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Économie Politique Entreprises Place financière

JANVIER 2013

1 paperJam

TOP 100 

GASTON REINESCH

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01

5€

Le décideur économique le plus influent au Luxembourg

Économie

Pensions: réforme, ou réformette ?

Politique

Cargolux-Luxair : gestion impossible

Entreprises

Eco-conception : apprendre à copier la nature

Place financière

Lentement, mais sûrement, vers l’art

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ÉDITO

JANVIER 2013

par Jean-Michel Gaudron, directeur de la rédaction, rédacteur en chef – paperJam

U D FIN

es Mayas ont déjà prévenu : le 21 décembre, c’est la fin du monde. Mais sans doute se sont-ils trompés de date. Car vu du Luxembourg, la fin du monde est sans doute déjà passée. Celle d’un monde de prospérité, de croissance vertigineuse, de presque plein emploi et de consensus social. Le 21 décembre, c’est aussi une date anniversaire. Celle des 30 ans de présence de JeanClaude Juncker au sein du gouvernement, entré en tant que secrétaire d’État au Travail et à la Sécurité sociale en 1982. Mais même le monde de cette indéboulonnable icône de la vie politique luxembourgeoise semble aujourd’hui tourner dans le mauvais sens. De plus en plus critiqué par les décideurs économiques du pays qui lui reprochent de ne pas jouer le rôle de « leader » qui devrait être le sien, fort d’une popularité et d’un charisme sans égal, le voilà pris dans la tourmente d’une abracadabrantesque affaire de présumés enregistrements secrets et cryptés, sur fond de soupçons d’espionnage visant, ni plus ni moins, le Grand-Duc Henri. Un épisode qui lui a plus que probablement, et définitivement, barré la route d’une potentielle

L

E D N O M

carrière européenne et une fin prématurée et sans recours de son mandat à la tête de l’Eurogroupe (même s’il était plus ou moins prévu qu’il se retire de toute façon début 2014, ce qui, pour le coup, tombe bien). Il lui aurait été difficile, vu de l’étranger, de cumuler cette fonction avec la présidence d’un gouvernement incapable de garder sous contrôle ses services secrets. Le pays se serait bien passé de cette nouvelle péripétie, à peine éteintes les braises de la rocambolesque « affaire » Livange / Wickrange qui, elle aussi, a mis en cause plusieurs ministres, dont M. Juncker, pour des soupçons allant du trafic d’influence jusqu’à des menaces physiques envers d’autres protagonistes de l’histoire. Oui, l’heure de la fin du monde semble avoir sonné depuis déjà un petit moment au Luxembourg. Mais le problème est que le soleil tarde vraiment à se lever sur le « jour d’après ». Celui où tout recommence. Celui où l’on se met à rebâtir sur les ruines après avoir fait table rase du passé. Cela vient sûrement du fait que son passé est encore bien présent et que le pays n’est pas en ruines. Pas encore, seraient tentés de préciser les plus pessimistes, plutôt nombreux à en croire

l’indice mensuel de consommation mesuré par la Banque centrale du Luxembourg. Le compte à rebours est déjà lancé. Dans 10 mois, ce seront les élections sociales. Et six mois plus tard, ce seront les élections législatives, qui donneront au pays une nouvelle équipe dirigeante, laquelle aura toute une huche de pain sur la planche. Mais que restera-t-il, d’ici là, de l’actuelle coalition ? Entre une guerre de succession ouverte qui ne dit pas son nom du côté chrétien social et des tiraillements grandissants du côté socialiste, c’en est à se demander si ce fragile équilibre tiendra encore le coup une année et demie. Alors, au matin du 22 décembre, si le soleil se lève normalement, est-il utopique, voire naïf, d’imaginer de faire comme si les compteurs étaient effectivement remis à zéro ? Jeter une bonne fois pour toutes les œillères qui ne font voir les choses que dans une seule direction (qui n’est que rarement la bonne) ; se débarrasser de ces lourdes entraves qui empêchent d’avancer ; oublier ses ambitions électoralistes et son bien-être personnel pour penser davantage à celui de ses concitoyens et de son pays ; remettre, s’il le faut, 100 fois sur le métier l’ouvrage qui rendra ses couleurs au Luxembourg… Chiche ? Janvier 2013 —

3

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SOMMAIRE

01/ SOMMAIRE 2013 www.paperjam.lu

ON EN PARLE

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14 SECTEUR AÉRIEN

Cargolux-Luxair : gestion impossible

Les sociétés ne peuvent aller l’une sans l’autre. Les anciennes méthodes ont laissé des traces. La survie exige des changements de modèles, rendus délicats par la portée symbolique de fleurons nationaux. Quelles pistes pour redécoller ? Décryptage en vol.

32

& POLITIQU

ÉCONOMIE 

E

26 RETRAITES

Réforme ou réformette ?

Adoptée par les députés, la version finale de la réforme des pensions ne fait pas que des heureux. Mais revoir le généreux modèle était devenu indispensable.

34

30 CONFÉRENCE

Aux services de l’industrie

Le 4e volet du cycle organisé par la Sacred Heart University, en partenariat avec paperJam, se penche sur l’industrie dans un pays où la sidérurgie menait la danse. On peut aussi apprécier la balance entre les grands secteurs de l’économie nationale, avec Arnaud Bourgain, de l’Université du Luxembourg.

32 LES DIX VÉRITÉS DE…

Gary Kneip TO COVERS

RY

Le président de la Confédération luxembourgeoise du commerce et futur président du Conseil économique et social se montre très critique envers l’action et les mesures prises par le gouvernement en situation de crise.

34 PAPERJAM TOP 100

GASTON REINESCH, LE PLUS INFLUENT Pour la quatrième fois depuis 2006, paperJam publie le classement des 100 décideurs économiques les plus influents au Luxembourg. Après Romain Bausch (SES), Michel Wurth (ArcelorMittal / Chambre de commerce, UEL) en 2008 et Ernst Wilhelm Contzen (Deutsche Bank / ABBL) en 2010, c’est au tour de Gaston Reinesch d’être, cette année, désigné comme étant la personnalité la plus influente dans l’économie luxembourgeoise. Administrateur général du ministère des Finances, président de plusieurs conseils d’administration de sociétés clés du pays, bientôt à la tête de la Banque centrale du Luxembourg, Gaston Reinesch a fait l’unanimité d’un jury présidé cette année par l’ancien ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké. À ses côtés ont siégé Ernst Wilhelm Contzen, le lauréat 2010, l’avocat Michel Molitor, l’industrielle Michèle Detaille et l’architecte Tatiana Fabeck.

42 EN TÊTE

Dans le Top 10

Derrière Gaston Reinesch, qui compose le Top 10 des décideurs les plus influents, selon notre jury ? Dans l’ordre, Romain Bausch, Gerard Lopez, Lakshmi N. Mittal, Yves Mersch, Éric Martin, Michel Wurth, Robert Dennewald, Didier Mouget et Pierre Ahlborn.

64 CLASSEMENT

De 11 à 100

Ils font aussi partie des personnages clés de l’économie luxembourgeoise. À découvrir, tous ceux qui, de la 11e à la 100e place, ont été retenus. Mais aussi celles et ceux qui, peut-être, seront classés l’an prochain.

Janvier 2013 —

9

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SOMMAIRE

11

01/ SOMMAIRE 2013

96

98

92

E N T R E PR

ISES

98 START-UP 88 EN BREF La rançon du succès pour

L’actu un portail immobilier

Communiqués, brèves, chiffres, le choix de la rédaction.

92 ÉCOCONCEPTION

Mieux que bien

Des zones d’activités économiques où il fait bon vivre, où l’impact sur l’homme et son environnement se mesure en avantages concrets. Un projet européen tient le pari autour du concept « Cradle-to-Cradle ». L’Écoparc Windhof en est un site pilote.

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130 OPINION

Protéger ou partager

96 ENTREPRENEURIAT AU FÉMININ mes données ?

Au-delà de la récompense, le dynamisme !

Par Jean-Louis Schiltz

Mises sous les projecteurs l’espace de quelques semaines, que deviennent les lauréates du « Woman Business Manager of the Year Award » ? Elles affichent plus que jamais une soif d’entreprendre qui a de quoi encourager les femmes à bousculer les idées reçues.

Janvier 2013 —

Tobias Regell

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SOMMAIRE

01/ SOMMAIRE 2013

111

104 113 PLACE

F I NA N

CIÈRE

122

100 EN BREF

L’actu

Chiffres, communiqués, brèves, le choix de la rédaction.

104 FINANCE ET ART

Chi va piano, va sano

Bon an, mal an, la stratégie liant l’art à la finance prend corps au Luxembourg. Le Freeport sort peu à peu de terre, mais la plate-forme d’échange de titres d’œuvres, Splitart, a été mise en sommeil. Le marché en général se consolide progressivement, ce qui laisse le temps aux acteurs de la Place de se préparer.

108 LES DIX VÉRITÉS DE…

DÉ S I R S

111 CULTURE

Pour ne rien manquer

Les rendez-vous culturels à ne pas rater, les livres à lire, les personnalités à connaître…

François Tesch 113 NOUVEAUTÉS Pour ne manquer de rien

Le CEO du groupe d’assurances Foyer, interviewé sur paperJam.TV, met en garde contre la mise en œuvre d’une politique d’austérité qui pourrait mettre en péril les opportunités de relance et de croissance.

Top 5

s sur plus lu bre cles les m des arti .lu du 16 nove am 12 paperJ décembre 20 au 6 s à la Bil

crainte rieuses KBL, sé ge chez 4.018 fois a m BL : ré c lu 1/ É chez K ollectif ment c nnes ie c n e o 2/ Lic 150 pers fois lu 3.824 L : » t KB 3/ Bil e mique unique e isla rm o -f te la fois « Une p lu 1.961 rmer. devra fe lendid p S e L fois 4/ 3 4 top 1.7 lu t Immo chèten ataris ra fois Q s e D 5/ lu 1.692

13

Les nouvelles adresses, les restaurants incontournables, les tendances du moment et les lieux où il faut se montrer.

120 INTERVIEW

Le verre a la parole

Chercheur à l’Université du Luxembourg, Rachel Reckinger présente son livre Parler vin où elle décrit les discours et les pratiques en œnologie et dégustation.

122 COLOR OF ART

Style watch

Un événement passé à la loupe des chasseurs de style. Janvier 2013 —

ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

N ON ELE PAR

Photo : Frédéric Humblet (archives)

14

Cargolux paie la manutention du fret et est liée aux services de Luxair, à qui appartient le Cargo Centre. Le cercle, jadis vertueux et rémunérateur pour Luxair, a été cassé par les crises.

CargoluxLuxair : gestion impossible Secteur aérien

Les sociétés aériennes ne peuvent aller l’une sans l’autre. Les anciennes méthodes ont laissé des traces. La survie exige des changements de modèles, rendus délicats par la portée symbolique de fleurons nationaux et le manque d’intérêt privé. Quelles pistes pour redécoller ? Décryptage en vol. Texte Alain Ducat

— Janvier 2013

ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

R

ebondissements, soubresauts, flash-backs et polémiques. Cargolux et Luxair tiennent le haut des pavés d’actualité ces dernières semaines. Et encore les pages ne rendent-elles pas toutes (ou peu) compte des fièvres qui montent en coulisse. Il est vrai que les enjeux sont énormes, économiques et politiques. Tout cela est évidemment lié au contexte, qu’il n’est pas inutile de tenter d’explorer. Avec du recul, d’une part, par le petit bout de la lorgnette, d’autre part… Dire que Cargolux et Luxair ne peuvent marcher autrement que main dans main (aile dans aile disons) relève de l’évidence. La forte interdépendance entre les deux sociétés est historique et stratégique. L’intérêt pour le potentiel fret ne date pas d’hier. L’État actionnaire, Luxair, une série d’entreprises (flanquées de quelques « cow-boys ») ont rapidement misé sur Cargolux, devenue une référence européenne. Dans les « Golden Seventies », Cargolux a connu une croissance organique. La compagnie gérait un gros trafic, jouant sur les volumes. Au risque de jouer dans les marges : « C’était un peu à l’image de la place financière à l’époque, glisse un ancien cadre d’une grosse entreprise logistique passant par le Findel. Parfois un peu n’importe quoi, sans trop de contrôle, pourvu que ça rapporte. » En tout état de cause, le Cargo Centre de l’aéroport de Luxembourg est vite devenu une vache à lait. Cargolux y représente plus de 70 % de l’activité. Mais c’est LuxairGroup qui a surtout bénéficié du cargo, le centre lui appartenant. Il tirait des dividendes importants sur les bénéfices de Cargolux – Luxair, en actionnaire principal, décidant des dividendes – qui, une fois encaissés, dopaient les résultats financiers en permanence. Cargolux, moneymaker de LuxairGroup, cela donne une interdépendance forte et un business model de fait. Luxair, actionnaire majoritaire d’une société qui est son propre client et une grosse source de cash : on peut trouver le système curieux, même s’il est relativement répandu, et pas seulement au Luxembourg. Ce qui est clair – tout le monde s’accorde là-dessus –, c’est que si Cargolux s’enrhume, le Cargo Centre attrapera une grippe, et Luxair risquera la pneumonie. « Toucher à un des pans du triangle, c’est dangereux pour les trois », résume un délégué syndical, présent sur le terrain. Donc, on ne peut pas évoquer Cargolux en évacuant Luxair – et réciproquement –, surtout

CLAUDE WISELER

Les quatre défis de Cargolux Le ministre Claude Wiseler, qui a hérité du dossier Cargolux de par ses compétences aux Transports, résume les défis qui se présentent en quatre points. 1. Gérer au mieux la sortie de capital (35 %) de Qatar Airways. 2. Trouver un nouveau partenaire stratégique et financier, sachant que l’État peut porter un temps ces parts mais pas indéfiniment. 3. Définir une nouvelle stratégie commerciale (cette étape peut idéalement se placer en deuxième position et servir de soutien aux négociations avec les éventuels partenaires). 4. Procéder à une augmentation de capital plus que nécessaire.

SYNDICATS

Le cahier de revendications Ils tiennent un rôle clé et représentent la solidité de l’ancrage luxembourgeois par ce qu’il a de plus politiquement sensible : l’emploi. Les syndicats OGBL, LCGB et NGL-SNEP (syndicat des employés privés, comme on disait avant le statut unique), en manifestant devant la Chambre à la mi-novembre, ont rappelé leur cahier de revendications. 1. La sauvegarde de tous les emplois chez Luxair et chez Cargolux ainsi que le maintien des acquis sociaux. Cela passe par le modèle social luxembourgeois. 2. Un rôle luxembourgeois plus dominant chez Cargolux, conforme à la structure de l’actionnariat. 3. L’opposition à tout morcellement, externalisation ou délocalisation. 4. La mise en place d’une stratégie cohérente pour Luxair, Cargolux et la plate-forme aéroportuaire.

pas alors que le Cargo Centre se retrouve en perte depuis deux ans. Il faut au contraire l’intégrer, au moment où Cargolux est dans la tourmente et où LuxairGroup se cherche encore de nouvelles voies pour retrouver des finances saines. Partenaires particuliers

Mais là où Luxair a pris des mesures (certes dépassées par l’ampleur de la crise) avec le plan « Building a new Airline », dès 2006, pour s’adapter au contexte économique et financier en mutation, Cargolux n’a rien entrepris de similaire. Pire, Cargolux a traversé une sérieuse tourmente, allant jusqu’à une peine de prison purgée aux États-Unis par Ulrich Ogiermann et Robert Van de Weg, respectivement ancien directeur général de Cargolux et vice-président Sales and Marketing. Aujourd’hui, ce dernier est de retour à son poste chez Cargolux, alors que Ulrich Ogiermann travaille… pour Qatar Airways. On se souvient de cette fameuse affaire d’entente sur les prix et de concurrence déloyale, dont la compagnie luxembourgeoise a été accusée pour la période 2001-2006. Une vaste enquête menée par les autorités européennes a conduit à inculper 22 compagnies aériennes et 21 cadres dirigeants, accusés d’avoir entravé la libre concurrence en s’entendant, aux États-Unis et ailleurs, sur les tarifs de fret international. Après que Lufthansa eut amorcé la bombe en dénonçant les petits arrangements, Cargolux avait plaidé coupable en 2009, tout comme ses concurrentes Nippon Cargo (Japon) et Asiana (Corée). Elle avait alors accepté de verser 119 millions de dollars. Dans la foulée, Cargolux a réglé d’autres amendes internationales, doublant pratiquement ce montant. Et la sanction financière définitive n’a toujours pas été prononcée par la Commission européenne… Une épée de Damoclès évidente que nul n’ignore dans le monde aérien. Cargolux ne s’en remet pas. En 2009, c’était déjà la faillite virtuelle et Cargolux se cherchait un partenaire industriel. Les administrateurs luxembourgeois s’étaient d’ailleurs mis en quête depuis la faillite de Swissair, une première tentative de reprise des actions suisses ayant échoué (celles-ci risquant des saisies). On notera que, avant 2009, les partenaires étaient davantage snobés. Plusieurs compagnies du Moyen-Orient, comme Etihad (Émirats arabes unis) ou, déjà, Qatar Airways s’intéressaient au

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15

16

ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

CARGOLUX actionnaires 2012

10,7 % 10,9 %

SNCI

BCEE

État (portage)

35 %

43,3 %

Qatar Airways

LuxairGroup

Résultat net Cargolux

100

(en millions d’euros) 50

0 2005

2006

2007

2008

2009

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2011

-50

-100

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fleuron luxembourgeois. Mais ils s’étaient vu opposer une fin de non-recevoir… In fine, gouvernement et investisseurs publics avaient donc repris la participation de 33,7 % détenue par SAirLines (Swissair). Puis s’étaient relancés sur la trace du partenaire idéal. L’histoire d’ailleurs ne manque pas d’étonner, à la lumière des événements actuels. Aujourd’hui, Qatar Airways lâche les 35 % acquis dans Cargolux et on cite le groupe chinois HNA comme potentiel repreneur. Dans le rétroviseur, on aperçoit que, en juin 2011, une piste discrète a conduit vers la Chine : Yangtse River (compagnie du groupe HNA) était intéressée, même si les dirigeants luxembourgeois ont à l’époque démenti tout en bloc. Pourtant, il semble que, à ce moment, les Chinois étaient prêts à mettre davantage (une soixantaine de millions, dit-on) que les Qataris… Mais en 2011, c’est Qatar Airways qui a emporté la donne, pour 117,5 millions de dollars. « Lors de la mise en œuvre du plan de restructuration en novembre 2009, j’avais noté que Cargolux bénéficierait fortement d’un partenariat stratégique et que les actionnaires avaient commencé des discussions avec plusieurs parties. Je suis ravi que nous ayons trouvé en Qatar Airways un excellent partenaire stratégique, une compagnie leader au MoyenOrient, dont la croissance est une des plus rapides du monde », commentait alors Marc Hoffmann, président du conseil de Cargolux, dans le communiqué suivant la signature avec Qatar Airways. « Notre investissement dans Cargolux, leader en Europe, stimule notre ambition de devenir un acteur majeur du fret aérien d’ici à 2015 », ajoutait le Premier ministre qatari Al Thani. Il faut se rappeler que, en 2011, le puzzle de l’actionnariat Cargolux s’est recomposé. Cet

épisode, peu commenté sur le moment, a rejailli, éclairé d’un jour nouveau, au moment de l’annonce de la sortie des Qataris… Le fonds BIP Investment Partners (actionnaire depuis 2000) avait cédé sa participation de 11,5 % dans Cargolux à Qatar Airways. L’État luxembourgeois en faisait autant avec ses 8,02 %. Luxair réduisait sa participation de 52 % à 42 %. BCEE (13,1 %) et SNCI (12,8 %) cédaient également une partie de leurs actions (portée depuis la reprise des parts suisses). Ce charivari, d’apparence anodine, est important car, comme l’a révélé l’hebdomadaire d’Lëtzebuerger Land, il y a eu, nourris d’un contrat fiduciaire et de jeux d’influence en coulisse, des accords passés sur des transformations de parts A et B. Entre parts prioritaires ou pas, ce sont les dividendes liés qui peuvent tout changer. Les actionnaires publics ont fait une croix sur les dividendes. Luxair a aussi été de la revue. L’État, la SNCI, la BCEE, ont sacrifié des centaines de milliers de dollars en renonçant aux dividendes attachés aux actions privilégiées, souscrites en 2009 pour sauver Cargolux de la faillite. Le contrat de cession des 35 % du capital de Cargolux a d’abord eu pour bénéficiaire ING, puis le groupe qatari. À présent que Qatar Airways fait sa déclaration de sortie, il faut observer que, le fugace actionnaire venu du Golfe réussira sans doute une plusvalue de plusieurs millions d’euros… L’affaire démontre au moins une chose : Cargolux a une valeur. Symbolique d’abord, et éminemment politique : en témoignent le balancier des ministres qui se portent au chevet de la compagnie (Luc Frieden, puis Claude Wiseler), l’intérim du haut fonctionnaire Frank Reimen nommé au poste de CEO, ou les remous syndicaux et parlementaires (l’opposition boit du petit lait sans apporter de plus-value sur la réflexion

Cargolux a une valeur, au-delà du symbole.

— Janvier 2013

ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

LUXAIRGROUP actionnaires 2012 Il y a de grosses évolutions financières dans l’histoire des deux compagnies aériennes luxembourgeoises. Fin 2012, où en est-on ? Les participations dans Cargolux changent. La part de l’État, en propre cette fois, va évoluer, avec le départ des Qataris. En attendant un repreneur ? L’État, directement et indirectement, est en revanche déjà clairement prépondérant dans le capital de LuxairGroup, lui-même solidement ancré dans la carlingue du porteur de fret. Quant à l’évolution des résultats financiers, ils ne manquent pas d’inquiéter. 2013 sera sans doute un tournant, à négocier avec soin.

13 % 38,9 %

21,8 %

13,2 %

13,1 %

État

BCEE

LuxairGroup

BIL

Lufthansa

2005

2006

Résultat net LuxairGroup

100

(en millions d’euros) 50

0 2007

2008

2009

2010

2011

-50

-100

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économique). Il y a, ensuite, une valeur marchande. Et les questions, cruciales du coup, sont : qui rachètera ? À quelles conditions (celle d’avoir les coudées franches n’étant pas évidente) ? Et à quel prix ? C’est d’autant plus crucial que la recapitalisation de Cargolux s’impose aux yeux de tous. 200 millions pour la fin de l’année, plus encore 300 millions au printemps prochain, seraient indispensables pour éviter l’insolvabilité. Les nouveaux Boeing ont leur poids financier, des coûts ont peut-être été sous-évalués… D’autres, en revanche, posent la question de leur opportunité, comme celui du nouveau hangar pour la maintenance – annoncé à 70 millions, il en aurait coûté plus de 120 au total –, qui aurait pu s’ériger pour trois ou quatre fois moins. Qui veut des actions Luxair ?

Et LuxairGroup dans tout ça ? Pour rappel, la société est divisée en plusieurs blocs opérationnels : Luxair Luxembourg Airlines, LuxairTours, LuxairCargo,et LuxairServices. Le groupe fait intimement partie de l’aventure. D’abord en tant qu’actionnaire de Cargolux (à 43,42 %). Ensuite en tant qu’entreprise financièrement à la ramasse. LuxairGroup détient 13 % de ses propres actions. Mais l’État tient le manche entre parts directes, actionnaires publics et portage... C’est à se demander, d’ailleurs, si une bonne part du capital de Luxair n’est pas maudite. Les derniers épisodes en date, dans la saga de l’actionnariat, semblent un peu oubliés. Ils sont pourtant édifiants… On pense aux quelque 12 % que Panalpina, acteur logistique suisse bien implanté au Findel, n’a pas souhaité conserver. Un nouveau petit flash-back s’impose. Quand, le 12 juillet dernier, malgré une chape de plomb sur l’information, paperjam.lu révélait que Panalpina sortait du capital de Luxair et que l’État rachetait ses parts, il est apparu – le lendemain, en même temps que la

confirmation officielle – que la transaction avait en fait été finalisée… dès le mois de juin. La société suisse avait même déjà encaissé le montant dû (soigneusement tenu secret). Saura-t-on un jour quelle était la teneur des réunions qui agitaient les ministères luxembourgeois concernés, alors que l’affaire était clôturée ? En tout cas, plus personne ne parle des 12 %, portés de facto, depuis l’été, par l’État. Celui-ci est, plus que jamais, le patron financier de Luxair, dont il détenait déjà 26,85 % en direct, et encore 21,81 % via la Banque et Caisse d’Épargne de l’État. Les autres actionnaires ? Lufthansa détient toujours 13 %. En son temps, l’opérateur allemand n’a pas voulu monter en puissance, malgré l’annonce tonitruante faite par le ministre des Transports de l’époque, Lucien Lux. Et il ne faudrait pas oublier la BIL, qui a toujours 13,4 %… La banque appartenant (pour 90 %) au fonds qatari Precision Capital, cela donne aux observateurs une autre façon de poser des questions sur l’aller-retour de Qatar Airways chez Cargolux. On notera encore que Panalpina, aujourd’hui descendue de l’avion luxembourgeois, avait été harponnée en 2002, lorsque les actionnaires institutionnels de Luxair avaient cherché un nouveau partenaire, pour lui céder la participation anciennement détenue par CLT-UFA dans la société aérienne luxembourgeoise. Il semble donc bien y avoir des parts maudites dans le capital de Luxair. À tel point qu’on peut se poser la question de l’intérêt purement économique de la compagnie, qui ne fait pas se bousculer, au portillon d’enregistrement, les candidats investisseurs, peut-être échaudés par l’influence de l’État. Chacun s’accorde pour dire que Luxair doit se remettre en cause, se trouver un business model au goût du jour, pour se sauver d’un naufrage annoncé d’abord, pour redorer son blason ensuite. La concurrence est féroce et le Findel tenté de s’ouvrir. Il faut donc se réinventer. Janvier 2013 —

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Photos : archives paperJam

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Pour les compagnies aériennes luxembourgeoises, le défi est de trouver le bout du tunnel financier ; en modelant la structuration économique, en adaptant le business model au redéploiement, le tout sans casse majeure pour l’emploi.

Il y a, dans tout cela, un côté ingérable. L’État et les actionnaires luxembourgeois en sont réduits à une attitude schizophrénique. Comment prôner d’une main une vision plus entrepreneuriale, inspirée par le contexte global privé, et conserver de l’autre main l’attitude conservatrice, liée aux enjeux politiques nationaux ? Comment allier les intérêts de l’entreprise et ceux de l’économie luxembourgeoise au sens large ? Ainsi, il est connu, par exemple, que certaines lignes sont non rentables pour elles-mêmes, mais que leur retrait serait très mal vécu par des acteurs influents de la place financière. Luxair a un réseau qui souffre d’un déficit de masse critique. Le groupe a des slots (des autorisations d’effectuer des vols, d’atterrir et de décoller dans des aéroports) à valoriser, comme cela se pratique couramment dans le monde aérien : une véritable bourse des slots génère autant de lignes aériennes que de lignes de crédit… Exemple : après avoir bien loué et rentabilisé des slots à l’aéroport de Londres-Heathrow, Luxair a vendu ces bijoux, rapportant 50,6 millions d’euros (comptes 2011), là où la vente d’avions engendrait seulement 1,6 million, à titre de comparaison. Mais certains crient aussi casse-cou à l’idée que le portefeuille de slots soit délesté plus que de raison. Retour à la case gros sous et stratégie donc. Selon une note interne, signée Adrien Ney, directeur général de LuxairGroup, et Paul Helminger, président du conseil d’administration, envoyée aux salariés de Luxair, on s’attend à un résultat net du groupe dépassant les 14 millions de pertes en 2012. La seule activité Airline serait déficitaire de 20 millions d’euros, et la manutention LuxairCargo, de 2,5 millions d’euros. Le rapport d’audit en cours (par le consultant Roland Berger) sur le modèle économique soulève, sans surprise, ces considérations qui mènent droit aux structures de coût. En 2011, Luxair comptait 2.344 salariés et les frais de personnel pesaient 139,3 millions d’euros. Les conventions collectives – de Luxair et de Cargolux – ont, du coup, été dénoncées. La masse salariale inquiète, avec une augmentation linéaire par automatisme de 6 à 7 % par exercice depuis des années. Dénoncer la convention permet de s’attaquer à des petites choses – des avantages et compensations négociés, pour le personnel navigant surtout – qui, prises individuellement, ne pèsent pas bien lourd, mais qui, cumulées, font un poids certain. Dénoncer la convention permet aussi, plus subtilement, d’obliger les syndicats à s’entendre. Schématiquement, l’OGBL est première au sol et le LCGB sur le personnel navigant. Cette pression sur les syndicats, en leur donnant un horizon clair, réconcilie les raisons de la caisse et la caisse de résonnance… — Janvier 2013

Luxair a un réseau qui souffre d’un déficit de masse critique.

Alors ? Les pistes de redécollage existent. L’aéroport doit croître et la promotion de Lux-Airport a besoin d’un maillon fort. Une poignée d’observateurs, parfois caustiques, doutent de la réelle efficacité de l’outil actuel, aux mains de gens qui, disent-ils, « ont des références nationales, mais peu de connaissances du monde aéronautique actuel ». Repenser le modèle

Il n’empêche que l’attractivité du Findel existe. Luxair doit vivre (survivre même) avec la concurrence. La compagnie n’y arrivera pas sans revoir sa stratégie. Elle est notamment confrontée à un coût par siège exorbitant, compte tenu du taux de remplissage et du prix des prestations en amont. Il faudrait, dans l’absolu idéal des logiques aériennes, transporter plus de monde et plus loin. Le modèle luxembourgeois s’est davantage porté – en dehors des Boeing qui servent surtout au tour opérateur LuxairTours – sur des petits courriers et des avions à faible capacité. Si on ajoute les prix élevés par rapport à la concurrence, on obtient un cercle vicieux. Faut-il, comme d’aucuns le pensent, remplacer les jets Embraer de 49 places par des bombardiers à 72 sièges, le tout sur un réseau modifié et rationalisé, dans une logique de connectivité plutôt que de multiplication de lignes directes non rentables ? Ces possibilités, qui demeurent théoriques tant qu’elles n’atterrissent pas sur une table de négociations avec un panel d’intervenants ouverts, peuvent se marier à d’autres. Des solutions complémentaires ont pu être évoquées ici ou là, sans vraiment sortir des coulisses, semble-t-il. On imagine une structuration de groupe repensée, sous la forme d’une holding unique par exemple, chapeautant Luxair et Cargolux. L’idée serait de mieux en tirer les synergies opérationnelles et, à la fois, de garder du sens à un ancrage luxembourgeois fort. Un unique président de conseil d’administration pour les deux compagnies (Paul Helminger manifestement) et des cadres nationaux installés dans les postes clés semblent aller dans ce sens… Quoi qu’il en soit, on n’a pas fini de parler de Cargolux et de Luxair, de l’ensemble des enjeux aériens du pays d’ailleurs. On l’a vu, tout est lié. Il faut que la sauce prenne avant l’indigestion. Il faut que la gestion – délicate voire impossible dans les conditions actuelles – prenne le dessus, dans les esprits des acteurs. A priori, tout le monde en est convaincu. Mais il faudra du courage politique – qui préfère le doigté à l’ingérence – et des talents de pilotage, pour réussir un looping qui ne secoue pas trop les cargaisons explosives.

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ÉCONOMIE  & POLITIQUE

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MISSION ÉCONOMIQUE

Étienne Schneider ravi en Chine

Photo : MECE

Satisfaction totale du côté du ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, lors de la mission économique qu’il a présidée en Chine fin novembre. Étienne Schneider s’est en effet montré ravi de l’intérêt manifesté sur place pour le Luxembourg. « Nous sommes bien accueillis en raison de notre ouverture aux investissements étrangers, a-t-il expliqué à paperJam.lu. Si une entreprise chinoise veut actuellement investir en Europe, elle visitera tout d’abord le Luxembourg. » Parmi les secteurs concernés par cette mission économique, celui de l’automobile a suscité des discussions. Il a été notamment question de renforcer les collaborations, sur base des liens existants, à l’instar de Luxcontrol qui homologue des voitures chinoises sur place pour le marché européen. En outre, le choix du couple grand-ducal héritier d’effectuer son premier voyage officiel lors de cette mission a permis d’ouvrir de nombreuses portes. « Ils ont véritablement fait fureur sur place », s’est réjoui Étienne Schneider.

Xavier Bettel, bourgmestre de la Ville de Luxembourg, devrait succéder à Claude Meisch, en janvier, à la présidence du DP. | Jean-Claude Juncker a confirmé son intention de quitter la présidence de l’Eurogroupe d’ici début 2013. | Les quelque 2, 1 milliards de cartes bancaires de China UnionPay (seule organisation de cartes bancaires de la République populaire de Chine) actuellement en circulation sont désormais acceptées sur le réseau Cetrel.

STADE NATIONAL

UEL

Livange enterré, Barthel rénové

Compétitivité en berne

Le gouvernement a tranché, faisant du même coup volte-face. Il a finalement opté pour la mise aux normes du stade Josy Barthel. Depuis 2009, on évoquait un nouveau « stade national », à Livange. C’est la fin (à moins d’un recours ?) du feuilleton autour du projet publicprivé, teinté d’un centre commercial… et de remous qui ont secoué le pays durant des mois.

Le Luxembourg continue de voir sa compétitivité chuter par rapport aux voisins. Ce constat émane de l’Annuaire de la compétitivité, présenté par l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL). Le coût du travail apparaît dans les principaux facteurs qui grèvent ce résultat. Point positif, des efforts ont été faits pour que les cursus scolaires existant au Luxembourg correspondent à la main-d’œuvre demandée. Mais l’UEL appelle à davantage de réformes structurelles pour préparer le pays aux défis de demain.

Photo : Olivier Minaire (archives)

FR

ES H

« Nous avons suffisamment de carriéristes et de godillots. » Dan Kersch, bourgmestre socialiste de Mondercange, qui juge les comportements au sein de son parti.

Janvier 2013 —

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FORMATION CONTINUE

Le Luxembourg, coprésident de l’ESA

Soutien massif

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Une question de prestige

À l’occasion de son 20e anniversaire, l’Institut national pour le développement de la formation professionnelle continue (INFPC) a indiqué que, jusqu’en 2011, l’État avait massivement soutenu l’effort de formation des entreprises, à hauteur de 275 millions d’euros.

TVA

Nouvelles mesures

25.000 €

Photo : Olivier Minaire (archives)

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L’Administration de l’enregistrement et des domaines (AED) a présenté une série de mesures de modernisation concernant les procédures en matière de TVA pour les entreprises. L’une d’elles porte le seuil de la franchise TVA de 10. 000 à 25. 000 euros de chiffre d’affaires annuel. Selon l’AED, environ 3. 600 micro-entreprises pourront en bénéficier.

« Une place plus grande dans l’espace que sur terre » François Biltgen

INFLATION

En repli

2,5

%

Grâce au deuxième mois consécutif de baisse des produits pétroliers (1,3 % puis 3,1 %), le taux d’inflation annuel au Luxembourg s’affiche en repli : il passe de 2,9 % fin octobre à 2,5 % fin novembre. Comparés à la situation de fin 2011, les prix de vente au détail des produits pétroliers restent tout de même supérieurs de 5,4 %.

Le Grand-Duché a pris, avec la Suisse, et pour trois ans, la coprésidence de l’Agence spatiale européenne (ESA), une organisation intergouvernementale à laquelle le pays adhère depuis 2005. Selon François Biltgen, ministre des Communications, cette coprésidence peut apporter au Luxembourg de la visibilité, alors que l’espace est un axe de développement important de l’économie. «  Devenir coprésident, alors que nous

BUDGET

Désindexation des barèmes d’impôt Le projet de loi 6497, annexé au projet de loi 6500 sur le budget 2013, abroge discrètement l’article 125 de la loi de l’impôt sur le revenu. Grâce à cet article, le gouvernement avait la possibilité de soumettre un projet de loi à la Chambre des députés pour gommer les effets de l’inflation sur la fiscalité.

— Janvier 2013

ne sommes membres de l’ESA que depuis 2005, c’est aussi une question de prestige, explique le ministre. Actuellement, nous sommes forts dans la construction d’antennes. Les premières antennes pour le système Galileo, qui sont actuellement à Kourou, ont été construites par un consortium luxembourgeois. Nous sommes également doués dans les services par satellites. Le Luxembourg occupe une plus grande place dans l’espace que sur terre.  »

En fait, les tranches d’imposition pouvaient être relevées dans les mêmes proportions que les prix, pour ne pas léser les ménages qui changeraient brutalement de barème. En théorie, avec cette abolition, le gouvernement n’aura donc plus la possibilité de modifier ces tranches d’impôt. Cela ressemble à un nouveau message d’austérité.

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ESPIONNAGE

Une affaire chasse l’autre. À peine retombée l’agitation autour de Livange / Wickrange qu’un autre séisme secoue la classe politique : l’information révélée par l’hebdomadaire d’Land concernant de supposées relations entre le Grand-Duc Henri est les services secrets britanniques. L’histoire démarre par une conversation privée entre le Grand-Duc et Jean-Claude Juncker, qui aurait été enregistrée à leur insu en 2005 (par qui ? Mystère…). Trois ans plus tard, le chef des Services secrets de l’époque, Marco Mille, aurait lui-même enregistré, avec une montregadget, un échange qu’il a eu à ce sujet avec le Premier ministre et dont le d’Land a publié le verbatim. La Cour a démenti en bloc toutes les allégations d’espionnage. De leur côté, les députés, à l’unanimité, ont décidé l’instauration d’une commission d’enquête parlementaire. Rocambolesque farce ou grave affaire d’État en puissance ? C’est désormais à la justice de se prononcer et d’exploiter notamment le mystérieux enregistrement de 2005 qui, pour l’heure, est crypté.

DMITRY KHOVRATOVICH

La cryptoanalyse primée Décerné pour la première fois cette année, le « Prix de la meilleure thèse de doctorat de l’Université du Luxembourg » récompense le titulaire d’une thèse qui contribue au rayonnement de l’institution. Il a été remis à un Russe de 27 ans, Dmitry Khovratovich, pour un travail intitulé New approaches to the Cryptanalysis of Symmetric Primitives.

RECHERCHE PUBLIQUE

Le FNR élargit ses bénéficiaires À l’occasion des 25 ans de la recherche publique au Luxembourg, le gouvernement a entrepris de revoir le fonctionnement du Fonds national de la recherche (FNR). Une nouvelle loi devrait lui permettre d’élargir ses bénéficiaires à l’ensemble des entreprises publiques reconnues pour faire de la recherche. Seuls les CRP et l’Université YVE SE LSE N bénéficient actuellement (F N R) des aides du FNR.

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Photo : David Laurent / Wide

Une embarrassante affaire

Nominations

Mersch-Reinesch : c’est fait ! Cette fois-ci, le feuilleton est terminé. Yves Mersch peut enfin s’installer au directoire de la Banque centrale européenne à Francfort : face à l’opposition du Parlement européen, le Conseil a fini par lui forcer le passage, le 22 novembre dernier. Sa place ainsi libérée à la tête de la BCL sera prise par Gaston Reinesch, comme annoncé dès juillet. Il s’y installera le 1er janvier pour un mandat de six ans.

Le jeu de chaises musicales ne s’arrête pas là, puisqu’il s’agit désormais aussi de pourvoir tous les sièges que M. Reinesch va laisser vacants : au ministère des Finances, ainsi qu’à la présidence de la SNCI (Patrick Nickels et Emmanuel Baumann sont pressentis), à celle des P&T (Serge Allegrezza ?) et aux conseils d’Enovos, de Cargolux ou de la Banque européenne d’investissement. Chez BGL BNP Paribas, c’est Georges Heinrich, le directeur du Trésor, qui prendra le fauteuil de président.

RECHERCHE

MONDORF

Lippmann et Tudor toujours plus près

80 millions pour le lycée

Dans le processus de fusion en cours des CRP Henri Tudor et Gabriel Lippmann, une nouvelle étape a été franchie avec la réorganisation de leurs conseils d’administration et de leurs bureaux respectifs, désormais composés exactement des mêmes membres. Seule nuance : les présidences et vice-présidences sont croisées entre Hubert Jacobs Van Merlen (président de Lippmann) et Georges Bourscheid (Tudor). Le regroupement physique des deux entités, initialement programmé en 2016, devrait déjà être consommé au 1er janvier 2015.

Claude Wiseler, ministre en charge des infrastructures, l’a confirmé : il y aura bel et bien un nouveau lycée à Mondorf. Si les parties concernées semblent avoir jeté leur dévolu sur des terrains situés près du terrain de football, différentes démarches restent à faire. Parmi celles-ci, le reclassement des lieux en zone « d’aménagements et de constructions publics ». Aucune date butoir n’est à l’heure connue pour ce projet évalué actuellement à 80 millions d’euros.

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Régime de pensions

Réforme ou réformette ? Adoptée par les députés le 5 décembre, la réforme des pensions était l’un des grands chantiers du ministre de la Sécurité sociale, Mars Di Bartolomeo. Si la version finale du texte ne fait pas l’unanimité, l’adaptation du – généreux – modèle remporte le consensus. Car au-delà des comptes de la Caisse nationale d’assurance pension, il en va de la compétitivité du pays.

Photo : archives paperJam

Texte Thierry Raizer

Photo : archives paperJam

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L

es réalités économiques et démographiques forcent le gouvernement, défenseur du pragmatisme, à la prévoyance. « C’est la première fois depuis des décennies qu’une réforme est engagée en matière de retraites et de pensions », se félicitait le Premier ministre JeanClaude Juncker, quelques heures avant le vote du projet à la Chambre des députés. Un satisfecit partagé par son gouvernement autour de l’adaptation de mécanismes décidés il y a plus de 30 ans. Cette réforme – qui concerne les salariés du secteur privé et les fonctionnaires entrés après le 1er janvier 1999 – est une nouvelle étape pour un système basé sur le principe de répartition : les actifs d’aujourd’hui financent les retraités d’aujourd’hui. À l’origine de la rente de ces derniers, on retrouve les cotisations (le premier pilier) perçues à hauteur de 24 %, à parts égales (8 %) entre le salarié, l’employeur — Janvier 2013

et l’État. Revu tous les sept ans, ce taux est censé maintenir une manne équivalente à 1,5 fois le montant annuel nécessaire pour financer les retraites. Grâce à une économie florissante (jusqu’au début de la crise…), riche aussi de nouveaux investisseurs, travailleurs et donc de cotisations supplémentaires, la Caisse nationale d’assurance pension (CNAP) a engrangé la coquette somme de 12 milliards d’euros, soit 3,75 fois les besoins. De quoi rendre les voisins jaloux. A priori. Car les prévisions sont moins réjouissantes. L’augmentation de la longévité, combinée à l’allongement des études (durée des cotisations effectives moins grande) et au ralentissement économique, remet en cause le système actuel, un des plus généreux d’Europe. Avec un taux de remplacement moyen de 87 % sur base du salaire moyen perçu tout au long

de sa carrière, le travailleur au Luxembourg touche – grosso modo – le double comme pension de ce qui a été cotisé pour lui durant sa carrière. Ce cadeau est le résultat de choix politiques des 30 dernières années (le taux de remplacement était de 74 % au début des années 80). Durant cette période, la population des cotisants a augmenté considérablement. « Au début des années 80, deux affiliés actifs finançaient la pension d’un rentier, précise Claudia Halmes-Coumont, sous-directeur, responsable de développement des branches collectives chez Lalux. Maintenant, ce sont 2,5 salariés qui financent la pension d’un rentier, mais les salariés d’aujourd’hui vont devenir les rentiers de demain, d’où la crainte 2060. » d’un effet boule de neige d’ici à 2060.  À cette échéance, le nombre de rentiers aura triplé. Ce qui signifierait le besoin potentiel de plus d’un million de cotisants pour subvenir aux besoins d’une CNAP qui devrait, elle aussi,

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, 052 ale, 2 n « E ère ég ront rri ne s au à ca nsion oyen m pe le s nu é e n   % .   » i 5 dim de 1 Wiwinius me Jérô (Lalux)

Photo : archives paperJam

Depuis la tour de la Villa Louvigny, Mars Di Bartolomeo a envoyé des signaux et fait passer une vision pour les aînés de demain.

recruter de nouveaux collaborateurs pour gérer les nouveaux dossiers des retraités. Pas étonnant donc que la majeure partie des représentants politiques, économiques et de la société civile se soient montrés d’accord pour réformer le système. « Ne rien faire aurait véritablement été dommageable pour les futures générations », ajoute Jérôme Wiwinius, fondé de pouvoirs auprès de Lalux. Des réglages progressifs

Au gré de différents avis et autres réunions en Commission de la sécurité sociale, le gouvernement a choisi d’emprunter une voie progressive en réponse au manque de visibilité sur l’avenir. Les effets finaux de la réforme ne sont d’ailleurs pas attendus avant… 40 ans. Le gouvernement a aussi endossé son costume de mécanicien – de précision – pour réviser le système des retraites et travailler

Pensions et autres chantiers Le dossier des pensions terminé, le ministre Di Bartolomeo s’attaque à d’autres pans – complémentaires – de la politique relative aux seniors. « La prochaine réforme en cours est celle de l’assurance dépendance pour pérenniser le pilier le plus jeune de notre sécurité sociale. La réforme du reclassement professionnel est sur le point d’être déposée avec le ministre du travail. » Le projet sur le « pacte des âges » est également en bonne voie. « Il devrait permettre aux gens de travailler le plus longtemps possible dans de bonnes conditions », ajoute le ministre T. R.

particulièrement sur trois composantes du calcul des pensions. Un premier changement concerne le soutien aux pensions les plus faibles. La partie « majoration forfaitaire » dans le calcul de la pension, soit le montant de base commun, sera majorée de 23,5 % à 28 % du salarie social minimum de façon linéaire (toujours d’ici 2052). Deuxième réglage, le taux de base de la partie « majoration proportionnelle », appliqué à la somme des salaires réellement perçus tout au long de la carrière de la personne concernée, sera quant à lui abaissé de 1,85 % à 1,60 %. Par contre, toujours dans le contexte du taux de majoration proportionnelle, un supplément plus conséquent sera ajouté à ce taux de base (incitant un départ plus tardif en retraite) de 0,01 % à 0,025 %. « La réforme est un premier pas dans la bonne direction, il y a néanmoins d’autres pistes de réflexion pour de futures réformes comme le facteur d’ajustement (déjà touché par la présente réforme) et la non-réduction actuarielle, soit deux autres système », ajoute sources de la générosité du système  M. Wiwinius. Le facteur d’ajustement vise à adapter, tous les deux ans, les retraites au niveau réel des salaires (et ceci en supplément de l’adaptation régulière à l’indice). « Ce facteur est revu généralement à hauteur de 1 à 2 % sauf l’année gelé précise Claudia prochaine où il sera gelé, Halmes-Coumont. En cas de gains sensibles de productivité de l’économie luxembourgeoise, il peut CNAP.  » donc jouer beaucoup sur le budget de la CNAP.  La réforme prévoit de limiter l’effet du facteur d’ajustement dès que le système de répartition sera en déséquilibre, c’est-à-dire dès que la somme des dépenses dépasse la somme des recettes. D’où la question de la raison d’être de son maintien dans un contexte difficile. La réduction actuarielle constitue une autre piste de réflexion. « En remplissant les conditions légales, quelqu’un qui part en retraite à 60 ans reçoit – à carrière égale – le même montant que ans ajoute M. Wiwinius. quelqu’un qui part à 65 ans, Janvier 2013 —

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S N A 58 if ffect e e g t L’â épar de d aite au tr en re mbourg e x Lu

Or la rente du premier doit être payée pendant cinq années supplémentaires. » Défendant une vision pragmatique, le gouvernement n’a donc pas voulu modifier ces fondamentaux, au même titre que les avantages réservés – par voie de régime spécial – aux fonctionnaires entrés avant le 1er janvier 1999, ainsi que les possibilités de départ anticipé.

TROIS QUESTIONS À MARS DI BARTOLOMEO, MINISTRE DE LA SÉCURITÉ SOCIALE (LSAP)

« Les réserves permettent d’amortir, mais pas de garantir »

Le reflet de la société ?

Il sera effectivement toujours possible de terminer sa carrière à 57 ans en bénéficiant d’une retraite totale à condition de disposer de 40 années de cotisation. On pourra également caresser d’autres projets à 60 ans, toujours avec une pension complète, en disposant de 40 années d’affiliation (années d’études ajoutées + années de cotisation). Les plus téméraires garderont bien entendu la possibilité de quitter le travail à l’âge légal de la retraite : 65 ans. Mais il faudra s’y résoudre, les retraites de demain ne seront plus celles d’aujourd’hui. « En 2052, à carrière égale, les pensions auront diminué en moyenne de 15 %, comparativement à celles appliquées aujourd’hui, précise Jérôme Wiwinius. Il faudra travailler environ trois ans de plus si l’on veut garder le même niveau de retraite qu’aujourd’hui. » On peut donc parler d’introduction du concept de pension « à la carte ». Fruit de nombreuses tractations, la mouture d’une réforme reflète l’état d’une société. A fortiori dans le domaine des pensions qui touchent naturellement à la thématique de la solidarité entre générations. En s’attaquant principalement au premier pilier, le gouvernement défend-il par la même voie une vision solidaire (induite par le régime de répartition) contre celle d’un certain « individualisme » (induit par les 2e et 3e piliers, dits de capitalisation) ? L’élargissement du 2e pilier sera, quoi qu’il en soit, probablement à l’ordre du jour des prochaines discussions pour concilier les vues du secteur privé – militant pour sa cause – prêt à répondre à plus de demandes relatives aux pensions complémentaires et d’autres, comme l’OGBL, qui militent pour la création d’une structure publique en charge d’un fonds de pension complémentaire. — Janvier 2013

Photo : Luc Deflorenne (archives)

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Monsieur le Ministre, quel est votre état d’esprit suite au vote de la loi, au bout de plusieurs mois de discussions ? « Ce dossier me suit depuis le début de mon mandat et je suis satisfait qu’il n’y ait presque plus personne qui mette en doute la nécessité de la réforme, grâce au temps que l’on s’est donné pour expliquer que les atouts dont nous disposons aujourd’hui risquent de devenir les menaces de demain. Ces atouts se résument en un excellent développement économique durant ces 20 dernières années, le fort engagement de l’État et la croissance moins élevée du nombre de pensionnés. Cela nous a permis de garantir les meilleures prestations. Nos réserves nous permettent dans ce contexte d’amortir les difficultés, mais pas de garantir l’avenir. Pourquoi avoir choisi une voie progressive ? « La faiblesse d’une telle réforme serait de tout prévoir pour les 50 années à venir. C’est impossible. Il faut choisir des mécanismes qui permettent d’anticiper mais aussi de créer des évidences. La pension à la carte jouera progressivement et les autres mesures de la réforme sont liées à des évidences. S’il y a déséquilibre entre les recettes et les dépenses au moment où les réserves sont encore existantes,

on s’accorde à dire que l’on ne peut pas laisser courir la situation. J’ai opté pour une analyse claire et nette, sans choisir une politique ‘de la hache’ mais plutôt progressive, qui permettra de suivre ces évidences. Que pensez-vous des critiques à l’égard du facteur d’ajustement ? « Le gouvernement a décidé de ne pas appliquer l’ajustement en 2013 mais la loi entend pérenniser ce principe, tout en le nuançant. Si tout va bien, le prochain ajustement sera pour 2014. En cas de difficultés, on le freinera. Le principe de la réforme se situe donc à mi-chemin, entre les positions en faveur de la réduction des prestations et les autres en faveur d’une augmentation des cotisations. Cette mesure charnière ne dépend pas du taux de croissance du PIB mais de la situation des recettes et des dépenses. Si tout va bien et que le régime reste en équilibre, nous n’aurons pas besoin de faire des mesures plus pointues. Je pense que la réforme est un bon mix permettant d’agir, si nécessaire, tant sur les recettes que les dépenses. Or nous sommes dans une situation où les cotisations sont plus élevées que les besoins. Je me félicite donc du consensus actuel pour maintenir le taux des cotisations afin d’alimenter la caisse de pensions. » T. R.

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Luxembourg

Aux services de l’industrie La 4e conférence organisée par la Sacred Heart University, en partenariat avec paperJam, se penche sur l’industrie dans un pays où la sidérurgie menait la danse. En prenant du recul, on peut aussi apprécier les mouvements de balancier macroéconomiques et les liens entre les grands secteurs de l’économie nationale. Texte Alain Ducat Photo Luc Deflorenne

L

’industrie luxembourgeoise est-elle connaît une baisse nette depuis 1995 au Luxembourg. indéfectiblement liée à la sidérurgie ? La On constate une réduction de moitié en valeur ajoutée. On était question sous-tend la prochaine conférence à environ 14 % du PIB en 1995, pour 7 % en 2011. Et si on parle organisée par la Sacred Heart University, avec d’emplois, les pertes sont du même ordre ». Dans un cluster la collaboration de paperJam. Elle porte surtout les germes de pays comparables (on peut y inclure le Royaume-Uni de quantité d’autres interrogations, sur l’avenir des unités notamment), « le Luxembourg fait partie des pays qui ont de productions ou les « nouvelles industries » – le terme le plus souffert ». La tendance est lourde en Europe, à lui-même peut être mis à toutes les sauces, ne l’exception de deux pays qui ont gardé un ancrage parle-t-on pas de l’industrie financière ? –, sur industriel fort et productif, l’Allemagne (22 % du PIB) leur place dans l’économie du pays, demain. et la Suisse (19 %). L’externalisation de services On peut aussi voir cela sous l’angle (comme l’informatique) est un corollaire bien macroéconomique et analytique. Arnaud observé, puisqu’on estime que, en Europe, Bourgain, assistant à l’Université du un quart de l’activité de support s’est « L’industrie Luxembourg et actif au CREA (Centre ne profite sans doute déplacée. Mais cela ne suffit pas à for research in economic analysis) expliquer le déclin, et encore moins à plus assez de la Faculté de Droit, d’Économie le freiner. « Historiquement, l’industrie a de l’attractivité, et de Finance, a aussi œuvré, aux eu un effet d’entraînement sur l’économie, performante côtés du Statec, sur les rapports de tant que les gains de productivité et les par ailleurs. » compétitivité, avant leur intégration innovations technologiques servaient le dans la démarche de l’Observatoire. modèle général. L’industrie, au Arnaud Bourgain, « La part de l’industrie diminue, Luxembourg, les a longtemps maintenus. » Université du Luxembourg c’est un fait, note-t-il. La production Le Grand-Duché, précisément, a vu manufacturière, hors énergie et construction, émerger un pôle financier important. — Janvier 2013

ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

« Entre les deux pôles, industriel et financier, il doit s’établir une balance ». Arnaud Bourgain voit une sorte d’effet « dutch disease » (maladie néerlandaise – une observation valant d’ordinaire pour le secteur pétrolier, plus généralement pour une économie qui dépend d’un super secteur exportateur, sans véritable marché national). « Au Luxembourg, le boum dans le secteur financier a eu des effets immédiats, entraînant une hausse des revenus, de la main d’œuvre, en qualité et en quantité, mais aussi du niveau de vie et d’une série de coûts, l’immobilier par exemple. L’impact a été positif pour le troisième secteur, celui des services, qui s’est développé autour du pôle financier et de ses besoins. Il y a eu aussi des effets positifs sur les recettes de l’État. Par rapport à l’industrie, c’est nettement moins apparent. L’industrie ne profite sans doute plus assez de l’attractivité, performante par ailleurs. » Le secteur a évidemment changé et, adossé à la volonté de l’État de diversifier le tissu, il a pu profiter de la capacité à offrir des têtes de pont à des groupes d’industrie plus moderne. « La marge de manœuvre qu’a su s’octroyer le Luxembourg est appréciable pour lisser l’effet d’une conjoncture défavorable. C’est important d’amortir les chocs, en particulier dans l’industrie, souligne Arnaud Bourgain. Cependant, il y a un effet de persistance : on ne retrouve pas nécessairement le niveau d’avant la crise, malgré les réductions d’effectifs, souvent accompagnées de baisse des investissements, pour tenter de retrouver des gains de productivité dans une concurrence globale. Dans les services, plus spécialisés et différenciés, il y a davantage de souplesse, par rapport à la concurrence extérieure. Dans l’industrie manufacturière, plus sensible aux chocs, les effets de persistance peuvent être violents. Surtout si le conjoncturel devait devenir structurel. » Avec ou sans indexation

Les maladies sont assez aisées à diagnostiquer. En revanche, les remèdes sont plus délicats à édicter. Certains regrettent, par exemple, que le secteur financier ne serve pas assez l’industrie, dans un effet de balancier plus équilibré. « L’innovation, le tissu des PME, pourraient davantage bénéficier de capital-risque ou de private equity, observe M. Bourgain. Il peut y avoir des effets pervers et il y a d’ailleurs

eu de mauvais exemples, néfastes à la réputation de ces outils. Mais cela reste un levier intéressant pour pousser l’innovation en amont, pas forcément dans le high-tech d’ailleurs, mais pour donner un élan plus profond, plus durable. Ces outils de financement, utilisés dans leur objet premier – et donc pas détournés par la spéculation – sont intéressants. » Pour lui, le Luxembourg a des ressources et même une certaine habitude, un savoir-faire dans la diversification et le développement de solutions attractives, depuis la crise sidérurgique des années 80. « La désindustrialisation, ce n’est pas un phénomène nouveau. Il y a eu, ici, un culte de la qualité pour doper la compétitivité. Des efforts de chaque instant, une souplesse réglementaire, l’adaptation de cadres à des niches ou à des créneaux haut de gamme. Encore une fois, si on reste dans le conjoncturel, l’état général n’est pas trop inquiétant. Il faudra voir où se situe la fin du choc, qui perdure quand même depuis quelques années. Quelle croissance tendancielle va-t-on retrouver ? Plus le pays est petit et, par nature, ouvert, plus c’est difficile à prédire, parce qu’il y a davantage de facteurs de dépendance » Cette incertitude du lendemain fait tirer à beaucoup la sonnette d’alarme des coûts salariaux. Arnaud Bourgain a une approche

plus prudente. « Entre le coût salarial unitaire et le salaire net, il n’y a pas une grande différence. Le Luxembourg n’est pas mal classé ! La hausse de masse salariale se constate partout en Europe. Et ce, avec ou sans indexation. Si l’on prend le coût salarial unitaire, la courbe sur une longue période ne montre pas d’emballement particulier du Luxembourg par rapport à ses grands partenaires. En revanche, le choc conjoncturel de 2008-2009 est plus fort qu’ailleurs, si on observe la chute de la valeur ajoutée de la production industrielle ». Ainsi, la compétitivité en volume, mesurée par le coût de la masse salariale sur la valeur ajoutée, voit surtout le dénominateur flancher. « La valeur ajoutée a chuté de 17 % en 2008, de 23 % en 2009. La baisse de valeur de la production industrielle est nette. Facile à observer, elle n’est pas évidente à contrecarrer. Ici aussi, il faudra mesurer la persistance éventuelle des effets conjoncturels. Mais il semble clair que le secteur industriel a besoin de valeur, il faut en produire à nouveau, pour éviter de sortir de la crise par le bas, en nuisant à l’emploi. » Ce serait, en quelque sorte, dérégler une balance entre secteurs dont l’équilibre s’avère déjà fragile.

CONFÉRENCE

Épisode 4 « L’industrie au Luxembourg, c’est la sidérurgie… Toujours vrai ? » C’est le thème de la 4e conférence organisée par la Sacred Heart University, en partenariat avec paperJam. Le cycle « Luxembourg – where we came from; where we are; where lies our possible future? », qui se déroule jusqu’au mois de juin, trouve ici une nouvelle déclinaison en prise directe avec l’actualité. Jeudi 17 janvier 2013 (de 18 h à 20 h), l’épisode 4 proposera les interventions de plusieurs speakers. Charles Barthel, directeur du Centre Robert Schuman, évoquera le rôle historique de l’industrie dans l’économie et la société luxembourgeoises : modèle social en tripartite, développement institutionnel, le poids de l’État

dans la politique économique, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, poids des revenus industriels, entre autres, tout cela est, de très près ou de plus loin, lié à l’impact de la sidérurgie au fil des ans. Michel Wurth, en sa qualité de membre luxembourgeois du comité exécutif du groupe ArcelorMittal, parlera de l’importance de l’industrie sidérurgique, hier et, surtout, demain. Une intervention prolongée par une profession de foi de Me Guy Harles, partner chez Arendt & Medernach : « L’industrie a un avenir au Luxembourg ! » Où l’on parle de ces formes modernes d’industrie attirées au pays, grâce notamment à un cadre législatif adapté… Infos et inscriptions sur www.club.paperjam.lu

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PAPERJAM TV

EÀ FAC CE FA

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Regardez la vidéo de Gary Kneip sur paperJam.TV

LES DIX VÉRITÉS DE

Gary Kneip Le président de la Confédération luxembourgeoise du commerce, et futur président du Conseil économique et social se montre très critique envers l’action et les mesures prises par le gouvernement en situation de crise.

« On a aujourd’hui un tissu d’outils suffisamment large pour démarrer son entreprise. Désormais, on ne peut plus dire : ‘c’est trop compliqué, il me manque ceci ou cela’. C’est une question de volonté, 3 de vision, d’idées. » « Si le pays était un avion, j’aurais des hésitations à le prendre. Les influences du pilotage sont nombreuses et les orientations ne sont pas toujours données de façon équivoque. »

Interview Jean-Michel Gaudron

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« L’État devrait se doter d’une cellule spécialisée dans la gestion de ses participations, et non pas de gérer activement ses participations en s’impliquant directement dans ses activités. Cela risque de créer des distorsions dans le marché. »

— Janvier 2013

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« Par le passé, le Conseil économique et social a souvent été appelé à faire des prises de positions individuelles, qui étaient finalement d’un superflu excessif, et qui ont mené à la situation de l’arrêt des travaux que l’on a connu. »

PAPERJAM TV

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« En prônant le statu quo, les syndicats ratent une occasion de rénover un peu leur façon d’agir dans la société et dans l’économie. »

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« Le budget 2013, revu, surestime les recettes et sous-estime les dépenses. Il y a encore un peu de maquillage et le déficit affiché aujourd’hui ne sera pas celui que l’on verra d’ici à quelques mois. »

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« Le Conseil économique et social est aujourd’hui le seul endroit où le dialogue tripartite peut avoir lieu. »

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« La région de Trèves voit, aujourd’hui, le Luxembourg comme son principal adversaire en matière de commerce. »

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« J’ai le regret de constater que le parti socialiste proclame plutôt faire une politique pour sauver les prochaines élections. J’aurais tendance à leur dire : ‘faites une politique pour sauver le pays !’ »

« Si je regarde tout ce qui sera l’environnement de nos enfants, tout l’avenir économique que nous préparons aujourd’hui pour nos enfants, je pense que l’on fait des erreurs graves. Toute mon action vise à contribuer à minimiser ces impacts négatifs, pour autant qu’on puisse le faire en tant qu’individu. »

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Les décideurs économiques fluents au Luxembou n i s u l p s rg le

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INNOVATION DANS LA CONTINUITÉ Pour sa quatrième édition, le classement des décideurs économiques établi par un jury indépendant (présidé par Jeannot Krecké) a accouché d’une grosse nouveauté par rapport à ses devancières. C’est Gaston Reinesch, un haut fonctionnaire, néanmoins très impliqué dans bon nombre de sociétés privées, qui a été désigné numéro un. TEXTE JEAN-MICHEL GAUDRON

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our la quatrième fois depuis 2006, paperJam publie le classement des 100 décideurs économiques les plus influents au Luxembourg. Après Romain Bausch (SES), Michel Wurth (ArcelorMittal / Chambre de commerce, UEL) en 2008 et Ernst Wilhelm Contzen (Deutsche Bank / ABBL) en 2010, c’est au tour de Gaston Reinesch d’être, cette année, désigné comme étant la personnalité la plus influente dans l’économie luxembourgeoise. Administrateur général du ministère des Finances, président de plusieurs conseils d’administration de sociétés clés du pays (voir article page 42), Gaston Reinesch a fait l’unanimité d’un jury présidé, cette année, par l’ancien ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké. À ses côtés, ont siégé Ernst Wilhelm Contzen, le lauréat 2010 ; l’avocat Michel Molitor ; l’industrielle Michèle Detaille et l’architecte Tatiana Fabeck (voir le détail en page 36). Un jury particulièrement éclectique donc, dont le premier mérite – et qui n’est pas le seul, loin de là – a été de couvrir pratiquement l’entièreté du spectre économique du pays, afin de permettre une analyse la plus exhaustive possible des enjeux et des jeux d’influence qui ont guidé leurs choix. L’édition précédente s’était achevée, le 9 décembre 2010, au lendemain d’une mémorable tempête de neige qui avait paralysé toute la Grande Région et jeté un froid sur tout le pays. Depuis, le climat des affaires ne s’est guère réchauffé. Bon nombre de turbulences – autres que météorologiques – ont traversé le Grand-Duché, s’y attardant même un bon moment, sans que l’on sache très bien quand la prochaine réelle éclaircie est prévue.

Le dialogue social national est au point mort après deux échecs consécutifs de la Tripartite ; les perspectives de croissance sont dramatiquement peu enthousiasmantes, la dernière livraison du Statec sur le sujet, en date du 22 novembre, ne prévoyant pas plus que 0,5 % pour l’année 2012 et 1 % pour 2013 ; le chômage continue son inexorable croissance (13.947 demandeurs d’emploi et un taux de chômage de 5,9 % en novembre 2010 ; 15.187 et 6,1 % deux ans plus tard) ; les réductions d’effectifs et autres restructurations se poursuivent, que ce soit dans l’industrie ou la place financière ; deux des plus grosses banques de la Place (Bil et KBL) sont passées sous le même pavillon qatari de Precision Capital ; les deux fleurons de l’aviation, Luxair et Cargolux, traversent de fortes zones de turbulences (lire l’article page 14)… la liste n’est pas exhaustive. Même le gouvernement souffre, sur fond de dissensions au sein même des deux partis de la coalition. Quand rien ne va…

Mathématiques et sciences humaines L’établissement de ce classement a donc, évidemment, dû tenir compte de tous ces remous. Et ce, jusqu’à la dernière minute. Akbar Al Baker, par exemple, le CEO de Qatar Airways, figurait initialement en bonne position dans le classement. L’annonce, mi-novembre, du retrait de la compagnie qatarie du capital de Cargolux – où elle était entrée un an plus tôt – a totalement redistribué les cartes et nécessité quelques ajustements de la part du jury. On le sait : établir un tel classement relève, tous les deux ans, d’une véritable gageure pour les membres du jury, conscients que, quels que soient leurs choix, ils ne feront jamais l’unanimité et susciteront commentaires et reproches. Entre ceux qui ne comprendront pas pourquoi ils ne figurent pas dans le casting final, ceux qui ne comprendront pas pourquoi ils y sont et ceux qui ne seront pas satisfaits de leur position finale (surtout si l’un de leurs concurrents se trouve devant eux), il y aura de quoi animer les débats pour un bon moment encore.

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Jury

MÉTHODOLOGIE Ce vote final est le résultat d’une démarche qui se base sur deux piliers : une méthodologie désormais bien rodée et proposant notamment toute une série de critères objectifs, développée pour les besoins du présent classement, et les délibérations du jury qui se sont déroulées dans le cadre de trois sessions plénières et d’un certain nombre de sessions de travail individuelles. Les critères de base répondent à l’ambition de cerner les différentes facettes du vote et donc de chaque personnalité retenue en choisissant un large éventail de critères complémentaires. Trois grandes catégories de critères ont été retenues : économiques (situation professionnelle et para-professionnelle, entreprise / organisation) ; personnels (influence économique, sociale et politique de la famille proche, networking, mandats publics) et politiques (opinion making power et capacité visionnaire). Concrètement, sur la base d’un premier listing reprenant plus d’un millier de décideurs actifs au Luxembourg, publié dans l’édition juillet-août 2012 de paperJam, les membres du jury ont procédé, chacun, à une première sélection de 200 noms, ce qui a donné lieu à une « short-list » d’un total de 455 noms. Réuni en session plénière, le jury a alors affiné cette sélection jusqu’à obtenir une liste de 100 noms au sein de laquelle a ensuite été établi le classement final. J.-M. G.

C I NQ E S BR M E M JURY DU JEANNOT KRECKÉ

– 62 ans – Administrateur de sociétés (notamment d’ArcelorMittal, Systemat) – Consultant d’entreprises à l’international – Ancien ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, entre 2004 et 2012

ERNST WILHELM CONTZEN

– 62 ans – CEO de Deutsche Bank Luxembourg – Président de l’Association des banques et banquiers, Luxembourg – Membre du conseil d’administration de Clearstream International, de Luxempart, de la CSSF et de l’UEL

Tout comme les années précédentes, le travail du jury 2012 a été accompagné par deux représentants de paperJam (*), dont le rôle s’est limité à l’animation et la synthétisation des débats, sans, bien sûr, intervenir à aucun moment dans le processus de vote en tant que tel. L’indépendance de ce jury reste, évidemment, le garant premier de la qualité de son travail qui a pu s’effectuer sans la moindre pression et dans une ambiance constructive de dialogues parfois très animés. « Nous avons eu une démarche à la fois très mathématique et très humaine. Nous avons subdivisé le travail en sessions individuelles et en séances plénières, résume le président du jury, Jeannot Krecké. Il y a d’abord eu une partie très mathématique où, en attribuant des votes, nous sommes parvenus à une liste plus resserrée que celle du départ (voir l’encadré sur la méthodologie). Nous avons ensuite revu de façon critique ce qui est sorti de cette approche mathématique et nous avons suivi les critères de sélection au plus près. » Sur la base des quelques règles établies préalablement (voir l’interview de M. Krecké en page 40), le jury a également eu le souci de ne pas trop se focaliser sur un seul secteur économique ou un seul élément d’appréciation. « Nous avons eu en permanence le souci de balancer un maximum de données », confirme Jeannot Krecké.

Économie cherche leader Et pour tous ceux – nombreux – où il a été difficile aux membres du jury de se prononcer, il a été retenu l’option d’une citation dans des encadrés à part (voir pages 38-39), pour souligner le fait qu’il a été tenu compte de leur importance, actuelle ou récente, dans le tissu économique luxembourgeois, sans pour autant qu’elle soit de nature à les rendre éligibles dans ce Top 100. Le cas François Pauly fut, ainsi, l’un des plus activement discutés, le jury décidant finalement qu’il devait encore faire ses preuves à la tête d’une Bil désormais passée sous contrôle qatari. C’est pourquoi son nom figure dans la rubrique « à suivre » et non pas dans le classement même. Au sortir des sessions plénières de délibération, le classement du Top 10 a été très rapidement établi,

— Janvier 2013

MICHEL MOLITOR

– 51 ans – Avocat à la Cour, managing partner chez Molitor Avocats à la Cour – Banking & Finance and Litigation & Dispute Resolution practices

TATIANA FABECK

– 42 ans – Architecte, gérante de Fabeck Architectes – Membre du conseil d’administration et du comité de direction de la Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie

MICHÈLE DETAILLE

– 55 ans – Administrateur délégué de No-Nail Boxes – Membre du conseil d’administration de la Fedil, membre du comité consultatif d’ING Luxembourg

les décideurs qui y figurent ayant fait la quasi-unanimité. Le jury a, ensuite, procédé par étapes, arrêtant les positions 11 à 30, puis 31 à 50 et, enfin, les 50 dernières. « Mais à ce stade-là, on ne s’est pas forcément déterminé pour savoir si tel ou tel décideur devait vraiment être 35e ou 55e, prévient Jeannot Krecké. Il s’est surtout agi de regarder, au sein d’un même secteur ou d’une même activité, si les positions relatives des uns et des autres étaient cohérentes. Nous savons évidemment qu’il ne s’agit pas d’une science exacte et que cela reste le fruit d’une appréciation subjective de notre part. » Au cœur d’une des périodes les plus dures de son Histoire, depuis la grande crise sidérurgique de la fin des années 70-début des années 80, le Luxembourg est, aujourd’hui, à la recherche d’un second souffle. À la recherche, aussi, de leaders susceptibles de contribuer à cet élan nouveau. La plupart des décideurs classés dans le Top 10 et que nous avons rencontrés regrettent que ce « leader » ne soit pas Jean-Claude Juncker, unanimement reconnu comme ayant largement les capacités et le charisme pour le faire. Faudra-t-il que le secteur privé prenne obligatoirement le relais ? Sontce des initiatives telles que 5 vir 12 qui doivent servir de catalyseur pour rallumer le feu ? D’ici à la prochaine édition de notre Top 100 des décideurs économiques les plus influents, qui se déroulera en décembre 2014, se seront tenues les élections sociales (automne 2013) et surtout les élections législatives (juin 2014). Deux étapes importantes – surtout la seconde – pour le devenir du pays. Mais les prochains mois, qui précèderont ces deux échéances, le seront tout autant. Ils planteront en grande partie le décor dans lequel la prochaine équipe gouvernementale devra composer sa nouvelle pièce, pour cinq années de représentation. Il ne restera plus qu’à bien réussir le casting des rôles-titres pour bâtir un succès qui convaincra tous les critiques.

(*) l’auteur de cet article, directeur de la rédaction et rédacteur en chef de paperJam et Mike Koedinger, CEO de Maison Moderne, éditeur de paperJam

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ILS AURAIENT PU

Y ÊTRE

Il n’y avait, au final, que 100 places à répartir dans ce classement 2012. Mais les décideurs méritant que l’on s’intéresse à eux sont bien plus nombreux. Tour d’horizon de ceux à qui les membres du jury ont aussi pensé. TEXTES JEAN-MICHEL GAUDRON

LES « À SUIVRE »

LES « ÉMÉRITES » Ils ont, aujourd’hui, moins d’influence que par le passé. Les membres du jury du Top 100 ne les ont pas pour autant oubliés, reconnaissant à la fois leur apport important dans l’économie luxembourgeoise et la légitimité de leurs avis que bon nombre de décideurs ne manquent pas, aujourd’hui encore, de prendre. Certains sont toujours très actifs, à des postes élevés : Marie-Jeanne Chèvremont (présidente de l’Institut luxembourgeois des administrateurs, conseillère chez Arendt & Medernach et Kneip, administratrice de plusieurs sociétés) ; Mil Jung (directeur du service information et presse du gouvernement) ou encore Victor Rod (directeur du commissariat aux Assurances). D’autres sont davantage détachés de l’actualité et / ou occupent des fonctions plus honorifiques qui leur permettent quand même de garder un pied sur le terrain : Marc Assa (président du conseil de CDCL) ; André Elvinger (un des associés fondateurs de la firme Elvinger Hoss & Prussen) ; Norbert Friob (président du groupe FNP) ; Alain Georges (administrateur indépendant) ; Paul Hammelmann (administrateur délégué de l’ACA) ; Charles Kieffer, le doyen, âgé de 91 ans (directeur général du groupe CK) ; Charles Krombach (directeur général d’Heintz van Landewyck) ; Guy de Muyser (président de l’Abbaye de Neumünster et de l’asbl Mathëllef) ; Robert Reckinger (ancien président de la Banque de Luxembourg) ; André Roelants (président de l’International advisory board de Clearstream) ; Jacques Santer (ministre d’État honoraire) ou encore Patrick Zurstrassen (président de la confédération européenne des associations d’administrateurs et ex associé fondateur de MDO Services).

— Janvier 2013

Établi tous les deux ans, le Top 100 des décideurs économiques les plus influents ne comporte, par définition, que 100 places. Les prétendants sont certainement plus nombreux. Pour bon nombre d’entre eux, le jury a préféré les avoir à l’œil, leur laissant deux années supplémentaires pour les laisser faire davantage leurs preuves et, qui sait, frapper avec plus de force aux portes du prochain classement. Certains viennent à peine de prendre leurs fonctions, d’autres sont les successeurs désignés de leurs entreprises respectives. Tous incarnent un certain dynamisme entrepreneurial : Jacques Brauch (nouveau directeur général de Soludec) ; Xavier Buck (président et co-fondateur de DCL Group et d’EuroDNS) ; l’avocat Guy Castegnaro, spécialisé en droit du travail et qui a collaboré activement à la réalisation du code luxembourgeois du Travail ; Amal Choury (CEO et fondatrice d’e-Kenz, présidente d’Eurocloud Luxembourg) ; Antoine Clasen (Caves Bernard Massard), Laurent Decker (directeur de Decker-Ries) ; Frédéric de Radiguès (directeur général de la Brasserie nationale / Bofferding) ; Paul Elvinger (administrateur d’Elth) ; Thierry Elvinger (Fiduciaire Elvinger) ; Eva Ferranti (créatrice d’Eva Ferranti) ; Christophe Glaesener (Glaesener Betz) ; Jérôme Grandidier (fondateur et CEO de Telecom Luxembourg) ; Lynn & Goy Grosbusch (Marcel Grosbusch & fils) ; Jacques Hirtt (actuel adjoint à la direction de Carrosserie Comes et chez Hitec) ; Benji Kontz (directeur général groupe Arnold Kontz) ; Georges Krombach (responsable du développement des produits chez Heintz van Landewyck) ; Isabelle Lentz (secrétaire générale de Bofferding) ; Marie-Hélène Massard (toute nouvelle CEO d’Axa) ; Patrick Mergen (directeur administratif de CK) ; Carole Muller (directrice commerciale chez Fischer) ; Jean Muller (directeur général adjoint chez Moulin de Kleinbettingen) ; Laurent Muller (associé Muller & Associés et administrateur de Sting) ; Marc Neuen (fondateur et directeur de Yellow et d’Emresa) ; François Pauly (président du comité de direction de Dexia BIL) ; Carole Retter (CEO de l’agence Moskito) ; Dan Schneider (fondateur de Tenzing Partners) ; Philippe Schmitz (directeur chez Rotarex) ; Marco Sgreccia (directeur de Tracol Immobilier) ; Pascaline Smets (fashion and buying director chez Smets) ; Tom Steffen (directeur de clientèle adjoint chez Steffen Traiteur) ; Christophe Thiry (directeur chez Karp Kneip) ; Pierre Zimmer (directeur du Centre des technologies de l’information de l’État et managing director de Luxtrust).

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Les décideurs économiques influents au Luxembour les plus g

LE SECTEUR DE LA SANTÉ

LES MÉDIAS Hormis certains journalistes et représentants de groupes de presse mentionnés dans le Top 100 (Alain Berwick, Danièle Fonck, Romain Hilgert, Paul Lenert, Alvin Sold), le jury a également tenu à mentionner certains autres journalistes pour la pertinence de leurs écrits ou de leurs infos, ou bien l’importance prise par leurs médias. On retrouve ces « plumes » ou ces « voix » au d’Land (Josée Hansen, Véronique Poujol, Michèle Sinner), au Lëtzebuerger Journal (le rédacteur en chef Claude Karger et le conseiller Marc Glesener, transfuge du Wort) ; chez Edita (Denis Berche, rédacteur en chef de L’essentiel et son directeur, Emmanuel Fleig, à la tête du premier – et bientôt unique – gratuit du pays) et chez RTL (Alain Rousseau, rédacteur en chef TV et Guy Kaiser, rédacteur en chef radio).

Le secteur de la santé, au Luxembourg, pris au sens large, est le plus gros employeur national. Entre les hôpitaux, les prestataires de soins à domicile, les structures d’accueil pour personnes âgées ou handicapées, les acteurs sociaux, les laboratoires d’analyses, les médecins et infirmières, ce sont plus de 20.000 emplois qui sont directement concernés. Le jury a tenu à inclure, dans ses réflexions, quelquesuns des directeurs des établissements de santé clés du Luxembourg : Nico Bemtgen (secrétaire général de la fondation Hëllef Doheem) ; Willy De Jong (directeur général Elisabeth) ; Alain Dichter (directeur général de Servior) ; Jacques Hansen (directeur général de la Croix-Rouge luxembourgeoise, à qui Michel Simonis succèdera au 1er janvier) ; Marc Hastert (secrétaire général de l’Entente des hôpitaux luxembourgeois) ; Paul Wirtgen (directeur de l’Hôpital Kirchberg) ; Michel Nathan (directeur du Centre hospitalier Émile Mayrisch) ; Romain Nati (directeur du Centre hospitalier du Luxembourg), Christian Oberlé (directeur de la clinique du Dr Bohler) ; Philippe Turk (directeur de la clinique Zitha) ou encore Hans Joachim Schubert (directeur du Centre hospitalier du Nord).

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« LE FRUIT D’UN LARGE CONSENSUS » L’ancien ministre de l’Économie et du Commerce extérieur revient sur la façon dont il a, en tant que président, dirigé les travaux du jury du Top 100. INTERVIEWJEAN-MICHEL GAUDRON PHOTO LUC DEFLORENNE

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onsieur Krecké, comment avezvous vécu votre mission de président de jury ? « Je dois dire tout d’abord que cela m’a permis de découvrir certains décideurs que je ne connaissais pas bien. Et puis j’ai découvert, avec les autres membres du jury, une équipe qui, sur la base d’opinions divergentes, a toujours été capable de trouver des compromis pour parvenir à une position intéressante. Nous n’avons pas toujours été d’accord l’un avec l’autre, loin de là, mais le classement final est clairement le fruit d’un large consensus qui a satisfait tout le monde. L’expérience a été, en tous points, très rafraîchissante. Le Top 100 désigne les décideurs les plus « influents ». Cette notion d’influence a-t-elle été facile à conserver au cœur des discussions ? « Les limites peuvent parfois être floues entre influence et mérite. Sans compter qu’il a fallu également évaluer si c’est l’individu au sein d’une société organisation qui était influent, si c’était l’organisation elle-même qui était influente ou bien si cette organisation fait preuve d’un caractère suffisamment innovant pour avoir une influence sur son marché. Il y a évidemment toujours plusieurs critères qui sont entrés en ligne de compte, mais il nous a, en effet, toujours fallu garder ce concept ‘d’influence’ en tête. Comment définissez-vous cette notion d’influence ? « Il s’agissait non seulement de considérer la position du décideur au sein de l’entreprise et son entreprise elle-même, mais également les prises de position publiques

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de ce décideur. Il a été primordial pour nous que les personnes, que nous avons désignées dans ce classement, aient autre chose à défendre que leur propre intérêt ou celui de leur entreprise. Y a-t-il des règles particulières que vous vous êtes fixées ? « Comme les jurys précédents, nous sommes partis du postulat de ne pas prendre de politiciens qui, évidemment, concentrent entre leurs mains une grande partie de l’influence dans ce pays. Nous avons évidemment éludé les éventuels conflits d’intérêts que pouvait avoir un membre du jury avec tel ou tel décideur évalué, en s’abstenant alors. Nous avons également souhaité ne pas intégrer trop de fonctionnaires d’État, à l’exception de ceux ayant un rôle majeur au sein de sociétés privées. Le cas de Gaston Reinesch est, à ce titre, particulièrement illustratif. Enfin, nous avons essayé de trouver une ‘gender balance’. Nous n’avons peut-être pas réussi comme nous le souhaitions, mais nous y avons pensé. Il y a tout de même, au final, plus de femmes dans ce classement 2012 que dans aucun des trois classements précédents. Cependant, il n’y a aucune femme dans le Top 10, ce qui montre qu’on a encore un besoin urgent de faire remonter des femmes dans des postes importants au Luxembourg. Nous n’avons pu que constater combien il était difficile de trouver des femmes qui laissent une réelle empreinte à un haut niveau d’influence dans l’économie. Et les deux femmes présentes dans notre jury l’ont elles-mêmes reconnu. Le Top 10 s’est-il dégagé rapidement ? « Oui. Les discussions n’ont porté que sur une ou deux positions, mais le consensus s’est très rapidement dégagé. Ce qui ne veut pas dire que cette liste des 10 n’est pas source de contestation. Mais il est naturel qu’un jury veuille aussi marquer de son empreinte un tel classement.

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Jeannot Krecké : « Cela m’a permis de découvrir certains décideurs que je ne connaissais pas bien. »

Le choix de Gaston Reinesch en tant que lauréat de cette édition 2012 s’est-il imposé facilement ? « Étonnamment, oui, en dépit de son statut de haut fonctionnaire. Mais quand on regarde son cursus, et les fonctions de président des conseils d’administration qu’il occupe, on ne peut être que d’accord avec ce choix. Même s’il n’a pas dans les mains des fonctions exécutives, il a influencé énormément, car il ne s’est pas contenté de siéger. Vous avez eu affaire à lui à de nombreuses reprises lorsque vous étiez ministre… « Oui, et nos relations étaient excellentes. C’est quelqu’un de très ouvert et de très coopératif. Beaucoup me disaient qu’il avait un caractère difficile, mais je ne l’ai pas spécialement constaté. Il affiche une intelligence économique époustouflante. J’ai appris beaucoup de choses avec lui. Il possède une approche très stricte de la gouvernance et il n’aime pas que d’autres, qui sont moins regardants sur la question, viennent lui faire la morale. Et dans sa nouvelle fonction de directeur de la banque centrale du Luxembourg, il n’aura pas moins d’influence ! Son dauphin est Romain Bausch, qui fut le premier lauréat de ce Top 100 en 2006. « Il est normal qu’il soit toujours là. Il ne faut pas oublier d’où il vient ! Il occupait, à l’époque, au ministère des Finances, la position qu’occupe aujourd’hui Gaston Reinesch. Je l’ai connu au moment de la grande réforme fiscale du début des années 90 et j’ai appris à l’apprécier dans ce travail. Il a ensuite quitté la fonction publique pour se lancer dans le privé et SES a clairement trouvé en lui un patron qui est, aujourd’hui, responsable d’une bonne partie du succès de cette entreprise multinationale. Pour le Luxembourg, cela apporte une crédibilité supplémentaire d’héberger de tels grands groupes internationaux. Il nous en faudrait d’autres ! SES fait partie de ces noms connus qui nous servent dans la promotion du pays à l’étranger.

Gerard Lopez complète le podium. Un choix qui va en surprendre plus d’un… « C’est évidemment un personnage totalement différent des deux autres. Après son passage chez Andersen, comme beaucoup de ceux qui sont passés au sein de telles firmes, il a eu le courage de partir et de faire sa renommée avec sa propre entreprise, Mangrove. Il est aujourd’hui patron de Genii, avec un groupe plus large, qui abrite d’ailleurs certaines parties de Mangrove. Mais c’est surtout devenu une firme qui investit. Puis, il a développé un remarquable modèle de plate-forme d’échange business autour des grands prix de Formule 1. Il faut vraiment avoir du courage pour s’investir dans la F1 et aller y chercher des sponsors. Son influence est tout autant réelle au Luxembourg que par sa renommée internationale. Il est devenu un personnage un peu mythique. Le classement final vous satisfait-il donc sur un plan personnel ? « Il est certain que pour les derniers décideurs qui ont été éliminés de la liste des 100, il y a eu souvent des discussions animées entre les membres du jury. Souvent, la question de savoir si un décideur avait sa place ou non dans le Top 100 a été plus serrée que pour savoir si un décideur devait être positionné en 50e ou 80e position. J’ai un regret, peut-être : celui de ne pas avoir pu intégrer des représentants du monde du sport. Mais il est un fait que, pour le moment, hormis peut-être Andy Schleck, il n’y a aucun sportif qui ait vraiment une influence économique. Or, pour cause de blessures, il n’a pas eu de bons résultats cette année. Je tiens aussi à dire que nous avons été réactifs jusqu’au dernier moment, puisque nous avions initialement considéré Akbar Al Baker (le CEO de Qatar Airways, nldr.) comme faisant partie de ces décideurs parmi les plus influents… jusqu’au moment de l’annonce du retrait de la compagnie du capital de Cargolux, à la mi-novembre. »

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Gaston Reinesch • Né le 7 mai 1958 • Administrateur général du ministère des Finances • Président de la Société nationale de crédit et d’investissement (SNCI) • Président du conseil d’administration de l’Entreprise des P&T et de BGL BNP Paribas • Membre du conseil d’administration de la Banque européenne d’investissement, Cargolux, Enovos, SES • A été nommé directeur général de la Banque centrale du Luxembourg au 1er janvier 2013

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UN SYMBOLE FORT

Futur ex-administrateur général du ministère des Finances et prochain directeur général de la Banque centrale du Luxembourg, le multireprésentant de l’État au sein de bon nombre de conseils d’administration a fait l’unanimité auprès du jury de ce Top 100. Son implication dans le développement économique du pays et son rôle déterminant dans quelques dossiers sensibles l’ont consacré décideur économique le plus influent. TEXTE JEAN-MICHEL GAUDRON PHOTO CHRISTOPHE OLINGER

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l fallait bien que cela arrive un jour. Et l’unanimité exprimée par les cinq membres du jury illustre l’évidence de la chose. En choisissant d’élever Gaston Reinesch au rang des décideurs luxembourgeois les plus influents pour l’année 2012, Jeannot Krecké et ses quatre comparses ont tout simplement consacré l’omniprésence d’un homme au cœur de l’économie luxembourgeoise. Ce haut fonctionnaire d’État, administrateur général du ministère des Finances depuis 1995 était donc, à ce titre, potentiellement « horsconcours », selon les critères établis par le jury. Mais sa présence au sein de bon nombre de conseils d’administration d’entreprises publiques ou privées le rend, de fait, parfaitement éligible. Il en avait déjà été de même lors de la précédente édition, à l’issue de laquelle il avait été classé aux portes du Top 10, en 14e position. La reconnaissance de cette année intervient, qui plus est, au moment où cet économiste de 54 ans,

titulaire d’un master en sciences économiques de la London School of Economics, mais qui reconnaît volontiers s’être vraiment formé sur le tas, arrive à un tournant majeur de sa carrière. Au 1er janvier, il prendra en effet la direction de la Banque centrale du Luxembourg, pour un mandat de six années, s’apprêtant ainsi à écrire un nouveau chapitre dans une histoire déjà bien longue et bien riche.

Au chevet de Fortis Pour autant, M. Reinesch n’est pas du genre à défrayer la chronique ni à chercher à attirer les feux des projecteurs, préférant les heures d’un travail qui le passionne aux heures perdues à se disperser dans des représentations publiques où il n’estime pas nécessaire de se montrer. Et peu importe si cela ne lui a pas apporté que des amis. Sans doute même aurait-il préféré ne pas être retenu dans ce Top 100 et, encore moins, à la première place. Et s’il a accepté de nous rencontrer – sans connaître, évidemment, sa position finale –

c’est à la seule condition d’une discussion totalement informelle ne donnant lieu à aucune citation de sa part dans le présent article. Au cœur du siège de BGL BNP Paribas (dont il préside le conseil d’administration), au Kirchberg, où il nous a reçus fin novembre, l’échange n’en a pas moins été chaleureux. Mais derrière un sourire et un regard pleins de malice, le personnage a gardé la maîtrise des débats, coupant court à tout sujet dont il ne voulait pas parler et balayant d’un revers de la main telle ou telle « rumeur » courant à son sujet. Une profonde divergence de vues et des relations supposées très froides avec « son » ministre Luc Frieden ? Non, première nouvelle… Les turbulences au sein de Cargolux ? Rien à dire non plus sur le sujet. Pas plus que sur la dernière mouture du projet de budget 2013. Sans doute sa nouvelle fonction lui autoriserat-elle à davantage s’étendre sur le sujet. Il sait, d’avance, que cette fonction lui confèrera une visibilité médiatique toute autre. Car si Gaston Reinesch était, jusqu’à ce jour, incontournable

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dans le paysage économique luxembourgeois, il le sera encore à compter du 1er janvier 2013, sous une forme autrement plus exposée. Cela fera du reste certainement partie des grandes lignes du style de gouvernance qu’il compte imposer à la tête de l’institution du boulevard Royal. Mais là non plus, il ne sera pas possible d’en savoir plus, ses premiers commentaires et impressions sur son nouveau poste n’étant pas attendus avant qu’il en ait pris les rênes. On peut néanmoins lui faire confiance pour trouver le ton juste. Entré au sein du ministère des Finances en 1989, il s’est occupé, en premier lieu, de dossiers fiscaux (aux côtés de Romain Bausch, alors administrateur général du ministère) et de dossiers monétaires, avec un certain Yves Mersch, auprès de qui il a travaillé sur l’élaboration du traité de Maastricht. Celui qui sera, à compter de ce 15 décembre, nouveau membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne était alors directeur du Trésor. À ce titre, M. Mersch représentait le ministre des Finances de l’époque (Jean-Claude Juncker) dans la négociation de ce traité européen qui a jeté les bases du pacte de croissance et de stabilité de l’Union européenne. De cette « aventure », M. Reinesch a d’ailleurs tiré un livre (co écrit avec Jos Weyland, Jim Cloos et Daniel Vignes : Le traité de Maastricht, genèse, analyse, commentaires, Éditions Bruylant) En 1995, lorsque Romain Bausch décida de quitter le ministère pour prendre la tête de l’opérateur de satellites SES, c’est Gaston Reinesch qui lui succéda aux fonctions d’administrateur général. Il fut notamment en charge, jusqu’en 2004, de représenter le Luxembourg à Bruxelles dans les négociations du paquet fiscal européen. Une période qui lui valut quelques joutes mémorables avec Mario Monti, commissaire en charge du marché intérieur, des services, des douanes et de la fiscalité. À partir de 2004, il se concentra davantage sur les participations de l’État luxembourgeois et sur la Société nationale de crédit et d’investissement (SNCI), dont il occupe la présidence depuis 2002. En tant que représentant de l’État, il a accédé à un certain nombre de conseils d’administration. Du côté bancaire, tout d’abord, il a successivement siégé à la Bil (où il fut commissaire du gouvernement), puis à la BCEE (il était vice-président) et enfin chez BGL BNP Paribas, qu’il préside depuis décembre 2008, après avoir été un des grands artisans de son sauvetage quelques semaines plus tôt. C’était le week-end des 4 et 5 octobre, plus précisément. La déconfiture du groupe Fortis, qui s’était vertigineusement accélérée les jours précé-

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« Une intelligence économique époustouflante » dents, amena sa filiale luxembourgeoise au bord de l’explosion. Tout ce week-end-là, jour et nuit, Jean-Claude Juncker, Luc Frieden et Jeannot Krecké pilotèrent plusieurs réunions de crise auxquelles Gaston Reinesch participa, en sa qualité d’administrateur général du ministère des Finances. Il fut alors proposé par le gouvernement, au même titre que trois autres représentants de l’État, pour figurer au sein du conseil d’administration. Mais c’est bel et bien à lui que fut confiée la présidence de ce qui est aujourd’hui encore le premier groupe bancaire du pays (et deuxième employeur privé national), fort de plus de 4.100 personnes. Depuis, la présence de l’État dans le capital de l’ex-Fortis Luxembourg, dont il détient 34 %, fait encore débat, d’aucuns estimant qu’il n’a rien à y faire et qu’il n’est pas dans son rôle. Sauf que, a contrario, l’État n’aurait pas été dans son rôle s’il n’avait participé au sauvetage d’une banque dite systémique qui était sur le point de disparaître purement et simplement du paysage luxembourgeois. Et il est, aujourd’hui, difficile d’imaginer le cataclysme que cela aurait provoqué pour l’économie du pays tout entier. Il y a parfois des situations exceptionnelles qui nécessitent des traitements exceptionnels. Et il n’y a sans doute pas grand monde, au sein même de l’établissement, pour trouver quoi que ce soit à y redire. L’État n’a jamais caché qu’il n’avait pas l’intention de rester éternellement actionnaire de BGL BNP Paribas qui, quatre ans après, semble avoir digéré toute cette histoire. La sortie du capital (au profit de BNP ?) n’est, désormais, plus qu’une question de temps, dans l’attente d’un contexte économique général un tant soit peu meilleur. Mais Gaston Reinesch, en tant que représentant de l’État, c’est aussi le président (depuis 2000) du conseil d’administration de l’Entreprise des P & T où il siège depuis le changement de statut de l’administration des P & T en société publique ; et

le membre des conseils de SES, d’Enovos, de la Banque européenne d’investissements ou encore de Cargolux. Et puis c’est aussi à la présidence de la SNCI qu’il n’a eu de cesse, depuis 10 ans, de soutenir le développement de l’économie nationale au travers de prises de participation et de prêts s’apparentant parfois, même, à de la microfinance. L’un des derniers gros chantiers sur lequel il a activement travaillé s’achèvera après son départ : la mise en place du Luxembourg Future Fund, dont la SNCI détient les 4/5, à hauteur de 120 millions d’euros, les 30 millions restant étant entre les mains du fonds européen d’investissement qui aura la responsabilité de sa gestion. Ce fonds, annoncé en janvier 2012 comme un outil complémentaire à ce qui existe déjà, et qui devrait être officiellement lancé début 2013, permettra des investissements dans des projets à l’étranger, mais présentant des perspectives de forte valeur ajoutée pour l’économie nationale. À la tête de cet établissement, il aurait dû, également, et depuis longtemps, se pencher sur « la mise en place d’une gestion modernisée des participations de l’État », telle qu’annoncée dans le programme gouvernemental de… 2004. Jamais il n’en reçut le mandat. Mais il n’est pas impossible d’imaginer qu’il remettra le sujet sur le tapis depuis son fauteuil à la BCL. Et si Gaston Reinesch va, dans les prochaines semaines, devoir démissionner de l’ensemble des mandats d’administrateur représentant de l’État qu’il détient aujourd’hui, l’influence « économique » de ce personnage un peu atypique ne faiblira certainement pas. Son caractère parfois irascible non plus, sans doute. Cela le rend à la fois craint par certains – fonctionnaires ou interlocuteurs du privé –, mais d’autant plus apprécié par d’autres, pour son intransigeance et sa rigueur, voire « son intelligence économique époustouflante », comme lui reconnaît Jeannot Krecké, président du jury de ce Top 100.

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«  ON NE PEUT PAS NE PAS RÉUSSIR »

Le CEO de SES est persuadé de la réussite du redressement économique du pays, même si les choses vont lentement. À condition de vouloir rester ce que l’on est, plutôt que de vouloir garder ce que l’on a. TEXTE JEAN-MICHEL GAUDRON PHOTO DAVID LAURENT / WIDE

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u haut d’une orbite géostationnaire, à quelque 36.000  km d’altitude, la perception de l’agitation du plancher des vaches est toute relative. C’est un peu dans ce contexte que SES évolue. L’activité du premier opérateur mondial de satellites est assez largement décorellée du contexte économique traditionnel. Et à sa tête, Romain Bausch, bientôt 60 ans ancien haut fonctionnaire (il fut administrateur général au ministère des Finances, où il recruta un certain Gaston Reinesch…), en pilote le développement avec réussite depuis près de 18 ans. Grand contributeur de recettes fiscales, portedrapeau de la réputation du pays loin de ses frontières, SES incarne la quintessence de la success story à la luxembourgeoise. Et son CEO en est, tout autant, le symbole fort. L’expérience et le savoir-faire de Romain Bausch, qui pendant longtemps n’a exclusivement consacré son temps qu’au seul opérateur de satellites, attirent régulièrement les convoitises. Et les demandes pour faire partie d’un autre conseil d’administration ne manquent pas. En janvier 2011, il a fini par céder à l’un de ces appels, en devenant administrateur d’Aperam, au moment de la création de cette spin-off de la branche aciers inoxydables et spéciaux d’ArcelorMittal. « Je suis le seul luxembourgeois au conseil, témoigne-t-il. Il est vraiment intéressant de pouvoir apporter un savoir-faire et une connaissance dans le domaine de la gouvernance d’entreprise, et de voir comment fonctionne un conseil dans un environnement un peu différent. » Le marché de l’inox est, de surcroît, plus sensible que le secteur de l’acier en général, car plus exposé aux coûts des matières premières. De quoi, donc, faire découvrir de nouveaux horizons à Romain Bausch, quand bien même le

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monde des satellites lui offre, symboliquement, une vue sur l’infini, avec des perspectives plutôt positives. En matière de bande passante et de besoins en communication, les demandes sont sans cesse croissantes. Pas surprenant, dès lors, que le carnet de commandes de SES affiche un record historique de plus de 7, 2 milliards d’euros. « Il faut aussi dire que nous avons, au bon moment, décidé de nous engager dans une stratégie de diversification qui porte à présent ses fruits », analyse le CEO. Diversification géographique, tout d’abord, le marché des pays émergents, absent du périmètre de la société il y a 10 ans, génère désormais un quart du chiffre d’affaires global. Diversification d’activité ensuite, avec le développement de services de communication venant compléter la transmission satellitaire de base. « Si nous étions restés en Europe et avec une activité unique, nous aurions aujourd’hui aussi des résultats assez stables, sinon en recul. » Après quelques années consacrées à la définition et à la mise en place de cette stratégie, l’heure est, depuis, à sa concrétisation sur le terrain, avec l’objectif « d’avoir suffisamment de carburant dans le moteur pour générer du cash-flow. Cela nous est nécessaire pour investir dans une croissance traditionnelle, et avoir un retour adéquat pour les actionnaires. » Le tout en continuant à créer des emplois…

« Augmenter les impôts n’est pas antisocial » Un scénario idyllique dans un décor qui ne l’est pourtant guère, à l’heure où l’économie mondiale tourne au ralenti, et parfois, même, s’arrête. Et à l’échelle du Luxembourg, Romain Bausch est parfois désarmé devant la teneur des débats. « Peut-être ai-je été dans les satellites depuis trop longtemps et que j’en ai perdu les liens avec le

monde socio-économique luxembourgeois. Mais je reste bouche bée, lorsque j’entends les syndicats prétendre que la politique budgétaire actuelle, qui repose dans une large partie sur les augmentations d’impôts, est antisociale. J’ai toujours cru que la politique fiscale constituait l’un des éléments clés de la politique de redistributions. Si une partie des déficits publics est couverte par une augmentation fiscale, il est difficile d’en déduire que la politique est antisociale sur ce volet-là. Tout le monde semble encore chercher quel chemin il faut prendre, avec peut-être aussi des vues électoralistes. » Se pose alors la question, à ses yeux, de savoir si les dirigeants luxembourgeois abordent de la bonne manière les défis qui se présentent à eux, sur fond de risque de dérapage des finances publiques, alors que le financement futur de l’assurance pension fait débat, tout autant que la répartition des revenus et des richesses au sein de la génération actuelle. Mais aussi entre cette dernière et la génération future. « Pour simplifier, le Luxembourg a le choix entre continuer à être ce que il est ou bien continuer à avoir ce qu’il a. Et si nous voulons continuer à être ce que nous sommes, nous ne pouvons pas nous opposer à ce que des investisseurs qataris, russes ou chinois prennent certains pouvoirs de décision dans le pays. » Depuis deux ans, Romain Bausch constate tout de même que la perception de la population sur le contexte économique actuel a fortement évolué. La prise de conscience est là, et de récents sondages montrent que bon nombre d’habitants sont prêts à participer à l’effort collectif. « C’est une chose de le dire. C’en est une autre de le faire. Mais, déjà, le fait de le dire est positif. » Alors que les prochaines élections législatives se profilent, dans un an et demi, l’heure est venue pour le monde politique de traduire ses exigences dans des actions concrètes. « Actuellement, on ne peut pas dire que rien ne se fait, mais j’ai le sentiment que cela arrive par petites touches. Comme pour mieux préparer le terrain à la mise en place d’un cadre plus formel et à la prise de décisions plus profondes. Cela me semble être le cas, par exemple, en matière d’assurance pension. Je suis convaincu que le gouvernement, peu importe sa formation en 2014, saura prendre des mesures plus vastes et plus globales, dans la continuité de ce qui est fait actuellement. De toute façon, on ne peut pas ne pas réussir. On ne peut pas imposer des mesures à la Grèce sans être capable, nous-mêmes, de faire ce qu’il faut. Nous devons avoir confiance dans le fait que le Luxembourg peut résoudre des problèmes, en disposant encore d’une marge de manœuvre tout autre que dans n’importe quel autre pays. »

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Romain Bausch • Né le 3 juillet 1953 • President and CEO de SES • Membre du conseil d’administration d’Aperam

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3 Gerard Lopez

« AGIR AVEC INTELLIGENCE » Le jeune et dynamique homme d’affaires luxembourgeois, invité-surprise du podium de ce Top 100, croit en la capacité d’action de l’ensemble du tissu politico-socio-économique. TEXTE JEAN-MICHEL GAUDRON

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n personnage un peu mythique ». En une phrase, Jeannot Krecké, président du jury de ce Top 100 des décideurs économiques les plus influents au Luxembourg, plante le décor. Il est vrai que Gerard Lopez est un personnage à part. D’un côté, il a tout du « golden boy » : jeune (il aura 41 ans fin décembre, ce qui en fait le plus jeune des 10 premiers de ce classement 2012), dynamique, sportif (pilote automobile après avoir été footballeur), polyglotte (il parle sept langues), fort d’une carrière professionnelle rondement menée, d’initiatives entrepreneuriales réussies et de succès financiers certains. Pourtant, son allure décontractée, sa barbe de trois jours – parfaitement soignée – et sa nonchalance extérieure le classerait plutôt davantage dans la catégorie de ces grands adolescents qui se permettent d’attendre un peu avant de trop vite vieillir. Mais les apparences sont trompeuses. Car le personnage qui se cache derrière est un redoutable businessman, doublé d’un certain don de visionnaire qui lui a permis de réussir quelques coups mémorables. Le plus marquant reste – et restera sans doute encore longtemps – le « flair » qui fut le sien (et celui de ses associés fondateurs du venture-capitalist Mangrove capital partners, l’Américain Mark Tluszcz et l’Allemand Hans-Jürgen Schmitz), au sujet d’une start-up qui s’appelait Skype. Créé en 2003 et financé avec le soutien de Mangrove, l’opérateur de téléphonie via Internet fut vendu à eBay un peu plus de deux ans plus tard pour la somme astronomique de plus de 4 milliards de dollars… Une opération hyper médiatisée, qui a rendu au centuple la mise initiale de l’investisseur. Gerard Lopez n’avait alors que 33 ans. À un âge où d’autres ont porté leur croix, lui a continué sur sa lancée, faisant de Mangrove l’une des réfé-

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rences en matière d’investissement en capitalrisque. Mais il n’en est pas resté là et s’est associé, en 2008, à son ami de toujours, Éric Lux, pour créer Genii Group, cabinet de conseil financier et de gestion d’investissements. Un groupe qui s’affiche au cœur des grands prix de Formule 1 (l’une des compétitions sportives les plus médiatisées au monde après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football), plus précisément sur les flancs des voitures de l’écurie Lotus F1 Team, dont il est propriétaire. En marge de chacun des 20 grands prix, disputés dans presque toutes les régions du monde (Australie, Asie, Moyen-Orient, Europe, Amérique du Nord et du Sud), la plateforme Genii Business Exchange, créée à cette occasion, permet de joindre l’agréable au très utile, facilitant bon nombre de prises de contacts commerciaux. « C’est une autre façon d’aborder certains marchés qui sont très importants pour nous, explique Gerard Lopez. Mais nous utilisons aussi cette plateforme comme moyen pour attirer des entreprises et des investisseurs au Luxembourg. Il y a toujours une partie luxembourgeoise dans nos réflexions. »

Tous dans le même bateau Car même s’il est plus souvent par monts et par vaux que tranquillement assis dans la tribune du stade Émile Mayrisch à regarder jouer le Fola Esch (club de division nationale dont il est le président après en avoir été joueur, plus jeune), il n’oublie pas d’où il vient. Et pas question pour lui d’imaginer aller voir ailleurs, même si la plus grosse partie de son activité se fait à l’étranger. Le regard qu’il porte sur « son » pays est donc forcément un peu différent de ceux qui y passent le plus clair de leur temps. Mais il n’en est pas moins pertinent pour autant. « D’habitude, le Luxembourg a cette capacité de réagir assez rapidement à des problèmes socio-économiques, note-t-il. Mais il souffre aussi d’un certain immobilisme qui peut lui coûter très cher. Nul doute que

la potentielle gravité de la situation est perçue par tous, même si cela ne fait que quelques semaines pour certains. Mais de là à avoir déjà les bonnes réponses… Cela dit, il n’y aura bientôt plus le choix dans les prises de décision. On arrive dans une spirale qui, je l’espère, sera positive. Et j’espère aussi que le gouvernement deviendra un catalyseur pour contrer les effets potentiels d’une crise, avec des décisions à prendre à long terme en matière d’innovation et d’emploi. » Dans ce contexte délicat où les sources de financement se tarissent et où les banques ont plutôt tendance à fermer les robinets, les venturecapitalists se profilent volontiers comme une solution alternative pour lever des capitaux, à condition de créer suffisamment d’innovation et que ce soit via Genii ou Mangrove, M. Lopez – tout comme bon nombre d’acteurs locaux du VC – plaide, depuis de nombreuses années déjà, la cause du Luxembourg partout où il se trouve dans le monde. Mais il le fait aussi « à domicile ». « Nous aimerions vraiment pousser les Luxembourgeois à sortir de leur coquille, parfois trop confortable, et à vraiment se lancer dans l’entrepreneuriat. Notre ambition n’est pas de nous substituer aux personnes et aux organismes qui doivent faire cela. Nous nous positionnons plutôt comme un allié potentiel pour qu’il y ait une réussite au bout. » De ses expériences passées à l’étranger, Gerard Lopez a appris qu’il ne suffit que de peu de choses – et de peu de temps – pour passer d’une situation soutenable à quelque chose qui peut très vite devenir insoutenable. Et même si les arbres des frontaliers cachent la forêt d’une économie très vulnérable, l’heure doit être, selon lui, à la prise de conscience concrète et à la réaction. « Les décisions qui doivent être prises aujourd’hui doivent l’être avec une conscience économique et politique qui devrait se faire hors de tout contexte électoral. Car quelqu’un qui prend des décisions pour gagner des voix non seulement risque de les perdre, mais risque aussi, et surtout, de ne pas faire ce qu’il faut faire. » Pas question, pour autant, de ne pointer du doigt que les seuls dirigeants politiques. « Tous les acteurs du tissu politico-socio-économique luxembourgeois sont dans le même bateau. Nous avons tous potentiellement un rôle à jouer dans la création et le maintien d’emplois, l’innovation, les investissements. Quand on a les moyens d’investir, il faut le faire intelligemment. Le Luxembourg a potentiellement la capacité de répondre à la crise actuelle de façon intelligente. Mais entre pouvoir le faire et le faire vraiment, il reste encore du chemin à parcourir. Cela dit, ne pas le parcourir serait quelque chose de tellement aberrant ! Je ne comprendrais pas les raisons pour lesquelles nous ne le ferions pas. »

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Photo: archives paperJam

Gerard Lopez • Né le 27 décembre 1971 • Cofondateur et associé de Genii Group et de Mangrove capital partners • Président de Lotus F1 Team

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ENTRE OMBRE ET LUMIÈRE Il est très peu présent physiquement au Luxembourg. Mais l’esprit du CEO d’ArcelorMittal semble toujours planer sur l’économie du pays, entre mesures de rationalisation et promesses d’investissements dans le cadre du plan tripartite sidérurgique Lux2016. TEXTE JEAN-MICHEL GAUDRON

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i le classement du Top 100 était consacré aux personnes qui font le plus parler d’elles – même à leur corps défendant – sans doute Lakshmi Mittal occuperait-il largement la plus haute marche du podium. Il en serait probablement de même s’il s’agissait de classer les décideurs qui suscitent le plus de réserves, voire d’animosité, dans l’esprit collectif. Sans doute le magnat indien de la sidérurgie n’est-il guère, aujourd’hui, le plus apprécié des hommes d’affaires au Luxembourg. Et il ne semble pas s’en soucier plus que ça, puisqu’en dépit de sollicitations datant du début du mois de novembre, il n’a pas été possible d’obtenir le moindre créneau pour une interview, même par écrit. « He is very busy », nous a-t-on laconiquement fait savoir. Il aurait pourtant été intéressant de savoir comment il se positionnait par rapport aux remous qui ont agité la sphère économico-industrielle ces derniers mois. Il est clair que son agenda récent n’a pas dû être de tout repos, autour du sort réservé aux hauts fourneaux de Florange (et, moins médiatiquement, ceux de Liège) qui a suscité de nombreuses négociations avec le gouvernement français, deux rencontres avec le président François Hollande et une volée de bois vert envoyée par le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Indésirable Lakshmi Mittal ? La situation du groupe, qui demeure le premier employeur privé au Luxembourg, offre en tous les cas à ses détracteurs bon nombre d’occasions de montrer leurs réticences envers celui qui a racheté, en 2006, Arcelor. La dégradation, depuis plusieurs années, de la conjoncture économique provoquant une baisse de la demande, frappe de plein fouet le numéro un mondial de l’acier qui ne sait plus, du coup, par quel bout prendre le problème. La cession des participations détenues dans Paul Wurth (48,1 % pour

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300 millions) et dans Enovos (23,48 % pour 330 millions d’euros) n’a constitué qu’une goutte d’eau dans l’océan de dettes dans lequel baigne le groupe : 24 milliards de dollars, soit 18,75 milliards d’euros, c’est-à-dire à peu près le montant de la capitalisation boursière de l’entreprise. Une situation comptable qui a poussé l’agence de notation Moody’s à dégrader la note de la dette du géant de la sidérurgie, de Baa3 à Ba1, la reléguant au rang peu reluisant des obligations dites « pourries ». Pendant ce temps-là, du côté de Rodange et de Schifflange, deux des sites historiques d’ArcelorMittal, on se morfond. Au 1er janvier prochain, le laminoir de Schifflange cessera ses activités « p our une durée indéterminée », alors qu’à Rodange, la production est pratiquement à l’arrêt. Et pour couronner le tout, le plus fort symbole luxembourgeois du groupe, le « château », siège historique de l’Arbed sur l’avenue de la Liberté, fermera « temporairement » ses portes début 2013. Il s’agit, officiellement, d’une mesure de réduction de coûts, le bâtiment ancien – il date du début du XXe siècle – étant gourmand en énergie et entraînant des coûts de maintenance élevés. Mais beaucoup – à commencer par le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur Étienne Schneider – voient dans cette décision un premier pas vers une sortie pure et simple de la bâtisse du périmètre du groupe, ce qui équivaudrait presque alors à un crime de lèse-majesté. « Aucune discussion n’est engagée », tient-on à rassurer du côté des dirigeants du groupe. Mais est-ce effectivement bien rassurant ? La décision de repeindre en blanc les murs et le plafond de la salle du conseil, y compris les fresques anciennes en bas-relief qui y figuraient, illustre à elle seule l’intérêt porté par M. Mittal à la préservation de ce patrimoine historique… Et l’on repense encore une fois, tout comme il y a deux ans, à une déclaration, faite en 2008 par Lakshmi Mittal lors de la réception du Nouvel An

de la Fedil : « Nous voulons qu’ArcelorMittal soit un groupe dont le Luxembourg peut être fier. » Les vents mauvais ont bien tourné depuis, et sans doute le capital sympathie dont disposait le président et CEO du groupe a largement fondu comme du minerai de fer dans un haut fourneau en activité.

Un maillon essentiel Mais l’instruction ne doit évidemment pas être uniquement à charge. Conscient de la responsabilité sociale qui est la sienne, le groupe sidérurgique ne s’est pas dérobé à l’heure de négocier l’accord tripartite sidérurgique Lux2016 de mars 2012. Avec pour principaux engagements : des investissements de 150 millions d’euros sur une période de cinq ans et des mesures sociales destinées à accompagner les salariés de Rodange et Schifflange notamment. « Depuis 1998, ArcelorMittal a investi plus d’un milliard d’euros dans ses sites de production au Luxembourg afin de les maintenir, de les développer et de les moderniser. En dépit d’un climat économique incertain depuis 2008, ArcelorMittal a respecté ses engagements sociaux, économiques et sur le plan des investissements, comme cela avait été convenu dans le plan Lux-2011 », a martelé le groupe dans sa communication, indiquant que, par le biais de ce plan Lux2016, « l’avenir des produits sidérurgiques ‘made in Luxembourg’ sera dans les produits à plus grande valeur ajoutée. » Première réalisation concrète : l’annonce, en juillet, de la mise en œuvre d’un nouveau format d’ébauche de poutrelle pour optimiser et accroitre la production du site de Belval. Avec à la clé un investissement de 5,5 millions d’euros. À l’été 2013, le groupe doit ensuite se prononcer quant aux montants envisagés pour Belval, encore, et Differdange. Alors que de plus en plus de signes semblent montrer un lent, mais inexorable, déplacement du centre de gravité du groupe vers Londres, ArcelorMittal n’en reste pas moins un maillon essentiel de l’économie luxembourgeoise. Près de 6.000 salariés, neuf sites industriels actifs dans la production ou la transformation de l’acier, quatre autres sites spécialisés et un centre dédié aux activités de recherche et développement des produits longs lourds : difficile de faire plus incontournable. Avec ou sans la présence, sur place, de Lakshmi Mittal, dont l’influence ne se mesure pas au nombre d’heures passées sur le territoire grand-ducal. Qu’il semble loin ce soir d’été 2006, un peu avant l’annonce de la clôture du deal avec Arcelor, où on le vit, seul, songeur, en train de manger une glace sur le trottoir de l’avenue de la Liberté, semblant émerveillé devant la majesté du « château »…

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Photo : David Laurent / Wide (archives)

Lakshmi Mittal • Né le 15 juin 1950 • Président du conseil d’administration et CEO d’ArcelorMittal

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LE FRANC-TIREUR Le désormais ex-directeur de la Banque centrale du Luxembourg, qui s’apprête à siéger à la BCE à Francfort, aura marqué de son empreinte ses 15 années de présence à la tête de l’institution, notamment au travers de ses prises de position sans concession. TEXTE JEAN-MICHEL GAUDRON PHOTO DAVID LAURENT / WIDE

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e feuilleton aura finalement duré six mois, entre l’annonce, en mai, de la probable nomination d’Yves Mersch, directeur général de la Banque centrale du Luxembourg (BCL), au conseil de la Banque centrale européenne (BCE, poste pour lequel il fut officiellement candidat dès janvier) et le feu vert donné le 22 novembre par le Conseil européen. Une demi-année de débats et de joutes politiques menés initialement sur le front de la parité hommes-femmes, l’arrivée de M. Mersch à Francfort repoussant, au plus tôt à 2018, toute possibilité de faire entrer une femme dans un conseil 100 % masculin. Le point d’orgue de cette saga fut l’avis négatif rendu, fin octobre, par le Parlement européen, 325 eurodéputés s’opposant à cette nomination (contre 300 votes favorables et 49 abstentions). Un avis qui n’était, toutefois, que consultatif et n’a donc pas empêché la décision finalement prise par les dirigeants européens. Yves Mersch a dû se résoudre à poursuivre la gestion, un peu plus longtemps qu’il ne le pensait, des affaires courantes d’une banque centrale qu’il dirige depuis sa création, en 1998. « Je me suis juste davantage rapproché du détail du travail de la BCE, ce qui m’a donné encore une charge supplémentaire. Mais cela a été une bonne couche de protection contre les effets extérieurs. Tout le débat qui a eu lieu est étranger à mes compétences professionnelles. » Il a donc eu tout le loisir de jouer, au Luxembourg, le rôle dévolu par chaque banque centrale nationale : celui de transmettre le message insufflé par la Banque centrale européenne au niveau de l’Eurosystème. « La particularité d’une banque centrale est de porter sur les événements une vision à plus long terme que celle portée par le monde poli-

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tique. Celui-ci s’arrête généralement aux échéances électorales. De ce point de vue, ma communication a toujours été portée par des considérations de durabilité et de soutenabilité de l’action économique au niveau du pays. Or, si les politiciens ont une vision qui va au-delà de ces échéances électorales, et qui s’accommode d’une responsabilité vis-à-vis de l’intérêt commun, il n’en reste pas moins vrai que pour mettre en œuvre cette vision, il faut qu’ils soient réélus ! Cela représente sinon un objectif, au moins une contrainte qui est parfois contradictoire. » Inlassablement, Yves Mersch a toujours mis en garde les dirigeants politiques sur la façon de gérer les finances publiques. Il regrette que ses mises en garde du début des années 2000 n’aient pas été écoutées et il déplore surtout ce qu’il appelle « un déni de la réalité » et « une certaine insistance » à considérer les déficiences structurelles comme de simples avanies conjoncturelles. Il en va de même pour les recommandations établies en matière de vieillissement de la population, phénomène voilé par l’afflux des frontaliers. Là aussi, M. Mersch regrette la timidité des mesures mises en œuvre et dresse un constat sans concession. « La pérennité de la situation favorable de ce pays peut être aujourd’hui mise en doute. »

La vie de la BCL va commencer Le problème est que le Luxembourg n’a jamais disposé d’instruments monétaires susceptibles d’amortir certains chocs, ce qui rend d’autant plus essentielle la capacité de réaction par l’instrument budgétaire et macroéconomique. « Ce qui veut dire que les considérations sur la compétitivité doivent être portées sur le devant de la scène, comme cela a été reconnu dans tous les pays avoisinants, le dernier en date étant la France », estime Yves Mersch, qui constate que le Luxembourg

commence à être un peu isolé. Et de plaider pour la mise en œuvre la plus rapide possible de mesures « incisives ». « Cela permettra d’avoir un maximum d’instruments diversifiés pour agir. Sans quoi, les mesures seront socialement toujours plus douloureuses. » Depuis son bureau au directoire de la BCE à Francfort, le futur ex-directeur général de la BCL n’aura donc pas le loisir de terminer le traitement de certains dossiers que devra reprendre son successeur, Gaston Reinesch. Celui de l’autorité de contrôle unique en fait partie, dossier sur lequel le gouvernement n’est pas encore parvenu au moindre accord, les professionnels de la Place ne voyant pas ce projet d’un très bon œil. « Il est certain que les échéances européennes ne vont pas prendre en considération ces hésitations luxembourgeoises », prévient M. Mersch. Il ne verra pas non plus aboutir les différentes demandes de réforme de la gouvernance de la BCL, qu’il avait initiées au travers d’un avantprojet de loi soumis au gouvernement. L’identification de l’institution à son seul directeur général, amplifiée par le fait que ledit directeur général est en place depuis près de 15 ans, n’est pas nécessairement une bonne chose à ses yeux. « Il est bon qu’une personne ne se perpétue pas dans une seule fonction. Ces 15 années passées sont amplement suffisantes. La vie d’une institution telle que la BCL ne commence vraiment que lorsqu’elle connaît au moins un deuxième directeur général. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’on voit qu’elle existe vraiment. » Au moment de passer le relais à Gaston Reinesch, avec qui il avait déjà étroitement collaboré au milieu des années 90, lors des négociations précédant l’élaboration du traité de Maastricht (Yves Mersch était alors le directeur du Trésor), le nouveau membre du conseil de la BCE émet le vœu que son successeur puisse continuer « selon les principes que la banque s’est toujours donnés, dont le plus précieux est celui de l’indépendance ». Une qualité dont Yves Mersch a toujours su faire preuve, au moins autant que la patience. En 2010, il aurait déjà pu (dû ?) quitter ses fonctions pour devenir vice-président de la BCE (alors encore dirigée par Jean-Claude Trichet) à la suite du Grec Lucas Papademos. Mais le Portugais Vítor Manuel Ribeiro Constâncio lui avait finalement été préféré. Cette fois, le voilà bel et bien en route pour s’installer sur les rives du Main et tourner définitivement une page de l’histoire économique et financière du pays.

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Yves Mersch • Né le 1er octobre 1949 • Directeur général de la Banque centrale du Luxembourg • Nommé, au 1er janvier, membre du conseil de la Banque centrale européenne

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« PLUS LONG ET PROFOND QU’UNE CRISE » Aux yeux du coprésident du comité de direction de BGL BNP Paribas, la situation actuelle résulte avant tout du profond et durable bouleversement général que connaît le monde économique. TEXTE JEAN-MICHEL GAUDRON PHOTO DAVID LAURENT / WIDE

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rrivé en 2007 au Luxembourg, après déjà 30 ans de carrière en France au sein du même groupe BNP Paribas, Éric Martin est, depuis juin 2009, coprésident (aux côtés du Luxembourgeois Carlo Thill) du comité de direction de BGL BNP Paribas, le mastodonte bancaire (plus de 4.100 salariés, ce qui en fait le deuxième employeur privé du pays, derrière ArcelorMittal). Il en préside les destinées. Ce Français de bientôt 60 ans a donc eu la lourde charge de faire en sorte que la greffe prenne entre une BGL prestement éjectée du giron de Fortis lors de l’explosion en vol du groupe belgo-néerlandais, et une BNP Paribas florissante, actionnaire majoritaire de cette nouvelle banque (à 65,96 %, le reste étant détenu par l’État). Une opération que l’intéressé estime comme étant réussie, en dépit d’un environnement macroéconomique pour le moins défavorable. « Nous avions annoncé et publié un plan industriel sur trois ans, pour la période 2009-2012, avec des synergies de revenus et de coûts. Et même si le monde a changé et si l’environnement économique s’est détérioré, nous avons réalisé ce plan intégralement, grâce à l’effort de l’ensemble des équipes de la banque. » La crise économique et financière n’est pourtant guère propice au secteur bancaire en général. Mais M. Martin ne tombe pas dans la dialectique à laquelle on pourrait s’attendre en pareilles circonstances. « La période est compliquée. Nous ne sommes pas en crise, estime-t-il ! Le monde change durablement alors que l’on a toujours l’impression que les difficultés vont durer six mois. Mais nous sommes dans une phase d’ajustement mondiale, qui dure, et qui est plus longue et plus profonde qu’une crise. C’est une affaire de tectonique

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des plaques. Cela prend plus de temps et est plus dur à arrêter qu’une crise. » Relativement épargné par la crise de confiance et une certaine défiance exprimée par les usagers à l’encontre du système bancaire en général, BGL BNP Paribas a toujours souhaité véhiculer des messages forts destinés à rassurer le plus possible le marché. Son annonce, spectaculaire, au printemps dernier, d’allouer une enveloppe d’un milliard d’euros aux entreprises entre dans cette logique. « En septembre 2012, nous avons déjà versé 780 millions, avec plus de 5.000 dossiers étudiés. 86 % d’entre eux ont été acceptés. Une banque, c’est une entreprise comme une autre et c’est une centrale de risques. Le client déposant trouve toujours que la banque prend trop de risques et le client emprunteur pas assez. Mais une banque qui accepterait 100 % des dossiers ne serait pas responsable ! Si nous sommes une banque solide, c’est aussi parce que nous ne faisons pas n’importe quoi. »

Éviter de frôler la noyade Les yeux rivés sur les indicateurs du tableau de bord de gestion, en particulier sur le coefficient d’exploitation, BGL BNP Paribas suit donc son petit bonhomme de chemin, déjà engagé dans un plan 2012-2014 initié dès le début de l’année. Éric Martin aimerait bien qu’il en soit de même à l’échelle du pays. Encore faut-il que les consciences s’éveillent. « Beaucoup de gens n’ont pas pris la mesure de cette situation inédite, ni des ajustements nécessaires, notamment certains groupes de pression ici ou là, regrette M. Martin. Ils sont encore au pays des Bisounours et rêvent encore de taux de croissance conséquents. Dans une entreprise, le cost income ratio est un des indicateurs que l’on surveille comme le lait sur le feu. Il devrait en être de même pour les comptes publics. Dès lors qu’il y a incertitude sur les

revenus, il faut s’attaquer encore plus à la maîtrise des coûts… Comparée à nos pays voisins qui ont déjà connu des périodes difficiles, la prise de conscience, ici, est plus longue à germer dans les esprits et on assiste à des réflexes corporatistes tout à fait étonnants vus de l’extérieur. » Le système d’indexation fait partie des mécanismes pointés du doigt par le coprésident du comité de direction de BGL BNP Paribas. « Avec cette indexation, plus vos revenus sont élevés et plus vous en bénéficiez. On ne peut pas faire plus antisocial. Pourquoi ne pas introduire une modulation en fonction du niveau de revenus et sa suppression audelà d’un certain seuil ? Ce système ne peut pas durer. Ça finira, même si je ne sais pas comment ni quand. En tous les cas, personne ne peut plus dire ‘On ne savait pas’. Le Luxembourg a la chance d’avoir des bases solides, mais attention à la forte hausse de l’endettement. Une fois qu’il décolle, la situation est plus difficile à ajuster et ces ajustements sont plus pénibles. Il est temps aujourd’hui de réagir. » Les regards se tournent évidemment vers un pouvoir politique qui selon lui – et il n’est pas le seul – garde toujours les yeux rivés sur les prochaines échéances électorales. « Tout est une question de priorités, note Éric Martin. Les femmes et les hommes politiques ont un rôle délicat. Ils sont conscients de la situation, mais savent que l’amertume de la potion va compliquer leur réélection. Vous avez la formule de dirigeants du type ‘technocrate’ qui en font, semble-t-il, abstraction, comme un Mario Monti en Italie ou, à l’époque, un Raymond Barre en France. Mais en arriver là veut dire que la situation est très grave… Si l’on pouvait éviter de frôler la noyade avant de remonter du fond de l’eau, ce serait mieux. » En tant que Français, sa vision et sa façon de l’exprimer pourraient lui valoir certaines inimitiés. Mais il considère son discours comme étant, ni plus ni moins, marqué sous le sceau du bon sens et totalement indépendant de toute considération culturelle. Son expérience et sa présence ici, de près de huit ans, plaident du reste en sa faveur. Un haut dirigeant luxembourgeois ne lui a-t-il d’ailleurs pas dit récemment qu’il ne le considérait pas du tout comme étant Français ? Éric Martin reconnaît puiser une partie de ses convictions dans une phrase d’André Malraux qui la suit depuis son adolescence : « V ivre, c’est transformer en conscience une expérience aussi large que possible. » Et il reste les pieds sur terre. « Si chacun pense que ‘les arbres montent jusqu’au ciel’, alors, oui, le Français que je suis est bien placé pour dire que ça n’ira pas. Mais objectivement, il est clair que les solutions existent, à portée de main. Le pire serait de faire l’autruche en disant que c’est un mauvais moment à passer et qu’on verra plus tard ce qu’il en est. »

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Éric Martin • Né le 14 janvier 1953 • Coprésident du comité de direction de BGL BNP Paribas ; responsable pays • Membre du conseil d’administration de la Bourse de Luxembourg • Conseiller du commerce extérieur de la France

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7 Michel Wurth

« RÉINVENTER LA DÉMOCRATIE » Pour le président de la Chambre de commerce et de l’UEL, membre du comité de direction d’ArcelorMittal, le problème posé par la faible représentativité électorale de ceux qui font la force de travail du pays est de plus en plus préoccupant. TEXTE JEAN-MICHEL GAUDRON PHOTO DAVID LAURENT / WIDE

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abitué à être dans les premières places de ce classement depuis 2008 (année où il avait d’ailleurs été le lauréat du Top 100 des décideurs les plus influents au Luxembourg), Michel Wurth reste particulièrement incontournable sur l’échiquier économique et social du Grand-Duché. Seul membre luxembourgeois du comité de direction d’ArcelorMittal, où il a en charge la responsabilité des produits longs carbone au niveau mondial, il cumule également les casquettes de président de la Chambre de commerce et de l’Union des entreprises luxembourgeois, ce qui le positionne au premier rang des joutes tripartites nationales. Il est également vice-président de la CroixRouge luxembourgeoise, pour laquelle il est en train d’initier un processus de transformation vers une approche beaucoup plus proactive, portée par un nouveau directeur général – Michel Simonis – qui prendra ses fonctions au 1er janvier prochain. C’est aussi sous son impulsion que la Chambre de commerce a évolué ces derniers temps, se positionnant de plus en plus comme un think tank dynamique, porteur de propositions équilibrées « qui tiennent compte de l’intérêt économique général », précise Michel Wurth. Avec, tout de même, un regret qui perdure : celui d’être, trop souvent, écouté tardivement. « Nous en sommes, aujourd’hui, à tirer les conséquences de ce que le rapport Fontagné disait en 2004 ! Il y a pourtant tant de choses à faire pour améliorer la situation. » Dans ce contexte de crise aiguë de la compétitivité, l’heure est plus que jamais à essayer de trouver des solutions, pour enrayer la dégradation de la situation. C’est dans cette logique que la Chambre de commerce a rendu un avis critique (comme

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toujours, cela dit) sur le projet de budget 2013, assorti de propositions d’économie, concernant plus de 900 millions d’euros, qui permettraient de régler un certain nombre de problèmes. La marge de manœuvre n’est donc peut-être pas si étroite que certains voudraient le croire. Mais dans le même temps, l’efficacité politique ne semble pas toujours au rendez-vous, ce qui complique automatiquement les choses. « Quand on parle en privé aux différents acteurs, ils se rendent compte à quel point le pays est confronté à de graves problèmes. Mais ces gens-là parlent plus fort en privé qu’en public », regrette M. Wurth.

Pays cherche leader Et s’il ne remet pas nécessairement en cause les compétences des instances dirigeantes de ce pays, il regrette que le chef du gouvernement n’ait pas toujours pris les choses en mains, comme il l’aurait dû. « La tâche d’un leader est de montrer la voie, dire où nous allons, et le cap qu’il faut prendre pour y arriver. On a parfois l’impression, dans les récents débats fondamentaux que nous avons connus, que la voix du capitaine a un peu manqué. Il n’était pas là dans les discussions budgétaires ; il n’était pas là lorsqu’il aurait fallu prendre des mesures pour sécuriser le régime des pensions. JeanClaude Juncker est certainement, en Europe, l’homme politique le plus populaire dans son pays. Mais il n’exprime pas son leadership comme il le devrait. » Alors que se profilent, dans à peine 18 mois, les élections législatives, la priorité est, aux yeux de Michel Wurth, de définir une véritable vision et d’établir ensuite une feuille de route pour y parvenir, devant permettre d’aborder tous les problèmes connus, non seulement économiques, mais aussi liés à la formation, l’intégration, l’exclusion... Car le paysage sociologique du pays s’est fortement modifié ces dernières années. La précarité est un mot qui commence à faire parler de lui, alors qu’il avait toujours semblé si peu d’actualité

dans une société relativement aisée, portée par les taux de croissance de l’économie. Le paysage économique, aussi, a évolué. À côté de l’économie « traditionnelle » (industrie, banques), confrontée aux problèmes de maîtrise des coûts et de compétitivité, se développe une « nouvelle économie ». Celle alimentée par des entreprises ou des investisseurs étrangers, attirés sur le territoire national par de nombreux incitants, qu’ils soient fiscaux, infrastructurels ou législatifs. « Pour ce genre d’activités, où le coût du salaire et de la compétitivité n’est pas le critère déterminant, le Luxembourg fait bien son travail, note M. Wurth. Mais cette nouvelle partie de l’économie vit un peu à part, puisqu’elle ne participe pas, par exemple, aux scrutins électoraux. » Le problème n’est pas nouveau. Mais il semble prendre de plus en plus d’importance au fil des ans, et commence à être régulièrement repris dans les discours et les argumentaires politiques. La main-d’œuvre étrangère, qui s’est fortement renforcée ces dernières années, a généré à la fois une immense force pour le pays, et se révèle être un casse-tête encore non résolu sur le plan de la représentativité. Plus de 80 % des salariés ne votent pas, et, dans les 20 % de votants, la moitié est employée dans la fonction publique. « Dans une entreprise, il y aurait un problème de gouvernance. Il est temps de se poser la question de réinventer la démocratie. » En attendant, sous sa casquette de membre du comité de direction du premier employeur du pays, soumis aux frasques du ralentissement de la consommation mondiale en acier (27 % de recul, entre 2007 et 2012), Michel Wurth doit aussi gérer les conséquences humaines et sociales de la forte baisse de production qui en a découlé. « Ces moments-là sont toujours difficiles, mais ils sont à l’image de la vie, où il y a des naissances, des mariages, des fêtes joyeuses, mais aussi des décès et la Toussaint, résume-t-il. Dans la sidérurgie, il faut tout de même noter que les fermetures de sites, pour des raisons de manque de compétitivité, se font dans le cadre de l’accord Lux2016, avec la mise en œuvre de mécanismes qui permettent d’éviter les drames humains. » Sans doute les salariés de Rodange et de Schifflange observent-ils la situation avec un regard moins philosophique, empreint d’inquiétude et de colère. Michel Wurth le comprend, mais insiste sur la tradition de transparence dans le dialogue qui prévaut au Luxembourg, ce qui n’est pas forcément le cas ailleurs. « À l’étranger, il peut arriver que cela se passe dans un contexte plus politique et que les salariés d’un site se trouvent parfois enfermés dans une dialectique qui n’est pas la leur, mais celle des décideurs politiques ou syndicaux. Et là, ce n’est pas bon. »

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Michel Wurth • Né le 17 avril 1954 • Membre de la direction générale d’ArcelorMittal • Président du conseil d’administration de Paul Wurth • Président de la Chambre de commerce et de l’Union des entreprises luxembourgeoises • Vice-président de la Fedil • Vice-président de la Croix-Rouge luxembourgeoise

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8 Robert Dennewald

À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

Le président de la Fedil regrette une certaine inertie de la part du gouvernement et de son Premier ministre Jean-Claude Juncker qui ont fait perdre au pays, face à la crise, un temps précieux. TEXTE JEAN-MICHEL GAUDRON PHOTO DAVID LAURENT / WIDE

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ntrepreneur et propriétaire, depuis 2010, des deux tiers du capital de la société Chaux de Contern, suite à une opération de management buyout menée avec la SNCI, Robert Dennewald est également président de la Fédération des industriels depuis 2006. Une position de laquelle il a pu observer, de très près, l’inexorable dégradation de la situation économique et sociale du pays. L’occasion pour lui de se faire entendre, généralement en râlant, ce qui constitue une marque de fabrique du personnage, « et qui me permet aussi de libérer un peu de vapeur », reconnaît-il. De son propre aveu, l’incapacité du gouvernement à réagir devant cette situation le « perturbe énormément. J’avais cru qu’avec le temps, des choses se mettraient en place. Mais tout ce que l’on a vu, ce sont des réformes en demi-teinte », regrette-t-il, reprochant notamment au Premier ministre JeanClaude Juncker de ne pas prendre davantage les choses en mains. « Nous avons la chance d’avoir un homme politique extrêmement populaire, qui sait convaincre les gens et mobiliser les foules. Je suis persuadé que s’il se mettait devant les Luxembourgeois, en leur disant la vérité et leur demandant de se serrer la ceinture pour sauver le pays, il en sortirait grandi et il rentrerait dans l’Histoire du Luxembourg comme un vrai homme d’État. En plus, je suis sûr qu’il trouverait un soutien même dans les partis d’opposition s’il allait au bout des choses. »

Des portes à ouvrir Au lieu de cela, le président de la Fedil regrette « le temps précieux qui est perdu » et toutes ces chances qui auront été loupées d’ici à l’été 2014, date à laquelle il est prévu que la prochaine équipe gouvernementale prenne les rênes du pays. « Ce ne sera pas une partie de plaisir », prédit-il. Sur le

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terrain, les industriels le savent déjà. Ce sont eux qui sont aux premières loges lorsque la conjoncture économique est défavorable. « Lorsque le prix des matières premières augmente, que la compétitivité baisse en raison de la hausse exorbitante des salaires, nous sommes les premiers à prendre des claques. » Surtout que dans le même temps, c’est le marasme sur le front des financements bancaires, ce qui pousse les entreprises, d’elles-mêmes, à être extrêmement prudentes, à rentrer la tête dans les épaules et faire le dos rond et à soigner leur trésorerie, plutôt que de se lancer dans des investissements qui leur seraient profitables. « On s’engage en quelque sorte dans une spirale un peu infernale, car ce manque d’investissement a des répercussions sur d’autres secteurs d’activité », note M. Dennewald. Et encore le Luxembourg n’a-t-il pas trop à se plaindre comparé à ses plus proches voisins du Luxembourg belge ou de Lorraine. Sous sa casquette de président du conseil d’administration du fonds transfrontalier de développement Eurefi, il constate au quotidien combien la situation du Grand-Duché est pour le moins enviable, portée par la manne venant du secteur financier. « Sans cela, nous serions probablement dans la même situation que ces deux régions, qui ont souvent moins de facilités que nous dans pas mal de choses. Il est toujours bon de se remettre ça en tête. Surtout si c’est dans cette situation que l’on se retrouve dans cinq ans au Luxembourg ! » Dans le même temps, le dialogue social, meurtri, tarde à se remettre des deux échecs consécutifs vécus par la Tripartite en 2010 et 2011. Et la radicalisation des discours observée depuis n’enchante guère le président de la Fedil. « Le Luxembourg est coincé entre deux pays qui ont des approches radicalement opposées en la matière, observe-t-il. Il y a les Français, dont le dialogue social est axé sur la confrontation, et les Allemands, plus consensuels. C’est, d’ailleurs, une des raisons pour laquelle l’Alle-

magne réussit mieux, car les échanges y sont plus rationnels et sont vraiment orientés de telle façon qu’ils arrivent à concilier en même temps les intérêts patronaux et des salariés… C’est évidemment plus intelligent. J’ai toujours espéré que nous allions, ici, dans cette direction, ce qui a longtemps été le cas. Mais depuis peu, je sens que l’on va dans l’autre sens. Les réflexions en cours sur la réforme du droit du travail en matière de représentativité des syndicats, avec la réduction de seuils, en est un exemple. Il faut vraiment faire attention à ne pas arriver à se baser sur des standards français en la matière. » Pas de quoi, pour autant, céder à cette sinistrose extrême que le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Étienne Schneider, a récemment reprochée à la Fedil. Même si le tableau est sombre aux yeux du président de la Fedil, il y a quelques petites touches de couleur qui ne sont pas à négliger. Outre la continuation de la politique de diversification, « que l’on doit à un ministre qui a quitté le gouvernement (Jeannot Krecké, ndlr.) et qui était un visionnaire », il se réjouit, également, de la création d’un haut comité pour le développement de l’industrie, auquel le ministre de l’Économie est en train de mettre la dernière main. « Nous allons prendre notre destin en mains et nous espérons bien faire bouger certaines choses. » C’est animé de ce même état d’esprit que Robert Dennewald soutient activement toute initiative susceptible de contribuer au développement de l’esprit d’entreprise. Président de l’asbl Business Initiative, qui a créé les parcours d’affaires 1,2,3,Go et, tout dernièrement, 1,2,3,Go Social, il a également, dans ses cartons, la création d’un vaste hall industriel sur une partie du terrain de 7 ha appartenant à Chaux de Contern. Il est sur le point de recevoir enfin, après plus de 10 ans de procédures, les autorisations nécessaires. L’idée est de mettre à disposition d’industriels désireux de s’établir au Luxembourg des infrastructures techniques et de gestion mutualisées. « Il était important que ce terrain reste dans le patrimoine du groupe, pour les générations futures, et que nous puissions y mettre à disposition de telles installations pour accompagner des projets de développement. C’est mon côté philanthrope. » D’expérience, Robert Dennewald sait très bien qu’il y a toujours des opportunités à saisir en toutes circonstances. Il se rappelle très bien une phrase entendue aux moments les plus difficiles de l’opération de MBO qu’il a menée à bien en 2010 : « Quand le bon Dieu vous ferme une porte, au même moment, il vous en ouvre 10 autres. Il faut seulement les trouver. » L’essentiel étant alors qu’elles ne se referment pas brutalement sur le nez…

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Robert Dennewald • Né le 11 novembre 1953 • Président directeur général d’Eurobéton et président du conseil d’administration de Chaux de Contern • Président de la Fédération des industriels (Fedil) • Président d’Eurefi et de Business Initiative • Membre du conseil d’administration d’ING Luxembourg

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«  D’ICI À DEUX ANS, ÇA IRA MIEUX » Le managing partner de PwC observe avec satisfaction certains signes d’amélioration venus d’outre-Atlantique et qui devraient rapidement produire leurs effets en Europe et au Luxembourg. Ce qui ne doit pas épargner au pays de profondes réflexions, notamment en matière de gouvernance politique. TEXTE JEAN-MICHEL GAUDRON PHOTO DAVID LAURENT / WIDE

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vec quelque 2.200 salariés recensés en octobre dernier, le cabinet de conseil et d’audit PwC se positionne en 6e position des plus gros employeurs privés du pays. Depuis 2003, ses effectifs ont progressé de plus de 145 % : un bond qu’aucune autre entreprise privée n’a réalisé dans le même temps. À sa tête depuis 2007, Didier Mouget a donc piloté avec réussite le développement vertigineux d’une firme profondément ancrée dans le paysage économique du pays. Membre du haut comité de la place financière (au sein duquel il coudoie un autre représentant de PwC, Marc Saluzzi, sous sa casquette de président de l’association luxembourgeoise des fonds d’investissement), administrateur à la Fedil, M. Mouget siège également au global board du réseau PwC International, où il porte haut les couleurs du Luxembourg, en même temps qu’il multiplie les initiatives, au GrandDuché, pour accompagner et soutenir le développement économique du pays. Incontournable pour certains, trop omniprésent pour d’autres, PwC est présent sur tous les fronts : sur un plan « académique », pour organiser, chaque année, une « Journée de l’économie » ou un « Banking day » ; mais aussi plus concrètement avec son centre de formation PwC’s Academy ou, plus récemment, le PwC’s Accelerator, initiative unique d’accélérateur d’entreprises dans la Grande Région, pour lequel l’investissement a dépassé le million d’euros. « Il s’agit clairement d’un signe fort adressé au marché pour la diversification de notre économie », estime Didier Mouget. « Nous essayons également d’apporter aux dirigeants politiques des idées et des pistes d’amélioration en matière de législation, de fiscalité ou d’opportunités de développement de nouveaux créneaux », résume-t-il. Ainsi, PwC planche actuellement, pour le compte

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du ministère des Finances, sur la création et le développement, au Luxembourg, d’un centre offshore de la devise chinoise, le renminbi. Un rapport préliminaire doit être livré avant la fin de l’année et Luc Frieden devrait l’emmener à l’occasion de la « mission financière », organisée par Luxembourg for Finance qui se tiendra du 14 au 18 janvier, et qui visitera Hong Kong, Pékin et Shanghai. Un projet qui pourrait offrir au Grand-Duché une place de choix sur un segment particulièrement porteur, à l’heure où la Chine montre à l’égard du Luxembourg un intérêt de plus en plus prononcé, comme vient de le montrer la toute récente mission économique menée fin novembre en Chine par le Grand-Duc héritier Guillaume et le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Étienne Schneider. Deux banques chinoises sont par ailleurs déjà établies ici. Une troisième est sur le point de l’être.

Prise d’otage Dans ce contexte, Didier Mouget ne fuit pas les responsabilités qui sont les siennes, à la tête de la plus importante firme de conseil et d’audit du pays. « Nous avons la capacité, mais surtout le devoir d’agir, en tant que leader de notre secteur, estime-t-il. Nous travaillons énormément pour attirer non seulement au Luxembourg des acteurs internationaux, mais aussi pour faire en sorte qu’ils y établissent de vrais centres de décision. » Un développement « international » dont le Luxembourg ne peut pas se priver à l’heure où toutes les pistes sont étudiées pour diversifier au maximum une économie qui a plutôt tendance à se fragiliser ces derniers temps. Du reste, si bon nombre d’indicateurs sont plutôt au rouge ces temps-ci, Didier Mouget garde une très grande confiance dans un prochain redémarrage. « Nous sommes, bien sûr, dans une zone toujours très troublée, mais il y a des lueurs d’espoir, note-t-il. On

observe une timide reprise aux États-Unis et un phénomène de réindustrialisation. En Europe, les taux commencent à se détendre. Et même si on est actuellement dans une période de stabilisation, voire de récession technique, ce n’est pas grave à partir du moment où la croissance aux États-Unis reprend. D’ici à deux ans, et peut-être même plus vite que ça, la situation va s’améliorer en Europe, et donc au Luxembourg. » Cela ne l’empêche évidemment pas d’observer de manière très attentive la façon dont le pays gère, actuellement, un contexte économique délicat, avec une marge de manœuvre qui semble aller en s’amenuisant au fil du temps. « Bien sûr, le Luxembourg semble mieux s’en tirer que d’autres pays voisins, constate le managing partner de PwC. Il n’y a pas encore la perception d’une certaine urgence à court terme. Mais il faut voir aussi que certaines décisions demandent un courage politique très important. Il est parfois décevant de constater combien les contraintes électorales peuvent parfois guider les actions politiques. Mais il est clair que certaines décisions prises aujourd’hui risquent d’être dommageables à plus long terme. » Derrière ce constat se cache également une certaine inquiétude liée à la gouvernance politique d’un pays qui, selon M. Mouget, ne pourra pas s’épargner un débat de fond sur l’organisation de sa fonction publique et, par extension, sur la représentativité du corps électoral. « Ce problème est évidemment très délicat à régler, mais la déconnexion qui existe entre une société civile multiculturelle qui contribue à la richesse du pays et un pouvoir de décision qui reste concentré sur une fraction de l’électorat est de plus en plus préjudiciable. Il est à espérer que les mentalités évoluent en la matière. Les membres du gouvernement ne manquent certes pas de bonnes idées, ni de bonne volonté, mais il semble pris en otage par le modèle politique. » Dans le même temps, le manque de moyens alloués à la reconversion industrielle du pays déçoit quelque peu Didier Mouget, préoccupé par la crise de compétitivité que connaît le Luxembourg et qui devrait plutôt inciter la prise rapide de bonnes orientations afin de compenser les emplois « traditionnels » perdus. Mais il y a aussi une autre menace qui guette l’économie nationale en matière de fiscalité, autre que la perspective de disparition programmée des revenus de TVA en matière de commerce électronique. « Dans le budget, contrairement à l’un de nos grands pays voisins où les contribuables sont matraqués, on commence à toucher à la stabilité fiscale du pays et ça, c’est très dangereux, car cette stabilité fiscale est essentielle pour convaincre les investisseurs étrangers de s’établir ici. Ils seront toujours plus réticents à venir s’ils ne savent pas de quoi demain sera fait. Il est dommage que l’on ait davantage travaillé sur le volet des recettes fiscales plutôt que sur le contrôle des dépenses. »

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Didier Mouget • Né le 29 janvier 1958 • Managing partner (CEO) de PwC Luxembourg et membre du global board du réseau PwC International • Membre du haut comité de la place financière • Membre du board of regents de la Sacred Heart University Luxembourg • Membre du conseil d’administration de la Fedil

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«  UN DÉFICIT DE COMPRÉHENSION » Le discret président du comité de direction de la Banque de Luxembourg regrette une large méconnaissance, par les citoyens, de notions économiques de base, qui ne leur font pas mesurer l’importance de concepts tels que productivité ou compétitivité, et leur font craindre toute idée de « rigueur ». TEXTE JEAN-MICHEL GAUDRON PHOTO DAVID LAURENT / WIDE

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ares sont les sorties médiatiques de Pierre Ahlborn. Il a fait de la discrétion et de l’humilité un leitmotiv, presque un style de vie, fuyant toute idée du culte de la personnalité et d’ego démesuré. Cela n’a jamais été, et ne sera plus que probablement jamais le genre de la maison. « Influent », Pierre Ahlborn ? L’intéressé s’en défend presque. « Je ne me sens pas homme d’influence, assure-t-il. La nature de mes responsabilités m’impose une certaine obligation de réserve, par respect pour ceux que je sers. J’essaie tout simplement de faire mon travail en âme et conscience, et de remplir du mieux que je peux les responsabilités qui sont les miennes. Je reste persuadé que les solutions naissent avant tout d’un exercice d’intelligence collective, plutôt qu’au travers d’individus qui exercent leur ‘influence’. » Des postes à responsabilités, Pierre Ahlborn n’en manque pas, fidèle à ses idées et à son employeur. Car il n’a connu que la seule Banque de Luxembourg sur un plan professionnel : il y est entré en 1988, après ses études, en a rejoint le comité de direction en 1998 et a accédé à la fonction d’administrateur délégué et président du comité de direction en 2000, prenant la succession de Robert Reckinger. À côté de cela, il est membre du comité exécutif et trésorier de la Croix-Rouge luxembourgeoise, président de la Philharmonie, vice-président d’EFA, et membre de nombreux conseils d’administration (ABBL, Bourse de Luxembourg, CDCL, ou encore l’Entreprise des P&T, pour ne citer que les plus « visibles »). Une jolie brochette qui lui permet de garder un contact direct avec de nombreux et variés secteurs d’activité. « Par définition, un banquier est un intermédiaire entre différents acteurs du système économique, explique-t-il. C’est un poste d’observation tout à fait passionnant. Chaque man-

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dat d’administrateur est intéressant, par l’élargissement de l’horizon de connaissances qu’il apporte. Mais, mandats ou pas mandats, le simple fait de côtoyer des clients et des partenaires, luxembourgeois ou non, constitue la richesse de ce métier. Nous avons la chance, en tant que banquiers privés, d’être plus que de simples banquiers. Nos clients nous invitent à entrer dans leur sphère personnelle ou professionnelle. » Observateur, Pierre Ahlborn l’est aussi de la vie politique et sociale du pays, et il reconnaît volontiers que, collectivement, il n’est pas aisé de bien comprendre tout ce qui se passe actuellement, sur les plans économique et financier, tant les causes profondes des crises actuelles successives sont, à ses yeux, multiples et complexes également. « Les crises économiques naissent moins de problèmes de surstockage conduisant à des licenciements massifs, mais résultent de plus en plus souvent d’anomalies d’évaluation de certaines classes d’actifs, appelées ‘bulles spéculatives’. Il s’agit là d’un phénomène assez nouveau, qui demandera des réponses qui seront forcément différentes de celles utilisées lors de cycles traditionnels. Même au niveau académique, il y a relativement peu d’écrits et de propositions de réponses sur la question. »

Attention aux cassures sociales Alors que les générations précédentes, au sortir de la guerre, connaissaient la valeur d’un franc, et savaient faire la distinction entre dépenses de consommation et dépenses d’investissement, les consommateurs, aujourd’hui, semblent de moins en moins appréhender et percevoir cette notion. La crise actuelle ne nous vient-elle pas directement du surendettement des ménages aux ÉtatsUnis, où ils n’ont pas hésité à mettre en garantie des biens d’investissement (une maison, par exemple) pour financer des crédits destinés à des

biens de consommation (des vacances, par exemple) ? « Il en résulte une situation patrimoniale nette proche de zéro et la disparition de certains mécanismes d’ajustement, regrette M. Ahlborn. Cela illustre les déficits d’explication de certaines notions assez fondamentales d’économie. » De même, à l’échelle des discussions sur les déséquilibres budgétaires, la distinction est désormais très floue entre un « bon » déficit (celui qui sert à financer des infrastructures, en vue d’améliorer la productivité et, donc, de générer du rendement et des recettes fiscales ultérieures) et un « mauvais » déficit (un subside permettant des dépenses qui sont davantage à ranger dans la catégorie « consommation »). « De là vient une grande confusion, car le public se méfie de plus en plus du mot ‘rigueur’. Par ailleurs, des notions comme productivité ou compétitivité devraient être mieux expliquées. » Devant cet état des lieux, Pierre Ahlborn refuse de montrer du doigt les seuls gouvernants politiques, qui semblent en peine à trouver des pistes de sortie. « La classe politique n’est qu’un reflet de la société. Je pense que nous sommes dans un déficit de compréhension, qui est dû à la fois à des effets de mode et à des déficiences dans le système d’enseignement. L’erreur serait d’attendre que des décideurs politiques prennent des décisions qui vont résoudre l’équation. Je pense que l’ensemble des acteurs de la société, y compris les entreprises ont leur rôle à jouer, tout comme les partenaires sociaux, et les partis politiques. » Quelles pistes suivre, alors ? Celles que M. Ahlborn qualifie de bon sens, essentiellement. Comme redonner à toute entreprise sa finalité première : non pas celle, caricaturale, d’une grosse machine qui ne servirait qu’à engendrer des bénéfices, mais plutôt celle d’une organisation qui mobilise des talents autour de tâches à accomplir ; une organisation qui, forte d’une responsabilité sociétale, donne du travail et des missions à des hommes et des femmes. « On en revient alors à la notion de collectif », note-t-il, s’étonnant que certains acteurs se sentent obligés de mettre spécialement en exergue leurs actions en matière de RSE (responsabilité sociale des entreprises). « Pour moi, ce doit être quelque chose d’absolument naturel, une obligation de base pour tous. Il ne devrait pas y avoir le moindre mérite à le faire. » Avec l’espoir, aussi, que la fragilisation croissante d’une certaine catégorie de la population – et pas uniquement les pauvres – ne soit pas sous-estimée. « Aucune société ne peut réussir s’il y a des cassures sociales trop importantes. Ce que nous observons en Espagne, en Grèce, en Italie ou au Portugal, montre que nous arrivons, même dans nos pays européens, au bord de ruptures sociales qui pourraient conduire à des crises majeures. Il faut rester vigilant. »

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Pierre Ahlborn • Né le 06 juin 1962 • Administrateur délégué et président du comité de direction de Banque de Luxembourg • Membre du comité exécutif et trésorier de la Croix-Rouge luxembourgeoise • Président de la Philharmonie • Vice-président d’EFA • Administrateur de sociétés (Bourse de Luxembourg, CDCL, Entreprise des P&T…)

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TEXTES ALAIN DUCAT, JEAN-MICHEL GAUDRON, FRÉDÉRIQUE MOSER, LAURENT MOYSE, THIERRY RAIZER ET PIERRE SORLUT

11 MARC SOLVI Directeur général du groupe Paul Wurth, un des leaders mondiaux de son secteur, Marc Solvi a 60 ans. Cet ingénieur civil spécialisé en métallurgie a vu, de l’intérieur, évoluer le Luxembourg à vitesse grand V au cours des 30 dernières années. Défenseur de l’industrie luxembourgeoise, réputé pour son franc-parler et l’ampleur de son réseau, ce natif de Differdange est, en outre, président de l’Aliai* (voir la signification page xxx) , de EUnited Metallurgy, administrateur de la Chambre de commerce et de la Fedil*.

13 MARC SALUZZI Âgé de 49 ans, il est associé, depuis 1996, de la firme PwC où il est entré 10 années plus tôt. Il est devenu, en juin 2011, président de l’Alfi* et pilote, depuis, un plan d’action visant à développer davantage le secteur des fonds d’investissement au Luxembourg, notamment dans le domaine des fonds alternatifs. Outre une présence plus conséquente dans les processus législatifs et réglementaires européens, il a également renforcé la visibilité de l’association à l’étranger en développant les road shows et autres missions de prospection.

12 JEFFREY TESSLER Cet Américain de 58 ans dirige Clearstream International et Clearstream Banking depuis son arrivée chez Deutsche Börse en 2004. Il est d’ailleurs membre de son comité de direction. Auparavant, il avait travaillé pendant 25 ans pour Bank of New York, enchaînant les postes à responsabilité depuis la fin de ses études en 1979. Bien qu’il soit le président de la Fondation Edmond Israël, il n’est pas pour autant une personne très publique au niveau national et préfère rester dans l’ombre de l’institution pour laquelle il travaille, et qui se place parmi les principaux employeurs du pays.

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14 SIMONE DELCOURT Membre de la direction de la CSSF*, cette acharnée de travail, licenciée en sciences économiques de l’ULB, n’a connu que ce seul employeur qui s’appelait, au début des années 80, le Commissariat au contrôle des banques. Âgée de 57 ans, elle y a gravi différents échelons, particulièrement dans le champ des banques, avant d’être nommée directrice en 2005, sous la houlette du directeur général de l’époque Jean-Nicolas Schaus.

15 SERGE ALLEGREZZA Directeur du Statec depuis 2003, cet économiste de 53 ans dirige aussi l’Observatoire de la compétitivité et dirige, parallèlement, la Direction générale « Compétitivité » au ministère de l’Économie et du Commerce extérieur. Il est, en outre, vice-président du CES*, dont il a assuré la présidence entre 2009 et 2011, avant que cet organe consultatif à caractère tripartite ne tombe dans l’immobilisme en raison de différends profonds entre partenaires sociaux sur les remèdes à apporter à la crise économique.

16 LAURENT SCHONCKERT Un collaborateur fidèle parmi les fidèles. Entré en 1984 chez Cactus, après un stage au sein du département marketing dans le cadre de son troisième cycle d’études en droit et en économie à l’Université de Nancy, il y a gravi tous les échelons pour en devenir l’administrateur-directeur en 2002. Âgé de 54 ans, Laurent Schonckert est aussi l’un des vice-présidents de la CLC* et un des membres du conseil d’administration d’Unicef Luxembourg, pour le compte duquel il affiche un engagement de tous les instants.

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ROLF TARRACH

PIT HENTGEN

Recteur de l’Université du Luxembourg depuis 2005, ce docteur en physique de 64 ans continue d’imprimer sa marque dans un contexte universitaire en constante évolution. Critiqué par certains pour son omnipotence et son excès de pouvoir, il se défend en brandissant la réputation sans cesse croissante d’une jeune université en plein développement, qui compte à présent 6.200 étudiants. Il pilote actuellement le projet d’un déménagement déterminant vers Belval, qui devra contribuer à développer encore davantage la réputation de l’institution sur le plan qualitatif.

Son CV, long comme le bras, témoigne de la prégnance de l’homme sur la vie économique nationale. À 51 ans, Pit Hentgen n’est pas seulement PDG du groupe d’assurance Lalux, créé par son aïeul, il préside aussi l’Association des compagnies d’assurances et siège, en outre, dans de nombreux conseils d’administration : BCL, Automobile Club Luxembourg, Fondation de Luxembourg, BIP Investment Partners, BCEE Asset Management ou encore Saint-Paul.

18 JEAN GUILL Il est au carrefour de toutes les décisions relatives au secteur financier : agrément des professionnels, mise en œuvre de réglementations, exclusion d’un fonds… Tout passe par lui. Et alors que la Place est chahutée, il maintient le cap. Il entame, à 61 ans, sa troisième année à la tête d’une CSSF* en expansion permanente. Avant cela, il avait dirigé pendant 15 ans l’Institut monétaire luxembourgeois.

19 ERNY GILLEN

Ce docteur en théologie de 52 ans a dirigé pendant de nombreuses années la fondation Caritas à Luxembourg avant de succéder à Mathias Schiltz au poste de vicaire général. En début d’année, il a été nommé président du conseil d’administration du groupe Saint-Paul. Une fonction loin d’être une sinécure dans la zone de turbulences que traverse actuellement le groupe, qui annonce une diminution d’effectifs de 15 à 20 % et la cessation de la parution du gratuit Point24, un an après celle de La Voix du Luxembourg.

22 20 MARC GIORGETTI Il est, avec son frère Paul, à la tête de l’entreprise de construction historique et familiale Félix Giorgetti, forte d’un millier de salariés. Ce Luxembourgeois de 51 ans est une personne qui compte. Dans la promotion immobilière d’abord, où il est en charge du développement de nombreux projets majeurs, comme le siège de RTL au Kirchberg. Titulaire d’un MBA, il porte également la casquette d’investisseur et siège aux conseils d’administration de BIP Investment Partners et de CBP Quilvest.

JEAN-CLAUDE REDING Le président du syndicat OGBL*, 58 ans, demeure un acteur central du dialogue social au Luxembourg. Dirigeant la Chambre des salariés depuis sa constitution en 2008, il endosse aussi depuis fin octobre, la présidence du conseil d’administration d’Editpress (Tageblatt, Revue, Le Quotidien…). Il détient ainsi les commandes de plusieurs institutions clés, ce qui n’est pas négligeable en vue des élections sociales se profilant à l’horizon 2013.

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28 JEAN LUCIUS

25 JEAN-JACQUES ROMMES Ce juriste de formation, âgé de 55 ans, occupe le poste de directeur exécutif de l’ABBL où il est actif depuis bientôt 20 ans. En tant que porte-parole des banques au Luxembourg, il essaie vaille que vaille de défendre la réputation d’une place financière souffrant d’une image écornée à l’étranger. Il est aux avant-postes pour mettre en garde devant une réglementation excessive du secteur bancaire telle que la prône certains milieux politiques.

23 JACQUES LANNERS Voilà une décennie que celui qui fut désigné Entrepreneur de l’année 2009 par Ernst & Young tient les rênes d’une entreprise qui compte plus de 5.500 employés à travers le monde. Représentée dans plus de 50 pays et hautement spécialisée dans les produits en carbure de tungstène, Ceratizit est leader mondial dans certains secteurs industriels et détient plus de 400 brevets. Son CEO et président du directoire est, à 53 ans, l’une des grandes figures de l’industrie luxembourgeoise, comme vice-président de la Fedil et du FNR*, président de l’ILTM* et administrateur des CFL* et de Généralpart.

Cet ingénieur civil métallurgiste de formation dirige, depuis sa création en 2009, l’opérateur d’énergie Enovos Luxembourg et siège au comité de direction d’Enovos International en tant que co-président. Il est également administrateur de SEO* et de LuxEnergie. Âgé de 56 ans, il prône tout particulièrement une stratégie d’utilisation massive d’énergie renouvelable. Le groupe y consacre en moyenne quelque 60 millions d’euros par an et a également constitué une fondation destinée à contribuer activement à la recherche environnementale et au développement durable.

29 JEANNOT WARINGO

26 CLAUDE KREMER Infatigable travailleur, associé fondateur du cabinet d’avocats Arendt & Medernach, il a été président pendant quatre ans de l’Alfi et siège, depuis 2011, à la présidence de l’Efama*, où il peut poursuivre son travail de lobbying de défense de l’industrie des fonds d’investissement auprès de la Commission européenne. Dans un contexte d’accélération de la mise en œuvre des réglementations et législations, il plaide notamment pour une forme de fonds Ucits* « modifiés », concernant les instruments à faible liquidité. Il anticipe ainsi certaines discussions au cœur de la future directive Ucits VI, alors que Ucits IV vient à peine d’entrer en vigueur.

À 60 ans, il est le directeur de l’Inspection générale des finances et, en tant que tel, l’un des maîtres de l’ombre des exercices budgétaires. Mais il est aussi président du conseil d’administration des CFL* (un des plus gros employeurs du pays, avec plus de 2.800 personnes). Il gère donc aussi les filiales Lorry Rail (autoroute ferroviaire LuxembourgPerpignan) et NEG* (opérateur allemand repris en 2003 par les CFL). Il siège, en outre, au comité de direction du Fonds du Logement et au conseil de SEO*.

24 BOB KNEIP

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Le patron de la société qu’il a créée lui-même en 1993 continue, à 50 ans, de développer le créneau porteur qu’est la communication en matière de fonds d’investissement. Au cours des deux dernières années, il a étendu la présence de son entreprise à l’étranger en ouvrant un bureau à Francfort et un autre à Hong Kong. La société, qui compte quelque 240 collaborateurs, a axé cette année ses efforts dans la production et la dissémination des KIID (Key investor information document), profitant du cadre de la nouvelle réglementation Ucits IV.

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JEAN-CLAUDE FINCK Âgé de 56 ans, il est le directeur général et le président du comité de direction de la BCEE*, une banque qui a servi de refuge pour bon nombre d’épargnants au plus fort de la crise financière. Représentant de sa banque dans de nombreux conseils d’administration (Bourse de Luxembourg, Luxair…), son nom a été plusieurs fois cité dans le dossier LivangeWickrange. Il a toutefois toujours préféré rester discret sur son implication réelle ou supposée, y compris devant la commission parlementaire chargée de mettre la lumière sur ce dossier.

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Âgé de 80 ans, ce personnage de référence pour l’économie luxembourgeoise est le doyen de ce Top 100. Docteur en droit depuis 1955, il est président et administrateur exécutif de la société d’investissement Luxempart (précédemment Bil Participations), dont il fut le cofondateur. Même s’il ne détient presque plus de mandats d’administrateurs, il continue tout de même de partager son expérience au sein du conseil d’administration de Foyer Finance et ses avis restent très écoutés.

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34 RENÉ WINKIN Entré à la Fedil comme attaché en 1991, René Winkin y a gravi les échelons jusqu’à être nommé, en 2006, secrétaire général. Âgé de 44 ans, cet économiste a participé à l’extension du périmètre d’activité de la fédération patronale. Également responsable du département des Affaires industrielles et secrétaire général du Groupement pétrolier luxembourgeois, il plaide auprès des instances nationales et européennes pour une réforme de la politique énergétique et la mise en place d’une politique industrielle « digne de ce nom ».

31 ROLAND KUHN Le président de la Chambre des métiers et de la Fédération des entreprises luxembourgeoises de construction et de génie civil est l’administrateur délégué de la plus ancienne entreprise luxembourgeoise du genre (Kuhn Construction, aujourd’hui intégrée dans le groupe Félix Giorgetti). Âgé de 59 ans, il occupe aussi des fonctions à l’international, en tant que vice-président, à la fois de l’Union européenne de l’artisanat et des PME, ainsi que du Conseil interrégional des chambres de métiers Saar-Lor-Lux.

32 GEORGES LENTZ JR La Brasserie Nationale, entreprise familiale qu’il dirige depuis 27 ans, est devenue le premier distributeur de boissons de la Grande Région, avec son bras armé Munhowen et ses bières Bofferding et Battin. Basé à Bascharage et en développement perpétuel, il est présent dans les régions limitrophes mais aussi sur le marché chinois. Le groupe emploie plus de 250 personnes. Âgé de 63 ans, il est, en outre, un des piliers fondateurs du Cercle Munster, haut lieu d’influence dans le microcosme économique luxembourgeois. Il siège également au conseil d’administration de la banque de Luxembourg.

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PAUL HELMINGER

PAUL MOUSEL Le président du conseil d’administration d’Arendt & Medernach est aussi l’un des associés fondateurs du cabinet d’avocats en 1988. Depuis, il a participé à son développement pour devenir le premier cabinet luxembourgeois avec 172 avocats. Âgé de 59 ans, il a récemment travaillé sur des affaires médiatiques en représentant les parties publiques venderesses de 35 % des parts du capital de Cargolux à Qatar Airways. Il est également régulièrement consulté pour la rédaction de textes législatifs ayant trait à la place financière.

À 72 ans, déchu de son siège de bourgmestre de la Ville de Luxembourg en octobre 2011, il s’est bien vite retrouvé propulsé à la présidence du conseil d’administration de Luxair (ce qui lui a fait aussi quitter son siège de député). Il y a entamé un profond processus de remise en question, alors que la compagnie aérienne traverse une période difficile en raison d’une baisse notable de ses résultats dans deux de ses trois branches d’activité, en particulier l’ « airline ». Sans compter sa relation avec Cargolux, dont Luxair est le principal actionnaire.

36 LE TOP 5 DES « J EUNES » (ils ont 45 ans et moins)

1. Gerard Lopez (41 ans, 3e du classement) 2. René Winkin (44 ans, 34e) 3. Jean-Luc Dourson (43 ans, 45e) 4. Georges Bock (44 ans, 51e) 5. Alain Kinsch (41 ans, 57e)

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lau r é a t s a b s e n t

HUBERT CLASEN

La passion des bons cépages coule dans les veines de l’administrateur délégué des Caves Bernard-Massard. Il est d’ailleurs le descendant de Bernard Clasen, associé de JeanBernard Massard, fondateur de la maison en 1921. Il gère deux domaines viticoles à titre personnel. Âgé de 60 ans et également président du Groupement des producteurs de vins mousseux et crémants luxembourgeois, il siège, en outre, à de nombreux conseils d’administration dont celui de la Fedil, d’ING Luxembourg et du Cercle Munster.

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37 FREDDY BRACKE Administrateur délégué de CLdN Cobelfret, une société familiale d’armement et de transport maritime, cet économiste de haut vol n’a pas perdu de temps pour conquérir le Luxembourg, où le groupe est établi depuis 1996 (environ 1.300 personnes employées dans le monde et chiffre d’affaires de 345 millions d’euros estimé pour 2012). Il est, de surcroît, président du Cluster maritime luxembourgeois, qui rassemble une cinquantaine d’entreprises. Âgé de 68 ans, il a donc directement contribué au formidable essor qu’a connu le secteur : 350 entreprises maritimes sont implantées dans le pays et quelque 250 navires battent pavillon luxembourgeois.

38 FRANÇOIS VALENTINY Architecte, à la tête de son propre bureau (Hermann & Valentiny et Associés, à Luxembourg et à Vienne) depuis plus de 30 ans, il contribue au rayonnement du pays à l’étranger par l’intermédiaire de ses réalisations. La plus fameuse reste sans aucun doute le pavillon luxembourgeois de l’Exposition universelle de Shanghai en 2010, qui fait partie, en outre, des quelques rares pavillons à ne pas avoir été démontés. Actuellement, il travaille sur le chantier du théâtre de Salvador (Brésil), mais aussi sur le futur siège de KPMG au Kirchberg.

41 FERNAND ERNSTER

39 PIERRE BLEY Directeur de l’UEL* depuis le 1er janvier 2011, après avoir été pendant longtemps son secrétaire général, ce juriste de formation est aussi membre du Conseil économique et social et préside par ailleurs la Mutualité des employeurs. Il monte régulièrement au front pour faire part de l’inquiétude des patrons devant la dégradation économique du Luxembourg. Âgé de 57 ans, il est en outre président de l’Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte et de la Lotterie nationale.

(Ils ont 65 ans et plus) 1. Gaston Schwertzer (80 ans, 30e du classement) 2. Paul Helminger (72 ans, 35e) 3. Freddy Bracke (68 ans, 37e) 4. George Nasra (65 ans, 54e) 5. Jean Hoss (75 ans, 55e)

Pour qui

Difficile de ne pas croiser cet entrepreneur luxembourgeois de 56 ans tant il s’implique dans la vie économique et politique du pays. Président de plusieurs sociétés (Lakehouse, qu’il a créée, l’agence Moskito ou encore l’opérateur Telecom Luxembourg), il est aussi administrateur de Sting, société de prise de participations qu’il a (aussi) cofondée. Il est, aussi, porte-parole du collectif 5 vir 12 dont il est un des piliers, visant à dégager des pistes de réflexion sur l’avenir du Grand-Duché.

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42 FRANÇOIS TESCH Indiscutablement l’un des personnages clés de la place financière, aussi bien en tant que CEO du Foyer qu’administrateur délégué de la société d’investissement Luxempart. Âgé de 61 ans, il a piloté la restructuration du leader sur le marché national de l’assurance, groupe fondé en 1922 par son grand-père maternel, notamment avec l’intégration de la structure de gestion de fortunes Capitalatwork. Il est également administrateur d’Atenor (en tant que représentant de Luxempart) et de SES* dont il est vice-président du conseil.

40 JEAN-CLAUDE BINTZ

LE TOP 5 DES « A NCIENS »

Président de la Fédération luxembourgeoise des libraires, il est aussi vice-président de la Chambre de commerce, président du Conseil de gérance de la LSC* et administrateur de la CLC*, de AIB-Vinçotte Luxembourg ainsi que de Muller & Associés. Fort de sa propre expérience réussie avec brio depuis la reprise (en partie en 1988, puis à 100 % en 1999) de la librairie familiale, il mène une lutte incessante en faveur du développement du commerce. L’entreprise compte sept magasins et emploie 62 salariés. À 52 ans, il négocie sans crainte le tournant vers l’ère numérique et rêve de participer à un projet d’implantation d’un mégastore dans la capitale.

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43 RAYMOND SCHADECK

Depuis son départ fin 2009 du poste de managing partner d’Ernst & Young Luxembourg, il est actif sur plusieurs fronts. Ceux de Luxexpo et de Luxinnovation (l’agence nationale pour la promotion de l’innovation et de la recherche), dont il est président. Âgé de 57 ans, il est également président du comité d’audit du groupe agro-industriel basé au Luxembourg Sodrugestvo. Tourné vers l’avenir du pays, il est l’un des fondateurs du collectif 5 vir 12 et préside la Focal* qu’il a créée en 2011.

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44 ALBERT WILDGEN Cet avocat d’affaires, 58 ans, qui préside l’administration des biens du Grand-Duc, s’est surtout illustré par ses relations d’affaires privilégiées avec le Qatar. On lui prête un rôle essentiel dans l’arrivée de Precision Capital et de Qatar Airways dans l’économie luxembourgeoise. Administrateur de KBL, il a également été propulsé à la présidence du conseil d’administration de Cargolux. Une fonction qu’il a quittée le 30 novembre dernier, suite à l’annonce du retrait de Qatar Airways de la compagnie cargo luxembourgeoise.

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47 CHRISTIAN THIRY

L’entreprise de construction et travaux publics Karp-Kneip, plus que centenaire, est dirigée depuis 1987 par la quatrième génération de la famille, les frères François et Christian Thiry. Ce dernier, 60 ans, est un véritable multientrepreneur autodidacte, mais rompu au terrain. Il est écouté en tant que directeur de la société, mais aussi, et notamment, lorsqu’il défend les intérêts de son secteur d’activité via le Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics ou la Fedil*.

JEAN-LUC DOURSON Ce docteur en pharmacie s’est fait connaître en défendant les intérêts des laboratoires privés face aux projets gouvernementaux en matière tarifaire et par sa présidence très active de la FLLAM*, depuis 2009. Âgé de 43 ans, il est également un entrepreneur très avisé, à la tête de la société LLAM, constituée en 2011 par le regroupement des activités classiques des Laboratoires Ketterthill. Sa société, qui emploie près de 165 personnes (avec un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros), couvre environ la moitié du marché national des analyses médicales.

48 YVES ELSEN Le managing partner et CEO de la société luxembourgeoise d’ingénierie et de technologie, Hitec, s’est progressivement forgé une crédibilité dans son secteur d’activité. Les récents contrats obtenus dans le cadre du programme Galileo en témoignent. Âgé de 54 ans, cet ingénieur diplômé de l’ETH Zürich et de l’Insead (MBA), qui est aussi passé par les cases Imperial Chemical Industries et SES, occupe, depuis 2010, la présidence du FNR* avec l’ambition de renforcer les partenariats entre recherche privée et publique.

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JACQUES LINSTER Directeur général depuis 1990 de Panelux, Jacques Linster est tombé dans le métier de la boulangerie à la fin des années 70. La production est d’envergure industrielle, mais la qualité est un leitmotiv : les références diverses en pains et pâtisseries se retrouvent dans les enseignes Fischer, mais aussi dans les restaurants, supermarchés et commerces de détail. Et Panelux exporte bien son savoir-faire. La société emploie un millier de personnes. Âgé de 57 ans, il est considéré comme l’artisan des méthodes modernes de gestion adaptées à un produit spécifique, et qui ont fait leurs preuves.

51 GEORGES BOCK

CHRISTIANE WICKLER À 52 ans, la patronne du groupe Pall Center, désormais présidente de la FFCEL*, s’active aussi au sein du collectif 5 vir 12. Commerçante viscérale et mère de famille nombreuse, elle a hérité de la fibre entrepreneuriale paternelle et transfrontalière. Elle qui a commencé, il y a 30 ans, avec une simple station-service à Oberpallen, aux portes d’Arlon, est aujourd’hui à la tête d’un groupe commercial diversifié et en perpétuel développement, à son rythme, présent aux quatre coins du Grand-Duché ainsi qu’en Belgique.

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49 FRANK WAGENER Président du conseil d’administration de la Bil, ce banquier, âgé de 59 ans, dirige aussi le conseil d’administration de la Bourse de Luxembourg. Depuis son retrait de la direction opérationnelle de la banque, il doit gérer la réorientation d’un établissement qui a quitté le giron de Dexia pour celui d’un fonds qatari. Une réorientation qui sera surveillée de près par le monde politique, les syndicats et les clients de la banque. Il est, par ailleurs, viceprésident du conseil de la société d’investissement Luxempart.

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Peu connu du grand public, il a été nommé, en juin dernier, à la tête du cabinet de conseil et d’audit KPMG Luxembourg. Celle-ci faisait suite à l’annonce du départ de Karin Riehl de son poste de managing partner (et de la firme). Âgé de 44 ans, fidèle à la même société depuis 1991, il en est associé depuis 2000. Il a pris, au 1er octobre, la tête du cabinet employant 1.050 personnes alors que de nombreux défis se posent à lui : plainte du Barreau à l’encontre de la firme, multiples directives européennes et déménagement de tous les bureaux au Kirchberg.

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52 PATRICK GILLEN Directeur du contrôle financier au ministère des Finances et vice-président du conseil d’administration de la BCEE, il est aussi, et surtout, directeur du Fonds d’urbanisation et d’aménagement du plateau de Kirchberg depuis 2004. À ce titre, c’est lui qui, à 60 ans, fait la pluie et le beau temps sur ce quartier d’affaires, poumon économique du Luxembourg, pour lequel il envisage également un développement urbanistique conséquent avec près de 5.000 habitants supplémentaires d’ici à 2020.

53 CHARLES-LOUIS ACKERMANN Le président de la Poudrerie de Luxembourg, âgé de 61 ans, poursuit le développement, au Luxembourg et à l’international, du groupe industriel Accumalux, spécialisé dans le moulage par injection de matières thermoplastiques. Ses efforts en R & D sont axés sur le développement de produits recyclables. Membre du comité consultatif d’ING et vice-président du Cercle Munster, il siège en outre dans de nombreux conseils d’administration (Fedil, CD-PME, Chambre de commerce Luxembourgeoise-Chilienne, Business Association Luxembourg-Russia, Rotarex, Eurobéton, Luxport…)

LE TOP 5 FÉMININ

1. Simone Delcourt (14e) 2. Christiane Wickler (47e) 3. Françoise Thoma (60e) 4. Betty Fontaine (73e) 5. Marianne Welter (79e)

56 CLAUDE WAGNER

54 GEORGE NASRA Inconnu du grand public il y a encore six mois, il a fait une entrée fracassante dans le paysage économique luxembourgeois. Âgé de 65 ans, cet ancien managing director de l’International Bank of Qatar a quitté ses fonctions pour devenir, le 1er août, CEO de Precision Capital, le fonds d’investissement appartenant à l’État du Qatar, nouveau propriétaire à 100 % de la KBL European Private Bankers et à 90 % de la BIL. Il est, à ce titre, vice-président des conseils d’administration de ces deux banques et se positionne comme l’élément clé du développement, en parallèle, des deux institutions de la Place.

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57 ALAIN KINSCH À 41 ans, il est, depuis janvier 2010, le managing partner de la firme Ernst & Young au Luxembourg, laquelle affiche une croissance permanente et compte, aujourd’hui, plus d’un millier d’employés. Membre du haut comité de la place financière, il est très actif dans la promotion et le développement des activités de venture capital au Luxembourg. Coprésident de la LPEA*, il est aussi membre du comité d’experts sur le private equity et le venture-capital auprès de la Commission européenne.

JEAN HOSS Un des doyens de ce Top 100, avocat fondateur, en 1964, de l’étude Elvinger  & Hoss (devenue entre-temps Elvinger, Hoss & Prussen). Âgé de 75 ans, il n’en reste pas moins actif. Outre ses compétences en droits bancaire, commercial, financier, social et fiscal, ainsi qu’en droit de la propriété, il siège dans plusieurs conseils d’administration, notamment de HSBC Holdings Luxembourg et Banque de Luxembourg, et préside ceux de la Compagnie Financière de Gestion (filiale de la Banque de Luxembourg) et de Sintonia. Il est également membre de l’Institut grand-ducal.

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Ce jeune multi-(ent)repreneur (47 ans) est à la tête, aujourd’hui, de pas moins de 25 sociétés, représentant plusieurs centaines d’emplois, au Luxembourg et en France. La plus « visible » est Bati C (ex-Batichimie), qu’il a reprise au début des années 90, mais on le retrouve également administrateur délégué d’Hoffmann-Schwall (négociant en bois), de Citabel Sport et d’Intersport (vente d’articles de sports) ou encore de Sichel (pose de glissières de sécurité). Il apparaît également dans de nombreux autres conseils d’administration.

58 ROMAIN HILGERT Gérant et secrétaire général de l’hebdomadaire d’Lëtzebuerger Land, qu’il a rejoint en 1994 après avoir travaillé pour le Tageblatt et le Vollek, ce journaliste de 58 ans en assure la direction commerciale depuis 2004. Éditorialiste et journaliste, ses écrits ne laissent pas indifférents. Il a, par ailleurs, piloté plutôt avec réussite le changement de « look » du journal, passé en grand format (broadsheet), et ce, dans un contexte économique pourtant morose où la presse traditionnelle éprouve de grandes difficultés à survivre.

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59 CLAUDE STRASSER

60 FRANÇOISE THOMA Directeur et membre du comité de direction de la BCEE* où elle a connu une ascension fulgurante, elle imprime sa marque sur la banque d’État. Âgée de 43 ans, elle est très impliquée dans la responsabilité sociale et a permis à l’établissement de décrocher le label de l’INDR* et d’obtenir différents prix, comme celui de la santé en entreprise. Membre du Conseil d’État depuis 2000, elle est en outre administratrice chez CBP Quilvest et à la Fondation Caritas. Elle donne également de son temps dans des initiatives destinées à favoriser le leadership féminin.

LE TOP 5 DES CRÉATEURS D’ENTREPRISE 1. Gerard Lopez (3e) 2. Lakshmi Mittal (4e) 3. Robert Dennewald (8e) 4. Marc Giorgetti (20e) 5. Bob Kneip (24e)

63 ÉRIC LUX

61 ALVIN SOLD S’il a quitté le poste de directeur général d’Editpress en 2011, il est resté administrateur délégué du groupe de presse et continue de siéger dans ses participations et ses filiales (il est notamment président d’Edita – qui publie L’essentiel) et administrateur délégué de Lumédia / Le Quotidien et des Éditions Revue. Président de l’Alej*, il continue, à 69 ans, et après 37 années passées au sein du deuxième groupe de presse du Luxembourg, de faire parler sa plume acérée. Ses éditoriaux politiques font toujours grincer les dents et contribuent à animer le débat national.

64 GÉRARD HOFFMANN CEO de Telindus Luxembourg (filiale de l’opérateur belge Belgacom) depuis 2002, il œuvre, tant au sein de son entreprise que sur un plan national, au développement du cloud computing. Âgé de 49 ans, il est aussi administrateur de la Fedil et, plus particulièrement, président de son antenne ICT. Il assume également la vice-présidence du GLAE*. Il est, de surcroît, l’un des sept membres du Conseil de l’Université du Luxembourg, chargé d’assurer l’orientation générale de l’institution académique.

62 ALAIN BERWICK

Le directeur exécutif de RTL Télé Lëtzebuerg et de RTL Radio, 55 ans, a poussé les pions de son entreprise en direction des nouveaux médias afin que celle-ci demeure un acteur central du monde audiovisuel au Grand-Duché. Au sein du premier groupe européen de radiodiffusion et de production, il exploite au mieux les synergies entre les différents médias RTL au Luxembourg, profitant aussi de la situation de quasi-monopole en matière de télévision et de la faiblesse de ses concurrents sur le plan radiophonique.

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Il se cache de la lumière, mais ses sociétés sont, elles, exposées. Impossible donc d’ignorer le fondateur, avec Gerard Lopez, de Genii Group, début 2012, dans lequel il dirige la partie investissement dans l’immobilier dont la holding, Ikodomos, regroupe une nébuleuse de sociétés (Ikogest, Lucron Development, Prodomos), parfois mises sous les feux de la rampe, pour des projets propres (Cubus à Howald ou l’Atrium Business Park à Bertrange) ou à la chronique financière (avec le fonds Olos, créé avec Flavio Becca). Il est par ailleurs très impliqué dans la formule 1 avec Lotus F1 Team, écurie appartenant à Genii.

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65 MAX LEESCH Âgé de 53 ans, il se veut aussi discret que le groupe qu’il dirige est populaire. Il est en effet président et administrateur délégué du groupe Cactus, troisième employeur privé, qui emploie plus de 3.900 collaborateurs, et dont les origines sont plus que centenaires. Une structure familiale dont il a repris la gestion en 2001, suite au départ en retraite de son père Paul. Cactus possède actuellement deux centres commerciaux, une dizaine de supermarchés, ainsi que des enseignes de bricolage et de restauration (Hobbi, De Schnékert, cafés Bruno…).

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Photo: archive (Cactus / 2007)

Proche du ministre de l’Économie Étienne Schneider, qui fut son président au sein de SEO* (Claude Strasser était alors secrétaire général), il a été nommé, à la surprise générale, directeur général de l’Entreprise des P & T en mai 2012. Ce jeune diplômé de sciences commerciales et financières, âgé de 40 ans, se trouve à la tête d’un des plus gros employeurs du pays, avec, parmi les principaux défis à relever, celui de la gestion du passage à la libéralisation des services postaux, en vigueur au 1er janvier 2013 au Luxembourg.

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PhD and Postdoc Grants for Public-Private Partnerships See what’s behind. Through its AFR Grant Scheme, the National Research Fund Luxembourg (FNR) supports PhD and Postdoc researchers in Luxembourg and abroad. Next to offering grants for research projects carried out in public research institutions, AFR strongly encourages research projects performed as public-private partnerships (PPP) with Luxembourgbased companies. The salary of the PhD or Postdoc researcher who will work on a research project as a member of the company’s staff will be paid through the AFR-PPP grant scheme, whereas the full costs of the research will be borne by the company. In order to benefit of the financial support for PPP under AFR, an innovative research project needs to be developed jointly by the PhD/Postdoc candidate, the private company and a public research institution in Luxembourg or abroad. AFR contributes to the development of human resources in Luxembourg research, translated in the long term by an increased number of qualified researchers pursuing a research career beyond their period of AFR funding. Interested in hosting an AFR fellow during his or her PhD or Postdoc training? Go and see what’s behind on www.fnr.lu/afr or send an email to afr@fnr.lu

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FUNDING SCHEME

FOR PHDS AND POSTDOCS (AIDES À LA FORMATION-RECHERCHE)

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66 PAUL LENERT Ce natif de Grevenmacher dirige, depuis 2009, le groupe de presse Saint-Paul, après avoir été, pendant sept ans, rédacteur en chef de son titre phare, le Wort. Âgé de 47 ans, ce passionné des médias doit aujourd’hui jongler avec les impératifs économiques d’un secteur de la presse papier qui souffre. Il pilote actuellement un des plus vastes chantiers de sa carrière : celui de la profonde restructuration du groupe, qui prévoit une réduction des effectifs de 15 %, et un renforcement du contenu online de la maison pour continuer à fidéliser des lecteurs.

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PAUL-HENRI MEYERS

FERDINAND KAYSER

Il préside, depuis de nombreuses années, la Fondation Hëllef Doheem, le plus grand réseau d’aide et de soins à domicile avec plus de 1.700 collaborateurs. Député chrétien-social depuis plus de 13 ans, ce juriste de 75 ans préside en outre la commission des institutions et de la révision constitutionnelle. À ce titre, il joue un rôle pivot dans la réforme en cours qui devrait notamment modifier les prérogatives accordées par le Grand-Duc et réorganiser le système judiciaire.

Cet homme de médias, plutôt du côté audiovisuel, a rejoint SES en 2002 pour y exercer les fonctions de président et de CEO de la filiale Astra. Il est désormais en charge du développement commercial du groupe en tant que chief commercial officer et participe activement au rayonnement international de l’opérateur de satellites en sa qualité de membre du comité exécutif. La flotte de SES compte à ce jour 52 satellites permettant la couverture de 99 % de la population mondiale.

71 NICOLAS BUCK

69 FLAVIO BECCA

67 ROMAIN SCHMIT Directeur de la Fédération des artisans, organisation faîtière regroupant une cinquantaine de fédérations professionnelles, Romain Schmit, 49 ans, défend les intérêts de la « classe moyenne », soit quelque 14.000 entreprises artisanales employant près de 130.000 personnes. Membre du CES*, il est également administrateur de l’UEL*, de la Fondation Kräizbierg et membre du Rotary Club. Contradicteur infatigable du gouvernement, il dénonce, sans langue de bois, ses mesures anti-économiques (réduction des investissements publics, relèvement de la charge fiscale…) et plaide pour des réformes structurelles et l’allègement des procédures administratives.

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Ce (multi)administrateur de sociétés est actif dans la construction et dans l’immobilier, avec d’importants volets financiers. Âgé de 50 ans, le discret Italo-Luxembourgeois, dépositaire de grosses franchises commerciales au Luxembourg, s’est mis dans la lumière avec ses implications sportives (le football à Dudelange, le vélo avec les frères Schleck). Son nom a rebondi avec l’affaire LivangeWickrange, autour du projet de stade national. Avec son groupe Promobe, il est encore derrière quantité de gros projets, dont le Ban de Gasperich.

LE TOP 5 « I NDUSTRIE »

1. Romain Bausch (2e) 2. Lakshmi Mittal (4e) 3. Michel Wurth (7e) 4. Robert Dennewald (8e) 5. Marc Solvi (11e)

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Infatigable entrepreneur, il a, sitôt les rênes de sa société Victor Buck Services laissées aux P & T (désormais actionnaires à 90 %) et à Edith Magyarics (la nouvelle CEO), créé Seqvoia, société active dans la fabrication de logiciels pour les fonds d’investissement, et dont VBS est aussi actionnaire. Vice-président de l’Association des PSF de support, après en avoir été président pendant quatre ans, il milite activement pour le développement de cette catégorie de professionnels du secteur financier. Administrateur de la Banque de Luxembourg et de la Fedil*, il a aussi été nommé, cet été, au conseil de BIP Investment Partners.

72 ALOYSE WAGNER Ce maître-électricien de formation, âgé de 58 ans, est le CEO du groupe Wagner, fondé en 1929 à Troisvierges par son grand-père dont il porte le prénom. Il a, dès le milieu des années 80, mené la société spécialisée dans le domaine de l’équipement technique du bâtiment, sur la voie de l’expansion et de la diversification. Le groupe est aujourd’hui un des acteurs majeurs dans le secteur de l’immobilier, que ce soit dans le domaine de la promotion (résidentielle et professionnelle), de la gestion technique, des solutions IT et des projets axés « énergie renouvelable ».

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77 DANIEL MILTGEN

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DANIEL TESCH

BETTY FONTAINE Elle dirige la Brasserie Simon depuis près de 10 ans et a fait une entrée remarquée au conseil de la BCL* l’été dernier. Une ligne de plus sur un CV déjà bien fourni pour la jeune femme de 35 ans qui n’a pas sa langue dans la poche : active au sein du collectif 5 vir 12, elle est aussi administratrice de la Fedil, formatrice à la LSC*, administratrice de la FFCEL*, de la fondation Lëtzebuerger Kannerduerf et de la Fédération des brasseurs luxembourgeois.

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Il dirige depuis 2004 la plus grosse association luxembourgeoise en nombre de membres. L’Automobile club du Luxembourg (ACL) représente 165.000 usagers et s’est engagée, notamment, dans la promotion de la mobilité sous toutes ses formes. À ce titre, il a récemment milité pour la démocratisation du transport en taxi à Luxembourg, qui a vu naître, en 2012, toute une série d’initiatives (YellowCab, MonTaxi ou encore MetroCab). À 51 ans, cet avocat de formation est au carrefour de toutes les décisions relatives à l’automobile.

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NORBERT BECKER

EDMOND MULLER

Âgé de 58 ans, cet insatiable de travail cumule un certain nombre de responsabilités dans des conseils d’administration, notamment à la Compagnie de Banque Privée et à Atoz, deux sociétés qu’il a cofondées. Mais il siège aussi dans bon nombre d’autres organisations, entre autres Lombard International Assurance, Friends Provident International, BIP Investment Partners, Éditions Lëtzebuerger Journal ou encore PayPal (Luxembourg). Celui qui fut, en son temps, le fondateur du bureau luxembourgeois d’Arthur Andersen, préside, en outre, le conseil de régence de la Sacred Heart University.

Les Moulins de Kleinbettingen sont gérés depuis 1921 par la famille Muller. On y est meunier de père en fils depuis 1704. Edmond Muller, 62 ans, administrateur délégué et président du conseil d’administration, dirige un fleuron à la pointe du métier et qui restera a priori dans le giron familial pour une génération au moins. Il a contribué au développement et à la modernisation de cette entreprise spécialisée dans la fabrication de farines et de semoules de blé. Le groupe emploie une quarantaine de personnes. Edmond Muller est également président du conseil d’administration des Caves Bernard Massard et de la Fial* .

Ce haut fonctionnaire de bientôt 56 ans est le bras droit du ministre du Logement et ministre délégué au Développement durable et aux Infrastructures, Marco Schank. Il préside, depuis 20 ans, le comité directeur du Fonds pour le développement du logement et de l’habitat, un organe-clé dans la promotion de la mixité sociale et urbaine du pays. Il occupe aussi, depuis 1998, la même fonction pour le Fonds d’assainissement de la Cité Syrdall et s’est, tout au long de ces années, activement impliqué dans bon nombre d’organes : la Commission d’aménagement, la Commission des Sites et Monuments nationaux, le Fonds de rénovation de la Vieille Ville, le Fonds Belval, Sudcal.

78 GARY KNEIP Devenu entrepreneur après avoir commencé sa carrière dans l’enseignement, il est devenu, à l’été 2011, président de la CLC*, à la tête de laquelle il a multiplié les prises de position. Il est également, depuis janvier 2011, vice-président du CES*, ce qui lui ouvre d’office les portes de la présidence début 2013. Âgé de 57 ans, il est également membre du CSDD* et de l’INDR*. Très actif dans le tissu entrepreneurial, il a notamment développé l’initiative Europe4Startups d’aide à l’implantation de jeunes entreprises en Europe.

79 MARIANNE WELTER La CEO d’Arthur Welter Transports a repris, avec sa sœur Viviane, les rênes de la société au capital 100 % familial, fondée par leur père en 1962. Elle préside également le Groupement des entrepreneurs de Transports affilié à la CLC. Elle figure parmi les rares femmes à s’être imposée dans un secteur essentiellement masculin. En charge du développement logistique, elle s’emploie en outre à diversifier les activités de cette société employant 450 personnes (CA 2011 : 49 millions d’euros), y compris dans des niches à haute valeur ajoutée, comme le packaging ou le transport d’objets de valeur.

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82 YVES FRANCIS 80 JACQUES PETERS « Il est toujours là », serait-on tenté de dire. Non pas parce qu’il siège à la présidence du comité de direction de KBL depuis belle lurette (il n’a été nommé que le 15 novembre 2010), mais parce que sa nomination avait alors été validée par la famille Hinduja, en piste pour acquérir la banque privée du Boulevard Royal auprès de la maison mère belge, KBC, au sein de laquelle il a fait ses classes (Puilaetco). La banque est désormais propriété de la famille royale qatarie, représentée au Luxembourg par George Nasra.

81 MARC NIEDERKORN Un contexte économique caractérisé par l’incertitude et la volatilité fait la part belle aux sociétés de conseil en stratégie. Et du Big Three, Boston Consulting Group, Bain & Company et McKinsey & Co, seul le dernier cité a une présence physique au Grand-Duché. À sa tête, entre Luxembourg et Bruxelles, un Luxembourgeois de 45 ans, diplômé de HEC et de Stanford, passé par Mercer Management Consulting, mais fidèle à McKinsey depuis 1995. Il pourrait bien voir les mandats de son cabinet se multiplier. Il recrute d’ailleurs une centaine de personnes cette année.

LE TOP 5 « PLACE FINANCIÈRE »

1. Gaston Reinesch (1er) 2. Yves Mersch (5e) 3. Éric Martin (6e) 4. Jeffrey Tessler (12e) 5. Marc Saluzzi (13e)

— Janvier 2013

Âgé de 45 ans, il est devenu CEO de Deloitte Luxembourg en 2010. Hormis une parenthèse de quatre ans chez JP Morgan Asset Management, il y a fait toute sa carrière depuis 1990. Il y a notamment structuré et développé les services professionnels de la firme pour l’industrie des OPC. Discret et peu médiatique, ce titulaire d’un double MBA (Liège et Londres) n’en reste pas moins actif en coulisse, notamment dans les actions de promotion de la place financière.

85 ERNEST CRAVATTE

83 FERDINAND HEIN Âgé de 44 ans, l’administrateur délégué de Hein, groupe familial établi à Strassen et spécialisé dans la production de fours industriels, ramasse les prix comme les boulangers leurs petits pains. Dernier en date, en juillet, le « Prix du progrès économique durable », attribué par la Fondation Alphonse Weicker et qui récompense le choix de la direction de ne pas délocaliser la production et d’avoir investi 7 millions d’euros sur son site au Luxembourg, assurant le maintien du savoir-faire et l’emploi (80 personnes) au niveau national. À l’actif de sa société, également un « Export Award » et le « Prix de l’environnement » en 2011.

À 63 ans, cet avocat préside le conseil d’administration de Raiffeisen, après en avoir été le CEO entre 2005 et 2011. À ce titre, il a conduit la banque coopérative luxembourgeoise sur des chemins paisibles pendant la crise. Elle est aujourd’hui l’une des plus appréciées par la clientèle bancaire locale. Cet ancien de chez BGL, où il a passé un quart de siècle, avait, en 2000, rejoint l’étude d’avocats Wurth Kinsch Azizi juste avant le rachat de sa banque par le groupe Fortis.

86 ROBERT GOERES Un passionné de beaux objets. Depuis 1998, il a repris, dans la lignée de son oncle et de son père, l’entreprise familiale, une enseigne spécialisée depuis 1956 dans l’horlogerie haut de gamme. Âgé de 41 ans, cet ancien président de la Fédération des jeunes dirigeants d’entreprise (en 2007) est très impliqué dans la vie économique et commerciale, en tant que membre des conseils d’administration de la CLC* et du CNPEE*. Il est, en outre, un des membres fondateurs du collectif 5 vir 12.

84 NICO HOFFELD Managing partner depuis 10 ans de la société MindForest, il est spécialisé dans les missions d’audit de communication interne et conseille de nombreuses sociétés dans leurs démarches de change management. Il est, en outre, administrateur de diverses sociétés nationales et internationales. Âgé de 50 ans, cet ancien publicitaire (administrateur-directeur de l’agence Made by Sam’s) fut également actif dans le venture capital, notamment au travers de la structure Venture Capital & Management qu’il cofonda au début des années 2000.

87 FERNAND HEINISCH Parmi les quatre dirigeants-associés de Voyages Emile Weber (tous issus de la même famille), Fernand Heinisch, 47 ans, en charge du volet « tourisme », a la parole aisée et se fait volontiers le porte-parole du groupe familial, spécialisé dans les transports et le voyage, qui surfe sur un développement continu depuis 10 ans. La société s’est récemment illustrée avec l’introduction d’une offre de taxis (Webtaxi), développée avec Benelux Taxis, et espère, en outre, proposer une alternative crédible au tramway avec l’introduction d’une nouvelle génération de bus hybrides.

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JEAN-MARC KIEFFER Le jeune (40 ans) administrateur délégué de la compagnie de construction CDCL, qui a pris ses fonctions en 2009, a contribué au développement de la société fondée par son arrière-grand-père. Si le déménagement dans un siège social flambant neuf à Leudelange a été l’événement le plus visible, la société multiplie, dans le même temps, les chantiers clés (celui du Freeport, parmi les exemples les plus récents) et continue de prospérer dans un marché de la construction meurtri par quelques faillites retentissantes. Administrateur du GEBTP*, il siège également dans quelques autres sociétés : Socolux, Luxport, Zap ou encore Recyma.

MARC ROSENFELD Entré à la division des télécommunications des P & T en 1984, il y a gravi tous les échelons pour devenir le directeur général de l’opérateur de téléphonie mobile LuxGSM. Au plus fort des grandes manœuvres autour de la restructuration « télécom » de l’opérateur historique (via le regroupement des activités de commercialisation de produits et services de télécommunications, mobiles ou fixes, en une seule et même entité), il est, depuis 2010, un des cinq membres du comité de direction du groupe.

90 FREDDY BRAUSCH

89 KATIE DANBY Cette banquière anglaise a effectué l’essentiel de sa carrière au sein de la Britannique HSBC. Aujourd’hui, elle occupe les fonctions de managing director et head of private banking pour le Luxembourg, où la banque est l’un des principaux acteurs du secteur. Depuis ses premières armes en Israël en 2001, elle a progressivement gravi les échelons au sein de différents départements (business development, personal financial services, global wealth management et banque privée) entre Tel-Aviv, Buffalo, New York, Londres, Genève, Zurich, Luxembourg et… Doha.

LE TOP 5 DES « NONLUXEMBOURGEOIS »

1. Lakshmi Mittal (Anglais/Indien, 4e) 2. Didier Mouget (Belge, 9e) 3. Jeffrey Tessler (Américain, 12e) 4. Marc Saluzzi (France, 13e) 5. Rolf Tarrach (Espagne, 17e)

— Janvier 2013

À la tête de la firme d’avocats Linklaters LLP à Luxembourg, où il occupe les fonctions de managing partner et de global co-head investment managers sector, il fait partie des grands spécialistes de la Place que l’on consulte dès qu’il est question de fonds d’investissement. Membre du conseil de l’Alfi* et de son regulation advisory board, il co-préside également le comité technique legal and regulatory. Il siège, en outre, dans les comités consultatifs de la CSSF* dédiés aux Sicars et aux PSF.

91 CHARLES MARGUE Sociologue, politologue et démographe, le directeur d’études de TNS Ilres, 56 ans, qui a rejoint la société en 1985, fait la pluie et le beau temps des sondages et études d’opinion au Luxembourg. Très sollicité par les médias, il y commente régulièrement l’actualité politique et sociale, ce qui l’expose parfois à des critiques désagréables. Ce fut le cas dernièrement lors d’une enquête menée dans le secteur du bâtiment et qui a irrité les syndicats.

93 MIRIAM WILSONMASCHERIN De plus en plus en vue. À 45 ans, cette Irlandaise s’est imposée comme une personnalité de la finance luxembourgeoise. Depuis janvier 2007, elle dirige la société de conseil en investissement Elite Advisers, qu’elle a créée avec Michel Tamisier, et rencontre un certain succès avec ses fonds investis dans des actifs dits « émotionnels » (les montres, les bijoux, les vins fins). Elle a également été, jusque fin août, présidente de la FFCEL*, avant de rendre son tablier pour mieux se consacrer au développement de sa société.

94 JOS SALES Âgé de 45 ans, il dirige – avec son frère Marc –, depuis 1993, Sales-Lentz, l’une des plus anciennes sociétés actives dans le secteur du voyage, créée dans la famille il y a plus de 60 ans. Avec un réseau de 19 agences de voyages au Luxembourg et en Grande Région, ainsi que 230 bus de ligne, 32 cars touristiques et 70 minibus, la firme fait partie des incontournables dans le pays. Les initiatives « Night Rider », « flibco.com » et « Flexibus » sont aussi issus de l’imagination des frères Sales. Jos préside en outre la FLEAA*, affiliée à la CLC* dont il est l’un des administrateurs.

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97 DANIÈLE FONCK La journaliste de 59 ans est devenue en 2011 la directrice générale du groupe Editpress Luxembourg, dans lequel elle a gravi tous les échelons. Femme de poigne et de convictions, elle est à l’origine du seul hebdomadaire francophone du pays, Le Jeudi, dont elle est toujours la directrice. Elle conforte aussi les autres titres phares du groupe de presse (Tageblatt, Le Quotidien, Revue, Luxpost et leurs déclinations web) qui emploie plus de 500 personnes, dont quelque 120 journalistes. Parmi les succès récents du groupe, celui de L’essentiel qui a évincé son concurrent Point24 et s’est imposé comme le seul gratuit d’informations générales du pays.

LES ABRÉVIATIONS UTILISÉES Alej : Association luxembourgeoise des éditeurs de journaux Alfi : association luxembourgeoise des fonds d’investissement Aliai : Association luxembourgeoise des ingénieurs, architectes et Industriels BCEE : Banque et Caisse d’Épargne de l’État BCL : Banque centrale du Luxembourg CCRN : Centre culturel et de rencontres Abbaye de Neumünster CES : Conseil économique et social CFL : Chemins de fer luxembourgeois CNPEE : Comité national pour la promotion de l’esprit d’entreprise CSDD : Comité supérieur pour un développement durable CSSF : Commission de surveillance du secteur financier EFA : European Fund Administration Efama : European fund and asset management association Fedil : Fédération des industriels luxembourgeois FFCEL : Fédération des femmes cheffes d’entreprise FLEAA : Fédération Luxembourgeoise des Exploitants d’Autobus et d’Autocar Fial : Fédération des industries agro-alimentaires luxembourgeoises FLLAM : Fédération luxembourgeoise des laboratoires d’analyses médicales FNR* : Fonds national de la recherche Focal : Fondation ouverte pour la construction de l’avenir GEBTP : Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des Travaux publics GLAE : Groupement luxembourgeois de l’aéronautique et de l’espace ILTM : Industrie luxembourgeoise de la technologie du métal INDR : l’Institut national pour le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises LPEA : Luxembourg Private Equity Association LSC : Luxembourg School for Commerce LuxFlag : Luxembourg Fund Labelling Agency NEG : Norddeutsche Eisenbahngesellschaft Niebüll OGBL : Onofhängege Gewerkschaftsbond Lëtzebuerg OPL : Orchestre philharmonique de Luxembourg SEO : Société électrique de l’Our SES  : Société européenne de satellites UEL : Union des entreprises luxembourgeoises

— Janvier 2013

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95 CHRISTIAN KREMER À 47 ans, il est depuis 10 ans managing partner de Clifford Chance à Luxembourg (ex-Kremer et Associés). Au sein d’un cabinet, membre du magic circle des cabinets d’avocats européens (avec notamment Allen & Overy et Linklaters également présents au Grand-Duché), il reste très influent tant ses spécialisations professionnelles (banque, finance, fonds d’investissement et droit des sociétés) le placent au carrefour des besoins. Il peut également se vanter de diriger la « Best Law Firm 2012 » pour le Luxembourg, comme reconnu par les IFLR European Awards.

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Seule femme détenant le Bocuse d’or – la plus haute distinction pour un cuisinier – elle concocte, depuis plus de 25 ans, une cuisine de haut niveau et porte haut les couleurs luxembourgeoises, bien au-delà de ses deux restaurants (l’étoilé « Léa Linster » à Frisange et le « Pavillon Madeleine » à Kayl). Âgée de 57 ans, elle maîtrise tout aussi bien ses ustensiles que l’art de la communication, comme en témoignent ses régulières apparitions dans les médias, notamment allemands. Membre d’Euro-Toques Luxembourg, elle a, évidemment, été aux fourneaux à l’occasion du mariage du Grand-Duc héritier Guillaume et de la Comtesse Stéphanie de Lannoy.

99 RENÉ CLOSTER Fondateur de Luxembourg Air Rescue en 1988, il est aujourd’hui à la tête d’une des plus grosses associations du pays, forte de plus de 185.000 membres et qui se développe en permanence. Elle a ainsi obtenu, l’an dernier, d’occuper de nouveaux espaces au Findel, adaptés à la flotte aérienne d’intervention sur des sauvetages nationaux et des missions humanitaires internationales. Âgé de 60 ans, il est également membre du comité consultatif chez ING Luxembourg.

CHRISTIAN BAUER À l’instar de son homonyme grand maître d’échec, il est impliqué dans la précision, en l’occurrence celle relative à la conception de bâtiments. Président de la Fondation de l’architecture et de l’ingénierie Luxembourg depuis 2008, il est architecte et patron du bureau éponyme fondé en 1975. On lui doit de nombreuses réalisations au Luxembourg, comme l’aménagement de la BCL* avenue Monterey, ou encore la Philharmonie, en tant que partenaire local de l’architecte français Christian de Portzamparc.

100 THOMAS SEALE À la tête d’EFA* depuis 1997, cet Américain de bientôt 56 ans a toujours œuvré pour le développement de l’activité des fonds d’investissement au Luxembourg. Vice-président de l’Alfi* (dont il fut président entre 2003 et 2007), il y préside le groupe de travail Microfinance. Un domaine qui lui tient à cœur et qui lui a valu aussi sa nomination, cet été, en tant que président de l’agence LuxFlag*. Il siège également aux comités OPC et Anti-blanchiment de la CSSF*.

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ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

ENTREPRISES

— Janvier 2013

ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

SIDÉRURGIE

Dégraissage du mammouth

Photo : Andrés Lejona (archives)

ArcelorMittal poursuit sa politique de désendettement. Et la direction du numéro un mondial de l’acier ne fait pas de sentiment. Aux fermetures successives de sites en France (Florange), en Belgique (Liège) ou au Luxembourg (Rodange et Schifflange), s’ajoute la cession d’actifs. Le 15 novembre, il cédait sa participation de 50 % dans Kalagadi, société d’exploration et de production de mines de manganèse en Afrique du Sud. Montant de la transaction : 447 millions de dollars… qu’il faudra ajouter aux 300 et 330 millions d’euros obtenus par la cession des parts de Paul Wurth et d’Enovos. Mais ces montants collectés restent bien éloignés de la dette contractée par le groupe, estimée à 24 milliards de dollars par Moody’s. Et dans une conjoncture difficile, ArcelorMittal ne peut se permettre de ménager les symboles. La société signalait donc à la fin du mois de novembre fermer « temporairement » le « Château », siège historique du groupe construit en 1920.

Promotion chez RTL : Christophe Goossens, déjà station manager d’Eldoradio, occupe désormais aussi la même fonction pour RTL Radio. | Bernard Coune,

FRE

SH

cofondateur de la société International Fire Control, remporte les 5.000 euros du « Prix Créateur d’entreprise dans l’artisanat ». | Neuf jeunes entrepreneurs (femmes et hommes) constituent la Promotion « Georges Lentz » du programme Business Mentoring de la Chambre de commerce.

JOSÉE HA NSEN

PRESSE

IMMOTOP

KPMG

Une journaliste du Land en diffamation

Avec le Qatar

Revenus 2012 en hausse

Josée Hansen a fait l’objet d’une citation directe de la part de Jean Nicolas, éditeur de l’hebdomadaire tabloïd Privat. La journaliste de l’hebdomadaire avait insinué, dans un article consacré à la montée du racisme et de la xénophobie au Luxembourg, que le groupe de presse de Jean Nicolas était un agent de liaison de ces thèses. De son côté, Josée Hansen demande la publication du jugement d’acquittement dans Privat ou bien le versement de 10.000 euros de dommages et intérêts. Le verdict est prévu pour le 19 décembre.

De riches industriels qataris opérant dans l’investissement immobilier ont déposé sur la table une offre de 1 million d’euros pour acquérir le portail immobilier luxembourgeois Immotop. L’offre est actuellement en cours d’étude par la direction de la société. La société Real Estate Media exploitant Immotop.lu intéresse notamment les investisseurs du Golfe persique parce qu’elle développe actuellement la déclinaison européenne de la plateforme d’annonces immobilières. Elle serait un moyen, pour les Qataris, de centraliser les informations sur le marché européen en vue d’éventuelles acquisitions.

La société de conseil et d’audit KPMG, à l’instar de ses concurrents, continue à publier de bons chiffres malgré la crise. Elle a réalisé, pour l’exercice 20112012 (clôturé au 30 septembre), un chiffre d’affaires de 132 millions d’euros, en hausse annuelle de 9 %. Tous les métiers progressent, en particulier le conseil (+13,5 %) et les services de fiscalité (+12,5 %). La firme, qui revendique la deuxième place des cabinets en termes d’audit des fonds d’investissement et la première place pour les banques, a vu ses effectifs progresser de 18 %, avec 420 nouveaux collaborateurs, portant le total à 1.150.

Janvier 2013 —

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ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

AVOCATS

Baker & McKenzie grandit

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Le cabinet d’avocats d’origine américaine, Baker & McKenzie, a déménagé dans de nouveaux locaux, juste en face de la Cité judiciaire. Dirigé par Jean-François Findling, il compte désormais 45 avocats et fiscalistes, contre 20 à ses débuts il y a deux ans.

Photo : Olivier Minaire (archives)

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PAIEMENTS MOBILES

Commissions standard

7 CENTIMES

Christian Scharff, président d’IMS Luxembourg

La solution de paiement mobile par QR Code Digicash, officiellement présentée le 22 novembre, propose, pour les commerçants, des niveaux de commission équivalents à ceux des cartes de crédit et de débit : 7 centimes par transaction de moins de 20 euros et 1, 55 % de la somme pour les transactions supérieures à 20 euros.

FONDATION ENOVOS

La Fondation Enovos, sous l’égide de la Fondation de Luxembourg, a remis mi-novembre ses premiers « Prix d’excellence » à six étudiants ingénieurs, récompensés pour leurs travaux de fin d’études. Chacun a touché un chèque de 2.500 euros.

— Janvier 2013

Les European CSR Awards au Luxembourg ! Le premier « Pan-European Award Scheme » est officiellement lancé au Luxembourg. L’initiative, dont paperJam est partenaire, est soutenue par la Commission européenne, CSR Europe (qui regroupe les 29 associations européennes) et BITC (Business in The Community), l’organisation CSR britannique, la plus ancienne de toutes. Coordonnée dans le pays par IMS Luxembourg, cette opération vise à récompenser une PME et une grande entreprise ayant un partenariat innovant avec une ou plusieurs organisations à but non lucratif sur le territoire national. « Il s’agit de mettre en lumière les projets CSR partout en Europe. Il n’y a pas de concurrence entre les pays », explique Nancy Bastien, coordinatrice chez IMS Luxembourg. Tous les dossiers de candidature devront avoir été traités pour fin mars, la remise des prix étant fixée à la mi-avril. Les deux lauréats de chaque pays auront ensuite les honneurs d’une cérémonie organisée en juin à Bruxelles, sous l’égide de la Commission européenne.

Prix d’excellence

15.000

Responsabilité sociale

SPLENDID

LIDL

BOURRAGE PAPIER

On ferme !

Et de sept !

Le tribunal d’arrondissement de Luxembourg a ordonné, le 28 novembre, la fermeture du cabaret Le Splendid, sur fond de proxénétisme, suite aux plaintes déposées par deux anciennes salariées. La gérante des lieux a été condamnée à trois ans de prison et 25. 000 euros d’amende.

L’enseigne Lidl a ouvert son 7e magasin au Grand-Duché, à Pommerloch. Avec 1. 000 m2 et 15 employés, c’est l’un des plus grands magasins Lidl du pays.

Paul, et non pas Norbert Dans l’article consacré à la famille Metz, publié en page 50 de notre dernière édition, le petit-fils de Léon Metz qui s’illustra en mettant au point un procédé de fabrication d’acier à oxygène est bien Paul, et non Norbert.

ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

P&T

ENTREPRISES

LOGISTIQUE

CONCURRENCE

100 % de Netcore

Triste climat d’affaires

Eurohub Sud sur les rails

Valora joue l’apaisement

La 20e édition de l’enquête européenne Eurochambres, coordonnée par la Chambre de commerce, et présentée début décembre, dresse un tableau alarmant de l’économie luxembourgeoise. Le moral des entrepreneurs n’a jamais été aussi bas : à peine 10 % de l’ensemble des entreprises interrogées déclarent que l’environnement des affaires a évolué favorablement entre 2011 et 2012. Les attentes 2013 en termes de climat des affaires sont quasiment aussi négatives que pour 2009, année de crise et de récession par excellence. « 2013 sera une année décisive. Le gouvernement ne peut plus ignorer le besoin pressant d’actions concrètes et cohérentes visant à donner une bouffée d’oxygène aux entreprises, notamment au niveau de la compétitivité, mais aussi de la simplification administrative », prévient Carlo Thelen, chef économiste à la Chambre de commerce .

Le gouvernement et CFL Multimodal ont signé une convention pour la réalisation d’un projet logistique d’envergure sur le site Eurohub Sud. Il y est question de la construction d’un entrepôt de près de 46.000 m2 de surface utile, avec un investissement de l’ordre de 55 millions d’euros. Aux 150 emplois existants dans ce segment d’activité du groupe devraient s’ajouter environ 50 emplois. CFL Multimodal disposera, pour réaliser ce projet, d’un terrain de quelque 7,6 hectares.

Sous le coup d’une procédure initiée par les autorités luxembourgeoises de la concurrence depuis janvier 2011, le groupe de distribution de presse Valora (ex-Messageries Paul Kraus), à la tête de 70 points de vente au Luxembourg, s’est engagé à alléger les contraintes que certains magasins de journaux indépendants lui reprochaient de leur faire subir. Il était notamment question de « clauses susceptibles de constituer un abus de position dominante » dans le cadre des contrats signés entre les deux parties. Le groupe, qui a contesté les griefs, s’est néanmoins engagé à éliminer ces contraintes et le Conseil de la concurrence a accepté ces engagements, mettant un terme à la procédure d’infraction. « Cette décision, sur engagements, est la première de ce type adoptée depuis l’existence de la législation de concurrence au Luxembourg », précise le Conseil. Valora a jusqu’au 1er mai 2013 pour rectifier le tir, à l’exception de la mise en œuvre d’un nouveau système récapitulatif journalier qui sera vérifiée en juin.

L’Entreprise des P&T poursuit sa stratégie de renforcement de ses participations. Après Editus et Victor Buck Services, c’est au tour de Netcore PSF de voir l’opérateur historique monter en puissance dans son capital. Les P&T détiennent désormais l’intégralité du capital, après le rachat des 25 % encore détenus par Systemsgroup. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Créée en 1981, et agréée PSF en 2008, Netcore a fusionné, en 2010, avec ComputerSystems et développé, depuis, deux lignes d’activité : l’une orientée data center solutions et l’autre unified communication. La société, qui emploie 130 collaborateurs au Luxembourg, a réalisé, en 2011, « une croissance à deux chiffres », comme l’indique le rapport annuel des P&T, sans plus de détails.

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Encore primé !

Randstad Luxembourg

Une seule enseigne Il y avait Randstad et il y avait Tempo Team, née en 2008 du rachat (au niveau mondial) du groupe Vedior par Randstad. Les deux marques, spécialisées dans les services en ressources humaines, seront fusionnées au 1er janvier, la maison mère ayant décidé d’adapter sa stratégie afin de gagner en efficacité et en rentabilité. Résultat, les activités luxembourgeoises du groupe seront séparées en deux : Randstad Interim (travail temporaire et intérim) et Randstad Recruitment & Selection (recrutement, transition de carrière et autres services RH). Le tout représentant quelque 70 collaborateurs, répartis en cinq agences sous la direction de Jean-Pierre Mullenders (photo), actuel directeur de Randstad Luxembourg.

Le 23 novembre, la Ville de Luxembourg et Maison Moderne ont de nouveau été récompensées pour leur publication commune City Mag, recevant un Silver dans la catégorie « Editorial Design » (la plus représentée) au prestigieux Joseph Binder Award. 386 projets (dans 12 pays) étaient sur la ligne de départ et 25 ont au total été récompensés dans huit catégories. City Mag a été primé pour l’ensemble de la collection 2010-2012 du magazine. « Au-delà du design, c’est également la vision de la Ville de Luxembourg », s’est réjoui Mike Koedinger, CEO de l’éditeur Maison Moderne. À noter que lors de la soirée de remise des prix, qui s’est tenue à Vienne (Autriche), un hommage a été rendu au designer luxembourgeois Tom Gloesener, disparu cet été, et qui aurait dû siéger au sein du jury.

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ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

Développement durable

Mieux que bien Créer des zones d’activités économiques où il fait bon vivre, où l’impact sur l’homme et son environnement se mesure en avantages concrets : tel est le pari d’un projet européen bâti autour du concept « Cradle-to-Cradle » et dans lequel l’Ecoparc Windhof est un site pilote. Texte Frédérique Moser Photos Jessica Theis

éduire son impact négatif sur l’environnement ? C’est bien ! Avoir une action positive sur lui ? C’est mieux ! Pour répondre à ce défi, les principes du concept Cradle-to-Cradle (C2C, littéralement « du berceau au berceau », lire encadré) commencent à essaimer. Rien de révolutionnaire dans ce concept ; bien au contraire, un retour à l’essentiel, aux origines. La formule célèbre de Lavoisier « r ien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », datée du 18e siècle, serait empruntée à celle d’un philosophe ayant vécu… cinq siècles avant notre ère. « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau » : Anaxagore de Clazomènes décrivait alors les fondements mêmes du C2C ! « Quand on fait du Cradle-to-Cradle, on copie la nature, confirme Alexandre Bertrand, chercheur au CRP Henri-Tudor, partenaire du projet Interreg C2C Bizz. Un arbre pousse quand il y a du soleil, quand il trouve des nutriments dans le sol. Puis, en hiver, il stoppe sa croissance ». En somme, il consomme des ressources quand elles sont disponibles, mais il n’est pas pour autant un élément « neutre » dans la nature. Il n’a pas « zéro-émission » ; il émet de l’oxygène et des nutriments pour le sol, il purifie l’eau et offre un habitat à plusieurs espèces vivantes. Il interagit ! « Les discours sur le développement durable, pour intéressants qu’ils soient, nous amènent à nous culpabiliser, nous les êtres humains, en raison des activités liées à notre développement, précise Jeannot Schroeder, responsable du projet C2C Bizz au sein de l’Ecoparc Windhof. Sommes-nous trop nombreux, nuisibles ? Nos enfants ne seraient-ils pas les bienvenus sur Terre ? Ce que nous propose le concept C2C n’est rien d’autre qu’une nouvelle façon de penser et d’agir. Il ne s’agit plus de regarder la finalité d’une action, pour mesurer son impact négatif ou neutre, mais de repenser le début. Cela va aboutir à une économie totalement différente ! »

R

Boucler la boucle

Concrètement, l’approche C2C peut se résumer ainsi : « Avoir un impact bénéfique sur la santé et les hommes, en créant des produits qui sont non toxiques et indéfiniment recyclables, de manière biologique ou technique », précise M. Bertrand. À la différence du recyclage, qui intervient après le premier usage du produit, et qui n’empêche pas que des déchets ultimes, toxiques, créent des désordres dans la nature (on pense à la combustion ou à l’enfouissement), — Janvier 2013

dans le C2C, la recyclabilité est pensée dès la conception du produit, qui doit se faire avec des matériaux non toxiques. Récupérés, réutilisés, ces déchets n’en sont alors plus, ils deviennent des matériaux réutilisables, dotés de valeur. Et dont on prend soin. De quoi attirer toute l’attention des acteurs économiques ! Le concept est généralement utilisé par les entreprises les plus innovantes. Tarkett, dont le centre mondial de R&D est établi à Wiltz, peut ainsi se prévaloir de certification Cradle-to-Cradle pour ses revêtements de sols. Mais le concept peut également s’étendre à des systèmes plus larges. Et c’est justement cette application élargie qui est visée par le projet C2C Bizz (www.c2cbizz.com). Au cours des quatre années du projet, qui s’achèvera en 2014, les dix partenaires européens impliqués vont collaborer « en vue d’étudier et de mettre en œuvre le C2C sur des parcs d’activités existants ou à créer ». À Londres, dans le Sustainable Industries Park, une base de données sera mise en place, afin de favoriser

l’échange de matériaux entre les entreprises. À Lille Métropole, un ancien site industriel sera revitalisé « en accordant une attention particulière aux différentes formes de diversité », tandis qu’à l’Ecoparc Windhof, l’énergie renouvelable sera générée pour l’ensemble du parc d’activités. En ce qui concerne Luxembourg, le projet Interreg est porté par un troisième acteur national, non négligeable : le ministère du Développement durable et des Infrastructures (MDDI). « Ce projet est particulièrement intéressant pour nous, car il comporte des actions très pratiques, avec des sites pilotes, explique Liette Mathieu, ingénieur 1er classe au Département de l’Aménagement du Territoire, où elle travaille sur les plans sectoriels (dont celui portant sur les zones d’activités économiques). Outre les initiatives qui seront menées à l’Ecoparc de Windhof, bien sûr, participer à ce projet européen nous permet d’observer ce qui se passe dans d’autres pays. Nous sommes particulièrement intéressés de savoir comment la métropole de Lille va agir dans le cadre de la reconversion en zone C2C d’une ancienne friche industrielle. »

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« Même s’ils sont encore rares, des produits Cradle-to-Cradle sont déjà disponibles sur le marché », expliquent Alexandre Bertrand (CRP Henri Tudor) et Jeannot Schroeder (proGroup). Sur la photo ci-dessous, du bois certifié C2C et utilisé pour le bâtiment Solarwind, dans l’Ecoparc Windhof.

CRADLE-TO-CRADLE

3 principes Développé par le chimiste allemand Michael Braungart et l’architecte américain William Mc Donough, le concept C2C s’articule autour de trois principes indissociables. Déchets = alimentation Plus rien ne doit être jeté, les déchets n’existent plus et sont considérés comme une source nutritive. Le C2C permet de réutiliser à l’infini tout matériau ou toute substance (qui doivent être connus et non toxiques) pour un autre produit, en créant des cycles continus. Utilisation de la ressource solaire Le soleil est une source d’énergie inépuisable. Elle permet l’autosuffisance, en fournissant une énergie renouvelable directe et en favorisant la croissance des cultures de biomasse.

L’objectif étant, pour le ministère, de recueillir un maximum de bonnes pratiques, afin de les diffuser ensuite et de sensibiliser les acteurs de terrains, décideurs économiques ou syndicats de communes. L’un des principaux avantages du C2C, selon ses adeptes, est qu’il ne dicte pas une seule « bonne » façon de faire. Célébrer la diversité, cela revient à dire qu’il faut savoir jouer de créativité ou d’inventivité : un même produit pourra être conçu de manière biodégradable par une entreprise, et de manière recyclable par une autre, par exemple, en fonction des matériaux disponibles localement ou des filières de recyclages existantes. Une zone d’activité en création pourra adapter ses principes dès le départ, alors qu’une autre pourra les transférer aux infrastructures déjà existantes. Résistance économique

Du point de vue économique, cultiver la diversité, cela peut aussi conduire à faire coexister sur un même site différents types d’entreprises et de

fonctions, rendant ainsi le concept moins vulnérable à une crise économique, et donc plus attractif. L’Ecoparc Windhof, qui a déjà réussi le pari de rassembler dans un GIE (groupement d’intérêt économique) une dizaine d’entreprises voisines et « désireuses d’avancer sur des thèmes durables, en mutualisant leurs efforts (énergie verte, papier recyclé, sécurité) », entend désormais s’engager dans un projet C2C. Pas une mince affaire, à en croire les partenaires impliqués ! « Ce qui est particulièrement difficile, dans un tel projet, c’est de rassembler les trois principes au même endroit, au même moment, avec les mêmes acteurs, indique Alexandre Bertrand. Le C2C nécessite de repenser les moyens et les outils que nous avions l’habitude d’utiliser jusque maintenant. L’intérêt pour nous, chercheurs, est donc de travailler avec des gens qui sont sur le terrain, pour relever les problèmes, les aider à trouver des solutions et tendre à atteindre les objectifs finaux. » « Si nous avions les réponses, nous les appliquerions ! renchérit Jeannot Schroeder (proGroup). Donc, le projet C2C Bizz ne serait pas nécessaire… Ce que

Célébrer la diversité Les systèmes naturels fonctionnent et se développent à travers la complexité. Contrairement aux solutions standard (nées de la révolution industrielle) et à l’uniformité induite par la globalisation, la nature encourage une abondance de variété et de diversité presque infinie. La manière de procéder pour manufacturer des produits doit être calquée sur ce modèle. F. M.

nous allons essayer de savoir, avec ce projet de recherche, c’est d’abord : comment le C2C peut-il être appliqué dans un zoning économique, avec de nombreux acteurs ? Quel mode de gouvernance faut-il mettre en place pour répondre aux enjeux ? Comment parvenir à fermer la boucle des flux de matériaux, à notre échelle ? C’est déjà une première phase ! » Un groupe de travail, constitué de membres de l’Ecoparc se penchera concrètement sur ces questions, en janvier prochain, lorsqu’il sera question de définir les modalités d’investissement dans un outil smart grid pour le zoning. « Il s’agit d’un système intelligent de distribution énergétique qui conserve la trace des Janvier 2013 —

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Liette Mathieu (ministère du Développement durable et des Infrastructures) :« Ce qui me passionne dans un projet C2C, c’est que le bien-être humain y est incontournable. Si des enfants peuvent jouer dans une zone d’activité économique, c’est qu’elle est bien conçue ! »

flux, les pics de consommation comme les creux, et permet, après l’analyse des variables de l’utilisation du réseau énergétique, de mieux répartir la consommation. Le but étant de consommer l’électricité le plus possible ‘en direct’, quand elle est produite, pendant les phases de grand ensoleillement par exemple, pour limiter au maximum le stockage qui induit de la déperdition », explique M. Bertrand. Pour ce faire, les chercheurs doivent non seulement connaître la consommation énergétique dans la zone d’activités, entreprise par entreprise, heure par heure, mais également prendre en compte les contraintes existantes, afin que le site industriel soit « positif », c’est-à-dire qu’il produise plus d’énergie qu’il n’en consomme. Quelles sont les surfaces utilisées et utilisables ? Quelles sont les surfaces de toit disponibles pour produire de l’énergie d’origine solaire ? Centre de connaissances

Les problématiques sont complexes et Jeannot Schroeder, réaliste, admet « qu’à la fin de projet Interreg, nous aurons sans doute plus de questions que de réponses ! » Si 2014 marquera la fin du cofinancement européen du projet, les partenaires espèrent évidemment que les recherches ne s’arrêteront pas là. Le centre de connaissances sur C2C Bizz, qui sera basé aux Pays-Bas, rassemblera les expériences et diffusera témoignages, résultats et bonnes pratiques sur un site internet. Des guides et des outils pratiques seront également élaborés afin de diffuser au — Janvier 2013

ÉCO-CONCEPTION

Un logiciel innovant L’éco-conception vise à « améliorer la qualité globale d’un produit, procédé ou service en considérant à la fois la fonctionnalité et l’optimisation des ressources et énergies associées », selon la définition du Centre de Ressources des Technologies pour l’Environnement (CRTE – CRP Henri Tudor). Ce dernier, en partenariat avec Luxinnovation, pilote depuis 2010 un projet européen (Feder). « Éco-conception » a pour but d’introduire et de diffuser des exemples de bonnes pratiques dans les entreprises luxembourgeoises. Cinq d’entre elles ont ainsi pu bénéficier, à ce jour, du support technique du CRTE (Chaux de Contern, Rollinger Walfer, Steffen Holzbau, Flowey ainsi que la Menuiserie Design Constantin Jacques). Afin de sensibiliser un maximum d’acteurs, le centre de recherche a développé un logiciel (Écopact ) qui permet aux entreprises de réaliser un pré-diagnostic des performances environnementales d’un produit, tout au long de son cycle de vie, et d’identifier les possibilités d’amélioration. F. M.

maximum l’information et sensibiliser de nouveaux acteurs. « Une campagne d’information sera lancée par le ministère l’année prochaine, annonce Mme Mathieu. Le guide, que nous diffuserons largement au Luxembourg, comportera une description des projets pilotes, et présentera les avantages financiers qui découlent de l’application du concept C2C, les économies de ressources, mais également les avantages en matière d’innovation et de gain de compétitivité pour les entreprises et les collectivités. » Pour le ministère, il est évidemment très instructif de voir comment s’inscrit la volonté politique d’appliquer le concept C2C dans d’autres pays. Même si rien n’est encore inscrit dans le programme gouvernemental, Mme Mathieu n’exclut pas de nouveaux projets pilotes, sur des zones existantes ou à créer. « Ce qui me passionne dans un projet C2C, c’est qu’il place l’Homme au centre des problématiques, en vertu du principe de la diversité. Les individus doivent être parfaitement à l’aise dans l’environnement dans lequel ils évoluent et travaillent. Selon le concept C2C, si des enfants peuvent jouer dans une zone d’activité économique, c’est qu’elle est bien conçue ! » Une utopie ? Loin s’en faut ! Le Luxembourg, qui peut s’appuyer sur des compétences scientifiques et des acteurs économiques engagés, ne manque ni d’intérêts, ni d’atouts pour jouer la carte C2C dans son développement. Et le terrain d’expérimentation est vaste : à l’horizon 2030, le pays a prévu, dans sa planification territoriale, de réserver 600 hectares de son territoire à de nouvelles zones d’activités économiques.

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Entrepreneuriat au féminin

Au-delà de la récompense, le dynamisme ! Mises sous les projecteurs l’espace de quelques semaines, que deviennent les lauréates du « Woman Business Manager of the Year Award » ? Elles affichent plus que jamais une soif d’entreprendre qui a de quoi encourager les femmes à bousculer les idées reçues. Texte Thierry Raizer

a parité au sein des entreprises est loin d’être acquise. En matière de création d’entreprises, elle relève de la gageure. Confirmation par le ministère des Classes moyennes, délivrant l’autorisation d’établissement d’entreprise : « Les femmes sont toujours moins enclines que les hommes à créer une entreprise au Luxembourg. » Ce constat est le prolongement d’une étude sur l’entrepreneuriat au Luxembourg, publiée en décembre 2011. Ses résultats montrent que, sur les 5.741 autorisations accordées aux entrepreneurs, 17 % seulement l’ont été pour des femmes. Du coup, l’entrepreneuriat au féminin fait l’objet d’une promotion par différents acteurs qui y voient également un moyen de mettre en avant un volet de leur responsabilité sociétale. Ainsi, la BIL organise depuis 2006 le « Woman Business Manager of the Year Award ». Une récompense à vocation nationale qui veut mettre à l’honneur le « travail de femmes talentueuses et leur offrir la chance de disposer d’une plus grande visibilité ». La 7e lauréate de cet Award sera dévoilée le 22 janvier 2013. « J’ai été étonnée de la portée du prix, témoigne Françoise Folmer, gagnante du prix 2011. Suite aux passages à la télévision, certaines personnes vous reconnaissent dans la rue ! » Ce plus en matière de notoriété n’est pas négligeable. Surtout lorsqu’on sait Christiane Wickler qu’un effet structurel joue en défaveur Pall Center des femmes dans la course au financement de projet, celles-ci défendant majoritairement de « petites » activités, donc moins rentables pour les banques. Les 10.000 euros offerts par la BIL aux gagnantes sont donc un autre « plus » indéniable dans la poursuite des activités. « La somme a contribué à l’agrandissement de nos installations », précise Marianne Pesch, lauréate 2009 et gérante d’une exploitation agricole familiale à Crauthem. Des projets, elle n’en manque pas. « Nous allons ouvrir au printemps prochain un nouveau bâtiment, en dehors du village, pour effectuer de la vente directe de nos produits, que nous pourrons également transformer sur place. »

L

« Nous doutons plus, tout en visant la perfection. »

Militer pour son créneau

La soif d’entreprendre n’est jamais éloignée de la volonté d’innover. Françoise Folmer, d’ores et déjà gérante de deux structures, veut importer une nouvelle méthode de gestion des conflits, via sa troisième société, Expression(s), spécialisée dans la consultance : « Je poursuis une formation en médiation civile et commerciale. Cette voie permet de régler les litiges — Janvier 2013

d’une manière plus simple qu’un passage devant le tribunal. » La pratique est très utilisée en Amérique et le législateur luxembourgeois vient de la renforcer. Le prix peut aussi braquer le projecteur sur un secteur dans lequel on n’attend pas forcément les dames. « Sa vocation intersectorielle a permis de mettre en lumière la présence des femmes dans le secteur ICT, où elles sont encore peu nombreuses », souligne Amal Choury (lauréate 2010), fondatrice d’e-Kenz, une société de services informatiques. Également présidente de l’association Eurocloud, elle encourage les jeunes filles à embrasser une carrière qui a bien évolué. « Des efforts sont à faire dès l’école pour les inviter à aller vers les technologies et leur expliquer que le secteur va au-delà de l’infrastructure et des télécoms. » Amal Choury mise sur 2013 pour consolider ses activités et poursuivre dans le recrutement de nouveaux collaborateurs. « Ce prix est aussi important, car il est décerné par des personnes externes à votre entreprise, en dehors de vos clients et de votre personnel qui connaissent déjà votre activité activité », ajoute Betty Fontaine (lauréate 2008), associée et directrice générale de la Brasserie Simon à Wiltz. Nommée en juillet dernier au conseil de la Banque centrale du Luxembourg, elle assume ce rôle, sans illusion. « Je suis consciente du fait que je représente peut-être un certain quota, mais je suis prête à être la première ! » Si certaines développent de nouveaux créneaux, d’autres continuent une lignée, sans pour autant s’installer dans le confort, en créant des projets propres. « Il faut faire avancer tribu », déclare tout de go Christiane Wickler sa famille, sa tribu  (lauréate 2007), récemment élue à la présidence de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise, gérante du groupe Pall Center qui prépare l’ouverture d’une nouvelle enseigne au printemps 2013 à Strassen. « J’ai la chance d’être aidée par mon père et mon mari. Il faut dire que les hommes d’aujourd’hui sont peut-être davantage prêts à vivre avec les femmes d’aujourd’hui ! » La touche féminine, lorsqu’elle est récompensée, permet à la lauréate d’être confortée dans ses choix. « Nous connaissons aussi la solitude du chef d’entreprise, d’autant plus qu’en tant que femmes, nous doutons perfection », ajoute Mme Wickler. plus, tout en visant la perfection  Cet appétit pour l’entreprise est aussi un choix de vie. Chaque matin, très tôt au bureau, Rosy Wagner-Brauckmann (lauréate 2006) est véritablement passionnée par son travail dans le mobilier pour entreprises et collectivités. « Un de mes objectifs pour 2013 est d’augmenter le chiffre d’affaires de la société, précise-t-elle Nous avions d’ailleurs utilisé le prix dans le cadre précise-t-elle. installations. » Débutée seule en 1994, de l’agrandissement de nos installations.  l’aventure de Mme Wagner se poursuit désormais avec 13 collaborateurs. « J’ai travaillé pendant plusieurs années pour un patron et je dois dire que je ne regrette pas du tout la vie d’indépendante », ajoute celle qui est aussi présidente de la Fédération Bureautique (Febu).

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CHRISTIANE WICKLER

2007

BET TY

ERWAGN N ROSY A KM N BRAUC

FONTA

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20 0 6

INE

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Pas dupes

À l’instar de leurs homologues masculins, ces « cheffes » ne sont pas dupes. Si recevoir un prix leur va droit au cœur, elles sont bien entendu conscientes que celui-ci ne pourra remplacer leurs efforts constants vis-à-vis de leurs produits et services. Elles occupent aussi un poste d’observation privilégié de la vie économique et politique luxembourgeoise, scrutant avec intérêt les mesures prises, notamment à l’égard des PME. Non sans certaines revendications pour faciliter la vie des entreprises au Luxembourg. Qu’importe le genre de qui les crée…

N WOMA NAGER SS MA R E N I S BU E YEA OF T H

Une promotion organisée

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MARIA

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AMAL CHOURY

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Six « femmes d’affaires de l’année », et autant de parcours de vie uniques, teintés à la fois de ténacité et de vision. Un de leurs points communs est de s’accorder pour recommander la participation au concours de la BIL. Et, au-delà, pour promouvoir l’esprit d’entreprendre. « Il faut aussi que les femmes se rendent visibles de leur propre initiative, ajoute Betty Fontaine. Elles ne doivent pas attendre qu’on les sollicite pour se montrer. » Un message d’encouragement pour les aider à vaincre les obstacles qui se dressent sur leur route, qu’ils soient d’ordre financier, familiaux ou liés à des stéréotypes. Même si les témoignages des gagnantes montrent que les difficultés tendent à diminuer.

OI S E F

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OLM E

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Créée en 2004, la Fédération des femmes cheffes d’entreprises asbl (FFCEL) – affiliée au réseau Femmes chefs d’entreprises mondiales – veut « montrer et renforcer le rôle de l’entrepreneuse dans l’économie luxembourgeoise ». La fédération se veut un lieu d’échange d’expérience et de bonnes pratiques entre ces dames qui sont d’ores et déjà patronnes ou ambitionnent de le devenir. La FFCEL a d’ailleurs donné naissance au réseau FEALU (Female Entrepreneurship Ambassadors Luxembourg), composé de 11 femmes ambassadrices et cheffes d’entreprises d’au moins cinq salariés et depuis cinq ans au minimum, dont la mission est de rencontrer des étudiantes, des femmes en début de carrière ou en reconversion pour les aider. Dans le registre du networking, l’association Femmes Leaders regroupe depuis 5 ans des « femmes d’influence, de décision et d’action au Luxembourg » autour de différents événements. L’action de l’association qui vient de fêter son anniversaire a pour but « d’accompagner activement les femmes dans leur développement professionnel et personnel, avec la vision d’un leader ». T. R.

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Portail immobilier

RTA T S UP

La rançon du succès Une start-up luxembourgeoise intéresse un groupe d’investisseurs qataris ! Focus sur une réussite d’entrepreneur conquise de haute lutte dans un contexte de concurrence, parfois féroce, avec le leader du marché. Texte Pierre Sorlut Photos Olivier Minaire

Chaque mois, paperJam propose un gros plan sur une start-up luxembourgeoise qui sera peut-être un fleuron de l’économie de demain. Ce mois-ci : Immotop.lu

FICHE TECHNIQUE

CV

ATHOME.LU

Immotop.lu

Le rêve luxembourgeois

Hégémonie ?

Objet : portail immobilier Création : octobre 2008 Chiffre d’affaires 2012 (prévisionnel) : 400.000 euros 6 salariés, bientôt 8

Serge Ushkalov (37 ans) est né et a grandi en Géorgie. Il n’a migré en Europe qu’à l’âge de 25 ans, avec sa femme, pour y vivre le rêve luxembourgeois. Il a tout recommencé : lycée, apprentissage des langues et formation en comptabilité puis en entrepreneuriat. En 2008, employé dans une fiduciaire, il monte sa société alors qu’il cherchait à acquérir un bien immobilier.

En 2008, alors même qu’atHome.lu se faisait racheter par Rea group, une société cotée en Bourse, Immotop.lu, venait titiller le leader. Que pense-t-il de son challenger ? Patrick Kersten, general manager d’atHome, évoque un « travail sérieux » de la part de l’équipe d’Immotop.lu, et la nécessité pour le leader d’avoir un challenger. Mais derrière des mots, polis, la concurrence est parfois féroce.

Concurrents Habiter.lu Vecteur de différenciation : communication cross media (web, print, mobile et RTL) Éditeur : groupe Editus, filiale des P & T

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Immostar Particularité : première base de données immobilières en ligne (depuis 1995)

Immofinder Fait valoir une publication dans le plus grand quotidien national (Wort) Éditeur : Groupe Saint-Paul

Guide Immobilier S’appuie sur le guide papier Éditeur : Limax communication

atHome Particularité : leader sur le marché et bon référencement Éditeur : atHome, filiale de Rea Group

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u cours du mois de novembre, des Qataris (encore) ont proposé de racheter pour un million d’euros le portail immobilier en ligne Immotop.lu. L’événement attire tout particulièrement l’attention des observateurs de la vie économique luxembourgeoise, puisqu’il les fait s’interroger sur les raisons qui poussent des investisseurs d’un tel calibre à s’intéresser à une petite start-up opérant sur un marché restreint dans un quasi micro État. Alors que le dénouement n’est pas encore certain, l’histoire de la jeune pousse interpelle tant elle s’apparente à un conte. Et en faire le récit permettra à chacun d’en dégager une morale. Serge Ushkalov, arrivé en 2000 en provenance de Géorgie, sans diplôme et sans maîtriser aucune langue européenne, se lançait huit ans plus tard dans l’aventure entrepreneuriale. Non sans difficulté. Avec l’aide de son frère Oleg, alors informaticien à Milan, il décidait de monter sa propre plateforme d’annonces immobilières… insatisfait qu’il était par l’offre existante. Après avoir obtenu, non sans mal, le capital nécessaire au lancement de la société grâce à un partenariat avec ING – encore en cours – il a ensuite dû affronter l’ogre atHome qui venait juste de se faire racheter par Rea Group, une société cotée à la Bourse de Sidney, spécialisée dans les portails immobiliers. Il était trop tard pour reculer. Les deux frères se sont donc lancés à corps perdu dans la bataille, sans bien sûr compter les heures. « Tout fonctionnait grâce à notre enthousiasme et la légende de David contre Goliath nous inspirait », indique Serge Ushkalov. Face à la concurrence, il était alors difficile de trouver un vecteur de différenciation. La solution de recherche par mots clés a, selon l’entrepreneur, permis d’offrir un plus. « On a voulu cultiver la différence dès le départ », dit-il. Mais une politique de prix bas et stables a certainement davantage frappé les agences qui doivent payer pour placer leurs annonces. Depuis la création de la société, le tarif du pack pro est resté le même : 120 euros. Et, petit à petit, entre 2008 et 2010, Immotop a réussi à se faire un nom, bien qu’il lui ait été contesté au tribunal par l’agence immobilière Imhotop, poussant la start-up à créer la société Real Estate Media, exploitant Immotop.lu. En janvier 2012, l’adhésion du site à CIM Metriweb, un institut belge de statistiques internet, lui permettait de mesurer sa part de marché et de la faire valoir aux agences clientes : 270 aujourd’hui. Car la clientèle des plateformes web cherche à visualiser les retombées. Immotop.lu se classe dorénavant deuxième sur le marché. En tant que challenger, le CEO de la société se dit obligé d’appliquer des stratégies agressives pour titiller le leader. « Nous devons parfois être arrogants », dit-il. Mais cela peut bloquer certaines structures qui adhèrent seulement à une plateforme… alors que ce comportement n’est pas vraiment dans leur intérêt. Pour le marché, il est préférable que plusieurs portails immobiliers livrent bataille afin que les prix n’explosent pas. Patrick Kersten, CEO d’atHome, pense la même chose. Il la présente cependant différemment : « Dans chaque secteur, il y a de la place pour un acteur

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Analyse SWOT FORCES

FAIBLESSES

– Tarifs stables – Performance du service

– Marges faibles – Coût marketing élevé

– Nouveaux marchés – Nouveaux services

– Baisse des volumes et des prix de l’immobilier – Concurrences locale et internationale intenses

OPPORTUNITÉS

MENACES

« On a voulu cultiver une différence dès le départ. » Serge Ushkalov Immotop.lu

NÉGOCIATIONS

La réponse encore attendue Alors que nous partions sous presse, la direction de Real Estate Media (exploitant Immotop.lu et Immotop.eu) n’avait toujours pas répondu à l’offre formulée par les investisseurs qataris. Le montant proposé pour l’acquisition des portails immobiliers s’élevait à un million d’euros et les modalités de la cession soulevaient encore quelques interrogations. P. S.

reconnu et un second. Ils (Immotop.lu, ndlr.) travaillent sérieusement. Ils progressent bien, en cassant les prix, mais ont une éthique du business différente de la nôtre. » Serge Ushkalov avoue en effet que se développer parallèlement au leader n’est pas chose aisée : « Il n’est pas facile de conquérir des parts de marché au Luxembourg. Une fois obtenues, il convient de ne pas les perdre et de considérer son client comme un partenaire, de résoudre ses problèmes rapidement. À partir de là, le bouche à oreille entre agences fonctionne. » D’autant que le marché luxembourgeois est limité. Il compte entre 350 et 450 agences. Et les zones de chalandise autour des frontières sont difficiles à atteindre. AtHome s’est par exemple déjà cassé les dents en Belgique. Immotop.lu ne souhaite pas draguer une par une les agences de la Grande Région. Cela prendrait trop de temps et trop de moyens pour trop peu de revenus. L’agence souhaite attaquer toute l’Europe : « Il faut voir grand », y dit-on. La méthode ? Real Estate Media passe dans chaque pays de l’Union européenne – 27 donc – par une société de localisation, de type WhP ou Lionbridge, adaptant les sites Internet aux cultures et pratiques locales. Sur chaque marché, la jeune pousse doit trouver un partenaire pour créer avec lui une joint-venture. Sa marque ou une nouvelle (s’il n’a pas encore de portail web) est alors promue sur le territoire et toutes les annonces sont centralisées sur la plateforme immotop.eu. Pour le cocontractant, l’intérêt est technologique et marketing. Il bénéficie des infrastructures fiables de Real Estate Media et de la renommée – encore à créer – d’immotop.eu. Le site trovaimmo.it, en cours de développement, illustre la mise en œuvre de cette stratégie. Puisque Real Estate Media travaille avec des marges faibles, la direction compte avant tout sur des volumes importants. L’exposition au marché européen constituerait un démultiplicateur significatif… en tout cas aux yeux d’un groupe industriel familial qatari investissant dans l’immobilier sur le Vieux Continent. La collecte paneuropéenne d’informations (bureau et résidentiel) de première main représente également un intérêt. Et il est également possible d’envisager que la start-up dépose un brevet sur son moteur de recherche immobilier duquel elle pourra justifier des revenus et par conséquent bénéficier du régime luxembourgeois de la propriété intellectuelle. Mais les frères Ushkalov n’en sont pas encore là. Ils doivent pour l’instant se prononcer sur l’offre exercée par les Qataris. D’abord sur le principe. « C’est comme donner son propre bébé à un tiers. » Ensuite sur la valorisation. Car en cas de rachat effectif, les entrepreneurs resteraient, selon les termes du contrat, associés au projet pendant trois ans, les investisseurs privilégiant un transfert progressif du savoir-faire. Travailler d’arrache-pied pour quitter à terme une société qui vaut bien plus que le prix négocié trois ans auparavant ferait figure de double peine. Mais la tentation est bien là, le rachat étant souvent synonyme de réussite pour des entrepreneurs. Et Real Estate Media prépare le terrain : un portail automobile est en cours d’élaboration. Voilà de quoi réfléchir à une morale. Janvier 2013 —

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ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

PLACE FINANCIÈRE

— Janvier 2013

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ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

BIL

L’emploi préservé

Photo : Jessica Theis (archives)

Alors que du côté de KBL, un grand nettoyage est en cours (lire page 102), la BIL, elle, qui partage le même actionnaire majoritaire (le fonds qatari Precision Capital) joue la carte de la sauvegarde de l’emploi. « Le Conseil d’administration a confirmé qu’il s’engageait à maintenir le niveau actuel de l’emploi », a communiqué la banque le 5 décembre, entendant ainsi faire taire les rumeurs sur des possibles suppressions de poste. « Fort du soutien de ses actionnaires, Precision Capital et l’État luxembourgeois, et de ses bases solides, en dépit d’un contexte économique difficile, la BIL table entre 2013 et 2015 sur une croissance à long terme des revenus générés au Luxembourg, ainsi que dans certains marchés stratégiques internationaux. Cette croissance sera principalement portée par le développement continu des activités commerciales. » La BIL indique également sa volonté de poursuivre ses activités dans le private banking, alors qu’on prêtait à l’actionnaire qatari l’intention de concentrer ce métier plutôt sur KBL.

Le groupe Sal. Oppenheim, qui emploie 160 personnes au Luxembourg, pourrait supprimer plus de la moitié de ses effectifs (environ 500 postes sur 930) d’ici à mars 2014. | De son côté, Citibank Luxembourg affirme que le Grand-Duché ne sera pas concerné par les 11.000 suppressions de postes annoncées dans le monde par la maison mère. | Nouveau record pour le patrimoine global net des OPC au Luxembourg : 2.314,5 milliards d’euros (+0,66 % en un mois).

CLEARSTREAM

ROYAL LUXEMBOURG

Des emplois… à Dublin

Pipe-line financier vers la Tunisie

Le dépositaire central international de titres Clearstream a ouvert une succursale à Dublin, pour offrir des services en matière de hedge funds. Forte de 15 employés, elle pourrait, à terme, en compter une centaine. Jeffrey Tessler, le CEO de Clearstream, rassure ceux qui craignent une délocalisation progressive des emplois du Luxembourg vers l’Irlande : ce service est presté « en supplément de ceux offerts depuis la base luxembourgeoise pour les fonds d’investissement ». Cette succursale est, du reste, sous le contrôle de la CSSF.

Royal Luxembourg, soparfi discrète jusqu’ici, a d’un coup fait beaucoup parler d’elle. La holding basée au Grand-Duché a connu beaucoup de transformations depuis sa constitution en 1997, sous le nom d’Olumpios. Aujourd’hui domiciliée rue Schiller, dans un cabinet d’avocats, elle a pour administrateurs une poignée de résidents luxembourgeois. Salvatore Cugliari n’y apparaît pas, lui qui, en tant que directeur général, multiplie les interventions médiatiques en Afrique du Nord. Royal Luxembourg a acquis 13,1 % de Banque de Tunisie (pour 107,4 millions d’euros) et annonce son intention d’investir une enveloppe globale de près de 600 millions, essentiellement en Tunisie et surtout dans des groupes (télécoms, matériaux, transports) dont des parts, jadis aux mains de proches de la famille régnante et confisquées après la révolution du jasmin, reviennent dans le circuit.

Photo : Olivier Mina ire (archives)

FR

ES H

« Les quotas de femmes dans les conseils d’administration ne sont pas forcément bons. » Marie-Jeanne Chèvremont, présidente de l’Institut luxembourgeois des administrateurs

Janvier 2013 —

ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

DIVIDENDES

BGL BNP Paribas, ça rapporte

S O I M 0 30

Banques

KBL : la deuxième lame

Depuis 2008, l’État a perçu 330,8 millions d’euros de dividendes de ses participations dans BGL BNP Paribas (dont il détient 33,99 %) et BNP Paribas (1,087 %).

HEDGE FUNDS

Une confiance à acquérir

10

%

Selon la 6e édition de l’étude Finding Common Ground, menée chaque année par Ernst & Young sur le marché mondial des hedge funds, seuls 10 % des investisseurs estiment que les réglementations protègent efficacement leurs intérêts. Ils sont en revanche 85 % à ne pas être convaincus que ces exigences contribueront à éviter la prochaine crise financière.

IFBL

Formations en hausse

+18

%

L’Institut de formation bancaire a enregistré, pour la période janviernovembre 2012, un total de 12.740 inscriptions, comptabilisées en jours-homme. C’est près de 18 % de plus que sur l’ensemble de l’année 2011 et près de 30 % de mieux par rapport à 2010.

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Photo : Olivier Minaire

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Nouveau plan social chez KBL European Private Bankers SA, désormais sous pavillon qatari. 150 postes sont visés, hors filiales, en attendant l’effet du rapport McKinsey. À la BIL, le management s’est en revanche engagé au maintien des troupes. Par Alain Ducat

Les négociations avec les partenaires sociaux ont commencé deux jours après l’annonce officielle. « Face à une baisse de ses revenus et à l’absence de reprise économique, le comité de direction de KBL European Private Bankers SA a décidé à regret une réduction de personnel pour raisons économiques. La banque devrait se séparer de 150 de ses effectifs. » Le couperet était redouté, comme une deuxième lame, après la disparition de 109 postes en décembre 2010, sur un bon millier d’employés. Le management a analysé les coûts et pris la décision. Ce « licenciement collectif » (les termes du communiqué officiel ne sont pas habituels) n’est sans doute pas un point final. D’une part, des filiales risquent aussi de perdre des plumes. D’autre part, la décision du management n’est pas liée au rapport McKinsey. Ce dernier, toujours en cours, devrait être présenté début janvier. Il se focaliserait sur une nouvelle stratégie et un redéploiement des activités. En interne, certains s’attendent à de mauvaises nouvelles pour le printemps… L’écrémage était dans l’air depuis un certain temps. Mais les décisions sont restées suspendues à l’incertitude, prolongée sur pratiquement trois ans, quant aux repreneurs de l’ex-filiale

luxembourgeoise du groupe belge KBC. En mai 2010, on annonçait le rachat de KBL par le groupe indien Hinduja. Finalement éconduit (en mars 2011), ce repreneur était remplacé par les financiers qataris de Precision Capital, qui détiennent la totalité des parts. Les mêmes détiennent aussi 90 % de la BIL. McKinsey travaille aussi, avec d’autres cabinets manifestement. Mais alors que certaines sources évoquaient un plan d’économie sur cinq ans, assorti d’une réduction d’effectifs (redoutée massive), et évoquaient une pression déjà mise sur le personnel, un communiqué du 5 décembre a rassuré, surpris même, dans un sens positif. Le management s’engage dans un plan de croissance stratégique à horizon 2015. Et assure le maintien de l’effectif, pour les quelque 2.000 salariés. Beaucoup redoutaient des synergies, a minima, entre KBL et BIL, avec une chasse aux doublons éventuels. Ils en voulaient pour preuve les réunions rassemblant, ces derniers temps, des cadres du management des deux banques. La BIL a coupé court, en rendant publique une décision managériale sans ambiguïté pour le court terme (voir en page 101)�

ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

GOUVERNANCE

Une circulaire décisive La CSSF publie à la mi-décembre une circulaire exigeant des banques et des sociétés d’investissement de prendre davantage en considération la gouvernance du risque. Les conseils d’administration sont tout particulièrement concernés, mais la liste de nouvelles responsabilités est bien plus longue encore. REBRANDING

Photo : Charles Caratini

Ne dites plus Internaxx…

Rolando Victoria (Aski) avec la ministre de la Coopération Marie-Josée Jacobs et la GrandeDuchesse Maria Teresa.

Awards

Internaxx Bank, présente au Luxembourg depuis 2010, franchit un nouveau cap. La firme, au statut de banque spécialisée dans le courtage en ligne, vient en effet d’intégrer encore un peu plus le giron du groupe de la Toronto-Dominion Bank (TD Bank), donnant lieu, avec les sociétés sœurs du groupe, au leader mondial du courtage en ligne. L’entité luxembourgeoise, dirigée par Annemarie Jung, devrait garder ses spécificités tout en bénéficiant de l’appui du groupe en matière d’outils et de compétences.

La microfinance (et Aski) dans la lumière

Dexia AM bientôt chinoise

La 4e édition de l’« European Microfinance Award », qui a eu lieu le 15 novembre, s’est consacré cette année à la sécurité alimentaire. Aski, une institution philippine de microcrédit, et son responsable Rolando Victoria ont remporté le prix remis par la Grande-Duchesse Maria Teresa. Mais l’événement a surtout permis de rappeler aux cyniques que la finance permet aussi de servir des projets très concrets, comme nourrir les populations marginalisées�

Née il y a 15 ans dans le giron de la BIL, Dexia Asset Managment est en « négociations exclusives » avec GCS Capital, un fonds de Hong-Kong. La transaction pourrait se négocier entre 500 et 750 millions d’euros, selon les sources.

RACHAT

F8

Le Luxembourg prêt à adhérer

« Nous devons nous concerter, main dans la main. » LUC FRIEDEN

Et si toutes les places financières travaillaient ensemble et coordonnaient leur action pour lutter contre les attaques dont elles font l’objet ? C’est l’idée lancée par l’Association suisse des banquiers, à laquelle le Luxembourg a déjà adhéré : la création d’une sorte de G8 de la finance, qui pourrait s’appeler F4 ou F8, en élargissant peu à peu le cercle des membres, et dont

le premier sommet est déjà prévu en 2013. « Nous devons nous concerter, la Suisse, le Luxembourg, Hong Kong, Singapour, mais aussi Londres, Amsterdam pour redéfinir ensemble la finance internationale, les autorités publiques et les secteurs financiers, main dans la main », a déclaré Luc Frieden, le ministre des Finances, dans une interview à la Télévision Suisse Romande.

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Finance et art

Chi va piano, va sano Bon an mal an, la stratégie liant l’art à la finance prend corps au Luxembourg. Le Freeport sort peu à peu de terre, mais la plate-forme d’échange de titres d’œuvres, Splitart, a été mise en sommeil. Le marché en général se consolide progressivement, ce qui laisse le temps aux acteurs de la Place de se préparer. Texte  Pierre Sorlut Photos  Luc Deflorenne

ien que fictif, Gordon Gekko reste un personnage emblématique. L’antihéros de Wall Street, film fêtant cette année ses 25 ans (déjà), n’est pas seulement celui qu’on aime détester, tant il représente les excès des cols blancs mis à nu a posteriori lors de la crise des subprimes. Grand amateur d’art, il symbolise aussi l’association de deux mondes intimement liés : la finance et l’art. Et dans le chef-d’œuvre d’Oliver Stone, son penchant pour la peinture et la sculpture lui a en fait été greffé par le scénariste, Stanley Weiser, sur le modèle d’Asher Edelman, un corporate raider, bien réel lui, animé par la même passion. L’intéressé en a d’ailleurs fait son métier en créant ArtAssure, une société new-yorkaise spécialisée dans le financement d’œuvres… L’art lending, une spécialisation qui fait envie de l’autre côté de l’Atlantique, et plus particulièrement au Luxembourg où l’on aimerait servir toute la panoplie de services financiers à la clientèle fortunée, ainsi qu’aux fonds, de plus en plus tournés vers l’art. Car celui-ci ne s’est jamais aussi bien vendu. En volume, d’abord. 2011 constitue déjà un millésime record avec 11,76 milliards de dollars de produit de ventes annuel (voir graphique), soit 2 milliards de plus qu’en 2010. Le marché du très haut de gamme a augmenté du 32 % par rapport à l’exercice précédent. Et cette croissance est notamment visible en Chine. Parmi les 1.675 ventes réalisées dans le monde au-dessus du million de dollars, 774 y ont été adjugées. Tous types d’œuvres confondus, le chiffre d’affaires y a progressé de 49 % sur un an. Il représente dorénavant 41,4 % du produit mondial. En valeur, ensuite. Le rendement de l’art entre 2005-2011, avec 12,86 %, paraît tout à fait honorable (voir tableau). La société de conseil en investissements alternatifs, Tutela Capital, relève d’ailleurs la volatilité limitée de cette classe d’actifs : 15,8 % sur une période couvrant à la fois une croissance économique forte et une crise profonde. L’art devient, en apparence, un élément de diversification financière prisé. Au GrandDuché, beaucoup espèrent qu’il sera à terme investi comme l’immobilier. Reposant sur les

B

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cinq piliers définis par le Haut comité de la place financière (la gestion de patrimoine, les fonds d’investissement, les opérations internationales de crédit, les assurances et la structuration des financements), il permet d’associer des compétences existantes à de nouvelles dispositions favorisant l’arrivée d’autres acteurs. 83 % des gestionnaires de fortune sondés par ArtTactic et Deloitte dans leur Art & finance report 2011 indiquent que l’art et les actifs de collection (collectibles) pourraient à terme être inclus dans leur offre traditionnelle. Dans une logique de sophistication des services, les banques privées ou autres family offices peuvent s’associer à des sociétés de conseil en art pour acquérir des œuvres et

structurer les investissements. Selon les besoins propres à chacun, des chaînes de sociétés peuvent être montées pour éviter les frottements fiscaux. En France, par exemple, une œuvre d’art n’entre pas dans l’assiette de l’impôt sur la fortune. Aux États-Unis, des dons aux musées permettent des exonérations d’impôts. Pas de risque inconsidéré

Au Luxembourg, le ministère des Finances a institué une autre incitation fiscale en autorisant la création d’une zone de suspension de taxe sur la valeur ajoutée pour permettre la création d’un port franc à proximité de la zone aéroportuaire. Des

ACTUALITÉ ÉCONOMIE & POLITIQUE ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE

Des œuvres de Djamel Tatah exposées jusqu’au 18 janvier 2013 dans les locaux de la Villa de BGL BNP Paribas, sponsor occasionnel d’événements culturels.

œuvres d’art et toutes sortes de biens de valeur pourront y être entreposés, restaurés ou encore vendus, sans imposer de TVA aux parties prenantes. Le Luxembourg Freeport devrait être opérationnel à l’automne 2014. 20 mois, cela paraît long, mais ce temps peut aussi être celui de la sensibilisation, de la réflexion et de l’implémentation. La financiarisation de l’art en est à ses balbutiements. Les risques qui y sont inhérents – valorisation, liquidité, track record – prolongent son intégration aux circuits financiers classiques. Les premiers écueils de la mise en place de la stratégie art et finance au Luxembourg se sont d’ailleurs manifestés durant l’été 2012. SplitArt, l’un des projets phares du maillage envisagé par Deloitte,

véritable fer de lance de l’initiative art et finance, a dû licencier sa quinzaine d’employés et être mis en sommeil. Ce qui devait devenir une plate-forme de titrisation d’œuvres n’a pas obtenu l’agrément de la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF). Bien que saluée par tous les professionnels du marché, l’initiative visant à rendre l’actif plus liquide serait aussi, selon les mêmes personnes, trop en avance sur son temps. Mise en place de la réglementation

On se méfie. Des structures similaires ouvertes à l’étranger ont connu des fortunes diverses. En France, A&F Markets, une plate-forme de trading non régulée, n’a pas vraiment

convaincu les investisseurs et les vendeurs. Son fondateur, Pierre Naquin, est en train de revoir sa copie. En Chine, des manipulations de marché ont complètement dévoyé les Bourses de l’art. Le superviseur et le gouvernement luxembourgeois se savent observés et souhaitent s’assurer que les risques sont maîtrisés. Les promoteurs de SplitArt, des hommes d’affaires luxembourgeois et israéliens, cherchent dorénavant un investisseur aux reins solides, un nouveau mode de gouvernance et un business model simplifié. Car le marché de l’art a besoin de plus d’offre et de demande pour jouir de davantage de liquidité, mais les potentiels acteurs dudit marché doivent au préalable être rassurés. Janvier 2013 —

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Des centres de compétence au Luxembourg

Chiffre d’affaires des ventes d’œuvres d’art (en milliards de dollars) 12

$ 11.764.374.411

11 10 9 8 7 6 5

Source : Artprice

4 3 2 1

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011

Rendement annuel dans le marché de l’art comparé à d’autres classes d’actifs  (2005-2011)

Source : Tutela Capital S.A.

Actif

Rendement nominal

Rendement réel

Volatilité

Corrélation avec l’art

Pétrole

23,98 %

21,37 %

49,40 %

20,05 %

Or

21,03 %

18,42 %

12,40 %

6,46 %

S&P GSCI Commodity

17,49 %

14,88 %

34,20 %

25,64 %

Art

12,86 %

10,25 %

15,80 %

100 %

Obligations d’entreprise US

5,13 %

2,52 %

1,70 %

27,78 %

Obligations d’État US

3,58 %

0,97 %

1,90 %

-32,13 %

S&P 500

3,07 %

0,46 %

21,40 %

33,72 %

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Des infrastructures dignes de confiance doivent être mises en place. Aujourd’hui, aucun indice ne fait l’unanimité. Mei Moses, Artprice, Art Market Research ou encore Artnet (cotée à la Bourse de Francfort, cette plate-forme du marché de l’art a récemment échappé à une OPA de Red Line Capital, une société d’investissement luxembourgeoise) cherchent à imposer leur méthode, souvent basée sur des repeat sales, soit la moyenne des marges entre les prix de vente d’une même œuvre, écartant de fait les invendus et les transactions de gré à gré, qui pourraient représenter 50 % du marché. Pour pallier ces déficits, des sociétés comme Tutela Capital mettent en place des outils conceptualisant la valorisation d’une ou plusieurs œuvres d’art dans un portefeuille d’actifs, en prenant en compte bien sûr le risque de marché. D’un point de vue réglementaire, la directive européenne Alternative investment fund managers (AIFM) encadrant l’investissement alternatif en Europe, une fois mise en œuvre, pourrait bien profiter au Luxembourg. Pour Aymeric Thuault, cofondateur de la société luxembourgeoise de conseil en art Link Management, le marché est en demande de plus de transparence et d’une réglementation fiable pour les véhicules d’investissement. Et les fonds d’art reviendraient dans le régulé. Mais si les véhicules luxembourgeois paraissent tout à fait adaptés, le législateur pourrait encore faciliter la pratique de l’art lending en protégeant davantage le créditeur et en autorisant de gager une œuvre d’art. Aujourd’hui, une peinture ou une sculpture ne sont pas considérées comme des instruments financiers tombant sous la loi de 2005 sur les contrats de garantie financière… En attendant, les banques privées, dépositaires, gestionnaires de fortune, family offices, transitaires, services aux fonds et sociétés de gestion peuvent se mettre en ordre de bataille. Au Grand-Duché, on espère que les groupes bancaires y placeront leurs centres de compétence en matière d’art et que les fonds reviendront onshore pour faire travailler les prestataires de services et les avocats. Au niveau de la formation, l’Université du Luxembourg a, elle, inclus dans son master in banking and finance un cours sur les actifs exotiques. Le 15 mars à Maastricht, où Deloitte organisera la sixième conférence art et finance, les parties prenantes continueront de tisser leur toile pour que l’art devienne, sans précipitation toutefois, une classe d’actifs comparable à l’immobilier… Il faudra cependant garder à l’esprit que les abus sur un marché peuvent engendrer des déséquilibres sur l’économie dans son ensemble. L’art ne doit pas devenir le terrain de jeu de nouveaux Gordon Gekko.

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PAPERJAM TV

EÀ FAC CE FA

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Regardez la vidéo de François Tesch sur paperJam.TV

LES DIX VÉRITÉS DE

François Tesch Le CEO du groupe d’assurances Foyer, interviewé sur paperJam.TV, met en garde contre la mise en œuvre d’une politique d’austérité qui pourrait mettre en péril les opportunités de relance et de croissance.

« Il y a un moment où l’austérité devient néfaste et freine le développement, ce qui réduit aussi les recettes d’impôts. Il faut trouver un juste milieu et je suis convaincu que le Luxembourg est en train 3 de le faire. » « Aujourd’hui, quand je parle du Luxembourg avec des étrangers, ils disent toujours ‘vous avez de la chance, ce pays est bien géré’. »

Interview Jean-Michel Gaudron

2

« Face à la crise, il faut un temps pour comprendre la situation, et il faut un temps aussi pour que les citoyens comprennent la gravité de la situation. Le Luxembourg n’est pas un pays qui prend des mesures drastiques trop rapidement. »

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4

« Le tissu industriel doit se rénover au Luxembourg. L’État ne doit pas forcément rester actionnaire dans trop de sociétés. Il doit faire confiance aux forces économiques du secteur privé. »

PAPERJAM TV

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« Quand un pays connaît un essor tel que nous l’avons connu, c’est très difficile d’expliquer ensuite aux gens qu’il faut se serrer la ceinture 9 et faire des économies. » « On peut très bien vivre avec deux identités, en tant que Luxembourgeois et Européen. »

5

« Il ne faut pas que nous ayons trop de fonctionnaires d’État. Ça devient très lourd pour un petit pays comme le nôtre. »

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« Luxembourg, vu de l’étranger, est synonyme de qualité, de professionnalisme. Il faut persévérer dans cette voie. »

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« Un monde sans risque n’est plus un monde en croissance. C’est tout le débat aujourd’hui entre austérité et développement. »

« Le bien-être du Luxembourg s’est fait grâce à l’Europe. Il ne faut pas retomber dans une situation où le Luxembourg se fermerait ou l’Europe se cloisonnerait à nouveau. Ce serait dramatique pour le pays. »

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DÉSIRS

Désirs

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DÉSIRS

Les immanquables Chaque mois, nos coups de cœur parmi les sorties culturelles.

A N DR

ÉS LEJO

NA

Entre recensement documentaire et réflexion culturelle, le photographe a capturé l’image des postes frontières du Grand-Duché. Jusqu’au 9 février à la Fondarch

ALIAN AUSTR ATER E T HE DANC

Proximity (création) : une étonnante expérience d’immersion visuelle, dialogue entre danse et vidéo. Les 8 et 9 janvier au Grand Théâtre de Luxembourg

Photo : David Lauren / Wide

EMILY

LOIZE

AU

La chanteuse revient après plus de deux ans pour présenter son nouvel album Mother & Tygers. Le 25 janvier à la Rockhal

ZOOM SUR

Marco Godinho Formé à l’École nationale Supérieure d’Art de Nancy, passé par Lausanne et Düsseldorf, Marco Godinho explore, depuis ses débuts, les notions de temps et de ses corollaires que sont l’espace et le déplacement. « Je crois avoir compris d’où me vient cet intérêt pour les notions d’errance et de déplacement. » À bientôt 35 ans, l’artiste Marco Godinho sait qu’il ne s’agit pas seulement de s’interroger sur son propre parcours, du Portugal au Luxembourg avec ce que cela suppose de déracinement et d’appropriation d’un nouveau chez-soi, mais que, au-delà de ça, son travail répond à une « insatiable curiosité » qui le pousse à considérer le monde comme un laboratoire où les choses ne sont jamais figées. Questionnant sans cesse les limites et les normes établies, il utilise le doute comme un outil de travail pour « déjouer les systèmes de réalité trop rigides ».

Après une première étape au Neuer Kunsteverein d’Aschaffenburg, l’exposition Invisible more visible more invisible s’installera au Casino Luxembourg, puis à la Galerie Faux Mouvement à Metz. « Il ne s’agit pas tout à fait d’une exposition itinérante, car plusieurs œuvres sont créées spécifiquement pour chaque contexte », précise l’artiste pour qui le titre illustre parfaitement ces notions d’incertitude, de temps circulaire, de cycles, etc. On pourra, par exemple, découvrir une nouvelle version de History Revisited où l’artiste a découpé quelque 200 encyclopédies, interrogeant de ce fait les questions de la mémoire collective, de la construction des faits historiques et des connaissances. C’est « sans pression particulière » qu’il aborde cette nouvelle exposition qu’il espère cependant comme une étape supplémentaire vers une reconnaissance plus internationale.

Invisible more visible more invisible, du 19 janvier au 28 avril au Casino Luxembourg

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RS T RÉS O ATA IG E KA M

Plaisir rare : admirer et découvrir des gravures sur bois japonaises de 1780 à 1880. Jusqu’au 17 mars au Musée National d’Art et d’Histoire

E ET KRIVIN N P UÇ O LE S C A

L’OPL, dirigé par Emmanuel Krivine, reçoit Renaud et Gautier Capuçon (violon et violoncelle) qui interpréteront Brahms et Moussorgski. Le 24 janvier à la Philharmonie

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DÉSIRS

PETIT ÉCRAN

SOIRÉES COCOONING Les soirs d’hiver sont longs et froids et on n’a pas forcément envie de mettre son nez dehors. Rien de mieux qu’une soirée à regarder un bon film ou une bonne série. Christophe, responsable du magasin Réservoir, nous livre sa sélection parmi les récentes sorties. Réservoir : 30, Grand-Rue à Luxembourg (centre-ville)

De rouille et d’os Jacques Audiard (UGC Vidéo) « Un film plutôt réaliste auquel on a envie de croire. Des acteurs formidables et une image un peu crade, comme dans la vraie vie. »

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American horror story Bradley Buecker (20th Century Fox) « Une très bonne série d’horreur, très bien écrite, où l’on suit la vie d’une famille qui essaie de repartir à zéro mais dans une maison hantée. »

Starbuck Ken Scorr (Diaphana) « Ce film québécois a eu un beau succès en salle. C’est à la fois drôle et tendre. Un homme confronté à son passé de donneur de sperme va enfin devenir adulte. »

Un taxi pour Tobrouk Michel Audiard (Gaumont) « Un classique qui ne passe que rarement à la télévision. Un film anti-militariste qu’il est bon de revoir. Les bonus du DVD sont aussi très intéressants. »

Games of Thrones Thimothy van Patten (HBO) « Une série d’heroic fantasy sans elfes, ni dragons, mais juste ce qu’il faut de magie. Les personnages sont accrocheurs. »

NOUVEL AN

Trois spectacles pour le 31 décembre Pourquoi ne pas se laisser tenter par un spectacle pour passer intelligemment le cap de la nouvelle année ? Voici trois suggestions sélectionnées pour plaire à tous les goûts.

JEAN-PHILIPPE VISINI GALA OM BERLIN FR LIVE

AN HAVANA RAKAT Le Ciné Utopia propose de venir écouter et regarder en retransmission live et haute définition le concert de gala donné par le Berliner Philharmoniker avec Cecilia Bartoli en Guest Star. L’orchestre interprètera des partitions d’Antonin Dvorák, Jean-Philippe Rameau, Georg Friedrich Händel, Camille Saint-Saëns, Johann Nepomuk Hummel, Maurice Ravel et Johannes Brahms. À 17 h 30

www.utopolis.lu

Le Grand Théâtre de Luxembourg organise depuis trois ans les soirées de la Saint-Sylvestre placées sous le signe de la gaieté et de la convivialité. Pour cette année, c’est le flamboyant spectacle dédié aux rythmes cubains Havana Rakatan qui a été sélectionné. Le spectacle peut être suivi pour ceux qui le désirent d’un dîner au sein du foyer et dont le menu a été confié à l’excellente équipe de la Brasserie Schuman. Une piste de danse est également aménagée pour passer légèrement le cap des 12 coups de minuit et s’amuser jusqu’au bout de la nuit. À 19 h

— Janvier 2013

www.theatres.lu

La salle de spectacle Showtime propose une formule qui permet de manger, rire et danser. Après avoir savouré un menu de fête dans un cadre chaleureux, le spectacle commence. Sélectionné avec soin parmi les plus prometteurs humoristes de l’année, c’est Jean-Philippe Visini qui est à l’affiche. Enfin, après le spectacle, le club dévoile sa piste de danse pour s’amuser jusqu’au petit matin au rythme des tubes actuels et des années 1980-90. À 20 h

www.showtime.lu

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Photo : David Laurent / Wide

DÉSIRS

EXCLUSIVITÉ

65 FACETTES Ils brillent de mille feux, et sont les meilleurs amis de la femme : les diamants sont indémodables, et restent une valeur sûre. Réputée pour la qualité de ses diamants, la Maison Krochmal & Lieber a mis au point une nouvelle taille, qui assure éclat et brillance aux diamants. La Lucère compte 25 facettes sur la couronne, et 40 facettes sur le pavillon. C’est au joailler Emmanuel Esch qu’en revient la vente exclusive au Luxembourg. Emmanuel Esch Joailler – 21, rue Beaumont à Luxembourg (centre-ville) 27 85 81 65

C’EST NOUVEAU

BEAUCOUP DE CHOSES Littéralement, en japonais, Zakka veut dire « beaucoup de choses ». C’est également un mot qui désigne un art de vivre et une manière de décorer, qui mélangent diverses inspirations plus ou moins ethniques, kitch, vintage et artisanales. Une boutique, qui porte ce nom, vient d’ouvrir au centre-ville reflétant parfaitement cet état d’esprit. Des portemanteaux, dénichés au Kenya, côtoient des boites à couture comme on en trouvait autrefois, des peluches faites à la main fréquentent de la vaisselle made in India, le tout dans une ambiance écolo-bobo-Fairtade, tout à fait tendance. 20 40 30 00

Photo :Bikini

Photo : Vincent Wulveryck © Cartier

Zakka – 1, rue de la Reine à Luxembourg (centre-ville)

OBJET DE CONVOITISE

FRUCTUEUSE COLLABORATION

Foulard tatoué

Dans le cadre du projet My Mudam, The Plug & Stéphanie Rollin ont transformé le mur de la boutique du musée, avec leur œuvre Never Wake. On retrouve ce mot, lourd de sens, parfois tatoué sur les paupières de prisonniers russes. Ils ont agrandi le bas de la première lettre, et réalisé une fresque sur le mur, en y incrustant des billes noires macérées dans des racines d’hellébores, une substance jadis utilisée pour soigner la folie. Parallèlement, Mudam édite un foulard sérigraphié Never Wake. Cet accessoire a été produit au Bangladesh, en association avec friendship.lu et Anne-Marie Herckes et imprimé par l’atelier Bikini. Édition limitée et numérotée à 55 exemplaires. Prix : 60 euros. En vente à la Mudam Boutique.

À L’HEURE ANGLAISE Bracelet intégré au boîtier, brancards parallèles, chiffres romains, chemin de fer, aiguilles glaives en acier bleui : tous les attributs de la Tank sont bien présents dans cette nouvelle édition de l’icône de la maison Cartier. La Tank anglaise, dernière née de la gamme, s’avère plus épurée – avec le remontoir intégré au brancard – et plus cohérente, rendant ainsi hommage aux premiers dessins de Louis Cartier. Elle se décline en trois tailles et dans trois couleurs d’or, à partir de 6.000 euros. Cartier – 49, Grand-Rue à Luxembourg (centre-ville)

Janvier 2013 —

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DÉSIRS

UN NOËL DESIGN

FAITES UN VŒU À IMP

RIMER

Pour créer ses propres cartes de vœux ou menus… le cachet. Christine Schmidt lui donne un design un rien désuet, donc parfaitement dans l’air du temps. En vente à la boutique du Mudam et sur www.yellowowlworkshop.com.

ANTAN CHARME D’

Pour décorer le sapin de Noël comme nos grandsmères, les boules à l’ancienne sont rééditées. Le renfoncement crée un scintillement festif. En vente chez Zakka (1, rue de la Reine à Luxembourg, centre-ville)

Photo : David Laurent / Wide

EN VE

RSION

LO CA

Les cartes signées Marie Pedersen s’inspirent toutes du Luxembourg et du luxembourgeois. La collection s’enrichit d’une nouvelle édition pour ce Noël. En vente à la boutique du Mudam et sur www.silkandburg.com.

ZOOM SUR

Gigja Birgisdottir Organiser un dîner, dresser une table, recevoir des invités… derrière ces moments festifs se cache une série de conventions sociales et culturelles qu’il est utile de maîtriser pour ne pas commettre d’impair. Gigja Birgisdottir propose ses services comme consultante en image personnelle et sait à quel point la première impression que l’on donne est importante : « le cerveau est ainsi fait : le langage corporel, l’apparence et l’énergie qui se dégagent d’un personne sont analysés dès les premières secondes. » Il en est de même pour un repas, même familial et peu formel : quelques grandes lignes sont à respecter. On choisira d’abord ses convives avec soin pour qu’ils partagent divers centres d’intérêt. « Au Luxembourg, il faudra aussi faire attention au fait qu’ils parlent la même langue ». Une règle essentielle est de préparer le plus tôt possible, pour pouvoir passer du temps avec ses invités : assiettes froides en entrée, plat au four qui peut mijoter… www.giainstyle.com

— Janvier 2013

« Et surtout, on ne commence pas à faire la vaisselle ! » En matière de table, la devise doit être « Less is more » : pas plus de trois verres par personne, pas de grands bouquets ou de grandes bougies qui coupent la vue, peu de décors fantaisie… À proscrire aussi : les nappes foncées ou mal repassées, les serviettes en papier, les bougies parfumées… Gigja conseille aussi de ne pas laisser les bouteilles sur la table, mais de servir l’eau et le vin en carafe. Si on ne sert pas le plat à l’assiette, on évitera de laisser la viande sur la table. Quant au placement des invités, la règle veut que la maîtresse de maison soit à un bout de la table. On placera la personne la plus importante à sa droite si c’est un homme, et à droite du maître de maison si c’est une femme et l’homme le plus âgé à sa gauche. Dans la mesure du possible, on alternera les hommes et les femmes. Enfin, en tant qu’invité, on n’oubliera pas de remercier nos hôtes en envoyant des fleurs par avance et un message après.

DÉCALÉ

Le peintre américain Gary Baseman détourne les personnages classiques des contes populaires. Chez lui, le renne fait office de sapin. En vente chez Extrabold (24, avenue de la Liberté à Luxembourg, gare)

VIEILLE VILL

E

Ben & Pepper lancent leur propre ligne de cartes de vœux, serviettes et affiches. Les motifs sont inspirés des paysages de Luxembourg. En vente chez Ben & Pepper (21, avenue de la Liberté à Luxembourg, gare)

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DÉSIRS

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2

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06 SIME 20 , MILLÉ ND CRU A R G IN Z T BRU T-BA HENRIE PAGNE – CHAM RY) E M RS-MAR (À VILLE

DES BULLES

TROIS VINS DE FÊTE

En ces temps de fêtes, nous sommes tous à la recherche de bonnes bouteilles, qui feront mouche auprès de nos invités. Hélène Bresson-Villet, des Bulles d’Hélène, a sélectionné trois champagnes qui magnifieront vos repas de fin d’année. GOURMANDISE

LA R EC ETT E D

E BÛ C H E DE N

O ËL

s compter dans se l a la chance de mark, ss Ro ain L’Hôtel Le Roya isl Gh tissier talentueux, pâ ef ch un a. es uj équip che marac sa recette de la bû qui nous dévoile g de ) : 50 g d’eau, 100 at (à faire la veille , cré su tré en Glaçage chocol nc lait co 0 g de miel, 70 g de de es utt sucre semoule, 10 go 10 , nc bla 0 g de chocolat 20 g de gélatine, 10 . u ne colorant jau sucre semoule, l’ea ndant 4 minutes le pe n itio ull éb la , à r Porte concentré sucré feu, ajouter le lait et le miel. Hors du le sur le chocolat mb se l’en r ant. Verse gélatine et le color is. mble. Mettre au fra haché. Mixer l’ense 0g faire la veille) : 30 (possibilité de la de g 175 Crème exotique et on ssi pa (175 g de fruits de la nille, de purée exotique le, 2 gousses de va 0 g de sucre semou 24 , ufs œ 0 g de 65 e, urr mangue), 4 be de g 120 rt, 15 g de gélatine, 1 zeste de citron ve . les crème fleurette la purée exotique, pendant 3 minutes ron cit de Porter à ébullition ste ze le et gousses de vanille isœufs, le sucre, les , puis le beurre. La orporer la gélatine inc feu teur). éra rig réf vert. Hors du au tes nu (soit environ 20 mi r déliser refroidir à 25°C fouettée. Mélange tte ure fle me crè Ajouter ensuite la catement.

cre d’œufs, 180 g de su  : 250 g de blancs . ule féc Biscuit cuillère de g , 90 ufs, 90 g de farine nes 140 g de jaunes d’œ cre. Ajouter les jau su le ec av ufs d’œ s nc bla e les r un r nte su Mo paration isées. Étaler la pré . on iss cu puis les poudres tam de ille feu recouverte d’une roidir. ref plaque à pâtisserie er iss La 6). . (th nutes à 180°C Cuire environ 6 mi le glaçage au bainche : Faire fondre Montage de la bû cuit. Bien étaler. bis le r su me exotique élamarie. Verser la crè che. Placer au cong pour former la bû chocolat. ge ça Rouler l’ensemble gla le ec av nutes. Recouvrir teur pendant 20 mi . Réserver au frais. lon votre inspiration se e ch bû Décorer la

1 « Élaborée par la Maison Pierre Peters (Le Mesnil sur Oger), cette cuvée fraîche et minérale est idéale pour l’apéritif ou en accompagnement de vos poissons, huîtres ou fruits de mer. Son effervescence discrète lui confère un caractère unique, tout en délicatesse. »

2 « Ce champagne à la robe rose-orangée et aux arômes floraux et fruités est très agréable à l’apéritif. Il accompagnera idéalement un magret de canard ou un carré d’agneau, voire des volailles, servies avec une sauce crémeuse. Il pourra même être servi au dessert, sublimant une crème brûlée aux framboises fraîches, ou un gratin de fruits rouges. »

3 « Juste équilibre entre pinots noirs, denses et floraux, et chardonnays, minéraux et vifs. Cette cuvée, riche et raffinée, sera idéale pour l’apéritif, mais aussi en accompagnement de foie gras, de caille, ou encore de poisson blanc en sauce. Et pour ceux qui osent : avec des fromages corsés (Livarot, Munster, Langres...). » Bulles d’Hélène – 15, rue de Mamer à Kopstal

SE TENIR CHAUD OÙ BOIRE DU VIN CHAUD ? Avec les frimas et l’ambiance de fête, vient le temps du vin chaud, ou Glühwein. Typiquement proposé sur les marchés de Noël, on peut aussi le déguster dans les bars. Chacun se gausse de sa recette personnelle, mais la base est essentiellement la même partout : du vin (rouge, type Côtes de Rhône), de la cannelle, des clous de girofle, du sucre (ou du miel). On peut y ajouter de l’orange ou du citron, certains y mettent même un trait de cognac. Bien sûr, le tout est chauffé et doit macérer plusieurs heures.

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DÉSIRS

MODE

UN LOOK EMBLÉMATIQUE

Pour commencer l’année 2013 en beauté et avec distinction, une silhouette choisie parmi la nouvelle collection Croisière 2012-2013 de CHANEL. Chanel – 14-16, rue Philippe II à Luxembourg (centre-ville) S ACCE

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FRIVOLITÉ

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B LE C

Pour la collection Croisière 2012 / 2013, Karl Lagerfeld s’est inspiré d’une mode « rock version française avec une frivolité très 18e siècle, mise à jour avec de nouvelles matières et de nouvelles proportions ».

ucles ire de bo ents Cette pa eux élém ie assoc d L E N A d’oreilles H eC atiques d ecroisé emblém le C entr b u o d le t n o re au s è i h u c q e, si e blanch hanel. C et la perl lle e is ademo M e d r u cœ

— Janvier 2013

L’anti-âge sans chirurgie

Le botox ? L’acide hyaluronique ? Le scalpel ? Non, rien de tout cela. Les instituts de beauté investissent dans la recherche pour trouver de nouvelles techniques anti-âge, non invasives. Réduction des rides, tonicité de la peau, éclat du teint, fermeté du visage et du cou… on nous promet des miracles. Voyons ce qu’il en est et passons deux soins au banc d’essai.

Cinetic Lift expert Le principe : Carita utilise les microcourants pour stimuler les fibroblastes, les fibres musculaires et le collagène. Un nouvel appareil a été développé avec le Dr Depondt pour associer ce courant à des ultrasons, qui produisent quelque 30.000 vibrations par seconde, et à de la luminothérapie. Les leds bleues agissent sur les imperfections cutanées, les jaunes sur l’éclat et la couleur, les rouges sur la circulation. Le déroulement : Le soin commence par un gommage désincrustant. L’esthéticienne utilise ensuite le skin scrubber qui vibre très rapidement et offre un nettoyage de la peau. Avec ses gants en fibres d’argent, reliés à la machine, elle fait ensuite pénétrer le sérum en massant le visage. Enfin, la lumière et les ultrasons sont diffusés par un troisième passage. Le traitement est particulièrement relaxant et le geste apaisant. Le résultat : L’effet est particulièrement visible sur le teint et le grain de peau qui semble plus velouté et doux. Les rides sont atténuées. Le « mais » : Le bruit des ultrasons, l’intensité électrique ou la lumière des leds peuvent, par moments, être gênants, voire légèrement douloureux. À la Maison Carita – 1, rue de la Monnaie à Luxembourg (vieille ville). À partir de 99 € par scéance.

Touch and Lift Le principe : C’est au Dr. Karaev que l’on doit la recherche sur les potentiels bioélectriques des cellules de la peau. Le vieillissement pourrait être dû à une disparition des fonctions des membranes cellulaires qui produisent ces potentiels. Il a élaboré un système capable de les reproduire. Les membranes, ainsi rechargées, remettent en marche les propriétés des cellules. Ce système va réparer point par point chaque déficience de l’énergie cellulaire.

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Le déroulement : L’esthéticienne fait glisser une sorte de stylo, relié à un micro ordinateur qui « lit » des particularités individuelles, telle que la résistance de la peau, et véhicule dans les tissus du corps l’électricité de tailles ultrafines. Le geste suit méticuleusement les contours et les rides pour stimuler les muscles et le renouvellement cellulaire. Le traitement est plutôt relaxant et totalement indolore. Le résultat : L’effet lifting est visible , les traits sont lissés, les rides sont comme regonflées. Au niveau des yeux, les relâchements et poches sont atténués. Le « mais » : Dommage que le soin ne soit pas lié à une application de crème ou de sérum. Il manque un moment d’aspect moins médicalisé dans le déroulement. À l’institut Françoise (Centre commercial Concorde à Bertrange). Séance de découverte au prix de 250 €. La cure de 5 soins coûte 1.850 €.

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DÉSIRS

INTERVIEW

Parler du vin, c’est tout un savoir

Rachel Reckinger est ethnologue et sociologue à l’Université du Luxembourg. Elle vient de faire paraître Parler Vin, entre normes et appropriations aux Presses Universitaires de Rennes et Presses Universitaires François-Rabelais. Cet ouvrage scientifique, accessible à tous, explique comment se construit une expertise en vin, et le discours qui va avec l’analyse. Rencontre avec son auteur. Interview Céline Coubray

Photo : David Laurent / Wide

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RACHEL RECKINGER

Madame Reckinger, pourriez-vous nous expliquer dans quel contexte vous avez écrit ce livre ? Ce livre est en fait la version remaniée de ma thèse de doctorat, travail axé sur les personnes qui souhaitent apprendre à connaître le vin. Je me suis plus particulièrement intéressée à ce public, car je voulais porter ma recherche sur la construction d’une expertise et les étapes intermédiaires qui permettent d’accéder au savoir. Or, c’est dans ces moments fugitifs que sont mis à nu les doutes, questions, hésitations quant aux façons de faire, plus intéressantes que les certitudes acquises des personnes déjà bien installées dans une expertise qui peut, dès lors, servir à se profiler. J’ai par ailleurs une formation en analyse sensorielle, ce qui m’a permis d’aiguiser mes sens et de décoder de l’intérieur le monde professionnel du vin. Plus largement, ce travail — Janvier 2013

s’insère dans une étude que je mène sur l’alimentation, recherches que je poursuis au sein de l’Université du Luxembourg. À qui s’adresse ce livre et que peut-on y lire ? C’est un livre scientifique, mais qui peut être lu par toute personne qui s’intéresse au vin et qui souhaite avoir une réflexion sur la connaissance du vin, de l’appropriation des normes œnophiles au comportement personnel. Le livre, construit en trois parties, va du général au particulier. Toutefois, on peut aborder chaque partie séparément et ne pas respecter l’ordre de lecture traditionnel. La première partie contextualise l’histoire de la constitution des normes œnophiles. La seconde partie est dédiée aux rapports et frictions qu’ont les participants aux cours d’œnologie avec les normes qui sont véhiculées, ainsi

DÉSIRS

LE LIVRE DE RACHEL RECKINGER S’ADRESSE À TOUS CEUX QUI VEULENT EN SAVOIR PLUS SUR LE VIN.

Dans quel état d’esprit viennent les participants ? Les participants viennent en premier lieu au cours pour passer un bon moment, acquérir des connaissances valorisantes, transposables et pratiques. Ils souhaitent pouvoir reconnaître des cépages ou être capables de choisir des vins à l’achat qui sont capables de vieillir, de choisir des vins qui correspondent aux invités pour un dîner, ne pas faire de « gaffe de goût ». Ils sont à la recherche de trucs et astuces pour des choses qui les préoccupent eux-mêmes. Les participants n’ont pas autant cette approche tournée vers le vin, approche propre aux œnologues. Pour les œnologues, c’est le vin qui est au centre afin de l’analyser. Pour les participants, c’est leur personne qui est au centre afin de la valoriser.

«L’œnophilie est un

savoir-faire que chacun peut s’approprier. »

que ce que les formateurs y transmettent. La troisième partie est consacrée à l’interprétation que font les amateurs novices des normes œnophiles vues en cours dans leur contexte domestique, ainsi que la façon dont est modifiée – ou pas – leur façon d’aimer et de boire le vin. Pourquoi avez-vous choisi de mener votre étude au Luxembourg et non pas en France où vous avez soutenu votre thèse à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Marseille ? Tout d’abord parce que le Luxembourg possède une solide culture du vin. On y boit par exemple plus de vin qu’en France, même si on fait abstraction du tourisme de stations d’essence. C’est aussi le seul pays en Europe à posséder un ministère de tutelle, le ministère de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural. Et puis parce qu’au Luxembourg, et c’est un fait unique en Europe, des cours d’œnologie sont organisés par un service étatique, le service de la Formation des adultes, au même titre qu’il est possible de suivre des cours de langues, de philosophie ou d’informatique. D’autre part, je suis luxembourgeoise, ce qui m’a offert une certaine intimité avec les participants et dans l’appréhension de la culture. Comment avez-vous procédé pour mener votre étude ? J’ai choisi de me focaliser sur les personnes qui sont intéressées par ce domaine et qui font la démarche de s’inscrire dans un cours de dégustation. Elles se sentent interpellées face à ce corpus de savoir, de normes, d’expérience, de protocole de dégustation et elles veulent y voir plus clair. Pour cela, j’ai personnellement participé à ces cours étatiques de dégustation, observant les participants et les interrogeant par la suite à leur domicile. Quel est le profil des personnes qui participent à ces cours de dégustation ? Les participants ont en majorité moins de 45 ans, ⅔ sont des hommes, avec un niveau d’études supérieur à la moyenne nationale, soit environ Bac +4. Tous ont des emplois, plutôt bien rémunérés. On peut toutefois noter que les classes dirigeantes et la haute bourgeoisie sont absentes, tout comme les classes populaires, les agriculteurs et les viticulteurs. À l’exception des classes populaires, les autres catégories ont un apprentissage du vin par d’autres canaux, souvent en famille.

Quelles sont les grandes tendances de comportement que vous avez pu observer, une fois les participants rentrés chez eux ? Il y a un décalage entre ce que l’on apprend en cours de dégustation, axé sur le vin lui-même, et la pratique à la maison, axée sur les buveurs. À la maison, les personnes ont un rapport plus détendu et pluriel au vin que pendant les cours. Il y a d’abord un centrage du vin vers soi-même. L’impression de se sentir « bon vivant » prédomine. Le vin peut être aussi un agrément de voyage et de découverte. Il y a également l’aspect rangement, voire collection, qui peut être très esthétique et accompagné par toute une panoplie d’accessoires, de verreries… Le point commun de ces attitudes est la recherche de son propre plaisir. On trouve par ailleurs un centrage du vin vers les autres qui peut soit être convivial – on choisit un vin pour faire plaisir à ses invités et avoir un moment de partage communautaire, soit plus secret et moins dicible – il s’agit alors du vin comme marqueur de réussite sociale. Le centrage sur le vin lui-même ne concerne qu’un tiers des personnes. Ces personnes s’intéressent alors à la sensorialité du vin, ses parfums, les souvenirs qu’il évoque, etc. Ce rapport-là est novateur et il est investi par autant d’hommes que de femmes. Les autres rapports au vin sont plus marqués au niveau des genres, plus conventionnels : les femmes sont plutôt du côté bon vivant, découverte et voyage, alors que les hommes ont une responsabilité liée au vin, ils sont chargés de l’achat et du service. À quand remonte le développement du discours autour du vin ? Dès l’Antiquité, on peut constater qu’il y avait déjà des traces de classifications ou de qualification des goûts des vins. Aujourd’hui, la façon de les classer et de les qualifier obéit à un protocole récent, lui-même hérité de l’œnologie. Les manuels et les guides de dégustations, par exemple, connaissent un développement dans les années 1980. De même, les cours de dégustations ont connu un large succès depuis les années 1990. Ce goût pour le vin répond-il à un effet de mode, ou est-ce que cela répond à une envie plus ancrée dans notre société ? C’est plus ancré. De manière générale, notre société est allée dans le sens d’une plus grande esthétisation des expériences personnelles et le vin s’y intègre pleinement. À l’issue de votre étude, quelle conclusion pourriez-vous tirer ? J’ai découvert que ce qui est discriminant pour l’apprentissage du discours sur le vin, ce n’est pas le niveau d’études ou l’appartenance à un milieu social, mais le niveau d’investissement actif et conscient dans cet apprentissage. C’est une bonne nouvelle, car cela montre que le vin en soi n’est pas élitiste. L’œnophilie est un savoir-faire que chacun peut s’approprier s’il en a envie. « Parler vin. Entre normes et appropriations », collection « Tables des Hommes », Presses Universitaires de Rennes et des Presses Universitaires François Rabelais de Tours, 20 €, ISBN : 978-2-7535-2028-8. En vente en librairie et sur http://pur-editions.fr

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DÉSIRS

e l y St ch t a w

n, ehne n ah L r ee o V b e an bre, D Aldin V n m e c o n r e dé is i wi Le 1 obi et Ed remière v of Art, c r p a o J a l l Co Ben fraient afé. idéo, onrad C … v of t e j K o là e au i e nt ur pr de le une soiré style éta ’ e lors d asseurs d ous ? h Et v L es c

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— Janvier 2013

Photos : Olivier Minaire

DÉSIRS

Janvier 2013 —

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DÉSIRS

SANDRINE porte des chaussures Supra

MATHIEU porte une veste Scotch & Soda

et DÉBORAH un pull Pull and Bear

et EMINA-HÉLÈNA un top Jennyfer

GABY porte un sweat-shirt American Apparel, ISABELLE porte un sac Marc Jacobs

SAILENDRA un jean GAP et

et STEVE une veste Burberry

GABRIELA un top Cop Copine

— Janvier 2013

Photos : Olivier Minaire

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Directeur de la publication Mike Koedinger Directeur des rédactions paperJam, rédacteur en chef Jean-Michel Gaudron (-48) Conseiller éditorial Marc Gerges Directeur artistique Maxime Pintadu ISSN 1992-4275

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— Janvier 2013

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Prochain numéro : 31 JANVIER 2013

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xxxx xxxxx Banking

PROCHAIN DOSSIER xxxxxxx État des lieux et perspectives d’un secteur en pleine mutation.

INDEX

INDEX 5 5 vir 12

72, 80, 84

A A&F markets 104 ABBL 34, 36, 68 ACA 38, 65 Accumalux Group 74 Ackermann Charles-Louis 74 ACL 65, 80 Administration de l’enregistrement et des domaines 22 Agence spatiale européenne 22 Ahlborn Pierre 62 AIB-Vinçotte Luxembourg 72 Al Baker Akbar 34, 36, 40 Alej 76 Alfi 64, 68, 84, 86 Aliai 64 Allegrezza Serge 24, 64 Allen&Overy 86 Anec 10 Aperam 46 Arcelor 50 ArcelorMittal 30, 34, 36, 50, 54, 56, 89 Arendt & Medernach 30, 38 Arendt & Medernach 70 Arnold Kontz 38 Art Market Research 104 ArtAssure 104 Arthur Andersen 80 Arthur Welter Transports 80 Artnet 104 Artprice 104 ArtTactic 104 Asiana 14 Aski 103 Assa Marc 38 Association des PSF de support 78 Association suisse des banquiers 103 Atenor 72 Atoz 80 Axa 38

B Bain & Co 82 Baker & McKenzie 90 Bank of New York 64 Banque de Luxembourg 38, 62, 74, 78, 131 Banque Privée Edmond de Rotschild Europe 12 Barre Raymond 54 Barthel Charles 30 Bastien Nancy 90 Bati C 74 Batichimie 74 Bauer Christian 86 Baumann Emmanuel 24 Bausch Romain 34, 36, 40, 42, 46 BCE 52 BCEE 14, 68, 74, 76, 42 BCEE Asset Management 65 BCL 14, 42, 52, 80, 86 Becca Flavio 76, 78 Becker Norbert 80 BEI 24, 42 Bemtgen Nico 38 Benelux Taxis 82 Berche Denis 38 Bertrand Alexandre 92 Berwick Alain 76 Bettel Xavier 21 BGL 82 BGL BNP Paribas 24, 42, 54, 102 BIL 8, 14, 34, 36, 38, 42, 73, 74, 78, 101 BIL Participations 68 Biltgen François 22

Bintz Jean-Claude 72 BIP Investment Partners 14, 65, 78 BITC 90 Bley Pierre 72 BNP Paribas 54 BNP Personal Investors 81 Bock Georges 73 Boeing 14 Bofferding 38 Bombardier 14 Boston Consulting Group 82 Bourgain Arnaud 30 Bourscheid Georges 24 Bourse de Francfort 104 Bourse de Luxembourg 62, 68, 73 Bracke Freddy 72 Brasserie nationale 38, 70 Brasserie Simon 80 Brauch Jacques 38 Braungart Michael 92 Brausch Freddy 84 Buck Nicolas 78 Buck Xavier 38 Business Association Luxembourg-Russia 74 Business Initiative 58

C Cactus 64, 76 Cafés Bruno 76 Caisse Nationale d’Assurance-Pension 14 Capitalatwork 72 Cargolux 14, 24, 34, 36, 40, 42, 70, 73 Carrosserie Comes 38 Castegnaro Guy 38 Caves Bernard-Massard 38, 70, 125 CBP Quilvest 65, 76 CCR Abbaye de Neumünster 38 CDCL 38, 62, 84 CD-PME 74 Centre hospitalier du Nord 38 Centre hospitalier Emile Mayrisch 38 Centre Robert Schuman 30 Ceratizit 68 Cercle Munster 70, 74 CES 32, 64, 72, 78, 80 Cetrel 21 CFL 68 CFL Multimodal 91 Chambre de commerce 34, 36, 56, 72, 74, 86, 89, 91 Chambre des députés 14, 22, 78 Chambre des métiers 70 Chambre des salariés 65 Chaux de Contern 58, 94 Chèvremont Marie-Jeanne 101, 38 China Unionpay 21 CHL 38 Choury Amal 38 Citabel Sport 74 Citibank Luxembourg 101 City Mag 91 CK 38 Clasen Antoine 38 Clasen Hubert 70 CLC 14, 32, 64, 72, 80, 82, 86 CLdN Cobelfret 72 Clearstream 38, 71, 101 Clearstream Banking 64 Clearstream International 34, 36, 64 Clifford Chance 86 Clinique du Dr Bohler 38 Clinique Zitha 38 Closter René 86 CLT 78 Cluster maritime luxembourgeois 72 CNPEE 82 Commissariat aux Assurances 38 Commission d’aménagement 80 Commission des Sites et Monuments nationaux 80 Commission européenne 68, 74, 90

704 personnalités & entreprises ont été citées sur les 132 pages de ce cahier « Économie & Finance ».

Commune de Mondercange 21 Compagnie Financière de Gestion 74 Compagnie Financière La Luxembourgeoise 87 Comtesse Stéphanie de Lannoy 86 Confédération européenne des associations d’administrateurs 38 Conseil d’État 76 Conseil de la concurrence 91 Conseil européen 52 Conseil interrégional des chambres de métiers Saar-Lor-Lux 70 Coune Bernard 89 Cravatte Ernest 82 CREA 30 Croix-Rouge luxembourgeoise 38, 56, 62 CRP Gabriel Lippmann 24 CRP Henri Tudor 24, 92, 94 CRTE 94 CSDD 80 CSR Europe 90 CSSF 34, 36, 64, 65, 84, 86, 103, 104 CTIE 38 Cugliari Salvatore 101

D d’Land 14, 38 Danby Katie 84 DCL Group 38 De Jong Willy 38 de Muyser Guy 38 de Radiguès Frédéric 38 De Schnékert 76 Decker Laurent 38 Decker-Ries 38 Delcourt Simone 64 Deloitte 82, 104 Dennewald Robert 58 Département de l’Aménagement du Territoire 92 Detaille Michèle 34, 36 Deutsche Bank 34, 36 Deutsche Börse 64 Dexia 73 Dexia AM 103 Di Bartolomeo Mars 14 Dichter Alain 38 Digicash 90 d’Land 74, 89 Dourson Jean-Luc 73 DP 21

E eBay 48 Ecoparc Windhof 92 Edelman Asher 104 Edita 38, 76 Éditions Revue 76 Editpress 65, 76, 86 Editus 91 EFA 62, 86 Efama 68 e-Kenz 38 Eldoradio 89 Elisabeth 38 Elite Advisers 86 Elsen Yves 24, 73 Elth 38 Elvinger & Hoss 74 Elvinger André 38 Elvinger Paul 38 Elvinger Thierry 38 Elvinger, Hoss & Prussen 38, 74

Embraer 14 Emresa 38 Enovos 24, 42, 50, 89 Enovos International 68 Enovos Luxembourg 68 Entente des hôpitaux luxembourgeois 38 Entreprise des P&T 24, 42, 62, 76, 78, 84, 91 Ernst & Young 72, 74, 80, 102 Ernster Fernand 72 Ernster, l’Esprit Livre 72 État du Qatar 74 État luxembourgeois 101 ETH Zürich 73 Etihad 14 EUnited Metallurgy 86 Eurefi 58 Eurobéton 58, 74 Eurocloud Luxembourg 38 EuroDNS 38 Eurogroupe 21 Europe4Startups 80 Euro-Toques Luxembourg 86 Eva Ferranti 38

F Fabeck Architectes 34, 36 Fabeck Tatiana 34, 36 Fédération des brasseurs luxembourgeois 80 Fédération des entreprises luxembourgeoises de construction et de génie civil 70 Fédération luxembourgeoise des libraires 72 Fedil 34, 36, 50, 58, 60, 68, 70, 73, 74, 76, 80, 86 Fedil-ICT 76 Félix Giorgetti 65, 70 Ferranti Eva 38 FFCEL 73, 80, 84 Fial 80 Fiduciaire Elvinger 38 Finck Jean-Claude 68 Findling Jean-François 90 FIRME 96 Fischer 38 FLEAA 86 Fleig Emmanuel 38 FLLAM 73 Flowey 94 FNP 38 FNR 68, 73, 77 Focal 72 Fonck Danièle 86 Fondation Alphonse Weicker 82 Fondation Caritas 65, 76 Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie 34, 36 Fondation de l’architecture et de l’ingénierie Luxembourg 86 Fondation du Mudam 74 Fondation Edmond Israël 64 Fondation Enovos 68, 90 Fondation Hëllef Doheem 38, 78 Fondation Kräizbierg 78 Fondation Lëtzebuerger Kannerduerf 80 Fonds Belval 80 Fonds d’assainissement de la Cité Syrdall 80 Fonds d’urbanisation et d’aménagement du plateau de Kirchberg 74 Fonds de rénovation de la Vieille Ville 80 Fonds du Logement 68 Fonds pour le développement du logement et de l’habitat 80 Fontagné Lionel 56 Fontaine Betty 80 Fortis 54 Foyer 72, 108 Foyer Finance 68 Francis Yves 82 Frieden Luc 14, 42, 60, 103 Friob Norbert 38

G GCS Captial 103 GEBTP 84 Généralpart 68 Genii Business Exchange 48 Genii Group 40, 48, 76 Georges Alain 38 Gillen Erny 65 Gillen Patrick 74 Giorgetti Marc 65 Giorgetti Paul 65 GLAE 76 Glaesener Betz 38 Glaesener Christophe 38 Glesener Marc 38 Gloesener Tom 91 Goeres 66, 67 Goeres Robert 82 Goossens Christophe 89 Grandidier Jérôme 38 Grosbusch Goy 38 Grosbusch Lynn 38 Groupe Saint-Paul 65, 78 Groupe Wagner 78 Groupement des entrepreneurs de Transports 80 Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics 73 Groupement des producteurs de vins mousseux et crémants luxembourgeois 70 Groupement pétrolier luxembourgeois 70 Guill Jean 65 Guillaume Grand-Duc héritier 86

H Halmes-Coumont Claudia 14 Hammelmann Paul 38 Hansen Jacques 38 Hansen Josée 89, 38 Harles Guy 30 Hastert Marc 38 Haut comité de la place financière 60, 74 HEC 82 Hein – Fabrique de Fours 82 Hein Ferdinand 82 Heinisch Fernand 82 Heinrich Georges 24 Heintz van Landewyck 38 Helminger Paul 14, 70 Henri Grand-Duc 24 Hentgen Pit 65 Hermann & Valentiny et Associés 72 Hermes 6, 7 Hilgert Romain 74 Hinduja 82, 102 Hirtt Jacques 38 Hitec 38, 73 HNA 14 Hobbi 76 Hoffeld Nico 82 Hoffmann Gérard 76 Hoffmann Marc 14 Hoffmann-Schwall 74 Hollande François 50 Home Interiors 117 Hôpital Kirchberg 38 Hoss Jean 74 HSBC 84 HSBC Holdings Luxembourg 74

Dans cet index sont reprises les entreprises, les personnalités et les publicités apparaissant dans ce cahier. Janvier 2013 —

127

128

INDEX

I IF Group 79 IFBL 102 IFSB 45 IGF 68 Ikodomos 76 Ikogest 76 ILA 38, 101 ILTM 68 Immotop 89 Imperial Chemical Industries 73 Imprimerie Mil Schlimé 69 IMS Luxezmbourg 90 INDR 80, 76 INFPC 22 ING Luxembourg 14, 34, 36, 58, 70, 74, 86 Insead 73 Institut grand-ducal 74 Institut monétaire luxembourgeois 65 International Bank of Qatar 74, 78 International Fire Control 89 Internaxx 103 Intersport 74 Iwi 29

J Jacobs Marie-Josée 103 Jacobs Van Merlen Hubert 24 Joachim Schubert Hans 38 Joaillerie Fabienne Belnou 19 JP Morgan Asset Management 82 Juncker Jean-Claude 14, 21, 24, 34, 36, 42, 58 Jung Mil 38

K Kaiser Guy 38 Kalagadi 89 Karger Claude 38 Karp Kneip 38, 73 Kayser Ferdinand 78 KBC 82 KBL European Private Bankers 34, 36, 73, 74, 78, 82, 101, 102 Kersch Dan 21 Khovratovitch Dmitry 24 Kieffer Charles 38 Kieffer Jean-Marc 84 Kinsch Alain 74 Kneip 38, 68 Kneip Bob 68 Kneip Gary 32, 80 Koedinger Mike 91 Kontz Benji 38 KPMG 72, 73, 89 Krecké Jeannot 34, 36, 40, 42, 48 Kremer Christian 86 Kremer Claude 68 Krombach Charles 38 Krombach Georges 38 Kuhn Roland 70

L L’essentiel Laboratoires Ketterthill Lakehouse Lalux Lanners Jacques LCGB Le Jeudi Le Quotidien Le Splendid Leesch Max Leesch Paul Lenert Paul Lentz Georges Lentz Isabelle Lentz Jr Georges Lëtzebuerger Journal

— Janvier 2013

38, 76, 86 73 72 14, 65 68 14 65, 86 86, 76 90 76 76 78 89 38 70 38

Lidl 90 Lies Raymond 38 Lilith Project 75 Lille Métropole 92 Link Management 104 Linklaters 86 Linklaters LLP 84 Linster Jacques 73 Linster Léa 86 LLAM 73 London School of Economics 42 Lopez Gerard 40, 48, 76 Lorry Rail 68 Lotus F1 Team 76 LPEA 74 LSAP 14 LSC 72, 80 Lucius Jean 68 Lucron Development 76 Lumédia 76 Lux Éric 48, 76 Luxair 14, 34, 36, 68, 70 Luxair Tours 14 LuxairGroup 14 LuxAirport 14 Luxaviation 64, 65, 68, 70, 72, 73, 74, 76 Luxcontrol 21 Luxembourg Air Rescue 86 Luxembourg for Finance 60 Luxempart 34, 36, 68, 72, 73 LuxEnergie 68 Luxexpo 70, 72, 115 LuxFlag 86 LuxGSM 84, 132 Luxinnovation 72, 94 Luxport 74, 84 Luxpost 86 Luxtrust 38

M Made by Sam’s 82 Maison Moderne 91 Mangrove capital partners 40, 48 Marcel Grosbusch & fils 38 Margue Charles 84 Maria Teresa Grande-Duchesse 103 Martin Éric 54 Massard Marie-Hélène 38 Mathëllef asbl 38 Mathieu Liette 92 Mc Donough William 92 McKinsey 102 McKinsey & Co 82 MDO Services 38 Mei Moses 104 Meisch Claude 21 Menuiserie Design Constantin Jacques 94 Mercer Management Consulting 82 Mergen Patrick 38 Mersch Yves 24, 42, 52 Messageries Paul Kraus 91 MetroCab 80 Metz Metropole Développement 23 Metz Norbert 90 Metz Paul 90 Meyers Paul-Henri 78 Mille Marco 24 Miltgen Daniel 74, 80 MindForest 82 Ministère de l’Économie et du Commerce extérieur 64 Ministère des Finances 24, 40, 42, 46, 74 Ministère du Développement durable et des Infrastructures 92 Mittal Lakshmi 50 Molitor 34, 36 Molitor Michel 34, 36 Monceau Fleurs 95 MonTaxi 80 Montebourg Arnaud 50 Monti Mario 42, 54 Moody’s 50, 89 Moskito 38, 72 Mouget Didier 60 Moulins de Kleinbettingen 38, 80 Mousel Paul 70 Mullenders Jean-Pierre 91 Muller & Associés 38, 72 Muller Carole 38 Muller Edmond 80 Muller Jean 38 Muller Laurent 38 Munhowen 70 Mutualité des employeurs 72

N Naquin Pierre Nasra George Nathan Michel Nati Romain NEG Netcore Ney Adrien NGL-SNEP Nickels Patrick Nicolas Jean Niederkorn Marc Nippon Cargo No-Nail Boxes

104 74, 78, 82 38 38 68 91 14 14 24 89 82 14 34, 36

O Oberlé Christian 38 Observatoire de la compétitivité 30, 64 OGBL 14, 65 Ogiermann Ulrich 14 Olos 76 Olumpios 101 Orchestre philharmonique de Luxembourg 74

P Pall Center 73 Panalpina 14 Panelux 73 Papademos Lucas 52 paperJam 90 Paul Wurth 50, 64, 89 Pauly François 34, 36, 38 Pavillon Madeleine 86 Peters Jacques 82 Philharmonie 62, 86 Point24 86 Poudrerie de Luxembourg 74 Poujol Véronique 38 Precision Capital 14, 34, 36, 73, 74, 78, 101, 102 Première 78 Privat 89 Prodomos 76 ProGroup 92 Promobe 78 Puilaetco 82 PwC 64, 37 PwC Luxembourg 60 PwC’s Academy 60 PwC’s Accelerator 60

Q Qatar Airways 14, 34, 36, 40, 70, 73

R Raiffeisen 82 Randstad 91 Randstad Interim 91 Randstad Luxembourg 91 Real Estate Media 89 Reckinger Robert 38, 62 Recyma 84 Red Line Capital 104 Reding Jean-Claude 65 Reimen Frank 14 Reinesch Gaston 24, 34, 36, 40, 42, 46, 52 Restaurant Léa Linster 86 Retter Carole 38 Revue 65, 86 Ribeiro Constâncio Vítor Manuel 52

Riehl Karin 73 Rod Victor 38 Roelants André 38 Roland Berger 14 Rollinger Walfer 94 Rommes Jean-Jacques 68 Rosenfeld Marc 84 Rotarex 38, 74 Rotary Club 78 Rousseau Alain 38 Royal Luxembourg 101 RTL 38, 76, 89, 65 RTL Radio 89

S Sacred Heart University 30, 80, 85 Saint-Paul 65 SAirlines 14 Sal. Oppenheim 101 Sales Jos 84 Sales Marc 86 Sales-Lentz 84 Saluzzi Marc 64 Santer Jacques 38 Schadeck Raymond 72 Schank Marco 80 Scharff Christian 90 Schaus Jean-Nicolas 64 Schleck Andy 40 Schmit Romain 78 Schmitz Hans-Jürgen 48 Schmitz Philippe 38 Schneider Dan 38 Schneider Étienne 21, 50, 60, 76 Schonckert Laurent 64 Schroeder Jeannot 92 Schwertzer Gaston 68 Seale Thomas 86 SEO 68, 76 Seqvoia 78 Service information et presse du gouvernement 38 Servior 38 SES 34, 36, 40, 42, 46, 72, 73, 78 Sgreccia Marco 38 SHU 60 Sichel 74 Siemens 24 Simonis Michel 56 Sinner Michèle 38 Sintonia 74 Skype 48 Smets 38 Smets Pascaline 38 SNCI 14, 24, 42, 58 Société Générale Private Banking 2 Socolux 84 Sodrugestvo 72 Sogelife 25 Sold Alvin 76 Soludec 38 Solvi Marc 64 SplitArt 104 Stanford University 82 Statec 30, 64 Steffen Holzbau 94 Steffen Tom 38 Steffen Traiteur 38 Sting 38, 72 Stone Oliver 104 Strasser Claude 76 Sudcal 80 Sustainable Industries Park 92 Swissair 14 Systemat 34, 36 Systemsgroup 91

T Tageblatt 65, 86 Tamisier Michel 86 Tango 4, 5 Tarkett 92 Tarrach Rolf 65 Telecom Luxembourg 38, 72, 107 Télévision Suisse Romande 103 Telindus 76 Tempo Team 91 Tenzing Partners 38 Tesch Daniel 80 Tesch François 72, 108 Tessler Jeffrey 101, 64 Thelen Carlo 91

Thill Carlo Thiry Christian Thiry Christophe Thiry François Thoma Françoise Thuault Aymeric Tluszcz Mark Toronto-Dominion Bank Tracol Immobilier Traiteur Steffen Trésor luxembourgeois Trichet Jean-Claude TRNS Ilres Turk Philippe Tutela Capital

54 73 38 73 76 104 48 103 38 83 24 52 84 38 104

U UEL 21, 34, 36, 56, 70, 72, 78 Unicef Luxembourg 64 Union européenne de l’artisanat et des PME 70 Université du Luxembourg 24, 30, 65, 76 Université libre de Bruxelles 64

V Valentiny François 72 Valora 91 Van de Weg Robert 14 VBS 91 Vedior 91 Venture Capital & Management 82 Victor Buck Services 78 Victoria Rolando 103 Ville de Luxembourg 70, 91 Voyages Emile Weber 82

W Wagener Frank 73 Wagner Aloyse 78 Wagner Claude 74 Waringo Jeannot 68 Welter Marianne 80 Welter Viviane 80 Weydert 119 Wickler Christiane 73 Wildgen Albert 73 Wilhelm Contzen Ernst 34, 36 Wilson-Mascherin Miriam 84 Winkin René 70 Wiseler Claude 24, 14 Wiwinius Jérôme 14 Wort 78 Wurth Michel 30, 34, 36, 56

Y Yangtse River Yellow YellowCab

14 38 80

Z Zap Zimmer Pierre Zurstrassen Patrick

84 38 38

La finance islamique est une des pistes de développement de la « nouvelle place financière » luxembourgeoise.

NOUVELLE PLACE FINANCIÈRE Mercredi 30 janvier 2013

1 soirée, 10 experts, 6 minutes par orateur

Entre la crise de la dette souveraine qui n’en finit pas de fragiliser le secteur bancaire européen et les discussions sur la fiscalité et l’échange d’informations qui remettent en cause le modèle économique de nombreuses banques privées, la place financière luxembourgeoise est à la recherche de nouveaux vecteurs et de nouveaux créneaux de diversification. Fonds d’investissement, assurances, ingénierie patrimoniale… Tous les piliers majeurs de la place financière travaillent activement à l’émergence de nouvelles opportunités de développement.

Restaurant Namur (Luxembourg-Hamm) Programme : 18 : 30 Accueil et cocktail 19 : 00 Mots de bienvenue 19 : 10 Début du 10x6 20 : 15 Cocktail de clôture et Walking Dinner

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Inscription obligatoire : www.club.paperjam.lu 55 € (non-membres) Pour parrainer une table de 8 personnes : benoit.constant@maisonmoderne.lu nicolas.pouilleux@maisonmoderne.lu

Germain Birgen Islamic Finance Professionals Association (IFPA)

Jean-Philippe Leroy Banco Bradesco

Axel de Ville Appui au Développement Autonome (ADA)

Charles Mandica Association des PSF de Support (APSFS)

Pit Hentgen Association des Compagnies d’Assurances (ACA)

Paul Mousel Arendt & Medernach

Alain Kinsch Haut Comité de la Place Financière (HCPF)

Luc Rodesch Association des Banques et Banquiers, Luxembourg (ABBL)

Serge Krancenblum SGG

Tom Seale Association of the Luxembourg Fund Industry (ALFI)

OPINION

I OPI N

ON

Jean-Louis Schiltz • Avocat à la Cour • Professeur invité à l’Université du Luxembourg • Ancien ministre des Communications et des Médias

Photo : Jessica Theis

130

PROTÉGER OU PARTAGER MES DONNÉES ? F

aut-il ériger le droit à la protection des données en un principe protégé par la Constitution ? L’idée est, semble-t-il, en train de faire son chemin. Dans le cadre de la révision constitutionnelle, le Conseil d’État vient en effet de proposer d’insérer un nouvel article 30 dans la Constitution. Celui-ci énoncerait le droit à la protection des données à caractère personnel ; il préciserait que celles-ci ne peuvent être traitées que sur base du consentement de la personne concernée ou d’un fondement prévu par la loi. Or, s’il est indéniable, comme le souligne l’institution, que le droit à la protection des données fait partie des droits essentiels garantissant le respect de la vie privée, il doit être permis de débattre de la question de savoir s’il faut ou non ériger ce droit en droit constitutionnel à part entière. S’il est vrai, à cet égard, qu’une disposition similaire à celle proposée par le Conseil d’État se trouve dans la Charte de l’Union européenne, il est tout — Janvier 2013

aussi vrai que la protection des données « figure (…) parmi les droits essentiels garantissant le respect de la vie privée ». Elle en fait donc partie, c’est le Conseil d’État lui-même qui le souligne. Est-il à partir de là encore nécessaire d’en faire un droit constitutionnel propre ? La proposition du Conseil d’État est aussi une bonne occasion de lancer le débat sur ce qui, aujourd’hui, constitue encore une donnée personnelle, à ce titre protégeable et devant dès lors l’être, et ce qui, à l’opposé, n’est plus une donnée à caractère personnel mais une donnée simple, ne méritant donc pas ou plus de protection. Ce qu’il faut savoir ici, c’est que dans sa proposition de règlement sur la protection des données, la Commission européenne qualifie de donnée à caractère personnel « toute information se rapportant à une personne concernée ». Cette définition est très large et suscite de nouvelles questions de fond. Est-ce qu’une telle définition appréhende encore la réalité d’un monde dans lequel la

communication entre individus et groupes d’individus s’est largement déplacée vers les réseaux sociaux de type Facebook, Twitter et Linkedin ? Suffit-il encore dans un « monde Facebook » – où beaucoup de personnes mettent l’accent sur le partage de leurs données avec d’autres plutôt que sur la protection de celles-ci – d’axer le débat juridique exclusivement sur le droit à la protection des données ? Ne faudrait-il pas, au contraire, élargir le débat en y introduisant aussi le droit au partage des données ou de certaines d’entre elles au moins ? Même si tout un chacun partage aujourd’hui, souvent sans crier gare, ses données, au moins en partie, le débat sur le droit au partage ne sera pas facile. Aussi l’objectif ici n’est-il pas de répondre aux questions posées. L’objet est plutôt de contribuer à lancer un véritable débat, en 2013, sur la protection des données 2.0. Protéger ou partager mes données ? Tel pourrait en être le point de départ.

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