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Numéro 1 — Avril 2012

PARTOUT E N N IE V A DE L LE MAGAZINE

QUELS IMPACTS DE LA SCIENCE DANS NOTRE SOCIÉTÉ?

LA VIENNE: ECONOMIE;, SANTÉ, SÉCURITÉ,... LA MÉMOIRE EN CHRONIQUE

DOSSIER SPECIAL

TOUT SUR MEMORILLON 1

LIVRE BLANC KOENIG Clara DELORD Pierre-Alexis NISIDA Ivan Elèves de première année et d’année d’échange Sciences Po Paris, Campus euro-latino-américain de Poitiers

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Sommaire Sommaire ____________________________________________________________p.3

PARTIE 1 : ETAT DES LIEUX __________________________p.5

Futur et science, au cœur de la Vienne _____________________________________p.5 La Vienne...dynamique! _________________________________________________p.6 Nouvelles technologies = plus de sécurité? __________________________________p.8 Déserts médicaux dans la Vienne ________________________________________p.10 La mémoire dans tous ses états _________________________________________p.12 Montmorillon, la Belle endormie __________________________________________p.14

PARTIE 2 : DOSSIER SPECIAL - tout sur Mémorillon _____p.16

Que la mémoire vive! __________________________________________________p.18 Bienvenue à Mémorillon ________________________________________________p.19 Découvrez Mémorillon _________________________________________________p.20 L’Anaille ____________________________________________________________p.22 Le MEM ____________________________________________________________p.23 Le Mémobus ________________________________________________________p.24 Les activités à Mémorillon ______________________________________________p.26 Les partenariats de Mémorillon __________________________________________p.28 Entretien avec le directeur de Mémorillon __________________________________p.30 Le témoignage de Loïc, étudiant _________________________________________p.32 Le témoignage de Flavia, touriste ________________________________________p.34 Le témoignage de Valérie, mère de famille _________________________________p.36 Le témoignage de Madeleine ____________________________________________p.38 Jeux _______________________________________________________________p.39

PARTIE 3: DOSSIER ACADEMIQUE ___________________p.40

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Futur et science, au cœur de la Vienne Le Futuroscope constitue sans doute le coeur économique de la Vienne, en plus d’être son grand symbole. Il ne se résume pas à un parc de loisirs, mais abrite également un remarquable technopôle et un centre hôtelier. Aujourd’hui, le Futuroscope, référence en France dans le secteur des nouvelles technologies, fournit 6000 emplois et concentre 200 entreprises. Il a été créé en 1987 à l’initiative de René Monory (1923-2009), ancien sénateur et président du Conseil Général de la Vienne. Grâce à une telle idée, Monory a fait de la Vienne un département pionnier dans le domaine de la recherche et de l’innovation. Sa conviction profonde que « tout était possible » a permis d’augmenter le poids du département à niveau national et international, en lui offrant un visage marquant. Un visage pionnier, celui d’un pôle qui apporte au présent la science du futur par ses nouvelles technologies. D’ailleurs, en parallèle de la naissance du Futuroscope, la science a pris un rôle central au sein de l’histoire de la Vienne. A l’ère de l’informatique et du numérique, l’existence du

parc sert de point de départ à une réflexion à propos de la dépendance de notre société aux technologies (internet, tablettes numériques, réseaux sociaux, portables,...). Celles-ci sontelles essentielles ? Pourrait -on s’en dispenser ? Dans le contexte de notre société, on pourrait La Vienne, département pionnier dans le domaine de la recherche et de l’innovation supposer que c’est bien le cas, on assiste à une nette dépendance aux moyens techniques. Une relation qui stimule l’économie, potentialise l’accès à l’information et bouleverse notre quoti-

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dien. Cependant, peut être que le questionnement le plus pertinent est celui qui s’interroge sur le degré de dépendance. En effet, il s’agirait plutôt d’analyser si l’on emploie bien ces technologies d’une manière raisonnable et modérée, échappant à une possible hyperdépendance. Il ne s’agit pas de contester l’usage de Facebook ou des portables, mais de se demander constamment si leur usage correspond aux besoins que l’on a et surtout de limiter les effets collatéraux. De fait, pour les technologies, la valeur ne réside pas dans une essence “bonne” ou “mauvaise”, mais dans la manière dont elles sont utilisées.

La Vienne Tertiaire et axe PoitiersChâtellerault, voilà les caractéristiques majeures de l'activité économique dans le département de la Vienne.

La domination du secteur des services Elle se retrouve à la fois dans l’emploi et dans les entreprises. En effet, dans notre département, 7 employés sur 10 travaillent dans le secteur tertiaire. De plus, une entreprise sur deux, c’est-à-dire près de 7452 sociétés, se tourne vers la production de services. Cette prédominance du secteur tertiaire dans le département peut s’expliquer par deux faits majeurs. Premièrement, par la présence de Poitiers. Avec sa qualité de capitale de la région Poitou-Charentes et de préfecture de la Vienne, la ville concentre les principales administrations des collectivités territoriales et les grands établissements publics. Citons par exemple le Centre Hospitalier Universitaire, qui est le premier employeur du département avec près de 5 500 personnes. Autre établissement public majeur, l’Université

de Poitiers est à l’origine de 2 465 emplois, auxquels nous pourrions ajouter les autres établissements de l’enseignement supérieur. Au total, la préfecture de la Vienne rassemble près du quart des activités de services du département. Le technopôle du Futuroscope est l’autre poids lourd du secteur tertiaire dans la Vienne. Ce vaste espace de 2000 hectares constitue la vitrine économique du département à l’échelle nationale, mais aussi internationale. Axées sur les services et les nouvelles technologies, plus de 220 entrepris e s e m p l o i e n t

Le Futuroscope et son technopôle, cœur économique du département 6000 personnes. Ce technopôle inclut notamment, en plus du parc de loisirs du Futuroscope, le Centre National d’Enseignement à Distance (CNED), des piliers de la relation client (Chronopost, Carglass, Groupama), une dizaine d’hôtels totalisant plus de 2000 chambres. A cela vient s’ajouter l’Ecole Nationale Supérieure de Mécanique Aéronautique (ENSMA) et 13 laboratoires, où travaillent 400 chercheurs et 6

que fréquentent 2000 étudiants. L’importance de la ville de Poitiers, véritable centre tertiaire, et le dynamisme du technopôle du Futuroscope représentent deux puissants atouts pour le secteur des services en Vienne.

L’axe PoitiersChâtellerault Il constitue la deuxième caractéristique majeure de l’économie du département. Véritable épine dorsale, il englobe l’extrême majorité de l’activité économique à travers les communautés d’agglomération de Poitiers et de Châtellerault. Premier pôle économique de la Vienne, la Communauté d’Agglomération de Poitiers (CAP) rassemble le tiers des entreprises du département (plus de 5200). Les douze communes qui forment la CAP regroupent plus du tiers de l’activité tertiaire (38%) et le quart du secteur industriel du département. Cette importance économique se vérifie par la présence de 27 zones et de 6 pôles d’activité. Autre argument de taille, la présence du pôle de compétitivité « Mobilité et Transports avancés Plateforme d’essais », restructuré en 2010.

dynamique! La Communauté d’agglomération du pays Châtelleraudais est le deuxième pôle économique du département. Regroupant douze communes autour de Châtellerault, cet espace est historiquement tourné vers l’industrie. De ce fait il est touché depuis 2008 par la crise économique. En parallèle, on assiste au développement progressif des services. Par exemple, le centre hospitalier Camille Guérin, qui emploie déjà plus d’un millier de personnes, prévoit d’agrandir ses structures spécialisées dans le vieillissement de la population.

qu’autour des deux Communautés d’Agglomération de Poitiers et du pays Châtelleraudais (7 ,1). Ces différences au niveau de l’emploi se reflètent sur les disparités de revenus de par le département. Les hauts revenus se concentrent principalement autour de Poitiers et plus généralement sur l’axe PoitiersChâtellerault. A contrario, les bas revenus du département se retrouvent particulièrement dans les zones r u ra le s . L ’im p o r t a n c e

Les zones rurales subissent plus fortement les aléas Emploi et revenu de la conjoncture Il serait étonnant d’étudier économique. le contexte économique en Vienne sans s’arrêter sur la situation de l’emploi. Comparé à l’échelle régionale et nationale, le département fait figure de bon élève. En effet avec un taux de chômage de 8,3% au 4e trimestre 2011, la Vienne se place en dessous des moyennes régionale (9%) et nationale (9,3%). Toutefois il existe en ce qui concerne le chômage des disparités importantes à l’intérieur du département. Le taux de chômage est notamment plus fort dans les zones rurales (8,8%)

de l’agriculture dans ces territoires excentrés y explique la présence de nombreux retraités aux pensions agricoles faibles. Toutefois, le salaire annuel moyen, équivalant à 18 540 €, reste en Vienne en 2009 supérieur à celui de la région PoitouCharentes. Intéressons-nous enfin à la démographie du département. Les 424 354 habitants que compte la Vienne sont répartis sur l’ensemble du territoire. On retrouve 7

cependant la disparité dont nous avons parlé précédemment entre un axe Poitiers-Châtellerault enclin au dynamisme et les zones plus excentrées.

Démographie Avec près du tiers de la population de la Vienne, soit 137 685 habitants, la Communauté d’Agglomération de Poitiers se positionne comme le premier foyer de population du département. De l’autre côté de l’axe Poitiers-Châtellerault, la Communauté d’Agglomération du pays Châtelleraudais rassemble 55 000 habitants. A l’inverse, plus de 160 communes du reste du département sont en déficit démographique. Les zones rurales, moins intégrées, subissent en effet plus fortement les aléas de la conjoncture économique. Des villes comme Loudun et Montmorillon, respectivement 7000 et 6500 habitants voient leur population décroitre. Cette tendance à la dépopulation des communes rurales se confirme depuis la crise économique. Tous ces chiffres nous montrent bien les particularités de la Vienne, et son dynamisme malgré la conjoncture économique.

Nouvelles technologies La sécurité dans la Vienne La question de la sécurité se retrouve très régulièrement au centre du débat politique français. Nous avons donc voulu savoir ce qu’il en était de la situation dans la Vienne, afin de voir quels sont les problèmes auxquels notre département est confronté. Nos constatations nous ont menés à plusieurs enjeux centraux; l’insécurité routière, les cambriolages, les crimes virtuels, etc.. Penchons-nous tout d’abord sur quelques chiffres généraux de l’insécurité.

Dans la Vienne, le taux d’atteinte aux biens est d’environ 25 à 35 ‰, alors qu’il est de 38‰ dans le reste du pays. Ce chiffre permet de montrer que le département ne se situe pas au cœur des problématiques de délinquance qui sont parfois évoquées à propos de la France. Cependant, l’atteinte aux biens ne constitue pas le seul élément potentiel d’insécurité: nous devons également nous attarder sur la sécurité routière. A titre d’illustration, selon le bilan disponible sur le site national de la sécurité routière, la Vienne est le deuxième

département ayant eu la meilleure progression en 2011, avec une baisse de 33% du nombre d’accidents de la route par rapport à 2010, année bien plus meurtrière. Le graphique ci-contre montre bien la progression durant les cinq dernières années.

Quelles tions ?

solu-

Il est possible de distinguer deux types d’action permettant de diminuer les risques liés à l’insécurité routière. Le premier consiste à faire de la prévention auprès de différents publics :

La technologie au service de la gendarmerie

Avec les technologies, de nouveaux outils apparaissent et aident le gendarme, mais aussi le policier, dans leur travail. Cependant, du côté des délinquants, les avancées techniques sont aussi utilisées : chaque nouvelle technologie s’accompagne d’une nouvelle délinquance. La naissance puis le développement d’un monde virtuel, par le biais d’internet, a entraîné l’émergence de nouvelles infractions, qui elles sont bien réelles : pédopornographie, crimes commerciaux et financiers, etc. La Gendarmerie dispose d’une cyber-brigade (dont les gendarmes sont spécialisés), qui travaille notamment grâce à des systèmes de traçabilité, de géolocalisation, d’analyse de systèmes informatiques, etc. Par ailleurs, un des problèmes les plus préoccupants est certainement lié aux réseaux virtuels, qui comportent leur lot de risques : ils rendent possible et ‘facile’ un contact précoce des enfants avec l’univers sexuel. De fait, il n’y a que peu de filtres, peu de contrôle. De plus, les enjeux d’une dépendance à ces réseaux, avec les problèmes sociaux qu’elle engendre doivent aussi être pris en considération. De fait, l’utilisation intensive d’internet et des réseaux sociaux entraîne parfois une désinhibition des comportements, et aura certainement des conséquences dans quelques années ; c’est en tous cas la conviction du commandant Guillaumot que nous avons rencontré. Pour répondre à ces risques, la meilleure réponse est certainement la prévention, en exposant à chacun et chacune les risques liés à l’utilisation d’Internet : c’est à cela que travaillent les gendarmes, notamment dans les écoles. Un travail d’éducation est également à effectuer, afin de présenter à tous les nombreux aspects positifs d’une telle technologie. 8

= plus de sécurité ?

jeunes, cyclistes, motards, etc. Cette prévention est prise en charge par différentes institutions. En effet, la gendarmerie et la police en sont chargées, mais elles travaillent conjointement avec des écoles, des établissements de nuit, des collectivités locales, etc. Le second moyen d’action dont disposent les autorités permet d’agir en cas d’infraction, notamment par des nouvelles technologies. Ainsi, les différents radars automatiques installés sur le bord des routes de notre département (23 fixes, 5 radars feu rouge) ont pour objectif de dissuader les automobilistes de faire des excès de vitesse ou de ne pas tenir compte des feux tricolores : la sécurité routière est alors renforcée. Avec ces technologies, les forces de l’ordre ont à leur disposition de nouveaux moyens : vidéosurveillance (ou vidéoprotection), lecteurs automatiques de plaques d’im-

matriculation, procèsverbaux électroniques (expérimentés depuis 2012). L’automatisation de certains outils a des côtés positifs : cela rend les individus plus égaux devant les contrôles, les forces de l’ordre plus efficaces (dans le sens où le nombre d’infractions captées augmente). Le risque est cependant double, entre l’utilisation (voire la manipulation) des statistiques obtenues beaucoup plus rapidement, et la sensation de certains citoyens d’être surveillés en permanence (d’où l’expression de Big Brotherisation de la société).

Un autre enjeu sécuritaire; les cambriolages. En effet, ils ont tendance à se multiplier ces derniers mois. La circonscription de la gendarmerie que nous considérons ici comporte 89 communes, soit plus de 9

123 000 habitants, répartis sur 2100 km². Sur cette surface, beaucoup d’habitats dispersés, des exploitations agricoles et quelques entreprises. Certaines zones se vident plusieurs heures par jour, du fait des migrations pendulaires que connaissent les banlieues pavillonnaires : les habitants partent travailler le matin, à Poitiers le plus souvent, puis rentre chez eux en début de soirée. Les gendarmes parlent alors de lotissementsdortoirs, et il s’agit de zones à surveiller plus particulièrement afin de lutter contre les cambriolages. Pour cela, l’usage de caméras de vidéoprotection a tendance à se multiplier, et les gendarmes patrouillent également de plus en plus régulièrement : ici encore, la science, par la technologie, permet à la Gendarmerie d’être encore plus présente sur le terrain, et efficace.

Déserts médicaux dans la Vienne Cela fait maintenant plusieurs années que l’on en parle, et la situation ne s’améliore pas. La France commence à manquer de médecins. Et c’est dans les territoires ruraux que le problème est le plus critique. Nous parlons ici de la désertification médicale, c’est-à-dire de la “disparition plus ou moins totale” des médecins dans certaines régions. Même si la Vienne est moins touchée que certains départements voisins, comme les Deux-Sèvres par exemple, le Pays du Loudu-

nais manque réellement de praticiens généralistes. Si le département compte un nombre théoriquement suffisant de médecins, les statistiques sont à nuancer, à la fois par leur répartition sur le territoire et par leur spécialité. En effet, les régions les plus éloignées de l’axe Poitiers - Châtellerault sont celles qui souffrent le plus de la disparition de la médecine, à tel point que l’on peut s’interroger sur l’avenir de la médecine générale. C’était d’ailleurs le thème d’une confé-

rence qui s’est tenue le 1er décembre dernier au siège du Conseil Général. Tout l’enjeu est alors d’attirer les médecins, à la fois dans la discipline et sur ces territoires.

Comment procéder? 1) Augmenter le numerus clausus dans les facultés de médecine C’est le premier élément qui permettrait une hausse du nombre de médecins partout en France, et donc dans la Vienne. En effet, si plus d’étudiants peuvent entrer en seconde année d’études, les médecins seront plus nombreux à la sortie de la faculté! C’est au gouvernement que revient cette décision, qui ne peut donc être prise au niveau local. En outre, elle n’aurait d’effet qu’une dizaine d’années plus tard (le temps de former les médecins). Il faudrait donc, en plus d’une ouverture du numerus clausus, prendre d’autres mesures, locales et ayant des conséquences plus rapidement. 2) Encourager les étudiants à devenir médecins généralistes dans la Vienne C’est ici que réside la grande problématique: comment attirer les jeunes médecins, afin qu’ils restent pratiquer leur discipline dans le départe-

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ment? La motivation peut être financière, mais ce n’est pas suffisant. Il faut rendre la filière plus attractive, ce qui se fait notamment en facilitant le regroupement de médecins généralistes en cabinet. Parmi les autres décisions possibles figure la modification du système de garde, comme il y en a eu une récemment, afin qu’il soit moins contraignant pour les médecins. La possibilité d’effectuer plus de stages en médecine générale et la meilleure reconnaissance de la discipline seraient également des facteurs favorisant l’installation de médecins généralistes. 3) Pour cela, créer des maisons médicales pluridisciplinaires Celles-ci comportent plusieurs avantages. Les médecins sont rassurés par ce regroupement. En outre, ces

L’impact des technologies Lorsque l’on parle de sciences et de technologie, le lien avec la médecine est évident: c’est un domaine qui évolue beaucoup et continuellement avec les progrès techniques, comme on le voit par exemple avec la robotisation de certaines opérations. Les outils qui sont aujourd’hui à la disposition des médecins permettent réellement d’améliorer leur efficacité: prise en charge en urgence des patients plus rapide, meilleure communication entre les services, et, bien entendu, avancées en terme de recherche médicale. structures rassemblent du personnel médical et paramédical, ce qui permet de décharger les médecins du travail que peuvent effectuer des infirmières ou des kinésithérapeutes, par exemple. La mutualisation de certains services rend aussi possible une diminution des coûts. Cependant, il n’est pas envisageable de fonder une maison par commune : celles qui sont créées profitent à plusieurs localités, et restent assez proches de la population pour pouvoir intervenir en cas d’urgence. 4) Une meilleure communication Le Conseil Général de la Vienne propose une bourse afin d’ai-

der les futurs médecins dans le financement de leurs études en échange de la promesse de leur installation dans le département pour une durée minimale de 7 ans. Cependant, comme le souligne Thomas Meynier, représentant des internes en médecine générale de la faculté de Poitiers, les étudiants ne sont pas assez informés de ces dispositions (seuls 5% les connaissent), ce qui, naturellement, nuit à l’efficacité des mesures. Avec ces quelques mesures, la Vienne pourrait bien devenir un département qui attire les jeunes médecins généralistes, à condition que leur discipline soit plus valorisée, et qu’on leur facilite un peu la vie!

Un paradoxe? Alors que certaines localités commencent à manquer cruellement de médecins (on peut noter que c’est même le cas dans certains quartiers urbains) , le CHU de Poitiers continue à se développer et se place aujourd’hui à la pointe de la technologie dans certains domaines. On peut ainsi penser qu’il existe un décalage entre ville et compagne, notamment. De fait, les services sont souvent plus concentrés, mais la technologie peut également permettre un transport plus rapide, et donc un accès plus égal, pour tous. 11

La mémoire dans L’obtention du bac, une fête d’anniversaire, la naissance d’un enfant. Tant de moments marquants dans la vie d’un individu, qu’il soit jeune, adulte ou plus âgé! Ils restent incrustés en nous, dans notre mémoire sous la forme de souvenirs, parfois partiels, d’images fragmentées, de sensations. Le temps avance et passe.Chacun peut avoir instinctivement envie de capturer ces instants furtifs, et a à sa disposition les caméras, les e-mails, les réseaux sociaux, les blogs, pour sauvegarder tous les souvenirs. Mais est-ce suffisant ? Il y a quelques temps, les esprits désireux de préserver des traces de leur mémoire gardaient leurs souvenirs en les inscrivant dans les pages des journaux intimes. On peut

penser que cette pratique s’est raréfiée à l’ère du virtuel, d’Internet et de tous les gadgets qui l’accompagnent. Pour les jeunes, et de plus en plus pour toute la société, toujours plus connectée, la vie est reproduite avec une intensité impressionnante sur Facebook, avec les commentaires d’amis, des centaines de photos, de pages et de vidéos. S’agirait-t-il d’une transformation du journal intime ? Surement d’une évolution. C’est en fait un exemple clair de la façon dont les technologies bouleversent notre manière de nous lier à autrui et même de concevoir le monde. La manière dont on pense la mémoire ne déroge pas à cette règle, ce qui nous amène à s’interroger sur comment cette mémoire, dans un sens large, est conçue et préservée actuel-

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lement par notre société. Cette réponse passe manifestement par la place que l’on donne à l’écrit. De fait, pour que la mémoire se transmette, et ne se perde pas, c’est un outil essentiel : i l p e r m e t s a “matérialisation”. Cela peut se faire par de simples lettres : un billet, une liaison épistolaire, un journal intime. Entité polymorphe, la

Attribue-t-on à la mémoire l’importance qu’elle mérite? mémoire s’inscrit aussi sous l’encre d’une photographie et aujourd’hui même dans un processeur informatique. Parfois, elle s’épanouit sur un écran d’ordinateur. Un peu « froid » comme support? Certains le pensent. Certes, le charme d’une page manuscrite

tous ses états semble érodé lorsque l’on rédige ses souvenirs par l’intermédiaire d’un clavier. Mais la fonction essentielle se perpétue, l’écrit organise et fixe des repères, nous protège de l’oubli. Des pratiques qui rendent cette mémoire plus concrète : l’écrit soude les morceaux de souvenirs en suspension dans notre esprit, les mettant en ordre. Et si on revenait à l’exemple de Facebook, où une partie de la mémoire est numérisée par des milliards de pixels et de données qui circulent sur Internet, pourrait-on percevoir

un conflit entre écrit au sens premier (dans le monde physique) et cette tendance à virtualiser la mémoire ? Est-ce forcément une régression? Au lieu de penser dans une simple dualité, considérer l’aspect complémentaire des nouvelles technologies semble plus

raisonné et bénéfique. La mémoire s’avère donc essentielle, que ce soit au travers d’un téléchargement ou d’une inscription sur du papier par une plume, de façon plus classique. Ceci dit, attribue-t-on à la mémoire l’importance qu’elle mérite?

L’importance de la mémoire Il paraît indéniable que la préservation de la mémoire demeure un enjeu essentiel non seulement à un niveau individuel, mais aussi collectif. Par myriades de souvenirs, chaque personne semble se composer une bibliothèque mémorielle, qui lui est essentielle. Pour le philosophe Paul Ricœur, c’est d’exactement cela dont il s’agit: se souvenir de quelque chose, c’est se souvenir de soi-même. La mémoire, sous cet angle, se pose comme un exercice d’auto-construction. En effet, à l’échelle d’un individu, la mémoire semble permettre de s’affirmer, de se situer dans sa propre identité, que l’on construit perpétuellement. Elle compose donc l’identité humaine, étant l’abri des expériences, parfois douloureuses, parfois sources de nostalgie. Par ailleurs, à l’échelle d’une société, dans une perspective analogue, la mémoire contribue à construire l’histoire. Ce processus se fait non seulement par des documents ou des photos officiels, des discours, mais également à travers d’autres facteurs. En effet, l’histoire d’une société peut être matérialisée par les propres souvenirs et expériences des individus qui la composent. Ce type de savoir informel s’avère être un instrument précieux pour la compréhension (toujours incomplète) des faits qui se sont déroulés. Même un journal intime peut contenir ce savoir. Un savoir unique qui fleurit et dort sur les pages, sur des photos et des souvenirs, prêts à être recueillis par des mains qui savent les valoriser... 13

Montmorillon, la Dans le Sud du département se trouve, pour tous les épicuriens, un havre de paix. Sur les rivages de la Gartempe et de la Vienne, le pays Montmorillonais offre les richesses d'une grande histoire dans un écrin de « vert ». Les amoureux de la nature y trouveront leur bonheur avec de nombreuses activités de plein air et plus de 1200 kilomètres de chemins pour se promener.

me des peintures inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO, et est la fierté des habitants du Montmorillonais. En remontant le fil de la Gartempe, le voyageur tombera sous le charme de la Belle endormie. La ville de Montmorillon offre la richesse de son patrimoine à qui veut bien en profiter ! Avant toute découverte, un passage à l'Office du tourisme ** s'avérera très utile. Les sympathiques responGrâce à la Vallée des fres- sables se feront une joie de ques, nature et culture se -vous conter l'histoire de marient pour le bonheur du leur ville et de vous propovisiteur. L'itinéraire de ces ser un beau programme de trésors muraux datant du découverte. Une fois traverXIème au XVIème siècle sé le Vieux-Pont gothique, atteint son apothéose à du XIVe siècle, vous pénél'abbaye de Saint-Savin. trerez dans le cœur histori« La Sixtine de l'époque que de Montmorillon. L’égliromane », comme la nom- se Notre-Dame surplombe mait André Malraux, renfer- cet intéressant quartier mé-

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diéval. Construite à partir du XIème siècle, l’église renferme dans la crypte Sainte Catherine une magnifique fresque murale datant du siècle suivant. C'est à cet endroit qu'au VIIIe siècle un chef maure aurait établi résidence, donnant à la ville son nom : Mons Maurillio, devenu par la suite Montmorillon. 300 ans plus tard, Ranulfe le premier seigneur de la cité, ordonna la construction d'un bâtiment religieux sur l'actuelle place du Terrier, qui donnera naissance à l’église Notre-Dame. Depuis cette même place, nous pouvons admirer les coteaux de la Gartempe où se dressent fièrement les hôtels particuliers du XVIIIème siècle et le VieuxPalais. Ce bâtiment du XVème siècle renferme de

Belle endormie. nos jours le Palais du Papier, un espace dédié au papier du monde entier et une exposition permanente dédiée à la calligraphie chinoise. Le papier a toujours eu une place importante à Montmorillon, puisque c'est non loin de là qu'en 1602, le sénéchal de la ville Paul Thomas créa le premier moulin à papier. C'est donc pour renouer avec une tradition ancestrale que la Cité de l’Écrit et des Métiers du Livre fut fondée en 2000. Lieu incontournable pour tous les amoureux des lettres et de la littérature, cet espace unique propose un large choix de librairies spécialisées mais offre également une occasion de découvrir ou de redécouvrir des métiers comme ceux de la reliure ou de la calligraphie. Les belles maisons à colombages datant du Moyen-Age abritent au total une trentaine de boutiques ainsi que des ateliers de sculpture, d'aquarelle, de céramique... La vie de la Cité est ponctuée par de nombreux événements tout au long de l'année tels que les Rencontres d'Artistes à Pâques, le Salon du Livre en juin mais également des stages et des expositions. Toutes les informations nécessaires pour profiter au maximum (de la richesse) de la Cité de l’Écrit et des

La visite de l’octogone vous réserve bien des surprises! Métiers du Livre sont à rechercher à La Préface, le lieu d'accueil. Non loin de là se trouve la Maison de l'Ecriture et du Calcul où l'on peut admirer l'aventure de la machine à écrire et à calculer à travers plus de 150 machines, parfois centenaires ! Un tour à Montmorillon ne serait pas vraiment complet sans un passage par l’ancien monastère-hôpital de la Maison-Dieu, fondé par Robert du Puy au XIXe siècle. Classé Monument historique, cet ensemble architectural s’est enrichi avec les siècles. Construction particulière, l’Octogone abrite des fresques du XIIème siècle et réserve une 15

visite originale (avec quelques surprises) pour les plus vaillants ! Erigée à la même époque, la chapelle Saint-Laurent est remarquable pour sa frise et ses peintures du XIXème. Autre vestige du Moyen-Age, le donjon qui faisait partie des fortifications. Le XVIIème siècle a considérablement enrichi la Maison-Dieu avec un des rares chauffoirs encore existant en France, la grange des dîmes également avec sa charpente d’origine. Les bâtiments monastiques quant à eux dominent avec leur longue façade depuis près de quatre siècles la belle endormie sur les rivages de la Gartempe.

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L A I C E P S - DOSSIER N O L L I R O M ME

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« Que la mémoire vive! »

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maginez un lieu où vous pourriez vous promener, en famille, en solitaire, entre amis. Un lieu de rencontre entre toutes les générations. Imaginez un lieu d’apprentissage pour tous, de dons et d’assimilation de savoir, de connaissance. Un lieu où pédagogique rime avec ludique, où des activités permettent à chacun de s’impliquer, et poussent à s’intéresser toujours plus au monde qui nous entoure. Imaginez encore un lieu où la mémoire serait centrale, mise en valeur par les nouvelles technologies, et se glisserait partout. Un lieu où on la préserverait, sans en faire un musée sans vie : un lieu où on la partagerait. Un lieu qui permet à chacun de tirer le meilleur de la science dans la vie quotidienne.

Cet endroit va bient��t exister. Ce sera à Montmorillon, dans le Sud de la Vienne. Il a pour vocation d’être accessible à tous, et notamment aux habitants de notre département. C’est pour cela qu’un bus, le Mémobus, circulera dans les espaces ruraux, afin de faire

découvrir et apprécier cet espace au plus grand nombre. En outre, les évènements, écrits, comptesrendus, interviews, expositions, etc. qui seront organisés seront reproduits ou retransmis sur une page internet : ainsi le lieu s’inscrira-t-il dans une dimension mondiale. Mais parlons plus précisément de cet endroit. Vous connaissez certainement la Cité de l’Ecrit et des Métiers du Livre de Montmorillon, qui existe depuis plus d’une dizaine d’années, et qui a permis de donner un premier élan touristique à cette ville rurale. L’objectif

Un lieu où la mémoire est centrale, mise en valeur par la technologie

posant à elle), mais aussi de tirer tous les avantages des outils apportés par la science et qui peuvent nous rendre service au quotidien. Si le pôle est dédié à la mémoire, c’est parce que nous pensons qu’elle est essentielle pour comprendre le passé et ainsi organiser des projets d’avenir. Le département de la Vienne étant dynamique, et axant beaucoup sa politique sur les projets d’avenir, un centre consacré à la mémoire semble tout indiqué! C’est parce qu’il lui est entièrement dédié que le nom de l’espace lui-même rappelle la mémoire: bienvenue à Mémorillion! Pour vous plonger dans ce nouvel univers, différents personnages vont vous raconter leur expérience au sein de Mémorillon: pour une journée, une semaine ou plusieurs années, visiteur, habitant de Montmorillon, professionnel, seul, en famille ou en amis, une seule fois ou régulièrement, chacun pourra d’ici peu profiter de ce lieu innovant et plein de surprises.

de ce nouveau complexe est multiple: il s’agit à la fois de développer le tourisme et donc l’activité d’une partie du département souffrant de la désindustrialisa- Profitez bien de cette imtion, en profitant du poten- mersion, Mémorillon vous tiel important amené par la attendra bientôt! Cité de l’Ecrit (en se juxta18

BIENVENUE À

MÉMORILLON!

POURQUOI CE LOGO ? Le logo de Mémorillon renvoie à la liaison étroite entre l’écrit et la mémoire, en évoquant l’image d’un parchemin et la légendaire figure de l’éléphant, symbole de la mémoire, rassemblés par une simple ligne noire. Le second élément est la plume, qui porte les couleurs de la Vienne: sa position marque un lien entre le passé et le futur. Une posture en avant, incarnant l’esprit pionnier, notamment dans la recherche et les nouvelles technologies, de la Vienne. 19

DÉCOUVREZ 20

MÉMORILLON ... 21

L’ ANAILLE L’Anaille est une création originale de la Cité de la Mémoire. C’est une album composé virtuellement par plusieurs mains, sur le modèle d’un réseau social (contenu varié, avec des commentaires de chacun), mais qui a la particularité de pouvoir être imprimé, et donc consulté sur un support matériel. L’idée est d’inspirer une culture des souvenirs, sans tomber dans le culte du passé. Cherchant à valoriser la culture de la mémoire au sein de chaque famille ou groupe d’amis, l’Anaille est un succès auprès des familles viennoises, mais aussi auprès des personnes extérieures au département. Son nom renvoie directement aux racines linguistiques de la Vienne: en Poitevin, « anaille » signifie année.

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Un centre ludique de réflexion sur la mémoire. Son but est de montrer la liaison profonde qui existe entre science, écrit et mémoire. Ensemble d'expositions et d'évènements qui abordent ces sujets de façon ludique, et grâce aux technologies inspirées de celles du Futuroscope. Des parcours qui associent apprentissage, réflexion et loisir. Au parc du Futuroscope, la vitrine de la Vienne, on retrouve une présentation du MEM avec des projections dans l'attraction la Vienne Dynamique. Les expositions et sections du MEM: 1. “Ta Biographie”: Laisser, sous forme d’un témoignage écrit, d’une photo ou d’un vidéo, un souvenir personnel marquant pour l’archive du MEM. 2. “Image et mémoire”: l’image, de la peinture à la photo, comme support de la Mémoire. 3. “Histoire et mémoire”: pourquoi se souvenir ? 4. “Histoire Orale, une source à explorer”. 5. “La mémoire dans l’ère du numérique”. Nouvelles technologies et gestion des souvenirs. A la fin du musée, un petit cadeau: un journal intime.

LE MEM Musée de l’Ecrit et de la mémoire

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Le Mémobus

Avec le Mémobus, le MEM partout !

Parce que la Vienne ne se résume pas à une ville, Mémorillon s’exporte ! Le Mémobus est une unité mobile qui accueille un échantillon de qualité, des activités menées à la Cité de la Mémoire, notamment les ateliers, campagnes de prévention, recueil de témoignages, avant-goûts des expositions sur la Mémoire et d’autres attractions du Musée de l’Ecrit et de la Mémoire (MEM). Ce bus permet aux habitants du département de 7 à 107 ans de découvrir les enjeux de la science et de la mémoire. Présent dans les écoles et dans les collèges pour assurer la prévention des risques liés à la toile, le Mémobus est également tout à fait pertinent auprès des seniors. Toutes les populations, quelles qu’elles soient, doivent en effet pouvoir participer au partage de la science. La science n’a de raison que dans le service de l’Homme, Mémorillon est une réponse ambitieuse à ce grand principe et Mémobus à sa démocratisation !

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ENTRETIEN avec le

DIRECTEUR DE MÉMORILLON

Nous sommes en 2022. Le directeur de Mémorillon a accepté de nous recevoir, et de répondre à nos interrogations. Détendu mais professionnel, il correspond à l’image du lieu qu’il dirige. Entretien. Première question, simple mais importante: pourquoi avoir créé Mémorillon? Ce lieu répond à un constat que nous avons fait il y a quelques années. Les technologies, grâce à la science, se développaient en permanence. Les dangers qui lui étaient liées aussi. Face au risque d’une possible dépendance et en réponse à ses

risques, nous avons voulu bâtir un complexe où la science occupe la place qu’elle mérite, mais où l’on se concentre sur ses aspects positifs : nous pensons que grâce à la prévention et l’éducation, les aspects néfastes des technologies peuvent être largement réduits. C’est un des objectifs de Mémorillon. Si nous avons choisi de nous centrer sur la mémoire, c’est parce que ce thème nous paraît essentiel, et il l’est d’autant plus dans un département rural comme la Vienne, où la population âgée est importante, surtout

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en dehors des villes. D’ailleurs, nous nous sommes inspirés par le travail de Michel Valière et ses archives sonores des habitants de la Vienne. C’est un pionnier dans l’histoire orale. En liant cette production inspiratrice avec la science, on peut affirmer que le rôle principal des technologies réside dans la communication, dans la transmission de ces informations. S’en servir comme moyen de conservation, et de partage de la mémoire : c’est le second objectif du lieu.

Enfin, la démarche éthique que constituent la conservation et la transmission de la mémoire a été pour nous décisive. En effet, il n’est pas pensable de laisser tant de savoir, même non académique, se perdre! Je crois qu’il n’y a pas de hiérarchie des connaissances, ni de la mémoire. Chaque souvenir a la valeur que son possesseur lui attribue. C’est pour cela que recueillir les mémoires est tellement enrichissant. On dit souvent que l’axe Poitiers / Châtellerault constitue la colonne vertébrale du département. Pourquoi s’en être éloigné en choisissant Montmorillon pour vous installer? C’est justement parce que Poitiers est une ville déjà riche culturellement et qu’elle se situe au cœur du tourisme de la Vienne que nous avons choisi de ne pas nous y établir. Bien évidemment, ce n’est pas la seule raison qui a motivé notre installation à Montmorillon. Depuis 2000, cette petite ville est devenue la

Cité de l’Ecrit et des Métiers du Livre, ce qui lui a donné un potentiel incroyable, d’autant plus que la région bénéficie d’un patrimoine naturel et historique exceptionnel (voir p.14, ndlr). L’écrit étant un moyen de transmettre la mémoire, nous greffer au lieu déjà existant, sans le remplacer mais en le juxtaposant, cela nous paraissait tout indiqué, et cela fonctionne! Je crois que la Cité et Mémorillon ont réussi à exister ensemble, et que les deux se complètent très bien! Quant au bâtiment, l’ancien hôpital, il a été choisi parce que nous voulions un lieu de patrimoine (à nouveau, on revient à la mémoire). Aussi, cela s’inscrivait dans une logique de développement durable. Comment fonctionne Mémorillon, concrètement? Après avoir reçu un financement du Conseil Général pour nos débuts, nous fonctionnons aujourd’hui en étant à l’équilibre financier., notamment grâce à des partenariats, qui réduisent les coûts, et à un système de sponsors. Mémorillon emploie une petite équipe de 31

permanents, mais notre grande force est de pouvoir nous reposer sur un grand nombre de bénévoles, de tous les âges. En effet, nous avons établi un partenariat avec l’Université de Poitiers, et les étudiants du master “Mémoires de vies” nous aident beaucoup. Mais des retraités, et d’autres jeunes, viennent aussi donner de leur temps. D’ailleurs, en parlant d’étudiants, ce sont des élèves informaticiens qui ont créé le site internet de Mémorillon! L’accès à Montmorillon est bien entendu gratuit, et il existe des tarifs réduits d’entrée au MEM, le Musée de l’Ecrit et de la Mémoire, pour les groupes, les familles, les étudiants et les personnes âgées. Certaines activités sont payantes, mais l’accès au site internet, par exemple, et totalement libre et possible pour tous, dans le monde entier. Avec près de 100 000 visiteurs, Mémorillon a aujourd’hui réussi à créer une véritable dynamique. Les visiteurs reviennent souvent d’une année sur l’autre, pour compléter leur album familial (ou amical), l’Anaïlle.

Loïc, étudiant physiques et manuscrits, etc.) m’attiraient réellement. Je peux aussi régulièrement changer d’univers, en sortant de la ville. Grâce aux transports en commun, se déplacer dans tout le département est relativement facile : je voyage dans toute la Vienne, sans perdre de temps, ce qui est important pour moi!

Lorsque, après avoir passé mon baccalauréat, je suis venu étudier dans la Vienne, je dois dire que c’était un département que je ne connaissais quasiment pas. J’ai choisi Poitiers parce que la qualité de son université était reconnue, et que celle-ci propose des formations que je ne pouvais pas suivre chez moi, en Bretagne. Au moment où j’ai voulu m’engager dans une association, j’ai su que

Etudier à Poitiers : un choix l’Université de Poitiers proposait un partenariat avec Mémorillon, je n’ai pas hésité : les activités proposées (animation d’activités avec des jeunes, recueil de témoignages, numérisation de

Durant les périodes scolaires, je m’occupe surtout de la numérisation (qui se fait, en plus, directement à l’université) de manuscrits afin de les rendre accessibles à tous, sur la plate-forme Internet de Mémorillon, et du recueil des mémoires de celles et ceux qui ont envie de la partager. C’est la partie qui m’intéresse le plus : je me déplace dans toute la Vienne, parfois avec le Mémobus, et vais à la rencontre des personnes qui ont des histoires à raconter. Je les enregistre, transcris leur témoignage. Au-delà du fait que cela me plait vraiment, j’ai l’impression d’être utile : grâce à cela, tous les souvenirs ne se perdent pas. Et ceux que je reçois, et que j’écoute avec attention afin de les transmettre, sont très variés. Si certains témoignages permettent de 32

recréer petit à petit des morceaux de biographie, en reconstituant des tranches de vie, d’autres rendent possible la sauvegarde d’un savoir informel, sur les modes de vie locaux que l’on pourrait oublier, sur les traditions qui sont moins suivies aujourd’hui, sur de petites astuces de la vie quotidienne. Enfin, et cela n’est pas incompatible avec ce qui précède, au contraire, il en résulte de véritables documents qui sont parfois très utiles aux historiens. Pendant les vacances scolaires, j’ai souvent plus de temps à consacrer à Mémorillon, et mes activités sont différentes. Je participe à l’accueil de familles entières, qui, elles aussi, racontent une part de leur histoire et peuvent ensuite l’emporter, sous la forme d’un livre, ou bien en format

Reconstituer des tranches de vies en recueillant des témoignages, des souvenirs numérique. Aussi, des ateliers sont organisés pour les

en sciences bénévole enfants et adolescents : selon les besoins, j’anime celui consacré aux dangers d’internet ou celui qui concerne les réseaux sociaux. Il y a une autre raison à mon engagement au sein de cette structure: j’utilise, comme tout le monde aujourd’hui, les nouvelles technologies au quotidien. Cependant, le fait de les voir se développer comme elles l’ont fait depuis que je suis tout petit a aussi engendré chez moi une sorte d’angoisse: comment être sûrs que nous

resterons indépendants de tous ces outils alors même qu’elles prennent de plus en plus de place dans notre vie quotidienne? Bien entendu, cela dépend de l’usage que chacun fait de ces nouvelles technologies: certaines nous simplifient bien la vie, et en les utilisant à bon escient, avec parcimonie lorsque c’est possible, on peut tirer le meilleur de ce qu’elles peuvent nous apporter. Pour autant, des risques existent. Addiction, violence, crime organisé, pédophilie, fraudes bancaires, et bien d’autres encore sont

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susceptibles de se développer avec Internet. Mais audelà de ces problèmes, une question persiste dans mon esprit : aujourd’hui, que deviendrions nous sans ces technologies? La dépendance n’est pas nécessairement mauvaise: elle peut nous être bénéfique, mais à condition qu’ on en ait conscience et qu’on évite, à tout prix, les risques.

Flavia, et touriste C’est ma première visite ici, et je suis ravie de connaître cet espace consacré à la mémoire. Je suis arrivée rapidement à Montmorillon, en train depuis Poitiers, après deux journées au Futuroscope. Je suis venue pour visiter la ville, la Cité de l’écrit et bien sûr Mémorillon. J’avais déjà entendu parler de la Cité de la Mémoire grâce à la campagne que la Vienne a mis en place dans le monde entier grâce à différents partenariats : mon université au Brésil a été concernée par l’un d’entre eux. Elle déve-

loppe un projet d’histoire populaire, en faisant participer des personnes de tous les âges. Par des témoignages, il est possible de reconstituer des images

Des partenariats dans le monde entier des modes de vie anciens. Même mon grand-père a pu participer à une recherche sur les modifications urbaines du centre ville au long du XXe siècle! Dans ce cadre, Mémorillon fournit son expertise et l’expé-

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rience des anciens étudiants du Master « Mémoires de vie », de l’Université de Poitiers. C’est vraiment génial ! Si j’ai choisi ce weekend, c’est notamment pour profiter de la Fête de la Mémoire. J’ai été très surpris par le nombre de visiteurs qui se promènent de par les charmantes rues de Montmorillon. L’ambiance y est nextrêmement agréable, nourrie par les artistes de rue et leurs représentations de danse, de théâtre et de musique locales. Sans oublier les tentes

photographe brésilienne

où l’on peut découvrir la gastronomie de la Vienne. Mais le meilleur moment pour moi fut sans doute l’écoute des témoignages de jeunes, adultes et personnes âgées, qui décrivaient combien un engagement plus actif dans une « culture de la mémoire » individuelle, familiale et sociale avait pu changer leur vie. Lucie, grand-mère de douze petits-enfants, racontait au public combien elle s’amusait à dépeindre sa vie aux jeunes bénévoles de Mémorillon. Fière, elle montrait son album de famille. Sa production a été rendue possible par Mémorillon, sous deux versions différentes: imprimée et virtuelle ; celle-ci est accessible sur la plateforme en ligne de la Cité de la Mémoire. D’autre part, j’ai

énormément apprécié la façon dont les techniques de projection, les effets spéciaux et les images, développées en association avec le Futuroscope, ont été utilisées de manière à donner au Musée de la Mémoire un caractère ludique et amusant. Visiter le musée, c’est faire un petit voyage vers une dimension parallèle, un instant où l’on s’échappe et, en même

Un lieu ludique, passionnant, et qui pousse à la réflexion temps, un espace pour réfléchir sur l’importance de nos souvenirs et la manière de les cultiver. D’ailleurs, une des réflexions proposées par le Musée de la mémoire m’a particulièrement touchée. Dans une des salles, on pouvait assister à une histoire de la photo en tant que support de la mémoire. Etant photographe, je m’intéresse beaucoup aux images et bien sûr à leur utilité et valeur. Passionnée de photographie, je trouve parfois que les touristes et visiteurs prennent trop de pho35

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ag e

tos : ils transfèrent leur attention à leurs caméras, en oubliant de regarder, et surtout de« sentir », le moment. C’est une sorte d’anesthésie sensorielle, tout est photographié mais peu est ressenti. D’ailleurs, ce sont ces sensations qui resteront dans notre « archive personnelle », dans notre mémoire. C’est donc l’art de regarder qui intéresse vraiment. Cependant, il ne s’agit pas non plus de bannir les appareils des voyages (au contraire!) mais juste de prendre conscience de la raison et de la manière dont on l’utilise. Enfin, cette belle journée d’été m’a rappelé ma jeunesse, lorsque je notais mes expériences les plus marquantes sur un petit cahier. Depuis que j’ai commencé ma carrière, j’ai lentement perdu cette habitude. La mémoire, doit faire l’objet de toute notre attention, elle est à cultiver. Et quand j’aurai une famille, j’espère pouvoir partager ces valeur avec elle et, pourquoi pas, construire nos propres albums bibliographiques, à la manière de Mémorillon.

mo ign

ag Valérie, mère de trois e enfants et amoureuse du MEM

Nous sommes en va-

cances en PoitouCharentes avec mon mari et nos trois enfants depuis maintenant dix jours. Après avoir visité la Venise verte, nous avons emmené nos petits monstres au Futuroscope. Ils se sont vraiment amusés avec les attractions Arthur 4D, le Petit Prince et le Peuple du Futur. Paul et Louise, les deux premiers aiment beaucoup tout ce qui se rattache à la science, aux nouvelles technologies, ils ont beaucoup accroché au Peuple du Futur. Le petit dernier, Jules, préfère l'histoire et la nature donc nous sommes également allé voir La Vienne Dynamique. C'était une super attraction, qui nous a vraiment donné envie de connaître Mémorillon ! On s’est dit : « Tiens! Cet endroit qui associe sciences et mémoire a l’air vraiment sympa! ». Mon mari et moi avons donc décidé d'y aller le lendemain. Heureusement, nous avions acheté le pass Viennissimo, qui permet de bénéficier d'un maximum d'activités touristiques dans le département. Nous sommes arrivés à Montmorillon ce matin vers 10h30, à peine une heure après être partis de Poitiers. On a

tout de suite été se renseigner à l'Office du tourisme, où l'accueil a été très agréable ! Les responsables nous ont conseillé d'aller tout de suite à Mémorillon parce que dans l'après-midi il risquait d'y avoir pas mal de monde. Une dizaine de minutes a été suffisante pour rejoindre Mémorillon en traversant la Cité de l’Écrit et des Métiers du Livre. On a tout de suite visité le musée de l'écrit et de la mémoire en commençant par laisser, chacun, un témoignage sur un thème que nous avions tous choisi : notre escapade dans le marais poitevin ! Mon mari a laissé un tweet alors que Paul a raconté sous la forme d'une petite histoire. Louise et Jules ont préféré faire un beau dessin ! Pour ma part j'ai déposé une photo de la famille naviguant en barque ! « Image et mémoire » a impressionné toute la famille, parce que voir se dessiner en 3D sous nos yeux les souvenirs que partagent les différentes voix qui les racontent c'est vraiment incroyable ! Se balader a travers une toile de maître qui cache tant d'anecdotes comme si nous étions dans le tableau c'était tout aussi saisissant ! Les progrès techni36

ques au service de la mémoire ont vraiment surpris Louise et son papa ! Jules, notre futur historien, lui a adoré “Histoire et mémoire” . Il a pu démontrer à son frère et sa sœur pourquoi il faut toujours garder l'histoire en mémoire et la science. Comme il leur a fait remarqué, la science, qui passionne les deux autres petits monstres, est un bon moyen pour ça ! Moi, j'ai été émue par la partie de la transmission orale de la mémoire. Ça m'a rappelé mes grandsparents, mes grands oncles et tantes lorsqu'ils nous racontaient leur jeunesse, la vie pendant la guerre et même ce que leur avaient confié leur parents et grands-parents. Si à l'époque on avait pu enregistrer tout cela ! J'espère qu'avec les progrès de la science et tout ce qui est informatique nous pourrons garder les témoignages de la génération de mes parents ! La dernière partie sur les nouvelles technologies et la mémoire a rendu fous Paul et Louise qui ne savaient pas où donner de la tête ! Le côté ludique des activités a rendu les activités numériques très attractives, même pour moi qui ne suis pas trop à l'aise

avec les réseaux sociaux. Avec internet tout va tellement vite, nos enfants en savent souvent beaucoup plus que nous ! C'est pour ça qu'en tant que parents nous avons appréciez les ateliers sur la prévention d'internet ! Les intervenants ont su trouver les mots justes pour parler de l'utilisation de Facebook, internet, des téléphones 3G, autant aux enfants qu'à leurs parents ! Le ton n'était pas rebutant pour les enfants et comme c'était sur la base d'un dialogue je crois que le message est bien passé ! Les nouvelles technologies et les progrès c'est bien mais il faut être prudent ! Si il n'y a pas d'éducation attention les dangers ! Moi qui voyais un peu d'un mauvais œil le développement sans limites de la science, je dois bien admettre que mon avis a changé ! Il permet un meil-

leur accès des personnes handicapées au savoir par exemple ! Et puis par rapport aux personnes âgées, c'est génial, ça peut lutter contre leur isolement, agir sur leur moral et les faire participer comme il se doit à la vie ! D'ailleurs je compte bien revenir avec mes parents pour qu'ils fassent partager leurs souvenirs et qu'ils soient gardés en mémoire, de façon numérique et matériellement pour les petitsenfants de mes enfants ! La science a tellement de potentiel à nous apporter ! Avec toutes ces aventures à Mémorillon la journée est déjà presque terminée ! Comme nous avons traversé la Cité de l'Ecrit et des Métiers du Livre ce matin sans nous y arrêter et que nous voulons montrer aux enfants les fresques du Moyen-Âge de Montmorillon, nous allons chercher une chambre d'hôtel pour

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la nuit et faire tout ça demain ! S'il nous reste du temps dans l'après-midi, nous partirons à la découverte du Pays Montmorillonais. En tous cas, un grand bravo à Mémorillon qui nous fait venir dans cette belle partie du département, m'a réconciliée avec la science et a fait briller les yeux de toutes la famille ! Les enfants vont maintenant pouvoir continuer l'aventure par internet grâce à la plate-forme virtuelle du MEM et en parler aux copains ! Mon mari et moi sommes bien décidés à revenir à Mémorillon une deuxième fois, pourquoi pas pour l’événement « Faites de la mémoire ! » avec toute la famille réunie au grand complet...

Madeleine, viennoise de 77 ans J’habite à Loudun depuis quelques années, après avoir vécu toute me vie à Poitiers. Mon premier contact avec les projets de Mémorillon a eu lieu l’année dernière, suite à la visite de leur unité mobile, le Mémobus. Comme j’ai des difficultés pour me déplacer, c’est absolument parfait pour moi. J’ai accès aux ateliers proposés et bien sûr au projet de reconstitution de la mémoire. Je peux raconter mes souvenirs de la ville de Poitiers et de la Vienne, département que je connais bien ; ça me fait vraiment plaisir. J’ai visité Montmorillon il y a une dizaine d’années et je peux dire que c’est une ville qui a changé depuis la fondation de la

Cité de la Mémoire. Mon neveu y travaille et il me décrit combien les efforts du département pour développer ce projet, en pleine association avec la Cité de l’Ecrit, on porté leurs fruits. Le flux touristique a augmenté après la création du Musée de la Mémoire, des ateliers et surtout de la Fête de la Mémoire. Mais ce que je trouve vraiment génial c’est que la richesse de ce pôle de la mémoire n’est pas confinée à la ville de Montmorillon. Comme je l’ai déjà dit, le Mémobus a répandu la valorisation de la mémoire même dans les régions rurales du département. Dans ce cadre, internet joue un rôle essentiel. A travers les ateliers, j’ai même appris à

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me servir des réseaux sociaux et de la plate-forme virtuelle de l’annuaire. J’aime aussi naviguer parmi les témoignages en ligne des habitants de la Vienne. Cette idée a vraiment aidé à valoriser l’importance de nos expériences et cultiver notre passé. D’ailleurs, avec ma famille, on se réunit deux fois par an pour partager nos souvenirs et composer notre « Anaille ». C’est une pratique innovante, presque un rituel, qu’on pratique depuis un certain temps, suite justement à une visite du Mémobus ici à Loudun. Avec Mémorillon et ses activités, j’ai découvert que ces engins bizarres que dominent les jeunes peuvent servir à quelque chose...

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Trouvez les mots de la liste dans la grille cidessous: les lettres restantes vous permettront de former un autre mot! Numérique Livre Atelier Patrimoine Identité Mémoire Artisans Vie Images Gartempe Cité Internet Mobile Accès Vienne Internet Prévention Papier

Même exercice, mais un peu plus difficile! N’oubliez pas qu’une même lettre peut servir plusieurs fois

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DOSSIER ACADEMIQUE

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Sommaire NOTE INTRODUCTRICE ............................................................................................................... 1 I.

REMERCIEMENTS ................................................................................................................ 1

II.

PRESENTATION DE L’EQUIPE ........................................................................................... 2

III.

METHODOLOGIE .................................................................................................................. 2

IV.

QUELQUES SOURCES .......................................................................................................... 6

NOTE INTRODUCTRICE Dans le cadre du Concours Imaginons la Vienne (édition 2012), promu par le Conseil Général de la Vienne, vous venez de lire notre dossier de réponse à la problématique « Jusqu’à quel point notre société est-elle dépendante de la science ? ». Ici suit la partie plus académique de notre travail, présentant nos remerciements, notre équipe, notre méthodologie,

I. REMERCIEMENTS De nombreuses personnes nous ont aidés dans l’élaboration de ce livre blanc. Nous tenons donc à adresser tous nos remerciements : •

au Professeur Gil, pour le temps qu’il a pris pour répondre à nos questions, pour les pistes de réflexion qu’il nous a indiquées, son aide nous a vraiment été très précieuse

à Luis Miguel et à Mariela, pour leur expérience et leur disponibilité

à M. Royoux, pour nous avoir reçu à plusieurs reprises et aidé à nous concentrer sur le cœur de notre projet

aux gens que nous avons rencontré à Montmorillon : les employés de l’office de tourisme, le gérant de la librairie Sancho, les passants qui ont accepté de répondre à nos questions

à M. Pasquier, pour nous avoir éclairé sur les médias et le journalisme dans le département

à Mme COLLA Sylvie, notre professeure

à M. Guillaumot, commandant de la compagnie de gendarmerie de Poitiers, pour nous avoir reçus même un samedi, et nous avoir informé de la situation de la Vienne sur le plan de la sécurité mais pas seulement

à M. Bonneau, pour les contacts qu’il nous a donnés

à M. Grévy, bien entendu. Merci énormément à lui pour l’enthousiasme qu’il a manifesté depuis le début, pour le recul et le soutien qu’il a su nous apporter au long de toute notre projet.

à tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont aidés dans cette aventure !

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II.

PRESENTATION DE L’EQUIPE

Dans notre présentation d’équipe, nous avons choisi de nous présenter mutuellement. Clara Koenig par Ivan Alsacienne de Strasbourg, Clara est arrivée à Poitiers suivant ses racines portugaises pour intégrer le campus latino-américain délocalisé de Sciences Po Paris. Elève sérieuse, elle cultive un esprit cartésien et interrogateur. Toujours observatrice de « l’autre côté » de toute vérité, le mot « mais » compose grande partie de son vocabulaire. Son sport est le rugby, sa passion est le savoir. Sans doute, Clara, avec son air discret mais marquant, a versé des tonnes de charbon dans la locomotive de notre groupe.

Ivan Nisida par Pierre Ivan est brésilien mais il a également des origines japonaise, suisse et tchèque. C’est surtout un épicurien et un amoureux de la découverte, de là lui vient sa grande ouverture d’esprit. A 22 ans, Ivan est aussi l’aîné du groupe et sans nul doute le plus sage d’entre nous. Toutefois cela ne lui a jamais empêché de mettre de la bonne humeur dans le groupe ! Toujours à l’écoute, son expérience a été plus précieuse qu’il ne peut l’imaginer. L’esprit d’équipe dont il a constamment fait preuve a fait de ces sept mois de travail collectif, un plaisir de tous les instants. Mais la plus grande force de notre cher Ivan, c’est son infatigable imagination. Il ne cesse de penser, de penser encore et toujours ! Ce cœur pur a apporté à notre éclectique trio, sa touche personnelle d’exotisme et de profondeur !

Pierre Alexis Delord par Clara Pierre aura 20 ans en mai. Breton, il a vécu une année en Argentine et a beaucoup appris de ce séjour. De sa future carrière politique, il a déjà le contact humain, et le goût de la défense de l’intérêt général : c’est pour cela qu’il est délégué d’année à Sciences Po. Le choix du campus de Poitiers s’explique par son expérience en Amérique latine, et il se plaît bien ici. Sympathique et ouvert, c’est devenu un véritable ami ! A l’équipe, il apporté bonne humeur et motivation, en plus d’un travail acharné. Il faut dire que son humour n’a d’égal que celui d’Ivan!

Présentation de notre tuteur Nous avons connu M. Grévy car il était notre professeur à Sciences Po au premier semestre. Dès le début, il a montré beaucoup d’enthousiasme pour nous suivre tout au long du projet. Tout en nous laissant notre entière liberté de choix, il nous a guidé, et nous a apporté le recul dont on manquait parfois. Nous pouvons dire que nos rencontres à chaque avancée ont été aussi enrichissantes qu’agréables!

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III. METHODOLOGIE La production de ce dossier s’est effectuée par des voies différentes, et à travers plusieurs moyens (entretiens, internet, visites de terrain).

Premiers pas Les premiers pas dans le concours ont été marqués par une réflexion ouverte. Comme il s’agissait d’une problématique multidisciplinaire, nous avons abordé le sujet sous différents angles, en nous guidant par les quatre thèmes centraux (Santé, Sécurité, Communication et Éthique). Le but était d’appréhender le maximum d’idées possibles, dans différents domaines : économie, culture, société, politique, science, etc. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur un brainstorming ainsi que sur une analyse rigoureuse de la problématique (mots clés, sousproblématiques, tensions du sujet). Même si nous n’en étions encore qu’au premier stade du projet, la nécessité d’allier cohérence et créativité nous a rapidement paru évidente. Ensuite, nous avons établi un calendrier précis, afin de répartir la totalité du travail prévu sur les sept mois que nous avions devant nous. Les principales étapes étaient selon nous la période de recherches, la formulation précise du projet, la production du dossier, et un mois de relecture. Comme nous avons commencé dès le mois octobre, nous avons eu la possibilité d’étendre la période de prospection sur une période assez large. Dès notre première rencontre, nous avons décidé de fixer une réunion hebdomadaire de deux heures pour partager nos réflexions et recherches, ainsi que pour avancer sur la problématique. Toutes les deux semaines nous rencontrions notre tuteur. En même temps, nous avons commencé à rédiger un carnet de bord pour garder nos progrès et questionnements.

On recherche, on s’informe L’utilisation d’outils informatiques a été déterminante pour la souplesse et l’efficacité de notre travail en groupe. Les dizaines d’e-mails envoyés nous ont permis d’échanger rapidement nos découvertes, nos idées. Mais nous nous sommes aussi servis d’autres moyens. Google Docs, par exemple, a rendu possible un partage instantané de nos comptes-rendus et un travail simultané sur les articles constituant le dossier final. Même réseau social Facebook a été utile, en tant que support de dialogues et plate-forme d’échanges d’images, de liens, et de vidéos. Pour nos recherches, la richesse des sites internet officiels nous a permis d’accéder à des données chiffrées, précises et fiables : là encore, les technologies nous ont servi dans notre travail. Cependant, nous avons essayé d’aller au delà des pages virtuelles en menant de nombreux entretiens avec différents spécialistes et professionnels (médecins, professeurs, éducateurs, gendarme, journalistes) ainsi qu’avec des habitants de la Vienne. Ces dialogues ont été de véritables sources d’inspiration. De plus, le groupe s’est particulièrement intéressé à l’actualité du département, grâce à la lecture de la presse locale (journaux, magazines, blogs) et aux émissions de France 3 Poitou-Charentes. En effet, en tant que nouveaux habitants de la Vienne, nous avions tout à y découvrir ! Un autre élément important dans nos recherches sur le département a été la lecture du diagnostic de la Vienne, effectué par le cabinet d’audit KPMG en 2009 et publié par le Conseil Général de la Vienne. Ce diagnostic s’est avéré être un bon point de départ. Par ailleurs, nous nous sommes efforcés de mettre en relation les thèmes étudiés avec les tendances et actualités en Europe et dans les régions du monde que nous connaissions. Ainsi nous étions constamment ouverts à des 43

nouvelles idées. Nous avons aussi gardé notre projet en tête à chaque lecture des nouvelles, à chaque conversation, même pendant les vacances. Enfin, un dernier vecteur essentiel de nos recherches a été de partir découvrir la Vienne. Si nous voulions connaître le département, il n’y avait rien de plus important que d’aller à la rencontre de ses habitants, là où ils vivent. Ainsi, nous avons voulu connaître plus finement Poitiers, le Futuroscope, Montmorillon... nos sources d’inspiration : cela a été l’occasion de déplacements à travers le département. Toutes ces sources nous ont offert différents types d’informations, organisées soigneusement dans nos nombreux schémas.

Un raisonnement, une réflexion. Nous cherchions à aboutir à une idée tout aussi réaliste qu’ambitieuse. Cette perspective répond peut être à un idéal, mais nous voulions de tout coeur y incorporer l’esprit d’innovation qui a marqué l’histoire de la Vienne. Bien sûr, sans oublier de garder en tête constamment la problématique; “Jusqu’à quel point notre société est-elle dépendante de la science ?”. Pour cela, nous avons tracé une suite d’étapes qui a naturellement abouti à notre projet. La première étape était de dresser un état des lieux de la Vienne aujourd’hui, afin de déterminer les tendances, les tensions, les atouts et les risques qui se rapportent à la science et aux progrès scientifiques dans un département rural comme la Vienne. Ensuite, nous avons simulé une projection de ces mouvements dans 10 à 15 ans. L’idée était un projet qui pourrait profiter des atouts, ainsi qu’atténuer les risques. Bien sûr, tout en gardant la place de la science dans ces processus. Ainsi nous avons abouti à ce projet qui vise à profiter des atouts de la Vienne et qui propose également de combler des aspects négatifs. La rédaction finale de notre état des lieux et de l’élaboration de notre projet s’est faite à six mains. Une fois encore la technologie nos a permis de faire partager nos lectures entre nous et à de nombreux lecteurs critiques. ((par une édition en ligne (Google Docs).)) Ce projet que nous portons avec conviction et plaisir, nous sommes heureux de vous le faire découvrir aujourd’hui !

Liste des personnes interviewées •

Professeur Roger Gil, neuropsychiatre, doyen honoraire de la faculté de Médecine et de Pharmacie de Poitiers et président du comité d’éthique du CHU de Poitiers.

Monsieur Dominique Royoux, Directeur du Service Prospective et Coopérations Territoriales.

Monsieur Didier Moreau, Directeur de l’Espace Mendès France.

Monsieur Eric Guillaumot, Capitaine de la Brigade de gendarmerie de Poitiers

Madame Sylvie Colla, maître de conférences à Sciences Po Paris, campus de Poitiers et chercheur du Centre de Recherches Latino Américaines

Monsieur David Puaud, éducateur.

Monsieur Jacques Pasquier, journaliste. 44

IV. QUELQUES SOURCES − INSEE http://www.insee.fr/fr/ - DIAGNOSTIC DE LA VIENNE, KPMGL, année 2009. - Sites consultés •

http://www.futuroscope.com/

http://www.citesavoirs.org/

http://maison-des-sciences.org/

http://www.citedelecrit-montmorillon.com/index_fr.php

http://www.collectivites.vienne.equipement.gouv.fr/

http://www.cg86.fr/

http://www.poitiers.fr/

http://www.7apoitiers.fr/

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«Vous avez des convictions ?

Faites-leur confiance. Soyez enthousiaste, imposez votre vision, votre rêve. » “On ne désenclave pas un département

à l’écart de la modernité en ajoutant quelques kilomètres d’autoroutes ça et là, on le désenclave en lui proposant un projet pour les générations futures”

René Monory (1923-2009)

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Viennez! Le Livre Blanc de Clara, Pierre-Alexis et Ivan