et au Cachemire). Soldat professionnel décoré, il reçut la Param Vishisht Seva Medal, la plus grande distinction militaire indienne. Au cours d’une carrière de quatre décennie, il mena les opérations de maintien de la paix durant ses deux services en Afrique. Il servit aussi de commandant régional pour les forces des Nations-Unies en Angola en 1994-1995 et fut plus tard promu commandant des forces de maintien de la paix des Nations-Unies en Éthiopie et en Érythrée. Fakir Hassen est un journaliste et un écrivain de Johannesburg. Il écrit des articles concernant la communauté indienne d’Afrique du sud pour des journaux locaux et internationaux depuis plus de trois décennies. Il publia en 2010 un livre intitulé « 150 Bollywood Encounters – the South African Connection » à l’occasion du 150ème anniversaire de l’arrivée en Afrique des premiers indiens inféodés. Neeti Sethi Bose est une universitaire indienne, une conservatrice et une professionnelle du développement qui rechercha, conceptualisa et organisa des expositions, des événements, des séminaires, des projections cinématographiques, des conférences et des programmes d’échange internationaux en Inde et à l’étranger. Ses études et son travail concernent les arts visuels, l’artisanat, le graphisme et la culture. Bose, qui vécu en Inde, en Australie et en Éthiopie, organisa des formations de développement des ressources pour de jeunes graphistes, artisans, tisserands, petits entrepreneurs et exportateurs en Afrique et en Inde. Elle est la fondatrice d’ARTSMART, une organisation non-lucrative qui croit au développement intellectuel des populations grâce aux arts à travers la formation, la représentation et la mobilisation.


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