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Guide dĂŠcouverte de la nature au Havre

Sur les chemins de la biodiversitĂŠ citadine


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Ce guide est le fruit d’un travail conduit en partie avec les membres des associations environnementales locales :

• Aquacaux • L a Cellule de Suivi du Littoral Normand (CSLN) • Le Centre d’Action Régionale pour le Développement de l’Éducation Relative à l’Environnement (CARDERE) • Le Centre d’Hébergement et d’Études sur la Nature et l’Environnement (C.H.E.N.E) • Le Groupe Mammalogique Normand (GMN) • L a Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) • L a Maison de l’Estuaire • L a Société Linnéenne de la Seine-Maritime • Le Réseaux des clubs de Protection de la Nature de Haute-Normandie (CPNHN)

Avec le soutien des services municipaux : Direction des Espaces Verts Direction de la Communication Muséum d’Histoire Naturelle du Havre Service Écopédagogie Cet ouvrage est coordonné par le service environnement, illustré par Marion Dutoit, mis en page par Fabien Brasse. Merci à tous.

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Avant-propos

Le Havre se découvre aussi côté nature A l’évocation du nom de notre ville « Le Havre », nous imaginons sans peine son architecture, ses rues animées, son port… Mais Le Havre, c’est aussi un espace naturel d’une stupéfiante richesse. Parcs et jardins, littoral, falaise, forêt, abritent de nombreuses espèces de végétaux, de plantes, d’insectes, d’oiseaux et d’autres organismes vivants. L’Estuaire et ses 8528 hectares classés « Réserve naturelle nationale », représente le plus vaste espace naturel de Haute-Normandie. Mais plus incroyable encore, nos cimetières, nos rues, nos escaliers, nos murs, l’eau des nos mares, de nos étangs ou de nos bassins portuaires sont de formidables réservoirs de vie, à l’image de la costière, cette « côte » délimitant la ville haute et la ville basse. À la lecture de cet ouvrage, vous découvrirez qu’à chaque pas que nous faisons, la nature est présente. Elle se niche parfois dans des lieux improbables ou qui jusqu’ici nous paraissaient insignifiants : aux bords des trottoirs, aux pieds des arbres.. Sans prétendre à l’exhaustivité, la seule ambition de ce guide est de vous faire découvrir la biodiversité présente au Havre. Après l’avoir lu, vous regarderez sans doute la ville avec un œil neuf. Ce nouveau regard est important, car nous savons la nature fragile. Sa préservation est primordiale, elle est de la responsabilité de chacun de nous, notre propre survie en est l’enjeu. Regardez autour de vous, cherchez, observez, laissez-vous surprendre, la nature est partout ! Bonnes promenades !

Edouard Philippe Maire du Havre Député de la Seine Maritime

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Š SIGU Le Havre - m-leplay - 11/2012

Cartographie

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Une nature ordinaire omniprésente

Les parcs, jardins et cimetières Une nature maîtrisée et remarquable

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Plongeons dans les bassins du Havre

Le bord de mer, un patrimoine naturel en centre-ville

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98 Glossaire

Abécédaire

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Les termes surlignés au fil du guide sont à retrouver dans le glossaire.

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Table des matières La forêt de Montgeon et le parc de Rouelles

La costière, un coteau en cœur de ville

Poumons de l’agglomération havraise

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Les falaises, entre terre et mer

L’estuaire de la Seine, un réservoir de biodiversité

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Index des espèces noms vernaculaires noms latins

Bibliographie Coordonnées des associations

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Une nature ordinaire omniprésente

EN VILLE, LA NATURE SE NICHE DANS LES MOINDRES RECOINS. IL SUFFIT D’OBSERVER LES RUES, LE PIED DES ARBRES… LÀ SURGIT UNE PLANTE SAUVAGE BUTINÉE PAR UNE ABEILLE, ICI UN OISEAU… LA BIODIVERSITÉ URBAINE EST RICHE. PROTÉGER CETTE VIE, L’AIDER À S’ÉPANOUIR, C’EST ASSURER LA PÉRENNITÉ DU MONDE. IL EST FONDAMENTAL DÈS AUJOURD’HUI DE CHANGER NOS REGARDS SUR CES ESPÈCES DITES «ORDINAIRES» ET D’ACCEPTER LEUR PRÉSENCE BIENFAISANTE.

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Š Marion Dutoit


Une nature ordinaire omniprĂŠsente

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Avenue Foch


© Ph. Bréard - Ville du Havre

LE HAVRE GRANDEUR NATURE • GUIDE DÉCOUVERTE DE LA BIODIVERSITÉ EN VILLE

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Une nature ordinaire omniprésente

L’AMÉNAGEMENT URBAIN EST POUR LA PLUPART D’ENTRE NOUS SYNONYME D’IMMEUBLE, DE RUE, DE BITUME ET DE BÉTON. LE MILIEU URBAIN, C’EST AUSSI DES INTERSTICES, DES PAVÉS ET DES FRICHES.

© Sandrine Castellanos

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Une nature ordinaire bienvenue

Toutes ces plantes sauvages protègent le sol de l’érosion, et représentent des sources de nourriture primordiales pour les insectes et la faune du sol. Elles fournissent également des abris et des sites de nidification. Un petit espace de pied d’arbre abrite ainsi des milliers de petites bêtes comme des Fourmis, des Vers de terre, des Carabes ou des Épeires

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telle que l’Argiope fasciée. Afin de respecter cette faune et cette flore, la Ville du Havre réalise une gestion différenciée de ces milieux et a réduit drastiquement l’utilisation de produits chimiques de désherbage ■

© Fabien Brasse

Qui n’a jamais vu au creux d’un trottoir, ou au pied d’un bâtiment ou d’un arbre, des plantes que l’on appelle communément « mauvaises herbes ». Ces plantes, que l’on trouvait autrefois dans les jardins sont une richesse primordiale pour une ville. Le Pâturin annuel, l’Amarante appelée aussi « queue-de-renard », la Corydale jaune échappée des jardins, ou la Vergerette du Canada sont autant de plantes qui peuvent s’observer facilement et qui égaient la cité. (voir pages 16-17)


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L’arbre en milieu urbain En milieu urbain, le rôle des arbres est essentiel notamment pour la qualité de l’air. Ils participent aussi à créer des continuités écologiques au sein de la ville. Ils permettent de connecter entre eux les milieux et les espèces et de faciliter la migration des animaux. Les populations se renouvellent et maintiennent ainsi une diversité génétique.

communs comme le Moineau domestique, les Mésanges ou les Pigeons ■

© Alain Deschandol

Ces arbres font le bonheur de nombreux oiseaux qui y nichent. En octobre et novembre, certains y établissent même des dortoirs. C’est le cas des Étourneaux sansonnets que l’on observe par centaine lors du regroupement des oiseaux sédentaires et des adultes en migration. Ils recherchent avant tout un abri contre le vent et les intempéries, une température plus élevée qu’en rase campagne et un éclairage qui les protège d’éventuels prédateurs.

Chouette chevêche (Athene noctua). Elle est plus petite qu’un pigeon

LE SAVIEZ-VOUS ?

© Alain Deschandol

Ces arbres abritent également des rapaces comme des Chouettes chevêches, mais on y observe surtout des oiseaux plus

© Ville du Havre

Les arbres des rues ne sont pas choisis au hasard. Le choix des essences est dicté par l’esthétisme de l’arbre, sa taille, sa sensibilité aux maladies et son niveau d’entretien. Au Havre, la palette est très diversifiée avec plus de 150 variétés plantées.

Argiope (Argiope bruennichi) ➜ GLOSSAIRE PAGE 148

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© Marion Dutoit

À la découverte des plantes de nos trottoirs

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© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

Orge queue-de-rat

Séneçon jacobée

Graminée de couleur verte très fréquente dans nos rues. L’épi peut atteindre une dizaine de centimètres ■

Plante dont la floraison abondante jaune attire facilement les regards. Elle a la particularité d’être toxique pour les ovins et les chevaux ■

© Carole Malgorn

(Senecio jacobaea)

© Carole Malgorn

(Hordeum murinum)

Mauve sylvestre

Plantains

Plante présentant des fleurs rose vif odorantes et des feuilles très découpées. Elle appartient à la famille des guimauves ■

Plantes herbacées, le plus souvent médicinales. On peut observer le Plantain lancéolé (Plantago lanceolata), une des plantes européennes les plus communes ainsi que le Plantain majeur (Plantago major) ■

(Malva sylvestris)

(Plantago sp.)

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© Alain Deschandol

© LPO - Richard Grège

À la découverte des oiseaux de notre cité

Pigeon ramier

(Columba palumbus)

Pigeon biset) (Columba livia)

(à l’origine le

Plus petit que le ramier, sa queue est plus courte et son iris est rouge-orange. Il niche sur les bâtiments ■

© Alain Deschandol

Appelé aussi palombe, c’est le seul pigeon qui niche dans un arbre. On le reconnaît facilement à sa large bande blanche sur l’aile très visible en vol. Il a été observé pour la première fois à Paris dans les années 1830 ■

Pigeon des villes

Pigeonneau

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© fotolia

© LPO - Antonin Benard

Tourterelle turque

Mésange bleue

Plus petite et plus svelte que le pigeon, son plumage est beige clair avec un demi-collier et les extrémités des ailes noires. C’est une espèce invasive qui est arrivée en Europe il y a une centaine d’années ■

Oiseau très coloré avec son ventre jaune, son dos verdâtre et sa tête, sa queue et ses ailes bleu ciel ■

© LPO - Michel Ménanteau

(Parus caeruleus)

© LPO - Frédéric Malvaux

(Streptopelia decaocto)

Moineau domestique

Étourneau sansonnet

Très commun, il se reconnaît à son dos brun rayé de noir, ses joues blanches et une barre blanche sur l’aile. On l’appelle « moineau domestique », car il entretient un lien étroit avec l’homme. Il se nourrit de nos déchets et niche sur nos bâtiments. On parle d’espèce commensale ■

Oiseau très commun, il marche en hochant la tête. Les mâles arborent des couleurs sombres aux reflets métallisés, au printemps ■

(Passer domesticus)

(Sturnus vulgaris)

➜ GLOSSAIRE PAGE 148

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Une nature ordinaire omniprésente

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© Carole Malgorn

CERTAINS ESPACES PEUVENT ABRITER JUSQU’À 60 ESPÈCES DE PLANTES DIFFÉRENTES.

De la végétation spontanée en ville ! Cette végétation spontanée est présente dans les espaces urbains dénués de fonctions et les accotements de voirie où la nature reprend ses droits. Ces espaces sont des lieux grouillant de vie et de couleurs, qui s’enrichissent au fur et à mesure de l’apport de nouvelles graines. Ces plantes à fleurs variées attirent insectes et oiseaux, mais aussi des prédateurs qui profitent de cette nourriture prolifique. Certains espaces peuvent abriter jusqu’à 60 espèces de plantes différentes. Les premières plantes à s’implanter sont des pionnières. Elles s’adaptent aux conditions défavorables de ces sols, parfois pauvres en éléments nutritifs. Citons notamment la Marguerite, le Trèfle des prés, le Silène enflé, le Liseron des champs ou la Sauge.

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Cette végétation dépend également de l’orientation du terrain. Sur les terrains ensoleillés et secs, on trouvera plutôt des plantes piquantes comme le Chardon, le Cirse commun, la Vipérine ou la Cardère alors que sur des sols plus humides, on observera la Gesse à larges feuilles. Si les sols sont riches en nitrates, alors, ce sont principalement les Orties qui se développent (voir pages 22-23) Ces colonisations permettent ainsi de créer de véritables écosystèmes dans la ville et des abris pour les insectes comme les Abeilles, les Guêpes, les Bourdons des pierres, les Coccinelles ou les Papillons (Demi-deuil, Belle-dame, les Piérides) qui butinent les fleurs présentes et jouent donc un rôle essentiel dans la pollinisation.


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LE SAVIEZ-VOUS ?

© fotolia

120 espèces d’insectes peuvent vivre de l’Ortie et 30 y sont directement inféodées.

Sureau noir (Sambucus nigra) © Alain Deschandol

mais également pour des amphibiens ou des reptiles comme le Lézard des murailles ou l’Orvet. Au cours du temps, cette végétation va encore évoluer pour laisser place à des arbustes comme le Sureau noir et à des espèces invasives qui deviennent rapidement exclusives. C’est le cas du Buddleia de David, de la Renouée du Japon et du Séneçon du Cap dans de nombreuses friches ■

La chaîne se poursuit avec ces insectes, eux-mêmes, source de nourriture pour les Mésanges bleue et Charbonnière, le Moineau, le Rat surmulot ou le Renard,

LE SAVIEZ-VOUS ?

© Alain Deschandol

© Éric Chouand

Il existe environ 3000 espèces de coccinelles dans le monde dont une centaine en France. Leur nom provient souvent du nombre de points sur leurs ailes.

Buddleia de David (Buddleja davidii) ➜ GLOSSAIRE PAGE 148

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© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

À la découverte de la végétation spontanée en ville

Tanaisie commune

Gesse à larges feuilles

Espèce très fréquente dans les friches. Reconnaissable à ses fleurs jaunes regroupées en forme de boutons, elle peut être utilisée séchée pour éloigner les insectes ■

Plante vivace avec des grandes fleurs rose vif. Elle peut atteindre 3 m de haut et on l’appelle communément « pois vivace » ■

© Alain Deschandol

(Lathyrus latifolius)

© Alain Deschandol

(Tanacetum vulgare)

Marguerite

Silène enflé

Une des plantes sauvages les plus communes. Elle possède de 20 à 30 pétales et ses feuilles peuvent être consommées en salade ■

Plante comestible aux fleurs blanches très parfumées en forme de vessie enflée. Son nom vient du Dieu homonyme, dieu de l’eau, qui était représenté avec une outre sur son épaule et qui rappelle la forme de la fleur ■

(Leucanthemum vulgare)

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(Silene vulgaris)


© Marie Hatay

© fotolia

Cardère sauvage

Cirse commun

Grande vivace avec des épines sur les tiges et les feuilles. Ses feuilles opposées sont soudées par leur base deux par deux et forment une cuvette où les oiseaux viennent boire d’où son surnom de « cabaret aux oiseaux » ■

Pouvant atteindre 1 m de haut, ses feuilles couvertes de fines épines se terminent par une pointe. L’inflorescence est de couleur rose-violet ■

(Cirsium vulgare)

© Marie Hatay

© Alain Deschandol

(Dipsacus fullonum)

Liseron des champs

Millepertuis perforé

Plante vivace rampante avec des fleurs roses ou blanches qui se referment la nuit ou avant la pluie ■

Plante aux fleurs jaunes bordées de points noirs. Elle s’utilise à des fins thérapeutiques aussi bien en infusion qu’en crème ■

(Convolvulus arvensis)

(Hypericum perforatum)

➜ GLOSSAIRE PAGE 148

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© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

À la découverte de la végétation spontanée en ville

Papillon demi-deuil

Tircis

Papillon appelé aussi « échiquier » du fait de ses dessins noirs et blancs sur les ailes ■

Papillon de couleur marron avec des taches crème qui s’est bien adapté à la vie en milieu urbain ■

© Alain Deschandol

(Pararge aegeria)

© Alain Deschandol

(Melanargia galathea)

Piérides

Amaryllis

Grande famille de papillons caractérisée par sa couleur blanche avec le plus souvent des taches noires. Ce sont les papillons les plus courants aux abords des villes comme la Piéride du chou (Pieris brassicae) ■

Papillon qui apprécie particulièrement le Buddleia. Appelé aussi satyre, il est reconnaissable à ses ailes de couleur orange vif et ses bordures brun foncé ■

(Pieris sp.)

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(Pyronia tithonus)


Les bâtiments et le mobilier urbain

Les bâtiments en raison de leur architecture et de leur hauteur sont également intéressants pour la faune. On a déjà observé sur l’église Saint-Joseph, les châteaux d’eau et l’Hôtel de Ville des rapaces qui utilisent ces magnifiques points de vue pour repérer leur proie. L’église de Sanvic ou encore celle du Sacré-Cœur ont abrité pendant quelques années un couple de Faucons crécerelles alors qu’une Chouette effraie avait trouvé refuge à l’Abbaye de Graville. Un réverbère, un poteau électrique, une antenne de télévision sont autant de mobiliers détournés par les animaux pour nicher ou se percher.

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

TOUS LES BÂTIMENTS, SURTOUT LES PLUS ANCIENS, PEUVENT ABRITER UNE FLORE ET UNE FAUNE QUE L’ON NE REMARQUE PAS TOUJOURS AU PREMIER COUP D’ŒIL.

Chouette effraie (Tyto alba). Appelée aussi la chouette des clochers ou la Dame-Blanche.

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Une nature ordinaire omniprésente

LE SAVIEZ-VOUS ? En France, toutes les espèces de Chauves-souris sont protégées par la loi. Il est strictement interdit de les tuer, de les transporter ou de les 2 commercialiser.

© Alain Deschandol

Inoffensives pour l’homme, les Chauvessouris sont des prédateurs très efficaces, contre les insectes qu’elles capturent en plein vol grâce à leur sonar. Elles consomment environ 3000 Moucherons et Moustiques par nuit.

Faucon crécerelle (Falco tinnunculus)

© GMN - F. Schwaab

Tous les bâtiments, surtout les plus anciens, peuvent abriter une flore et une faune que l’on ne remarque pas toujours au premier coup d’œil. Ainsi, une dizaine d’espèces de chiroptères ont pris l’habitude de nicher dans les bâtiments. C’est le cas du Petit Rhinolophe et de la Pipistrelle commune. La petite taille de cette dernière lui permet de se glisser dans les recoins d’une maison ou d’un immeuble.

Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus). La plus petite espèce de chauve-souris en Normandie. Elle ne dépasse pas 7,5 g.

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Elles sont très sensibles aux pollutions et aux dérangements, leur présence est donc un bon indicateur et même un gage de la richesse écologique d’un site. L’intérieur de nos maisons abrite également un nombre important de visiteurs inattendus et le plus souvent malvenus. Qui n’a jamais eu peur en voyant une Tégénaire ? Qui n’est jamais tombé nez à nez avec une Pholque ou un Lépisme ? Ce dernier affectionne les lieux humides comme les salles de bains ■


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© fotolia

© Muséum du Havre

À la découverte de quelques intrus de nos maisons

Épeire (Araignée des fenêtres)

Lépisme

Située toujours à l'extérieur, elle construit sa toile de façon géométrique au coin d'une fenêtre ■

Appelé aussi poisson d’argent, cet animal nocture consomme du papier et des substances contenant de l’amidon (amylacées) ■

© fotolia

(Lepisma saccharina)

© fotolia

(Zygiella x-notata)

Pholque

Tégénaire noire

Il ne fréquente que l’intérieur des bâtiments. Grâce à ses longues pattes, il est impossible de le confondre avec un autre arachnidé ■

La toile de la tégénaire est composée d’une toile de si bonne qualité qu’elle peut résister pendant plusieurs années ■

(Pholcus phalangioides)

(Tegenaria atrica)

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Les parcs, jardins et cimetières UNE NATURE MAÎTRISÉE ET REMARQUABLE

L’URBANISATION CROISSANTE DES VILLES A ENGENDRÉ LE BESOIN D’ESPACES PAYSAGERS ET DE REPOS. AU FIL DU TEMPS, CES ESPACES AMÉNAGÉS PAR L’HOMME SE SONT ARTIFICIALISÉS. MAIS, DEPUIS LE DÉBUT DE NOTRE SIÈCLE, LES APPORTS D’ÉLÉMENTS NATURELS SONT DE PLUS EN PLUS PRÉSENTS DANS NOS PARCS ET JARDINS.

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Š Marion Dutoit


Les parcs, jardins et cimetières

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Vue des jardins suspendus, avec les serres en arrière-plan


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© Ville du Havre

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Les parcs, jardins et cimetières

Les parcs et jardins

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Les squares Saint-Roch, Holker, Grosos et les jardins de l’Hôtel de Ville pour ne citer qu’eux en centre-ville, les jardins suspendus, le jardin fluvial ou les jardins du Château de Montgeon plus excentrés constituent un patrimoine vert extrêmement riche en milieu urbain. Chacun de ces parcs a une histoire. Tous ont été réalisés par et pour l’homme même si la nature « sauvage » y trouve toujours sa place. Ces lieux sont donc propices pour découvrir en milieu urbain une flore et une faune qui profitent de ces espaces de quiétude pour se reproduire, se nourrir et se reposer. Ces espaces constituent ainsi des réservoirs biologiques qui permettent à la faune de se déplacer dans le tissu urbain et d’assurer la pérennité de certaines espèces.

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Le square Saint-Roch a vu le jour en 1865

afin de créer un espace de promenade au Havre à la place d’un ancien cimetière. L’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui existe depuis 1965. D’une surface d’environ 2 hectares, sa position en plein centreville fait de lui l’un des jardins les plus fréquentés du Havre. Il offre une flore exotique remarquable avec notamment les immenses feuilles

© Alain Deschandol

Le square Saint-Roch

© Alain Deschandol

CES ESPACES CONSTITUENT DES RÉSERVOIRS BIOLOGIQUES QUI PERMETTENT À LA FAUNE DE SE DÉPLACER DANS LE TISSU URBAIN ET D’ASSURER AINSI LA PÉRENNITÉ DE CERTAINES ESPÈCES.


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des Pétasites ou les Rhubarbes du Chili. Ce sont surtout les essences d’arbres qui sont à découvrir comme le Magnolia à grandes fleurs, l’Arbre de Judée ou le Cèdre du Liban, mais également des arbustes comme l’Oranger du Mexique ou encore le Cytise et la Viorne.

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© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

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© fotolia

© fotolia

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LE SAVIEZ-VOUS ?

Comment sont nés les jardins publics au Havre ? Jusqu’au milieu du XIXe siècle, Le Havre était entouré de remparts, lieux de promenade privilégiés des habitants. Afin de proposer de nouveaux endroits de balade et de tranquillité après la démolition des remparts, le square Saint-Roch est créé. Comme dans de nombreuses autres villes, les citadins voulaient plus « d’air frais, de respiration » et de verdure en centreville. Plusieurs parcs virent ainsi le jour comme les jardins de l’Hôtel de Ville, ou de l’abbaye de Graville, pour ne citer qu’eux.

1 - Arbre de Judée (Cercis siliquastrum) / 2 - Rhubarbes du Chili (Gunnera manicata) 3 - Magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora) / 4 - Viorne (Viburnum sp.)

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Roses du square Saint-Roch

Les jardins du Château de Montgeon

Le square Saint-Roch possède également une roseraie avec plus de 18 variétés de roses comme la « Sylvie Vartan », « l’orange sensation » ou la « Ville du Havre ».

D’une super ficie de 20 hectares, Les jardins suspendus participent à la découverte et au maintien de la biodiversité mondiale. Les parcours thématiques et les serres qui regorgent d’espèces rares et exotiques sont à dévouvrir dans un espace historique exceptionnel : l’ancien fort militaire de Sainte-Adresse. Tous ces parcs abritent également une faune insoupçonnée qui mérite qu’on prenne le temps de l’observer. Les insectes bénéficient de l’abondance des fleurs pour se nourrir (Perce-oreilles, Punaise verte, Abeille, Bourdon, les Papillons Vulcain).

© Alain Deschandol

Plus méconnus, les jardins du Château de Montgeon, château aujourd’hui disparu, sont intégrés aux grands espaces boisés et ouverts du parc de Rouelles.

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© Alain Deschandol

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© fotolia

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

Les parcs, jardins et cimetières

1 - Bourdon terrestre (Bombus terrestris) / 2 - Abeille (Apis mellifera) / 3 - Punaise verte (Palomena viridissima) 4 - Vulcain (Vanessa atalanta)

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Comment identifier un oiseau ? En premier lieu, il faut évaluer la taille de l’oiseau par rapport à un plus connu : plus gros qu’un moineau, qu’un merle ou qu’un corbeau ? Ensuite, il faut s’intéresser à sa couleur et à la forme de son bec. Le lieu d’observation est également primordial. La reconnaissance par le chant n’arrive qu’en dernier et pour les plus experts des observateurs.

LE SAVIEZ-VOUS ? Pourquoi les chants ne sont-ils pas toujours les mêmes ? Les chants des oiseaux n’ont pas le même rôle selon la période de l’année. On entend des chants de séduction et d’annonce de territoire de mars à fin août, période de reproduction. Pendant cette période cruciale, les chants ont aussi pour rôle d’éloigner les mâles qui souhaiteraient entrer dans un territoire déjà occupé. Toute l’année, on peut entendre les cris de contact ou d’alerte pour avertir d’un danger.

© LPO

Les oiseaux y trouvent des conditions propices pour nicher et se nourrir dans des bosquets, des espaces ouverts, des massifs fleuris ou des grands arbres. Installez-vous un instant sur un banc, écoutez et observez la nature qui vous entoure. Au détour d’un arbre, vous pourrez identifier une Corneille, un Merle, un Moineau ou une Pie.

© Ville du Havre

INSTALLEZ-VOUS UN INSTANT SUR UN BANC, ÉCOUTEZ ET OBSERVEZ LA NATURE QUI VOUS ENTOURE

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© LPO - Michel Lannezval

© LPO - Michel Menanteau

À la découverte des oiseaux des parcs et jardins

Verdier d’Europe

Grive musicienne

L’un des passereaux les plus répandus dans l’entourage de l’homme en Europe. De la taille du Moineau, il est reconnaissable à son plumage jaune-vert olive ■

Fréquentant les parcs et jardins mais également les bois, la musique de son chant ressemble à une flûte. De la taille d’un merle, elle se reconnaît à son plumage brun et à sa poitrine crème tachetée ■

© LPO - Michel Lannezval

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(Turdus philomelos)

© LPO - Marc Deleegher

(Chloris chloris)

© fotolia

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Merle noir

(Turdus merula)

1 - mâle) / 2 - femelle

Oiseau très commun, il présente un dimorphisme sexuel très important avec un mâle de couleur noire et une femelle plutôt brune et plus grosse ■

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Troglodyte mignon

(Troglodytes troglodytes)

L’un des plus petits oiseaux européens, il ne pèse que 8 ou 9 g. On le reconnaît à son corps brun strié de barres sombres et à sa queue relevée. Dans le pays cauchois, on l’appelle le riboudin ■


© LPO - Michel Lannezval

© LPO - Guy Corteel

Accenteur mouchet

Corneille

Oiseau souvent confondu avec le moineau, il se différencie par sa silhouette et son bec plus fins, ainsi qu’à sa tête et sa poitrine de couleur grise. Il se nourrit principalement au sol, sous les haies ■

Très semblable au corbeau, elle diffère par son bec entièrement recouvert de plumes noires à la base alors que celles du corbeau sont grises ■

© LPO - Frédéric Malvaud

(Corvus corone)

© LPO - Antonin Bernard

(Prunella modularis)

Rouge-gorge

Pie bavarde

Passereau très reconnaissable à sa poitrine rouge. Son bec, très fin, lui permet d’attraper facilement les insectes qui constituent la base de sa nourriture ■

C’est un des rares oiseaux qui construit un toit au-dessus de son nid. Il va également construire plusieurs nids afin de tromper ses éventuels prédateurs mais un seul sera habité ■

(Erithacus rubecula)

(Pica pica)

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Les parcs, jardins et cimetières

© Carole Malgorn

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Cimetière Sainte-Marie

1 1 - Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) / 2-Hérisson (Erinaceus europaeus) 3 - Écaille chinée (Euplagia quadripunctaria)

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© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

lement qui appellent à la plénitude. La faune y trouve refuge pour nicher en toute tranquillité en particulier les espèces les plus craintives. On a pu observer au cimetière Sainte-Marie, des Lapins de garenne, des Renards ou des Hérissons ainsi que l’Écaille chinée, une espèce de papillon protégée.

© Alain Deschandol

Les cimetières sont des lieux de recueil-


Côté flore, l’Orpin âcre est typique de ces espaces et s’implante dans les fissures des monuments funéraires. Ses feuilles persistantes au goût de poivre peuvent être mangées en salade, mais en petite quantité. Certaines tombes en granit abritent de nombreuses espèces de mousses et de lichens ■

Mousse sur pierre tombale en granit

© Carole Malgorn

Orpin âcre (Sedum acre). On le reconnaît à ses fleurs jeunes étoilées.

© Carole Malgorn

© Marie Hatay

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Lichen

L’entretien de ces espaces Entretenir les espaces verts tout en respectant la nature est la philosophie de la ville. Ainsi, les travaux d’entretien s’adaptent au rythme des saisons et selon l’usage souhaité, c’est ce qu’on appelle la gestion différenciée. Une fauche ou une tonte tardive favorise la pollinisation par les insectes, une coupe de haie évitée au printemps permet à des petits passereaux de nicher et de se reproduire. Ces pratiques sont autant d’éléments pris en compte dans la gestion de ces réservoirs biologiques. Au Havre, il y a 5 catégories de gestion des espaces verts en fonction du degré horticole recherché et du degré d’intervention.

Catégorie 1 : Zones naturelles (boisements/forêt de Montgeon) Catégorie 2 : Espaces naturels aménagés (parc Hauser/prairies de Rouelles) Catégorie 3 : Jardins, espaces verts Catégorie 4 : Jardins/espaces verts à caractère horticole marqué (jardins de la plage) Catégorie 5 : Jardins de prestige (jardins Hôtel de Ville/ square Saint-Roch) ■

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Les parcs, jardins et cimetières

Nos jardins, des havres de paix et de richesse Les squares et les parcs du Havre favorisent la biodiversité en ville, tout comme les Havrais qui possèdent un coin de verdure ou un balcon et l’entretiennent de façon écologique. Nos plantations attirent immanquablement les insectes, mais parfois à nos dépens comme les Pucerons (appelés aussi aphidiens) et les Moustiques.

© fotolia

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© Alain Deschandol

Taupe (Talpa europaea). Animal utile qui aère le sol et se nourrit de nombreux insectes qui peuvent ravager les jardins (limaces, vers… )

Puceron noir (Aphis fabae)

Les petits mammifères (Hérissons ou Taupes), les Grenouilles et les oiseaux fréquentent nos jardins à la recherche de nourriture ou d’un abri pour eux et leurs petits.

Savez-vous que les oiseaux de nos jardins ne sont pas toujours les mêmes. Certaines espèces sont sédentaires comme le Verdier ou le Moineau, d’autres sont des migrateurs partiels et viennent passer l’hiver chez nous comme le Rouge-gorge, d’autres encore ne sont que de passage ■

Un jardin urbain peut permettre d’obse­r ver une vingtaine d’espèces d’oiseaux par an.

LE SAVIEZ-VOUS ? © Alain Deschandol

En général, les oiseaux mâles présentent un plumage souvent plus beau et plus coloré que les femelles car ils doivent séduire pour pouvoir se reproduire et nicher. Moineau (Passer domesticus)

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© Jérôme Ruisseau

© Ville du Havre - Ph. Bréard

À la découverte d’un jardin au naturel

Un jardin naturel c’est un jardin sans pesticide qui laisse un coin d’espace pour une petite prairie fleurie avec des coquelicots, des pâquerettes pour attirer les insectes.

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UN JARDIN NATUREL, C’EST UN ENSEMBLE DE MILIEUX, MARE, HAIE, PRAIRIE, MURS, PIERRES QUI PERMETTRONT D’ACCUEILLIR UNE BIODIVERSITÉ RICHE AUSSI BIEN FAUNISTIQUE QUE FLORISTIQUE.

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© fotolia

© fotolia

Un jardin naturel c’est un jardin avec des oiseaux et pourquoi pas une haie qui leur permettra de s’installer et de se cacher.

Et si c’est un plus grand jardin, alors pourquoi pas une petite mare qui permettra aux oiseaux de s’abreuver et d’accueillir quelques batraciens.

Un jardin naturel c’est un jardin avec du bois mort et quelques pierres qui permettront d’accueillir de nombreux insectes et des petits mammifères.

Maintenant, profitez de votre jardin et de toute sa biodiversité ! 41


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La forêt de Montgeon et le parc de Rouelles POUMONS DE L’AGGLOMÉRATION HAVRAISE

À L’ÉVOCATION DE LA NATURE AU HAVRE, CE SONT SOUVENT LES PARCS DE MONTGEON ET DE ROUELLES QUI VIENNENT EN PREMIER LIEU À L’ESPRIT. ESPACES DE LOISIRS ET DE BALADES, CES SITES ABRITENT UNE NATURE RICHE ET DIVERSIFIÉE AU SEIN D’ÉCOSYSTÈMES COMPLÉMENTAIRES TELS QUE LA FORÊT, LES PRAIRIES OU LES ÉTANGS.

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Š Marion Dutoit


Le parc de Rouelles

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Le parc de Rouelles 44

Le pigeonnier du parc de Rouelles


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Ce parc de la Communauté de l’Agglomération havraise (CODAH), acquis dans les années 80, s’étend sur près de 150 hectares.

C’est un lieu relativement calme où la faune jouit d’un espace privilégié pour se reproduire et se nourrir au milieu d’une flore riche. Une forêt, un marais, des chemins de promenade longeant les prairies et les étangs, autant de milieux à découvrir. La nature y est tantôt maîtrisée tantôt laissée plus libre de s’exprimer ■

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© Ph. Bréard - Ville du Havre

Autrefois, ce parc faisait partie d’une propriété qui associait un château avec son parc, une ferme et des bois. Il ne subsiste aujourd’hui que le manoir et le pigeonnier, datant du XVIIe siècle.


Le parc de Rouelles

Le parc de Rouelles et ses étangs

Foulque macroule (Fulica atra) sur des nénuphars : vivant en groupe, la foulque arbore un écusson frontal blanc au-dessus du bec et un plumage noir.

du Canada, la Poule d’eau ou la Foulque macroule. On peut facilement observer les nids des poules d’eau construits sur les nénuphars au milieu des étangs.

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1 - Poule d’eau (Gallinula chloropus) : gallinacée très commune de petite taille et de couleur noire présentant une tâche rouge au-dessus du bec. 2 - Canard siffleur (Anas penelope) / 3 - Canard colvert (Anas platyrhynchos) c’est le plus grand canard de surface et le plus commun / 4 - Bernache du Canada (Branta canadensis)

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© Alain Deschandol

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© LPO - David Gibouin

© LPO - Guy Corteel

Les cinq étangs du parc offrent gîte et couvert pour de nombreux oiseaux sédentaires le plus souvent des espèces introduites, le Cygne tuberculé, le Canard colvert, le Canard siffleur, la Bernache

© Alain Deschandol

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LE SAVIEZ-VOUS ?

© Alain Deschandol

Le Cygne est depuis le XIIe siècle un oiseau royal en Grande-Bretagne. La reine d’Angleterre est la propriétaire de tous les cygnes en liberté sur la Tamise et sur ses affluents. Tous les ans au mois de juillet, le marqueur officiel des cygnes de la Reine les comptabilise pour voir si aucun n’a été volé pendant l’année !

© fotolia

Tortue de Floride (Trachemys scripta elegans)

Ces étangs abritent une faune piscicole principalement composée de Carpes, de poissons rouges et de Brochets, introduits par l’homme.

Ces espèces cohabitent entre elles, mais cet équilibre est aujourd’hui menacé par une nouvelle venue : la Tortue de Floride. Cette dernière est ce qu’on appelle une espèce invasive. Devenues trop voraces ou trop grosses, certaines sont relâchées par leur propriétaire dans le milieu naturel. Dans ce nouvel écosystème, elles s’attaquent aux œufs des poissons, aux poussins des oiseaux d’eau et aux larves des batraciens et menacent à terme, la survie du milieu ■

Un marais et une rivière Le surplus des eaux des étangs coule dans le marais, qui sert ainsi de régulateur naturel. Ce dernier est traversé par la Rouelles, rivière longue de 4,7 km et affluent de la Lézarde. Cette zone est une des plus riches du parc d’un point de vue floristique avec plus de 29 espèces herbacées attirées par la présence de

l’eau. On peut notamment observer des Roseaux, des Joncs, des Consoudes, des Lysimaques communes, des Myosotis des marais ou de l’ Épilobe hirsute, mais également des plantes invasives avec les Renouées du Japon, Balsamines de l’Himalaya ou la Massette à larges feuilles. › (voir pages 50-51)

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Le parc de Rouelles

CETTE ZONE EST UNE DES PLUS RICHES DU PARC D’UN POINT DE VUE FLORISTIQUE AVEC PLUS DE 29 ESPÈCES HERBACÉES ATTIRÉES PAR LA PRÉSENCE DE L’EAU.

© Carole Malgorn

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Marais du parc de Rouelles

Dans les eaux, les Cressons, Lentilles d’eau et Nénuphars abritent des amphibiens tels que le Triton ponctué ou la Grenouille verte, animaux très voraces qui guettent le Notonecte, le Dytique, la Nèpe ou le Gerris, des insectes vivant à la surface de l’eau. 1 - Triton ponctué (Triturus vulgaris) 2 - Notonecte (Notonecta glauca) : de la famille des punaises, sa spécialité est de nager sur le dos. 3 - Dytique (Dytiscus marginalis) : coléoptère dont les pattes arrières sont pourvues de rames poilues pour plonger et aller chercher de la nourriture en profondeur.

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© Alain Deschandol

Un marais et une rivière

© Alain Deschandol


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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

4 - Gerris (Gerris lacustris) : aussi appelé araignée d’eau à cause de ses grandes pattes qui lui permettent de reposer à la surface de l’eau./ 5 - Nèpe (Nepa cinerea) : appelé aussi scorpion d’eau.

LE SAVIEZ-VOUS ?

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

La Renouée du Japon, plante invasive originaire d’Asie orientale, a été introduite en France au XIXe siècle pour sa valeur décorative, mais également en tant que plante fourragère.

Héron cendré (Ardea cinerea)

Un observatoire installé à proximité du marais permet d’admirer des oiseaux comme le Héron cendré, le Martin-pêcheur ou l’Aigrette garzette qui viennent se reposer ou chercher de la nourriture ■

© Alain Deschandol

Insolite !

Perruche à collier (Psittacula krameri)

Le parc abrite également des pensionnaires bien inhabituels : des Perruches !

En effet, depuis 2010, des couples de Perruches à collier sont observés dans certains arbres longeant les étangs. Ces derniers se sont-ils échappés d’une volière ou ont-ils été libérés par leur propriétaire ? Le mystère de leur implantation reste entier, mais ils ont trouvé refuge dans le parc où ils nichent et se reproduisent. ›

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© Marie Hatay

À la découverte des plantes aux abords des marais et rivières Grande consoude

(Symphytum officinale)

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

Grande plante vivace présentant des poils piquants sur sa tige. Elle peut être utilisée en engrais végétal. C’est une plante vulnéraire, c’est-à-dire qui soigne les plaies ■

Massette à larges feuilles

Lysimaque commune

Les épis marrons caractéristiques de cette plante sont les inflorescences femelles qui sont surmontées de l’épi mâle, plus petit et de couleur jaune. Elles sont utilisées en décoration florale ■

Plante pouvant atteindre 1,30 m de haut et dont les fleurs sont de couleur jaune d’or avec un bas de tige très feuillu ■

(Typha latifolia)

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(Lysimachia vulgaris)

➜ GLOSSAIRE PAGE 148


© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

Myosotis des marais

Épilobe hirsute

Espèce très commune présentant de toutes petites fleurs bleu clair ■

Plante entièrement recouverte de poils soyeux, ce qui la rend douce au toucher. Ses fleurs sont de couleur rose violet ■

© Alain Deschandol

(Epilobium hirsutum)

© Alain Deschandol

(Myosotis scorpioides)

Jonc fleuri

Balsamine de l’Himalaya

Appelée aussi butome, cette plante aquatique peut atteindre 1 m de haut. On la reconnaît à ses fleurs roses ■

Originaire d’Asie, son fruit est une capsule qui s’ouvre brutalement et propulse les graines, parfois à plusieurs mètres. Ce type de dispersion peut ainsi entraîner une colonisation rapide du milieu ■

(Butomus umbellatus)

(Impatiens glandulifera)

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Le parc de Rouelles

Les prairies

© Alain Deschandol

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Salix et Camoussot, les deux Bœufs écossais dans une prairie du parc de Rouelles

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Salix et Camoussot, deux Bœufs écossais participent à cet entretien depuis qu’ils ont été introduits dans le parc. Bénéficiant de 6 hectares pour brouter, ces bœufs très rustiques ont permis de passer à une gestion pastorale.

© Alain Deschandol

Le long de ces zones humides, de grands milieux « ouverts », les prairies, abritent une flore intéressante notamment en termes de graminées. On peut facilement y observer de l’Avoine pubescente mais également des Pâquerettes ou des Digitales. La CODAH a instauré une gestion différenciée de ces espaces qui permet de respecter les cycles biologiques comme les floraisons ou les disséminations en tondant peu ou en ne réalisant que de simples fauchages. Ces « milieux ouverts » ont tendance à se « refermer » et à se transformer en forêt si aucun entretien n’est réalisé. Ainsi, tout en respectant les cycles naturels, ces entretiens permettent de garantir la richesse de ces prairies qui abritent de nombreuses fleurs sauvages.

Digitale pourpre (Digitalis purpurea)

La principale particularité du parc de Rouelles est d’ailleurs la cohabitation de ces espaces ouverts avec des espaces boisés plus fermés ■

➜ GLOSSAIRE PAGE 148


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Les bois

© Alain Deschandol

Le milieu forestier abrite plus d’une trentaine d’espèces d’arbres, arbustes et plantes herbacées, véritable lieu de tranquillité pour de nombreux animaux tels que la Chouette hulotte, le Hibou moyen-duc, l’Écureuil roux ou le Renard que l’on peut croiser au détour d’un taillis.

Hibou moyen-duc (Asio otus) On le distingue de la chouette par ses touffes auriculaires noires et ses yeux orange.

© Ville du Havre - Albéric Levain

Des espaces à découvrir : l’arboretum des Ardennes et le jardin des plantes vivaces

L’ Arboretum des Ardennes

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2 Noisetier (Corylus avellana)

© Ville du Havre

Le parc de Rouelles a la particularité d’abriter un arboretum invitant à la découverte des arbres dans un cadre calme et serein. Encore peu connu, il abrite plus de 250 essences d’arbres feuillus provenant du monde entier. On trouve aussi bien des espèces endémiques comme le Charme ou le Noisetier que des essences plus exotiques comme l’Eucalyptus ou le Paulownia.

© Alain Deschandol

Le parc de Rouelles

Le jardin des vivaces

Ancien potager du domaine, le jardin des plantes vivaces permet aujourd’hui d’observer Graminées, Achillées et Agapanthes dans une atmosphère paisible ■

Une plante vivace est une plante dont la souche peut vivre plusieurs années et donner ainsi plusieurs floraisons successives.

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➜ GLOSSAIRE PAGE 148

© Ville du Havre

LE SAVIEZ-VOUS ?


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© Alain Deschandol

Au fil d’une promenade...

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

L’écluse sur la Rouelles

Même les ânes s’y plaisent !

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

La végétation aquatique aux abords d’une prairie

Des nénuphars… et des étangs !

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La forêt de Montgeon

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La forêt de Montgeon POUMON VERT DU HAVRE 56


L’histoire de la forêt de Montgeon démarre au XVIe siècle lorsqu’elle est cédée par François 1er au seigneur de Graville comme compensation à la construction du Havre sur ses terres. Elle s’appelait alors la forêt des Hallates.

Elle ne rejoint le patrimoine de la Ville qu’en 1902 afin de créer un jardin public. Cependant les deux guerres mondiales ont retardé ce projet et ce n’est qu’en 1965 que le site commence à être aménagé en parc paysager et forestier. ■

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© Ph. Bréard - Ville du Havre

GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE


La forêt de Montgeon

Des arbres et des champignons à découvrir Aujourd’hui la forêt de Montgeon, c’est environ 200 hectares de surface boisée avec plus de 100 000 arbres principalement des Hêtres, des Chênes pédonculés et des Bouleaux verruqueux, mais aussi des Châtaigniers, des Néfliers, des Érables et des Frênes. Des secteurs complets ont également été replantés par l’homme avec des résineux comme le Mélèze, l’Épicéa et le Pin sylvestre. (voir pages 60-61)

L’entretien de cet espace est réalisé sans produit phytosanitaire. Les arbres morts ainsi que les souches sont laissés en place. Ils constituent ainsi des abris pour les nombreux arthropodes, des animaux 2 invertébrés avec une carapace rigide. On y trouve des insectes sous forme de larves, des arachnides, des myriapodes comme les Iules ou les Gloméris et le seul crustacé terrestre : le Cloporte. Sans oublier les Vers de terre, indispensables pour aérer le sol et remuer la matière en voie de décomposition.

LE SAVIEZ-VOUS ?

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© Carole Malgorn

Arbre mort

Ces « dévoreurs » sont essentiels dans la chaîne de la vie. En effet, ils débitent les cadavres d’animaux, les feuilles mortes, les restes de plantes et les transforment en humus, matière riche pour le sol.

© Marion Dutoit

© Alain Deschandol

À quoi sert l’écorce des arbres ? Rouge, verte, blanche… l’écorce des arbres peut être de couleur différente, mais son rôle est toujours le même. En effet, elle protège l’arbre des agressions extérieures comme le froid, les rayons ultraviolets ou les animaux. La partie intérieure de l’écorce est le siège de tous les échanges de sève entre les racines et le reste de l’arbre. L’écorce a donc un rôle nourricier. Elle sert aussi de purificateur en permettant l’évacuation de substances nocives pour l’arbre comme des résines. C’est pour cela que parfois, l’écorce se détache… Cette dernière peut également être le siège de lichens (photo ci-dessous).


D’autres espèces sont vénéneuses comme l’Amanite tue-mouche et certaines peuvent être mortelles, c’est le cas de l’Amanite phalloïde. Inféodé au bouleau, le Polypore du bouleau trouve facilement sa place. Celui-ci devient si dur au fil des années qu’on s’en servait autrefois pour aiguiser les lames des barbiers ! ■

1 - Amanite phalloïde (Amanita phalloides). Egalement connue sous le nom d’oronge verte, ce champignon peut être mortel. 2 - Polypore du bouleau (Piptoporus betulinus) 3 - Oreille de Judas (Auricularia auricula-judae) 4 - Trompette des morts (Craterellus cornucopioides). Malgré son nom, ce champignon est comestible. 5 - Satyre puant (Phallus impudicus) Ce champignon est comestible dans son premier stade car à l’âge adulte, il développe une odeur fort désagréable. 6 - Cèpe (Boletus sp.). Ce terme désigne plusieurs espèces de champignons. Tous ont une sorte d’éponge en dessous du chapeau.

© Alain Deschandol

Votre cueillette doit impérativement être vérifiée par un pharmacien avant toute dégustation.

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© Alain Deschandol © Alain Deschandol

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© Alain Castel

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© Éric Chouand

La forêt abrite également une grande variété de champignons avec plus de 200 espèces déjà observées. Certaines sont comestibles, c’est le cas de la Girolle, du Cèpe, de la Trompette des morts, du Satyre puant ou de l’Oreille de Judas, champignon souvent inféodé aux vieux sureaux.

© Alain Deschandol © Alain Deschandol

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© Alain Deschandol

À la découverte des arbres de la forêt de Montgeon

Frêne commun

(Fraxinus excelsior)

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Arbre commun de 30 à 40 m avec des feuilles composées de 7 à 15 folioles dentées ■

Pin sylvestre © Alain Deschandol

(Pinus sylvestris)

De la famille des conifères, le Pin sylvestre se reconnaît à son long tronc nu et à la couleur ocre de son écorce ■

(Fagus sylvatica)

Arbre à l’écorce grise et lisse. Sa feuille est ovale et frangée de poils soyeux ■

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➜ GLOSSAIRE PAGE 148

© Alain Deschandol

Hêtre commun


© fotolia

Bouleau verruqueux (Betula pendula).

© Alain Deschandol

On le reconnaît facilement grâce à son écorce blanc-argenté. La famille des bouleaux présente les pollens les plus allergènes ■

Tilleul

(Tilia sp.)

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

Arbre dont les fleurs sont utilisées en infusion. Son écorce est lisse et ses feuilles à bord denté sont en forme de cœur ■

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La forêt de Montgeon

Les chemins forestiers

© Carole Malgorn

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© Alain Deschandol

Les chemins forestiers sont bordés d’une végétation herbacée avec une prépondérance de l’Ortie dioïque, de la Fougère aigle et de la Ronce des bois. Cette dernière est très répandue en forêt. Elle est relativement envahissante et laisse donc peu de place aux autres. Pourtant, elle joue un rôle important pour le maintien de nombreux insectes. Ses fleurs sont en effet une source importante de nectar et de pollen pour les Abeilles, Bourdons et papillons comme le Paon du jour ou le Vulcain.

Ronces en fleurs (Rubus sp.)

Fougère aigle (Pteridium aquilinum)

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© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

Peu de gens le savent, mais la forêt abrite une petite station d’Orchidées : l’Epipactis à feuilles larges, une espèce tardive qui ne fleurit qu’à la fin de l’été ■

Orchidée Epipactis à feuilles larges (Epipactis helleborine)


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© LPO - Guy Corteel

1 1 - Pic épeiche (Dendrocopos major) 2 - Geai des chênes (Garrulus glandarius) : son plumage brun rosé contraste avec sa queue noire et ses ailes tricolores : bleu, blanc et noir 3 - Mésange charbonnière (Parus major). La plus commune des mésanges avec son ventre jaune et sa cravate noire 4 - Chouette hulotte (Strix aluco). Consommatrice de petits rongeurs, il est plus facile de la repérer la nuit grâce à son hululement. 5 - Pic-vert (Picus viridis). Il recherche et attrape insectes et animalcules dans le sol ou dans des cavités d’arbres grâce à son bec doté d’une langue très longue, environ 10 cm, qui s’enroule jusque dans son crâne. ➜ GLOSSAIRE PAGE 148

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© LPO - Antonin Bernard

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© Alain Deschandol

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© Alain Deschandol

La forêt abrite des petits oiseaux, le plus souvent insectivores, mais également des rapaces. Une quarantaine d’espèces ont été répertoriées : différentes espèces de Pics, des rapaces nocturnes comme la Chouette hulotte et des espèces diurnes telles que le Geai, les Mésanges ou le Roitelet triple-bandeau. Les Pics se déplacent à la verticale sur les troncs. Ils ne savent pas chanter, ils tambourinent. Leur arme est leur bec qui a la particularité de pousser continuellement pour lutter contre l’usure ■

© LPO - Guy Corteel

Le royaume des oiseaux

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La forêt de Montgeon

Un paradis pour les mammifères

Les rongeurs, le Campagnol des champs ou le Rat surmulot servent de repas aux prédateurs qui chassent dans la forêt comme les Renards, les Chouettes et les Hiboux ■

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© Alain Deschandol

De nombreux mammifères vivent dans les forêts tels que l’Écureuil roux facilement observable avec un peu de silence. Il dispose d’un nid principal pour dormir et se reproduire et d’autres, secondaires qui lui permettent de se cacher rapidement et de s’abriter des intempéries.

Campagnol des champs (Microtus arvalis)

Au cœur de la forêt, l’homme a créé des mares artificielles qui s’ajoutent à celles naturelles. Ces espaces abritent une biodiversité particulière avec des Carex et des Iris, des Fougères, mais également des amphibiens (Grenouilles, Crapauds et Tritons) ■ Iris (Iris pseudacorus)

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© Alain Deschandol

© Carole Malgorn

Des mares naturelles et artificielles…


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© Alain Deschandol

Un écosystème à l’écoute des saisons

© Ph. Bréard - Ville du Havre

© Alain Deschandol

Parcelle de régénération

Un chemin en sous-bois

À l’ombre des arbres

© Alain Deschandol

© Ph. Bréard - Ville du Havre

Une allée en automne

L’étang

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La costière, un coteau en cœur de ville

VILLE HAUTE, VILLE BASSE. VOILÀ COMMENT LES HAVRAIS PARLENT DE LEUR VILLE. ENTRE LES DEUX EXISTE UN ESPACE INTERMÉDIAIRE : LA COSTIÈRE. MÊLANT BOISEMENTS NATURELS ET PROPRIÉTÉS PRIVÉES AVEC PARC, ELLE OFFRE UN ABRI PRIVILÉGIÉ POUR LA FAUNE SAUVAGE.

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Š Marion Dutoit


La costière, un coteau en cœur de ville

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© Ph. Bréard - Ville du Havre

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La costière, un coteau en cœur de ville

Qu’est-ce que la costière ? sur la mer, la ville et l’embouchure de la Seine. Par son ensoleillement et son exposition plein sud, elle bénéficie d’un 2 microclimat très favorable à l'installation d'une flore variée ■

IMMENSES ET MAJESTUEUX, CERTAINS ARBRES DRESSENT LEUR SILHOUETTE DEPUIS LE XIX E SIÈCLE. Une vue du panorama sur l’estuaire depuis le bout de la promenade de Caucriauville

© Alain Deschandol

La costière est un coteau qui s’étire d’ouest en est sur 7 km, des jardins suspendus jusqu’à la Brèque. Elle constitue une bande verte mêlant bâti et végétal et offrant une vue imprenable

La costière d’hier à aujourd’hui Autrefois utilisée pour le pâturage, la costière devient dès le XVIIIe siècle, un lieu de résidence privilégié pour les riches marchands en raison du magnifique panorama qu’elle offre sur la mer. Autour de leurs villas, ces derniers aménagent de grands parcs, avec des espèces

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exotiques venant d’horizons lointains. L’urbanisation croissante des années 1960 a entraîné l’implantation de nombreuses habitations. La végétation reste cependant une composante essentielle de la costière avec un caractère arboré dominant ■


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Un espace arboré, mais pas seulement…

© Alain Deschandol

Immenses et majestueux, certains arbres dressent leur silhouette depuis le XIXe siècle. On observe alors un curieux mélange d’essences communes de la région (des Chênes pédonculés, des Érables sycomores, des Houx, des Pommiers) et d’espèces exotiques. Ces dernières, apportées par l’homme, se sont épanouies grâce à un ensoleillement suffisant : Palmiers, Figuiers et Tulipiers de Virginie pour ne citer qu'eux ■

Villa des oliviers

À la découverte des arbres de la Costière voir page 72 ■

© Fabien Brasse

À l’assaut des escaliers… De nombreux escaliers serpentent entre les zones boisées et les propriétés privées afin de relier la ville haute et la ville basse à pied. Les murs des propriétés sont le plus souvent recouverts de végétaux grimpants, plantés par les propriétaires comme des Glycines, des Vignes vierges ou des Clématites. Ils sont également colonisés par des végétaux « rupicoles » spontanés qui trouvent sur ces murs un gîte qui leur convient. C’est le cas de la Pariétaire officinale ou de la Cymbalaire des murs appelée aussi Ruine de Rome en raison de son origine méditerranéenne et de sa profusion sur les vieux murs.

Au pied des escaliers de l’Abbaye de Graville ➜ GLOSSAIRE PAGE 148

› suite page 74

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Cèdre du Liban

Arbre aux 40 écus

Conifère reconnaissable par son port conique avec des branches basses presque horizontales. Ses aiguilles sont vert foncé et ses cônes mesurent environ 10 cm de long ■

Le chevalier de Pétigny, un botaniste amateur parisien, acheta à la fin du XVIIIe siècle les premiers pieds de Ginkgo biloba pour la somme de 200 livres soit 40 écus ! Symbole de l’espérance au Japon, après avoir survécu à la bombe d’Hiroshima, plusieurs spécimens de cet arbre sont connus pour avoir plus de 2500 ans. ■ © Alain Deschandol

(Ginkgo biloba)

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(Cedrus libani)

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© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

À la découverte des arbres de la Costière


© fotolia

© Alain Deschandol

If commun

Tulipier de Virginie

Les fruits rouge vif sont appelés des « arilles ». Sucrés et cependant toxiques pour l’homme, ils sont consommés par les oiseaux qui en rejettent la graine dans leurs excréments, ce qui contribue à la diffusion et à la reproduction de l'espèce ■

Ses feuilles prennent une magnifique couleur jaune à l’automne. Les tulipiers ne fleurissent qu’au bout de 15 années environ. Ils ont été introduits en France au XVIIIe siècle ■

(Liriodendron tulipifera)

© fotolia

© Alain Deschandol

(Taxus baccata)

Figuier

© Alain Deschandol

Arbre de 3 à 4 mètres de haut, typiquement méditerranéen. Ses feuilles peuvent atteindre 25 cm de long et présentent plusieurs lobes ■

© Alain Deschandol

(Ficus carica)

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La costière, un coteau en cœur de ville À l’assaut des escaliers… (suite) Les fougères colonisent les murs les plus ombragés. On observe par exemple la Capillaire des murailles et la Fougère scolopendre. Cette dernière tient son nom

du mille-pattes du même nom à cause de la similitude entre le corps de ce myriapode et le dessous de ses feuilles.

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1 - Pariétaire officinale (Parietaria officinalis). Pariétaire vient du latin « paries » qui signifie « mur, paroi » / 2 - Cymbalaire des murs (Cymbalaria muralis). Appelée aussi Ruine de Rome 3 - Capillaire des murailles (Asplenium trichomanes) Son nom provient de sa ressemblance avec une touffe de cheveux. / 4 - Fougère scolopendre (Phyllitis scolopendrium) / 5 - Rue des murailles (Asplenium ruta muraria)

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© Carole Malgorn

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© Carole Malgorn

© fotolia

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© Alain Deschandol

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Les murs ombragés abritent également de nombreuses espèces de mousses et de lichens. Leur identification nécessite de bonnes connaissances et un matériel adapté, le plus souvent un microscope. Néanmoins, la mousse Barbule commun peut se reconnaître à l’œil nu grâce à son tapis de petits coussinets vert bouteille ainsi que la famille des lichens crustacés.

Barbule commun (Tortula muralis)

© Alain Deschandol

GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

LE SAVIEZ-VOUS ?

© Alain Deschandol

Un Lichen est une association entre un champignon et une algue (ou une bactérie). On les appelle les « organismes sentinelles » car leur présence ou leur absence permet d’évaluer la qualité de l’air d’un lieu.

© Alain Deschandol

Ces sites et cette végétation sont essentiels pour de nombreuses espèces animales : les invertébrés comme les Cloportes et les Perce-oreilles y trouvent une salutaire humidité. À l’inverse, le Lézard des murailles préfére les recoins chauds ■

© Alain Deschandol

Lichen crustacé

Lézard des murailles (Podarcis muralis)

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La costière, un coteau en cœur de ville

Le parc Hauser, à découvrir absolument !

CE PARC ARBORÉ DE 3 HECTARES CONSTITUE UN SITE AUX CONDITIONS CLIMATIQUES FAVORABLES AU DÉVELOPPEMENT DE LA FLORE.

© Alain Deschandol

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En haut, le château du parc. Ci-dessus, les bassins aménagés.

© Alain Deschandol

Situé à quelques encablures du centreville, le parc Hauser était la propriété, dans les années 1830, de Jean-Baptiste Eyriès célèbre géographe. Il a entièrement aménagé ce parc avec des espèces exotiques. En 1886, une partie du domaine échut à Monsieur Hauser jusqu’en 1935, date à laquelle la Ville du Havre s’en porte acquéreur. Niché entre les rues de Tourneville et du 329e RI, exposé plein sud et à l’abri des vents froids, ce parc arboré de 3 hectares constitue un site aux conditions climatiques favorables au développement de la flore.

© Alain Deschandol

Une oasis de verdure


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Un jardin en partie basse

L’accès au parc par la rue de Tourneville permet d’observer des espèces exotiques remarquables. Le Ginkgo biloba appelé aussi l’Arbre aux 40 écus, le Cèdre du Liban ou le Séquoia géant imposent leur aspect grandiose dès l’entrée du parc. Le Ginkgo biloba a la particularité d’être une espèce présentant des arbres mâle ou femelle. On parle d’espèce dioïque. Les fleurs mâles sont des chatons qui produisent du pollen. Ce dernier arrive sur les fleurs femelles appelées « ovules ». L’arbre femelle se repère très facilement par l’odeur nauséabonde dégagée par les fruits.

Orobanche du lierre (Orobanche hederae)

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

De nombreuses espèces végétales peuplent le pied de ces arbres majestueux. On y trouve notamment du Lierre et de nombreux pieds d’Orobanche du lierre, sa plante parasite, une espèce rare.

Séquoia géant (Sequoiadendron giganteum). Il peut atteindre 50 m de haut.

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La costière, un coteau en cœur de ville

© Alain Deschandol

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Promenade du parc Hauser

Dans les hauteurs, un sous–bois sous futaie

de petites boules brillantes rouges qui poussent au milieu des fausses feuilles.

En grimpant (le dénivelé est de 62 mètres), l’ambiance change radicalement. On arrive dans un boisement naturel en plein cœur de la ville… Hêtres, Chênes, Châtaigniers, Érables, Tilleuls composent ce petit bois. On observe également des Houx, des Sureaux, des Aubépines et des Ifs… Au milieu de cette végétation débordante, se niche le Fragon Petit houx. La curiosité de cette plante réside dans ses fruits. Ces derniers sont

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

Fragon Petit houx (Ruscus aculeatus)

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Au bord des chemins, Molène fauxbouillon blanc, Cirse commun, Jonquilles, Primevères et Violettes s’observent selon les saisons.

Molène faux-bouillon-blanc (Verbascum densiflorum). Les feuilles très duveteuses du bouillon blanc étaient utilisées autrefois pour les mèches des lampes à huile.


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Du houx ? Où ?

© Marie Hatay

Dans la partie haute du parc, la ville du Havre présente une remarquable collection de houx. Plus de 160 variétés (près de 460 sujets) y sont plantées.

Cirse commun (Cirsium vulgare)

© Alain Deschandol

Au sol, parmi le Lierre omniprésent, une grande quantité de bois mort constitue un véritable écosystème. Habitat pour de nombreux insectes, le bois qui se décompose permet également de recycler la matière organique et d’enrichir le sol.

Pourquoi une collection de houx ? Initiée en 1988, la démarche de rassembler, sur un même site, diverses variétés de houx, a pour objectif de présenter la diversité de ce genre, trop souvent réduit au Houx commun (Ilex aquifolium).

© Alain Deschandol

L’emplacement dans la partie haute du parc s’y prête très bien : les houx des régions tempérées sont des plantes des sous-bois qui se plaisent à l’ombre des grands arbres.

Lucane Cerf-volant (lucanus cervus)

© Marion Dutoit

La Lucane Cerf-volant, espèce protégée au niveau national, profite de ce bois en décomposition pour y pondre ses œufs. Cette partie du parc est aussi particulièrement favorable aux oiseaux et aux mammifères.

› ➜ GLOSSAIRE PAGE 148

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La costière, un coteau en cœur de ville

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

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Écureuil roux (Sciurus vulgaris)

Renard roux (Vulpes vulpes)

Peut-être aurez-vous la chance d’observer des Écureuils roux ou des renards ou tout

du moins des empreintes qui témoignent de leur passage ■

Sur la piste des mammifères de la costière

Hérisson

Renard

Lièvre

(Sciurus vulgaris)

(Vulpes vulpes)

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(Erinaceus europaeus)

(Lepus europaeus)

Lapin

(Oryctolagus cuniculus)

Rat surmulot

(Rattus norvegicus)

© Aurélie Doudet

Écureuil


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

LA PENTE, L’EXPOSITION PLEIN SUD ET LE SOL CALCAIRE SONT AUTANT DE PARTICULARITÉS QUI FONT DE CE SITE UN ÉCOSYSTÈME RICHE BÉNÉFICIANT D’UN MICROCLIMAT. Vue depuis le coteau de Caucriauville

Situé à l’entrée de la ville, le coteau calcaire de Caucriauville constitue un espace naturel remarquable. La pente, l’exposition plein sud et la présence de calcaire sont autant de particularités qui font de ce site un écosystème riche bénéficiant d’un microclimat. Autrefois utilisé pour le pâturage, vous pourrez y observer aujourd’hui une grande surface arborée, des zones d’embroussaillement, mais surtout des pelouses sèches calcaires comptant parmi les biotopes les plus variés en matière de

© Alain Deschandol

Le coteau de Caucriauville : un habitat diversifié

faune et de flore. Son tapis de plantes herbacées vivaces est très diversifié : la Cirse des champs, le Lotier corniculé, l’Ophrys abeille ou le Lamier blanc ainsi que de nombreuses graminées telles que du Brome, du Chiendent, de l’Avoine, du Pâturin ou de la Fétuque. Des fourrés d’Ajoncs offrent également une atmosphère particulière au site. (voir pages 84-85)

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© fotolia

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© Alain Deschandol

Cette flore abondante est propice à la faune : les Papillons, les Libellules, les Coléoptères et les petits mammifères comme les Lapins, Mulots, Musaraignes ou Hérissons y trouvent habitat, nourriture et sites de reproduction.

© GMN - P. Spiroux

La costière, un coteau en cœur de ville

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© fotolia

1 - Mulot gris (Apodemus sylvaticus) 2 - Musaraigne couronnée (Sorex coronatus) 3 - Belle-dame (Cynthia cardui) 4 - Cuivré commun (Lycaena phlaeas)

© Benjamin Dupin

Beaucoup d’autres espèces sont également à découvrir en empruntant le chemin de randonnée GR®2, reliant Paris au Havre. Ce dernier passe à travers le coteau de Caucriauville. Bonne balade !!!

Fourré d'ajoncs

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

1 - Buddleia de David (Buddleja davidii). Originaire de Chine, il a été introduit dans les jardins européens il y a plus d’un siècle. 2 - Séneçon du Cap (Senecio inaequidens) Il est arrivé en France par l’intermédiaire des cargaisons de laine importées d’Afrique du Sud. 3 - Renouée du Japon (Fallopia japonica).

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LE SAVIEZ-VOUS ? Pourquoi le Buddleia se nomme également l’arbre à papillons ? Le buddleia présente des fleurs tellement profondes que seuls les trompes des papillons sont assez longues pour aller chercher le nectar au fond, d’où son nom d’arbre à papillons ! L’autre hypothèse est que l’odeur des fleurs attire irrésistiblement les papillons.

© Fabien Brasse

© Alain Deschandol

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© Alain Deschandol

En raison de son histoire et sa situation en plein cœur de ville, la costière est un lieu à découvrir. Sa richesse en matière de biodiversité et de paysages est un patrimoine à préserver notamment pour l’ensemble de la faune qui y trouve refuge et nourriture ■

© Alain Deschandol

Le coteau de Caucriauville, véritable réservoir de biodiversité, est aujourd’hui en danger. Des espèces invasives colonisent progressivement ce biotope au détriment des espèces locales. Les Buddleias, les Séneçons du Cap et autres Renouées du Japon ainsi que de la végétation ligneuse comme l’Érable sycomore ou le Frêne commun appauvrissent progressivement le milieu.

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

À la découverte de quelques plantes du coteau de Caucriauville

Ophrys abeille

Lamier blanc

Orchidée dont la fleur ressemble au corps d’une abeille femelle afin d’attirer les mâles qui vont se charger de transporter le pollen sur d’autres fleurs ■

Appelée aussi « ortie blanche », cette plante comestible s’utilise en aromathérapie et en phytothérapie. Souvent confondu avec l’ortie, ses feuilles sont non urticantes ■

(Lamium album).

© Benjamin Dupin

© Alain Deschandol

(Ophrys apifera)

Cirse des champs

Ajonc d’Europe

Grande plante vivace épineuse en arbuste dense. Les fleurs mâles et femelles sont sur des pieds différents ■

Occupant de grands espaces sur le coteau de Caucriauville, on le reconnaît à ses petites fleurs jaune d’or et ses épines ■

(Cirsium arvense)

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(Ulex europaeus)


© fotolia

© Alain Deschandol

Fétuque

Brome

(Festuca sp.)

(Bromus sp.)

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

Graminées dont plusieurs espèces sont cultivées comme plantes fourragères ■

Achillée millefeuille

Lotier corniculé

Très commune avec ses grandes fleurs blanches, on l’appelle aussi l’herbe au charpentier, du fait de ses propriétés cicatrisantes. Selon la légende, Achille se serait servi de cette plante pour guérir ses blessures ■

Légumineuse « corniculée », car les pétales inférieurs de ses fleurs jaunes se soudent et font penser à une corne d’animal. Il est aussi appelé « pied de poule », car la disposition des fruits rappelle les doigts d’un oiseau ■

(Achillea millefolium)

(Lotus corniculatus)

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Plongeons dans les bassins du Havre

LES BASSINS AU HAVRE, DEPUIS CELUI DU ROY DATANT DE 1517 JUSQU’À CEUX CREUSÉS AU MILIEU DU XIX E SIÈCLE, FONT AUJOURD’HUI LA RICHESSE ET LE PATRIMOINE MARITIME DE LA VILLE. ILS SONT ÉGALEMENT DES MILIEUX VIVANTS QUI ABRITENT DE NOMBREUSES ESPÈCES DANS DES HABITATS SOUMIS À LA FOIS À DES CONTRAINTES NATURELLES IMPORTANTES ET AUX ACTIVITÉS ANTHROPIQUES.

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Š Marion Dutoit


Plongeons dans les bassins du Havre

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Bassin fluvial


© Ville du Havre

LE HAVRE GRANDEUR NATURE • GUIDE DÉCOUVERTE DE LA BIODIVERSITÉ EN VILLE

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Plongeons dans les bassins du Havre

Bassin de l’Eure

© Ville du Havre

2 ON NE COMPTE PAS MOINS DE 9 BASSINS EN CENTRE-VILLE AUXQUELS ON PEUT AJOUTER CEUX DE LA ZONE PORTUAIRE

Les bassins et les marées ! • Les bassins à flot anciens : les écluses maintiennent un niveau d’eau élevé sauf en cas de fortes marées (bassin Paul Vatine, bassin Vauban, bassin de la Citadelle et bassin de l’Eure).

Chaque bassin présente des conditions de vie différentes. En effet, l’influence plus ou moins importante des marées fait varier le niveau des eaux et le degré de salinité.

© Alain Deschandol

• Les bassins fermés : le niveau d’eau y est quasiment constant comme le bassin Vétillard ou le bassin fluvial ■

• Les bassins à marée : l’action de la marée y est ressentie dans son intégralité (bassin Théophile Ducrocq ; bassin du Roy…).

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© Alain Deschandol

Bassin de la Barre

Bassin du Roy


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Qu’est-ce qui se cache dans nos bassins ? Malgré une apparente tranquillité, les bassins grouillent de vie. Ils abritent une faune et une flore spécifiques. Le plus souvent locales, elles sont en compétition avec des espèces exogènes provenant du trafic maritime. Ainsi, les formes de vie des plus complexes aux plus primitives s’observent selon les habitats.

Certains vers et coquillages trouvent également refuge dans la vase, ils cherchent de l’oxygène dans la couche d’eau grâce à des siphons. C’est le cas de la Mye commune et de la Coque qui déploient un siphon pour respirer au ras du sédiment .

© fotolia

• Les fonds vaseux Les vases sont dépourvues d’oxygène, mais riches en sulfures. Seuls certains micro-organismes ont réussi à s’adapter tels que des bactéries, des Nématodes ou des Protozoaires. C’est le cas de la cyanobactérie Havrella mirabilis (dont le nom signifie «petite havraise admirable») qui tire son énergie de l’oxydation des sulfures des vases.

Coque (Cerastoderma edule)

LE SAVIEZ-VOUS ?

© Alain Deschandol

Pourquoi l’eau des bassins peut-elle devenir rouge en été ? Le Plancton est composé d’organismes microscopiques et macroscopiques, d’origine animale ou végétale (zooplancton et phytoplancton). Durant l’été, lors des fortes chaleurs, le réchauffement des eaux entraîne une prolifération de certains de ces organismes, ce qui conduit à une coloration rouge des eaux.

Mye commune (Mya arenaria)

› ➜ GLOSSAIRE PAGE 148

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➜ Les Annélides qui regroupent des vers comme la Sabelle. C’est un ver avec une tête remplie de tentacules plumeux. Se nourrissant principalement de plancton, ce ver n’a pas d’yeux et il se sert de ses tentacules sensibles à l’intensité lumineuse pour repérer les ombres ;

© Muséum du Havre

➜ Les éponges qui sont des animaux à structure très simple. Elles pompent l’eau qui traverse leur corps afin de récupérer des nutriments et de l’oxygène nécessaire à leur respiration. Les éponges des bassins du Havre sont très variées et souvent colorées comme l’Haliclona cinerea et l’Halichondria oculata. On les trouve sur les parois et les coques des bateaux, au même titre que les Ascidies, qui y trouvent un support essentiel pour leur développement. Les ascidies sont également

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5 1 - Anémone Dahlia de mer (Urticina felina) / 2 - Anémone œillet de mer (Metridium senile) / 3 - Méduse (Aurelia aurita) / 4 - Ascidie Botrylle (Botryllus schlosseri) / 5 - Éponge (Halichondria oculata)

➜ GLOSSAIRE PAGE 148

© Muséum du Havre

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➜ Les Cnidaires avec les Anémones de mer qui sont très variées en taille ainsi qu’en couleur et les Méduses ;

© Muséum du Havre

1 • Les eaux des bassins et les parois Dans les eaux, de nombreux embranchements aquatiques sont représentés :

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© Muséum du Havre

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© Muséum du Havre

© Muséum du Havre

Plongeons dans les bassins du Havre


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

➜ Les Balanes, Crabes, Bernard-l’ermite et Bouquets représentent, quant à eux, la grande majorité des crustacés.Il est à noter également la présence de Homards. [voir page 94] ➜ Le Plancton est présent en quantité très importante dans les bassins. Il se déplace au gré des flots et il peut être identifié comme le premier maillon de la chaîne alimentaire. En effet, c’est une source de nourriture primordiale pour les crustacés, mollusques et autres organismes marins.

Sabelle (Sabella pavonina)

© Muséum du Havre

➜ L es Mollusques gastéropodes ou bivalves comme le Bigorneau, la Crépidule, la Patelle, ou la Moule bleue. Cette dernière est un filtreur actif de plancton et de particules en suspension grâce à ses cils microscopiques. Elle peut filtrer jusqu’à 10 litres d’eau par jour.

© Muséum du Havre

des animaux filtreurs, mais à structure plus complexe que les éponges avec deux orifices pour le filtrage de l’eau, un d’entrée et un de sortie.

Eponge Haliclona cinerea

LE SAVIEZ-VOUS ?

Les méduses sont des animaux composés à 98 % d’eau. Certaines espèces peuvent atteindre plus de 2 m de diamètre, avec des filaments de 40 m. Elles sont consommées par certains poissons et les tortues marines.

© Alain Deschandol

➜ Le Prêtre, le Gobie noir, le Tacaud ou la Plie sont quelques-unes des espèces de poissons présents dans les bassins. [voir page 96 ]

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

© Stéphane Ménard

© Stéphane Ménard

À la découverte des mollusques et crustacés des bassins

Homard

Crépidule

Crustacé aux pinces dissymétriques : l’une est fine et coupante pour sectionner les pattes de ses proies alors que l’autre est robuste et sert à broyer sa victime avant de se nourrir ■

Aussi appelés Berlingots de mer, ces gastéropodes qui vivent empilés les uns sur les autres ont la particularité d’être mâle au début de leur vie puis de devenir femelle par la suite ■

(Homarus gammarus)

© Muséum du Havre

© Muséum du Havre

(Crepidula fornicata)

Moule bleue

Galathée

Animal qui s’acccroche via son byssus, un ensemble de filaments, sur les rochers. Néanmoins, la moule peut se déplacer sur de courtes distances. L’un de ses plus grands prédateurs est l’étoile de mer ! ■

Crustacé d’une couleur brunâtre qui a la particularité d’avoir des pinces plus grandes que son corps ■

(Mytilus edulis)

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(Galathea squamifera)


© fotolia

© fotolia

Bernard-l’ermite ou Pagure

Balane

Les plus petits spécimens peuvent coloniser des coquilles de bigorneau. Le plus souvent, ils vivent en symbiose avec une anémone ou une éponge fixée sur sa coquille hôte ■

Crustacé qui vit fixé sur les quais, les rochers ou les coques de bateaux. Balane vient du grec « balanos » qui signifie « gland », allusion à sa forme conique ■

© Muséum du Havre

(Balanus crenatus)

© Muséum du Havre

(Pagurus bernhardus)

Crabe vert ou crabe enragé

Bigorneau

Crabe le plus fréquent en Europe, il s’adapte à toutes sortes de milieux du fait de sa tolérance à de faibles taux de salinité. C’est également un crabe très agressif, ce qui explique son nom ■

Appelé aussi littorine, ce gastéropode broute les micro-algues qu’il trouve sur son chemin. Il les capture grâce à sa langue râpeuse munie de dents microscopiques ■

(Carcinus maenas)

(Littorina littorea)

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À la découverte des poissons des bassins Prêtre © Marion Dutoit

(Atherina presbyter)

Petit poisson aux écailles bordées de noir. Son dos est vert alors que ses flancs et sa surface ventrale sont argentés ■

Tacaud

(Trisopterus luscus)

Poisson facilement reconnaissable avec son corps couleur cannelle rayé de bandes plus sombres et son barbillon au menton ■

Plie ou carrelet

(Pleuronectes platessa)

Appelé aussi carrelet, ce poisson plat porte de grandes taches rouge vif et orangé caractéristiques sur la tête. Il se nourrit surtout de crustacés dont il écrase les coquilles à l’aide de ses fortes dents ■

Gobie noir

(Gobius niger)

Plutôt marron clair à foncé, le mâle devient noir pendant la période de reproduction. Les mâles assurent la protection du nid, cessent de s'alimenter et meurent donc massivement après l'éclosion des œufs ■

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Une faune et une flore venues d’ailleurs Accrochées à la coque des navires, elles se déposent dans les ports d’escales. C’est le cas du Crabe japonais, du Crabe poilu ou encore de la Fougère de mer appelée aussi Wakamé. Celle-ci est utilisée dans la cuisine japonaise ■

© fotolia

© Muséum du Havre

Les bassins sont également une mémoire vivante de la vie portuaire et des échanges maritimes internationaux. En effet, de nombreuses espèces exotiques ont progressivement colonisé les bassins.

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1 - Crabe japonais (Hemigrapsus sanguineus) / 2 - Fougère de mer ou wakamé (Undaria pinnatifida)

Une vie en surface

© LPO - Guy Corteel

© LPO - Guy Corteel

Il n’est pas toujours nécessaire de se pencher vers les eaux pour découvrir la richesse de ces bassins. Levez les yeux et avec un peu de patience, vous observerez des Grèbes huppés, des Martins-pêcheurs, des Bécasseaux ou encore des Mouettes

Grèbe huppé (Podiceps cristatus)

Martin-pêcheur (Alcedo atthis)

et des Sternes. Les bassins représentent pour ces oiseaux un espace de repos où la nourriture est abondante ■ ›

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Le bord de mer, un patrimoine naturel en centre-ville

LES BASSINS PORTUAIRES SONT UN PAYSAGE REMARQUABLE DU HAVRE, MAIS LE HAVRE « MARITIME », C’EST SURTOUT LA MER, LA PLAGE ET LES CORDONS DE GALETS AU PIED DES FALAISES. À DEUX PAS DU CENTRE-VILLE, C’EST UN LIEU DE DÉTENTE ET DE LOISIRS TRÈS FRÉQUENTÉ PAR LES HAVRAIS. AU-DELÀ DE CET ASPECT RÉCRÉATIF, UNE BALADE SUR LA PLAGE EST AUSSI L’OCCASION DE DÉCOUVRIR ET D’OBSERVER, AU GRÉ DES MARÉES, LA NATURE SOUS DIFFÉRENTES FORMES.

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Š Marion Dutoit


Le bord de mer, un patrimoine naturel en centre-ville

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© Ville du Havre

LE HAVRE GRANDEUR NATURE • GUIDE DÉCOUVERTE DE LA BIODIVERSITÉ EN VILLE

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Le bord de mer, un patrimoine naturel en centre-ville

À MARÉE BASSE, SE DÉCOUVRE UNE GRANDE ÉTENDUE DE SABLE FIN, LIEU D’ÉCHANGE, DE VIE ET DE BIODIVERSITÉ EN PLEIN CENTRE-VILLE

© Ph. Bréard - Ville du Havre

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Deux kilomètres de plage de galets vivant au rythme des marées, voilà la richesse littorale du Havre. La géologie de la région et notamment les falaises de craie posées sur un lit d’argile sont à l’origine de cette plage. Les pans de falaises qui se décrochent sous l’effet

des infiltrations d’eau subissent l’assaut des vagues. Les silex sont roulés et polis par la mer jusqu’à devenir des galets. À marée basse, se découvre une grande étendue de sable fin, lieu d’échange, de vie et de biodiversité en plein centre-ville.

La Manche, mer de toutes les rencontres La Manche est un lieu de passage privilégié pour le commerce maritime, mais également pour la migration de certains

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cétacés et mammifères marins que l’on peut observer de façon occasionnelle, le long de nos côtes.


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Le Phoque gris et le Phoque veau-marin peuvent être observés exceptionnellement lorsque quelques individus voyageurs des colonies de Grande-Bretagne et de la baie de Somme arrivent jusqu’à nos côtes. Les phoques ressemblent à leurs cousines les otaries, mais ils se distinguent par leur tête dépourvue d’oreilles externes et des membres postérieurs toujours tournés vers l’arrière ■

Rorqual commun

(Balaenoptera physalus)

Reconnaissables à leur long corps bleu foncé sur le dos et blanc sur le ventre, plusieurs spécimens se sont déjà échoués sur notre rivage. En cas de migration, ils peuvent parcourir jusqu’à 300 km par jour ■

© fotolia

Fréquents sur nos côtes, les Grands Dauphins se déplacent, quant à eux, en groupes et sont donc facilement observables par les pêcheurs. Appelés aussi souffleurs, ces dauphins comme toutes les autres espèces, se servent de l’écholocation pour chasser. L’organe qui émet et reçoit les ultrasons se trouve sur le haut de leur tête : on l’appelle le melon. Le Marsouin commun, présent également dans les eaux côtières, se reconnaît à sa tête dépourvue de bec à la différence des dauphins.

© fotolia

Les Rorquals sont les plus gros mammifères observés au large de nos côtes avec un poids d’environ 30 tonnes pour une taille d’environ 18 à 25 mètres. Le nouveau-né pèse déjà 3,5 tonnes pour 6,5 mètres. Ils s’alimentent principalement de Krill, des crustacés planctoniques. Le rorqual peut avaler jusqu’à 1,5 tonne de nourriture par jour.

Marsouin commun

(Phocoena phocoena)

Plus petit cétacé des côtes européennes avec une longueur d’environ 1,50 m, il se déplace généralement seul. Très discret, il est difficile à observer mais chaque année, plusieurs s’échouent sur nos côtes ■ ➜ GLOSSAIRE PAGE 148

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Le bord de mer, un patrimoine naturel en centre-ville

© fotolia

© Alain Deschandol

À la découverte des mammifères marins au large du Havre

Globicéphale noir

Phoque veau-marin

Caractérisé par un front bombé et un museau très court, on l’appelle également « dauphin pilote » car on l’observe le plus souvent dans les sillages de bateaux ■

Plusieurs jeunes phoques veaux-marins en difficulté ont été récupérés ces dernières années dans le port de plaisance du Havre par le C.H.E.N.E. Ils s’appellent Pivoine, Tournesol, Dahlia, Iris, Violette et Lotus ■

© Alain Deschandol

(Phoca vitulina)

© Pierre Lemeilleur

(Globicephala melas)

Grand Dauphin

Phoque gris

Un groupe de quelques individus stationne près du port d’Antifer depuis plusieurs années. Attirés par les bancs de poissons, ils peuvent ainsi être observés le long des côtes du Havre ■

Principalement piscivore, le phoque gris est très friand de harengs, colins et de poissons plats. On le reconnaît grâce à son museau rappelant celui d’un chien ■

(Tursiops truncatus)

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(Halichoerus grypus)


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

© Ph. Bréard - Ville du Havre

L’estran, un biotope spécifique

À marée basse, on voit se découvrir une grande surface sableuse : l’estran qui signifie « délaissé sableux de la mer ». Cet estran est sableux au niveau de la plage alors qu’il est plutôt rocheux au pied des falaises calcaires. Soumises à des conditions d’immersion et d’émersion, les espèces qui s’y installent doivent s’adapter à ces dures conditions de vie.

LE SAVIEZ-VOUS ? La vie sur l’estran nécessite de s’adapter à des différences d’humidité, de température, de salinité et de lumière. En effet, les espèces doivent pouvoir vivre en milieu marin tout en sachant survivre à l’air libre et savoir résister aux fortes vagues et à l’exposition aux vents.

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Le bord de mer, un patrimoine naturel en centre-ville

Ligie (Ligia oceanica) : elle sort surtout au crépuscule

© Alain Deschandol

Quant aux végétaux, on trouve principalement des algues vertes telles que des Entéromorphes et des Ulves, reconnaissables à leurs longues lames aplaties et des algues rouges avec la Laitue violette de mer et le Goémon blanc.

© fotolia

Coquillages : palourdes, coques

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© fotolia

L’estran est le royaume des mollusques. Ces derniers ont tous comme point commun de posséder un corps mou et le plus souvent une coquille. Les mollusques de l’estran restent accrochés aux rochers ou alors s’enfouissent dans le sable. La plupart des rochers abritent ainsi des Patelles, des Monodontes ou des Littorines (bigorneaux) que l’on reconnaît à leur dernier tour de spire qui représente les trois quarts de la coquille. L’observation des Palourdes, des Coques et des Couteaux nécessite quant à elle de gratter le sable.

Ver néreis

© Alain Deschandol

Ces mollusques cohabitent avec les crustacés, animaux au corps articulé recouvert d’une carapace. On retrouve ainsi, comme dans les bassins, des Crabes, des Balanes et la Ligie qui ressemble à un gros cloporte ainsi que d’autres invertébrés comme les Vers néréis et Arénicoles, très recherchés par les pêcheurs à la ligne. Fourreaux de Vers de vase

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Ces algues sont soit fixées sur les rochers ou alors en « épave », rejetées sur le sable par les courants (voir pages 108-109) ■

LE SAVIEZ-VOUS ?

Les algues sont classées en trois catégories selon leurs pigments : les algues vertes, rouges et brunes. Toutes contiennent de la chlorophylle mais cette dernière est masquée par un autre pigment lorsqu’il s’agit des algues brunes et rouges.

© fotolia

Cette dernière ressemble à un petit arbuste fixé aux rochers. On en extrait du carragheen, une substance visqueuse utilisée comme gélifiant alimentaire au même titre que l’agar agar. Les algues brunes sont représentées par le Fucus vésiculeux qui a la particularité de flotter quand elle dérive grâce à ses vésicules aérifères ; des petits flotteurs remplis de gaz..

Fucus vésiculeux (Fucus vesiculosus)

Les laisses de mer, une richesse insoupçonnée

© Carole Malgorn

On pourrait croire que les amas d’algues et de débris végétaux qui sèchent au soleil à marée basse présentent peu d’intérêt. En fait, ces « laisses de mer » sont de véritables micro-écosystèmes très diversifiés.

Laisse de mer

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1 - Éponge morte / 2 - Ponte de buccin (appelé communément bulot) : structure spongieuse qui est un amas d’œufs d’environ 10 cm de diamètre. Chaque œuf contient des juvéniles qui se mangent entre eux. À la fin, seule une dizaine de jeunes bulots va éclore. / 3 - Os de seiche : ce sont les restes de la seiche commune. / 4 - Étoile de mer (Asteria rubens)

À la découverte des algues du Havre

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© Muséum du Havre

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© fotolia

© fotolia

On y trouve de nombreux coquillages, des algues arrachées par les vagues, des pontes de Buccin, de Raie ou de Roussette, mais également des os de Seiche, des Spongiaires et des milliers de Puces de mer, véritables régals pour les Tourne-pierres, les Goélands et les Bécasseaux ■

© fotolia

Le bord de mer, un patrimoine naturel en centre-ville


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Le galet en chiffres : Un galet met entre 50 et 100 ans à se former. Sa vitesse de déplacement lorsqu’il est roulé par les vagues est d’environ 1 kilomètre par an. Dès l’ère du paléolithique, 1,6 million d’années avant notre époque, les galets étaient utilisés pour fabriquer des armes ou des outils. leur ramassage est interdit en Seine-Maritime depuis 1985.

espèces végétales qui arrivent à se frayer un chemin dans ce milieu minéral comme la Luzerne lupuline, l’Arroche laciniée ou le Mouron des oiseaux.

© Marion Dutoit

À marée haute, les galets prédominent dans le paysage. Ces pierres polies par la marée et la houle abritent une faune invisible et quelques

© Ville du Havre

Pierre qui roule……..

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Le bord de mer, un patrimoine naturel en centre-ville

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1 - Luzerne lupuline (Medicago lupulina) / 2 - Arroche laciniée (Atriplex laciniata) / 3 - Mouron des oiseaux (Stellaria media)

Goélands, mouettes et autres volatiles On les observe tout particulièrement à marée basse quand ils viennent se nourrir sur le rivage. Le plus emblématique est bien évidemment le Goéland, présent sur la plupart des cartes postales et oiseau marin par excellence. À première vue, tous les goélands se ressemblent, mais si l’on s’attarde un peu, on observe des tailles et des couleurs différentes selon les espèces. Vous découvrirez même parfois que ce ne sont pas des goélands... mais des mouettes ! Comment les différencier ? Tout d’abord, ils font tous les deux parties de la même famille, les Laridés, dont tous les membres sont des espèces protégées. Le Goéland est plus gros que la Mouette. Sa taille varie entre 55 et 67 cm alors que la mouette mesure entre 37 et 43 cm. De plus, le goéland possède un bec jaune

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LE SAVIEZ-VOUS ? Les Laridés ont la particularité d’atteindre leur maturité sexuelle au bout de deux ou trois ans après deux, trois voire quatre mues. et épais alors que le bec de la mouette, plus fin, vire plutôt au rouge. Dernier indice, le goéland a d’ordinaire un point rouge à l’extrémité du bec. Cette tache rouge est un stimulus visuel pour les petits. Dans le nid, les jeunes tapotent cette tache avec leur bec. Ce contact provoque le réflexe de régurgitation chez l’adulte, ce qui permet au petit d’obtenir sa nourriture. De nombreuses autres espèces d’oiseaux pointent également le bout de leur bec sur la plage du Havre : quelques Bécasseaux, des Tourne-pierres, les Tadornes de Belon, les Cormorans, ou les Grèbes

© Alain Deschandol

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© Alain Deschandol

© Carole Malgorn

› Pierre qui roule… (suite)


© Jérôme Ruisseau

© Alain Deschandol

GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Goéland argenté (Larus argentatus)

© Jérôme Ruisseau

© Alain Deschandol

Mouette rieuse (Larus ridibundus)

Goéland brun (Larus fuscus)

Goéland marin (Larus marinus)

© Alain Deschandol

LE SAVIEZ-VOUS ?

Sterne caugek (Sterna sandvicensis)

huppés. D’autres ne s’observent qu’en période de migration lorsqu’elles viennent se reposer et chercher de la nourriture comme les Guillemots de Troïl ou encore les Pingouins torda ou la Sterne arctique. Cette dernière est la championne de la migration, car elle descend du pôle Nord au pôle Sud soit un voyage de 40 000 km par an (voir page 113) ■

Migration prénuptiale ou migration postnuptiale ? Chaque année, à l’automne, des millions d’oiseaux migrateurs quittent leurs lieux de reproduction dans le nord et entament un long vol vers leurs zones d’hivernage, parfois situées à plusieurs milliers de kilomètres ; on parle de migration postnuptiale. Ils effectueront le voyage en sens inverse au printemps pour venir se reproduire dans leurs habitats habituels et dans ce cas, il s’agit de migration prénuptiale. ›

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Le bord de mer, un patrimoine naturel en centre-ville

Le baguage des oiseaux couleur de bague correspond à une étude particulière. Le site http://www.cr-birding.org permet d’avoir les coordonnées des 2 programmes pour fournir vos propres observations ■

© Alain Deschandol

Afin de mieux connaître les habitudes des oiseaux et notamment des goélands, un certain nombre d’études ornithologiques sont en cours dans notre région. Elles sont réalisées grâce à la pose d’une bague de couleur dotée d’un code alphanumérique. Depuis 2007, le C.H.E.N.E a bagué plus de 1000 goélands provenant de la région. Le suivi des oiseaux dans la nature est effectué grâce à des observateurs qui relèvent le codage de la bague sur la patte des oiseaux. De nombreux autres programmes existent également avec, par exemple, le baguage des Cormorans, des Busards ou des Avocettes. Chaque

Baguage de Goéland

Une idée de balade : rendez-vous au port de plaisance

© Alain Deschandol

Regardez au niveau de la capitainerie les rochers et observez le Chou marin (voir photo page 125) appelé aussi Crambé maritime, espèce protégée au niveau national, mais aussi de la Criste-marine, de l’Obione et de la Bette maritime ■

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

Bette maritime (Beta vulgaris subsp. maritima)

Obione (Halimione portulacoides)

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Criste-marine (Chritmum maritimum)


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - 113 LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

© LPO - David Gibouin

© LPO - Davide Gibouin

À la découverte des oiseaux du littoral

Guillemot de Troïl

Pingouin torda

Oiseau de couleur noire et blanche avec un long bec pointu, cette espèce nordique, principalement piscivore, vient hiverner sur notre littoral ■

Appelé aussi « Petit Pingouin », c’est un nageur émérite au corps trapu avec un dos noir et un ventre blanc. Une ligne blanche, très caractéristique, traverse les ailes et une autre va du bout du bec jusqu’à la commissure des ailes. Il vient également hiverner dans notre région ■

© LPO - Guy Corteel

Tourne-pierre à collier

Grand Cormoran

(Phalacrocorax carbo)

© LPO - Guy Corteel

(Alca torda)

(Uria aalge)

(Arenaria interpres)

Oiseau aquatique plongeur de la taille d’une oie, complètement noir avec des reflets métalliques bleutés. Il possède un bec jaune doté d’un crochet pour se nourrir de poissons. Sa particularité est d’étendre ses ailes pour les sécher ■

Oiseau limicole que l’on observe principalement en période hivernale. On le reconnaît à son plumage bigarré noir, blanc et marron. Son nom provient du fait qu’il soulève des pierres pour chercher sa nourriture (mollusques et crustacés) ■

➜ GLOSSAIRE PAGE 148

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Les falaises, entre terre et mer

AU NORD DU HAVRE, LE PASSAGE EST ABRUPT ENTRE LA MANCHE ET LA TERRE FERME. LES FALAISES DE DOLLEMARD S’ÉLÈVENT COMME DES REMPARTS D’UNE CENTAINE DE MÈTRES DE HAUT CONTRE LES VAGUES ET LA HOULE. RICHESSE DU PATRIMOINE HAVRAIS SUR LE PLAN DE LA BIODIVERSITÉ, LES FALAISES SONT ÉGALEMENT RECONNUES POUR LEURS INTÉRÊTS GÉOLOGIQUES ET PAYSAGERS. ELLES FONT D’AILLEURS L’OBJET D’UNE ATTENTION TOUTE PARTICULIÈRE EN MATIÈRE DE VALORISATION ET DE PRÉSERVATION.

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Š Marion Dutoit


Les falaises, entre terre et mer

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Le cap de la Hève


© Alain Deschandol

LE HAVRE GRANDEUR NATURE • GUIDE DÉCOUVERTE DE LA BIODIVERSITÉ EN VILLE

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Les falaises, entre terre et mer

Un espace naturel sensible

© Ville du Havre

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Les falaises de Dollemard

LE SAVIEZ-VOUS ?

Qu’est-ce qu’un ENS ? La classification « Espace Naturel Sensible » a pour objectif de préserver la qualité des sites, des paysages et des milieux naturels tout en les aménageant pour les rendre accessibles au public. La création d’un sentier du littoral est ainsi prévue sur le plateau de Dollemard.

© Carole Malgorn

Le site de Dollemard est caractérisé par ses falaises de craie constamment attaquées par la mer, mais protégées par les galets. Ce territoire est un espace naturel sensible (ENS) depuis 1999. Cet ENS occupe une bande littorale de 2,6 km de long pour une superficie de 95 hectares. Le plateau et les falaises sont également une Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) depuis 1982. Cet espace relativement restreint concentre une grande variété de milieux et d’habitats à découvrir ■

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➜ GLOSSAIRE PAGE 148


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Le plateau de Dollemard Entre l’érosion naturelle et les activités humaines, le plateau se trouvait fragilisé et a donc été classé en ENS. Ce plateau, peu soumis aux embruns, présente une richesse floristique qui peut sembler commune ; néanmoins cet espace permet de découvrir de nombreuses plantes sauvages et graminées dans un périmètre restreint.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Qu’est-ce qu’une espèce invasive ? On parle d’espèce invasive lorsque son introduction par l’homme, volontaire ou involontaire, menace les écosystèmes d’un territoire. Les espèces présentes naturellement continuent à être soumises à leurs prédateurs naturels, ce qui n’est pas le cas des nouvelles, produisant ainsi un déséquilibre en faveur des invasives. L’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) considère que les espèces invasives constituent la seconde plus grande menace pour la biodiversité après la destruction de l’habitat naturel. On considère le Séneçon du Cap comme l’espèce la plus invasive dans le monde.

© Ville du Havre

© Alain Deschandol

Les plantes présentes supportent le tassement du sol lié aux piétinements et sont souvent des espèces rudérales, car ce site a longtemps servi de décharge sauvage. Chaque plante a sa particularité et est essentielle pour la faune qui vit sur ce plateau. Elles font partie intégrante de la chaîne de la vie car elles abritent de

nombreux insectes, source de nourriture pour les oiseaux. On peut y observer des graminées : de l’Avoine élevée, du Brachypode penné, mais aussi plusieurs espèces d’orchidées comme l’Ophrys abeille, l’Ophrys bouc au milieu de la Vipérine, de la Carotte sauvage ou de la Berce commune. Le Buddleia et la Renouée du Japon tendent, là encore, à appauvrir le milieu en le colonisant petit à petit.

Séneçon du Cap (Senecio inaequidens) Le plateau de Dollemard

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

© Alain Castel

© Alain Deschandol

À la découverte de quelques plantes sauvages du plateau

Vipérine commune

Carotte sauvage

Grande plante vivace avec une forte pilosité et des fleurs bleues qui ressemblent à une tête de vipère d’où son nom ■

Plante pouvant atteindre 1 m de haut, elle est reconnaissable à ses fleurs blanches et à ses feuilles découpées. Elle est l’ancêtre de nos carottes cultivées ■

© Alain Deschandol

(Daucus carota)

© Alain Deschandol

(Echium vulgare)

Armoise commune

Berce commune

Plante reconnaissable à ses feuilles vert foncé sur le dessus et argentées sur le dessous. Plante médicinale par excellence, elle tient son nom de la déesse Artémis. Elle dégage une forte odeur camphrée ■

Grande plante qui peut atteindre 1,50 m de haut. Ses fleurs blanches dégagent une odeur désagréable rappelant celle de l’urine ■

(Artemisia vulgaris)

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(Heracleum sphondylium)


© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

Oseille des prés

Crépide à vésicules

Plante appelée aussi « mouron rouge », elle peut atteindre 60 cm de hauteur avec des fleurs en épis rouges. Elle peut se consommer mais avec modération car elle est riche en acide oxalique, dont l’excès peut provoquer des carences alimentaires ■

De la famille des marguerites (Astéracées), ses feuilles et ses fleurs ressemblent à celles du pissenlit ■

(Crepis vesicaria)

© Carole Malgorn

© Alain Deschandol

(Rumex acetosa)

Lyciet de Barbarie

Moutarde noire

Arbrisseau épineux aux fleurs mauves qui peut atteindre 2,50 m de hauteur. Ses fruits rouges sont connus sous le nom des « baies de Goji » ■

Grande plante qui peut atteindre 1 m de haut. À maturité, les fruits contiennent des graines noires au goût très piquant, d’où le nom de cette plante aux fleurs jaunes ■

(Lycium barbarum)

(Brassica nigra)

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Les falaises, entre terre et mer

Les falaises de Dollemard

© Ville du Havre

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Les falaises de Dollemard ont la caractéristique d’avoir deux composantes qui abritent une flore et une faune spécifique : • une falaise élevée et abrupte, constituée principalement de roche calcaire ; • une pré-falaise, formée par un talus qui est un mélange de sables, de marnes,

d’argiles et d’éboulis de roches calcaires provenant des parois. Ces éboulis sont le résultat des infiltrations d’eau et du gel. Parfois, ce sont des pans entiers de falaise qui se détachent ■

La falaise abrupte, un site favorable aux oiseaux­­­

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migrateurs qui passent par milliers chaque année entre septembre et novembre. Quelques espèces de plantes arrivent également à se frayer un chemin sur les parois rocheuses comme le Diplotaxis à feuilles étroites ■

© Carole Malgorn

Les falaises abritent de nombreuses espèces d’oiseaux rupestres qui peuvent ainsi profiter d’un abri à l’écart de tout prédateur et des activités humaines. On peut notamment y observer des Choucas des tours, des goélands, des Faucons pèlerins et Crécerelles. Le Pétrel fulmar peut se confondre avec le goéland. De couleur grise avec la tête et le ventre blancs, cet oiseau pélagique ne s’approche des côtes que pendant la période de reproduction. Sa particularité est de pouvoir boire l’eau de mer grâce à une glande de dessalage. Ce site est également un point d’observation exceptionnel pour les oiseaux

Diplotaxis à feuilles étroites (Diplotaxi tenuifolia)


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

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© Alain Deschandol

© LPO - Antonin Bernard

© fotolia

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© Aquacaux

1 - Choucas des tours (Corvus monedula). Le plus petit des corvidés de la région. / 2 - Faucon pèlerin (Falco peregrinus). C’est le plus grand de nos faucons et c’est aussi le plus rapide avec des pointes à plus de 300 km/h en piqué. / 3 - Faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Faucon le plus commun, reconnaissable à son vol sur place pour repérer ses proies (vol en « Saint-esprit »). / 4 - Pétrel fulmar (Fulmarus glacialis).

© Alain Deschandol

Les pré-falaises, une richesse botanique et faunistique

Aubépine anamorphosée (Crataegus monogyna)

La végétation des pré-falaises est soumise aux embruns, la flore a donc développé différentes stratégies pour s’adapter à ces conditions particulières de vent et de sel, comme la pilosité, la crassulescence ou la réduction du nombre de stomates. On parle également d’anamorphose lorsque la végétation vient à être déformée sous l’effet des conditions d’exposition notamment au vent. (voir pages 126-127) ›

➜ GLOSSAIRE PAGE 148

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En termes de faune, ce milieu abrite de nombreux insectes comme le Crachesang. Si vous attrapez doucement cette espèce protégée et que vous refermez votre main, elle va stresser et laisser une goutte de liquide rouge dans votre main. La Couleuvre à collier est fréquente alors que les Lapins pullulent dans ce secteur sans oublier les Sangliers, les Renards et les Fouines.

© fotolia

2 Crache-sang (Timarcha tenebricosa)

© Alain Deschandol

Les falaises, entre terre et mer

Couleuvre à collier (Natrix natrix)

reaux comme la Linotte mélodieuse, le Pipit, le Rouge-gorge, la Bergeronnette ou le Troglodyte ■

© fotolia

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© fotolia

© LPO - Guy Corteel

On trouve à cet endroit beaucoup de Ronces qui abritent des nids de passe-

1 - Linotte mélodieuse (Carduelis cannabina) / 2 - Pipit (Anthus sp.) / 3 - Bergeronnette grise (Motacilla alba)

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

L’estran rocheux et le cordon de galets

© Alain Deschandol

Le pied des falaises est protégé par un cordon de galets qui abrite de la vie sous différentes formes et nous permet d’accéder directement au littoral et aux milieux marins.

© Jérôme Ruisseau

Coquillier maritime (Cakile maritima)

d’aller chercher les nutriments et les sels minéraux nécessaires à leur croissance sous les galets.

On peut notamment trouver des espèces rares comme le Chou marin qui est protégé au niveau national. Elle ne peut pas pousser plus bas du fait du marnage et des embruns. Plus haut, la concurrence avec les autres plantes y est trop forte pour qu’elle se développe. On trouve directement sur les galets le Coquillier maritime, la Criste-marine et le Liseron des dunes, espèce rare et protégée. Ces plantes ont un système racinaire profond et puissant qui permet

Selon la marée, vous pourrez également découvrir la faune que l’on trouve sur la plage du Havre, notamment les laisses de mer ■

© Benjamin Dupin

Chou marin (Crambe maritima)

Liseron des dunes (Calystegia soldanella)

Une idée de balade... Continuez la promenade de la plage jusqu’à Sainte-Adresse et baladez-vous jusqu’au « Bout du monde », ce lieu bien

connu des havrais, recèle des trésors de richesses écologiques. Attention toutefois aux éventuelles chutes de pierres ■ ›

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© Carole Malgorn

© Alain Deschandol

Quelques plantes sauvages des pré-falaises

Arroche étalée

Genêt des teinturiers

Plante crassulescente comestible, qui présente des feuilles épaisses au ras du sol pour lutter contre la déshydratation. Plusieurs espèces d’Arroche possèdent des feuilles de formes différentes sur la même plante ■

Arbrisseau reconnaissable à ses fleurs jaunes, c’est une espèce rare et protégée. Autrefois, on utilisait ses fleurs et ses racines pour teindre la laine et le lin ■

© Alain Deschandol

(Genista tinctoria)

© Carole Malgorn

(Atriplex patula)

Tussilage

Bugrane rampante

Plante appelée également « pas d’âne » en hommage à ses feuilles qui font penser aux sabots de l’animal. La fleur, de couleur jaune sort avant les feuilles ■

Plante à racine rampante puissante qui autrefois gênait le passage de la charrue d’où son nom populaire « d’arrête-bœuf ». Ses fleurs roses ressemblent à celles du pois vivace ■

(Tussilago farfara)

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(Ononis repens)


© Carole Malgorn

Grande prêle

(Equisetum maximum)

Renouée persicaire

(Polygonum persicaria)

Plante aux fleurs roses ou blanchâtres en épis compacts qui présente des taches sombres en forme de pointe de flèche sur les feuilles. Ses graines sont comestibles ■

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

Plante de la famille des fougères qui aime les sols humides et qui peut atteindre 1,50 m de haut. Riche en silice, on l’utilisait autrefois dans les ateliers pour polir des pièces mécaniques ■

Morelle douce-amère (Solanum dulcamara)

Plante vivace aux baies rouges vénéneuses. Elle peut s’accrocher aux autres plantes et aux arbres grâce à ses rameaux volubiles. Sa floraison étant très longue, on peut trouver sur une même plante les fruits rouges et les fleurs de couleur violette ■

➜ GLOSSAIRE PAGE 148

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

L’estuaire de la Seine, un réservoir de biodiversité

ON NE PEUT PARLER DE NATURE AU HAVRE, SANS ÉVOQUER L’ESTUAIRE DE LA SEINE. SITUÉ À QUELQUES KILOMÈTRES DE LA VILLE, CE CARREFOUR, ENTRE TERRE, MER ET FLEUVE EST RECONNU À L’ÉCHELLE INTERNATIONALE POUR SA RICHESSE : UNE PARTIE DE L’ESTUAIRE DE LA SEINE EST, DEPUIS 1997, CLASSÉE « RÉSERVE NATURELLE NATIONALE ».

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Š Marion Dutoit


L’estuaire de la Seine, un réservoir de biodiversité AVEC CES 8528 HECTARES, CLASSÉS « RÉSERVE NATURELLE NATIONALE », L’ESTUAIRE DE LA SEINE EST LE PLUS VASTE ESPACE NATUREL DE HAUTE-NORMANDIE. LA MAISON DE L’ESTUAIRE PROPOSE DE NOMBREUSES ANIMATIONS ET VISITES POUR DÉCOUVRIR CET ÉCOSYSTÈME. 2

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© Alain Deschandol

LE HAVRE GRANDEUR NATURE • GUIDE DÉCOUVERTE DE LA BIODIVERSITÉ EN VILLE

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L’estuaire de la Seine, un réservoir de biodiversité

CETTE MOSAÏQUE DE MILIEUX ABRITE UNE RICHESSE BIOLOGIQUE EXCEPTIONNELLE ET ESSENTIELLE À PRÉSERVER.

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© Alain Deschandol

Vasière de l’estuaire

Les différentes facettes de l’estuaire Qu’est-ce qu’une réserve naturelle ? La notion de réserve naturelle est régie par le code de l’Environnement. Elle peut être régionale ou nationale. Ce statut permet de protéger la faune, la flore, le sol et le milieu naturel dans son ensemble.

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© fotolia

La spécificité de l’estuaire de la Seine réside notamment dans la richesse de ses milieux, marqués à la fois par l’activité humaine, la présence de l’eau et l’influence des marées. On passe ainsi des zones humides comme les roselières, les vasières ou les prairies humides, qui constituent la quasi-totalité de la réserve, à des zones de remblais et de falaises calcaires.

LE SAVIEZ-VOUS ? La première réserve naturelle en France a été créée en 1913 afin de sauver les Fous de Bassan e n B ret ag n e. C’est la réserve naturelle maritime des Sept Îles.

Fou de Bassan (Morus bassanus)


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Des zones humides, une flore et une faune spécifiques

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1 - Tadorne de Belon (Tadorna tadorna) 2 - Huîtrier pie (Haematopus ostralegus) 3 - Avocette élégante (Recurvirostra avosetta) 4 - Spatule blanche (Platalea leucorodia). Elle est

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© Alain Deschandol

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© Alain Deschandol

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présente en période de migration uniquement 5 - Salicorne (Salicornia sp.)

Quelques plantes ont réussi à coloniser ce milieu plus ou moins salé en fonction des marées. On y trouve notamment la Spartine d’Angleterre et la Salicorne.

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© Éric Chouand

© LPO - David Gibouin

qui bordent la rive droite de l’estuaire sont constituées de « slikkes », et de « schorres », deux mots néerlandais signifiant «  boue  » et «  terrains d’alluvions ». Les « slikkes « sont soumis aux marées quotidiennement alors que les « schorres » ne sont recouverts que lors des grandes marées. Ces vasières constituent l’une des zones les plus riches en terme d’écologie. Toute la microfaune de la vase et principalement les vers constituent de vastes garde-manger pour les jeunes poissons, les crustacés et les oiseaux.

© LPO - Guy Corteel

Les larges vasières (photo ci-contre)

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L’estuaire de la Seine, un réservoir de biodiversité Les roselières constituent une des principales composantes du paysage de l’estuaire. Avec ses 1000 hectares de superficie, elle est la deuxième de France après celle de la Camargue. Ces roselières sont assez pauvres en espèces végétales du fait de la très forte densité des Phragmites. Ces derniers constituent cependant un refuge idéal pour de nombreux oiseaux. Le Phragmite des joncs, le Busard des roseaux, la Panure à moustache, le Gorge-bleue à miroir, le Coucou gris et l’emblématique Butor étoilé, souvent entendu, mais peu vu, y nichent en toute discrétion. (voir pages 136-137)

LE SAVIEZ-VOUS ?

© Alain Deschandol

Le Phragmite est la plante halophile (ou halophyte) la plus répandue dans le monde. Grâce au phragmite, les roselières jouent un rôle essentiel dans l’épu-2 ration de l’eau.

Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)

On peut aussi y observer l’Agrion de Mercure, belle libellule bleue protégée au niveau national. Au milieu de ces roselières, des prairies plus ou moins humides représentent la plus grande surface de la réserve naturelle. Avec des populations importantes d’insectes et d’amphibiens comme le

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1 ci-dessus : 1 - Râle des genêts (Crex crex)  Espèce rare et fortement menacée qui bénéficie d’une protection européenne. Il niche dans les prairies fauchées ci-contre : 2 - Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus) 3 - Crapaud calamite (Bufo calamita), ce crapaud ne saute pas, il marche. 5 4 - Grenouille verte (Rana esculenta)

➜ GLOSSAIRE PAGE 148

© Alain Deschandol

© Maison de l’estuaire

Pélodyte ponctué, le Crapaud calamite, les Grenouilles vertes ou rousses, les prairies humides fournissent une source de nourriture considérable aux prédateurs que sont les mammifères et les oiseaux ■


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© Alain Deschandol

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© Alain Deschandol

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© Alain Deschandol

GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Un des écosystèmes les plus riches et les plus productifs au monde En tout, on ne dénombre pas moins de 490 espèces de plantes, surtout dans les prairies, dont plus d’une centaine sont patrimoniales. Une soixantaine d’espèces est menacée et certaines d’entre-elles sont protégées. Espèce protégée ou patrimoniale ? La notion d’espèce patrimoniale n’est pas un statut réglementaire, mais l’intérêt de ces espèces est reconnu par les scientifiques et les conservateurs pour des raisons culturelles, scientifiques ou écologiques. Le statut d’espèce protégée a, quant à lui, été défini par la loi du 10 juillet 1976 et s’est renforcé dans le cadre du code de l’Environnement. Ces espèces protégées sont inscrites sur des listes qui peuvent engendrer une protection, nationale, régionale ou départementale.

Des orchidées sauvages en Normandie ! En tout, environ 160 espèces d’orchidées sont présentes en France et une sur 6 est menacée d’extinction. De nombreuses Orchidées sont ainsi inscrites sur les listes rouges des espèces menacées. De ce fait, il est primordial de protéger ces fleurs rares et ne surtout pas les cueillir ni les détruire.

La plus emblématique de l’estuaire est le Liparis de Lœsel. Cette plante pionnière affectionne les milieux marécageux. Elle mesure entre 5 et 25 cm et présente une grappe de 2 à 15 petites fleurs de couleur vert-jaunâtre. Redécouverte en 1998 dans l’estuaire, l’orchidée Liparis de Lœsel bénéficie d’une protection européenne. (voir suite p. 138) ›

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

© Alain Deschandol

À la découverte des oiseaux des roselières Bruant des roseaux

(Emberiza schoeniclus)

© fotolia

© LPO - David Gibouin

De la taille d’un moineau, cet oiseau construit son nid à même le sol à partir de végétaux aquatiques comme des feuilles de phragmite ■

Busard des roseaux

Coucou gris

Ce rapace survole les roselières à basse altitude pour y trouver sa nourriture. Le busard des roseaux est un oiseau très silencieux en dehors de la période nuptiale ■

La femelle peut pondre jusqu’à 25 œufs qu’elle dissémine dans les nids d’autres oiseaux ■

(Circus aeruginosus)

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(Cuculus canorus)


© LPO - Guy Corteel

Phragmite des joncs

(Acrocephalus schoenobaenus)

© fotolia

Oiseau paludicole, il fréquente l’estuaire de la Seine au moment de la migration. Il présente un sourcil blanc bien visible et l’ensemble de son corps est brun avec un ventre blanc ■

Butor étoilé

(Botaurus stellaris)

© LPO - Antonin Benard

Le butor étoilé est une espèce de héron brun qui vit dans les roselières. À la tombée de la nuit, le mâle se repère à son chant, un mugissement lent, puissant et portant loin.

Gorge-bleue à miroir (Luscinia svecica)

Son nid est formé de roseaux cachés dans l’épaisseur de la végétation. Il se nourrit surtout d’insectes, de grenouilles et de petits poissons. C’est un échassier bien adapté à la chasse en eaux peu profondes avec un long cou et un long bec qui transperce ses proies. Il pratique l’art du camouflage de façon redoutable ce qui rend si difficile son observation ■

D’une allure de rouge-gorge, le passereau mâle a une gorge bleue avec un croissant roux à la base pendant la période nuptiale ■

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L’estuaire de la Seine, un réservoir de biodiversité Des oiseaux par milliers lors des migrations

© Alain Deschandol

2

La station de Liparis de Lœsel est une des plus importantes de France avec plusieurs centaines de pieds. En tout, plus d’une vingtaine d’espèces sont présentes dans l’estuaire. On trouve, par exemple, l’Orchis à fleurs lâches et l’Ophrys abeille, l’orchidée la plus répandue.

1 L’estuaire de la Seine se trouve sur une des voies majeures de migration de l’Ouest européen et offre le gîte et le couvert à de très nombreux oiseaux. Plus de 340 espèces ont ainsi été recensées dans l’estuaire, parmis elles, plus de 150 sont protégées en France.

LE SAVIEZ-VOUS ? © Alain Deschandol

Parmi les oiseaux migrateurs, il y a ceux qui descendent du nord de l’Europe et qui restent chez nous pendant tout l’hiver et ceux qui ne font qu’un arrêt pour se reposer lors de leur longue route vers l’Afrique. Orchis à fleurs lâches (Orchis laxiflora)

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© Ville du Havre

Liparis de Lœsel (Liparis loeselii)


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2

© Alain Deschandol

© Alain Deschandol

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présente dans l’estuaire depuis 1999 suite à l’installation de plates-formes artificielles. 2 - Canard pilet (Anas acuta) 3 - Aigrette garzette (Egretta garzetta). Oiseau de grande taille entièrement blanc. Seuls le bec et les pattes sont noirs. Cette espèce a failli disparaître au XIXe siècle, car on les tuait pour récupérer leurs aigrettes qui décoraient les chapeaux des dames de l’époque. 4 - Canard chipeau (Anas strepera)

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© LPO - Guy Corteel

1 - Cigogne blanche (Ciconia ciconia). Elle est

Rat musqué (Ondatra zibethicus). Gros rongeur souvent confondu avec le ragondin mais plus petit que ce dernier.

© Alain Deschandol

De nombreux mammifères vivent dans l’estuaire. Ils profitent de la richesse des milieux pour se nourrir et se reproduire. Les Musaraignes, Campagnols, Rats musqués et Hérissons font le régal des renards et autres prédateurs qui peuplent l’estuaire. On note également la présence du Ragondin. Originaire d’Amérique du Sud, c’est l’un des plus gros rongeurs d’Europe. Introduits en France pour leur fourrure, des individus échappés ont fondé des colonies ■

© Alain Deschandol

Des mammifères omniprésents

Ragondin (Myocastor coypus)

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Eau douce ou eau salée, à chacune son poisson

Bar

(Dicentrarchus labrax)

Appelé aussi loup, il fraie de mai à août dans l’estuaire. Le mot bar vient du germanique « Bars » qui signifie « pointe » du fait de ses épines dorsales ■

© fotolia

Plus d’une soixantaine d’espèces de poissons a été répertoriée dans l’estuaire de la Seine. Mélange d’eau douce et d’eau salée, les estuaires sont en général très favorables à la diversité piscicole et jouent un rôle majeur dans le cycle de vie de nombreux poissons. Les estuaires sont des nourriceries pour les espèces qui quittent le milieu marin et viennent se reproduire dans l’estuaire comme le Bar, l’Éperlan, le Mulet ou l’Épinoche alors que l’Anguille ou le Flet font le chemin inverse et rejoignent le milieu marin pour se reproduire.

© Alain Deschandol

À la découverte des poissons de l’estuaire

Mulet

(Mugil sp.)

Poisson se déplaçant en banc et qui se nourrit surtout de déchets organiques. Il ne semble pas être gêné par la pollution des eaux ■

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➜ GLOSSAIRE PAGE 148


© Alain Deschandol

© fotolia

Éperlan

Flet

Petit poisson dont la face dorsale du corps est bleu foncé. Les éperlans se regroupent à la fin de l’hiver dans les embouchures pour frayer en eau douce. Après avoir disparu de la région, il fait son retour depuis quelques années ■

Ce poisson est un voisin du carrelet. On le distingue par l’absence de tubercules osseux sur sa tête. Surtout actif la nuit, il vit sur les fonds vaseux et sableux dans lesquels il se camoufle grâce à sa capacité de mimétisme ■

(Platichthys flesus)

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© Alain Deschandol

(Osmerus eperlanus)

Épinoche à trois épines

Anguille

On le reconnaît facilement à ses trois épines sur le dos. Pendant la période de reproduction, le mâle change de couleur : ses ouïes deviennent dorées, son dos devient bleu métallique et l’avant de sa face ventrale prend une coloration rouge ■

D’une taille d’environ 80 cm pour 1 kg, elle quitte l’estuaire après sa période de croissance pour rejoindre le milieu marin. Sa forme larvaire est bien connue sous le nom de civelle ■

(Gasterosteus aculeatus)

(Anguilla anguilla)

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ABCitadin … nature

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - SUR LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Abeilles

© R. Harivel - GMN

Si vous possédez un jardin, ou même simplement quelques jardinières sur un rebord de fenêtre, plantez et cultivez des espèces mellifères, vous favoriserez ainsi la présence des abeilles en milieu urbain. Si vous avez l’âme d’un apiculteur, vous pouvez également installer une ruche dans votre jardin. La Ville du Havre a sauté le pas en proposant à trois apiculteurs amateurs d’installer des ruches sur des terrains municipaux.

Le lieu d’installation doit être abrité et à 3-4 m du sol.

Compostage

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Sur le territoire de la CODAH, près de 10000 foyers effectuent du compostage. Plus de 40 résidences collectives sont équipées d’un composteur en pied d’immeuble.

Écoutez les bruits de votre jardin. Batraciens, oiseaux ou vent dans les arbres : autant de bruits à écouter et à découvrir. Plus votre jardin sera naturel, plus cette musique se fera entendre !

Chauve-souris

Elles sont menacées par la dégradation de leur habitat. Chacun peut mettre à leur disposition un abri pour la journée et pour leur hibernation. Cet abri doit être de couleur sombre avec des parois rugueuses pour qu’elles puissent s’accrocher. La forme n’a pas d’importance mais l’ouverture doit être adaptée à la taille de l’espèce que l’on veut accueillir.

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Bruits de la nature

Le compostage permet d’obtenir un engrais naturel pour vos plantations tout en diminuant la quantité de déchets qui part à l’incinération.

Désherbage

Ne jetez plus vos eaux de cuisson bouillantes qui sont un excellent désherbant naturel. Le jus de cuisson des pommes de terre, même froid, est également un substitut efficace aux produits phytosanitaires.

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ABCitadin… nature Engrais biologique

Herbier

Une très bonne initiative est de faire un herbier sur la flore de sa commune, de GLOSSAIRE PAGE son quartier ou➜ de son jardin, avec les 148 plantes les plus courantes. Un herbier doit comporter la plante avec ses fruits et ses fleurs et mentionner le

© fotolia

© fotolia

Les engrais enrichissent le sol et permettent de nourrir les plantes mais il est préférable qu’ils soient naturels. Ce sont le plus souvent des produits de récupération comme des cendres, des engrais à acheter comme du guano (fientes d’oiseaux), de la poudre d’os et du sang séché ou des engrais végétaux à réaliser soi-même comme le purin d’ortie.

Recette du purin d’ortie

Voici la recette pour 1 kg d’ortie et 10 litres d’eau de pluie : coupez les orties en petits morceaux et laissez macérer 3 à 4 jours, à une température de 18°C. Mélangez la mixture une fois par jour et filtrez la avant utilisation.

nom de la famille, le nom scientifique de l’espèce, le nom vernaculaire (français), le lieu et la date de récolte. Attention, toutefois, seules les plantes abondantes peuvent être cueillies.

Insectes auxiliaires

Ces petites bêtes régulent les populations de ravageurs en les détruisant.

Oubliez tous vos outils et laissez un petit coin de votre jardin en friche. Ainsi, vous créerez un refuge idéal pour de nombreux petits animaux, papillons, mammifères et batraciens. Alors, silence et observez !!!

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© Alain Deschandol

Friche


­­L a coccinelle ( 1 photo d’une larve), auxiliaire le plus connu, se nourrit de pucerons. Il y a également le syrphe 2, la mouche butineuse dont les larves sont des asticots carnassiers qui consomment

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© Alain Deschandol

4

par centaine toutes sortes de pucerons. Au verger, on aime les carabes, insectes carnassiers des chenilles sans oublier la larve de chrysope verte qui s’attaque à la cochenille ou à l’araignée rouge.

© Alain Deschandol

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Toutes les plantes à fleurs ne sont pas mellifères : le Forsythia, par exemple, ne produit pas de nectar et n’est donc pas butiné !

Nourrissage

Il est important de nourrir les oiseaux en période hivernale mais il faut éviter de leur donner du pain. En effet, les oiseaux le digèrent très mal. Il vaut mieux privilégier le tournesol, le millet, les noix, les noisettes et les cacahuètes (non salées !), qui sont très appréciés.

Mellifère

© Alain Deschandol

3

© fotolia

On parle de plante mellifère quand celle-ci peut être butinée par les abeilles pour la fabrication du miel. On peut citer le trèfle, la lavande, la clématite 3, la glycine, le mélilot blanc, le myosotis 4, la jacinthe et bien d’autres…..

Par contre, si l’on commence, il faut le faire tous les jours car les oiseaux prennent vite leurs habitudes. Vous pouvez construire une mangeoire en privilégiant un endroit dégagé pour ne pas favoriser « les festins des chats ». Il ne faut surtout pas oublier l’eau pour qu’ils s’abreuvent mais aussi pour les bains !

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ABCitadin… nature Paillis

Constitué d’écorces de pin ou de végétaux broyés, un paillis étalé au pied des cultures limite la pousse des mauvaises herbes et l’évaporation de l’eau. C’est un moyen très écologique pour éviter l’utilisation d’engrais tout en diminuant sa consommation d’eau d’arrosage.

➜ GLOSSAIRE PAGE

© fotolia

© P. Spiroux - GMN

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Refuge

d’abris pour s’installer. Par exemple, les batraciens qui consomment beaucoup de larves d’insectes s’installeront plus facilement dans votre jardin si de grosses pierres sont présentes pour se cacher. Alors que les musaraignes, friandes également d’insectes, préfèrent installer leur nid dans du compost ou dans les alvéoles d’un agglo, installé dans un endroit tranquille.

Souche

Laissez une souche d’arbre mort dans un coin de votre jardin et voilà un abri parfait pour tous les insectes auxiliaires du jardinier.

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© Alain Deschandol

La richesse faunistique d’un jardin dépend des plantes qui s’y développent mais certaines espèces manquent également

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Taille des haies

Ver de terre

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Auxiliaire de jardin par excellence, le ver de terre joue un rôle fondamental dans la bonne santé des sols. Ses déjections apportent une part importante des éléments nutritifs nécessaires à la croissance des plantes (phosphore, zinc, magnésium).

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Elle doit être réalisée avec parcimonie et surtout en dehors des périodes de nidification (de fin mars à juillet) pour éviter la destruction des nids.

Végétation spontanée

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La végétation spontanée appelée communément « mauvaise herbe » ou « adventice » doit être tolérée afin de favoriser le maintien et l’implantation d’une biodiversité locale. On peut favoriser cette végétation en faisant des fauches tardives, en automne et en hiver, pour permettre la pollinisation au printemps et en été.

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Glossaire

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Adventice

Se dit d’une espèce végétale non cultivée, mais qui se développe de manière naturelle en ville ou dans les cultures.

Animalcules

Petits animaux que l’on ne peut voir le plus souvent qu’à l’aide d’un microscope.

Anthropique

Relatif à l’activité humaine.

Écosystème

Ensemble dynamique d’organismes vivants qui interagissent entre eux et avec le milieu.

Embranchement

Chacune des grandes divisions des mondes animal et végétal.

Endémique

Qui est caractéristique et inféodé à une région, à un milieu.

ENS Relation de proximité entre des espèces animales ou végétales, profitable pour l’une d’elles et sans bénéfice ni danger pour l’autre.

Espace Naturel Sensible. Les ENS sont gérés par les conseils généraux et constituent un outil de protection des espaces naturels par leur acquisition foncière ou par la signature de conventions avec les propriétaires privés ou publics.

Continuité écologique

Espèce

Commensale

Ensemble de sites naturels ou artificiels permettant d’assurer un lien écologique pour les animaux et les végétaux.

Crassulescence

Aspect plus ou moins charnu d’un organe ou d’une plante.

Ensemble d’êtres vivants qui présentent souvent des caractéristiques morphologiques, anatomiques et génétiques similaires, qui se reproduisent entre eux et engendrent des descendants féconds.

Exogène

Se dit d’une espèce qui provient d’une autre région ou d’un autre pays, qui n’est pas native de l’endroit.

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Glossaire Foliole

Chacune des petites parties qui forment une feuille composée.

Fourragère

Se dit d’une plante qui fournit du fourrage pour le bétail.

Adjectif caractérisant des espèces se nourrissant de petits invertébrés vivant dans la vase.

Liste rouge

Se dit de la reproduction des poissons

Elle est établie par l’UICN et elle constitue un inventaire mondial complet de l’état de conservation des espèces végétales et animales.

Gestion pastorale

Marnes

Frayer

Entretien d’un site par des animaux.

Halophyte (ou Halophyle)

Végétal adapté aux milieux salés.

Roches sédimentaires formées d’un mélange de calcaire et d’argile.

Milieu ouvert

Se dit d’un milieu non arboré.

Inflorescence

Nématode

Inféodé(e)

Nitrophile

Disposition des fleurs d’une plante.

On parle d’une espèce inféodée lorsque celle-ci est liée très fortement à un organisme ou à un milieu et qu’elle peut vivre difficilement sans celui-ci.

Krill

Population de petits crustacés qui vit en suspension dans le plancton. Le krill ressemble à une crevette translucide.

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Limicole

Ver cylindrique et effilé, de petite taille, souvent parasite des mammifères.

Se dit d’une espèce qui recherche des sols riches en azote. La plante nitrophile la plus connue est l’ortie.


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Pariétaire

Se dit d’une plante qui pousse sur les murs.

Pélagique

Se dit d’une espèce qui vit en haute mer.

Protozoaire

Être vivant unicellulaire.

Rudérale

Étymologiquement, ce terme signifie « ruines, décombres  ». Il s’applique notamment aux espèces végétales qui peuvent se développer dans les friches et les zones de décombres.

Rupestre / Rupicole Qui vit sur les rochers.

Rustique

On parle d’espèce rustique pour des espèces capables de s’adapter aux conditions de vie difficiles (milieu, climat…)

UICN

Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Cette association recense les espèces menacées et les classent selon sept catégories, suivant un gradient de risque d’extinction croissant.

Volubile

On appelle ainsi toutes les tiges qui s’enroulent autour d’un support (arbre, plante, supports). Certaines le font en décrivant des spirales dans le sens des aiguilles d’une montre, d’autres dans le sens inverse. C’est le cas de plantes grimpantes comme la Glycine ou le Chèvrefeuille.

ZNIEFF

Lancées en 1982, les Zones Naturelles d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) ont pour objectif d’identifier et de décrire des secteurs présentant de fortes capacités biologiques et un bon état de conservation.

Station

Milieu présentant une ou plusieurs espèces identiques à un endroit précis.

Stomate

Ouverture naturelle sur la feuille d’une plante qui permet les échanges gazeux avec l’extérieur.

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Index des noms vernaculaires A Abeille 20, 34, 62, 84, 143, 145 Accenteur mouchet 37 Achillée millefeuille 85 Achillée54 Agapanthe54 Agrion de Mercure 134 Aigrette garzette 49, 139 Ajonc d’Europe 81, 82,84 Amanite phalloïde 59 Amanite tue-mouche 59 Amarante14 Amaryllis24 Anémone Dahlia de mer 92 Anémone de mer 92, 94, 97 Anémone œillet de mer 92 Anguille141 Araignée138 Araignée rouge 145 Araignée des fenêtres 27 Arbre aux 40 écus 72, 77 Arbre de Judée 33 Arénicole107 Argiope 14, 15 Armoise commune 120 Arroche étalée 126 Arroche laciniée 109, 110 Aubépine 78, 123 Avocette élégante 112, 133 Avoine élevée 119 Avoine pubescente 52

B Balane 93, 95, 107 Balsamine de l’Himalaya 47, 51 Bar140 Barbule commun 75

152

Bécasseau 97, 108, 111 Belle-dame21 Berce commune 119, 120 Bergeronnette124 Bernache du Canada 46 Bernard-l’ermite 93, 95 Bette maritime 112 Bigorneau 93, 95, 106 Bœuf écossais 52 Botrylle92 Bouleau verruqueux 58, 59, 61 Bouquet93 Bourdon 20, 34, 62, 138 Brachypode penné 119 Brochet47 Brome 81, 85 Bruant des roseaux 136 Buccin108 Buddleia 21, 24, 83, 119 Bugrane rampante 126 Busard112 Busard des roseaux 134, 136 Butor étoilé 134, 137

C Campagnol des champs64, 139 Canard chipeau 139 Canard colvert 46 Canard pilet 139 Canard siffleur 46 Capillaire des murailles 74 Cardère sauvage 23 Carex64 Carotte sauvage 119, 120 Carpe47 Cèdre du Liban 33, 72, 77 Cèpe59 Chardon20

Charme54 Châtaignier 58, 78 Chauve-souris 26, 143 Chêne pédonculé 58, 71 Chiendent81 Choucas des tours 122, 123 Chouette 15, 25, 53, 63,264 Chou marin 112, 125 Cigogne blanche 139 Cirse commun 20, 23, 78, 79 Cirse des champs 81, 84 Clématite 71, 145 Cloporte 58, 75 Coccinelle 20, 21, 145 Consoude47 Coque 91, 92, 106 Coquillier maritime 125 Cormoran 111, 112 Corneille 35, 37 Corydale jaune 14 Coucou gris 134, 136 Couleuvre à collier 124 Couteau106 Crabe 93, 95, 97, 107 Crabe japonais 97 Crabe poilu  97 Crabe vert 95 Crache-sang124 Crapaud calamite 64, 134 Crépide à vésicules 121 Crépidule 93, 94 Cresson48 Criste-marine 112, 125 Cuivré commun 82 Cygne 46, 47 Cymbalaire des murs 71, 74 Cytise33


Index Index des noms vernaculaires D Demi-deuil 21, 24 Digitale52 Diplotaxis à feuilles étroites 122 Dytique48

E Écaille chinée 38 Écureuil roux 53, 64, 80 Entéromorphe107 Épeire 14, 27 Éperlan 140, 141 Épicéa58 Épilobe hirsute 47 Épinoche à trois épines 141 Epipactis à feuilles larges 62 Éponge 92, 93, 95 108 Érable 58, 71, 78 Érable sycomore 71, 83 Étourneau 15, 19 Eucalyptus54

F Faucon Crécerelle 25, 26, 122 Faucon pèlerin 122 Fétuque 81, 85 Figuier 71, 73 Flet141 Fou de Bassan 132 Fougère de mer 97 Fougère 62, 64, 74, 127 Fougère scolopendre 74 Fouine124 Foulque46 Fragon Petit houx 78 Frêne 58, 60, 83

Fucus vésiculeux

107

Huîtrier-pie133

G

I

Galathée94 Geai63 Genêt des teinturiers 126 Gerris 48, 49 Gesse à larges feuilles 20, 22 Girolle59 Globicéphale noir 104 Gloméris58 Glycine 71, 145, 151 Gobie noir 93, 96 Goéland 108, 110, 111, 112, 122 Goéland argenté 111 Goéland brun 111 Goéland marin 111 Goémon blanc 107 Gorge-bleue à miroir 134, 137 Graminée17, 52, 54, 81, 85, 119 Grand Cormoran 111 Grand Dauphin 104 Grande consoude 50 Grande prêle 127 Grèbe huppé 97, 111 Grenouille 40, 48, 64, 134, 137 Grive musicienne 36 Guêpe20 Guillemot de Troïl 111, 113

If commun 73, 78 Iris 64, 104 Iules58

H Hérisson 38, 40, 80, 82, 139 Héron cendré 49, 137 Hêtre 58, 60, 78 Hibou 53, 64 Homard94 Houx 71, 78, 79

J Jonc 47, 51 Jonquille78

K Krill

103, 150

L Laitue violette de mer 107 Lamier blanc 81, 84 Lapin 38, 80, 82, 124 Lentille d’eau 48 Lépisme 26, 27 Lézard des murailles 21, 75 Libellule 82, 134 lichen 39, 58, 75 Lierre 77, 79 Lièvre80 Ligie 106, 107 Linotte mélodieuse 124 Liparis de Lœsel 135, 138 Liseron des champs 20, 23 Liseron des dunes 125 Littorine 95, 106 Lotier corniculé 81, 85 Lucane Cerf-volant 79 Iules58 Luzerne lupuline 109, 110 ›

153


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Index des noms vernaculaires Lyciet de Barbarie Lysimaque commune

121 47, 50

M Magnolia33 Marguerite 20, 22, 121 Marsouin commun 103 Martin-pêcheur 49, 97 Massette à larges feuilles 47, 50 Mauve Sylvestre 17 Méduse 92, 93 Mélèze58 Merle 35, 36 Mésange 15, 19, 21, 63 Millepertuis23 Moineau 15, 19, 21, 35, 37, 40 Molène faux-bouillon blanc 78 Monodonte106 Morelle douce-amère 127 Moucheron26 Mouette 97, 110, 111 Moule bleue 93, 94 Mouron des oiseaux 109, 110 Mousse 39, 75 Moustique 26, 40, 138 Moutarde noire 121 Mulet140 Mulot82 Musaraigne 82, 139 Mye commune 91 Myosotis des marais47, 51, 145

N Néflier58 Nénuphar48 Nèpe 48, 49 Noisetier54

154

O Obione112 Ophrys abeille 81, 84, 119, 138 Ophrys bouc 119 Oranger du Mexique 33 Orchis à fleurs lâches 138 Oreille de Judas 59 Orge queue-de-rat 17 Orobanche du lierre 77 Orpin âcre 39 Ortie 20, 21, 62, 84 Orvet21 Oseille des prés 121

P Pagure  95 Palmier71 Palourde106 Panure à moustache 134 Paon du jour (Papillon) 62 Papillon demi-deuil 24 Papillon 22, 24, 62, 82, 83 Papillon Vulcain 34 Pâquerette52 Pariétaire officinale 71, 74, 150 Patelle 93, 106 Pâturin 14, 81 Paulownia54 Pélodyte ponctué 134 Perce-oreille 34, 75 Perruche49 Pétasite33 Petit Rhinolophe 26 Pétrel fulmar 122, 123 Pholque 26, 27 Phoque gris 103, 104 Phoque veau-marin 103, 104

Phragmite 134, 136 Phragmite des joncs 134, 137 Pic63 Pie 35, 37 Piéride 21, 24 Pigeon 15, 18 2 Pingouin torda 111, 113 Pin sylvestre 58, 60 Pipistrelle commune 26 Pipit124 Plancton 91, 93, 150 Plantain17 Plie 93, 96 Polypore du bouleau 59 Pommier71 Poule d’eau 46 Prêtre 93, 96 Primevère78 Puceron 40, 145 Puce de mer 108 Punaise verte 34

R Ragondin139 Raie108 Râle des genêts 134 Rat musqué 139 Rat surmulot 21, 64, 80 Renard 21, 38, 53, 64, 80, 124, 139 Renouée du Japon 21,49,83,119 Renouée persicaire 127 Rhubarbe du Chili 33 Roitelet triple-bandeau 63 Ronce 62, 124 Rorqual commun 103 Roseau47 Rose34 Rouge-gorge 37, 40, 124


Index Roussette108 Ruine de Rome 71, 74

Tulipier de Virginie 71, 73 Tussilage126

S

U

Sabelle 92, 93 Salicorne133 Sanglier124 Satyre puant 59 Sauge20 Seiche108 Séneçon du Cap 21, 83, 119 Séneçon jacobée 17 Séquoia géant 77 Silène enflé 20, 22 Spartine d’Angleterre 130, 133 Spatule blanche 133 Spongiaire108 Sterne97 Sterne arctique 111 Sterne caugek 111 Sureau 21, 59, 78

Ulve107

T

V Ver de terre 14, 58 Verdier d’Europe 36, 40 Vergerette du Canada 14 Ver de terre 14, 58 Ver néréis 107 Vigne vierge 71 Violette78 Viorne33 Vipérine 20, 119, 120 Vulcain64

W Wakamé97

Tacaud 93, 96 Tadorne de Belon 111, 133 Tanaisie commune 22 Tégénaire 26, 27 Tilleul 61, 78 Tircis24 Tortue de Floride 47 Tourne-pierre 108, 111, 113 Tourterelle19 Trèfle des prés 20, 145 Triton ponctué 48 Triton64 Troglodyte mignon 36, 124 Trompette des morts 59 ›

155


GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Index des noms latins A Achillea millefolium 77 Acrocephalus schoenobaenus 129 Agapanthus sp. 46 Alca torda 105 Alcedo atthis 89 Amanita phalloides 51 Anas acuta 131 Anas platyrhynchos 38 Anas penelope 38 Anas strepera 131 Anguilla anguilla 133 Anthus sp. 116 Aphis fabae 32 Apis mellifera 26 Apodemus sylvaticus 74 Ardea cinerea 41 Arenaria interpres 105 Argiope bruennichi 7 Artemisia vulgaris 112 Asio otus 45 Asplénium ruta muraria 66 Asplenium trichomanes 66 Asteria rubens 100 Athene noctua 7 Atherina presbyter 88 Atriplex laciniata 102 Atriplex patula 118 Aurelia aurita 84 Auricularia auricula-judae 51

B Balaenoptera physalus 95 Balanus crenatus 87 Beta vulgaris subsp. maritima 104

156

Betulapendula 53 Boletus sp. 51 Bombus terrestris 26 Botaurus stellaris 129 Botryllus schlosseri 84 Branta canadensis 38 Brassica nigra 113 Bromus sp. 77 Buddleja davidii 13, 75 Bufo calamita 126 Butomus umbellatus 43

C Cakile maritima 117 Calystegia soldanella 117 Carcinus maenas 87 Carduelis cannabina 116 Cedrus Libani 64 Cerastoderma edule 83 Cercis siliquastrum 25 Chloris chloris 28 Chritmum maritimum 104 Ciconia ciconia 131 Circus aeruginosus 128 Cirsium arvense 76 Cirsium vulgare 15, 71 Coenagrion mercuriale 126 Columba livia 10 Columba palumbus 10 Convolvulus arvensis 15 Corvus corone 29 Corvus monedula 115 Corylus avellana 46 Crambe maritima 117 Crataegus monogyna 115 Craterellus cornucopioides51 Crepidula fornicata 86

Crepis vesicaria Crex crex Cuculus canorus Cymbalaria muralis Cynthia cardui

113 126 128 66 74

D

2

Daucus carota Dendrocopos major Dicentrarchus labrax Digitalis purpurea Dipsacus fullonum Dytiscus marginalis

112 55 132 44 15 40

E Echium vulgare 112 Egretta garzetta 131 Emberiza schoeniclus 128 Epilobium hirsutum 43 Epipactis helleborine 54 Equisetum maximum 119 Erinaceus europaeus 30, 72 Erithacus rubecula 29 Euplagia quadripunctaria 30

F Fagus sylvatica Falco peregrinus Falco tinnunculus Fallopia japonica Festuca sp. Ficus carica Fraxinus excelsior Fulica atra Fulmarus glacialis

G

52 115 18, 115 75 77 65 52 38 115


Index Galathea squamifera 86 Gallinula chloropus 38 Garrulus glandarius 55 Gasterosteus aculeatus 133 Genista tinctoria 118 Gerris lacustris 41 Ginkgo biloba 64, 69 Globicephala melas 96 Gobius niger 88 Gunnera manicata 25

H Haematopus ostralegus 125 Halichoerus grypus 96 Halichondria oculata 92 Halimione portulacoides 104 Havrella mirabilis 83 Hemigrapsus sanguineus 89 Heracleum sphondylium 112 Homarus gammarus 86 Hordeum murinum 9 Hypericum perforatum 15

I Ilex aquifolium  Impatiens glandulifera Iris pseudacorus

79 43 56

L Lamium album Larus argentatus Larus fuscus Larus marinus Larus ridibundus Lathyrus latifolius Lepisma saccharina

76 103 103 103 103 14 19

Lepus europaeus Leucanthemum vulgare Ligia ocĂŠanica Liparis loeselii Liriodendron tulipifera Littorina littorea Lotus corniculatus Lucanus cervus Luscinia svecica Lycaena phlaeas Lycium barbarum Lysimachia vulgaris

72 14 98 130 65 87 77 71 129 74 113 42

M Magnolia grandiflora Malva sylvestris Medicago lupulina Melanargia galathea Metridium senile Microtus arvalis Motacilla alba Mugil sp. Mya arenaria Myocastor coypus Myosotis scorpioides Mytilus edulis

25 9 102 16 84 56 116 132 83 131 43 86

N Natrix natrix Nepa cinerea Notonecta glauca

116 41 40

O Ondatra zibethicus 131 Ononis repens 118 Ophrys apifera 76 Orchis laxiflora 130 Orobanche hederae 69 Oryctolagus cuniculus30, 72 Osmerus eperlanus 133

P Pagurus bernhardus 87 Palomena viridissima 26 Pararge aegeria 16 Parietaria officinalis 66 Parus caeruleus 11 Parus major 55 Passer domesticus 11, 32 Pelodytes punctatus 126 Phalacrocorax carbo 105 Phallus impudicus 51 Phoca vitulina 96 Phocoena phocoena 95 Pholcus phalangioides 19 Phyllitis scolopendrium 66 Pica pica 29 Picus viridis 55 Pieris sp. 16 Pinus sylvestris 52 Pipistrellus pipistrellus 18 Piptoporus betulinus 51 Plantago sp. 9 Platalea leucorodia 125 Platichthys flesus 133 Pleuronectes platessa 88 Podarcis muralis 67 Podiceps cristatus 89 Polygonum persicaria 119 ›

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Index des noms latins Prunella modularis Psittacula krameri Pteridium aquilinum Pyronia tithonus

29 41 54 16

Rana esculenta 126 Rattus norvegicus 72 Recurvirostra avosetta 125 Rubus sp. 54 Rumex acetosa 113 Ruscus aculeatus 70

Taxus baccata Tegenaria atrica Tilia sp. Timarcha tenebricosa Tortula muralis Trisopterus luscus Triturus vulgaris Turdus merula Turdus philomelos Tursiops truncatus Tussilago farfara Typha latifolia Tyto alba

S

U

Sabella pavonina 85 Salicornia sp. 125 Sambucus nigra 13 Sciurus vulgaris 72 Sedum acre 31 Senecio inaequidens 75, 111 Senecio jacobaea 9 Sequoiadendron giganteum69 Silene vulgaris 14 Solanum dulcamara 119 Sorex coronatus 74 Stellaria media 102 Sterna sandvicensis 103 Streptopelia decaocto 11 Strix aluco 55 Sturnus vulgaris 11 Symphytum officinale 42

Ulex europaeus Undaria pinnatifida Uria aalge Urticina felina

R

T Tadorna tadorna Talpa europaea Tanacetum vulgare

158

125 32 14

65 19 53 116 67 88 40 28 28 96 118 42 17

76 89 105 84

V Viburnum sp. Vulpes vulpes

25 72

Z Zygiella x-notata

19

2


Bibliographie

Albouy V. : Guide des curieux de nature en ville-Delachaux et Niestlé Albouy V. : Le jardin des insectes-Delachaux et Niestlé Bonnier G., De Layens G. : Flore complète protative de la France de la Suisse et de la Belgique- Belin Chinery M. : Insectes de France et d’Europe occidentale- Arthaud Chinery M. : Guide de la vie sauvage au jardin- Delachaux et Niestlé Chinery M. : Insectes d’Euroep-Bordas D’esneval A. : Au plaisir du jardinier - Larousse Dierl W., Ring W. : Guide des insectes - Delachaux et Niestlé Felix J. : Oiseaux des pays d’Europe - Gründ Fitter R., Fitter A., Blamey M. : Guide des fleurs sauvages - Delachaux et Niestlé Groupe Mammologique Normand : les Mammifères sauvages de Normandie, staut et répartition - 2004 Hayward.P, Nelson-Smith.T, Shields.C : Guide des bords de mer - Delachaux et Niestlé Heinzel.H, Fitter.R, Parslow.J : Oiseaux d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-OrientDelachaux et Niestlé Lesaffre G. : Les oiseaux en 450 questions/réponses - Delachaux et Niestlé Lindner G. : Guide des coquillages marins -Delachaux et Niestlé Lohmann M. : Les insectes - Chantecler Matz G., Weber D. : Guide des amphibiens et reptiles d’Europe - Delachaux et Niestlé Pivnicka K., Cerny K. : Poissons - Gründ Readman J. : Ces herbes qu’on dit mauvaises -Terre vivante. Rushforth K. : Photo-guide des arbres d’Europe - Delachaux et Niestlé. Shirihai H., Jarrett B. : Guide des mammifères marins du monde - Delachaux et Niestlé

Sites internet consultés www.lehavre.fr www.univ-lehavre.fr www.myconormandie.free.fr www.oiseaux.net

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GUIDE DÉCOUVERTE DE LA NATURE AU HAVRE - LES CHEMINS DE LA BIODIVERSITÉ CITADINE

Aquacaux 70, chemin de Saint-Andrieux 76930 Octeville-sur-Mer Tel : 02 35 46 04 97 Site internet : www.aquacaux.fr

Centre d’Action Régionale pour le Développement de l’Éducation Relative à l’Environnement (CARDERE) Pôle Régional des Savoirs 115, boulevard de l’Europe 76100 ROUEN Tél. 02 35 07 44 54 Mail : contact@cardere.org Site internet : www.cardere.org

160

Centre d’Hébergement et d’Etudes sur la Nature et l’Environnement 2 (C.H.E.N.E) 12 rue du Musée 76190 ALLOUVILLE BELLEFOSSE Téléphone : 02 35 96 06 54 - Standard / Musée / Animation Mail mail : asso.chene@wanadoo.fr Site internet : chene.asso.fr/

Cellule de Suivi du Littoral Normand (CSLN) 53 rue de Prony 76600 LE HAVRE Tél : 02.35.21.71.70 E-mail : csln@csln.fr Site internet : csln.fr


Coordonnées des associations

Groupe Mammologique Normand (GMN) Mairie 27260 EPAIGNES Local Haute-Normandie : 02 32 42 59 61 Local Basse-Normandie : 09 54 53 85 61 Mail : gmn@gmn.asso.fr Site internet : www.gmn.asso.fr

Ligue de Protection des Oiseaux de Haute-Normandie (LPO HN) 2 Rue Geuffroy imm Panorama 2 76100 ROUEN Téléphone / Fax : 02 35 03 08 26 mail : haute-normandie@lpo.fr Site Internet : haute-normandie.lpo.fr

Maison de l’estuaire 20 Rue Jean Caurret, 76600 Le Havre Téléphone : 02 35 24 80 00 Site internet : www.maisondelestuaire.net

Réseaux des clubs de Protection de la Nature de Haute-Normandie (CPNHN) 55, rue Louis Ricard - 76000 ROUEN Tel : 06 12 13 28 13 – Mail : info@cpnhn.org Site internet : www.cpnhn.org

Société Linnéenne de Normandie Fort de Tourneville 55, rue du 329e Régiment d’Infanterie 76620 LE HAVRE 06.64.00.04.43 Mail : linnee.sm@gmail.com Site internet : www.s-g-n.eg2.fr

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N°ISBN : 13 978-2-908989-08-3 Indicatif éditeur : 2-908989 Les guides du Muséum du Havre ISSN : 1272-3916


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