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Les Feuilles Super, Paris 28 novembre – 20 décembre 2008 www.post-super.fr Palais de Tokyo, Module, Paris 4 décembre 2008 – 4 janvier 2009 www.palaisdetokyo.com

Sayat Nova, La Couleur de la grenade, Sergueï Paradjanov, 1969, film still

Barbara Bloom Robert Breer Isabelle Cornaro Julien Crépieux Aurélien Froment Ryan Gander Mark Geffriaud Jiří Kolář Benoît Maire Clément Rodzielski Raphaël Zarka

Commissaires d’exposition : Yoann Gourmel et Elodie Royer


Au départ de cette exposition, il y a la critique du film Sayat Nova, La Couleur de la grenade (1969) de Sergueï Paradjanov publiée dans Libération en 1982 par Serge Daney et portée à notre connaissance par Isabelle Cornaro à l’occasion de Quatre Livres, soirée de lecture conçue à l’invitation de Section 7 Books et Kadist Art Foundation en février 2008 et inscrite dans la programmation de 220 jours.1

Serge Daney, Ciné journal, volume I / 1981-1982, Petite Bibliothèque des Cahiers du Cinéma, 1986

Succession de tableaux vivants dont la construction s’apparente aux techniques de représentations picturales comme aux procédés du collage, Sayat Nova raconte sur un mode allégorique différents épisodes de la vie de ce poète arménien du XVIIIe siècle. Dans un rapport quasi fétichiste aux objets et à leurs relations, Paradjanov filme chaque plan dans une frontalité nette, sans concession. La profondeur est gommée en fixant un fond à l’image : « il m’a semblé qu’une image statique, au cinéma, peut avoir une profondeur telle une miniature, une plastique et une dynamique internes »2.

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220 jours était un espace d’exposition temporaire situé rue Louise Weiss à Paris dans lequel une série d’expositions collectives a réuni pendant une durée déterminée quatre artistes Isabelle Cornaro, Mark Geffriaud, Benoît Maire et Raphaël Zarka, du 8 septembre 2007 au 30 mars 2008 en collaboration avec gb agency. Au cours des différents épisodes, des invitations ponctuelles ont également été faites à d’autres artistes. S’ils ont réuni un groupe mouvant d’individus autour d’affinités esthétiques, ces 220 jours d’exposition aujourd’hui écoulés ne constituent pas une entité déterminée. http://220jours.blogspot.com 2 Sergueï Paradjanov


Sayat Nova, La Couleur de la grenade, Sergueï Paradjanov, 1969, film still

Référence à l’art médiéval et à la conception de la représentation de l’espace à cette époque, chaque scène de ce film-exposition est composée par un feuilletage de plans superposés à partir d’une surface d’inscription définissant un rythme de lecture particulier : le temps est exprimé par l’espace, et l’espace en une juxtaposition de lieux qui constituent autant de moments différents de l’histoire. Pour reprendre les termes de Serge Daney, « dans cette série d’icônes-séquences, une image ne suit pas l’autre, elle la remplace. Il n’y a pas de mouvement de caméra dans ce film, pas de liens entre les images. Nous sommes leur seul point commun. »3

Sayat Nova, La Couleur de la grenade, Sergueï Paradjanov, 1969, film still

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Serge Daney, Ciné journal, volume I / 1981-1982, Petite Bibliothèque des Cahiers du Cinéma, 1986


Si par extension nous sommes effectivement le seul point commun des (chaînes d’) images qui nous entourent, comment éprouver leur construction et les relations qu’elles entretiennent aux autres – passées, présentes et à venir – ainsi qu’aux espaces de représentation dans lesquelles elles s’insèrent ? Des discussions avec les artistes qui ont entre autres animé l’exposition « 220 jours » au texte de Daney en passant par le film de Paradjanov, la construction d’un espace-temps particulier du regard a inspiré l’exposition Les Feuilles. En invitant des artistes de différentes générations dont les œuvres interrogent – à nos yeux - l’origine, la transmission et la circulation des images, des formes, des histoires par des opérations de cadrage, de montage et de collage, nous avons souhaité mettre en perspective, en multipliant les points de fuite, différents types de construction du visible.

Leon Battista Alberti, De Pictura, c. 1440, Allia, 2007, p. 17


Etienne Souriau, Vocabulaire d’esthétique, Quadrige / PUF, 1990, pp. 1127-1128


Philippe Comar, La Perspective en jeu, Gallimard, 1992, p. 62 - 63

Par le choix d’une perspective, l’auteur d’une image révèle en quelque sorte sa vision du monde, la façon dont il envisage de le faire voir, et la place qu’il s’est lui-même attribuée par rapport à cet espace. Répartie en deux espaces d’exposition parisiens – dans un Module du Palais de Tokyo et à Super – cette exposition articule des parcours et des points de vue dans lesquels les images, les objets, les sujets s’enchaînent les uns aux autres dans un déroulement discontinu pour finir par se raccorder dans notre imagination, éventuellement.


Vues de l’exposition // Super, Paris

Aurélien Froment, Le Tour de l’Archipel, 2008 (vidéo, 7’30)

Ryan Gander, The Mechanics of Form (I), 2002 (3 posters A1)


Vue partielle de l’exposition (de gauche à droite : Clément Rodzielski, Raphaël Zarka, Robert Breer, Isabelle Cornaro)

Vue partielle de l’exposition (de gauche à droite : Raphaël Zarka, Isabelle Cornaro, Benoît Maire, Robert Breer)


Clément Rodzielski, Sans titre, 2008 (spray sur mur, bois, dimensions variables) Raphaël Zarka, Préfiguration de la collection des rhombis, 2008 (livre, deux rhombicuboctaèdres en métal, dimensions variables)

Raphaël Zarka, Préfiguration de la collection des rhombis, 2008 Isabelle Cornaro, Sans titre, 2008 (7 tirages pigmentaires, 30x40cm chaque)


Vue partielle de l’exposition (de gauche à droite : Isabelle Cornaro, Raphaël Zarka, Benoît Maire)

Vue partielle de l’exposition (au premier plan : Robert Breer ; de gauche à droite : Ryan Gander, Aurélien Froment, Barbara Bloom)


Benoît Maire, Prolégomènes à toute image pliée, 2008 (Sérigraphie sur zinc, 200x100cm) Robert Breer, Float (Tambour), 1972-2004 (Sculpture motorisée, 50x100cm)

Barbara Bloom, Songs, 2008 (4 impressions couleurs sur pupitres, 33x48cm chaque, dimensions variables)


Vues de l’exposition // Palais de Tokyo (Module)

Vue partielle de l’exposition (de gauche à droite : Isabelle Cornaro, Jiří Kolář, Robert Breer ; au premier plan : Barbara Bloom)

Vue partielle de l’exposition (de gauche à droite : Isabelle Cornaro, Barbara Bloom)


Vue partielle de l’exposition (de gauche à droite : Isabelle Cornaro, Jiří Kolář, Robert Breer ; au sol, de gauche à droite : Mark Geffriaud, Clément Rodzielski)

Vue partielle de l’exposition (de gauche à droite : Isabelle Cornaro, Robert Breer)


Vue partielle de l’exposition (de gauche à droite : Robert Breer, Clément Rodzielski)

Clément Rodzielski, Sans titre, 2008 (peinture à la bombe sur papier, bois peint, 140x98cm) Barbara Bloom, Songs, 2008 (4 impressions couleurs sur pupitres, 33x48cm chaque, dimensions variables)


Vue partielle de l’exposition (à gauche: Isabelle Cornaro ; au sol : Mark Geffriaud)

Isabelle Cornaro, Cinésculptures (polyèdres), 2008 (7 tirages pigmentaires, 49,5x35,4cm chaque)


Benoît Maire, Prolégomènes à toute image pliée, 2008 (sérigraphie sur zinc, 200x100cm) Mark Geffriaud, Sans titre, 2008 (impression numérique sur métal, dimensions variables)

Vue partielle de l’exposition (de gauche à droite : Clément Rodzielski, Barbara Bloom, Benoît Maire ; au sol : Mark Geffriaud)


Vue partielle de l’exposition (de gauche à droite : Benoît Maire, Raphaël Zarka ; au sol : Mark Geffriaud)

Raphaël Zarka, Déduction de Sharp, 2008 (planche en bois découpée, 120x70cm)


Robert Breer, Untitled, 1953, (huile sur toile, 84x134cm) Robert Breer, Untitled, c. 1950 (huile sur toile, 164,5x133cm)

Vue partielle de l’exposition (Robert Breer ; au sol : ClÊment Rodzielski)


Clément Rodzielski, Sans titre, 2008 (magazine découpé x 5, dimensions variables)

Vue partielle de l’exposition (de gauche à droite : Jiří Kolář, Robert Breer, Clément Rodzielski; au sol : Ryan Gander, Clément Rodzielski)


Julien Crépieux, Sémaphores, 2008 (vidéo, 9 minutes) Ryan Gander, I don't blame you, or, When we made love you used to cry and I love you like the stars above and I'll love you till I die, 2008 (bronze, socle, dimensions variables)

Vue partielle de l’exposition (au sol : Ryan Gander ; de gauche à droite : Benoît Maire, Raphaël Zarka)


Vue partielle de l’exposition (au sol : Ryan Gander ; de gauche à droite : Aurélien Froment Jiří Kolář)

Aurélien Froment, L’Imagier, 2008 (costume, 200 cartes postales)


Jiří Kolář, Rien dit, tout raconté, 1984 (collage sur bois et miroir, 100x70cm) Jiří Kolář, Déposition du témoin inconnu, 1984 (collage sur bois et miroir, 100x70cm)

Jiří Kolář, Tableau pleureur, 1982 (collage sur bois, 40x30cm) Jiří Kolář, Solitude, 1989 (collage sur bois, 35x50cm) Jiří Kolář, La liberté en colère, 1984-1990 (collage sur bois, 40x30cm)

Les Feuilles  

Exhibition portfolio

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