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Champex – Trient (17 km) 
 J’arrive à Champex passablement amoché, le cœur sur le bord des lèvres, à la limite de vomir à chaque bouchée. Je décide de me reposer un peu, je demande à Dominique de compter un autre 20 minutes si jamais je m’endors. Je veux permettre à mon corps de se reposer. Un retour au calme me permettra peut-être de mieux me nourrir et ainsi me donner l’énergie nécessaire pour terminer la course. Il reste 3 grosses bosses à traverser sur 45 kilomètres. Elle me dit que Richard semble fatigué. Le 2 heures d’avance qu’il avait a fondu un petit peu. Ça m’encourage de savoir que je ne suis pas le seul à trouver ça dur. J’essaie de m’accrocher au seul point de repère que j’ai. À ce moment-là, c’est Richard qui me permet de jauger mon progrès. Je n’ai aucune idée de ma position, je n’ai aucune idée si je progresse ou non, mais je sais que je ne suis pas le seul à souffrir, bizarrement c’est réconfortant !

Je me suis arrêté à Champex environ 1h20, c’est beaucoup plus que ce que j’avais prévu initialement, mais la course est tellement difficile que je n’ai pas le choix. Par contre, ça m’a donné le temps de me refaire une santé… lorsque je repars, je reviens à la vie et je recommence à courir, en plus, il se met à pleuvoir et un orage éclate. Sentir la fraîcheur de l’eau sur mon corps me donne des ailes! À partir de ce moment, je ne fais qu’accélérer et gagner des positions. Par contre, un léger doute s’installe quant à la température. Il y a des éclairs et du PARCOURIR SEPT /OCT 2016

tonnerre juste au-dessus du col vers lequel je me dirige, je m’inquiète un peu, car les éclairs et les sommets ne font pas bon ménage. Je me calme en essayant de compter le temps entre les éclairs et le bruit du tonnerre. Plus je monte, plus les bruits sont espacés, 10 secondes au début, 20 et finalement 30 – 45 secondes par le temps que j’arrive en haut. L’orage s’éloigne, je suis heureux, je cours, je dépasse beaucoup de monde.Trient – Vallorcine (10 km) J’arrive à Trient, Dominique me dit que j’ai progressé et qu’elle m’attendait plus tard, c’est bon signe. Je mange rapidement et je repars très encouragé. Juste en sortant du village de Trient, j’entends « Hey Ben!  », je viens de rejoindre mon ami Richard! Je suis content de le voir. Nous échangeons quelques mots d’encouragement et je continue. Il ne pleut plus, mais la fraîcheur demeure, je me sens de mieux en mieux et je peux pousser de plus en plus. Je ne me fais plus dépasser, au contraire, je dépasse beaucoup de monde. Cette section est constituée de 5km de montée et 5km de descente. Je réussis à soutenir le rythme en montant, mais aussi en descendant. J’arrive à Vallorcine en 261ème position. Je m’arrête le temps nécessaire pour manger un bol de soupe ainsi que quelques nouilles et je repars pour la dernière bosse.

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