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INSPIROMEDIA.CA

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DONNÉES PERSONNELLES PEUT-ON ENCORE AVOIR UNE VIE PRIVÉE? AU-DELÀ DE VOS COMPÉTENCES, AVEZ-VOUS DE L’INFLUENCE?

2,95$


Tout a commencé le 23 octobre 2013. Grâce à un ami commun, nous avons eu le bonheur de faire connaissance. Nous avons échangé longtemps. Au fil de nos discussions, nous nous sommes vite dit que nous devions nous associer pour lancer un numéro spécial. Pour nous, il ne faisait pas de doute qu’Inspiro, qui s’adresse à la relève dynamique du Québec, et f. & co, qui a créé une véritable communauté créative à Montréal, devaient collaborer. Malgré son omniprésence au sein de la société, la créativité demeure largement méconnue. Nous avons donc décidé de l’aborder sous des angles nouveaux. Nous vous proposons dans ce numéro d’explorer l’histoire souvent ignorée de la créativité. Parce que la création comme acte individuel et personnel est un fait relativement récent dans l’histoire. Depuis, nous sommes toujours à la recherche d’un génie créatif à célébrer pour sa grande créativité. Pourtant, il est grand temps de jeter un nouveau coup d’oeil à l’aspect collectif de la créativité ; faire ensemble, codesigner, collaborer pour créer. Et qui dit créativité collective dit aussi vastes ensembles créatifs. C’est pourquoi nous jetons, dans ce dossier, un regard neuf sur la notion de ville créative : pour qui, pourquoi? Une ville peut-elle être créative, vraiment? Ou enfin, peut-on imaginer une ville qui ne l’est pas? Enfin, la créativité est aussi un ensemble de rites, de routines et techniques. Que vous soyez étudiant, salarié ou entrepreneur, la créativité permet de se différencier, de mieux communiquer, de développer des produits et services plus adaptés. Encore faut-il connaître ces instruments, et savoir quand les utiliser! Notre appel en est donc un à créer! Banquiers, comptables, artistes-peintres, avocats, musiciens ou graphistes, tous peuvent bénéficier de plus de créativité. Un avertissement : les pages qui suivent en contiennent une forte dose! Bonne lecture!

MAGAZINE : Éditrice Sara Leblanc Rédactrice en chef Marine Thomas Rédacteur en chef adjoint - médias numériques Francis Halin Directeur artistique Yannick Jacob Réalisateur vidéo Roch-Denis Gagnon Photographe Julie Langenegger Lachance Réviseur-correcteur Vincent Dupuis Journalistes Mariève K. Desjardins, Carine Elkouby, Daphnée Hacker-B, Fadwa Lapierre, Theodora Navarro Collaborateurs Francis Gosselin, Rachel Larivière, Isabelle Lord, Philippe Meunier, Alexandre Tellier Publicités et Commandites : Directrice comptes clients Jessy Guesnon jessy@inspiromedia.ca 514 876 1335

COMITÉ CONSULTATIF : Anthony Arquin Avocat-associé, Davies Ward Phillips & Vineberg Édith Arsenault Vice-présidente, Boutique Séduction Rémi Augé Chef de produit, AUTOMIC Léopold Bur Chargé de projets Web, Espace M Sonia Katiya Directrice de comptes, Services Financiers Commerciaux,RBC Sara Leblanc Éditrice, Inspiro Constance Lévesque Coordonnatrice chez MPC Montréal Xavier Morand-Bock Étudiant, UdeM Marine Thomas Rédactrice en chef, Inspiro POUR NOUS CONTACTER : info@inspiromedia.ca 514 876 0014 Inspiro 1117, rue Sainte-Catherine Ouest, Suite 502, Montréal, QC, H3B 1H9

Vous désirez en savoir plus? Lorsque vous voyez le signe , suivez le lien pour visionner l’entrevue vidéo! Nous voulons vous entendre! Si vous avez des suggestions, des commentaires ou des candidatures à nous soumettre, écrivez-moi à sara@inspiromedia.ca! Rejoignez la communauté & joignez-vous à nos réseaux sociaux! (crédit photo édito : Sara Leblanc : Julie Langenegger Lachance / Francis Gosselin : Pierre Antoine Lafon Simard)

Le magazine Inspiro est publié 4 fois par année. Impression : 40 000 copies / Impart Litho Imprimeur Postes Canada Convention 41502021 Copyright 2014. Le contenu du magazine ne peut pas être reproduit sans autorisation écrite. Dépôt légal - Bibliothèque nationale du Québec ISSN 2291-8795


2 e ÉDITION


PORTRAIT Le monde en chiffres

07

 4 h dans la vie 2 d'un « storyteller »

08

Histoire d'une réussite

Ils changent le monde

Jeune et Inspiré

Les 7 doigts de la main : collectif créatif

10

Boyan Slat ou comment gagner la guerre du plastique

16

Philanthropie et conseil d'administration : parce que faire du bien fait du bien

AFFAIRES

Portrait de six jeunes passionnés et engagés

17

Chronique d'un succès

12

Philippe Meunier, chef de la création, associé principal et cofondateur de Sid Lee

18

SOMMAIRE

06

Vol. 03 Num. 02

Dossier Créativité

DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE À L'ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE

26

20 21

À qui sert la ville créative?

22

Québec, paradis des effets visuels

Stratégies et techniques créatives en entreprise

24

Burning Man, paroxysme de la créativité

Décryptage

Données personnelles : peut-on encore avoir une vie privée?

28

Le pétrodollar en questions

30

Leadership

Au-delà de vos compétences, avez-vous de l'influence?

STYLE DE VIE

31

Startup coup de coeur Trendr, le réseautage 3.0  echnologie T 3 applications pour rester à l'affût de l'inspiration Recettes

32

Sorties Quels sports inusités pratiquerez-vous cet été?

33

Sports Connaissez-vous le « Fab Four » du plongeon canadien?

Les pleurotes s'invitent à table

34

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4–5


3

0 63 en chiffres 2

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LE SQUELETTE D'UN NOUVEAU-NÉ COMPREND BEAUCOUP PLUS D'OS QUE CELUI D'UN ADULTE, SOIT 350. EN GRANDISSANT, LES OS FUSIONNENT ENTRE EUX, CE QUI RÉDUIT LEUR NOMBRE À 206 UNE FOIS LA CROISSANCE TERMINÉE. w w w.sante.journaldesfemmes.com

89 MILLIARDS DE BOUTEILLES D'EAU EN PLASTIQUE SONT VENDUES CHAQUE ANNÉE DANS LE MONDE.

PLUS DE 6 MILLIARDS DE LITRES DE PÉTROLE SONT UTILISÉS CHAQUE ANNÉE POUR LA CONFECTION DE SACS EN PLASTIQUE. w w w.fooddemocracy.com

CHAQUE ANNÉE, LES REQUINS TUENT ENVIRON 6 PERSONNES, TANDIS QUE LA PÊCHE, ELLE, TUE JUSQU'À 100 MILLIONS DE REQUINS. Source : International Shark Attack File

SI L'ŒIL HUMAIN ÉTAIT UN APPAREIL PHOTO NUMÉRIQUE,

IL COMPRENDRAIT

w w w.planetoscope.com

LA QUANTITÉ DE DIOXYDE DE CARBONE ABSORBÉE PAR LA COUCHE SUPÉRIEURE DES OCÉANS AUGMENTE D'ENVIRON 2 MILLIARDS DE TONNES PAR AN. source : nasa

576 w w w.marinebio.org

MÉGAPIXELS xxxxxxxxxxxx

w w w.scienceblogs.com


24 h dans la vie D’UN « STORYTELLER » Il a été porte-parole de l’ancien premier ministre du Canada Paul Martin, journaliste pour The Gazette et à La Presse Canadienne. Justin Kingsley a aussi été V.-P., associé et directeur créatif pour des agences de publicité de renom, dont Sid Lee. Il a développé la campagne Adidas pour les Jeux olympiques de Londres de 2012 et l’image de marque du champion mondial québécois de combats extrêmes Georges St-Pierre, de l'humoriste Sugar Sammy et du sommelier François Chartier. « On m’a toujours dit que j’étais un Jack of all Trades [un homme à tout faire], mais c’est faux. Je ne fais qu’une seule chose : raconter des histoires », affirme le Franco-Ontarien, qui met aujourd’hui son génie créateur au service du Canadien de Montréal.

Justin Kingsley

Par Mariève K. Desjardins

Consultant en créativité et stratégie Scénariste de 24CH

8h 8h-11h Élu parmi les 25 Canadiens les plus créatifs par le Marketing Magazine en 2009, Justin a toujours prêté sa plume à des projets stimulants. Depuis l’automne 2014, il planche chaque matin sur la scénarisation de 24CH, une série « docuréalité » pour la télévision gravitant autour du Canadien de Montréal. « C’est peut-être le plus grand défi créatif que j’ai eu à relever », confie-t-il. Dans le but d’offrir un contenu original, il a exigé l’ajout d’une clause à son contrat : celle de ne pas traiter de hockey. « J’ai accepté d’écrire 24CH seulement à condition que je puisse entrer dans la vie des joueurs et des gens qui travaillent au club de hockey, et la raconter. Ce qui m’intéresse, c’est le monde », explique-t-il. 13h-16h L’après-midi, Justin troque sa casquette de scénariste pour celle de directeur de création. C’est à ce titre qu’il se rend régulièrement au Centre Bell pour rencontrer les équipes de direction et du marketing du Canadien de Montréal, qui lui ont offert un autre mandat d’envergure : celui de redéfinir et d’étendre la marque du CH. « Mon rôle est de trouver les meilleures façons de bâtir des ponts émotifs entre le

club et ses fans », précise-t-il. Ainsi conçoit-il, sous l'égide de la campagne « Unissons les fidèles », diverses stratégies médiatiques visant à renforcer et même à réinventer l’histoire d’amour qui unit les partisans à « leur équipe » depuis plus d’un siècle. Il a contribué par exemple à la mise sur pied du Club 1909, un programme de fidélisation qui permet à ses membres d’obtenir diverses récompenses, comme celle de voir leur nom inscrit sur la glace du Centre Bell. Il est aussi à l’origine du Chant des Glorieux, une initiative en ligne invitant chaque partisan à fournir un enregistrement où il entonne le célèbre « Go Habs Go » afin de former, ultimement, une véritable chorale lors de la réunion de toutes les voix. 16h-18h Bien qu'il soit habitué de travailler sur des projets créatifs à grand succès, notamment la conception de l’identité visuelle de l’exposition STAR WARS™ : Identités alors qu’il était à l’emploi de l’agence de pub Bleublancrouge, Justin n’hésite jamais à mettre son génie créateur au service de petites entreprises. Travailler à la stratégie commerciale d’une entreprise en démarrage représente un défi tout aussi grand que celui d’élaborer des campagnes de storytelling pour de gros joueurs connus à l’international, comme il l’a fait pour Coke ou McDonald’s. « Tout m’allume. Si tu es un vrai créatif, tu trouves de bonnes histoires partout. Tout est dans la manière dont tu les racontes ensuite. »

Il prodigue actuellement, en tant que consultant, de précieux conseils à un ami chef cuisinier qui s’apprête à ouvrir son premier restaurant et à qui il enseigne comment se forger une identité auprès des consommateurs. 20h-22h Quand il ne se rend pas au Centre Bell pour assister à un match de hockey, Justin consacre généralement ses soirées au développement de projets de création personnels. Il s’affaire actuellement à la rédaction de son deuxième roman, qui porte sur le leadership et qui devrait paraître cette année. Également formé en photographie, il prépare une exposition de ses propres photos de Georges St-Pierre prises durant leur corédaction du best-seller Le sens du combat. Enfin, il est occupé à scénariser des films de fiction et des documentaires de son cru, pour lesquels il compte également assurer la réalisation. Si tous ces projets semblent à priori éclectiques, Justin insiste une fois de plus sur le fait qu’il voit en eux un dénominateur commun, qui du reste touche au coeur de sa vocation : raconter des histoires de manière créative.

22h 6–7


Histoire d'une réussite présentée par

© Yann Boyenval

LES 7 DOIGTS DE LA MAIN

COLLECTIF CRÉATIF

Ses huit créations ont séduit près de deux millions de spectateurs dans plus de 25 pays. Le monde entier a retenu son souffle et l’a ovationnée à l’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi l’an dernier. Rencontre avec une troupe qui met en scène l’ordinaire de façon extraordinaire. Par Marine Thomas

T

out commence dans un bar de San Francisco, en 2002. Autour de la table, sept artisans québécois du cirque, venus des quatre coins de la planète, animés du même désir : mettre en scène leurs propres créations. À la fin d’une longue soirée passée à échanger des idées, le pacte de leur partenariat est scellé et leur nom trouvé. Ce sera les 7 doigts de la main. Chacun est différent, mais fait partie d’un seul tout. Ensemble, ils souhaitent mettre en place un modèle de fonctionnement qui repose sur le collectif, de manière strictement égalitaire. Et surtout, ils visent la création d’un cirque innovant, avec des spectacles à grandeur d'homme dans lesquels le spectateur peut facilement s'identifier aux artistes. « On avait envie de faire quelque chose de très près de l'humain. On était habitués de travailler dans des cirques, avec du maquillage et des costumes flamboyants. On avait envie d'une certaine simplicité et de démystifier l'artiste de cirque », explique la contorsionniste et cofondatrice, Isabelle Chassé.

INTIMES ET CONTEMPORAINS Au départ, chaque spectacle est créé en commun. Puis, petit à petit, les artistes se partagent les mises en scène afin de développer plusieurs créations simultanément. Mais tous gardent le même objectif : la sublimation du quotidien. « Nous prenons l'ordinaire et nous en faisons de l'art. Nous essayons de voir la beauté dans ce qui est laid, de transformer les choses anodines en beau, pour nous émouvoir devant la beauté de la vie et des choses qui nous entourent », développe Isabelle Chassé. L'un de leurs premiers spectacles en 2006, Traces, met en scène des artistes face à un désastre imminent. La création est leur seul antidote face à la destruction et chaque moyen d'expression est une chance de laisser leurs marques. Le succès est immense et les propulse comme acteurs de premier plan sur la scène internationale. Depuis, leurs spectacles ne cessent d’étonner et de ravir les petits comme les plus grands. Mêlant aussi bien musique, danse, théâtre, arts visuels, cinéma ou médias électroniques, ils ne cessent d’explorer et de repousser les limites du conventionnel.


© Christian Tremblay

© Roland Lorente

© Roland Lorente

© Olivier Tétreault

«Tout le monde a une part de créativité importante, une façon de penser différente, que l’on se doit d’exploiter. La créativité est partout si on s'y attarde un peu. Pour nous, la créativité, c’est d’aller exprimer des choses qui nous touchent au quotidien à travers l’exploration des émotions de l’être humain, mais aussi de l’exprimer d’une façon différente », raconte Patrick Léonard, l'un des cofondateurs. La troupe enchaîne les créations et les représentations dont Psy, Patinoire, Séquence 8, Intersections et plus dernièrement, Cuisine et Confessions. « En plus d'émouvoir et de réjouir, nous voulons inviter les spectateurs à se questionner sur leurs perceptions de la vie et de la réalité et les inciter à réfléchir sur leurs valeurs », précise le collectif. Les 75 artistes qui font désormais partie de la troupe partent faire de longues tournées mondiales. Ils ont également participé à trois éditions des Jeux olympiques, dont la cérémonie de clôture des Jeux de Turin et l’animation quotidienne de la maison du Québec aux Jeux de Vancouver. « On adapte beaucoup nos spectacles à l'international, au niveau de la langue. On apprend des bouts de textes et on fait des références à l'actualité du pays

dans lequel on joue », analyse Patrick Léonard. Le fait d’aller jouer notamment à Medellin, en Colombie, et ainsi participer à la renaissance artistico-spirituelle de cette ville autrefois rongée par le narcotrafic, leur a même valu de remporter la récompense Artiste pour la paix. « En plus du rayonnement de notre culture à l’international, je pense qu’on est des ambassadeurs du Québec au niveau de l’ouverture d'esprit », explique-t-il. ÉTAPE CLÉ Comme compagnie artistique, le grand défi est de conquérir un public différent ou de continuer à séduire celui déjà acquis. « On essaye de s'émanciper, de se renouveler et de se surprendre nous-mêmes à travers chaque nouvelle création », confirme Isabelle Chassé. En 2013, Les 7 doigts de la main ont acquis l'édifice anciennement occupé par le Musée Juste pour rire, afin de le transformer en Centre de création et de production. D’ici l’été 2016, il réunira sous un même toit les cent employés qui pourront notamment profiter d’un studio de création, de deux studios d'entraînement, et d’un atelier de réparation et d'entretien des décors et costumes. « On est vraiment à un moment

© Sara Dignard

charnière dans l’évolution et la croissance des 7 doigts. Réunir la création, la production et l’administration va créer une belle synergie qui va nous aider à passer à une autre étape », croit Patrick Léonard. COOPÉRATION ET SOLIDARITÉ Treize ans plus tard, ils restent habités par le même esprit de coopération et de solidarité, même s’ils ne cachent pas que cela n’a pas toujours été facile. « Un mariage classique, à deux, c’est déjà tout un travail… alors imaginez à sept! Surtout avec les ego et la vulnérabilité des artistes », dit en riant Patrick Léonard. « Le principal défi a été de rester ensemble, de se rappeler qu'on est plus fort ensemble que chacun pour soi. Contrer le mouvement individualiste qui est partout autour de nous pour continuer dans l'esprit collectif et de collaboration. C’est à la fois notre plus grande difficulté, et notre plus belle réussite! », conclut Isabelle Chassé.

8–9


BOYAN SLAT ou comment gagner la guerre du plastique

Un million de sacs de plastique sont utilisés chaque minute dans le monde. Non seulement notre planète croule sous leur poids, mais nos océans suffoquent à cause d’eux. Un nouveau continent est même apparu au cours des dernières années dans le Pacifique Nord, au large des côtes californiennes. Surnommé le « 7e ou 8e continent de plastique », celui-ci fait six fois la superficie de la France. Un problème auquel compte bien s’attaquer le jeune néerlandais Boyan Slat avec son projet The Ocean Cleanup. Par Francis Halin

Â

gé de 16 ans, le futur entrepreneur social vit une expérience qui marquera son destin à jamais. Alors qu’il fait de la plongée en Grèce, il prend soudainement conscience de l’omniprésence de sacs de plastique au fond de la mer. « Il y avait plus de sacs de plastique que de poissons! », raconte-t-il. Quelque temps après, il voit des personnes âgées lancer leurs déchets à la mer. Il réalise à ce moment que les habitudes de certaines personnes sont très difficiles à changer. Un an après, dans le cadre de ses études en génie aéronautique à l’Université technologique de Delft aux Pays-Bas, il se penche sur cette problématique majeure. Il entreprend des recherches fondamentales sur la pollution de plastique et songe à inventer une façon novatrice de recueillir les déchets flottant dans la mer grâce à un barrage alimenté par la force des courants

marins. « Les petits morceaux de plastique sont 40 fois plus présents que les gros en mer. Il faut donc les retirer vite des océans », plaide le jeune écologiste. Agissant comme un immense entonnoir, les barrières flottantes auxquelles il réfléchit seraient conçues pour recueillir les microrésidus de plastique, tout en épargnant le plancton et les poissons.

13 000

RÉSIDUS DE PLASTIQUE

FLOTTENT

PAR KILOMÈTRE CARRÉ

DANS L’OCÉAN. SELON LE PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR L’ENVIRONNEMENT


Ils changent le monde

« Nettoyer la mer grâce à de multiples barrières flottantes tirées par les vents et les courants naturels, tel est l’objectif avoué de Boyan Slat. »

AUDACE PURE Boyan Slat remet publiquement en question la prévision du chercheur Charles Moore, qui estime à 79  000 le nombre d’années nécessaires afin de faire disparaître les vortex de déchets dans le Pacifique Nord. Le jeune homme affirme plutôt pouvoir nettoyer cet endroit en… cinq ans! En effet, au lieu d’utiliser d’immenses bateaux pour pêcher les déchets, il songe plutôt à implanter en mer une immense plateforme ressemblant à une gigantesque raie et qui fonctionnerait sans l’intervention de l’homme, soit à l’énergie solaire, des courants et des vagues. Comme tout entrepreneur, Boyan Slat se fait dire : non. Non. Et encore Non. Ne disposant au départ que d’un maigre 300 dollars, tout décolle au lendemain de sa présentation TEDx en 2012. À partir de ce moment, Boyan Slat n’essuie plus de refus, et les encouragements proviennent de plus de 160 pays à travers le monde. Il reçoit 1 500 courriels par jour. Il amasse ainsi plus de 100 000 dollars grâce à une première campagne de sociofinancement. Quelques années plus tard, ce chiffre avoisine les deux millions de dollars.

Le jeune inventeur n’en démord pas : ce qui fait la force de son concept est sa « passivité ». Plutôt que de nécessiter une intervention humaine, il veut laisser les courants marins faire tout le travail. « Pourquoi mettre des filets dans l’océan si celui-ci peut aller à nous? », se demandet-il. Nettoyer la mer grâce à de multiples barrières flottantes tirées par les vents et les courants naturels, tel est l’objectif de Boyan Slat, qui abandonne donc ses études en 2013 pour fonder The Ocean Cleanup. ENTONNOIR MÉDIATIQUE Au mois de juin 2014, une étude de faisabilité chapeautée par une centaine de scientifiques démontre que l’idée de Boyan Slat est bel et bien réalisable. La même année, le jeune prodige est sacré l’un des 20 entrepreneurs les plus prometteurs au monde (Intel EYE50) et remporte la plus haute distinction du milieu environnemental, le United Nations Champions of the Earth Award. Certains scientifiques, qui ont par ailleurs salué l’enthousiasme du jeune homme, ont exprimé quelques doutes sur son idée, qu’ils jugent difficilement réalisable, celle-ci

posant de nombreux défis techniques (mettre au large de tels dispositifs est loin d’être une tâche facile… parlez-en aux pétrolières!) et environnementaux (la protection de la vie sous-marine est un enjeu complexe). Ne leur en déplaisent. Boyan Slat ne s’est jamais laissé intimidé par la critique et sa quête en inspire aujourd’hui plus d’un. CERISE SUR LE SUNDAE Et Boyan Slat n’a pas dit son dernier mot. Déjà, son équipe compte deux expéditions à son actif. Celles-ci lui ont permis de participer à une étude de faisabilité démontrant qu’il était possible de nettoyer une bonne partie du plastique en mer grâce à son invention. Le 5 mars dernier, Boyan Slat et son équipe partaient au large pour effectuer une étude portant cette fois sur la façon dont est réparti le plastique en mer. « Nous savons déjà que nous pouvons transformer le plastique recueilli en carburant, mais nous envisageons aussi la création de nouveaux matériaux », s’était-il réjoui avant son départ.

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PRÉSENTE

Par Marine Thomas Photos : Julie Langenegger Lachance, Assistante photos : Anouk Vallières, Lieu : La Gare


Voici six jeunes de la relève aux parcours empreints d’audace. Passionnés et engagés, ils sont la voix de leur génération et sont de véritables modèles d’inspiration pour quiconque croise leur route.

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PRÉSENTÉS PAR

SOLENNE BROUARD

CAITHRIN RINTOUL

RABII RAMMAL

35 ANS

28 ANS

24 ANS

PRÉSIDENTE, POLYSTYVERT

PDG, PROVENDER

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HUMORISTE, CHRONIQUEUR ET AUTEUR

Après avoir travaillé pour de grandes entreprises industrielles, cette passionnée d'écologie se tourne vers l'entrepreneuriat afin de réaliser son rêve : trouver un moyen de recycler le polystyrène. Issu du pétrole, ce plastique extrêmement polluant n'avait d'autre destination que la poubelle, jusqu'à présent! Avec l'aide d'un ingénieur chimiste, Roland Côté, et après deux années de recherche, elle met au point un procédé révolutionnaire de dissolution qui donne une seconde vie à tous les plastiques numéro six. « Le procédé est simple : on installe un concentrateur dans les entreprises qui y mettent directement leur polystyrène. Une fois vidangé, on réussit à produire à nouveau des granules de polystyrènes d'une qualité impeccable! » Au Québec, seulement, 60 000 tonnes de polystyrène sont enfouies chaque année. « Il y a une très forte demande du marché, car beaucoup d'entreprises sont aux prises avec des résidus de polystyrène. Le ramassage et l'enfouissement représentent pour elles un coût énorme! »

Ancien chef, Caithrin développe en 2013 un outil qui met en contact les agriculteurs et les restaurateurs. Grâce à sa plateforme de commerce électronique, site internet et application, les producteurs peuvent désormais monter un inventaire et vendre directement leurs produits frais et locaux. Toujours dans le but de favoriser une chaîne directe de la ferme à la fourchette, Provender offre également des services de logistique. Il en est convaincu, « le plus grand défi mondial du XXIe siècle sera de répondre aux grands enjeux alimentaires en trouvant des moyens de lier l'agriculture et la technologie ». En coupant ainsi les intermédiaires, la marge de profit dégagée est bien supérieure, ce qui donne davantage d'autonomie aux producteurs. « L'âge moyen d'un fermier au Québec est de 59 ans. Pour répondre à cette problématique, il faut revaloriser la profession, notamment en la rendant plus rentable. On a une opportunité de changer la manière dont l'industrie fonctionne et faire une différence dans le monde! »

FORMATION École Supérieure de Commerce de Rennes en France, Maîtrise en Affaires Internationales terminée à l'Université de Sherbrooke

FORMATION

CONSEIL

Autodidacte

CONSEIL

Il n'y a pas de magie, il faut trouver quelque chose qui te passionne, bien t'entourer et travailler fort!

Rêvez et mettez en œuvre les moyens de réaliser l'impossible.

inspiromedia.ca/solennebrouard

inspiromedia.ca/caithrinrintoul

Tandis qu'il termine ses études en design industriel, Rabii multiplie les apparitions dans les soirées d'humour. Finalement, il décide de faire de son passe-temps, la scène, son véritable métier. Attiré par l'écriture et amoureux de la langue française, il devient chroniqueur pour Urbania, puis depuis septembre pour La Presse+, où il partage, tous les dimanches, ses questionnements sur la vie, l’amour et l'actualité. « J'ai toujours écrit et dessiné, donc vraiment, j'ai conservé le même processus créatif. Ce sont juste le médium d'expression et le mode de diffusion qui ont changé ». En plus de ces activités, il a écrit deux webséries et collabore à l'émission Entrée principale sur les ondes d'ICI RadioCanada Télé. « Ce qui me passionne, c'est de pouvoir rejoindre beaucoup de gens ». Pour l'ambassadeur des Journées de la culture, aussi porte-parole de la Semaine québécoise des rencontres interculturelles, la créativité passe aussi par beaucoup de discipline. « La créativité, c'est la capacité de surprendre et de faire des liens... Mais la liberté de créer vient aussi avec une grande part de responsabilité! »

FORMATION

Design industriel, École nationale de l'humour

CONSEIL

Afin de maximiser ses chances de réussite, il faut mélanger discipline et travail acharné.

inspiromedia.ca/rabiirammal


PRÉSENTÉS PAR

MAJORIE LABRÈQUE-LEPAGE

VINCENT THÉRIAULT

CAROLINE HEALEY

33 ANS

31 ANS

ND

PRÉSIDENTE ET FONDATRICE, VELVET MOUSTACHE

COFONDATEUR, SURMESUR

AVOCATE, MCMILLAN

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Suite à différents séjours en Asie, Vincent et son frère François ont l'idée de ramener le concept du « sur mesure » en Amérique du Nord. Ensemble, ils ouvrent une première boutique où les hommes peuvent créer leurs vêtements selon leurs propres goûts sur un écran tactile. Le client peut alors choisir parmi un choix de 5 000 tissus, de nombreuses options telles que le col de la chemise, la couleur du fil, le type de boutons, etc. Après la prise de ses mensurations, le client revient quelques semaines plus tard récupérer son habit. « Une de nos forces, c'est l'accessibilité du produit.... c'est vraiment du prêt-àporter personnalisé! » Surmesur compte aujourd'hui 55 employés et quatre succursales, à Québec, Montréal, Ottawa et Toronto. « J'aime développer et ne pas avoir de limites. Tout est à faire et à créer! » Souhaitant devenir un chef de file dans son domaine au cours des prochaines années, Vincent vise une expansion du nombre de succursales à travers le Canada et aux États-Unis.

Après des débuts chez Bombardier, elle travaille pour l'Association internationale du transport aérien (IATA) et participe à la rédaction d’une entente qui deviendra une référence au niveau mondial dans l'industrie de l’aviation et qui est maintenant ratifiée par plus de 400 compagnies aériennes et autres entités du milieu de l’aviation. En 2011, l'avocate en droit des affaires décide de retourner en pratique privée au sein du cabinet McMillan. Un choix qu'elle ne regrette pas. « Il est très gratifiant de voir la valeur ajoutée qu’on apporte et la satisfaction des clients. J'aime voir la stratégie d'affaires et participer à la rencontre de deux personnes qui veulent réussir un projet ensemble ». Malgré l'horaire exigeant lié à sa profession, Caroline se consacre à de nombreuses causes. Présidente du conseil d'administration d'Art Souterrain et vice-présidente des Jeunes Ambassadeurs de l'Orchestre symphonique de Montréal, elle siège également sur le comité stratégique de Handicap International et le conseil d'administration des Amis du Jardin botanique de Montréal.

En 2009, la jeune designeure crée un coussin-peluche qu'elle vend à Simons. L'engouement est immédiat pour ses produits, qui touchent à la fois à la décoration, au monde de l'enfance, à l'art et à la mode. « J'ai vraiment dû me créer un marché. Je suis arrivée avec un produit, une peluche pour adultes, que les gens étaient peu habitués de voir... mais aujourd'hui, on les trouve même sur les divans les plus trendys! » Inspirée, la jeune créatrice continue d'inventer de nouveaux personnages aux yeux mi-clos, caractéristique qui est sa marque de fabrique. Entièrement fabriqués au Québec de manière artisanale, ses toutous sont produits localement avec des textiles écologiques. « Je suis fière d'avoir gardé mes valeurs, de ne pas être partie fabriquer en Chine, et d'avoir continué à croire au potentiel de la main-d'œuvre d'ici ». Ses 6 000 peluches et accessoires produits annuellement sont distribués dans une quarantaine de points de vente au Canada et aux États-Unis.

FORMATION Baccalauréat à l’École supérieure de mode de l'UQAM CONSEIL

Mettre du cœur dans ce qu'on fait, suivre ses passions, trouver un créneau qui n'est pas occupé par d'autres. Le Québec, pour les artisans, c'est petit. Trouver sa propre voie est donc important.

inspiromedia.ca/majoriell

FORMATION

Baccalauréat en administration à l'Université Laval

FORMATION Barreau du Québec, baccalauréat en droit (LL.B.), Juris Doctor en Common Law (J.D.) et MBA

CONSEIL

CONSEIL

On a souvent beaucoup d'idées, mais il faut savoir en prendre une et foncer.

inspiromedia.ca/vincenttheriault

Il faut être passionnée et stimulée par la réflexion juridique et avoir une grande capacité d'adaptation

inspiromedia.ca/carolinehealey

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JEUNE ET INSPIRÉE

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PHILANTHROPIE ET CONSEIL D’ADMINISTRATION : PARCE QUE FAIRE DU BIEN FAIT DU BIEN De plus en plus de jeunes professionnels choisissent de s'engager dans leur communauté, en particulier au sein des conseils d’administration d’organismes à but non lucratif. S’il est facile de comprendre les bénéfices que représente pour ceux-ci l'implication de ces bénévoles qualifiés et motivés, les bienfaits qu’en retirent les jeunes professionnels sont également multiples et souvent insoupçonnés. En voici la preuve avec mon exemple personnel.

RACHEL LARIVIÈRE rachel.lariviere@ca.pwc.com DIRECTRICE, SERVICES FISCAUX

DU PRIX DE TRANSFERT À GO-C.A. Je suis directrice dans l’équipe chargée de la pratique Prix de transfert chez PwC, une division de la fiscalité d’entreprise axée sur la détermination d’un prix de pleine concurrence pour les transactions intercompagnies des entreprises multinationales. Il s’agit d’une discipline en pleine effervescence, qui demande de rester à jour en ce qui concerne les législations sur le plan mondial et la jurisprudence en la matière. En plus d’aider une panoplie de clients dans ce domaine, je m’engage, depuis plusieurs années déjà, dans des conseils d’administration (C. A.) et des comités à vocation philanthropique. En ce moment, je siège notamment au conseil d’administration d’une compagnie de danse montréalaise et je suis impliquée auprès d’un grand orchestre montréalais dans le cadre d’événements à vocation caritative. Tout cela a commencé en 2013 avec le programme GO-C.A., auquel participe PwC : un programme de jumelage du Conseil des arts de Montréal qui vise à diversifier les membres des conseils d’administration d’organismes artistiques. Le maillage se fait par choix réciproque, en fonction des intérêts et des besoins des organismes et des jeunes professionnels participants. Si, au début, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, je me suis vite rendu compte de tout ce que cette expérience m’apportait! UN CHOIX RÉCIPROQUE, DES BIENFAITS PARTAGÉS • Un rapport gagnant-gagnant Ayant pratiqué la danse acrobatique et le ballet classique durant plusieurs années, mon implication dans le C. A. d’une entreprise du même secteur me semblait un choix évident. Il est important de s’assurer que l’engagement répond à la fois aux besoins de l’entreprise et à ceux du jeune professionnel.

• Des rencontres inspirantes et formatrices J’ai côtoyé des entrepreneurs et des créateurs déterminés, qui œuvrent dans un milieu très différent du mien, mais aussi des gens du milieu des affaires qui siègent sur le C. A. avec moi. En plus d’en apprendre sur les aspects légaux et financiers liés à la création de spectacles de danse, je trouve très rafraîchissant de mettre à contribution mes connaissances professionnelles et d’élargir mon réseau pour être en contact avec un nouveau milieu. • Des bénéfices mutuels Il est gratifiant de sentir que mes capacités professionnelles peuvent réellement apporter une valeur ajoutée à l’entreprise où, dès mon arrivée, on m’a nommée trésorière. Au cours de mon mandat, j’ai notamment pu mettre à contribution mon expérience en organisation d’événements charitables, en plus de fournir quelques conseils fiscaux. • Une gestion proactive du temps Évidemment, s’impliquer prend du temps. Il faut en être conscient dès le départ et réserver des moments dans notre horaire afin de prioriser nos engagements. Le choix d’un organisme devrait aussi prendre en considération le temps qu’il est possible d’y consacrer et les besoins de l’entreprise. De mon côté, pour réussir à maintenir un équilibre de vie sain entre mes obligations professionnelles, mes implications bénévoles et mes loisirs (je fais notamment partie d’une équipe de soccer et je réussis à trouver du temps pour m’entraîner un minimum de trois fois par semaine), j’ai banni la procrastination, avec pour résultat une efficacité garantie! J’encourage vivement les jeunes professionnels à s’impliquer!


SUC CÈS

PHILIPPE MEUNIER

Chef de la création, associé principal et cofondateur de Sid Lee

Porter de beaux habits. Avoir une bonne poignée de main. Faire de l’argent. Plus d’argent. Plus vite. Rien de tout cela n’a de rapport avec le succès. Désolé. Et je sais que ça va sûrement faire drôle de lire ça dans un magazine, mais le succès, ça ne s’apprend pas dans un magazine. Cela dit, voici quand même quelques astuces qui, dans mon cas, ont été pas mal utiles. 1/ TROUVE CE QUI TE REND UNIQUE Tout le monde est unique. Mais peu de gens savent ce qu’ils ont réellement d’unique, à part peut-être une tache de naissance ou un grain de beauté drôlement placé. Et c’est normal, parce que ce secret-là, tu dois le chercher pour le découvrir. Fait que cherche. Cherche loin. Pars t’inspirer de ce qui se vit ailleurs. Va t’asseoir sur une roche quelque part en Patagonie et demande-toi ce que tu sais faire mieux que tout le monde. Parce que faire carrière, ça ne veut plus dire partir de la campagne pour s’en venir à Montréal. Ça veut dire être partout sur la planète et avoir un impact unique.

« Oui, tu vas te tromper, mais plus tôt tu fais tes erreurs, plus vite tu peux les corriger et en tirer des leçons. » 2/ FAIS-LE Une fois que tu as trouvé cette singularité, développe-la au maximum. Pas le temps de faire une étude et de spéculer sur les peut-être; fais-le. Le temps que tu perds à parler sans agir, c’est du temps que quelqu’un d’autre investit à te dépasser. Fais-le au

meilleur de tes connaissances, fais-le avec les moyens du bord, mais fais-le. Oui, tu vas te tromper, mais plus tôt tu fais tes erreurs, plus vite tu peux les corriger et en tirer des leçons. 3/ 95-5 C’est le ratio officiel. Les gens qui réussissent sont faits à 95 % de sueur et à 5 % de talent. C’est le travail acharné et l’expérience qui te sculptent. Bien sûr que l’école est primordiale. Mais au Québec, les programmes offerts sont bien souvent incapables de suivre les changements rapides du marché. Là, je ne te dis pas d’abandonner l’école, loin de là. Mais mettons que tu veux étudier la publicité, pourquoi ne pas l’étudier dans la meilleure école de publicité? Pourquoi ne pas aussi participer aux concours publicitaires? Tu veux être meilleur que les autres, travaille plus fort que les autres.

où tu te penses assez érudit pour arrêter de poser des questions. Le statu quo n’est jamais une option viable. Ça, c’est la version polie. La version sincère : le statu quo, c’est pour les cons qui n’ont pas de vision et qui préfèrent s’attacher à celle des autres plutôt que de courir le risque de voir quelque chose d’épeurant. 5/ PLUS ON EST DE FOUS Savoir s’entourer est un art que tu dois maîtriser. De toute façon, c’est toujours plus plate de le faire seul [insérer sousentendu sexuel douteux]. Trouve des gens qui te complètent. Trouve des gens transparents, francs, fonceurs. Mais surtout, trouve des gens avec qui tu as du fun. La réussite, ça demande énormément de temps et de sacrifices. Faut bien s’amuser un peu là-dedans!

4/ MEILLEURE QUESTION = MEILLEURE RÉPONSE C’est simple comme équation : plus tu poses de questions, plus tu reçois de réponses.

En plus, la culture du « je » dans le monde des affaires est complètement archaïque. La réussite, ce n’est pas d’être seul au sommet, c’est d’avoir des réalisations dont on est fier et de les avoir accomplies avec des gens qu’on aime.

D’ailleurs, je ne suis pas du genre à croire en l’expression qui dit que « ce qu’on ne sait pas ne fait pas mal ». Au contraire, plus t’en sais, moins tu risques de te planter. Apprends-en sur le domaine qui te passionne, mais apprends aussi sur tout ce que tu vois passer. N’atteins jamais le point

Je ne répéterai jamais assez à quel point c’est important d’être unique et de savoir ce qui nous rend spécial, mais imagine ce que plusieurs personnes uniques peuvent créer ensemble en s’associant.

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Dossier

Dans sa perspective historique, l’économie est une question de débrouillardise, d'inventivité et d'heureux hasards. Et encore! Comme le veut la formule de Louis Pasteur, celui-ci ne favorise que les esprits préparés. Saviez-vous que ces heureux hasards qui agissent s’appellent «sérendipité» [voir 1 ]. L’homo sapiens des derniers millénaires serait en fait un homo faber. Un Homme qui fait. Un Homme qui crée. Mais que veut dire créer? S’il est vrai que la créativité a joué un rôle prépondérant dans l'évolution des sociétés humaines depuis des millénaires, la place centrale qu'elle occupe désormais dans la création de valeurs est un fait relativement récent. Il importe donc de connaître les racines des différents facteurs de production afin de mieux comprendre d'où nous provient cet enthousiasme pour la créativité, et surtout, où celui-ci nous mène. Par Francis Gosselin, en collaboration avec

LABOURER LA TERRE Des millénaires durant, la notion de progrès a été liée à la domination de la nature. L'essentiel de la production était le résultat d'une combinaison de deux facteurs, la Terre et le Labeur. Dans son ouvrage The Gifts of Athena, l'historien Joel Mokyr décrit la révolution industrielle comme étant le creuset de deux nouveaux facteurs de production. D’abord, l'invention successive de technologies radicalement nouvelles duquel naît un nouveau facteur auquel Marx dédie son opus magnum, Le Capital ; et ensuite la Connaissance. À ce propos, ce que révèle Mokyr, c'est que la révolution industrielle peut être décomposée en plus courtes périodes où, par-delà les avancées technologiques, ce sont principalement des transformations scientifiques qui sont venues changer la donne. Il cite en exemple les Lumières industrielles, comme étant une phase transitoire, de 1750 à 1850, où les visions de penseurs comme Francis Bacon ou Denis Diderot passent du rêve encyclopédique à un véritable programme de recherche, de partage et d'accumulation de connaissances. L'ensemble des connaissances, des plans et des brevets ont en effet joué un rôle prépondérant dans la transition d'une économie agraire à l'économie industrielle. Au titre des facteurs de production, à connaissances égales, ce sont néanmoins la détention de la Terre, l'apport du Labeur et l'acquisition du Capital qui ont déterminé la création de richesses au cours du 19e et dans la première moitié du 20e siècle. Le régime de production économique s'est modifié à nouveau substantiellement à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, et a mené nombre d'auteurs en économie et gestion à s'intéresser à la connaissance en tant que telle. Professeur titulaire à HEC Montréal, Patrick Cohendet résume ainsi cette transition : « Dans un contexte où l'information devient abondante, le facteur rare (et donc source de compétitivité) devient la connaissance,

c'est-à-dire la capacité à interpréter et traiter l'information ». À partir des années 1970, la connaissance domine la société. CRÉATIVITÉ OU CONNAISSANCE La créativité n'a peut-être pas encore supplanté la connaissance comme facteur de production, mais elle est lentement devenue un facteur de différenciation et de compétitivité important tant pour les entreprises que pour les organismes publics, les villes et les nations. L'économie créative est souvent considérée sous l'angle des industries créatives et culturelles. Ce sont là des catégories aux contours flous, qui regroupent d'innombrables activités de production à forte valeur créative. Toutefois, ce que néglige le rapport de la Conférence des Nations-Unis sur le Commerce et le Développement, c'est la transformation intrinsèque de toutes les formes d'activités économiques par la créativité [voir 2 ]. Services financiers, services professionnels, immobiliers, production manufacturière et industrielle, logistique, télécommunications : toutes sont affectées par la transformation en cours. LA CRÉATIVITÉ, UNE SCIENCE? On pourrait dire de la créativité qu'elle est la science de l'exploration systématique du champ des possibles. La créativité est un facteur économique. Au sein des organisations, elle force les différents secteurs d’une entreprise à collaborer entre eux. Dans les espaces marchands, elle contribue à réduire les intermédiaires; elle « tue le messager », permettant à ceux qui ont des idées de les partager directement avec ceux et celles qui souhaitent les acheter.

1 QU’EST-CE QUE LA SÉRENDIPITÉ? Importante en créativité, celle-ci réfère à une découverte accidentelle qui se produit sans qu’on la cherche. C'est souvent quand on arrête de chercher nos clés qu'on les retrouve sur le comptoir. Historiquement, des inventions comme le célèbre PostIt, la pénicilline et le velcro sont des inventions « involontaires ». L'expression nous vient des Trois Princes de Serendip, un conte persan de 1557 où trois princes découvrent la vraie nature d'un chameau par une série d'accidents et de hasards.

2 INDUSTRIES CRÉATIVES Le Rapport sur l'économie créative publié par la Conférence des Nations-Unis sur le Commerce et le Développement (CNUCED) en 2008 regroupe ces activités en sept catégories: le patrimoine culturel, les arts visuels et de la scène, les industries de l'audiovisuel, l'édition et les médias imprimés, les nouveaux médias, le design et les services créatifs, comme l'architecture et la publicité.

Dans l'espace politique et social, la créativité permet d'imaginer de nouvelles interactions entre les individus. Les plateformes sociales — Facebook, Twitter, Tinder — en fournissent un avant-goût. Mais c'est quand la créativité aura pleinement pénétré l'univers de la démocratie, par l'innovation sociale et politique, qu'on pourra dire qu'elle a atteint son plein potentiel.

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À QUI SERT LA VILLE CRÉATIVE? Entrepreneurs, auteurs, et journalistes ont cherché à classifier les entreprises, les villes et les pays selon leur degré de « créativité ». Pour Richard Florida [voir 3 ], la créativité d'une ville est même au coeur de sa compétitivité économique. Mais, pour Richard Shearmur, professeur d'économie géographique à l'Université McGill, ce concept est un leurre. Il est vrai que la récupération instrumentale du concept de ville créative par différents acteurs s'avère particulièrement préoccupante. L'ONU s'est emparée du concept de ville créative en créant le Réseau des villes créatives afin de promouvoir différents points de vue, souvent irréconciliables.

Qu'ont en commun des villes comme Iowa City et Bologne, Chengdu et Lyon? Pour quiconque connaît ces lieux, leurs spécificités et leurs cultures undergrounds, force est d'admettre que l’aplanissement du monde que présuppose leur mise en commun est effarant. The Economist publie le Safe Cities Index, alors que Monocle décline le Top 25 Most Liveable Cities. Ici, Montréal se classe au deuxième rang, là-bas, elle n'apparaît pas dans la liste. Comment arrive-t-on à ces classements? Nul ne le sait. Les espaces urbains ne sont-ils pas plutôt des lieux de création et de promotion, voire de « résonance » comme l'écrit Shearmur? Leur « désignation » par de prétendues autorités doit être accueillie avec un certain scepticisme. Ce n'est que lorsque leurs véritables motifs seront mis à jour que nous pourrons véritablement déterminer si oui ou non il est possible de leur attribuer quelque crédibilité. En attendant, une forte dose de prudence intellectuelle est de mise puisqu’à force de proclamer la créativité partout, celle-ci deviendra banale et sans intérêt.

3 RICHARD FLORIDA Auteur d'origine américaine, il a popularisé le concept de «classe créative». Selon celui-ci, le succès des villes créatives passe par l'attraction de la classe créative, sensible à trois facteurs : technologie, talent et tolérance. Professeur à la Rotman School, Florida s'est fait connaître notamment pour la création du Bohemian Index et du Gay Index, censés mesurer la mobilité et la diversité des villes. Bien que constituant une référence dans le domaine, sa théorie a été largement critiquée, car on lui reproche de participer à une certaine forme d'élitisme pouvant contribuer à la gentrification et à l'exclusion des «non créatifs».


Dossier

STRATÉGIES ET TECHNIQUES CRÉATIVES EN ENTREPRISE S'il est vrai que la créativité peut devenir source d'avantages concurrentiels importants, encore faut-il savoir la reconnaître, la promouvoir, et en accepter les règles. Dans les organisations d'aujourd'hui, on parle souvent de « gestion de la créativité ». L'une des techniques pour y arriver est la «pensée design». Popularisée par l'entreprise californienne de design IDEO, celle-ci s'inspire de la rigueur des designers pour proposer une série d'étapes visant à explorer une problématique par l'empathie, la définition, l'idéation, le prototypage et la validation. Remue-méninges, écriture automatique ou des outils de représentation visuelle… ce ne sont pas les sources d'inspiration qui manquent [voir 4 ]. Le business model canvas gagne également en popularité. Il s'agit de représenter les 9 briques qui traduisent les principaux aspects économiques d’une entreprise en une seule page. Une fois le canevas complété, les priorités apparaissent en un clin d’œil. Les entreprises peuvent aussi se doter de coach ou de conseillers créatifs, voire même créer des postes de directeurs de création. Cela est vrai dans les agences et au Cirque du Soleil, comme dans les banques ou les entreprises de services-conseils!

UNE RÉVOLUTION EST EN COURS Le défi de l’économie créative est la difficulté que l’on peut avoir à accorder une valeur à un objet créatif. Tous les jours, des œuvres d’art se vendent à des dizaines de millions de dollars ; c’est plus que le salaire cumulé que gagnera un employé moyen dans toute sa vie. C’est une affaire lucrative, que la plupart des artistespeintres à succès peuvent vous décrire dans le menu détail : le prix est un indicateur, il révèle l’objet, décrit sa posture. Et parfois, souvent même, une imposture. L’économie créative, en faisant de la capacité créatrice et de la combinaison des connaissances un facteur important de

MOMENTS DE CRÉATIVITÉ D’un point de vue individuel, stimuler la créativité n'est pas très compliqué. Entreprises et agences créatives vont aménager un espace dédié à la pensée divergente et aux moments de créativité. C'est le cas du Collège Sainte-Anne à Montréal qui s'est doté d'une salle de créativité, ou de l'entreprise trifluvienne Egzakt, dont l'une des principales salles de rencontre a une table au centre de laquelle traînent des pièces LEGO qui peuvent servir à représenter des idées, des concepts ou des situations par la métaphore.

gamme. La Ville de Montréal a organisé l'été dernier le Défi Info-Neige afin de créer une application d'information citoyenne sur le déneigement, mettant à contribution des cols bleus, des citoyens, des designers, des développeurs et de nombreux employés de la Ville. Cette application a connu un retentissant succès.

Plusieurs entreprises choisissent également de convertir, en partie ou en totalité, leurs retraites annuelles en moments créatifs. En mobilisant ainsi l'intelligence collective et en cocréant le plan stratégique – plutôt qu'en le « dévoilant », du haut vers le bas –, ces organisations suscitent l'intérêt et la mobilisation du plus grand nombre envers les objectifs stratégiques.

LES BONS ARTISTES COPIENT. LES GRANDS ARTISTES VOLENT! On peut très bien s'improviser créatif — nous sommes tous, bien que parfois à des degrés différents, capables de faire preuve d'imagination et d'initiative —, et à l'ère du tout numérique, rien n'est plus facile que de s'inspirer des autres. Des plateformes comme TED.com, brainpickings.com ou la communauté Behance peuvent fournir du grain à moudre. Montréal est une plaque tournante pour l'entrepreneuriat et l'intrapreneuriat créatif : des initiatives comme C2MTL, les RDV Infopresse, Creative Mornings/Montréal ou FailCamp sont des passages obligés!

Il est même possible d'ouvrir ces démarches à l'externe en faisant participer clients, fournisseurs et partenaires. Pour la multinationale américaine Procter & Gamble, le programme Connect & Develop a été un succès total : il lui a donné accès à un vaste bassin d'idées de produits, de compléments et de substituts qui viennent s'ajouter à sa

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création de valeurs, peut remettre à plat le terrain de jeu. Si à une certaine époque, il valait mieux disposer d’un héritage terrien ou financier important, ce sont maintenant les cerveaux qui sont la ressource rare.

disparaîtront, et s’il faut éviter de les maintenir en vie artificiellement, il faut parallèlement s’assurer de protéger les individus. De leur apprendre à apprendre. Encore faut-il s’en donner les moyens.

Twitter, Uber, Amazon et autres géants de l’internet sont des entreprises nées d’idées, de connaissances, de créativité. Quelle est leur valeur? Difficile à dire, sinon en suivant les va-et-vient des spéculateurs. Les barrières à l’entrée de l’entrepreneuriat ont été largement abaissées. Les outils de la création de valeur, à l’ère de l’économie de la créativité, sont plus que jamais accessibles : logiciels, matériel de création, connaissances, financiers, etc. Les intermédiaires – médias, publicitaires, banques, etc. – se trouvent face à un défi de taille quand la compétition se diversifie, s’organise, se démultiplie.

L’économie créative est un défi de taille. Les repères que nous avions pour déterminer le prix et la valeur n’existent plus. « Il n’y a pas de rubrique dans les pages jaunes pour nos services », aime dire mon associé Louis-Félix Binette. Et dans une économie créative, ce sera en effet de plus en plus le cas.

Les institutions d’hier devront, peut-être, être remplacées par de nouvelles. Des structures

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Ils sont dans la quasi-totalité des films que vous voyez. Parfois spectaculaires, parfois discrets, les effets visuels sont devenus une composante essentielle du 7e art. À ce titre, Montréal se positionne comme un centre mondial de créativité et d’innovation. De X-Men, à Hunger Games, en passant par Spiderman ou Twilight, des talents d’ici ont œuvré à la création de nombreuses superproductions. Par Fadwa Lapierre, en collaboration avec La CRÉ de Montréal

« Les effets visuels font rêver! C’est paradoxal, car ils sont réussis lorsque le téléspectateur ne s’en rend pas compte et est naturellement ébloui. Dans les salles de cinéma, personne ne reste pour le générique, l’industrie travaille souvent dans l’ombre », explique Romain Paulais, chargé de projets au Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ). Montréal est le quatrième pôle des effets visuels au monde, après Vancouver, Toronto et Londres. La métropole est devenue un centre d’excellence mondiale en émergence. « Le milieu est certainement en effervescence, confirme Romain Paulais. Montréal a construit dans les dernières années un véritable écosystème des effets visuels. Les studios locaux prennent de l’ampleur et des studios internationaux s’installent ici. C’est une industrie dynamique qui collabore à plusieurs grands projets. » EFFETS VISUELS OU EFFETS SPÉCIAUX? Ces deux termes sont souvent confondus. La scène d’explosion de voiture illustre bien les nuances. S’il y a un prototype de voiture qui explose sur le plateau, il s’agit d’effets spéciaux. S’il n’y pas de voiture, ni traces de feu, ce sont des effets visuels. Les deux peuvent être combinés, comme dans le cas d’une voiture qui exploserait sur le plateau et où des flammes seraient ensuite ajoutées par effets visuels informatisés pour accentuer l’accident. En outre, les effets visuels peuvent se présenter sous une variété de formes, comme la fausse pluie forte, le gommage d’un caméraman dans un miroir ou encore des milliers de spectateurs dans un stade. 90% DU MARCHÉ À L’ÉTRANGER Des géants étrangers comme Framestore, MPC et Cinesite ont dorénavant leur pied à terre à Montréal. Rodéo FX a pour sa part ouvert des locaux à Québec et à Los Angeles. Le studio québécois, qui fêtera sous

peu son 10e anniversaire, s’est démarqué à l’international avec, entre autres, les effets visuels de Game of Thrones, Birdman et la séquence d’ouverture du dernier Super Bowl. 90% de son marché est à l’étranger, dont une grande proportion en Californie. Le bureau que Rodéo FX a ouvert là-bas devient avant tout un lieu de rencontre, particulièrement pour discuter des différents concepts et de la préproduction. Les clients peuvent aussi y observer le matériel sur place, ce qui améliore la communication. Isabelle Langlois, vice-présidente de la production chez Rodéo FX, supervise tous les projets, de leur conception à leur livraison. Elle avoue que les studios québécois ne pourraient pas survivre uniquement avec des projets locaux. « Le nombre et la nature des films québécois, plus orientés vers le storytelling, ne permettraient pas à l’entreprise de vivre. Ici, ce n’est pas encore un réflexe d’allouer un budget de préproduction aux effets visuels. Cela se fait davantage a posteriori, contrairement à ce qui se passe à Hollywood, qui planifie initialement des millions. D’un autre côté, on travaille sur des projets locaux très intéressants, et il y a plus de latitude au niveau de la création. » CRÉDITS D’IMPÔT ESSENTIELS Qu’est-ce qui attire donc les mégas producteurs ici? La réponse réside en deux mots : crédits d’impôt. Le principal facteur de la croissance des effets visuels au Québec est financier. Le gouvernement avait instauré des incitatifs fiscaux de 20% en 2009, et ce jusqu’à tout récemment où cette mesure a été modifiée. Un projet typique coûte dorénavant 16% de plus aux clients des studios. Ce changement inattendu inquiète beaucoup l’industrie. « Il est trop tôt pour mesurer l’impact de cette décision, mais Montréal devient moins compétitive contrairement aux autres villes qui offrent encore des avantages fiscaux, fait

valoir M. Paulais. Malgré la qualité, le talent, le savoir-faire et les bonnes relations, les productions misent avant tout sur l’épargne. » Le BCTQ fait actuellement du lobbying auprès du gouvernement pour assurer la pérennité de l’industrie. PÉNURIE D’EMPLOYÉS Le secteur des effets visuels est victime de son succès! Avec son récent développement, les studios peinent à trouver de la main-d’œuvre. Des 1 500 emplois actuels, on en prévoit 2 000 supplémentaires d’ici cinq ans. Les studios recrutent même la relève directement sur les bancs d’école. Il s’agit encore de garçons en majorité, mais l’écart tend à diminuer; de plus en plus de filles s’intéressent aux effets visuels. Afin de pallier le manque de personnel, les studios font fréquemment appel à des travailleurs étrangers temporaires provenant des États-Unis ou d’Europe pour des contrats courts. Le délai d’obtention du permis de travail est parfois plus long que le contrat qu’ils obtiennent! Le BCTQ, en collaboration avec l’industrie, a fait pression auprès du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles. Le gouvernement a ajouté de nouvelles professions pour le traitement simplifié des demandes, comme producteur et gestionnaire de projets en effets visuels. Le BCTQ a également créé le site Web VFXMONTRÉAL pour promouvoir l’industrie des effets visuels québécois auprès des producteurs et attirer les travailleurs d’ici et d’ailleurs. Ces derniers peuvent y soumettre directement leur candidature. À ce jour, plus de 200 curriculums vitae ont été reçus. Toutes les nouvelles du secteur y sont aussi annoncées. La réalité des artistes en effets visuels n’est pas de tout repos. Ils travaillent régulièrement de longues heures et sous pression. « Il faut être passionné, c’est un domaine difficile, reconnaît Mme Langlois, ancienne artiste et aujourd’hui gestionnaire. Ce sont souvent des projets de longue haleine, très riches artistiquement. On


travaille parfois durant des mois pour un seul effet visuel, mais c’est un univers stimulant. Nous sommes la dernière étape avant l’affiche à l’écran, on ne peut pas repousser la livraison! » L’ego a rarement sa place dans le milieu, les artistes devant demeurer flexibles en fonction des besoins du client qui n’a souvent qu’une vague idée de ce qu’il souhaite avant de le voir sur écran. C’est un monde d’« essais-erreurs ». © Fox Searchlight Pictures

© NBC Sports

© Universal Pictures

© HBO

LES EFFETS VISUELS AU QUÉBEC EN CHIFFRES UNE VINGTAINE DE STUDIOS 1 500 EMPLOIS 12 445 PLANS 96,6 MILLIONS EN CONTRATS

35 PRODUCTIONS ÉTRANGÈRES 26 ANS : L'ÂGE MOYEN DES TRAVAILLEURS 63 600$ : LE SALAIRE MOYEN

*Chiffres tirés du Bilan d’activités 2013-2014 du BCTQ et du rapport présenté à la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise

NON AU PIRATAGE! Dans leurs contrats, les studios doivent toujours respecter une panoplie de clauses de confidentialité. Ils doivent aussi se plier à de hautes mesures de sécurité et être accrédités par des audits spécialisés afin d’éviter le piratage. Il est difficile de savoir sur quels projets les studios travaillent, parfois même après la sortie du film! « Des centaines de millions de dollars sont en jeu pour les producteurs, explique Mme Langlois. Tout le marketing réside dans le secret. Une fuite peut susciter des pertes financières énormes. Nos artistes ont accès aux images et au script des films, nous avons une équipe technique qui s’assure que ces informations ne peuvent pas sortir de notre réseau et qu’aucune personne non autorisée ne puisse y entrer. » À l'occasion du Printemps numérique, qui se déroule jusqu’au 21 juin, plusieurs activités auront lieu en collaboration avec des studios liés aux effets visuels pour démocratiser cet art, par exemple Effects MTL, le sommet de l'industrie des effets visuels les 10 et 11 juin.

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PAROXYSME DE LA CRÉATIVITÉ

Véritable phénomène sur la planète des festivals, le Burning Man mêle liberté, intensité et créativité en plein cœur du Black Rock Desert du Nevada aux États-Unis. Pleins feux sur un rassemblement unique. Par Theodora Navarro

Sous le soleil brûlant du Nevada, des constructions s'érigent lentement vers le ciel. Tout autour, des « burners » - nom servant à désigner les participants au festival Burning Man - venus des ÉtatsUnis, du Canada, mais aussi d'Asie ou d'Europe de l'Est. Le moment venu, ils mettront le feu à leurs géants de bois, sous les cris parfois hystériques des 40 000 habitants de ce village éphémère. Chaque année, à la fin août, le Black Rock Desert devient l'un des endroits les plus peuplés du coin à l'occasion du Burning Man, l'un des festivals les plus courus de la planète. La créativité en est la règle ; la liberté, une forme de religion. Ils sont des centaines d'artistes à participer à la construction de ces édifices un peu fous. À fouler le sable de Black Rock City,

on découvre des personnages de plusieurs mètres de haut, des yachts du désert, des maisons-voitures. Environ 600 « art-cars » parcourent ainsi le festival, stimulant l’expression artistique et la création d’espaces de jeu temporaires. Au rythme de leurs mouvements et de leurs constructions, l'horizon se constelle alors de ces structures incroyables : toboggans, murs d'escalade, escaliers, cabanes... Mais toute créativité possède ses règles implicites et les artistes triés sur le volet ne s'expriment pas en dehors de tout cadre. À chaque édition, un thème est choisi - on dit même qu'il s'agit du choix du créateur du festival lui-même.


« TU ES LE SPECTACLE » Si les sculptures sont les représentantes les plus emblématiques de la folie créative du festival Burning Man, celle-ci est partout, portée par chacun des burners. Un « virgin », ou nouveau participant, en témoigne : « Tu ne viens pas voir le spectacle, tu es le spectacle. » Et tout le monde amène sa pierre à l'édifice. « Nul ne se sent jugé, ou retenu, tout le monde se laisse aller, sans se poser de questions », témoigne Glenn Grant, correspondant de Montréal pour le festival. Le long de la « playa », comme l'appellent les festivaliers, on aperçoit cette créativité dans les maquillages, dans les musiques éclectiques qui résonnent au cœur de chaque campement, dans les prestations artistiques... Les tenues des festivaliers elles-mêmes sont une ode à la poésie : des jeunes femmes, gainées au yoga, arborent des bikinis et des bottes en agitant leurs plumes sous le soleil. À leurs côtés, les hommes se parent de tenues minimalistes, en portant des kilts colorés... y compris les gardes forestiers locaux! Pour les burners fidèles, le clou du spectacle reste l'embrasement du Burning Man, ce personnage indétrônable qui symbolise la naissance de ce festival improbable. Et si ses cendres se mêlent désormais au sable du désert du Nevada plutôt qu'à celui de Baker Beach, plage de Californie où il est né, son envergure - 33 mètres de hauteur contre à peine 3 en 1986 - est proportionnelle au nombre grandissant de ses adeptes. Ce qui fait l'intensité du festival est son caractère éphémère. «À la fin, vous ne devez laisser aucune trace », rappellent aux débutants les vidéos de préparation. Neuf jours de liberté et de créativité intense, pour qu'à la fin il ne reste plus rien. Tout brûler, pour tout reconstruire. Ainsi se vit le Burning Man.

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PEUT-ON ENCORE AVOIR UNE VIE PRIVÉE?

Depuis les révélations en juin 2013 d’Edward Snowden portant sur le système de surveillance mis en place par l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), les Canadiens semblent davantage sensibilisés à la question de la protection de leurs données personnelles. L’alerte lancée par l’ancien employé de la NSA soulève surtout plusieurs questions, dont celle, centrale, de l’existence d’une vie privée dans un monde où nos informations circulent toujours plus vite grâce aux nouvelles technologies. Par Carine Elkouby

DONNÉES VS MÉTADONNÉES DONNÉES : Ce sont toutes les informations liées à une personne, transmises directement ou indirectement par cellesci. Concrètement, il peut s’agir de renseignements fournis à une institution comme le nom, le prénom, la date et le lieu de naissance, les coordonnées, l’éducation, mais aussi des données plus sensibles comme le numéro d’assurance sociale, le casier judiciaire, le dossier médical ou bien encore des données financières. Avec le développement des nouvelles technologies, il faut aussi désormais ajouter à cette liste les données incluses dans nos téléphones cellulaires ou nos ordinateurs et utilisées comme ressource par nos applications : contacts, photos et vidéos, localisation, etc.

MÉTADONNÉES : Ici, on aborde la question des données non pas sous l’angle du contenu, mais en considérant le médium qui va permettre de les faire circuler, comme les relais des opérateurs téléphoniques ou les serveurs d’un fournisseur d’accès internet. Ceux-ci génèrent des informations appelées métadonnées sur lesquelles aucun contrôle n’est possible. Des traces précieuses, comme le nombre, la fréquence ou la durée des appels téléphoniques peuvent en dire beaucoup sur nous, nos habitudes et nos préférences et peuvent être facilement récupérées à des fins commerciales ou sécuritaires.

DATES MARQUANTES

ANNÉES 70 Les préoccupations au sujet de la protection des renseignements personnels émergent au Canada au moment où les ordinateurs deviennent d’importants outils, tant pour le gouvernement que pour les grandes entreprises.

1977 Le Canada adopte une première disposition fédérale sur le respect de la vie privée dans le secteur public, en conformité avec la Loi canadienne sur les droits de la personne. Cette disposition crée la charge de Commissaire à la protection de la vie privée du Canada et attribue à ce dernier le mandat de recevoir les plaintes du grand public, de mener des enquêtes et de présenter des recommandations au Parlement.

1ER JUILLET 1983 La Loi sur la protection des renseignements personnels entre en vigueur, en même temps que la Loi sur l’accès à l’information. Elle établit que les renseignements personnels d'un individu recueillis par une institution fédérale ne peuvent servir qu’à cette institution, sauf si la sécurité nationale est menacée. Par ailleurs, tout individu a le droit de demander l’accès à ses renseignements.

1ER JANVIER 2001 La Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques établit des règles qui régissent la collecte, l’utilisation et la communication des renseignements personnels dans le secteur privé et dans le cadre d’activités commerciales. Essentiellement, elle cherche à concilier le droit à la vie privée et le besoin raisonnable qu’ont les organisations de recueillir, d’utiliser et de communiquer des renseignements à des fins économiques.


Décryptage

RISQUES BEL ET BIEN RÉELS Dans un monde où la science-fiction d’hier est devenue la réalité d’aujourd’hui, l’enjeu principal pour les utilisateurs reste la maîtrise de ce qu’ils partagent. La conscientisation et la vigilance tendent à s’imposer. Les menaces sont multiples. Il y a évidemment la récupération de données dans le but d’en faire un usage frauduleux, mais aussi le psychomarketing et la publicité ciblée en fonction du profil déterminé par la récupération d’informations, par exemple lors de recherches Google. Dans le cas des métadonnées, la loi est muette à ce sujet au Canada, comme ailleurs dans le monde. Elles appartiennent au fournisseur d’accès qui en dispose comme bon lui semble. Le documentaire Citizenfour illustre parfaitement le problème de la sécurité des appareils numériques que nous utilisons quotidiennement. Ordinateurs, télévisions et téléphones sont désormais tous équipés de webcam et de micro capables de récupérer nos conversations lorsqu’ils sont connectés à internet ou bien d’évaluer le nombre de personnes en train de regarder un programme dans le cas d’une télévision intelligente. Selon Stéphane Leman-Langlois, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la surveillance et la construction sociale du risque, « il faut plus que jamais se préoccuper de qui fait quoi avec nos données et essayer d’avoir un contrôle dessus. Pas dans le sens d’un repli, car les réseaux sociaux et autres nouveaux outils de communications offrent de belles possibilités, mais dans le sens d’une vigilance quant à leur utilisation ».

SÉCURISEZ-LES! Comment? Tout d’abord, en s'informant bien des conditions d’utilisation et en réglant les paramètres de confidentialité des réseaux sociaux ou des applications. « C’est un peu comme lorsqu'on traverse la rue. Il faut regarder à gauche et à droite. Si on regarde juste à gauche, on prend le risque de se faire renverser par la droite », explique Stéphane Leman-Langlois. Ensuite, il existe quelques gestes simples pour sécuriser nos communications et nos données. En premier lieu, le chiffrage. Que ce soit pour sécuriser le contenu de nos courriels ou encore de nos données sur notre téléphone cellulaire, c’est un geste à la portée de tous. Pour le téléphone cellulaire, il suffit d’aller dans les paramètres de sécurité de l’appareil et de sélectionner l’option « chiffrer le téléphone ». Pour les courriels, il est possible d'installer un logiciel de chiffrement qui rend le contenu de nos échanges illisible et en assure la confidentialité, comme Pretty good privacy. Que faire? Déconnecter ses appareils du réseau lorsqu’on estime cela nécessaire ou encore mettre un cache sur sa webcam. « Et on peut toujours faire le choix de ne pas avoir ce type d’appareils ou de ne pas installer d’application! », ajoute-t-il.

C51 : DOIT-ON CRAINDRE L’ÉCHANGE DE DONNÉES? Le projet de loi contre le terrorisme déposé par le gouvernement conservateur a pour but de donner plus de pouvoir aux services de renseignements en réponse aux derniers attentats menés au pays et ailleurs dans le monde. Par rapport aux données personnelles et aux renseignements détenus par les ministères ou toute autre institution gouvernementale, le grand changement résiderait dans la circulation de ces informations entre les différentes institutions. Si la loi est adoptée, elle permettra au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) de disposer de renseignements détenus par le fisc, les douanes, les télécommunications au motif d’une menace terroriste. Ce qui inquiète les opposants à ce projet, c’est que sous couvert de sécurité et de lutte contre le terrorisme, les Canadiens soient de plus en plus surveillés et que leur vie privée soit significativement réduite. BIG BROTHER EST DANS VOTRE POCHE! Avez-vous vraiment lu les conditions d'utilisation lorsque vous avez téléchargé la populaire application de messagerie de Facebook? Vous seriez ainsi sûrement surpris d'apprendre que vous avez autorisé l'entreprise à envoyer des textos et effectuer des appels, prendre des photos ou se servir du micro pour enregistrer vos conversations, à votre place, depuis votre téléphone... n’importe quand et sans votre consentement!

26–27


LE PÉTRODOLLAR EN QUESTIONS

...

C’est un sujet qui suscite passions et débats ici comme à l’étranger. Mais que sait-on vraiment du pétrodollar? D'où vient-il? Et, surtout, quel est son impact sur l'économie mondiale? Par Sara Leblanc

QU’EST-CE QUE LE PÉTRODOLLAR?

Le terme « pétrodollar » proviendrait d'un professeur de Georgetown University en 1973, au moment où le prix du pétrole a fortement augmenté. Le pétrodollar signifie donc l'argent provenant de la vente du pétrole. Les pétrodollars visaient

initialement l'argent reçu par les pays du Moyen-Orient et les membres de l'OPEP*. Les pétrodollars sont ainsi la principale source de revenus de nombreux pays du Moyen-Orient et d'ailleurs dans le monde (Venezuela, Canada et Russie...).

QUELQUES DATES IMPORTANTES...

Fin 1840 Un géologue canadien, Abraham Gesner, invente le kérosène, issu du raffinage du pétrole. Ce produit remplacera l'utilisation de l'huile de baleine dans les lampes. Gesner sera connu plus tard comme étant le «père de l'industrie pétrolière».

1859 Le premier puits de pétrole d’une profondeur de 21 mètres est creusé en Pennsylvanie aux États-Unis. Cette date est souvent citée comme un moment clé dans le début de l'ère commerciale du pétrole.

1935

1960

Invention du Nylon, la première fibre au monde purement synthétique à base de pétrole. Cette découverte est suivie par l’invention du Polyester, en 1950.

Création de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP). Les membres fondateurs les cinq pays suivants : Iran, Irak, Koweït, Arabie Saoudite et Venezuela.

QUELS SONT LES TROIS CHOCS PÉTROLIERS? 1er CHOC PÉTROLIER Un « choc pétrolier » est dû à une croissance trop rapide du prix du pétrole impactant négativement la croissance économique mondiale. 1973-1974 : En octobre 1973, débute la guerre de Kippour, une coalition d'États arabes menée par l'Égypte et la Syrie qui attaque l'État d'Israël. Suite à cette attaque, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) est créée sous l’égide de l’OCDE. Incluant initialement 16 pays, l’agence en comprend aujourd’hui 29. Au lendemain de la crise, l’OPEP prend la décision d’augmenter le prix des barils de pétrole de 70%, suivi par une réduction de la production pétrolière de 5% par mois.

2e CHOC PÉTROLIER 1979 : La révolution iranienne qui transforme l'Iran en République islamique commence. Les pays consommateurs de pétrole augmentent leur demande afin de prévoir des réserves. L’Arabie Saoudite décide donc de diminuer sa production pour réduire l’offre. La situation politique entre l’Iran et l’Irak se détériore et les deux pays tombent en guerre. De 1980 à 1988. Le prix du pétrole augmente alors jusqu’à atteindre les 39 dollars le baril. Ce choc pétrolier est le point de départ d’une crise économique qui s’étend jusqu’en 1982.

3e CHOC PÉTROLIER 2008 : Ce troisième choc pétrolier n’est pas dû à des tensions géopolitiques comme les deux premiers, mais bien à la crise économique elle-même. Le baril stagne entre 20$ et 25$ jusqu’en 2003, pour ensuite atteindre un record de 144.27$ en juillet 2008. 2015 : Les prix chutent de plus de 50% sur les marchés de New York et de Londres, passant de plus de 100$ à moins de 50$ le baril.

Organisation des pays exportateurs de pétrole


Décryptage

QUEL EST L’IMPACT DE LA RÉCENTE CHUTE DES PRIX DU PÉTROLE SUR LE CANADA? À la mi-avril, le Fonds monétaire international a tiré la sonnette d'alarme. L'organisme a revu à la baisse la croissance économique du Canada principalement en raison des chutes du cours de pétrole. Environ 30% des investissements des entreprises canadiennes concernent le secteur du gaz et du pétrole. Dû à une diminution de forage, il y a près de 25 000 emplois à risque au Canada. Selon le Directeur parlementaire du budget, le gouvernement fédéral aura 5 milliards de dollars en moins. Afin de contrer les effets de cette chute, la Banque du Canada a pris la décision d'abaisser son taux directeur en début d'année. Quelles en sont les conséquences? Pour le consommateur : Avec des taux d’intérêt et hypothécaires avantageux, plusieurs secteurs deviennent attrayants, par exemple l’immobilier, ou encore le marché de l’automobile. Stephen Poloz, gouverneur de la Banque du Canada, reconnaît que la baisse du taux directeur pourrait amener les ménages à s'endetter davantage. Mais il souligne du même souffle que cette baisse devrait en contrepartie avoir un « effet tampon sur le chômage ». Pour le Québec : C’est une bonne nouvelle, puisqu'il paie actuellement 11 milliards de dollars d’intérêt sur sa dette. Avec un taux d’intérêt plus bas, le Québec déboursera un peu moins cette année. Pour les exportateurs : C’est également une excellente nouvelle. Quand les taux d'intérêt et le dollar canadien diminuent, les produits manufacturiers deviennent beaucoup plus attrayants pour l’exportation.

COMMENT LE POUR QUELLES RAISONS LES PRIX PÉTROLE EST-IL DU PÉTROLE ONT- UTILISÉ? que la majorité du pétrole produit ILS BAISSÉ DEPUIS Saviez-vous mondialement est utilisée par le secteur du transport. Le pétrole est également employé JUIN 2014? pour les éléments suivants : 1 États-Unis : Nos voisins du Sud ont produit deux fois plus de pétrole de schiste qu'en 2006. Même si ce type de pétrole devrait diminuer au mois de mai par rapport au mois d'avril, selon l’Administration américaine d’information sur l’énergie (EIA). 2 Chine : Le PIB de la Chine a augmenté de 6,8% au lieu de la croissance attendue de 8% à 9%. 3 Les pays de la zone euro ont une croissance beaucoup plus faible qu'auparavant. Au mois d'avril, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, estimait que la zone demeurait fragile. Ces pays en ont donc moins besoin.

• La pétrochimie : La science qui transforme le pétrole en des composés chimiques de base, sert à produire environ 99% des matières plastiques comme les adhésifs, les fibres synthétiques, les cosmétiques, les pesticides, les détergents, les médicaments, etc.

4 Premier exportateur de pétrole dans le monde, l'Arabie Saoudite continue de produire énormément de pétrole et de garder les prix bas pour faire pression sur l'Iran, le Venezuela et la Russie.

Bref, il y en a partout même dans vos caméras, cartes de crédit, antibiotiques, baumes à lèvres, chandelles, balles de tennis, brosses à dents, parfums, aspirines, etc.

Pour en savoir plus, visionner la capsule du journaliste économique d'ICI Radio-Canada Gérald Fillion : Comprendre le pétrole en 3 minutes avec Gérald Fillion.

PRIX DU BARIL DE PÉTROLE DE 1986 À 2014 * Source : Radio-Canada

• Les maisons et les immeubles : Afin de chauffer les maisons et les immeubles, le « gaz de pétrole liquéfié » (80% butane et 20% propane) est utilisé. Provenant du raffinage du pétrole (40%) ou du traitement du gaz naturel (60%), il se retrouve également dans vos maisons, par exemple pour produire l’eau chaude ou encore pour cuire votre nourriture sur le barbecue.

140$ 120$ 100$ 80$ 60$ 40$ 20$ 1986

1989

1992

1995

1998

2001

2005

2008

2011

2014

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AU-DELÀ DE VOS COMPÉTENCES, AVEZ-VOUS DE L’INFLUENCE? Dans ma pratique, je vois trop souvent des personnes brillantes et archi compétentes se faire damer le pion par d'autres qui ne possèdent pas toujours un bagage aussi solide. Ce que ces derniers maîtrisent en revanche, c’est une habileté de communication essentielle : ils savent se faire valoir et exercer de l’influence. À compétences égales, c’est un net avantage. Heureusement, cela s’apprend. Par Isabelle Lord, CRHA, experte en

communication de gestion, coach professionnelle certifiée (PCC) et formatrice, présidente de Lord Communication managériale

AVEZ-VOUS AUTANT D’INFLUENCE QUE VOUS LE MÉRITEZ? Les hommes et les femmes qui se hissent jusqu’aux plus hautes fonctions ne sont pas seulement les plus compétents dans leur domaine, ce sont aussi des gens à qui l’on accorde une grande crédibilité. C’est ce qui explique qu’ils arrivent à influencer les décisions. Si vous aspirez aux hautes sphères, je vous invite à évaluer l’influence que vous avez auprès de vos pairs, comme de vos supérieurs et de vos clients. Pour vous guider dans cette auto-évaluation, je vous propose un mini-questionnaire. DES SIGNES QUI NE TROMPENT PAS Durant la dernière année, combien de fois vous êtes-vous inscrit à l’ordre du jour du comité de direction ou avez-vous été invité à le faire? Combien de fois des collègues, des supérieurs ou des clients vous ontils consulté — de manière formelle ou informelle — à propos d’orientations devant mener à des décisions stratégiques? Vous est-il arrivé souvent d’avoir à « refaire vos devoirs » après avoir présenté vos dossiers, autrement dit d’être obligé de présenter deux ou trois fois vos dossiers avant de les voir débloquer? En général, si on ne cherche pas à connaître votre avis, si on ne s’empresse pas de vous en donner un lorsque vous le sollicitez, si vous vous sentez constamment sur la défensive en présence de vos supérieurs, vous pouvez y voir des signes que votre pouvoir d’influence est mince. Et ce, malgré vos compétences. LES PETITS GESTES QUI MINENT VOTRE CRÉDIBILITÉ Votre capacité à influencer ne dépend pas seulement de vos compétences ou de votre

feuille de route, mais en grande partie de votre façon de communiquer. Par exemple, en réunion, avez-vous l’habitude de commencer vos interventions avec des formules réductrices du genre : « J’ai une petite idée » ou « Je ne sais pas ce que ça vaut, mais j’aimerais… » qui sabotent votre impact? Quelle est votre posture physique et que faites-vous de vos mains? Ne les gardez pas sous la table et n’arrondissez pas le dos ni les épaules : vous diminuez ainsi votre présence. Devant le comité de direction, ne regardez pas seulement la personne hiérarchiquement la plus haut placée, cela dénote de l’insécurité, mais posez plutôt votre regard sur toutes les personnes présentes. Enfin, assurez-vous de boucler vos présentations de façon à engager vos interlocuteurs et surtout ne négligez pas le suivi : faites-le auprès des bonnes personnes et soyez systématique. SE VOIR DANS L’ACTION Même si vous faites votre examen de conscience le plus sérieusement du monde, vous aurez du mal à vous voir objectivement. Pour cela, il faudrait que vous puissiez être filmé en action. Les équipes sportives ont accès à ce genre de « feedback » pour perfectionner leur jeu, mais pas les gestionnaires ni les professionnels. À défaut, vous pouvez demander l’avis de quelqu’un en qui vous avez confiance et qui vous a déjà vu en action. C’est un exercice exigeant que vous devrez faire en toute humilité, dans l’optique de vous améliorer. Une place au sein du cercle d’influence n’est jamais offerte sur un plateau d’argent, elle se gagne ; parfois, de haute lutte, mais le jeu en vaut la chandelle.


StartUP

COUP DE CŒUR À chaque numéro, la rédaction vous fait découvrir son coup de coeur parmi les startups de la relève québécoise.

Trendr le réseautage 3.0 Par Marine Thomas

Tous les professionnels vous le diront : la clé d'une belle carrière repose sur le réseautage. Alors on multiplie les 5@7 à la recherche d'un futur client ou d'un contact potentiel. Pourtant, qui n'est jamais ressorti déçu de ces évènements? Même pour les plus aguerris maîtrisant parfaitement l'art de distribuer leur carte d'affaires, les probabilités de faire une rencontre déterminante restent assez faibles. Avec son application, Trendr propose de laisser de côté le hasard et de révolutionner notre façon de réseauter!

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APPLICATIONS POUR RESTER À L’AFFÛT DE L’INSPIRATION

EXIT LINKEDIN! Voici enfin une solution virtuelle qui repose sur des rencontres réelles. Son slogan « Où vous serez dans cinq ans dépend de qui vous rencontrez aujourd'hui », a pour objectif avoué de ramener le face-à-face dans notre manière de faire des affaires. Son fonctionnement est très simple : Trendr est l'équivalent de Tinder pour les professionnels. Selon votre localisation, vous pouvez voir qui se trouve autour de vous. Vous pouvez interagir avec cette personne et/ou solliciter une rencontre. Si la personne accepte, l'application se charge de trouver le café le plus proche et vous donne vingt minutes pour vous y rendre. Déjà prometteuse, la nouvelle version de l'application élargit encore les possibilités. Désormais, les associations et regroupements professionnels peuvent créer des groupes fermés pour permettre à leurs membres de réseauter entre eux.

Mais surtout, elle permet de se présenter à un évènement, de voir en temps réel qui y est présent et de proposer directement une rencontre. CONFIDENTIALITÉ Pour ceux qui seraient inquiets de la confidentialité, sachez que vous pouvez vous rendre invisible en tout temps et que vos communications et informations personnelles sont cryptées. Enfin, votre localisation précise n'est jamais révélée, seule la distance qui vous sépare l'est. Gratuite, l'application propose un forfait premium qui recherche automatiquement des personnes avec lesquelles vous partagez des intérêts communs. Ainsi, si vous êtes à la recherche d'un emploi, ou si vous êtes un entrepreneur à la recherche d'un partenaire, l'algorithme identifiera pour vous des prospects potentiels. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un excellent réseautage!

L’inspiration peut nous surprendre à n’importe quel moment. Le créatif averti se doit donc de rester attentif! Nous proposons trois applications mobiles qui vous permettront d’être toujours à l’affût. Et, comme vous pourrez le voir, créativité ne rime pas nécessairement avec complexité.

Par Alexandre Tellier, Directeur, Recherche, imarklab

POCKET repose sur un concept bien simple : la possibilité de sauvegarder le contenu de n’importe quelle application. Par exemple : La Presse Mobile, Flipboard ou encore YouTube. Une fois sauvegardés, vous pourrez relire les contenus ou les visionner à votre convenance et même les archiver. Génial pour conserver les petits bijoux sur lesquels on peut tomber occasionnellement. L’application ne présente rien de super innovant, mais elle est très bien exécutée et gratuite! Disponible pour iOS et Android

VECTORSNAP permet de « vectoriser » vos photos, c’est-à-dire de faire ressortir la silhouette des objets, qui peut ensuite être utilisée dans un schéma ou un pictogramme. C’est utile si vous avez un site web et êtes à la recherche d’images pour illustrer votre contenu. Prenez une photo, transformez-la un peu, et le tour est joué! C’est particulièrement intéressant pour présenter des images d’objets anodins de façon différente. Disponible pour iOS seulement en mode freemium.

BAMBOO PAPER MEMO Votre petit carnet en papier se verra (malheureusement?) remplacé par cette application toute simple. Elle vous permet de prendre des notes manuscrites en utilisant votre doigt comme stylo ou crayon. Les plus artistiques d’entre vous pourront même utiliser l’application pour faire des dessins et esquisses. Ne dit-on pas qu’une image vaut mille mots? Malgré la simplicité du concept, nous avons aimé la façon dont l’application reproduit l’impression de travailler avec du vrai papier et un vrai crayon. Gratuit et disponible sur iOS et Android.

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Après l’hiver historiquement froid que nous avons vécu, il va sans dire que la saison estivale amène avec elle son lot de bonheur et de bonne humeur! Y a-t-il un meilleur moment pour faire la découverte d’activités sportives méconnues? Nous avons déniché pour vous des sports qui en étonneront plus d’un. À vous de jouer! Par Sara Leblanc

BUBBLE FOOTBALL

BATEAU-DRAGON

PLANCHE À VOILE

Inventé par deux Norvégiens en 2011, le Bubble Football est joué dans d’immenses bulles laissant seulement la partie inférieure de vos jambes à l’air. Préparez-vous à avoir quelques ecchymoses… que vous oublierez tellement l’expérience saura vous charmer. Allez l’essayer, il y en a partout au Québec, vous passerez un super beau moment et aurez de nombreux fous rires.

Plusieurs endroits au Québec offrent la possibilité de pratiquer ce sport nautique inventé en Chine il y a plus de 2 000 ans. Cette pirogue composée de vingt pagayeurs demandera endurance, sens de coordination et saura stimuler votre esprit d’équipe! Pagayeurs paresseux s’abstenir, puisque c’est un sport qui exige une excellente forme physique.

Ce sport a été inventé à la fin des années 1960. Vous pourrez glisser sur l’un des 130 000 cours d’eau du Québec cet été. Pour les novices, de nombreuses écoles vous apprendront à lire le vent et diriger votre voile. Dextérité exigée : vous devrez apprendre à maîtriser des techniques simples, mais vitales.

Pour en savoir plus : • sumosoccer.com • lebubblefootball.com

Pour en savoir plus : • h2oplayground.com • 22dragons.com

Pour en savoir plus : • voilememphremagog.com • apvm.ca

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QUESTIONS

? © Vincent Graton

RÉPONSES

CONNAISSEZ-VOUS LE « FAB FOUR » DU PLONGEON CANADIEN? MEAGHAN BENFEITO

JENNIFER ABEL

PAMELA WARE

ROSELINE FILLION

Chassez l’image des Beatles traversant Abbey Road. Désormais, ce sont quatre jeunes plongeuses dans la mi-vingtaine qui font tourner les têtes : Jennifer Abel, Meaghan Benfeito, Roseline Fillion et Pamela Ware. Favorites pour les Jeux olympiques de Rio de Janeiro l’an prochain, ces championnes mondiales ont bien voulu s’arrêter entre deux médailles pour nous partager leur vision du monde. Par Francis Halin

QUELLES SONT LES VALEURS QUI VOUS ONT GUIDÉES DANS VOTRE CARRIÈRE SPORTIVE? Meaghan Benfeito (MB) : La motivation. Les changements que nous avons faits ont été difficiles. Mais le résultat est là : nous sommes plus motivées que jamais. Notre entraîneur nous dit que nous sommes capables d’être médaillées beaucoup plus souvent. Il nous aide à rester concentrées sur notre objectif : les Jeux olympiques de Rio. Roseline Fillion (RF) : Le dépassement. Il faut constamment repousser ses propres limites et toujours aller plus loin. Pamela Ware (PW) : La persévérance. Ne jamais lâcher. Évidemment, mon rêve a toujours été de participer aux Jeux olympiques. Je n’y suis jamais allée encore. Mais je vois que mon rêve est sur le point de se réaliser.

COMMENT VOUS SENTEZ-VOUS SACHANT QUE LES YEUX DU PAYS ENTIER SONT RIVÉS SUR VOUS? Jennifer Abel (JA) : Je me sens prête à performer. Je suis vraiment très fière de notre parcours et des décisions que nous avons prises au cours des dernières années. Il y a bien sûr eu des hauts et des bas. Nous avons dû tout recommencer à zéro avec un nouvel entraîneur, Arturo Miranda. Il a fallu que j’apprenne à nouveau à me familiariser avec les situations de compétition ou encore à gérer ma nouvelle routine. J’ai aussi changé de partenaire de synchronisation. Je nage désormais avec Pamela, donc j’ai dû trouver une nouvelle routine avec elle. Tout se passe très bien, je suis très heureuse de voir les choses se dérouler ainsi.

MB : Je suis fatiguée...mais je suis très heureuse du chemin parcouru depuis les Jeux olympiques! Il y a eu beaucoup de changements, mais l’entraînement et les compétitions se déroulent très bien. Nous sommes à mi-chemin des Jeux olympiques de Rio. À partir de maintenant, nous allons enchaîner les compétitions les unes après les autres jusqu’au mois d’août. Et c’est bien de sentir la population derrière nous!

QUELLE EST L'IMPORTANCE DE L'ENTRAÎNEUR? JA : L’entraîneur planifie tout! C’est lui qui joue avec nos forces, avec ce que nous sommes capables d’accomplir. Notre carrière repose en grande partie sur la confiance que nous avons envers lui. Sans cette confiance, nous pourrions nous blesser ou nous fatiguer… La communication est très importante. Et c’est la relation que nous avons avec lui aujourd’hui, donc tout va bien.

AVEZ-VOUS UN CONSEIL À DONNER AUX JEUNES QUI SONT FASCINÉS PAR VOTRE PARCOURS D’ÉLITE? JA : Ce n’est pas toujours facile d’avancer. Parfois, il faut faire deux pas en arrière pour ensuite en faire trois en avant. C'est souvent lorsqu'on est en arrière et qu'on a le goût de lâcher que quelque chose de bien nous arrive. MB : Ne jamais abandonner. Faire tout pour accomplir ses rêves, y compris des sacrifices. Ce n’est pas facile. Il y aura des hauts et des bas, mais on ne doit jamais abandonner. Si on veut vraiment accomplir son rêve, celui-ci se réalisera.

© Vincent Graton

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