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P r e m i è r e s e n a f fa i r e s : : a u to m n e 2 0 11 : : d o s s i e r f i n a n c e

automne 2011

edmée métivier Vice-présidente exécutive, Financement et Consultation Banque de développement du CanadA

Une banquière de classe P. 20 Les anges financiers : une alternative au financement traditionnel P. 8 Les incontournables de la finance P. 30 Se convertir à l'entrepreneuriat ? POURQUOI PAS ! P. 51 Un Homme et son tableau Entrevue avec Louis Vachon P. 72

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Rédactrice en chef : Michèle Bazin Éditrice : Margarita Lafontaine Responsable de la comptabilité : Sara Lafontaine-Leblanc Directrice abonnés - commandites :

Éditorial

Marine Thomas Responsable de la production : Damien Meunier Réviseure-correctrice : France Bouchard Design : 5 sur 5 Communication Marketing Collaborateurs : Michèle Boisvert Émilie Bourget Véronique Chagnon Guillaume C. Lemée Mariève Desjardins Zoé Laffontan Éric Messier Charline-Ève Pilon Photographes : SPG LePigeon / studiospg.com Alexandre Chabot Jolianne L’Allier Matteau Distribution : 10 000 copies Pour vous abonner : www.premieresenaffaires.com Postes Canada : Convention 41502021 Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada à : Premières en affaires 2015, rue Drummond

Comme chaque septembre, nous abordons la finance et à nouveau cette année, nous vous présentons des femmes exceptionnelles qui se démarquent dans ce secteur. À titre d’exemple, notre invitée en page couverture, Edmée Métivier, vice-présidente exécutive à la Banque de développement du Canada. Une femme qui a réussi sa carrière tout en respectant ses forces, ses désirs et ses convictions. Ayant atteint ses objectifs professionnels, Mme Métivier quittera son poste à la fin octobre parce qu’elle croit que pour s’épanouir elle doit entreprendre de nouveaux défis. Elle part, sans crainte pour le futur, avec la conviction que quelque chose de différent l’attend ailleurs et dans laquelle elle pourra mettre son expérience à contribution pour le bien de la société. Nous lui souhaitons bonne chance et beaucoup de succès dans sa nouvelle aventure ! Et pour nous aussi, chez Premières en affaires, la rentrée s’annonce sous le signe du changement. À l’occasion de nos quatre ans, le magazine s’offre un nouveau look ! Premièrement, comme vous l’avez sûrement remarqué, notre page couverture change. À l’image des femmes d’affaires qui nous lisent, nous souhaitons être plus dynamiques, audacieuses et plus lumineuses. Notre contenu éditorial conserve précieusement le sérieux qui a fait sa réputation, mais s’organise différemment.

M i c h è l e B a zi n

Rédactrice en chef

S PG L e P i g e o n / s t u d i o s p g . c o m

Responsable du contenu éditorial :

photo Heidi Hollinger

Maria Remiggi

Margarita Lafontaine Éditrice

De plus, afin d’être plus inclusif du milieu québécois, et dans le but de rejoindre un plus grand lectorat, certaines sections du magazine seront bilingues. Nous commençons par l’article de Michèle Boisvert ainsi que la section des « Incontournables ». Enfin, et dans le but de satisfaire aux nombreuses demandes de couvrir plus de secteurs d’activités, Premières en affaires passe à six éditions par année, dès 2012. Nous sommes convaincus que vous continuerez à nous lire avec assiduité ! Notre prochaine édition portera sur les affaires à l’international. Nous vous invitons à la rencontre de Zoé Yujnovich, présidente de la Compagnie minière IOC.

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Bonne lecture !

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Sommaire

automne 2011 volume 5, numéro 1

Edmée Métivier

Vice-présidente exécutive, Financement et Consultation Banque de développement du Canada

20 Une banquière de classe 28

Les Incontournables

Portrait de 8 femmes qui s’illustrent dans le domaine de la Finance

DOSSIER F INANCE 6 La finance au Québec : quelques chiffres 8 Les anges financiers : une alternative au financement traditionnel

11 Obtenir le bon financement : un processus déterminant

14 La BDC : une institution bancaire dédiée à l’essor des PME canadiennes

18 Micro-crédit : miser sur les femmes et sauver le monde

CONSEILS D ’ E X P ERTS droit 43 Les étapes d’une ronde réussie de financement par capital de risque Lavery

52 Entrepreneurs, avez-vous pensé aux fonds d’investissement privés en équité ? PwC

44 Questions à considérer pour les entrepreneurs accueillant des associés participants Davies Ward Philips & Vineberg

54 Un moyen méconnu d’améliorer la productivité de votre entreprise Samson Bélair/Deloitte & Touche

j e u n e s p r e m i e r s 64 Eleonore Derome, une jeune avocate aux grandes initiatives

55 Garder l’œil sur votre portefeuille ! PWL Capital Inc.

65 « Si Jeunesse savait… »

57 Gestion de patrimoine : savoir préparer demain RSM Richter Chamberland

68 Le TOP 10 de Brett Hickey

46 Le « virage vert » : coûts ou bénéfices pour les entreprises ? Sodavex 47 Tendances relatives aux clauses de changement défavorable important dans les conventions de crédit Blakes 48 Un bref survol de la nouvelle loi sur les sociétés par actions (Québec) Stein Monast s.e.n.c.r.l. finance 50 Financement du démarrage ou de la croissance d’une entreprise Banque Nationale

RESSOURCES - HUMAINES 59 L’impact du sabotage et son coût sur l’entreprise Stratégies-Évolution Réseau des Femmes d’affaires du Québec 60 Un monde de possibilités – Emploi du secteur de la finance… Les services de placement Télé-ressources

famille 62 Valérie Coté : un rêve en équilibre Banque Laurentienne

67 Portraits de 3I v o ya g e d ’ a ff a i r e s 70 L’Inde, nouvelle destination d’affaires u n h o m m e e t s o n ta b l e a u 72 Le banquier amoureux des bouquins Entrevue avec Louis Vachon c u lt u r e 74 Les coups de cœurs de Michèle Bazin

51 Se convertir à l’entrepreneuriat ? Pourquoi pas ! Ernst & Young au to m n e 2 011 Premières en affaires 5


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LA Finance au Québec : quelques chiffres

Source : « Vers une stratégie de l'entrepreneuriat », Ministère du Développement économique de l’Innovation et de l’Exportation, 2010.

Le produit intérieur brut du Québec est de plus de 300 milliards de dollars. Le secteur financier représente, à lui seul, plus de 6 % de l’ensemble de l’activité économique du Québec. Il constitue le deuxième plus important contributeur économique sur le plan du PIB pour l’industrie des services pour les régions métropolitaines de Montréal et de Québec. Plus de 110 centres financiers internationaux spécialisés dans le domaine des transactions financières internationales œuvrent sur le territoire de la ville de Montréal. 60 % du financement en capital provient du public, du parapublic et des syndicats. Au Québec, le nombre d’entrepreneurs demeure stable depuis 20 ans, autour de 180 000. Mais le taux entrepreneurial de la population des 15-79 ans est passé de 3,4 % en 1987 à 2,9 % en 2008. (Statistique Canada) Au Québec et au Canada, un peu moins des deux tiers des entreprises survivent deux années après leur création, et près du tiers seulement atteignent la cinquième année. (Statistique Canada) Pour 23 % de la relève en affaires, l’accès au financement est la principale cause responsable du manque de développement de l’entrepreneuriat. (Étude Secor et de la JCCM « La relève du Québec inc. s’exprime ») Capital risque : En 2009, le Québec a terminé au premier rang au chapitre des sommes investies en capital de risque au Canada. Les 432 millions de dollars investis au Québec ont représenté 42 % des sommes totales investies au Canada au cours de l’année. Le gouvernement a annoncé des mesures majeures à l’occasion du discours sur le budget 2009-2010, soit : • un fonds de 825 millions de dollars pour le financement de fonds de capital de risque ; • un investissement de 125 millions de dollars pour la création de trois fonds d’amorçage.

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Les anges financiers : une alternative au financement traditionnel Pa r V éro n i q u e Ch ag n o n Leur titre a beau laisser présager une âme altruiste, les anges financiers ne font pas la charité. Du moins, pas quand ils investissent des sommes importantes – en moyenne entre 25 000 $ et 150 000 $ — de leur fortune personnelle pour aider des entrepreneurs créatifs, en majorité du secteur des hautes technologies à potentiel mondial, à démarrer leur entreprise. Ils portent le surnom d’« anges » parce qu’ils sont bien souvent la dernière porte à laquelle les entrepreneurs cognent, désespérés de ne pas avoir obtenu de financement par les canaux traditionnels. Le jeu est risqué. D’après une étude américaine, 39 % des anges ne réussiront pas à récupérer leur investissement. Malgré tout, le rendement sur le capital investi est en moyenne de 2,6 %. Là où certains perdent tout, d’autres réalisent 30 fois leur mise.

Réseaux d’anges financiers cherchent divines investisseuses Natalia Oberti Noguera est une femme occupée. Premières en affaires l’a jointe à New York alors qu’elle s’apprêtait à quitter pour un rendez-vous important. Ses efforts pour encourager la gent féminine à grossir les rangs des anges financiers ont attiré l’attention du New York Times et du Bloomberg Businessweek. « J’avais remarqué que, s’il existait beaucoup d’incubateurs pour stimuler l’entrepreneuriat féminin, rien ne changeait dans la culture des investisseurs », lance la femme d’affaires. C’est pourquoi elle a fondé en 2010 la Pipeline Fellowship, une organisation qui offre la chance à des femmes philanthropes d’apprendre, dans le cadre d’une formation de six mois, l’abc du monde des anges et d’investir dans une entreprise à vocation sociale de leur

choix, également dirigée par une femme. Malgré l’amélioration du ratio de femmes parmi les entrepreneurs et leur accès de plus en plus fréquent à des fortunes personnelles à l’égal des hommes, elles se font toujours très discrètes dans les réseaux d’anges. D’après un rapport de 2010, seulement 13 % des anges financiers américains sont des femmes. Au sein du réseau Anges Québec, le seul de la province, ce chiffre chute à 8 %. Un accès à des nouveaux réseaux Le manque de femmes dans les bassins d’investisseurs intéressés par des entreprises en démarrage est lourd de conséquences. « Au bout du compte, cela veut dire que 50 % de la population est

peu ou pas représentée dans les comités de sélection qui décident de ce qui sera offert sur le marché », rappelle Natalia Oberti Noguera. Et selon une étude de la firme américaine Illuminate Ventures, les regroupements qui ont des femmes dans leurs rangs ont 70 % plus de chance d’investir dans des entreprises menées aussi par des femmes. Il s’agit donc d’un frein pour l’atteinte à la parité des genres en entrepreneuriat. Mais pourquoi les dames tardent-elles à s’intégrer aux anges financiers ? « Malgré l’amélioration, les femmes n’ont pas accès aux réseaux d’affaires masculins traditionnels », croit Natalia Oberti Noguera. Le mentorat est donc la pierre angulaire de la formation qu’elle offre aux habituées des milieux caritatifs. Elle les jumelle à des guides souvent masculins, anges financiers aguerris, grâce auxquels elles rencontrent une pléthore de contacts cruciaux. Et au QuÉbec ? « La première fois que j’ai entendu parler de l’investissement en tant qu’ange financier, ce sont des hommes d’affaires qui m’en ont parlé », confirme Magaly Charbonneau, la première femme membre d’Anges Québec, et qui a fait son premier investissement en 2000 dans Hostopia, qui aide les entreprises à gérer leurs services en ligne. Mme Charbonneau s’est retirée avec succès en 2008 et agit maintenant comme vice-présidente des partenariats stratégiques dans la com-

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de meilleures décisions. « Les femmes amènent un regard neuf dans les réunions, au même titre que des gens qui viendraient d’industries différentes », croit Magaly Charbonneau.

Un ange dans la famille ! Au deuxième étage des locaux de Shape WLB, sept horloges affichent le temps, de Singapour au Royaume-Uni. Il faudrait aujourd’hui orner un deuxième mur de pendules pour représenter tous les endroits du monde où les produits Shape sont aujourd’hui distribués. Il est loin le temps où, installés dans leur cabanon, Mylène Girard et son conjoint, Charles Vallières, pliaient à la main des morceaux d’aluminium qu’ils assemblaient à des pièces de plomberie pour en faire des supports à caméra de qualité professionnelle. En 2010, Shape WLB affichait un chiffre d’affaires de 1,5  million  $. Depuis ses débuts, il y a quatre ans, les ventes n’ont cessé d’augmenter, parfois même jusqu’à tripler. Pourtant, Mylène Girard a mis beaucoup de temps à trouver des investisseurs pour croire en son projet. C’est finalement grâce à la mise de Lorenzo Haché, le beau-père de Charles, que Shape WLB a pu prendre son envol. Et l’entreprise n’a pas fini de planer. C’est sur le plateau de tournage du documentaire À hauteur d’homme, de Jean-Claude Labrecque, que tout a commencé. Afin de suivre Bernard Landry dans une campagne électorale mouvementée, le réalisateur devait avoir du matériel compact qu’il pouvait monter et démonter en un clin d’œil. Remarqués dans les points de presse du chef péquiste par les représentants des médias, les supports de Mylène et Charles ont vite trouvé preneur au Québec. «  Au début, on faisait tout pièce par pièce. Nos employés travaillaient gratuitement parce qu’on n’avait aucun fonds de roulement. On en fabriquait un ou deux pour les vendre sur eBay et racheter du matériel  »,

relate l’ex-caméraman devenue femme d’affaires dégourdie. L’entreprise embryonnaire manquait cruellement de financement quand, après avoir suivi l’évolution des contrats de vente, Lorenzo Haché a décidé de prendre une partie de sa fortune personnelle pour l’investir dans Shape WLB. « Je savais que je pouvais leur faire confiance, c’était des membres de la famille, raconte l’ex-chirurgien originaire du NouveauBrunswick. Mais je savais surtout que Mylène connaissait son milieu. » Une « bibitte bizarre » « Avec ces 75  000  $, on a payé nos employés et acheté du matériel. Mais c’est surtout que ça a donné confiance aux autres investisseurs qui sont venus se greffer au montage financier », soutient Mylène Girard, convaincue que sans cet investissement, les autres partenaires n’auraient pas fait confiance à cette « bibitte bizarre » venue du monde bohème du cinéma. L’ange investisseur s’apprête d’ailleurs à investir une somme supplémentaire dans l’entreprise pour racheter les parts d’un fonds de démarrage qui devrait se retirer sous peu. « Eux-mêmes hésitent à se départir de leurs actions parce qu’ils voient que ça fonctionne bien », affirme Lorenzo Haché, qui patiente sans rechigner, plus inté-ressé à participer au rêve de Mylène et de Charles que par les taux d’intérêt. Les deux créateurs voient aussi beaucoup de potentiel dans leur bouton pressoir breveté, qui permet en un seul mouvement de changer la position des bras sur les supports. Déjà, des compagnies de fabrication allemandes et italiennes ont acheté des droits pour

utiliser la technologie sur leurs trépieds. « Ça pourrait même se vendre dans les milieux militaires, policiers... partout ! », croit Mylène Girard. Mais la partie est loin d’être gagnée. Il faut plus de sous pour développer de nouveaux créneaux, et même pour arriver à satisfaire la demande pour les supports déjà offerts. L’entrepreneure a cessé, après plusieurs tentatives infructueuses, de solliciter du nouveau financement auprès des institutions et des regroupements d’anges financiers. « Je n’ai pas de temps à mettre pour préparer tous les documents qu’ils me demandent, la compagnie roule trop vite pour ça. » L’excaméraman est d’avis que les choses devront changer au Québec si la province souhaite garder ses idées prometteuses sur son territoire. « Il faut plus d’audace ! Je suis persuadée que ça passera par des gens comme Lorenzo, qui ont une fortune personnelle et qui sont prêts à prendre des risques. »

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Antony Crook

pagnie. Elle cherche depuis à convaincre les femmes d’affaires de son réseau de s’engager dans les rangs angéliques. « C’est bien le fun de travailler avec des hommes, rigole-t-elle, mais je trouve que les femmes ne s’investissent pas assez. Il y a encore beaucoup de perles bourrées de compétences à découvrir. » Au-delà du clivage homme-femme, celles qui militent pour plus d’œstrogène chez les anges veulent surtout une plus grande diversité pour prendre


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Partir à la recherche de sources de financement pour votre entreprise, qu’elle soit en phase de démarrage ou d’expansion, est un processus déterminant dans le succès de vos projets. Pourtant le monde du financement des entreprises peut s’avérer complexe. Voici un petit guide pour enfin s’y retrouver.

Les principaux types de financement Chez la plupart des institutions, vous discuterez des options qui suivent. D’abord, le capital de risque qui peut servir à démarrer une entreprise ou à financer des activités à risques élevés. Ensuite, le capital-actions qui est une somme injectée par des investisseurs en échange d’actions. Puis, le prêt proprement dit (ou sa variante, la marge de crédit). Il peut aussi s’agir d’une garantie de prêt qui donne à l’institution prêteuse une garantie de remboursement, et enfin la subvention, une somme que vous n’aurez pas à rembourser. Voici un autre bon tuyau pour votre démarrage : dans chaque région économique du Québec, on trouve un Centre local de développement (CLD) qui peut accorder des prêts (de 25 000 $ à 200 000 $) et des subventions jusqu’à concurrence de 200 000 $ en vertu du Fonds local d’investissement, du Fonds Jeunes Promoteurs et du Fonds d’économie sociale. Ces programmes accordent une large place au démarrage d’entreprise. N’hésitez pas à vous adresser à votre conseiller du CLD. Vous pouvez aussi vous tourner vers les institutions privées comme les banques à charte (prêts aux petites entreprises — PPE) et les coopératives pour un complément de financement. De plus, selon le genre d’entreprise que vous voulez créer, vous pourriez obtenir du capital de risque ou du financement de la part d’investisseurs providentiels.

Attendez-vous à ce que les institutions financières vous réclament une contribution sous forme d’une mise de fonds ou de garanties personnelles. Elles peuvent aussi exiger que vous obteniez la caution d’une autre personne ou institution. Financement public De grandes institutions sont vouées au développement économique au Québec et au Canada. Les plus connues sont la Banque de développement du Canada (BDC) et Investissement Québec (IQ). Le programme Financement PME d’Investissement Québec peut combler les besoins des petites et moyennes entreprises comme les exportateurs, les manufacturiers et les entreprises de services. Le financement intérimaire de crédits d’impôt offre quant à lui la possibilité aux entreprises d’augmenter leurs liquidités à court terme. Investissement Québec propose d’autres plans selon la nature de vos projets. Voici un aperçu de ces fonds dont certains s’appliquent à diverses étapes de développement des affaires : le Fonds d’amélioration de la productivité (au démarrage ou à l’expansion) ; le Fonds de développement de marchés hors Québec (exportation) ; le Fonds de roulement de croissance, etc. Du côté de la BDC Michel Leduc, directeur Centre d’affaires à la BDC, rappelle que celle-ci

fonctionne comme les banques à charte, sauf exceptions, comme le fait que ses coûts sont habituellement plus élevés, qu’elle intervient surtout au long terme, et qu’elle joue un rôle complémentaire à celui des autres partenaires. Elle n’accorde pas de subventions, mais seulement des prêts à terme. C’est ainsi que, souvent, l’entrepreneur cherchera des investissements moins coûteux ou des subventions pour le démarrage et que la BDC interviendra plutôt dans des phases de croissance, dans le réaménagement du plan d’affaires ou dans le refinancement des passifs. De fait, la BDC propose des aides à trois niveaux : le fonds de roulement, qui joue un rôle crucial dans la survie de l’entreprise, et pour l’achat d’équipements ou d’immobiliers. Son autre rôle principal se joue au niveau de la consultation. La BDC ne dispose pas d’enveloppes budgétaires comme chez Investissement Québec ou les CLD dont le principal avantage, indique M. Leduc, se trouve précisément dans la souplesse de leurs programmes, notamment ceux qui offrent des garanties de prêt. Les directeurs de compte de la BDC accordent beaucoup d’importance au ratio des capitaux d’emprunt aux capitaux propres, les capitaux propres étant constitués de liquidités ou d’équipements placés dans la balance par l’entrepreneur, ainsi que de subventions ou de capital-actions incluant le prêt actionnaire, une somme prêtée par l’entrepreneur à sa propre entreprise naissante. au to m n e 2 011 Premières en affaires 11

d o s s i e r finance

Obtenir le bon financement : un processus déterminant


d o s s i e r finance

Le nouvel entrepreneur pourrait aussi s’adresser à des partenaires de la BDC comme les Centres d’aide aux entreprises (CAE), la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs (FCJE) et la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) qui peut accorder un prêt allant jusqu’à 50 000 $, et compléter ensuite en s’adressant à la BDC. M. Leduc cite ainsi l’exemple récent d’une entreprise dont le capital de démarrage de 150 000 $ — et donc le risque — a été partagé en trois parts égales entre l’entrepreneur, la SADC et la BDC, une situation idéale selon M. Leduc. Les programmes canadiens Le gouvernement du Canada se vante d’avoir affecté plus de 20 milliards de dollars à des programmes de financement qui peuvent aller de 1 000 $ à plusieurs millions de dollars en prêts ou subventions. À vous d’en tirer avantage. 2872-RSM-Femme-Premieres.qxd:Layout 2

Ces fonds peuvent servir à l’acquisition de nouveaux équipements ou appareils, à la rénovation, à des formations, à de la publicité ou pour l’embauche de personnel. De ce côté, bonne nouvelle : un grand nombre de sources de financement sont disponibles pour chaque province. Pour le Québec, c’est un bon retour des quelque 50 milliards de dollars d’impôts fédéraux qu’il envoie chaque année à Ottawa. Voici seulement quelques exemples de ces programmes : croissance des entreprises et des régions ; démonstration de technologies vertes ; diversification des collectivités ; entreprises d’économie sociale ; jeunes promoteurs ; appui à la productivité ; soutien au travail autonome, alliance stratégique, etc. Pour découvrir « la totale » des programmes, vous pouvez aller sur le site www.entreprisescanada.ca ou www.subventionspretsentreprise.com. 16/11/10

14:35

Vous y découvrirez les principaux types de financement offerts par le gouvernement canadien. Somme toute, il existe encore beaucoup de ressources pour se lancer en affaires ou prendre de l’expansion. L’important est de ne pas négliger de planifier les démarches et de frapper aux bonnes portes selon les besoins que vous avez identifiés dans votre projet.

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Femme d’affaires ou femme de fer ? Une question de compréhension. RSM Richter Chamberland, un imposant cabinet d’experts-comptables, est fier d’être entouré de femmes d’exception. Que ce soit nos professionnelles, nos clientes ou nos partenaires d’affaires, les femmes de notre réseau sont au cœur de notre succès et c’est pourquoi nous les encourageons dans leur épanouissement professionnel.

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Reportage

la BDC : une institution bancaire dédiée à l’essor des PME canadiennes P a r Ém i l i e B o u r g e t

11 h du matin. Les bureaux de la succursale de Saint-Léonard de la Banque de développement du Canada sont déserts. Une minuscule salle d’attente jouxte un bureau d’où on me salue affablement, avant même que la porte soit refermée. Une question me taraude alors, suis-je bien dans une banque ? La Banque de développement du Canada, ou BDC, ne tient pas de l’institution financière ordinaire : impossible d’en pousser la porte pour y ouvrir un compte tout comme y faire affaire en tant que particulier. La BDC, liée à la couronne canadienne, n’a pour seuls clients que les petits et moyens entrepreneurs. La Banque de développement du Canada agit auprès d’eux avec l’objectif avoué d’aider au lancement et à l’essor des PME canadiennes. La Banque, qui est constituée de plus de 1 900 employés et rassemble 26 000 clients, répartis dans un peu plus de 100 succursales à travers le Canada, a une vocation d’entreprise sociale. Il s’agit de la seule institution bancaire du Canada qui offre à la fois des services de consultation et de financement aux petites et moyennes entreprises. Elle permet à ces entreprises d’accéder à certains services, comme la consultation, qui autrement seraient inaccessibles aux entreprises en démarrage, ou à celles dont le roulement n’égale pas celui des grandes entreprises ayant les moyens de recourir aux grandes firmes. La BDC se veut avant tout à échelle humaine. « Nous voulons offrir un service flexible, qui s’adapte au client qui vient nous voir. Nous traitons chaque dossier au cas par cas, qu’il s’agisse d’une consultation ou d’une demande de financement, afin d’offrir les meilleurs conseils à l’entrepreneur et lui offrir le plus de chance de réussite possible », 14 au to m n e 2 011 Premières en affaires

explique Isabelle Leduc, directrice du centre de l’entrepreneuriat de BDC à Montréal. C’est cette intention de proximité avec l’entrepreneur qui explique le calme des bureaux de la BDC. « Les directeurs de comptes sont sur la route. Ils vont directement visiter nos clients à leur entreprise. Non seulement c’est un gain de temps appréciable pour les entrepreneurs, mais cela nous permet aussi de bien connaître les entreprises de nos clients et mieux comprendre leurs besoins », précise-t-elle.

actuel. La proactivité de l’entrepreneur est aussi considérée. « Si l’entrepreneur a déjà entrepris des démarches pour établir des ententes ou s’il a commencé à étudier le marché, on sera plus à même de constater son sérieux et d’accorder le prêt », explique Isabelle Leduc. Si ces facteurs sont réunis, la BDC consentira au prêt, même si ce dernier s’avère risqué. « Nous nous assurons que le prêt soit offert pour un projet viable ; toutefois nous ne mettons pas l’accent sur le retour, puisque notre but est d’aider l’entrepreneur », assure Mme Leduc.

Le prêt flexible Ménage à trois Les petits et moyens entrepreneurs peuvent bénéficier d’un financement à long terme, que ce soit pour l’achat immobilier, l’achat ou le renouvellement d’équipement ou même le financement d’une démarche qui accroîtrait la valeur de l’entreprise. « Nous nous distinguons, car nous manifestons beaucoup de souplesse », affirme Mme Leduc. « Nous offrons un financement plus généreux que les autres institutions, afin que les entrepreneurs puissent conserver un fonds de roulement et nous permettons aussi d’amortir les prêts sur des périodes assez longues », souligne-t-elle. Mais le principal avantage du service de financement de la BDC est la flexibilité dont il fait preuve, selon la directrice du centre de l’entrepreneuriat : « On regarde la capacité de l’entreprise, puis on adapte la formule à ses besoins. On donne aussi congé de capital initial et le remboursement du prêt se fait uniquement sur le fruit du projet. » Les prêts se veulent accessibles. Lorsqu’un prêt est demandé, le service de financement procède à une étude du projet soumis. Le projet doit être jugé viable, rentable et adapté au marché

La relation entre la BDC et ses clients n’est toutefois pas exclusive. Pour recourir au financement de la BDC, il faut que le client possède au moins un compte bancaire commercial dans une banque à charte, ainsi qu’une marge de crédit. Mme Leduc estime que le client, sa banque à charte et la BDC agissent comme des partenaires d’affaires. Si tous les acteurs s’orientent vers la réussite de la PME de l’entrepreneur, la BDC agit parfois comme médiateur entre son client et la banque à charte. « Par exemple, si le client a besoin d’une marge de crédit plus élevée pour un projet, une banque pourrait le lui refuser s’il la lui demandait simplement. Par contre, si nous estimons effectivement que l’entrepreneur pourrait bénéficier d’une marge de crédit plus grande pour accomplir son plan d’affaires ou rendre son entreprise plus prospère, la BDC peut intercéder auprès de la banque à charte. Comme nous nous assurons que tout est viable et bien planifié, les banquiers sont plus enclins à nous faire confiance et l’entrepreneur a donc plus de chance d’obtenir ce dont il a besoin »,


Le seul service conseil des PME canadiennes Les services conseils sont tout aussi adaptés aux entreprises concernées que les services de financement. « Notre but est de cerner les besoins réels de l’entrepreneur, de jauger l’état véritable de son entreprise, puis à réaliser ses projets », explique Mme Descarreaux. Pour cela, l’entrepreneur rencontre un directeur régional de consultation. Les directeurs régionaux possèdent une grande expérience, il leur est donc plus facile d’identifier les besoins des entrepreneurs. Ensuite, ce directeur régional

fait une offre de service à l’entrepreneur, et le réfère à un consultant, spécialiste ou généraliste, selon le mandat requis. « La consultation sert, d’abord et avant tout, à aider l’entrepreneur à bien investir », explique Isabelle Descarreaux. Le service conseil se veut aussi adapté aux besoins des clients. S’il n’est offert que dans 60 centres, il demeure néanmoins accessible aux entrepreneurs qui proviennent de régions éloignées. « Par exemple, si un client vit à RouynNoranda, il n’a pas à se déplacer dans une ville éloignée de la sienne pour recevoir des services conseils : nous nous rendons accessibles aux entreprises canadiennes, et en cela la technologie est d’une grande aide. Nous cherchons à minimiser les coûts qu’il aura à défrayer en recourant à la vidéo ou à la téléconférence. », assure Mme Descarreaux. La BDC fournit aussi un soutien aux entrepreneurs qui désirent démarrer leur entreprise. « Nous soutenons leurs démarches et évaluons leur plan d’affaires. Mais aussi, nous leur exposons toutes les avenues possibles, auxquelles on ne pense pas systématiquement, comme l’achat d’une entreprise déjà existante », explique Mme Leduc.

Sans prétendre fournir la réussite clef en main, Mme Leduc souligne, non sans fierté, que « selon une étude de Statistique Canada, les entrepreneurs clients de la BDC ont des revenus 26,8 fois supérieurs aux entrepreneurs canadiens qui ne le sont pas, et ceux qui recourent au service de consultation gagnent 59,3 % de plus que les entreprises similaires non-clientes. » Malgré le succès du service conseil de la BDC, Mme Descarreaux nuance : « Nous rencontrons une certaine réticence. Les entrepreneurs sont souvent des gens très autonomes, indépendants, frileux à l’idée de recevoir des conseils et réticents à l’idée de demander de l’assistance. » Mais la plupart des entrepreneurs qui recourent à la BDC y reviennent. « Les entrepreneurs profitent du regard extérieur d’un consultant, qui peut avoir une vue d’ensemble de la PME et qui peut apporter les solutions les mieux adaptées, puisqu’il connaît aussi ce qui se fait ailleurs et à quoi ressemble le marché », souligne toutefois la directrice nationale, Stratégie de consultation de la BDC. La crise économique a d’ailleurs poussé les entrepreneurs à recourir aux services conseils, afin de s’assurer de la pérennité

L’édifice de la Banque de Développement du Canada, à Montréal. au to m n e 2 011 Premières en affaires 15

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raconte Isabelle Leduc. Les entrepreneurs qui recourent à la BDC peuvent aussi compter sur la présence d’un service conseil dans 60 de la centaine de centres d’affaires. Les besoins en service conseil des entreprises sont aussi variés que les entreprises elles-mêmes. « La planification et la gestion d’entreprise, l’innovation ou la gestion des ressources humaines sont les secteurs les plus prisés du service conseil », affirme Isabelle Descarreaux, directrice nationale, Stratégie de consultation de la BDC.


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de leur entreprise, malgré la précarisation de la situation économique. Mme Descarreaux évoque le cas d’une entreprise frappée par la récession, spécialisée dans les moules et prototypes : « Nous voyions que notre client voulait rentabiliser son entreprise, et comme il était durement touché par la crise il a fait appel à nous. Nous avons identifié les points sur lesquels nous devions travailler, puis, grâce au plan proposé et à sa mise en œuvre, l’entrepreneur a fait passer ses profits de - 10 % à + 10 %. » Deux services en symbiose Les services de consultation et de financement de la Banque de développement du Canada ne sont pas coupés l’un de l’autre, bien au contraire. « L’entrepreneur peut bénéficier des deux services, qui travaillent main dans la main », mentionne Isabelle Descarreaux. Isabelle Leduc, du service de financement, corrobore par ailleurs son propos : « Si nous en sentons le besoin, nous

recommandons un entrepreneur au service conseil, et le service conseil en fait autant avec le service de financement ». Le recours à l’un n’est pas conditionnel au recours à l’autre, le tout demeurant à la discrétion de l’entrepreneur. Plusieurs entreprises ont été aidées dans leur croissance par l’ensemble des services de la BDC, mais l’aide ne se limite pas seulement à la croissance. Isabelle Descarreaux évoque l’exemple d’une entreprise trentenaire, spécialiste de l’énergie renouvelable et de l’efficacité énergétique : « Avec tout le buzz sur l’efficacité énergétique, ils ont dû recruter beaucoup de ressources humaines, très rapidement. Nous sommes passés en mode coaching pour soutenir la croissance de l’entreprise, maintenant qu’elle était bien lancée, et dotée d’un certain succès. Avec la nouvelle structure organisationnelle proposée il y a trois ans, ils ont réalisé une croissance de 100 % au niveau du revenu et du recrutement. Ce que nous voulons, c’est épauler l’entrepreneur, lui apprendre à pêcher plutôt que lui offrir du poisson.

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Ce qu’on veut, c’est que l’entrepreneur réalise pleinement ses projets ; on ne peut qu’espérer son autonomie. » Mme Descarreaux se prend à souhaiter que les entreprises qui recourent aux services de la BDC prennent tant d’expansion qu’elles deviennent de grandes entreprises inéligibles à leurs services, ou des entreprises parfaitement autonomes. Abstraction faite de la grande entreprise, Isabelle Leduc tient mordicus à ce que « tous les entrepreneurs soient traités avec les mêmes égards, peu importe la taille de leur entreprise, car chaque entrepreneur est important. »

2/16/2011

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The Catalyst Canada Honours MARDI 18 OCTOBRE 2011

Celebrating Champions of Women in Business

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The Fairmont Royal York Toronto, Ontario

Catalyst est fière d’accorder une reconnaissance à trois dirigeants dont l’engagement personnel pour l’avancement des femmes est exceptionnel.

Président du dîner Bill Downe

Président et chef de la direction, BMO Groupe financier

Veuillez vous joindre à nous lors du dîner annuel des Prix honorifiques de Catalyst Canada et ainsi démontrer votre engagement envers les femmes en affaires, en commanditant une table.

Conférenciers

Deborah Gillis

Première vice-présidente, Services aux membres et opérations internationales, Catalyst

Champions 2011 Dirigeant de société ou d’entreprise

Dirigeant d’entreprise

Monique F. Leroux

Présidente du conseil et chef de la direction du Mouvement des caisses Desjardins 12392_Annonce_T-Ressources_Bleu.pdf

Jennifer Tory

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Président et chef de la direction, Banque Scotia Président, Conseil consultatif de Catalyst Canada

Michael Bach

Présidente régionale, région du grand Toronto, RBC

Directeur, Diversité, équité et inclusion, KPMG LLP

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micro-crédit : miser sur les femmes et sauver le monde Pa r G u i l l a u m e C. L e m é e

QU’EST-CE QUE LE MICRO-CRÉDIT ?

Yunus Center

Dit avec le plus de simplicité possible, « l’activité de micro-crédit consiste généralement en l’attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs ou à des artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques. » Pour les besoins de la cause, nous avons demandé au professeur Sylvain Dessy, spécialiste en économie sociale de l’Université Laval à Québec, de faire le point avec nous sur ce sujet qu’il connaît très bien puisqu’il en a fait l’objet de ses recherches. Celui-ci est catégorique : ce sont les femmes qui sont principalement visées par ces mesures.

monde. Dans des pays d’Amérique du Sud, comme la Bolivie et le Pérou, ou des pays asiatiques, comme l’Inde et le Pakistan, en passant par l’Afrique, le micro-crédit s’est mis à pulluler partout dans le monde où il y avait des femmes et de la pauvreté. Même chez nous, en pays industrialisé, et surtout dans les communautés de femmes immigrées à revenus modestes, le micro-crédit aide de plus en plus d’entrepreneurs à se lancer en affaires ; des gens qui ne trouveraient normalement aucun appui auprès des institutions bancaires traditionnelles. Ce que l’on appelle « crédit communautaire » au Québec n’est pas réservé exclusivement aux femmes bien que ce soit surtout elles qui en bénéficient. L’œuvre de Yunus a inspiré les Nations Unies qui ont décrété 2005 l’Année internationale du microcrédit. Le 13 octobre 2006, Muhammad Yunus et la Grameen Bank recevaient conjointement le prix Nobel de la paix. LES FEMMES DANS LE MONDE

Muhammad Yunus entouré des femmes bénéficiaires de la Grameen Bank.

UN PEU D’HISTOIRE C’est à un homme surnommé le « banquier des pauvres » que l’on doit le concept de microcrédit. En effet, Muhammad Yunus, professeur et entrepreneur bangladais, a fondé la première institution de micro-crédit en 1983, la Grameen Bank, afin de venir en aide aux veuves bangladaises incapables d’hériter de leur défunt mari. Ces femmes, dépourvues d’enfant mâle pour succéder à leur conjoint (les femmes ne pouvant s’enrichir au Bangladesh), se voyaient retirer par la loi tout l’argent de leur ménage et étaient jetées à la rue. Ainsi, grâce à l’attribution de petits prêts bancaires, ces femmes souvent habiles de leurs mains ont pu subvenir à leurs besoins en se lançant en affaires, par exemple dans la conception et la vente d’objets artisanaux ou de nourriture préparée. Rapidement, l’idée a fait le tour du 18 au to m n e 2 011 Premières en affaires

Si l’équilibre entre les sexes a pratiquement été atteint au Canada et en Occident en général, ce n’est vrai que pour une minorité de la population mondiale. Pour la plupart des pays en développement, la place de la femme est on ne peut plus précaire, que ce soit pour des raisons religieuses ou simplement traditionnelles. Exclues du marché de l’emploi de même que du crédit formel, ces femmes doivent souvent faire vivre leur mari et leurs enfants. Selon les critères bancaires, elles sont insolvables. Mais, toutes les statistiques les décrivent comme de bonnes payeuses, des entrepreneures futées et des femmes d’affaires à succès. Ici intervient le micro-crédit. « Avant, explique M. Dessy, aucun soutien supplémentaire n’était donné. On attribuait un micro-prêt à une femme qui donnait ensuite l’argent à son mari qui lui, la dépensait sans même songer un jour à rembourser la somme. Or, à cause du micro-crédit, les femmes s’appauvrissaient. Aujourd’hui, cela a changé. Un organisme va non


LA FEMME : UN CHEMIN SÛR VERS LA FAMILLE Dans les pays en voie de développement, les hommes ne font malheureusement pas belle figure quand vient le temps de travailler à la survivance de leur famille. Que ce soit en Inde, au Bangladesh, en Bolivie ou au Congo, ce sont les femmes qui travaillent fort à la survivance des leurs et au bien-être de leurs enfants. Quand elles s’enrichissent, c’est le niveau de vie de la famille qui s’accroît, l’éducation des enfants qui s’améliore et c’est donc indirectement toute la communauté qui s’enrichit. Avec elles en tête, c’est le plancher social tout entier qui remonte.

Le Studio Pure Couleur : Un succès bien de chez-nous Chantale Corbeil du Studio Pure Couleur à Rosemère, un salon de coiffure qui est aussi salon de beauté et académie de maquillage, nous parle du « premier et seul prêt officiel » qu’elle a obtenu pour démarrer son entreprise : 5 000 $ de l’organisme Fonds communautaire d’accès au micro-crédit! (FCAMC) « C’est un très petit prêt, bien sûr; même pas le cinquième du montant de départ ! Aucune banque n’a voulu me prêter, malheureusement. Ce sont mes parents qui ont fourni le reste. Toutefois, au FCAMC j’ai trouvé des gens incroyables qui m’ont guidée, qui ont cru en moi… Je pense entre autres à madame Danyelle Roy, coordonnatrice en développement des affaires. Elle m’a régulièrement envoyé diverses suggestions d’ateliers, de conférences ou de formations pour m’aider… Et ça fonctionne ! »

NOTRE ÉQUIPE AU FÉMININ : Geneviève Allen Lise Bergeron Marie-Hélène Bétournay Émilie Bilodeau Catherine Cloutier Geneviève Cotnam Karine Dionne Sylvie Drouin Vicky Drouin Dominique E. Gagné Marie-Paule Gagnon Hon. Paule Gauthier Rady Khuong Catherine Langlois Anne-Julie Lapointe Sophie Martin Maud Rivard Odette St-Laurent

Responsabilité civile et assurance Litige et Immobilier Responsabilité civile et assurance Responsabilité civile et assurance Droit du travail et assurance Responsabilité civile et assurance Litige et Immobilier Notaire Transactionnel et Valeurs mobilières Droit de la santé et Responsabilité civile Droit de la santé et Litige commercial Arbitre et Médiatrice en commerce international et sport Travail, Emploi et Accès à l'information Droit corporatif et commercial Financement et Transactionnel Fiscalité Responsabilité civile et assurance Transactionnel et Valeurs mobilières

Édifice Stein Monast 70, rue Dalhousie, bureau 300 Québec QC G1K 4B2 T 418.529.6531 F 418.523.5391 www.steinmonast.ca

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seulement garantir le prêt, mais va aussi encadrer les femmes dans leur démarche en les aidant à s’ouvrir un compte de banque, à mettre sur pied l’entreprise de même qu’à en comprendre et en maîtriser la gestion. Dans certains pays, par contre, c’est presque impossible d’implanter de telles mesures sans avoir recours à une réforme culturelle totale. Tant et aussi longtemps qu’une femme ne peut pas légalement être maître de ses finances, il est difficile de changer les choses. Le micro-crédit existe pour faire ressortir la capacité de gestion des femmes en les éduquant par le biais d’organisme-guides et en les présentant comme des entrepreneures à succès. »


EDMÉE MÉTIVIER Vice-présidente exécutive , Financement et Consultation Banque de développement du CanadA

Une banquière de CLASSE

A banker with CLASS

« J’ai trouvé ma passion avec la BDC. C’est rallier mon côté humain qui aime s’investir dans une cause et le métier de banquier d’affaires. » “I’ve found my passion with the BDC. It combines my desire to invest in a cause with the investment banker in me.”

Pa r M i c h è l e B o i s v e r t Photo : SPG Le Pigeon / studiospg.com Maquillage : Jennifer Dionne Coiffure : Katherine Dionne / Oblic Laval Styliste : Marie-France Tremblay / Loft Zenobia


PHOTOS : ALEXANDRE CHABOT

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e dois comprendre autant l’individu que je dois comprendre la business. » « Le statu quo n’a jamais été une option. Pourquoi pas, c’est la question qu’on doit se poser continuellement. Le pourquoi pas m’a fait changer d’organisation, le pourquoi pas m’a fait prendre une entreprise qui n’est pas standard, le pourquoi pas me fait également réfléchir sur la prochaine étape de ma vie. » Début août, sous un soleil de plomb, le rendezvous est fixé au centre-ville. Edmée Métivier nous reçoit, Place Ville-Marie, dans les bureaux de la Banque de développement du Canada, la BDC, où elle occupe le poste de vice-présidente exécutive, Financement et consultation depuis sept ans. Impeccable dans son tailleur crème, elle parle d’une voix calme et posée. Elle projette l’image du banquier en contrôle, à la limite de la froideur. Mais au fil de l’entrevue, cette femme se révèle à la fois timide et discrète, tout en étant déterminée et résolument passionnée. « J’ai passé 33 ans avec les entrepreneurs. Je ne suis pas n’importe quelle sorte de banquier. Je suis un banquier d’affaires, j’ai toujours été dans le domaine du financement de l’entrepreneuriat. J’aime l’entrepreneur pour l’esprit qu’il a. J’ai toujours eu beaucoup d’affinités avec les entrepreneurs, parce que chacun d’entre eux m’a apporté une vision différente de la vie. Et c’est ce qui est fascinant, car il y a une histoire avec chacun d’entre eux. Le rôle de banquier d’affaires est de regarder où est l’entrepreneur et de se demander

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“The status quo was never an option. We should always ask ourselves: why not? This Why not? is what led me to change employers, and why I chose a non-standard organization. Asking myself Why not? is what led me to think about the next phase of my life.” It is early August under a blazing sun, and our meeting downtown is set. Edmée Métivier greets us at Place VilleMarie in the offices of the Business Development Bank of Canada, or BDC, where she is Executive Vice-President, Financing and Consulting, a position she has held for seven years. She is impeccably dressed in a cream-coloured suit, and her voice is both calm and crystal clear. She projects the image of a banker in full control, bordering even on coolness. But as the interview got underway, she came across as timid and discrete, as well as determined and very passionate about what she does. “I’ve been dealing with entrepreneurs for 33 years. I’m not just any kind of banker, I’m a business banker, and I’ve always worked to finance entrepreneurship. I love entrepreneurs for their spirit. I’ve always had a soft spot for them, because every one of them has a different view of life that they share with me. And that’s what is fascinating, because each entrepreneur has a story to tell. The role of a business banker is to see where the entrepreneur is, and ask, ‘Can I help him in his next step?’ I have to understand the individual and his business to the same degree. If both of these elements collide, it’s wonderful.” Despite her undeniable passion for her profession, this is not a career that Edmée Metivier would have chosen earlier on. She’ll tell you that being a business banker was


not something she imagined at 16. “I have to say that opportunity is why I’m a business banker today, not because of any choice I made. I saw the opportunity, and I also saw all the advantages this could bring to my life, and that’s how I got my start in this profession.” Edmée Métivier embarked on her career at the Royal Bank. In 1978, she was an account manager for corporate financing, the only female account manager in Quebec at the time. She stayed with the Royal Bank for just over 20 years, and left this substantial financial institution 11 years ago to join the ranks of the BDC. “I learned about my profession at the Royal Bank, but I found my passion at the BDC, and that’s a very different thing. The BDC is an institution with a mandate; it doesn’t strive just to see a return on equity. Its mandate is to promote entrepreneurship in Canada and help entrepreneurs grow. That is what I am passionate about, to be able to have a leveraging effect on the market. In the end, it’s about rallying the human aspect of my personality, investing in a cause, and using the business banker part of me to make it happen. When both of these conditions rallied together, it was extraordinary for me.”

« On n’a pas suffisamment d’entrepreneurs qui ont le goût de se redéfinir, d’avoir un succès qui dépasse les frontières canadiennes. Ça fait déjà dix ans qu’on en parle, il va falloir y arriver. » Scruter la conjoncture À titre de vice-présidente exécutive, Financement et consultation, Mme Métivier doit constamment prendre le pouls de l’économie canadienne. Elle sillonne régulièrement le pays afin qu’elle et son équipe puissent répondre aux besoins des entrepreneurs. Elle est particulièrement fière du boulot effectué au cours de la dernière récession. L’équipe des services de financement de la BDC a battu des records historiques en termes de prêts consentis en 2009. « Durant la récession, on a travaillé de concert avec les institutions financières de façon à s’assurer qu’il y avait suffisamment de liquidités pour être capable de répondre aux demandes des entrepreneurs, des demandes qui se sont

Scrutinizing market conditions As Executive Vice-President, Financing and Consulting, Mrs. Métivier has to constantly keep her finger on the pulse of Canada’s economy. She regularly criss-crosses the country so that she and her team can continually respond to entrepreneurs’ needs. She is particularly proud of the work done during the last recession. In 2009, the BDC’s financing team beat historical records in terms of the number of loans granted. “During the recession, we worked together with the financial institutions to make sure there were sufficient liquidities to meet the demand of entrepreneurs, which skyrocketed from 50% to 100%. Our troops all mobilized around the same cause, supporting Canada’s entrepreneurs. Everybody worked a phenomenal number of hours—it was an extraordinary period.” au to m n e 2 011 Premières en affaires 23

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si je peux l’accompagner dans la prochaine étape ? Je dois donc comprendre autant l’individu que je dois comprendre la business. Si on est capable de marier les deux, c’est extraordinaire. » Malgré l’intérêt indéniable qu’elle porte aujourd’hui à son métier, Edmée Métivier ne l’avait pas vraiment souhaité. Ce n’était pas ce qu’elle avait imaginé lorsqu’elle avait 16 ans, confiera-telle. « Je vous dirais que je suis arrivée comme banquier d’affaires par opportunité et non par choix. J’y ai vu l’opportunité, j’y ai également vu tous les avantages que ça pouvait apporter à ma vie et c’est de cette façon que j’ai commencé mon métier. » C’est à la Banque Royale qu’Edmée Métivier amorce sa carrière. En 1978, elle est directrice de comptes en financement d’entreprises, la seule directrice de comptes au Québec. Elle restera au service de la Royale pendant un peu plus de 20 ans. Elle quittera cette importante institution financière pour rallier les rangs de la BDC, il y a de cela 11 ans. « J’ai appris mon métier avec la Banque Royale, mais j’ai trouvé ma passion avec la BDC, et ça c’est très différent. La BDC est une institution qui a un mandat, qui ne travaille pas uniquement pour le retour sur l’équité. Elle a un mandat qui est de promouvoir l’entrepreneuriat au Canada et d’aider les entrepreneurs à croître. Ça, c’est ma passion, d’être capable d’avoir un effet de levier sur le marché. C’est, dans le fond, de rallier le côté humain d’Edmée Métivier qui aime s’investir dans une cause et le côté métier de banquier d’affaires. De rallier ça ensemble, pour moi, c’était extraordinaire. »


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multipliées de 50 % à 100 %. Tous nos gens se sont mobilisés autour d’une même cause, soit soutenir les entrepreneurs canadiens. Tout le monde a travaillé des heures phénoménales et j’ai trouvé ça une période extraordinaire. » À peine sortie de la dernière récession, l’économie mondiale donne à nouveau des signes inquiétants d’essoufflement. L’économie américaine peine à se relever, l’Europe s’embourbe dans la crise de la dette souveraine, pendant que les pays du Moyen-Orient s’embrasent. La précarité de l’économie mondiale préoccupe évidemment notre banquière. Edmée Métivier surveille de près les signes avant-coureurs d’une possible rechute de l’économie de nos voisins du Sud et, si tel était le cas, quel en serait l’impact sur la nôtre. Elle est inquiète évidemment, mais nullement démunie face à l’éventualité d’affronter une nouvelle crise.

Just barely out of the last recession, the global economy is already showing worrisome signs that it is running out of steam. The U.S. economy is struggling to recover, Europe is mired in a sovereign debt crisis while unrest is unsettling the Middle East. The precariousness of the global economy is clearly on our business banker’s mind. Edmée Métivier is watching for telltale signs that our neighbours to the south will slip into another recession, and gauging the impact this would have on our economy should it happen. She is obviously concerned, but the prospect of being plunged into a new crisis does little to counter her resolve.

« J’ai toujours eu beaucoup d’affinités avec les entrepreneurs, parce que chacun d’entre eux m’a apporté une vision différente de la vie. » « On vient de sortir de la crise de liquidités, ça fait 18 mois à peine. On n’a pas oublié les leçons apprises en 2008-2009 et on est bien préparé si jamais on retombait en récession. L’organisation a bien répondu la dernière fois, il n’y a aucune raison qu’on ne réponde pas aussi efficacement pour la prochaine. Si on avait à accélérer le soutien aux entrepreneurs, on serait capable de le faire rapidement. » Alors qu’Edmée Métivier scrute l’horizon économique avec une certaine appréhension, elle a également un oeil soucieux sur un problème plus fondamental pour l’avenir de l’économie canadienne. Comme plusieurs spécialistes de la question, elle s’inquiète du faible bassin d’entrepreneurs au pays, et surtout du manque d’enthousiasme qu’affichent les plus jeunes à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Cette réticence s’explique en partie, selon elle, par un trait de personnalité propre aux Canadiens. « Vous savez, les Canadiens ne sont pas portés à se vanter. Nous sommes des égalitaires, nous aimons que tout le monde soit sur le même pied d’égalité. Mais l’entrepreneur n’est pas une personne ordinaire, donc ça devrait être une personne qu’on reconnaît pour son apport à l’économie canadienne. On devrait célébrer le succès des entreprises canadiennes, ce qu’on ne fait pas de façon générale. C’est dommage parce qu’on manque d’entrepreneurs qui ont réussi et qui sont prêts à se réinvestir dans une autre entreprise. On n’a pas suffisamment d’entrepreneurs qui ont le goût de se redéfinir, d’avoir un succès qui dépasse les frontières canadiennes. Ça fait déjà dix ans qu’on en parle, il va falloir y arriver. 24 au to m n e 2 011 Premières en affaires

“We’ve just come out of a cash crisis, it’s been barely 18 months. We haven’t forgotten the lessons learned in 2008 and 2009, and we’re well prepared should we slip back into recession. This organization responded well the last time, there is no reason to think we won’t react as efficiently the next time. If we had to ramp up our support for entrepreneurs, we would be able to do so quickly.” While Edmée Métivier scans the economic landscape with some apprehension, she’s also keeping a keen eye on a more fundamental problem undermining the future of Canada’s economy. As many specialists looking into the question have also stated, she is concerned about the small pool of entrepreneurs in Canada, and especially the lack of enthusiasm among young people to heed the call of the entrepreneurial adventure. This reluctance is partly explained, she believes, by a personality trait specific to Canadians. “You know, Canadians are not known to toot their own horns. We are egalitarian, we like the fact that everyone is on the same equal footing. However entrepreneurs are not your average people and they should be recognized for the contributions they make to the Canadian economy. We should celebrate the success achieved by Canadian companies, which we don’t, on a wide scale. It’s too bad, because we don’t have enough successful entrepreneurs ready to reinvest themselves in another company. We don’t have enough entrepreneurs with a burning need to redefine themselves, to reach a level of success that goes beyond Canada’s borders. We’ve been talking about this for 10 years, and we’re going to have to get there.”


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L’inévitable globalisation Dépasser les frontières canadiennes, sortir de sa zone de confort ont été de tout temps des moteurs pour Edmée Métivier. Étudiante, elle avait déjà le goût de l’aventure et de voir ce qui se passait au-delà de la frontière. C’est ainsi qu’elle s’est inscrite à un programme de maîtrise qui l’a amenée dans cinq universités différentes un peu partout dans le monde, soit au Canada, en Angleterre, en France, au Japon et en Inde. « Cela m’a permis de réaliser qu’on est très insulaire au Canada en général, et les Québécois encore plus. Il faut sortir de son enveloppe et être capable de se définir de façon beaucoup plus internationale pour le futur. Je regarde mes filles, elles sont globales ; je les trouve extraordinaires. J’en ai une actuellement au Costa Rica et qui apprend l’espagnol, j’en ai une autre qui travaille pour une compagnie internationale. Il faut rendre accessible cet esprit global à un plus grand nombre que juste l’élite ou un petit groupe. » Impossible de parler de globalisation sans aborder le sujet de la Chine, ce pays qui, en quelques années, s’est hissé au deuxième rang des puissances économiques mondiales. Elle déplore ce qu’elle décrit comme une certaine complaisance des Canadiens. « Le Canada a tout à perdre dans tout ça. On a été un pays développé pendant des décennies, innovateur à bien des égards. Pour être en mesure de préserver ce statut, il faudra travailler fort dans la prochaine décennie. On a bien travaillé, mais pas autant que la Chine. Pour eux, c’est une question de survie, pour nous pas encore et c’est

Globalization is inevitable Reaching beyond Canada’s borders and getting out of her comfort zone were always Edmée Métivier’s main motivators. As a student, she already had the taste for adventure, a desire to see what was going on outside of Canada. This need to leave her home base for a while led her to apply for a master’s program that saw her attend five different universities worldwide: in Canada, England, France, Japan and India. “This experience made me realize just how isolated we are in Canada, and even more so in Quebec. We have to get out of our home base and be able to define ourselves in a much more international way going forward. I look at my daughters, they are so worldly, I think they are extraordinary! One of them is in Costa Rica learning Spanish right now, and my other one works for an international company. We have to make sure more people—not just a small group of people or the elite—have access to this international spirit.” It’s impossible to talk about globalization without discussing China, a country that now ranks second among the world’s most powerful economies. She regrets what she describes as the complacency of Canadians. “Canada has everything to lose in it. We’ve been a developed country for decades and innovative on many levels. If we want to be able to preserve this status, we’re going to have to work hard over the next ten years. We have worked well, but not as well as China. It’s a question of survival for them, but it isn’t for us yet, and that’s where the difference lies. My concern is seeing Canada’s importance as an economically developed country decline. And this same risk is hovering over North America as a whole.”

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ça la différence. Ma préoccupation, c’est de voir le Canada diminuer en importance comme pays économiquement développé et c’est au fond le risque de l’Amérique du Nord dans son entier. » Afin de ne pas rater le train chinois, Mme Métivier est convaincue que les entreprises canadiennes doivent avoir une stratégie pour pénétrer ce marché en pleine expansion. Elle est cependant consciente du rôle que doivent jouer à cet égard des institutions comme la BDC. « On a des entreprises qui ont des ressources financières limitées au Canada, parce que nous sommes un pays de petites entreprises. La petite entreprise n’a pas les mêmes moyens qu’un Bombardier par exemple. C’est là que comme pays il faudra mettre en place une plus grande capacité pour aider nos PME à s’internationaliser. Il faut le faire avec des réseaux différents que ceux développés par les grandes entreprises, car ce ne sont pas les mêmes réseaux. Par exemple, la BDC est une banque de développement, peut-elle s’associer à d’autres comme elle à travers le monde ? Absolument, c’est le travail qu’on est en train de faire. Il faut structurer maintenant des réseaux pour les petites entreprises. »

To make sure we don’t miss the Chinese boat Mrs. Métivier is convinced that Canada’s companies have to adopt a strategy to penetrate this market that is in full expansion mode. She is aware, however, of the pivotal role that must be played by institutions like the BDC. “We have companies in Canada with limited financial resources, because we’re a country of small businesses. Small businesses do not have the same means as, let’s say, a company like Bombardier has, for example. As a country, this is where we have to develop a greater capacity to help our small-to-mid-sized businesses extend their reach beyond our borders. And we have to do so using different networks than those developed by big corporations. For example, the BDC is a development bank. As such, can it join forces with other similar banks around the world? Absolutely, and that’s what we’re doing right now. The networks have to be structured to support small businesses.”

« On devrait célébrer le succès des entreprises canadiennes, ce qu’on ne fait pas de façon générale. » Se définir soi-même Ces réseaux, ce seront d’autres qu’Edmée Métivier qui les développeront. Notre banquière s’apprête à tirer sa révérence. Elle vient en effet d’annoncer à ses patrons qu’elle quittera la BDC à la fin octobre. Âgée de 59 ans, cette femme ne songe cependant pas encore à la retraite. « Il y a plusieurs opportunités qui s’offrent à moi. Je vous dirais cependant que ce que j’aimerais faire pour la prochaine décennie, c’est de prendre tout mon talent et de l’amener dans un domaine comme la philanthropie. Ça, c’est ce que je suis en train de considérer en ce moment. » Élevée dans une famille de six enfants, quatre filles et deux garçons, Edmée Métivier nous explique que son sens aigu des valeurs lui vient de ses parents. Des gens qui se faisaient un point d’honneur d’avoir le courage de leurs convictions. Des parents qui ont constamment répété à leurs enfants de ne jamais se laisser définir par les autres, mais de se définir eux-mêmes. « Ça, c’est très difficile, parce que pour se définir soi-même, il faut avoir le courage de se regarder réellement. Et ce courage, il faut y avoir recours à plusieurs reprises dans sa vie. Et c’est encore plus difficile pour nous les femmes. On est tellement occupées par tout ce qui se passe autour de nous, par exemple nos enfants, qu’on s’oublie soi-même et qu’on risque de se perdre de vue. » 26 au to m n e 2 011 Premières en affaires

Defining oneself But these networks will have to be developed by people other than Edmée Métivier. Our business banker is getting ready to bow out. She recently told her bosses that she will be leaving the BDC at the end of October. At 59 years old, this businesswoman is not thinking about retiring just yet. “I have several opportunities to consider. However, I can say that for the next 10 years, I would like to make use of the best of my talent in an area like philanthropy. That is what I feel drawn to right now.” Raised in a family of six children (four daughters and two sons), Edmée Métivier explains that her parents imparted their acute sense of values on her. Her parents were people who viewed having the courage of your convictions as a point of pride. They constantly told their children never to let anyone else define who they were, and that they should define themselves. “That is very difficult. In order to define yourself, you have to have the courage to take a good look at who you are. You have to tap into this type of courage more than once in life. And it is even tougher for women. We are so busy with everything going on around us, our kids for example, that we sometimes forget ourselves... that sometimes we can even lose sight of ourselves.” While she gets ready to leave the financial sector, Edmée Métivier has three bits of advice for young women who would like to follow in her footsteps, the same advice she has given to her two daughters.


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« ce que j’aimerais faire pour la prochaine décennie, c’est de prendre tout mon talent et de l’amener dans un domaine comme la philanthropie. » Alors qu’elle s’apprête à quitter le secteur financier, Edmée Métivier a essentiellement trois conseils à donner aux jeunes femmes qui voudraient suivre ses traces, les mêmes qu’elle donne d’ailleurs à ses deux filles. « Ayez l’indépendance intellectuelle et émotionnelle - les deux - parce que la capacité intellectuelle de se définir soi-même est une chose, mais encore faut-il être capable de le vivre. Ensuite, ayez de grands rêves et ces rêves-là ne doivent jamais s’achever. Et enfin, soyez capable d’accepter qu’il y aura des périodes où vous aurez l’impression que vous serez en train de mourir et soyez capable de vous redéfinir à partir de ça. » Edmée Métivier fait une courte pause et plonge. Cette femme discrète, qui nous avait avoué en début d’entrevue sa grande réticence à accorder une entrevue portant sur elle, nous parlera, les larmes dans les yeux, du décès de sa sœur alors qu’elle n’avait que 49 ans. « On a tous des moments difficiles et on aurait pu se laisser aller dans ces moments-là. Pour moi, c’était inacceptable qu’une femme de 49 ans disparaisse comme ça. Ça m’a permis de redéfinir des objectifs de vie, de redéfinir des objectifs familiaux, de redéfinir qui est Edmée Métivier. Je suis une personne qui aime mieux regarder l’aspect positif que négatif, ça toujours été ma force. Au milieu de toutes les difficultés qu’on peut avoir, il faut être capable de voir l’opportunité. Ça, ce n’est pas facile. Mais, c’est cet état d’esprit qu’il ne faut jamais perdre de vue. »

“Be independent, intellectually and emotionally. You need both. You need the intellectual capacity to be able to define who you are, that is one thing, but then you have to be able to live by it. And dream big. Your dreams should never come to an end. And lastly, you must be able to accept that there will be times when you feel as though you are dying, and that’s when you’ll redefine who you are.” Edmée Métivier paused briefly before delving into something completely different. This discreet woman, who acknowledged at the beginning of the interview her reluctance to grant an interview about herself, spoke about the death of her sister at the young age of 49, as tears welled up in her eyes. “We all go through difficult moments, and we all have the option of letting ourselves go during tough times. It was simply unacceptable for me to see a woman of 49 slip away like that. It allowed me to redefine my goals in life, redefine the goals for my family, and redefine who Edmée Métivier is. I am someone who prefers to look at the positive over the negative, and that has always been my strength. When you are mired in difficulties, you have to be able to see the opportunity. And that’s not easy. But it is a mindset you must never lose sight of.”

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Présidente et chef de la direction Compagnie minière Iron Ore du Canada Pour en savoir plus sur cet événement, rendez-vous sur premieresenaffaires.com

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les i n c o n t o u r n a b les d e P r e m i è r e s e n A f fa i r e s présentées par / BY


8

Portrait de femmes

Dans un secteur où, plus qu’ailleurs,

le temps vaut de l’argent, ces femmes talentueuses allient rapidité et précision pour innover

au sein de leurs entreprises. Grâce à leur ouverture d’esprit, leur persévérance et leur dynamisme, elles se servent des chiffres pour faire une vraie différence dans leur communauté. Voici ces incontournables de la finance que vous voudrez absolument connaître.

A portrait of 8 women In a field where, more than elsewhere, time is money, these talented women combine speed and precision as they innovate within their business. By dint of their openness, perseverance and energy, they use numbers to make a real difference in their community. Read more about these Incontournables in finance, they are definitely worth knowing.

Crédits Photos : SPG Le Pigeon / studiospg.com ; Maquillage : Jennifer Dionne ; Coiffure : Katherine Dionne / Oblic Laval ; Textes : Marine Thomas ; Traduction : TRSB inc.


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Après des études universitaires à Paris, c’est au Canada qu’elle fait sa maîtrise. C’est alors qu’un professeur lui donne « la piqûre » de la finance qui depuis ne la quitte plus. Elle complète sa formation avec les titres de CFA et de CGA, afin d’aller chercher « le plus de points de vue possibles ». Avec dix-huit ans de carrière à son actif, elle participe à la gestion de 1,5 milliard en actions nord-américaines. « Je crois fortement aux échanges d’idées au sein des organisations et au placement à long terme », explique-t-elle. Mais ce qui la satisfait le plus, c’est de découvrir des compagnies innovatrices et de « rencontrer ces chefs d’entreprises passionnés ». À l’image du tir au pigeon d’argile, activité qu’elle pratique dans son temps libre, elle allie grande préparation, discipline et anticipation pour réussir. « Il faut appuyer sur la gâchette lorsqu’on a suffisamment d’informations, mais pas trop, sinon lorsqu’on tire, c’est déjà trop tard ». After university studies in Paris, it was in Canada that she decided to do her masters. There, a teacher gave her the bug for finance which has never left her since. She complemented her training with a CFA and CGA in order to get “as many points of view as possible.” With eighteen years’ career to her credit, she helps manage $1.5 billion in North American equity. “I strongly believe in the exchange of ideas within organizations and in long-term investment,” she says. But what satisfies her most is discovering innovative companies and actually “meeting these passionate entrepreneurs.” As in skeet shooting, an activity she practises in her spare time, she combines great preparation, discipline and foresight to succeed. “You have to pull the trigger as soon as you get enough information. Not too much information, though, or it might be too late.”

Valérie Cecchini, M.Sc., CFA, CGA Vice-présidente, Gestion de portefeuilles Vice-President, Equities Investissements Standard Life


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Après vingt-cinq ans de carrière en vérification, cette visionnaire arrive dans l’entreprise en 2003 et se spécialise dans l’industrie des télécommunications. Depuis quatre ans, en qualité d’associée directeure, avec un bureau de 650 personnes, elle doit assurer la croissance du cabinet au Québec. Elle est la première femme à accéder à un tel poste dans un cabinet d’envergure au Canada. Très engagée au niveau de la communauté, dont la fondation Marie-Vincent, les causes de l’éducation et du mentorat sont particulièrement importantes pour elle. « J’ai toujours eu des gens qui ont cru en moi et qui m’ont donné des rôles de leadership à des moments clés de ma carrière. En retour, je me sens la responsabilité de soutenir des jeunes femmes ». After a twenty-five year career in auditing, this visionary joined the firm in 2003, specializing in the telecommunications industry. For the last four years, as the managing partner of an office of 650 people, she has been seeing to the growth of the firm in Quebec. She is the first woman to hold such a position in a large accounting firm in Canada. As she is very involved in the community, including the Marie-Vincent Foundation, education and mentoring are very important causes to her. “I have always had people who believed in me and gave me leadership roles at key moments of my career. In return, I feel a responsibility to support young women in theirs.”

Nathalie Bernier Associée directeure Managing Partner KPMG


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Comptable agréée, avec une maîtrise en administration des affaires, elle entreprend sa carrière chez PwC en 1983. Coordonnant l’ensemble des services de la firme au Québec pour le secteur des institutions financières, elle a travaillé avec les plus grands établissements de la région, leur offrant son expertise en services-conseils de gestion des risques. Cette gestionnaire curieuse se fie à son intuition pour prendre les bonnes décisions. Ce fut le cas lorsqu’en 1995, elle met sur pied en interne une pratique de services de consultation. Sous sa direction, cette pratique génère des revenus de 15 millions de dollars et compte 75 personnes. Elle l’a utilisée également lorsqu’elle a conseillé ses clients dans des situations de restructuration financière ou d’atteinte è la réputation. La clé du succès pour cette grande voyageuse ? « Il ne faut pas hésiter à demander quand on veut quelque chose et explorer de nouveaux horizons ». A chartered accountant with a Masters in Business Administration, she began her career with PwC in 1983. Coordinating all of the firm’s services in Quebec for the financial institutions sector, she works with leading institutions in the region, offering her expertise in risk management consulting services. This inquisitive consultant relies on her intuition to make the right decisions. That was the case in 1995, when she set up an internal consulting practice. Under her leadership, it now generates $15 million in revenue and employs 75 people. She also used it when she advised her clients in financial restructuring projects or in situations potentially affecting their reputation. So what is the key to success for this world traveller? “Do not hesitate to ask when you want something and explore new horizons.”

Caroline Émond, CA, MBA Associée, leader des services au secteur des institutions financières Partner and Leader - Services to Financial Institutions PwC


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Experte en évaluation d’entreprises, cette meneuse passionnée possède plus de 25 ans d’expérience en gestion financière. Toujours prête au changement, sa carrière est une succession de belles réussites : après dix ans chez KPMG en vérification et évaluation d’entreprises, elle passe seize ans chez BCE où elle occupe des postes séniors en finance, communications et immobilier. Ce qui la passionne le plus dans son métier ? « Hier n’est jamais comme demain ». Pour elle, « un bon leader doit inspirer et apporter de la passion dans son travail ». Très impliquée dans la Fondation pour la recherche sur le diabète juvénile, elle est également membre du conseil d’administration de la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants. Avec une récente nomination à la Caisse de dépôt, gageons qu’elle aura plaisir à relever tous les nouveaux défis qui l’attendent. An expert in business valuation, this passionate leader has over 25 years of experience in financial management. She is always ready for change, and her career is a succession of successes: after ten years with KPMG in audit and business valuation, she spent 16 years at BCE, where she held senior positions in finance, communications and real estate. What fascinates her most about her job? “Yesterday is never like tomorrow.” For her, “a good leader must inspire and bring passion to her work.” Not only is she very involved in the Juvenile Diabetes Research Foundation, she is also a member of the Board of the Montreal Children’s Hospital Foundation. With her recent appointment to the Caisse de dépôt, we are confident she will rise to any new challenges that lie ahead.

Maarika Paul, CA, EEE Première Vice-présidente et chef de la Direction financière Senior Vice-President and Chief Financial Officer Caisse de dépôt et placement du Québec


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Après un baccalauréat en sciences économiques dans l’une des plus prestigieuses universités européennes, cette originaire de la Turquie décide de traverser l’Atlantique afin de parfaire sa formation pour faire un MBA en Finance à Boston. Il y a dix ans, cette battante débarque au Québec sans parler un mot de français et entreprend un tout nouveau défi de carrière. C’est un peu par hasard, à travers son premier employeur Québécois, qu’elle découvre le secteur minier. « C’est une industrie tellement fascinante qui amène beaucoup de richesses dans son environnement », explique celle qui depuis 2008 n’a cessé de grimper les échelons de son entreprise. Travaillant d’abord comme consultante, elle en est devenue contrôleur avant d’être promue vice-présidente. Aujourd’hui, Osisko figure dans le top 10 des compagnies boursières au Québec. After completing a bachelor’s degree in economics in one of Europe’s most prestigious universities, this native of Turkey decided to cross the Atlantic to perfect her education with an MBA in Finance in Boston. Ten years ago, this fighter landed in Quebec, not speaking a word of French, to start on a new career path. It was a bit by chance, through her first employer in Quebec, that she discovered the mining sector. “It is such a fascinating industry that brings so much wealth to its environment,” she explains. Since 2008, she has steadily climbed the ranks of her company. First retained as a consultant, she became the company’s controller before being promoted to Vice-president. Today, Osisko is among the top 10 publicly traded companies in Quebec.

Elif Lévesque, CGA, MBA Vice-présidente et contrôleur Vice-President and Controller Corporation minière Osisko


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Avec vingt-six ans de carrière dans l’entreprise, cette comptable agréée de formation a dirigé avec succès les services de gestion des risques technologiques avant de prendre la tête des services consultatifs pour tout le Canada. Femme engagée qui veut par-dessus tout « faire une différence », elle a reçu de nombreuses distinctions dont le prix Rosemarie-Meschi pour sa contribution à l’avancement des femmes d’affaires. « On se doit, comme dirigeant, de prendre le temps de comprendre les différences. Il faut permettre à tous de réaliser leur plein potentiel et de contribuer à nos entreprises, à notre société et à notre économie », affirme-t-elle. En 2009, elle faisait partie du prestigieux palmarès du Top 100 des femmes les plus influentes du Canada. With a twenty-six year career in business, this chartered accountant successfully headed technological risk management services before taking over the lead of Advisory Services across Canada. A committed woman who wants above all to “make a difference,” she has received numerous honours, including the Rosemarie-Meschi Award, for her contribution to the advancement of business women. “As executives, we must take the time to understand the differences. We must enable everyone to achieve their full potential and contribute to our businesses, our society and our economy,” she affirms. In 2009, her name figured prominently on the prestigious list of Canada’s Most Powerful Women: Top 100.

anne-Marie Hubert, FCA Associée principale, Services consultatifs Managing Partner, Advisory Services Ernst & Young


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Après une maîtrise en psychologie industrielle à l’Université de Montréal, cette gestionnaire énergique s’occupe des ressources humaines à la Banque Nationale pendant 16 ans, puis se joint au Mouvement Desjardins où elle a occupé diverses fonctions comme première vice-présidente pendant 11 ans. En 2001, elle devient vice-présidente responsable de la banque privée Harris avant de relever le plus grand défi de sa carrière en 2004 : développer la présence de la Banque TD au Québec. « J’aime créer et bâtir, faire quelque chose de nouveau et de différent ». Présidente pendant cinq ans de la fondation du Y des femmes, elle s’implique également beaucoup pour la culture. Fascinée par l’histoire, visiteuse assidue de musées à travers le monde, cette visionnaire veut avant tout « mobiliser son équipe autour d’une vision ». After completing a master’s degree in industrial psychology at the Université de Montréal, this energetic manager was responsible for human resources at the National Bank for 16 years. She then joined Desjardins Group, where she held various positions as senior vice-president for 11 years. From 2001 to 2004, she was vice-president in charge of Harris Private Banking before embarking on the biggest challenge of her career: developing the TD Bank’s presence in Quebec. “I like to create and build, do something new and different.” As a five-year president of the YWCA Foundation, she is also very involved in culture. Fascinated by history, this visionary is a tireless visitor of museums around the world. What she wants above all is to “mobilize her team around a vision.”

Christine Marchildon Première vice-présidente Région du Québec Senior Vice-President Quebec Region TD Canada Trust


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Cette Montréalaise d’origine a amorcé sa carrière à la Banque de Montréal avant de fonder une entreprise de technologie en ligne pour les étudiants (U-Swap.com) alors qu’elle terminait son MBA à McGill. Après la vente de l’entreprise, elle a travaillé dans le secteur des fusions et acquisitions avec SECOR. Puis, elle lance une entreprise M&A, à Montréal, qui devient partenaire de Global M&A et dont elle devient la PDG. Maintenant basée à Paris, elle supervise les 45 bureaux et une équipe de 325 banquiers du monde entier. Ce qu’elle aime le plus dans son travail ? « Lorsque nous vendons les entreprises, les entrepreneurs derrière celles-ci ont travaillé toute leur vie à construire quelque chose d’excellent. C’est notre rôle de mettre en valeur tout ce travail, et pas seulement en termes de rémunération mais aussi d’assurer leur héritage. » This native Montrealer started her career at Bank of Montreal and later founded an online technology company for students (U-Swap.com) while completing her MBA at McGill. After selling the business she worked in mergers and acquisitions with SECOR. She went on to launch an M&A firm in Montreal before becoming partner of Global M&A. She is then recruited to become its CEO. Now based in Paris, she oversees the 45 offices and team of 325 bankers around the world. What does she love most about her profession? “When we sell businesses, the entrepreneurs behind it have worked all their lives to build something of excellence; it is our role to showcase all that work, not just in terms of remuneration but also of assuring their legacy.”

Allison L. Dent, MBA Chef de la direction / CEO Global M&A


Conseils d’experts DÊcouvrez les conseils et analyses de nos spÊcialistes de l a finance, du droit et des ressources humaines

droit P.43

finance P. 50

Ressources Humaines P. 59


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P r e m i è r e s e n droit

Les étapes d’une ronde réussie de financement par capital de risque

Pa r m e Va léri e Bou ch er Ass o c ié e L avery

Faute de revenus importants et d’éléments d’actif tangibles à donner en garantie, les entreprises en démarrage peinent souvent à se trouver du financement auprès des institutions financières traditionnelles. Pour ces entrepreneurs en mal de ressources, le capital de risque institutionnel peut constituer une planche de salut. L’investisseur vise ici à réaliser un gain exponentiel, notamment par le biais d’un placement non garanti sous forme d’actions, avec un horizon de placement de trois à sept ans, et à participer activement aux décisions stratégiques de la société dans laquelle il investit. Pour l’entrepreneur qui n’est pas familier avec ce type de financement, le processus qui l’entoure peut être déconcertant, voire frustrant. Cet article donne un aperçu des étapes successives que requiert une ronde de financement auprès d’institutions de capital de risque. Demande d’aide financière L’entrepreneur s’adresse à un ou plusieurs investisseurs potentiels et sa demande s’accompagne généralement d’un plan d’affaires expliquant la nature de la société, et le projet pour lequel il recherche du financement. Lettre d’intention ou offre conditionnelle Si la demande recueille un avis favorable, l’investisseur confirme son intérêt d’investir en présentant une lettre d’intention ou une offre conditionnelle. La première confirme l’intention de l’investisseur d’investir à certaines conditions sans pour autant le lier. Elle détaille les modalités de l’investissement envisagé, lesquelles lieront la société une fois qu’elle les aura acceptées. La seconde constitue un engagement ferme d’investissement selon les dispositions de l’offre, pourvu que certaines conditions qui y sont stipulées soient respectées (obtention de déclarations et garanties, exécution d’une vérification diligente, etc.). Dans l’un et l’autre des cas, l’entrepreneur doit s’assurer de bien saisir toute la portée des modalités stipulées avant de donner son accord.

Vérification diligente Après acceptation par la société des modalités de financement proposées, l’investisseur procède à une vérification diligente afin de mieux évaluer les risques liés à son placement dans la société et de valider certaines déclarations faites ou hypothèses émises dans le plan d’affaires. Il peut suggérer ou exiger que certaines situations soient corrigées ou clarifiées, que certains consentements soient obtenus ou que certains contrats préalables soient conclus. L’entrepreneur averti voudra probablement soumettre le tout à son conseiller juridique, qui se penchera sur tout aspect susceptible d’être soulevé par l’investisseur et préparera le terrain en vue de convenir de correctifs efficaces et acceptables. Négociation des ententes finales et séance de clôture Au terme de la vérification diligente, deux conventions principales viennent confirmer l’entente intervenue entre la société et l’investisseur : la convention de souscription, semblable à un contrat d’achat d’actions, mais qui intervient avec la société elle-même, par laquelle l’investisseur obtient des déclarations et garanties concernant les affaires de la société, et la convention entre actionnaires par laquelle l’investisseur se réserve un droit de regard sur les décisions stratégiques de la société et des clauses de sortie. Une fois les ententes négociées, les parties procèdent à la séance de clôture, au cours de laquelle des documents sont signés. Soyez fin prêts ! La réussite d’une ronde de financement est tributaire d’une bonne préparation et d’une approche réaliste face aux attentes et exigences des investisseurs. L’entrepreneur a tout avantage à s’associer les appuis et l’expertise nécessaires pour une prise de décision éclairée.

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P r e m i è r e s e n droit

Questions à considérer

Pa r M E J a n e t F er r i er Associée Davies Ward Phillips & Vineberg

pour les entrepreneurs accueillant des associés participants Vous avez lancé une entreprise aujourd’hui prospère. Vous vous en êtes occupé au cours des premières années difficiles. Vous y avez investi votre temps, votre énergie, votre argent et votre amour. Et maintenant, vous avez besoin d’un associé participant pour aider votre entreprise à passer à un échelon supérieur.

Négocier la convention entre actionnaires qui vous attribue à vous, en tant que fondateur, et à vos investisseurs, des droits et des responsabilités relève d’un équilibre plutôt délicat entre espérer le mieux et prévoir le pire. Vous devrez avoir commencé à penser à votre investisseur en tant qu’associé, mais en même temps, vous devez protéger votre société et vous-même. Voici quelques questions essentielles auxquelles vous serez confronté : • Dilution. Vous accordez à vos investisseurs une participation dans votre société; naturellement, votre quote-part sera réduite ou diluée. Vous devez penser à l’ampleur de la quote-part que vous êtes disposé à céder et à ce que vous obtenez en contrepartie. De plus, étant donné que vous et vos nouveaux associés êtes tournés vers l’avenir, vous pourriez prévoir la nécessité d’autres investissements ultérieurs et vous devriez planifier en vue d’une dilution future. • Prise de décision. Vos investisseurs ne se contenteront pas de vous donner leur argent et de disparaître ; ils voudront avoir leur mot à dire sur ce que vous faites avec leur argent et sur la société dans laquelle ils détiennent maintenant une participation. À tout le moins, ils voudront un siège à votre conseil d’administration. Ils voudront probablement aussi, au moyen d’une convention entre actionnaires, un vote et parfois même un veto sur des décisions clés en matière commerciale et financière. Il se peut qu’après avoir dirigé votre entreprise avec succès pendant des années de façon autonome, vous trouviez très difficile d’abandonner le contrôle, mais vous avez maintenant un associé et, même si vous renoncez à un certain contrôle, vous pouvez aussi trouver qu’il est avantageux

de partager une partie du fardeau avec quelqu’un. • leur Liquidité et retrait. Vos investisseurs recherchent un profit sur leur investissement ou, à tout le moins, ils veulent pouvoir ravoir leur argent. L’objectif ultime peut être un premier appel public à l’épargne ou une vente, mais sa réalisation, qui n’est pas garantie, pourrait prendre des années. Entre temps, il se peut que vos investisseurs soient disposés à laisser leur argent dans la société pendant quelques années, particulièrement si les choses vont bien ; mais ils voudront aussi avoir la capacité de s’en retirer. Votre convention entre actionnaires inclura très certainement une certaine forme de droit de retrait et habituellement plus d’une – ce qui pourrait aller aussi loin que le droit de vous contraindre à acheter leur part ou à leur vendre la vôtre, tel que des droits d’option de vente, des droits d’option d’achat ou des droits d’achat vente (rachat forcé) ou des options un peu plus simples telles que des droits de premier refus, des droits d’entraînement ou des droits de suite. • vos Droits de retrait. Il se peut que vous ne souhaitiez pas garder la société pour toujours ; vous voudrez alors jouir de droits de retrait semblables à ceux que vous avez accordés à vos investisseurs. Toutefois, parce que vous êtes probablement un membre clé de la direction, il se peut que vos associés ne vous laissent pas partir si facilement. Certaines conventions entre actionnaires exigent que vous vendiez vos actions si vous quittez votre poste au sein de la société et certaines incluent une clause de nonconcurrence vous empêchant de lancer une entreprise semblable ou de vous y joindre.

Il y a bien des éléments à examiner lorsque vous entreprenez une relation avec un nouvel associé participant. Il peut être difficile de lâcher prise, mais rappelez-vous que vous obtenez quelque chose en retour et qu’il vous appartient de veiller à ce que le résultat final corresponde à ce que vous souhaitez. 44 au to m n e 2 011 Premières en affaires


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au to m n e 2 011 Premières en affaires 45


P r e m i è r e s e n droit

Le « virage vert » :

coûts ou bénéfices

pour les entreprises ?

Pa r m e Ch rist i n e Duch a i n e et m e Va n essa Desch ên es C a bi n e t j u r idiq u e S o d a v e x

1 L’étude est publiée sous le titre « Economic benefits tied to ecodesign » du Journal of Cleaner Production, volume 19, édition 67 d’avril-mai 2011 aux pages 573-579.

L’expression « virage vert » réfère à la prise en compte de préoccupations environnementales par une entreprise. Pour y parvenir, il convient de respecter la hiérarchie des 3RV, laquelle vise à adopter une démarche de consommation responsable où l’entreprise privilégiera la Réduction à la source dans un premier temps, la Réutilisation dans un deuxième et ensuite le Recyclage ou la Valorisation. L’intégration de ces principes de consommation dans les processus des entreprises requiert d’y consacrer temps et énergie pour poser un diagnostic, élaborer une politique, procéder à sa mise en œuvre et effectuer le suivi requis. C’est pourquoi plusieurs entreprises hésitent à se lancer dans l’aventure, convaincues qu’un tel « virage vert » s’avérera coûteux et non rentable. Or, selon plusieurs études, une telle approche est plus profitable que les procédés traditionnels de fabrication et comporte plusieurs avantages. Parmi les bénéfices qui peuvent en découler, mentionnons une réduction des coûts d’exploitation, une diminution des résidus ultimes, l’obtention d’une certification « verte » et une augmentation de la clientèle en raison d’un marketing « vert ». Les professeurs Sylvain Plouffe, de l’Université de Montréal, et Paul Lanoie, des HEC, ont analysé trente compagnies ayant adopté ce virage1. Dans plus de 50 % des cas, l’accroissement des bénéfices découle de l’approvisionnement en matières premières alors que, dans 20 % des cas, il résulte d’une économie d’énergie lors de la production. Cette étude conclut que 80 % des compagnies ont constaté une augmentation des profits pour le produit écoconçu et aucune d’entre elles n’a déclaré de pertes de profits.

46 au to m n e 2 011 Premières en affaires

Force est de conclure qu’il est profitable à plusieurs égards de prendre le « virage vert ». Ce constat est d’autant plus vrai lorsqu’on considère la panoplie de programmes gouvernementaux offerts afin de permettre aux entreprises d’atténuer les impacts financiers de leurs démarches. Sans prétendre être exhaustives, mentionnons les incitatifs fiscaux permettant de déduire certaines dépenses d’équipement pour l’achat de systèmes produisant de la chaleur ou de l’électricité de façon écoénergétique à partir de combustibles fossiles ou de sources d’énergies renouvelables comme l’énergie solaire ou éolienne. L’Agence de l’efficacité énergétique ainsi que l’Office de l’efficacité énergétique ont conçu divers programmes d’aide financière en matière d’électricité écoénergétique. Au provincial, le Programme de traitement des matières organiques par biométhanisation et compostage (PTMOBC) offre aux entreprises d’obtenir un soutien financier pour l’installation d’infrastructures de traitement de matières organiques par l’un ou l’autre de ces procédés. De plus, plusieurs initiatives pourront éventuellement donner droit à des crédits de carbone qui financeront partiellement les investissements. Espérons que la tendance voulant que la population soit de plus en plus friande de produits verts s’amplifiera au fil des années, ce qui incitera les entreprises à prendre le « virage vert ». En tenant compte des économies d’énergie et de matières premières à long terme de même que l’impact positif sur le chiffre d’affaires, le mythe qu’un tel virage est coûteux devrait s’estomper et la conclusion qu’il s’agit d’une opportunité d’affaires à saisir devrait s’imposer… tout naturellement.


changement défavorable important dans les conventions de crédit

P a r M E A u d e G o df r o y Av o c a t e Blakes

Les clauses de « changement défavorable important » (« CDI ») ou d’« effet défavorable important » sont des clauses exigées par les prêteurs, sous diverses formes, dans pratiquement tous les types de conventions de crédit dans un contexte de financement commercial. Ce type de clause est également usuel dans les conventions de fusion ou d’acquisition.

« cDI »

Qu’est-ce qu’une clause CDI ? Une clause CDI peut prendre différentes formes dans une convention de crédit, soit la forme d’une déclaration de l’emprunteur, d’une condition de clôture distincte exigée par le prêteur ou encore d’un cas de défaut spécifique. Ainsi, la clause peut devenir une condition applicable tout au long de la durée de la convention ou être limitée à conditionner la mise en vigueur initiale de la convention. Elle vise à répartir les risques économiques reliés à la survenance d’un événement imprévu dans le cadre d’une transaction, particulièrement entre la signature de la convention de crédit et la clôture de la transaction. Une partie invoquera la présence d’un CDI afin de négocier à nouveau les termes de la transaction ou encore d’y mettre fin. L’objectif pour un prêteur est de réduire les risques liés à un financement en lui donnant l’opportunité, en cas de survenance d’un CDI, de renégocier les conditions ou le prix du crédit avec l’emprunteur ou de cesser de faire des avances ou encore d’exiger le remboursement immédiat des facilités de crédit. Aux vues de tels enjeux, les prêteurs ou les acquéreurs vont rechercher une grande flexibilité afin que la clause puisse être invoquée dans le plus grand nombre de circonstances possibles et à l’inverse, les emprunteurs ou les vendeurs vont rechercher la certitude et la précision et vont vouloir en limiter la portée afin que les circonstances donnant ouverture à son application soient restreintes.

Perspectives des emprunteurs et des prêteurs. Généralement, la rédaction de ces clauses fait l’objet d’importantes négociations entre les parties et l’expression « changement défavorable important » ou « effet défavorable important » est définie dans la convention. Un emprunteur s’efforcera de réduire la détermination subjective d’un CDI ce qui serait le cas par exemple lorsque cette détermination est laissée à la discrétion des prêteurs. Aussi, il s’efforcera de ne pas mentionner qu’un changement au niveau des perspectives d’avenir puisse constituer un CDI. Il intégrera des exceptions générales et spécifiques à la définition afin d’en limiter la portée, par exemple : des changements législatifs, des événements de force majeure, des changements aux principes comptables généralement reconnus ou encore un changement des conditions politiques, économiques ou des marchés financiers en général. Un emprunteur va également négocier l’impact financier d’un tel changement afin de le faire ressentir, le cas échéant, de manière consolidée pour tout le groupe. Faire valoir les clauses CDI. Les clauses CDI dans le contexte d’une convention de crédit font peu souvent l’objet de litiges devant les tribunaux canadiens. La jurisprudence analysant ces clauses provient en grande partie des juridictions américaines et découle du contexte des fusions et des acquisitions. Le fardeau de la preuve pèse directement sur la partie qui invoque la survenance d’un CDI. L’interprétation de la clause CDI sera faite au cas par cas par les tribunaux, car c’est une question de fait. L’intention de parties aura une place primordiale dans l’interprétation de cette clause ainsi que la convention de crédit dans laquelle elle s’insère. au to m n e 2 011 Premières en affaires 47

P r e m i è r e s e n droit

Tendances relatives aux clauses de


P r e m i è r e s e n droit

UN BREF SURVOL DE LA NOUVELLE

LOI SUR LES SOCIÉTÉS PAR ACTIONS (QUÉBEC) Pa r ME C at h e r i n e L a n g lo i s Av o c a t e S t e i n M o n a st s . e . n . c . r . l . Le 14 février 2011, est entrée en vigueur la Loi sur les sociétés par actions (Québec), soit la « LSA ». Sous plusieurs aspects, la LSA reprend ou s’inspire grandement des dispositions de la Loi canadienne sur les sociétés par actions, mais également des lois régissant les corporations constituées en vertu des lois de l’Ontario1, de l’Alberta2 , de la Colombie-Britannique3 et même du Model Business Corporation Act des États-Unis. Entre autres modifications majeures, des recours sont dorénavant ouverts aux actionnaires minoritaires et le législateur a retiré les restrictions relatives à l’octroi d’aide financière aux actionnaires ce qui facilitera sans doute le financement de groupes de sociétés. En plus d’être innovatrice et de s’inspirer de plusieurs éléments positifs des autres lois dont il est question ci-dessus, la LSA offre toute une panoplie de mesures aux PME québécoises, notamment la mise en place d’une série de mesures simplifiées permettant à l’actionnaire unique de gérer son entreprise de manière plus simple, et aux actionnaires de ne pas constituer de conseil d’administration afin d’exercer plutôt eux-mêmes les pouvoirs des administrateurs. De plus, aux termes de la LSA, tout acte posé par l’actionnaire unique au nom de la société est réputé autorisé. Toujours dans un souci d’être innovateur et de bonifier les dispositions de la LSA, le législateur québécois a aussi instauré une série de dispositions relatives à la réorganisation corporative et fiscale. À titre d’exemples : il n’est plus nécessaire d’émettre au moins une action lors de l’assemblée d’organisation ; il est maintenant possible de fixer une date et une heure de prise 48 au to m n e 2 011 Premières en affaires

d’effet à une constitution, une modification ou une fusion; il est aussi permis d’attribuer les mêmes droits et restrictions à plus d’une catégorie ou d’une série d’actions et d’émettre des fractions d’actions ; et finalement, une société peut détenir des actions de sa personne morale mère ou permettre que ses propres actions soient détenues par une ou plusieurs sous-filiales pendant une période maximale de 30 jours. Il est par ailleurs toujours possible d’émettre des actions non encore payées. Dans un contexte de financement bancaire ou autre type de financement, l’abolition du test comptable dans la LSA pour ne garder que le test de solvabilité facilitera sans doute la vie des entreprises régies par la LSA dans les cas de cautionnement. De plus, aux termes de la LSA, le conseil d’administration de la société possède d’office les pouvoirs d’emprunt ce qui fera sans doute, avec le temps, disparaître ce que l’on appelait jadis le « règlement d’emprunt ». Il est également utile de préciser ici que la LSA accorde maintenant à tous les créanciers de la société, le droit de consulter toute convention unanime des actionnaires. En plus de ces dispositions, la LSA permet dorénavant aux sociétés québécoises de passer à l’ère des technologies en permettant la transmission de plusieurs documents en format électronique au Registraire des entreprises. En résumé, tant les entrepreneurs, les fiscalistes, les avocats que les financiers voient d’un bon œil la nouvelle LSA. 1 2 3

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P r e m i è r e s e n finance

Financement du démarrage ou de la croissance d’une entreprise Quelques astuces pour maximiser vos chances de succès

Pa r Lou ise Si m a rd V i c e - p r ésid e n t e , S e r vi c e s a u x e n t r e p r is e s – M o n té r égi e e t C e n t r e - d u - Q u éb e c B a n q u e N a ti o n a l e G r o u p e fi n a n c i e r Pour lancer une entreprise ou soutenir sa croissance, il faut de l’argent. Vous faites partie de ces entrepreneurs qui souhaitent obtenir des fonds, mais ne savent pas par où commencer ? Voici quelques conseils qui faciliteront votre recherche et augmenteront la portée de vos démarches.

En démarrage, présentez un plan d’affaires réaliste La première étape d’une recherche de financement consiste à produire un plan d’affaires convaincant. Si celui-ci n’a pas besoin d’être long, il doit cependant présenter clairement l’offre de l’entreprise – produits, distribution, etc. – ses besoins, son marché et sa concurrence. Insistez sur ce qui distingue votre entreprise de la concurrence et fait en sorte que votre projet offre un véritable potentiel de création de valeur.

Votre plan d’affaires en main, prenez le temps de vous familiariser avec les principales sources de financement. Une erreur courante des entrepreneurs consiste à s’attendre à ce que le banquier fournisse la totalité du montant. L’idéal est plutôt une répartition égale des sources de financement, soit un tiers qui provient de la banque, un tiers des fournisseurs et un tiers des actionnaires. L’entrepreneur devra aussi démontrer sa

capacité à réinjecter des fonds dans l’entreprise, si nécessaire. Dans toutes vos démarches reliées à la recherche de financement, assurez-vous d’être le plus réaliste possible dans l’établissement de scénarios concernant l’estimation des ventes ou de la marge brute. Il en va de la crédibilité de votre projet.

En croissance, surveillez vos liquidités Vous avez démarré votre entreprise avec succès et les affaires progressent à bon rythme ? Félicitations ! Le temps est maintenant venu de donner à votre entreprise les moyens de connaître un développement et une croissance durables. La croissance est un beau problème, qui présente néanmoins certains risques. Le plus critique, c’est de manquer de liquidités pour répondre à la demande. Par exemple, l’obtention d’un nouveau contrat peut nécessiter des investissements importants visant à augmenter la capacité de production, et ce, sans générer de revenus supplémentaires à court terme. Êtes-vous bien préparé à 50 au to m n e 2 011 Premières en affaires

faire face à cette éventualité ? Votre banquier peut vous aider à trouver des solutions adaptées à votre situation, afin d’éviter qu’une crise de liquidités vous mette en péril. Par exemple, plusieurs institutions bancaires offrent des solutions de financement qui permettent de vendre les comptes clients ou d’obtenir des prêts pour payer rapidement les fournisseurs. Rappelez-vous qu’il existe de nombreuses possibilités de financement et qu’il est important d’assurer un partage équitable des risques entre les parties concernées. Quelle que soit l’option que vous choisirez, gardez en tête que chaque

entreprise et chaque projet sont uniques. Une solution ayant fonctionné pour une PME de votre secteur pourrait ne pas connaître le même succès chez vous. Dans un tel contexte, il importe de savoir s’entourer de spécialistes qui sauront bien vous conseiller. Heureusement, notre société étant de plus en plus consciente de l’importance de soutenir l’entrepreneuriat, les ressources offertes aux entrepreneurs ne cessent de croître. N’hésitez surtout pas à en profiter pleinement et à donner à votre projet d’affaires le soutien et l’élan qu’il mérite.


P r e m i è r e s e n finance

Se convertir à l’entrepreneuriat ? Pourquoi pas ! Pa r N at h a l i e L a d o u c e u r Associée des Services consultatifs transactionnels Ernst & Young Nous savons que les entrepreneurs jouent un rôle unique dans la croissance économique d’un pays en stimulant l’innovation, en créant des emplois et en bâtissant des collectivités dynamiques. Les petites et moyennes entreprises du Canada exercent une puissance économique considérable en générant près de 30 % du produit intérieur brut du pays et en formant 98 % de toutes les entreprises fermées canadiennes. Mais contrairement à la croyance populaire, on ne naît pas « entrepreneur ». Selon les résultats d’un sondage mené par Ernst & Young auprès de 685 entrepreneurs provenant des quatre coins du monde, 58 % des répondants disent s’être convertis à l’entrepreneuriat. De ceux-ci, un tiers affirme que leur expérience en tant qu’employés leur a permis de bâtir leur propre entreprise. Vous bâillez de 9 à 5 ? Alors, pourquoi ne seriez-vous pas le prochain à démarrer son entreprise ? Ne vous détrompez pas, il n’y a rien de facile dans ce monde ! Il est vrai que certains risques et obstacles peuvent désillusionner plusieurs candidats potentiels. Par exemple, au Canada, 73 % des entreprises en démarrage dépendent d’un financement personnel, ce qui fait de l’accès au financement une véritable pierre d’achoppement à la réussite. Mais souvenez-vous qu’il y a des portes et qu’il suffit d’avoir le courage d’y frapper pour entrer. Les résultats du sondage et les commentaires obtenus à la suite d’entrevues réalisées avec des lauréats du Grand Prix

de l’Entrepreneur d’Ernst & Young nous ont permis de relever plusieurs facteurs qui contribuent au succès des entrepreneurs, dont les cinq suivants qui, je l’espère, sauront vous inspirer ! 1. Réaliser que l’on a besoin des autres Les bons entrepreneurs savent s’entourer des bonnes personnes – celles qui savent mettre leurs compétences techniques et leur connaissance des affaires au service de l’avancement de l’entreprise, tout en partageant les valeurs de leur leader. Les participants à l’étude affirment que la recherche de collaborateurs partageant leur vision est un exercice qui, bien que difficile, se révèle d’une importance cruciale. 2. Rechercher le point d’équilibre entre idéalisme et pragmatisme Pour être entrepreneur, il faut se montrer non seulement opportuniste, mais aussi optimiste. Les meilleurs entrepreneurs croient réellement être en mesure de tirer parti des possibilités qui s’offrent à eux. Conserver un optimisme mesuré, ce n’est pas se montrer irréaliste. C’est cependant grâce à un tel optimisme que les entrepreneurs peuvent redoubler d’ardeur dans la promotion de leurs idées, ce qui leur procure parfois un avantage concurrentiel. 3. Ne jamais cesser la quête de l’amélioration Bien que l’innovation soit importante,

il n’est pas nécessaire de recourir à des solutions complètement nouvelles pour répondre aux besoins du marché. Il suffit souvent aux entreprises où règne l’esprit d’entrepreneuriat d’adopter un meilleur modèle d’affaires ou une méthode de distribution de produits ou de prestation de services plus efficace. La volonté d’améliorer les produits, les services et les gens est au cœur même de l’esprit d’entrepreneuriat. 4. Exploiter des possibilités là où certains ne voient que des tumultes Le succès des entrepreneurs réside dans leur façon de voir le monde. Même des tumultes comme ceux qui accompagnent les périodes économiques difficiles génèrent des possibilités pour ceux qui sont disposés à les mettre à profit. 5. Faire un choix entre quête de la prospérité et volonté de tout contrôler Un jour ou l’autre, les fondateurs d’entreprises en croissance doivent faire face à un choix fondamental : viser la prospérité ou chercher à tout contrôler. La capacité de prendre des décisions globales de cet ordre est déterminante pour l’avenir des entrepreneurs. Ceux qui réussissent savent user de prudence en pareilles situations et prendre des décisions selon leur but ultime. Bon succès !

au to m n e 2 011 Premières en affaires 51


P r e m i è r e s e n finance

Entrepreneurs, avez-vous pensé aux fonds d’investissement privés en équité ? Pa r Ch rist i n e Pou liot di r e c t r i c e gé n é r a l e , C o n s e ils e t T r a n s a c ti o n s PwC

Les fonds d’investissement privés en équité, aussi appelés « fonds de buy out » sont ces fonds qui achètent une participation majoritaire dans une entreprise et en deviennent le propriétaire principal pour une période de 5 à 10 ans. Au cours des dernières années, ils ont connu un intérêt accru auprès des entrepreneurs, et pour cause : ces fonds offrent une solution de choix aux entrepreneurs qui souhaitent assurer leur relève, soutenir financièrement la croissance de leur entreprise, ou encaisser une partie de la valeur créée tout en continuant de participer à la croissance de l’entreprise. Au cours de la dernière année, des entreprises du Québec telles iCongo, Profab et A&D Prévost ont effectué une transaction avec des fonds d’investissement. Si vous êtes entrepreneur et que vous vous intéressez à ces fonds, voici quatre facteurs clés pour susciter l’intérêt de ces fonds pour votre entreprise et ultimement réussir votre transaction.

1. Entourez-vous d’une équipe de gestion chevronnée • S’il prévoit être actionnaire pour une période de 5 à 10 ans, un fonds de buy out sera grandement rassuré de savoir qu’une équipe expérimentée est en place et participe à la gestion de l’entreprise. Si l’entrepreneur désirait se retirer totalement ou partiellement des opérations au cours des années qui suivront, le fait de savoir que la direction de l’entreprise ne repose pas uniquement sur l’entrepreneur rassurera l’investisseur que la stratégie de croissance de l’entreprise et sa valorisation sont soutenables dans le temps. 2. Établissez une stratégie de croissance claire sur une période de 3 à 5 ans • Expliquez la forme de croissance que vous prévoyez et comment vous y arriverez : s’agit-il de croissance interne

52 au to m n e 2 011 Premières en affaires

(développement de nouveaux marchés ou produits) ou de croissance externe (acquisitions de concurrents, de fournisseurs de produits ou services complémentaires, etc.) ? Autofinancerez-vous votre croissance ou chercherez-vous des sources de financement externes ? • Développez des projections financières qui démontrent et quantifient cette croissance tout en mettant en évidence les éléments clés de la valorisation de votre entreprise. 3. Valorisez les avantages concurrentiels de votre entreprise et son positionnement sur le marché • Il est important de démontrer que votre entreprise est actuellement concurrentielle et qu’elle le restera à l’avenir, d’expliquer comment vous vous démarquez des autres et en retirez du succès. Mettez en évidence votre maî-

trise des tendances, des risques et des opportunités du marché, cela permettra de corroborer votre stratégie de croissance. 4. Ne vous laissez pas distraire par la transaction • Comme pour toute transaction, comptez de six à neuf mois avant de finaliser l’opération. Pendant cette période, gardez le cap sur la réalisation des objectifs de votre entreprise et démontrez au fonds de buy out que vous êtes en mesure de réaliser votre stratégie de croissance et d’atteindre les résultats financiers présentés dans vos projections. En gardant ces conseils en tête, vous maximiserez vos chances de susciter l’intérêt d’un fonds d’investissement privé en équité et de finaliser une transaction.


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P r e m i è r e s e n finance

Un moyen méconnu d’améliorer la productivité de votre entreprise P a r A l a i n C ô t é , F C A , IAS . A Ass o c ié di r e c t e u r d u b u r e a u d e M o n t r é a l S a ms o n B él a i r / D e l o itt e & T o u c h e

En matière de productivité, les investissements en matériel et outillage sont particulièrement urgents, car les coûts de la main-d’œuvre moins élevés du Canada ne dureront probablement pas ; la proportion croissante de retraités au sein de la population exercera une pression à la hausse sur ces coûts, ce qui érodera l’avantage concurrentiel qu’a toujours eu le Canada en la matière. Voilà l’une des nombreuses conclusions intéressantes d’une nouvelle étude de Deloitte intitulée L’avenir de la productivité – un plan de match en huit étapes pour le Canada, qui fournit de nouvelles données sur la faiblesse de la productivité au Canada et détermine les mesures à prendre pour corriger le tir.

Il y a dix ans, les sociétés canadiennes désireuses d’investir dans du nouveau matériel et de l’outillage avaient bien des obstacles à surmonter. La valeur du dollar, qui n’était que de soixantecinq cents, rendait l’achat de nouveau matériel à l’étranger dispendieux au point de le rendre inaccessible. En outre, après l’achat, les sociétés étaient confrontées à l’un des taux effectifs marginaux d’imposition sur le capital les plus élevés des pays développés. Bien des choses peuvent changer en dix ans et, de nos jours, les avantages que procurent les nouveaux investissements dans le matériel et l’outillage n’ont jamais été aussi évidents. La valeur du huard au-dessus du pair, les taux d’intérêt faibles et les prix des marchandises après la récession aux États-Unis font en sorte que les investissements dans le matériel et l’outillage sont une aubaine comparativement à il y a dix ans. Ajoutez à cela les changements apportés aux politiques fiscales qui procurent au Canada un taux effectif marginal 54 au to m n e 2 011 Premières en affaires

d’imposition sur le capital hautement concurrentiel et il est difficile de trouver des arguments contre les investissements dans du nouveau matériel et de l’outillage. Ainsi, y a-t-il eu une recrudescence des investissements dans le matériel et l’outillage par les sociétés canadiennes qui souhaitent consolider leur caractère concurrentiel dans une économie mondiale en constante évolution ? Pas du tout. Dans la plus récente Enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada, le nombre de sociétés qui planifiaient une augmentation de leurs investissements dans le matériel et l’outillage s’élevait à seulement 6 % de plus qu’il y a dix ans, ce qui signifie que plus de la moitié des sociétés ayant participé à l’enquête avaient l’intention de maintenir ou de diminuer leurs investissements dans le matériel et l’outillage. Malheureusement, dans la situation actuelle, maintenir le niveau d’investissement actuel ne fera qu’accroître notre

retard. Au cours des dix dernières années, l’investissement canadien dans le matériel et l’outillage a toujours accusé un retard par rapport aux États-Unis, ce qui fait en sorte que le travailleur canadien moyen possède seulement 49 % du matériel et de l’outillage de son homologue américain. Il est donc extrêmement difficile pour nos sociétés d’être concurrentielles sur le plan de la productivité. Les sociétés canadiennes déterminées à surmonter les obstacles de l’augmentation des coûts de la main-d’œuvre, provoquée par le vieillissement de la population et des pressions accrues de la concurrence des pays en développement, devront redoubler d’efforts pour accroître leur productivité au moyen d’investissements stratégiques dans le matériel et l’outillage. Pour ce faire, elles devront découvrir et surmonter les facteurs internes et externes qui les empêchent de tirer parti des conditions d’investissement qui sont actuellement favorables. En même temps, les investisseurs et les institutions financières doivent reconnaître l’importance du matériel et de l’outillage de pointe dans la stratégie concurrentielle des sociétés canadiennes, et soutenir un investissement accru dans ce domaine.


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Gardez l’œil sur votre portefeuille ! Votre situation financière est-elle à la hauteur de votre succès professionnel ? Au travail, vous êtes à l’affût des risques menaçant la profitabilité, voire la survie de votre organisation. Quand vient le temps de gérer vos propres investissements, êtesvous aussi vigilant ? Le temps, l’énergie et le stress que vous canalisez dans votre travail peuvent faire en sorte qu’au moment de gérer vos propres affaires, vous laissez tomber. En l’absence d’une stratégie de placement, votre fragilité financière pourrait croître avec votre succès. Gardez l’œil sur votre portefeuille.

P a r H é l è n e G a g n é , F. Adm . A . , P l . F i n . , C I M G e sti o n n a i r e d e p o r t e f e u ill e e t a ss o c ié e P W L C a pit a l i n c . Des risques rarement payants Parmi les risques rarement payants pour l’investisseur, celui de concentration dans un titre est sous-estimé. Plusieurs dirigeants de sociétés publiques refusent obstinément de reconnaître le risque de concentration auquel ils sont exposés. Acteurs de premier plan dans la croissance de leur entreprise, leur rémunération est stimulante. Actions, options et unités d’action liées au rendement (PSU) s’accumulent… Leur régime de retraite de base est souvent assorti d’un régime surcomplémentaire (SERP), la plupart du temps non capitalisé. Si tel est votre cas, évaluez le pourcentage de votre portefeuille qui dépend de votre employeur. Des contraintes peuvent restreindre vos transactions sur son titre, mais votre allocation devrait, si possible, ne pas excéder 10 % de l’ensemble de vos placements (5 % pour un investisseur externe). Aucune société, aussi profitable soit-elle, n’est à l’abri de facteurs internes ou externes pouvant faire trébucher la valeur de son action et ainsi, vous fragiliser financièrement. La crise de 2008 a mis en évidence les conséquences dévastatrices du risque de concentration : il faut en retenir les leçons. L’entrepreneur peut, quant à lui, être tenté de se réfugier dans des placements prudents, tels les CPG et les obligations. Prenant des risques d’affaires importants au quotidien, il sent le besoin de trouver la stabilité dans ses autres placements. Cette logique est défendable sauf que nous traversons une période durant laquelle les épargnants sont pénalisés avec des taux d’intérêt inférieurs à celui de l’inflation, et ce, même avant impôt. Il en résulte un faux sentiment de sécurité et comme nul ne saurait prédire la durée de cette période de rende-

ment négatif, il faut contrer l’érosion insidieuse du capital. Sans prendre des risques démesurés, nous devons établir une répartition de l’actif (encaisse, obligations et actions) qui fera travailler vos placements pour atteindre vos objectifs de rendement, et ce, en tenant compte de votre réalité et de votre tolérance au risque. Des risques qui en valent la peine Depuis 50 ans, la science financière a permis de comprendre les risques qui en valent la peine et qui sont les plus susceptibles de rémunérer l’investisseur : 1. Le marché boursier qui, dans son ensemble et à long terme, a un rendement espéré supérieur à celui des obligations ; 2. Les actions de valeur à bas prix qui ont des rendements attendus supérieurs à ceux des titres de croissance à prix élevé ; 3. Les actions de sociétés à faible capitalisation qui tendent à octroyer un meilleur rendement que celles à forte capitalisation. Pour récolter les primes de risque (c.-à-d. les rendements excédentaires) que recèlent ces trois facteurs, votre portefeuille doit être exposé non pas à 20, ni même à 50 titres individuels, mais plutôt à l’ensemble du marché. Pour y accéder, les outils indiciels (dont les fonds sont négociés en Bourse) sont une composante-clé nous permettant de capturer ces rendements excédentaires tout en nous appuyant sur des bases solides. Votre stratégie de placement sera gagnante si vous comprenez les risques à prendre et ceux à éviter. Après tout, vous méritez que votre situation financière soit enfin à la hauteur de votre succès professionnel. au to m n e 2 011 Premières en affaires 55


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P r e m i è r e s e n finance

Gestion de patrimoine :

Savoir préparer demain P a r M i n d y M ay m a n , B . A . , P l . F i n . , F M A D i r e c t r i c e p r i n c ip a l e , G e sti o n d u p a t r im o i n e R S M Ri c h t e r C h a mb e r l a n d Mme Lafortune, entrepreneure depuis 30 ans, vient de vendre son entreprise 10 millions $. Durant toutes ces années à la tête de son entreprise, Mme Lafortune s’est essentiellement concentrée à la faire fructifier. Elle n’a pas pris le temps de se soucier de ses placements. Aujourd’hui, elle se questionne sur plusieurs points. Premièrement, Mme Lafortune veut connaître la source de son revenu mensuel étant donné qu’elle ne touche plus de salaire. À la limite, elle ne connaît pas même le montant mensuel dont elle a besoin pour vivre confortablement : son entreprise lui versait non seulement un salaire de base, mais elle lui fournissait également une automobile et une allocation de dépenses. Dans sa nouvelle réalité, Mme Lafortune doit placer son argent pour le faire fructifier. Depuis la vente de son entreprise, elle a reçu plusieurs sollicitations de courtiers en valeurs mobilières, de planificateurs financiers et de gestionnaires de fonds. Elle ne fait pas la distinction entre ces différents spécialistes et ne sait pas vers qui se tourner ou à qui faire confiance. Elle a demandé des références auprès de son entourage et elle a même pris le temps de rencontrer trois professionnels, mais l’exercice n’aura servi qu’à accroître sa confusion ! M Lafortune se questionne également à l’égard de ses assurances-vie. À l’époque, elle avait souscrit une police importante afin de protéger son entreprise. Les primes sont élevées et elle ne sait pas si elle a encore besoin de la police. Elle doit refaire sa planification successorale mais, là encore, elle a besoin de conseils. me

dissent dans une aura de richesse ; elle cherche à leur transmettre ses valeurs mais, dans ce cadre, comment les motiver à poursuivre leurs études et à bâtir une carrière alors qu’ils sont conscients de pouvoir hériter de sommes importantes dans le futur ? Comment apprendre aux enfants à prendre soin des moins bien nantis ? Bien qu’elle dispose d’actifs importants, Mme Lafortune devra concentrer ses prochains efforts à la gestion de son patrimoine. Cet exercice englobe à la fois la planification financière, fiscale et successorale de la famille, un exercice s’avérant souvent très complexe. Tout professionnel agissant à ce niveau doit être en mesure de communiquer avec des spécialistes de la fiscalité, du droit et des assurances avec une aisance égale afin d’assurer une bonne intégration de toutes les facettes concernées. Le gestionnaire de patrimoine conserve une position totalement indépendante et objective en regard des différents produits financiers disponibles, se concentrant sur une gestion optimale des avoirs de son client. Son rôle réclame un niveau élevé de connaissances techniques permettant de bien comprendre les stratégies de placement alternatives en plus des enjeux fiscaux et légaux. Mme Lafortune pourra passer d’entrepreneure à investisseuse sans difficulté, pour autant qu’elle puisse disposer d’une vue d’ensemble de sa situation financière actuelle et des options qui s’offrent à elle.

Mme Lafortune s’inquiète aussi pour ses deux enfants, aujourd’hui de jeunes adultes, qui granau to m n e 2 011 Premières en affaires 57


Club de lecture LILIANE COLPRON Présidente et cofondatrice,   Boulangeries Première Moisson « Entretiens avec Henry Mintzberg. Comment la productivité a tué l’entreprise américaine » de Jacinthe Tremblay

Derrière 3 lettres, un grand nom. Le jeudi 29 septembre à 7 h 30

Fraser Milner Casgrain devient FMC. CeT entretien serA animé par Margarita Lafontaine, Éditrice de Premières en affaires Lieu : Fraser Milner Casgrain Si la nouvelle identité reflète un nouveau souffle et une attitude 1, Place Ville Marie, 39e étage, Montréal (QC) H3B 4M7

encore plus dynamique, elle témoigne également de l’expertise et

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L’impact du sabotage et son coût   sur l’entreprise P a r J a c q u e l i n e AR B OGAST Stratégies-Évolution Coach, formatrice agréée, conférencière Réseau des femmes d’affaires du Québec

Depuis quelques de temps, le terme de sabotage apparaît de plus en plus dans les articles concernant les entreprises et leur évolution. On y parle des faits, des conséquences éventuelles pour la compagnie et de l’auteur du méfait, rarement pour celui qui l’a subi… le « saboté » et pratiquement jamais du coût… Pourquoi ce manque ? Comment expliquer le peu d’informations à ce propos ? Pour comprendre cette lacune, il est important de saisir ce qu’est le sabotage. Si nous considérons sa définition : « Action qui vise à faire échouer de façon consciente, la ou les tâches de personnes ciblées », nous voyons que le sabotage peut prendre de multiples formes : une information erronée, un courriel effacé, une rumeur non fondée, un client « volé », un retard orchestré, une mauvaise décision, un commentaire destructeur, une répartition inadéquate des tâches tant dans le choix que dans la quantité ou la personne nommée, une évaluation négative… La liste est longue et reflète toute la créativité dont l’être humain est capable ! Cependant, ce sont des événements fréquents dans le monde du travail… Oui, certes, mais la différence, c’est le côté répétitif, comme un pattern inscrit dans le fonctionnement… Là, nous avons affaire à un ou des saboteurs et les conséquences sont lourdes et durables dans le temps.

démobilisation, manque de motivation, fatigue, burnout, baisse d’efficacité, perte de l’estime de soi, etc. Il y a quelques années, Volvo a fait une évaluation du coût annuel lié au climat social de l’ensemble de ses filiales et elle a obtenu un chiffre de 30 millions de couronnes suédoises (soit environ 4,5 millions de dollars canadiens !). Cette conclusion démontre que le taux d’absentéisme est directement lié à l’atmosphère régnant sur le lieu de travail, surtout dans les conflits latents ou déclarés. Imaginez alors ce que le sabotage peut coûter ! Coût en pertes financières, mais également en ressources humaines… car c’est un véritable fléau, un virus qui fait des dégâts. Malheureusement, beaucoup d’entreprises choisissent la politique de l’autruche ou ne veulent pas investir dans un programme de prévention… car cela a un prix (eh oui !), mais pas seulement financier : le risque de la remise en cause de leur gestion du personnel… Pourtant le résultat en vaut la peine. Dans le monde actuel où la concurrence est forte et où nous devons nous montrer rapides, efficaces, à la hauteur, investir pour rendre notre entreprise saine et performante est un choix gagnant ! C’est un investissement garanti à long terme, une rente assurée, un retour sur investissement…

Tout de suite, nous pouvons réaliser qu’il va y avoir des effets à deux niveaux : - ceux qui pourront être quantifiés facilement parce que tangibles : retard, baisse de clientèle, perte de contrats, absentéisme, arrêt pour maladie, perte de temps, démission, projet échoué, etc., des effets trop souvent vus comme des pertes « normales » faisant partie du fonctionnement d’une entreprise. - ceux qui sont très réels, présents, mais peu chiffrables : peur, animosité au sein des équipes, au to m n e 2 011 Premières en affaires 59


premières en ressources humaines

Pa r J o h a n n e B erry Présidente Les Services de placement Télé-Ressources

Un monde de possibilités – Emploi du secteur de la finance… Au cours des dernières années, le monde de la finance s’est beaucoup resserré, pour les raisons que nous connaissons tous. Toutefois, la finance est et restera toujours une pierre angulaire du succès d’une entreprise. C’est sans conteste un excellent choix d’études pour le futur ! Cependant, nul ne doit penser que l’obtention d’un diplôme mènera à une tranquillité assurée et une carrière immédiate. Le personnel des services financiers doit constamment rester à l’affût des changements, des règles comptables, de la gouvernance… Le secteur des finances dans le monde de l’emploi est aussi prolifique que diversifié. On peut parler d’analyste financier, analyste d’affaires, analyste gestion du risque, analyste des produits dérivés, analyste investissement ou encore de courtier, directeur de comptes, négociateur de titres, contrôleur, directeur des finances et plusieurs autres ! Les formations sont toutes aussi variées, étant donné qu’il existe de nombreuses reconnaissances officielles et certifications très spécifiques et il peut parfois être difficile de s’y retrouver !

Outre les formations universitaires en finances, voici un aperçu du lot d’acronymes qui définissent divers agréments et certifications : CA : Comptable agréé CGA : Comptable général licencié CMA : Comptable en management accrédité CFM : Accréditation en gestion financière CCP : Professionnel certifié du crédit GAP : Gestionnaire accrédité de la paie CFA : Analyste financier agréé CIA : Vérificateur interne autorisé CFE : Examinateur agréé en matière de fraudes CCVM : Cours sur le commerce des valeurs mobilières au Canada PFP : Planificateur financier personnel CSWP : Professionnel agréé en gestion stratégique de patrimoine MTI : Membre, Institut de fiducie GSPD : Gestionnaire spécialisé en produits dérivés GPC : Gestionnaire de placements canadiens FMA : Conseiller en gestion financière On retrouve des emplois en finances dans divers types d’entreprises, par exemple : • Les banques d’affaires et les courtiers • Les cabinets-conseil • Les sociétés de placements, de fonds ou de gestion d’avoirs • Les sociétés de capital de risque ou capital d’investissement • Les compagnies d’assurances et d’immobilier Pour n’en nommer que quelques-uns !

Ce type d’emploi n’est toutefois pas réservé au domaine bancaire ou financier. Plusieurs PME, grandes entreprises et agences gouvernementales ont besoin de leur propre personnel financier. On y trouvera surtout des postes de contrôleur, de directeur des finances, de vice-président aux finances ainsi que toute l’équipe qui s’occupe de la partie comptable de l’entreprise. Peu importe le type d’entreprise, les employeurs exigent, la plupart du temps, des candidats expérimentés. Il faut donc garder en tête que les stages (rémunérés ou non, lors des études) et les postes d’entrée tels qu’aux ventes, au service à la clientèle ou au sein de l’administration, demeurent une excellente voie d’introduction dans le secteur, permettant d’accéder ensuite à des postes supérieurs avec l’expérience acquise dans l’entreprise de services financiers. 60 au to m n e 2 011 Premières en affaires


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au to m n e 2 011 Premières en affaires 61


pr e m i è r e s e n famille

S’investir peut mener loin : La Banque Laurentienne salue ces parents qui rendent possibles les rêves de leurs enfants.

Valérie Côté :   un rêve en équilibrE P a r C h a r l i n e - Èv e P i l o n

Petite, Valérie Côté avait émis le souhait de faire de la gymnastique. En l’inscrivant à un cours, sa mère, Linda Taraborelli, n’aurait jamais pu imaginer à quel point elle avait visé juste. Aujourd’hui, la jeune femme âgée de 24 ans peut se vanter d’avoir atteint un grand but, soit de gagner sa vie dans un cirque. Et surtout, elle peut se vanter d’avoir des parents qui ont toujours cru en son rêve.

62 au to m n e 2 011 Premières en affaires


pr e m i è r e s e n famille

Conciliation école-passion C’est à l’âge de 8 ans que Valérie a débuté ses cours de gymnastique. En raison de son aisance et son grand intérêt, la jeune athlète est passée en peu de temps de 4 h à une trentaine d’heures d’entraînement chaque semaine. Elle était alors adolescente. Et si la jeune sportive pouvait consacrer autant d’heures à son dada, c’est qu’elle arrivait à respecter une condition non négociable établie par ses parents : que ses études n’en souffrent pas. « Elle avait de bonnes notes, raconte Mme Taraborelli, qui est directrice administration à la gestion privée à la Banque Laurentienne, et ça c’était très important pour nous qu’elle ne délaisse pas l’école au profit de la gymnastique. Souvent, elle étudiait la fin de semaine, entre deux compétitions de gymnastique ! Mon mari et moi, nous avons toujours été là pour l’encourager et assister aux événements auxquels elle participait. » Un métier peu conventionnel À l’aube de la 4e secondaire, Valérie faisait son entrée à l’École de cirque de Montréal dans un programme combinant la discipline sportive et les études. À sa troisième année au cégep, elle s’est spécialisée en équilibrisme. Lorsque qu’elle a annoncé à sa mère qu’elle voulait faire carrière dans le domaine du cirque, cette dernière a voulu mettre sa progéniture en garde, tout en l’incitant à s’accrocher à ses rêves. « Être acrobate, ça demeure un métier peu

orthodoxe et exigeant pour le corps, note Mme Taraborelli. Elle ne pourra peut-être pas le faire jusqu’à 40 ans. Aussi, comme c’est à contrats, ça peut être insécurisant financièrement. On lui a fortement conseillé de terminer ses études. D’avoir une alternative professionnelle. » Chose que Valérie compte faire d’ici l’automne en débutant une formation en tourisme ou en organisation d’événements. Mère banquière, fille équilibriste Pour une mère qui œuvre dans une banque, les aspirations de sa fille ont toujours été bien loin de sa réalité professionnelle. Ce qui ne l’a pas empêché de croire à son potentiel. « C’est vrai qu’on est très différentes Valérie et moi. D’un autre côté, elle a été sérieuse dans sa démarche dès le début et j’ai toujours su que c’était fait pour elle. C’était important pour moi que ma fille fasse quelque chose qu’elle aime. Je suis très fière du chemin qu’elle a parcouru. » La patience et la discipline de sa fille auront finalement porté fruit puisque ces dernières années, elle a été appelée à travailler pour divers spectacles de cirque dont l’un à Hong-Kong et à l’autre à Macao, en Chine. De plus, elle revient à peine d’une tournée de 15 mois en Afrique du Sud avec le McLaren Circus. Une réalité avec laquelle Mme Taraborelli a dû conjuguer. « Lorsque ma fille part en tournée, je m’ennuie. Les premières semaines sont les plus difficiles. Heureusement qu’il y a Skype ! Au moins, on peut se parler et se voir même si on est loin ! »

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jeunes premiers

ELEONORE DEROME,

une jeune avocate aux grandes initiatives pa r m a ri è v e des ja rd i ns

Avocate en droit des sociétés et des valeurs mobilières dans un grand cabinet d’avocats, Eleonore Derome est aussi membre du comité exécutif de Jeunes Canadiens en Finance et l’une des fondatrices de sa Division femmes d’affaires. Portrait d’une jeune femme guidée par ses convictions et animée par son travail, comme par ses implications.

1 - Eleonore Derome entourée de Jeunes Canadiens en Finance 2 - 3 Événements de la Division femmes d’affaires des Jeunes Canadiens en Finance. 4 - Eleonore Derome au bal annuel du Musée d’art contemporain de Montréal - « Osez la couleur ! » - Octobre 2010.

Pour devenir avocate en droit des affaires, la voie était toute tracée pour Eleonore. Elle termine d’abord un baccalauréat en administration des affaires pour ensuite entamer une maîtrise ès sciences de la gestion aux HEC de Montréal. Parallèlement à sa rédaction de mémoire, elle fait ses premières armes en gestion chez L’Oréal. Après deux années dans la multinationale, pour compléter son cursus – et par défi intellectuel, elle le précise – elle poursuit des études de droit pour finalement être admise au Barreau en 2007. Si elle désirait exercer dans le domaine du droit, Eleonore l’avoue d’emblée, c’est en grande partie grâce à un oncle qui a son propre cabinet d’avocat et à qui elle a toujours voué une grande admiration. « La notion du bon citoyen fait aussi partie de mon éducation depuis que je suis toute petite », explique la jeune femme. C’est chez McCarthy Tétrault, où elle en est maintenant à sa quatrième année de pratique, qu’Eleonore sent qu’elle peut vraiment mettre en application cette notion du bon citoyen et devenir, comme elle le souhaite, un agent de changement. Et ce, même à travers les transactions de plus haut niveau auxquelles son cabinet la mène à participer, que ce soit pour le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ.) ou la Banque Nationale du Canada. « Être directement en contact avec des gens qui changent la plate-forme du monde des affaires, c’est un grand privilège pour moi », reconnaît-elle. L’une des initiatives qui l’occupe principalement, c’est Jeunes Canadiens en Finance (JCF), un organisme qui a pour objectif de rassembler tous les Canadiens de moins de 40 ans qui œuvrent dans le domaine de la finance. JCF vise à développer des réseaux et des échanges et à encourager la formation interdisciplinaire à travers diverses activités comme des conférences et des ateliers. En outillant les jeunes pour qu’ils aspirent à devenir des chefs

64 au to m n e 2 011 Premières en affaires

de file dans leur domaine, JCF contribue ainsi à créer une communauté financière plus forte. JCF compte aujourd’hui 600 membres répartis dans ce qu’ils appellent les « chapitres » de Montréal, Toronto, Ottawa, Washington, Londres et New York. Eleonore est toutefois fière d’annoncer que c’est le chapitre de Montréal, où elle siège au comité exécutif, qui est le plus actif, avec ses 350 membres. Toutefois, quand le projet a débuté en 2006, le nombre de femmes qui y participaient se comptait sur les doigts d’une main. Devant ce constat, Eleonore et d’autres jeunes femmes dynamiques du milieu ont donc décidé, en 2009, de fonder la Division femmes d’affaires de JCF. L’objectif n’était pas de créer des sous-groupes, mais consistait plutôt à créer une plate-forme adaptée pour les femmes afin qu’elles deviennent éventuellement membres actives de JCF, et à leur montrer qu’elles ont intérêt, elles aussi, à s’échanger et bénéficier des opportunités d’affaires.


« Si Jeunesse Savait… » S’inspirant du fameux proverbe, nos Jeunes Premiers ont voulu s’enrichir des expériences et de la sagesse de notre femme couverture, Edmée Métivier. Quels sont les conseils qu’elle aurait aimé recevoir lorsqu’elle a débuté ? Après une carrière exemplaire, quels enseignements souhaite-t-elle leur transmettre ?

Si jeunesse savait... qu’une vie professionnelle a pour objectif ultime d’enrichir une vie personnelle. Ce qui veut dire que nos valeurs fondamentales doivent toujours demeurer en harmonie dans les deux cas. Bien se comprendre est la clé d’un succès professionnel et personnel. Cela nous permet de définir ce que nous souhaitons devenir comme personne et agir en conséquence. Avoir un rêve ou un objectif nous permet de marcher dans cette direction. Il ne faut pas que la direction devienne l’objectif. Pour éviter ce danger, il faut absolument être flexible et ouvert d’esprit pour regarder avec courage la réalité, voir les opportunités qui se présentent et parfois plonger dans une direction inconnue à l’affût d’une possibilité de se réaliser dans un contexte différent de ce que nous avions imaginé ! Tous les grands de ce monde ont su saisir l’inconnu et s’y lancer à fond de train. Ne soyez pas prisonnier de la forme que prend votre vie. Si les conditions et le contexte ne correspondent plus à vos valeurs fondamentales – changez-les. Cela demande courage, détermination et le désir de se définir soi-même par nos actions. Amicalement, Edmée

au to m n e 2 011 Premières en affaires 65

jeunes premiers

Depuis sa création, la Division femmes d’affaires de JCF a ainsi organisé plusieurs événements comme ce déjeuner-causerie mémorable de l’an dernier, où plus de 125 jeunes femmes s’étaient réunies pour venir échanger avec Jacynthe Côté, chef de la direction chez Rio Tinto Alcan. Elle mise également sur des activités de réseautage moins traditionnelles, sous forme de séances de yoga ou lors de vernissages au Musée d’art contemporain de Montréal, par exemple. « Je crois beaucoup en l’efficacité de ce réseau  », affirme Eleonore. Et pour cause ! En deux ans seulement, il a fait grimper la proportion de membres féminins de JCF à 25 % ! D’ailleurs, elle est fière d’annoncer qu’en juin dernier, se tenait dans les bureaux de la Délégation générale du Québec à Londres le lancement de la deuxième Division femmes d’affaires. Eleonore est également persuadée de l’importance de faire le pont entre le milieu des affaires et d’autres domaines. C’est pourquoi elle s’engage en plus auprès de la Fondation du Musée d’art contemporain de Montréal. « Toutes ces implications me permettent de faire des rencontres extraordinaires qui me servent au quotidien. » Au-delà de son travail, où elle souhaite bientôt devenir associée, Eleonore n’est donc pas à court de projets. Elle tient maintenant à assurer la pérennité de JCF en formant la relève des différents exécutifs et à s’impliquer dans différents conseils d’administration. Tout cela, en aspirant à des rôles toujours plus décisionnels. La jeune femme prend malgré tout le temps de s’investir dans une autre entreprise d’envergure qui lui tient tout autant à coeur… la préparation de son mariage, prévu pour l’été prochain !


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Stéphanie Boutin

Va léri e Lem i eux

Cofondateur

Analyste financier principal Trésorerie

Senior Vice President, Global Banking and Markets Fixed Income Products

Bombardier Aéronautique

HSBC Securities Canada

« Second is the first place loser »

« Ta force au travail, c’est la force de ton équipe »

« Plus vite, plus haut, plus loin. »

Futur CA, passionné du golf, PierreLuc Laparé voit la comptabilité comme un précieux outil afin de devenir un meilleur entrepreneur. Déjà sur les bancs de l’école primaire, il avait deux passions : le golf les fins de semaine et les chiffres les jours de classe. Son professeur de 2e année lui avait même prédit une carrière en comptabilité. Pierre-Luc a toujours vu le travail comme une manière de s’accomplir. Afin de combiner les deux passions, il décida de créer son propre emploi. Pour réussir donc passion et travail, Pierre-Luc et son ami Marc-Antoine Bovet ont fondé, à l’été 2006, une entreprise œuvrant dans la vente d’équipement de golf usagé. Cinq ans plus tard, l’entreprise vend plus de 15 000 bâtons et approvisionne les principales chaînes et boutiques de golf à travers le Canada. Cette nouvelle entreprise, créée avant l’entrée à l’université, a bien tracé la voie pour des études au HEC Montréal. Pourquoi un titre CA ? Après avoir discuté avec quelques professeurs et sa sœur, elle-même comptable agréée, il a saisi les nombreux bienfaits de la comptabilité dans la vie d’un entrepreneur : gérer les liquidités, améliorer la rentabilité et faire parler les chiffres des états financiers. C’est donc dans la perspective de pouvoir mettre en œuvre ces atouts dans son entreprise qu’il étudie actuellement en comptabilité, est stagiaire au Cabinet Samson Bélair/Deloitte et Touche, tout en exploitant son entreprise, Golf Avenue.

Stéphanie est une jeune professionnelle possédant plus de dix ans d’expérience en grande entreprise dans les domaines de trésorerie, financement, analyse financière, amélioration des processus d’affaires et gestion de la performance. Elle a découvert l’univers de la trésorerie chez Air Canada où, jusqu’en juillet 2011, elle était responsable de la gestion de risques financiers, principalement du carburant, et de la gestion des relations bancaires pour la gestion des liquidités dans plus de 30 pays à travers le monde. « J’ai eu l’opportunité de participer aux activités de financement d’avions et à la sélection et l’implantation d’un système de trésorerie. La crise financière bancaire 2008-2009 et ses impacts sur l’économie furent une expérience difficile, mais très enrichissante d’un point de vue de développement professionnel. » Maintenant dans l’équipe de trésorerie de Bombardier Aéronautique en tant qu’analyste financière principale Trésorerie, elle est responsable de la gestion des liquidités. Bachelière en commerce à l’Université McGill, Stéphanie a également fait un MBA intensif au HEC Montréal en plus d’avoir décroché le titre CFA. Passionnée, cette jeune femme s’investit toujours à 100 % dans ce qu’elle entreprend. « J’aime travailler avec des équipes multifonctionnelles, j’ai une attitude proactive et positive, orientée vers l’action et la résolution de problème et je me distingue par mon sens de l’initiative. Je crois beaucoup à la force du travail d’équipe. »

Après 15 ans de compétition internationale en patinage de vitesse, Valérie est habituée à la vitesse et aux virages à gauche! C’est à 21 ans qu’elle décide de prendre un virage vers la droite en se retirant de la compétition. Elle se dirige vers des études en finance à l’Université Concordia, pour ensuite faire une maîtrise, toujours en finance, au HEC Montréal. Tout cela, en un temps record ! Depuis 2005, elle travaille dans une sphère pointue de la finance : le marché obligataire institutionnel soit le plus grand marché de capitaux du monde. Elle le fait dans l’une des plus grandes banques mondiales : HSBC. Valérie est la seule femme à l’œuvre dans l’équipe de « trading » à Montréal. C’est un milieu très compétitif, rapide, précis, et tranchant, d’où les ressemblances avec le milieu sportif que Valérie a très bien connu. Les marchés financiers sont influencés par un amalgame de facteurs géopolitiques, socio-économiques, démographiques. Ce qui se passe un jour à Tokyo, Sydney, Londres ou New York peut influencer sa journée ou toute sa semaine de travail, ici au Canada. « On travaille dans un monde qui n’a pas de frontières ; il faut trouver et livrer les meilleures opportunités d’investissements et de financement à nos clients. » Cette femme inspirante garde toujours la forme en participant à des événements sportifs qui permettent d’amasser des fonds pour la recherche scientifique et médicale. Un esprit sain dans un corps sain.

Golf Avenue

P o r t r a i t s r é a l i s é s p a r M aya A z z i

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jeunes premiers

Pi erre- Luc L a pa ré


jeunes premiers

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LE Top de Brett Hickey : vendre le rayonnement communautaire P a r J e a n - P h i l i pp e G a g n o n e n c o l l a b o r at i o n a v e c M aya A z z i Brett Hickey veut vendre le rayonnement communautaire aux affaires. Il a la conviction profonde qu’au cœur des entreprises durables et profitables peuvent reposer des valeurs sociales sur le long terme. Brett est bachelier de McGill avec une majeure en finance et une concentration en comptabilité. Dans un contexte ardu d’embauche en 2001, il obtient un poste chez Salomon Smith Barney, la division de service d’investissement bancaire de la plus grosse institution financière au monde à l’époque. Il sera notamment appelé à préparer le modèle financier et l’analyse d’une transaction de 16 milliards $. Brett a récemment gradué du Harvard Business School. Certes, son profil est impressionnant, mais ce qui fascine chez lui c’est sa nouvelle plateforme d’investissement, Availor Group, qui fait le maillage entre le rayonnement communautaire et le développement d’entreprise. Cette plateforme, qui se rapproche beaucoup d’un modèle d’incubateur, se distingue en ayant comme fondement qu’une entreprise peut avoir un impact sur la société sans engager de coûts financiers supplémentaires. Entrepreneur et financier social, voyant les choses différemment, les Jeunes Premiers ont voulu recueillir ses conseils.

Voici son top 10 :

1 Créez une conscience et une passion pour aider les autres.

2 Soyez déterminés à éviter l’argument « c’est trop cher » pour ne pas faire ou avoir des choses.

3 Malgré des circonstances hors de mon contrôle, ma vie a toujours été une quête cons tante pour vivre une vie des plus heureuses et accomplies, en mettant tous les efforts nécessaires en place et en me poussant hors de ma zone de confort. 4 Ce ne sont pas les défis qui importent, mais bien la façon d’y répondre et surtout la rigueur d’appliquer la même passion à se surpasser. 5 Souvent, lors de démarches entrepreneuriales, nous faisons nos recherches, mais souvent, il y a tout de même des obstacles en chemin. 6 Tant et aussi longtemps que les documents ne sont pas signés et que l’argent ne change pas de mains, l’entente n’est pas conclue. 7 S’il y a une chose en laquelle l’on n’a pas de formation, c’est dans la construction, l’émer gence de cultures.

8 Entreprendre, investir et faire profiter la société peuvent coexister avec synergie.

9 Je suis au début de la trentaine, je suis vraiment heureux, parce que j’aime ce que je fais et les gens avec lesquels je travaille. 10 Créez un rêve et bâtissez-le. Ne soyez pas déconcentrés par les gens qui vous diront à quel point le processus sera difficile.

Apprenez à connaître davantage Brett Hickey grâce à une entrevue complète sur notre site web.

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Une banqUière de classe P. 20 les anges financiers : une alternative au financement traditionnel P. 8 les incontoUrnables de la finance P. 30 se convertir à l'entrepreneUriat ? PourQuoi PaS ! P. 51 Un Homme et son tableaU entrevue avec loUis vacHon P. 72

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P r e m i è r e s e n a f fa i r e s : : a u to m n e 2 0 11 : : d o s s i e r f i n a n c e

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ÉDITION SANTÉ

VISION 2020 : CINQ NOUVEAUX PILIERS DE L’INNOVATION Par Miriam Pozza P. 12

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V OYA G E D ’A F FA I R E S

L’Inde, nouvelle destination d’affaires p a r Z o é L a ff o n t a n Que l’on soit voyageur ou entrepreneur, aventurière ou femme d’affaires, l’Inde attire et fascine, mais elle inquiète aussi… Le marché indien est en pleine expansion. À la fois diversifié et concurrentiel, il peut intimider les femmes et les hommes d’affaires. Pourtant, pour qui prend la peine de s’y intéresser, il peut s’avérer formidablement lucratif. Et de nombreuses entreprises cana-diennes ont déjà su s’y installer et prospérer. Avec plus d’un milliard d’habitants, l’Inde est un marché en pleine expansion. Le pays a affiché une hausse de 7,8 % de son produit intérieur brut au premier trimestre 2011, par rapport à la même période de l’année précédente. On le compare souvent à la Chine, mais avec sa politique de l’enfant unique, la population chinoise vieillit alors que la population indienne est jeune. Le pays est encore très pauvre, mais la classe moyenne est en constante expansion. Les gens vont avoir besoin de s’équiper et le pays va devoir se doter d’infrastructures dignes de la place qu’il va gagner sur la scène économique internationale Les raisons de partir faire affaires sont nombreuses L’Inde est donc un pays où la consommation devrait de s’accroître de façon quasi exponentielle dans les prochaines décennies. Le sous-continent est aussi la plus grande démocratie du monde. Le modèle politique qu’elle a mis en place s’inspire du régime britannique et surtout, les gouvernements indiens sont plutôt stables. L’anglais est parlé couramment ; c’est à la fois la langue d’affaires et la langue qui unit le pays. De plus, l’Inde, comme le Canada, est un pays du Commonwealth et les Canadiens sont généralement bien accueillis. Si on y regarde de plus près, on constate donc vite que les raisons de partir faire affaires en Inde sont nombreuses. Principal frein au bon développement des entreprises, la corruption gangrène l’Inde à tous les niveaux de la société. Le Québec et le gou70 au to m n e 2 011 Premières en affaires

vernement du Canada disposent de bureaux à Mumbai. Là-bas, des conseillers pourront vous aider à entrer en contact avec les chambres de commerce locales. Mme Mercédès Beaulieu, directrice et membre du conseil de QIBC (Le Conseil des affaires Inde-Québec), conseille aussi de ne pas hésiter à s’entourer d’avocats pour rédiger les contrats. L’argent investi dans ces procédures est souvent très vite rentabilisé. En outre, avant de partir, sachez qu’il faudra vous armer de patience. Il faut apprivoiser le pays et sa culture. Mieux vaut envisager les opportunités d’affaires en Inde sur du long terme. « Si vous créez de l’emploi, ou apportez quelque chose à la société, vous allez recevoir de l’aide, explique Mme Beaulieu. Mais la confiance met du temps à s’installer, même après deux ou trois rencontres. » Ça y est, vous avez pesé le pour le contre et vous avez pris votre décision ? Avant de planifier vos premiers rendez-vous, il convient toutefois de prendre quelques précautions… Lors de vos premières rencontres d’affaires, il convient avant tout de bien se préparer. « Les Indiens sont souvent très pointus et dans une rencontre, ils savent exactement ce qu’ils veulent : une réponse analytique, poussée et détaillée », rapporte Mme Beaulieu, « s’ils vous posent une question et que vous ne savez pas y répondre, vous allez les mettre dans le doute… ».


V OYA G E D ’A F FA I R E S

Apprivoiser une culture riche Outre ces précautions, il convient avant de tenter sa chance en Inde, de laisser de côté un certain nombre d’habitudes. « La ponctualité ne fait pas partie de la culture des Indiens, il ne faut pas se sentir insulté », explique Mme Beaulieu. Plus important, lors des rendez-vous d’affaires, il faut faire attention à tous les signes de communication non verbaux. Ainsi, si votre interlocuteur ne vous pose aucune question et s’il ne s’agite pas lors de la discussion, il y a peu de chance qu’il soit intéressé. À l’inverse, s’il s’anime et pose des questions, vous avez peutêtre fait mouche ! Si tout se passe bien, le chef d’entreprise risque de vous inviter chez lui, car en Inde, la vie privée et la vie publique s’en-

tremêlent plus souvent que chez nous. Refuser serait considéré comme une insulte, et en plus, il serait dommage de manquer une telle occasion de découvrir la culture indienne. Les femmes doivent aussi apporter une attention particulière à leur tenue vestimentaire. Par exemple, mieux vaut éviter jupe et décolleté. On leur préférera une tenue sobre, afin de marquer une certaine distance avec ses interlocuteurs. En outre, en affaires comme ailleurs, les Indiens sont sensibles aux marques d’intérêt pour leur culture. Connaître quelques mots d’hindi ou joindre les mains en disant « Namaste » en guise de bonjour est toujours bienvenu !

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CrÉdit photos : Jolianne LM & Alexandre Chabot

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« J’aime les livres, j’aime le contenu mais j’aime l’objet aussi. Il y a certains livres qu’il faut que je touche. C’est pourquoi je prends un grand plaisir à bouquiner dans les librairies. »

Louis Vachon, Le banquier amoureux des bouquins Entrevue avec Louis Vachon, président et chef de la direction, Banque Nationale Groupe financier Pa r M a ri n e T h o m as Quand Louis Vachon entre dans la pièce, avec un énorme livre sous le bras, c’est avec humour et simplicité que l’homme, à la tête de la principale institution bancaire du Québec, nous salue. Élevé dans une famille d’entrepreneurs beaucerons, c’est pendant un cours d’économie à la Fletcher School, aux États-Unis, qu’il découvrira sa passion pour la finance. Recruté par Lévesque Beaubien en 1986, il compte alors comme cliente la Banque Nationale… avant que 72 au to m n e 2 011 Premières en affaires

cette dernière ne rachète la firme de courtage, et ne devienne finalement son employeur ! Aujourd’hui, il en est le président et chef de la direction. Au-delà d’une carrière impressionnante qui lui a permis de figurer au palmarès canadien « Top 40 Under 40 » en 2002, Louis Vachon est aussi un homme très engagé dans la communauté. Président de la campagne majeure de la Fondation de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine, il est également président du Conseil des gouverneurs associés de l’Université de Montréal. « Les grands donateurs corporatifs à Montréal sont moins nombreux qu’ils ne l’ont été. Il reste de moins en moins de grands donateurs généralistes ; il y a une tendance à se spécialiser dans un domaine. Nous, on se sent un peu obligé de s’occuper de beaucoup de causes, on ne peut ne pas dire oui à une cause plutôt qu’à une autre, on va donc naviguer de la santé à l’éducation. » Cette année, il s’investit dans la campagne de souscription pour l’École nationale de théâtre. L’année prochaine, c’est Centraide Montréal qui a déjà sollicité son aide.


S’il se sert également des nouvelles technologies pour lire, grâce à une tablette électronique, il admet avoir une faiblesse pour l’objet lui-même. « J’aime les livres, j’aime le contenu mais j’aime l’objet aussi. Il y a certains livres qu’il faut que je touche. C’est pourquoi je prends un grand plaisir à bouquiner dans les librairies ». En effet, depuis vingt ans, il porte un intérêt tout particulier aux livres anciens. Une chance que l’une des plus importantes collections d’entreprises au Canada, constituée de sept milles œuvres originales, appartienne justement... à la Banque Nationale ! « Mon premier livre de collection était un cadeau de ma conjointe. C’était la première édition de la biographie de Marlborough, écrite par son descendant, Winston Churchill. La première édition date des années vingt. Après ça, j’ai commencé à acheter tranquillement des livres qui m’intéressaient. »

Un siècle plus tard, notre banquier québécois, l’œil allumé, tourne les pages qui font défiler sous ses yeux, des photos de villes lointaines d’une autre époque. S’arrêtant sur l’une, il cherche le détail - une signature, une date, une prise de vue - qui révélera si la photo a été achetée plutôt que prise par M. de Viçose lui-même. Le carnet est également rempli d’invitations au bal, au couronnement, à tous les évènements mondains auxquels il a assisté lors de son séjour. « Je trouvais ça intéressant puisqu’il y a un lien. Bon, le banquier, je m’identifie un peu à ça, deuxièmement il y a un aspect historique. Troisièmement, il y a toujours une petite leçon : son très bon client s’est fait renverser et a perdu le pouvoir vingt ans plus tard. Par la suite, le gouvernement bolchevique n’a pas respecté ses dettes. Encore là, c’est un rappel qu’être banquier n’est pas toujours facile et que la gestion des risques joue un rôle important dans ce métier ! », s’exclame-t-il en riant. Avant de repartir en direction d’une longue journée de réunions, son lourd carnet sous le bras, en plaisantant « c’est du work-out ! »

Son dernier achat ? « Quand j’étais jeune, j’avais beaucoup aimé la Guerre des Gaules de Jules César. Alors j’ai récemment acheté la première version anglaise qui date de 1752, tout illustrée. » Pourtant, c’est un carnet de voyage qu’il a choisi de nous présenter, « touché » par cet épais livre ancien et son histoire. En 1896, Armand Courtois de Viçose, un banquier français originaire de Lyon, reçoit une invitation au couronnement d’un client, un certain Nicolas II de Russie. Commence alors un long périple qui le mènera à Vienne, en passant par Budapest, pour enfin arriver à Moscou puis à SaintPétersbourg.

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un h omme et son tableau

Et pourtant, avec un emploi du temps aussi occupé, Louis Vachon est un homme qui prend aussi le temps de se consacrer à son activité favorite, la lecture. « Ma grande passion dans la vie, c’est les livres. Les arts littéraires m’ont toujours intéressé depuis un très jeune âge, et je lis encore beaucoup ». Mais cela ne concerne pas tous les livres. « Je lis beaucoup de biographies, je trouve ça inspirant et des livres d’histoire aussi. J’adore l’histoire. »


50 ans de carrière, et 29e album pour la belle dame qui vend encore des milliers de disques et ce, dans plusieurs pays même au Japon. C’est sur une très jolie musique que Sylvie Vartan enregistre ses dernières chansons qui sont très rythmées et qui nous rappelleront gentiment l’été. Composées par des jeunes très prometteurs que nous connaissons déjà, Arthur H, La Grande Sophie, Benjamin Biolay ou encore Julien Doré, c’est un vent de fraîcheur qui souffle sur le Soleil bleu. Sylvie Vartan a chanté à Montréal et à New York dernièrement et ses plus grands succès sont toujours demandés. À plus de 70 ans, encore sur des talons très hauts, les cheveux toujours très blonds, elle nous rappelle que les Seventies, comme disent les Français, sont encore à la mode.

Janine Casevecchie a travaillé comme journaliste, rédactrice en chef et directrice de rédaction en plus d’avoir collaboré à de nombreux magazines, entre autres Marie-Claire et à L’Express et elle a conçu avec beaucoup de finesse ce petit livre de chevet qui aide ceux et celles qui veulent faire de la méditation. On y retrouve une panoplie de philosophes et de grands penseurs de toutes les époques pour nous aider à méditer tous les jours de l’année. En citant une pensée d’auteurs tels que Platon, Aristote, Marguerite Yourcenar, Confucius, Saint-Augustin, Albert Einstein, Gandhi, William Shakespeare, Simone Weil, en passant par plusieurs autres moins connus, des maîtres bouddhistes chinois, indiens ou tibétains, on s’inspire très profondément.

Ça vaut le iTunes ! 9,99 $

CrÉdit photos : Éditions du Chêne

Une idée de méditation par jour chez Chêne

CrÉdit photos : RCA - COLUMBIA GROUP

Soleil bleu de Sylvie Vartan

Ce livre est non seulement un Coup de Cœur Renaud-Bray, mais il est aussi le mien.

La planète mode Jean-Paul Gaultier. De la rue aux étoiles.

CrÉdit photos : Natacha Gysin

Nathalie Bondil, directrice du Musée des Beaux-Arts de Montréal. Jean Paul Gaultier

C’est notre amie Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal, qui a eu l’idée de monter cette fabuleuse - et le mot n’est pas trop fort - exposition. Même s’il y a beaucoup de monde qui circule en même temps, tout est si bien organisé que vous n’attendez jamais à aucune des stations. C’est facile de réserver vos billets sur Internet, vous arrivez là-bas avec votre feuille imprimée (surtout votre code barre) et c’est très convivial. Vous allez découvrir comment cet « enfant terrible » de la mode jonglait avec ses idées. Non seulement l’exposition est inspirante, théâtrale, multiculturelle, mais tellement contemporaine. L’exposition marque les 35 ans de carrière du couturier. Après Montréal, l’exposition s’installe à Dallas de novembre à février, à San Francisco de mars à août 2012, à Madrid de septembre à novembre 2012 et à Rotterdam, aux Pays-Bas de février à mai 2013. Les mannequins de l’exposition sont animés par la compagnie québécoise UBU. Ce serait vraiment dommage que vous la ratiez, c’est une expo impertinente à ne pas manquer ! Encore jusqu’au 2 octobre.

Rufus Wainwright et l’OSM Si vous n’avez rien à faire le mercredi soir 5 octobre à 20 heures, prenez des billets pour aller entendre Rufus Wainwright, l’auteur-compositeur-interprète à la voix si sensuelle. Quelques-unes des chansons de son répertoire et certains extraits du concert hommage à Judy Garland, spectacle qui a été présenté au Carnegie Hall de New York, composeront sa prestation. Le chef d’orchestre Simon Leclerc dirigera l’Orchestre ce soir-là dans Berlioz, « Le Spectre de la rose » et « Absence », extraits d’une nuit d’été alors que Rufus Wainwright fera « Five Shakespeare Sonnets ». Le mercredi 5 octobre dans la nouvelle salle de l’Orchestre symphonique de Montréal 74 au to m n e 2 011 Premières en affaires

CrÉdit photos : © Matthias Clamer

pr e m i è r e s e n culture

de Michèle Bazin Plongez-vous dans l’univers de notre rédactrice en chef, découvrez avec elle des artistes, des livres ou des activités culturelles à ne pas manquer.


Question de valeurs

La toute nouvelle Audi A6 2012

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Premières en affaires - Septembre 2011  

Le magazine Premières en affaires de Septembre 2011.

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