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Mathieu et Gaétan Séné testant de nouveaux protos de race.

Est-ce un design complexe ? Non car tu n’a pas de force latérale. Tu peux jouer un peu sur sa position et son axe. Cela ne sert à rien d’avoir un profil épais car tu n’as pas d’angle d’attaque. Tu as aussi en charge les pagaies ? Oui. Je n’avais pas d’expérience sur les pagaies hormis le fait que les turbulences en profondeur sont moins importantes que celles en surface. Donc pour une pagaie de vitesse, il fallait une forme de pale étroite et profonde pour aller chercher l’eau plus profondément. On travaille donc actuellement sur des shapes hight aspect. J’ai fait le design informatique. La pagaie est un shape très complexe qui demande beaucoup de tests en fonction de l’angle donné, de la cuillère, du scoop et de son flex. Pour des petits objets comme une pale, il est plus simple de fabriquer de nombreux protos et des les essayer sur l’eau. Le fait de dessiner tes designs sur ordinateur te fait-il gagner du temps ? Combien d’heures de travail sur une planche de race ? Il y a des planches qui vont très vite, je dirais quelques heures et d’autres pour lesquelles il faut plus de temps. Par exemple pour les planches de race, la moindre variation a une influence sur le reste de la carène. J’aime bien revenir sur les fichiers et repousser les performances en rendant la planche encore plus rapide. Cela peut donc prendre beaucoup plus de temps.

Où en est le stand up de race dans son développement ? Quelles sont les marges de progression ? Il y a encore plein de choses à faire. Chaque jour, nous sommes en mesure de faire une planche plus rapide. Pour des bateaux de course, par exemple, je pense à ceux engagés dans la course de l’Amerca’s Cup, il est plus difficile d’améliorer les performances. Sur la coque, les shapes sont éprouvés. Le travail se fait surtout sur le gréement. L’avantage de notre discipline est que les pièces sont petites et que l’on peut se permettre de faire plein d’expérimentation. C’est un très bon laboratoire hydrodynamique. Que penses-tu des labels « eco friendly » qui fleurissent un peu partout ? Je suis pour à 100% cependant il ne faut pas être hypocrite et regarder la réalité. Faire venir des matières premières d’Afrique en brûlant du kérosène et en faisant travailler ces produits selon des méthodes qui ressemblent à de l’esclavage, où est l’avancée ? Faire un vrai produit eco friendly, c’est pour moi utiliser de l’EPS car il est recyclable et performant. C’est aussi de choisir des carbones car c’est un gage de qualité et de durée dans le temps. Une planche en polyester ou à base de polyuréthanne est beaucoup plus polluante et avec une durée de vie très courte. Faire une planche en PVC/EPS/Carbone est ce qui est le plus eco friendly en étant performant. Après tu peux prendre du bois mais tu n’es plus aussi performant. Chez Starboard, nous utilisons du frêne.


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